Native de la région du Centre et résidant à la Louvière.
Auparavant employée du secteur social, à présent retraitée.
Auteure aux éditions Chloé des Lys :
-Contes jeunesse : « Temps d’aventures » en 2015.
-Un recueil d’histoires courtes : « Itinérance d’un oiseau bleu » en 2018.
Et livres auto-édités catégorie "Jeunesse" via Le Livre En Papier de 2016 à
2018.
Participation occasionnelle à des concours de contes et nouvelles.
Résumé
Contes et nouvelles " Tout public". Il s’agit desept histoires courtes et variées pour le plaisir de lire.
Liste des titres repris :
- La petite robe rouge
- Le lièvre rattrape la tortue
- Un soir de lune
- Un dimanche maussade
- Le vieux miroir
- Carnaval au pays Dousoin
- Chambre numéro trois
- La maison chocolat
Extrait :
La petite robe rouge
J’étais d’ordinaire une enfant timide et discrète qui, comme tout timide, pouvait exploser dans des accès d’émotion fougueuse. Cette robe me plaisait à l’excès et plus je la réclamais, plus je la portais, et plus je la portais, plus on la lavait et plus les couleurs se délavaient…
Née aux Pays-Bas, après des séjours en Suisse et en France où elle fait des études de lettres modernes et d’Italien à la Sorbonne de Paris et une carrière d’interprète et de traductrice en Belgique, l’auteure trouve enfin le temps de se consacrer à l’écriture. Ce roman est le premier qu’elle publie.
RESUME
Tourner en rond, dégringoler et s’en sortir peut-être…
Rose perd pied après la mort de son mari. Elle ne peut plus revenir en arrière, mais ne voit pas non plus d’existence possible devant elle. Coincée, elle se cache du monde, mais n’oublie jamais d’arroser ses plantes. Y aurait-il de l’espoir quand même ?
EXTRAIT
"C'est la police, madame. Nous voulons savoir si vous allez bien."
Terrifiée, derrière la porte, Rose retient son souffle. Elle aurait tellement aimé pouvoir répondre avec fermeté pour qu'ils s'en aillent plus vite, mais elle s'affole, il y a si longtemps qu'elle n'a parlé à personne.
"Je vais très bien. Vous n'aviez pas besoin de venir."
Comme par miracle, des mots sortent d'elle, prononcés par une vois fluette, chevrotante, qui tremble d'un agacement à peine maîtrisé. Sa propre voix lui est devenue étrangère. Elle se voit d'en haut, d'une grande distance. Elle, Rose.
Alain CHARLES habite Baudour, il exerce la profession d’ingénieur dans une société de construction en Wallonie picarde. Après deux recueils de nouveaux et quatre romans dont « Une si jolie poseuse de bombes » et « Dans sa maison un grand cerf » paru en 2022, « Etranges fractures » est son premier recueil de contes fantastiques.
Résumé :
Pénétrant par effraction dans une villa cossue au bord de la mer, Aaron, petit délinquant sans envergure, visite les Enfers.
Arthur et Jojo voyagent dans l’espace et le temps. Leur moyen de transport, une bulle de latex qui apparaît lors d’un brouillard dense.
Une voix guide un visiteur dans un musée très particulier. Durant le parcours initiatique, il se rend compte que son seul et unique but en d’en sortir vivant.
Rachel et Jean sont convaincus qu’une expérience de mort imminente partagée est la seule solution avant de s’engager dans une vie commune. Ils partent ensemble dans le tunnel banc, l’anesthésiste attend leur retour.
Chaque histoire débute dans la vie quotidienne. Exploitant le paradoxe et défiant la logique, elles se poursuivent dans des imaginaires décalés, des univers désynchronisés, métamorphosés « qui ne sont pas plus éloignés que la terre l’est du ciel ».
Extraits :
Une villa au bord de la mer.
Ce sont les âmes des mortels qui n’ont jamais rien foutu sur terre, ni en bien ni en mal. Ayant mené une vie dénuée de sens, elles déambulent indéfiniment dans cette plaine. Leurs seules douleurs, et elles ne sont pas des moindres, sont la solitude, car elles ne peuvent communiquer entre elles, et le désespoir. Ces âmes connaissent un abattement total, une affliction profonde, un chagrin incommensurable et elles ne peuvent le partager. Vous le savez, Aaron, il est impossible de vivre sans espoir. Un être qui souffre, s’il veut continuer à vivre, espère que demain sera meilleur qu’aujourd’hui. S’il sait que ce ne sera pas, il choisit la mort en toute conscience, car il la voit comme une délivrance. Les âmes qui errent dans ce lieu boivent le calice jusqu’à la lie, elles haïssent le temps et ne peuvent se consoler dans la libération du trépas, car elles ne mourront pas et elles le savent. Mais, avançons, il est inutile de traîner, elles me donnent le cafard.
Balade Forestière.
Sans déplacement véritable, ils étaient restés dans la forêt à côté de chez eux, ils avaient quitté le temps présent et étaient retournés dans le passé, sans moyen particulier, hormis le brouillard et la bulle de latex blanc. Même dans la littérature, Arthur ne se rappelait pas que ces moyens aient déjà été expérimentés. L’hypothèse qu’ils soient réels et tangibles était aussi improbable que l’existence des courbes temporelles ou d’un univers parallèle, sauf s’il admettait que le temps n’était qu’une illusion.
Et si le temps n’existait pas. Où s’il existait, ce serait uniquement sous les formes du passé et du futur.
