Née en Italie en 1977, d’origine paraguayenne, Chiara Stella Aquino Benitez s’installe en Belgique à l’âge de 17 ans. Elle travaille depuis 18 ans dans le domaine de la santé mentale. Passionnée de littérature et d’écriture depuis toujours, elle publie ici son premier roman.
Résumé :
À travers une passion brève et déchirante, la narratrice prend conscience de sa féminité, de son désir, de ses contradictions.
Le parcours d’une femme qui trébuche sur ses abîmes, aux limites de la folie. Qui tente de donner sens à ce qui la déborde et lui échappe. Qui vacille entre authenticité et souffrance, funambule de l’urgence.
Une ode à l’amour, l’amour du corps et l’amour de soi.
Une trame au rythme soutenu qui nous tient alerte et fébrile. Un texte puissant et profond, qui nous questionne sur nos propres ambivalences. Un roman qui bouscule les convictions et ne laisse pas indemne.
Extrait :
On dit que pour certains écrivains, écrire est non seulement une évidence, mais également une question de vie ou de mort. Je n’ai jamais vraiment compris cette idée. Jusqu’à cette nuit.
Une urgence, oui, parfois je le vivais de cette façon. J’écris depuis que je suis toute petite, mais jamais je n’avais eu l’impression que j’allais mourir si je n’écrivais pas. Parfois que j’allais un peu étouffer. Ou que je n’allais pas savoir sortir l’idée de ma tête jusqu’à ce qu’elle soit sur la page. Mais mourir, non.
Jusqu’à cette nuit, disais-je. Cette nuit.
Je n’ai pas écrit tout de suite après, à la place j’ai pris mon premier somnifère depuis plus de quinze ans. J’ai pris le somnifère pour dormir. Je l’ai pris surtout pour être certaine de ne pas hurler de douleur toute la nuit et réveiller tout l’hôtel.
Carine Argoud, vit en France près de Grenoble où elle enseigne dans le primaire. Elle a grandi au pays de la noix, au pied du Vercors. Adolescente, elle commence à écrire et c'est pour elle un exutoire.
Plus tard, passionnée de l'âme humaine, c’est au cours d’une période de deuil qu’elle reprend l’écriture automatique. Inspirée par ce qu’elle traverse, elle se nourrit aussi de témoignages spontanés.
Un jour, entre les lignes, se dessinent les prémices d’une histoire. En quelques semaines, les personnages de Derrière le hasard s’imposent à elle. Elle écrit son premier roman.
Extrait
Madame,
Au vu de votre dossier, nous avons le plaisir de vous informer que votre candidature a été
retenue pour une mission humanitaire au Cambodge, à Phnom Penh. […]
Je monte quatre à quatre les marches d’escaliers jusqu’au second étage, pénètre chez moi et
saute comme un cabri à travers l’appartement. Heureuse et soulagée d’un poids. Le poids
d’un retour au travail.
Résumé
À 33 ans, Jeanne a tout pour être heureuse, une famille et des amis sur qui elle peut compter, un métier qu’elle a choisi, une vie sociale bien remplie.
Cependant, elle ressent un mal-être croissant, au point qu’il lui devient impossible de poursuivre sa vie sans se mettre en quête de réponses. Elle nous entraîne dans son parcours initiatique.
Petit coup de cœur pour « Les Apprent-histoires » de Julie Toussaint aujourd’hui.
Tout d’abord une présentation des différences d’utilisation du point, des points d’interrogation et d’exclamation. Puis vient la comparaison entre les différentes lignes ! C’est léger, ludique et joliment écrit.
Deux historiettes s’en suivent.
L’une nous raconte l’importance dans notre vie d’un des plus petits éléments visibles : le grain de sable. C’est une façon d’attirer l’attention du jeune lecteur sur le fait que ce qui est petit est loin d’être négligeable.
L’autre évoque l’amour impossible dont souffrent la grande et la petite aiguille d’une horloge car elles ne vivent pas au même rythme…
Dans des styles variés et plaisants, ces « Apprent-histoires » sont agréables à découvrir !
Livia Ov. est diplômée en lettres des universités de Lausanne et Fribourg. Elle publie son deuxième recueil de poèmes chez Chloé des Lys en 2022 après en avoir publié un premier en 2014.
Résumé :
Un recueil aux limites de la vie et de la mort, où les opposées dansent et s’enlacent.
Coup de cœur pour ce recueil de quatre mini histoires destinées aux petits. J’ai adoré les découvrir en me disant, à chaque fois, que mon fils aurait adoré que je les lui raconte le soir, avant de se coucher.
Ces textes, très bien écrits, sont ludiques et éducatifs, agrémentés de jolis dessins que j’aurais bien aimé en couleur pour plus d’attractivité (tant pis !) : l’enfant apprend en s’amusant le rôle de la ponctuation avec « les petits points ». Il comprend la notion de petit et de grand, de vaste avec « Si petit, et pourtant… ». Il joue avec les lignes, courbes, droites et toutes leurs possibilités dans « T’as la ligne ? » et enfin, il découvre le rôle des aiguilles d’une horloge avec Pik et Pak, les aiguilles romantiques.
Bel exercice de pédagogie et d’imagination : l’auteur, Julie Toussaint, sait parler aux enfants. Elle sait les intéresser, titiller leur curiosité et leur intellect. Tout est rythmé pour ne jamais susciter l’ennui. L’enfant apprend en s’amusant et l’adulte s’implique en s’amusant également.
Un ouvrage à découvrir, à lire à tous vos petits bouts !
Pour une fois, j’ai lu la 4e de couverture (ce que je ne fais jamais pour avoir la primeur du texte et être surprise), peut-être parce que le dessin de couverture est curieux ? Et donc, j’y lis en toute fin de pitch : « c’est une histoire pour petits et grands, pour tous ceux qui, un jour, ont été enfermés dans un monde fou et sublime à la fois. »
Une fois terminé cette étrange histoire, je me pose la question… « Le présent du chameau » est-il un conte pour enfant ? Sans doute par son côté loufoque, aberrant, joyeusement coloré, à l’imaginaire débridé. Et pourtant, j’hésite… parce que l’histoire est « compliquée », opposant les adultes d’un monde réglé, en noir et blanc, lisse, sans imagination au monde des enfants débridé, chamarré, fou et inventif.
En fait, je crois cette histoire faite pour être lue à voix haute, cadencée et mimée par le conteur.
Quant au chameau, il est le lien, le passage entre adultes et enfants. Il est celui qui fait grandir, crée les interactions, transforme… Il n’est pas le temps car cette dimension, même si elle existe, veut être gommée par les protagonistes de l’histoire. Il est, en fin de compte, le trait d’union entre rêve et réalité.
« Le présent du chameau » peut être lu aux enfants, expliqué, mais il est destiné, à mon sens, aux grands. D’ailleurs, une réflexion du chameau résume à elle seule l’ambiguïté du positionnement du textez en exposant son degré de réflexion : « Les adultes déforment-ils la réalité des enfants ou est-ce la réalité des enfants qui déforme les adultes ? »
Déjà l’émission 9 ! Tiens au fait, Youtube nous a attribué un identifiant qui vous facilitera la tâche pour vous retrouver ! youtube @actutv2lemission !
Et bien sûr, notre site est toujours là pour vous proposer des séquences individuelles, des trailers, des chroniques… actutv2.com
Ceci dit, de qui allons-nous parler dans cette émission ?
De livres pour enfant avec les ‘Apprent-histoires’ de Julie Toussaint, ‘Le présent du chameau’ de Virginie Richel et ‘Le sixième domaine’ d’Ani Sedent, de deux romans d’Alain Charles « Les viateurs » et « Une si jolie poseuse de bombes », du roman d’Edmée de Xhavée « La rivière des filles », de l’ouvrage de Jeanne R. « Mémoires d’une âme », du dernier roman de feu Rolande Michel 'L’envers du miroir’, du livre de Daniel Roualland ‘L’amour n trompe l’œil’.
Quoi d’autre ? Carine-Laure Desguin a interviewé l’auteur du roman « Ce que le cœur murmure » de Sylvie Thibaut Bouffart.
A noter qu'une émission spéciale sera consacrée à une interview menée par Edmée de Xhavée de Julia Jonas au sujet d'un projet passionnant mené en Afrique du Sud ! (des problèmes techniques nous ont empêchés de l'intégrer dans l'émission 9).
Née en 1982 à Bruxelles (Belgique), Bénédicte Decleyre écrit depuis l’enfance. Elle publia ses premiers textes dès l’âge de 10 ans et fut éditée dans plusieurs revues et ouvrages collectifs. Lauréate de concours d’écriture (poésie, nouvelles) à l’adolescence, elle consacra sa plume, adulte, à la défense des droits des personnes fragilisées par un accident de vie dans le cadre de ses métiers d’avocate et de juriste en droit social. A l’âge de 34 ans, un ensemble d’évènements difficiles la ranimèrent à l’écriture : par réflexe, elle se saisit d’un bic, et d’un carnet, et le flot de mots qui ne s’était jamais tari reprit son cours.