Tout en marchant, Arthur se creusait les méninges, il n’acceptait pas sa condition actuelle, à savoir, de voyageur du temps. Il était peut-être tombé dans un trou de ver, cher à Einstein, ou avait subi une téléportation quantique.
Le musée
Je remontai le devant de la troupe et remarquai que les corps étaient tous dirigés dans une même direction. Arrivé au niveau du premier individu, je m’agenouillais et l’époussetai.
La peau de son visage était grise et ses cheveux blancs se détachaient par touffes. Le retournant sur le dos, je posai mon oreille sur sa bouche, un faible souffle en sortait et la carotide jugulaire montrait un léger battement. De toute évidence, cet homme n’était pas mort, mais engourdi et léthargique, comme en hibernation.
Lentement, ses paupières se soulevèrent et je perçus un murmure. La voix était enrouée, mais douce, il me sommait de partir.
Vous n’avez donc pas compris, laissez-nous tranquilles et disparaissez, vous n’avez rien à faire ici, vous n’êtes pas des nôtres.
Quels nôtres, qui êtes-vous ?
Je vous en conjure, sincèrement, vous êtes vivant, partez avant qu’il ne soit trop tard.
Vous aussi vous êtes vivants, votre cœur bat, vous parlez, je vais sortir d’ici, je vous le promets et j’irai chercher du secours.
C’est inutile, notre temps est révolu.
Ses paroles devenaient de plus en plus inaudibles et ses paupières se refermaient sur ses yeux vides.
Dans un ultime effort, il tenta de reprendre sa position initiale.
— Monsieur, monsieur, restez avec moi, parlez-moi.
Il n’y a plus rien à dire, disparaissez et ne revenez jamais.
Mais…
Regardez-vous, vous ne voyez pas que vous devenez comme nous. Partez et laissez-nous en paix, ne gâchez pas vos dernières chances
EMI
Comment te sens-tu après ce voyage dans l’au-delà, parce que c’était dans l’au-delà, n’est-ce pas, trois longues et interminables minutes ? Au début, j’ai cru apercevoir une brume s’élever, flotter au-dessus de toi, les autres n’ont rien dit, car personne n’a rien vu. À ce moment-là, je n’avais pas eu peur, tu étais toujours parmi nous, même si ton cœur ne battait plus et que tu ne respirais plus, tu étais là, à côté de moi, et je leur ai dit, non, mon Jean n’est pas mort, mais je crois qu’ils ne m’ont pas cru et toi, tu n’as rien entendu, j’ai hurlé si fort, que les fondations de l’hôpital ont tremblé, ou ce n’était que le bloc opératoire, je n’en savais rien. Quand tu as touché le plafond, j’ai imaginé que tu me regardais, je me faisais sans doute des illusions, car dans ta situation, tu avais autres choses à faire que regarder une faible femme s’énerver. Ton corps avait la forme d’un nuage blanc ou l’inverse, ça n’a plus d’importance, il a touché le plafond et je voyais bien qu’il voulait partir, quitter la pièce, mais je me suis dit que c’était une fameuse dalle de béton et que tu ne la traverserais pas. Mais quand tu as commencé à disparaître, je serais bien montée sur une chaise pour te retenir, mais je n’en ai pas trouvé. Je tournais en rond comme une lionne en cage, ils ont dû me prendre pour une folle, mais ça n’avait pas d’importance. Eux, ils restaient plantés devant leurs appareils qui ne bronchaient plus, ce n’était pas dans cette direction qu’il fallait regarder, mais vers le plafond. Pour une fois, je me suis tue, je pense que de toute façon, ils ne m’auraient pas cru. Et puis, tu as été aspiré par je ne sais quel phénomène, tu disparaissais comme un brouillard sous une soudaine forte chaleur et j’ai pleuré, quelques larmes seulement, car je savais que tu reviendrais, je ne savais pas quand, mais j’avais raison, encore une fois, vu que tu es maintenant là, à côté de moi et bien en vie, n’est-ce pas, Jean chéri.
La journée avait été longue. Lassante. J’étais fourbue, de ces fatigues qui coupent les jambes et cassent le dos. J’avais froid. J’étais à bout. Si j’avais eu le choix, j’aurais rejoint mon lit, immédiatement. Je rêvais de me rouler en boule, pelotonnée. Lâcher prise de tout. Mais je suis une maman. Séparée. De trois jeunes enfants. A 18 heures, la journée n’était pas encore achevée…
Désormais, Vincent n'ira plus se balader le long des chemins de halage, qui bordent le canal d'Arles. Il a pourtant si souvent emprunté le pont-levis de Langlois, au pied duquel les laveuses rincent les draps blancs avant de les faire sécher au soleil énorme de midi. Dans la chambre de l'hôpital, Vincent semble sur l'autre rive. Son existence à la dérive ne verra plus les matelots qui remontent, le cœur battant, avec leurs amoureuses vers la ville d'Arles. Marchant sur les sables mouvants de son existence, il se revoit sur la plage de Saintes-Maries-de-la-Mer... Le ciel d'un bleu profond, d'un bleu outremer a désormais fait place à la grisaille. Les barques se sont échouées sur le sable humide et figé. Celle qu'il a baptisée "Amitié" semble désormais se prénommer "Regrets". Ces barques sans capitaine ne prendront plus la mer. Elles n'affronteront plus les vagues de la Grande Bleue et les tempêtes soudaines. Le village de pêcheurs, quant à lui, pleure l'artiste qui divague et est tourmenté par son geste insensé qui l'a embarqué dans cette mouvance dont il ne peut s'extraire et qui lui confère ce vague à l'âme.