Longtemps demeurée dans le monde du silence, de l’observation, de l’expectative et de la réflexion, douée d’une très grande sensibilité et jonglant avec les sons, l’écriture de Bénédicte est imprégnée de délicatesse et de poésie. Nourrie de ses études complémentaires en Droit de l’enfant, Langue des signes, Ethique des soins de santé, Troubles du spectre de l’autisme, massage et de ses nombreuses lectures dans les sphères du handicap, de la psychologie, de la santé, du développement personnel, Bénédicte propose dans ses textes un regard atypique et des mots, des émotions, des émaux-sons.
Atypique, ce sont aussi les prix « coup de cœur » « prix du jury » qui furent parfois créés spécialement pour elle, qui n’entrait pas tout à fait dans les cases, dénotait, mais qui retenait le souffle et l’attention.
Toujours aussi merveilleux de te lire, un délice pour l'auditive que je suis. Tes mots résonnent avec leurs rimes et leurs rythmes dans ma tête, comme une douce musique à réécouter et à savourer.
Juste cette note de bonheur et d'espoir dans un monde en désespérance est un doux mets pour les sens. (Katia, une lectrice)
Extraits
L’inconception
A toi, mon ange, mon amour, la raison de ma vie, de mon existence, de mon espérance. A toi, mon ange, mon bébé, mon amour. A toi, chéri de mon cœur qui n’existes que dans nos espoirs, nos rêves et nos tristesses, qui s’accrochent à nos pas jour après jour. A toi, notre espoir déçu, notre angelot déchu, notre chagrin, ma douleur, ma déchirure, mon cœur en lambeaux, mon âme en morceaux, ma souffrance, mon cri.
Te dire combien j’aurais tellement voulu découvrir ta venue, au détour d’un beau jour, comme une surprise, un cadeau inattendu et pourtant tellement espéré. Au détour d’un souffle, d’un doute, d’une certitude. Eblouir, éclabousser ce matin d’un élan de tendresse immense, et sourire, sourire à n’en plus finir. Te savoir, là, au creux de mes mains, au creux de mon ventre, blotti. Présent…
L’ancrage
Engloutie, ailleurs
J’écoute battre ton cœur
Mon petit, tout petit bonheur !
Tant de vie, déjà ! Et tant de peurs
Je ris, oh ! que je ris ! Et je pleure…
Sortir les mots pour ne pas les hurler
Et demeurer, les bras ballants.
Ceux-là même qui avaient bercé l’enfant.
Demain pousse hier
Quand j’étais petit, j’étais dans le ventre de ma maman. Et bien avant, elle me raconte que j’étais dans sa pensée. Une poussière dans l’univers. Alors je regarde le ciel, les étoiles, et je m’imagine, une petite flamme, un point qui brille, loin, dans la nuit.
Etoile, ça me plait, j’étais un grain aussi fin que le sable, dit-elle, et je volais.
Hier cependant, mon sablier s’est cassé. J’ai regardé le verre brisé, l’objet à terre, et je me suis demandé. Comment cela se passe, dis, maman, lorsqu’on se blesse ? Lorsqu’on perd tout son sang ? Quand on a un accident ? Est-ce que tu peux mourir, toi, dis ? Et moi ?
Elle m’a pris dans ses bras, et j’ai vu ses grands yeux me regarder, aussi doux qu’un baiser, aussi tendres que le vent. Elle m’a pris dans ses bras et je me suis laissé bercer. J’étais petit, j’étais grand, j’avais tous les âges et j’étais son enfant.
Caché sous ses cheveux, le monde découpé en filaments dorés, j’ai entendu sa voix me murmurer…
En effet à qui s’adresse ce conte où, tour à tour, les habitants de Terreferme doivent s’adapter à leur nouvel environnement ? Tout ça, parce qu’un chameau a avalé leur minuscule planète !
Changer de monde génère de la peur.
Les parents n’y voient que des problèmes, ils réfléchissent à des solutions, courent partout et en oublient de serrer leurs enfants dans leurs bras…
Dans le noir, les enfants se rapprochent, s’appuient les uns sur les autres et découvrent un nouveau monde. Ils vont vers tout ce qui les intriguent, expérimentent, rêvent, créent. Ils vont même jusqu’à croquer des morceaux de nuages et découper un bout de soleil, mais ce qu’ils veulent par-dessus tout, c’est que les grands retrouvent le temps et l’envie de s’occuper d’eux, de les câliner.
Regarder le monde qui change avec des yeux d’enfants, accepter de perdre nos repères pour mieux l’appréhender et nous recentrer sur l’essentiel. C’est difficile quand on est un adulte, mais encore faut-il essayer…
J’ai été séduite par le côté surréaliste de cette histoire : regarder au-delà de la réalité, découvrir le monde sous un autre angle de vue, et saisir les opportunités que peut générer un grand bouleversement. Nous y serons de plus en plus confrontés, non ?