"Blue Moon" est le dixième livre d'Edmée de Xhavée que je lis. Je n'ai jamais été déçu. J'aime l'écriture de l'auteure et elle a plus d'un tour dans son sac.
Il s'agit ici d'un recueil de nouvelles que je n'attendais pas vraiment, car Edmée, spécialiste des secrets de famille, a écrit ici des textes plutôt noirs, corrosifs, au ton mordant, caustique. Je pense que l'auteure n'a jamais tué autant de gens dans un de ses bouquins !
Dans un recueil de nouvelles, il y a toujours des textes qu'on préfère à d'autres. Comme j'aime les nouvelles plutôt longues, ma préférée est "Noirhomme-Larivière contre Villeneuve, clap de fin". C'est un texte que j'ai trouvé délicieux de 40 pages environ. C'est une histoire d'héritage, de succession ridicule où un couple prétend garder une part du gâteau alors que le défunt avait une fille. Ils y vont à coups de mensonges théâtraux !
Sinon, dans ce recueil, on retrouve tous les défauts et travers du genre humain : mensonges, avidité, jalousie destructrice, infidélité, adultère, tout ça pouvant mener au meurtre. La vraie vie quoi !
L'ironie, le sarcasme, la caricature et les métaphores percutantes ponctuent le recueil.
Le titre lui-même métaphorise le moment de bascule où la vie ordinaire des personnages dérape, révélant leur part d'ombre et leurs secrets les plus noirs.
Il n'y a pas de grands éclats héroïques dans "Blue Moon", mais une méchanceté ordinaire et domestique. L'auteure adopte un ton détaché, ironique et froid. On pourrait comparer ce regard clinique et sans complaisance sur les tares humaines au style chabrolien !
Un recueil que j'ai dégusté avec un plaisir certain et que je conseille donc aux amateurs de textes courts.
Tout d'abord, je remercie l'auteure pour l'envoi de ce bouquin, le 13e que je lis. Christine Brunet écrit des thrillers avec quelques détours vers la SF. Ses thrillers me happent du début à la fin.
Ses héroïnes sont des "super women".
- Aloys Seigner, commissaire divisionnaire liées aux services secrets (DGSE), l'héroïne des six premiers romans, affiche des capacités hors normes.
- Gwen rompt un peu avec ce modèle. C'est une héroïne atypique profondément humaine. Elle est médecin légiste et marquée par le doute après la mort de son coéquipier.
- Puis, voici Alexandra Valerys que le lecteur découvre dans "L'ultime équation". C'est une cybernéticienne ultra-douée d'une vingtaine d'années. Elle brille par sa très grande intelligence, sa solidité psychologique et sa capacité d'adaptation face aux événements, notamment face aux militaires et aux mercenaires qui veulent sa peau ou plutôt qui veulent lui extorquer un renseignement dont ils ont absolument besoin, mais pas pour le bien de l'humanité !
"L'ultime équation" est le dernier roman de Christine publié chez Chloé des Lys, mais ce n'est pas le dernier écrit par l'auteure.
C'est, en fait, son premier, le premier tome d'une trilogie, qui est à la base de tout ce qu'elle a écrit depuis. Et je peux vous dire que j'ai hâte de connaitre la suite de ce thriller.
Dans ce premier tome, Alexandra Valerys, s'impose comme une héroïne particulièrement puissante et ingénieuse, à l'instinct de survie développé.
L'histoire commence en 1979 par un crash aérien mystérieux : un avion de chasse percute un objet non identifié. L'armée confie l'analyse des débris à Alexandra Valerys. Ses découvertes exceptionnelles excitent immédiatement la convoitise des militaires.
Refusant de voir son travail transformé en arme de destruction massive, la scientifique prend la fuite. Cela déclenche une traque internationale impitoyable pour récupérer ses secrets technologiques.
Alexandra prend en charge sa propre exfiltration en se déguisant en homme et en travaillant pour un détective privé. Ce n'est pas la fin de ses ennuis pour autant !
Une simple disparition ou une recherche de tableau se transforme en complot mêlant secrets d'Etat et passés mortels. Alexandra échappera à la mort plusieurs fois. On peut dire que Christine Brunet a bien malmené son héroïne que je retrouverai avec plaisir dans le tome 2 puisqu'il ne fait aucun doute qu'elle aura, une fois encore, bravé la mort et réussi à la tromper...
En général, dans un polar, le lecteur suit une enquête, souvent la recherche d'un serial killer. Il n'en est rien ici. L'histoire se déroule sur plusieurs enquêtes palpitantes entrecoupées de moments où Alexandra doit fuir ou se battre face à ses agresseurs, toujours à la recherche du code d'accès aux données cryptées de sa découverte.
Un premier roman resté dans un tiroir jusqu'à maintenant, mais l'auteure a bien fait de l'en retirer pour régaler ses lecteurs. Du grand art !
Vite la sortie du tome 2 !
PS En attendant, je me consolerai avec "Fractale 1668" qui met en scène une nouvelle héroïne nommée Nao.
Que feriez-vous si on vous proposait de traduire un texte datant du Moyen Âge écrit en latin ? Quels secrets concernant votre famille révèlerait-il ?
C’est ce que vous allez découvrir dans Un été à Abbotsbury.
Un été à Abbotsbury est un roman écrit par Urbain Van Pachterbeke et publié aux éditions Chloé des Lys en janvier 2026.
Dans ce roman, John Huxley reçoit de la part de sa Mamy la mission de traduire un texte écrit en latin, présent dans sa famille depuis des siècles. Sur le chemin du manoir de sa grand-mère, il rencontre Claire qui chute de son vélo devant lui. On va donc suivre l’évolution de la traduction de John ainsi que de sa relation amoureuse avec Claire.
Le roman se déroule dans deux lieux principaux, ce qui nous permet de nous immerger plus rapidement dans l’histoire : Abbotsbury en Angleterre et Louvain-la-Neuve en Belgique. Après ces présentations, on alterne donc entre l’usine de la grand-mère et la maison de Claire, ou celle de John, on découvre leur quotidien dans leur relation secrète et en même temps la traduction de John. Louvain-La-Neuve est surtout mentionnée dans le début du roman puis est présent dans les cents dernières pages du roman, mais elle reste un lieu important pour l’ensemble de l’histoire.
Un des éléments que j’ai le plus apprécié dans ce roman a été la traduction. On voyait, en temps réel, l’évolution de la traduction. On a ses impressions sur cette traduction et ce qu’il en pense au début du projet et tout le long du livre. Les traductions rythment le texte et équilibrent parfaitement le roman par rapport aux scènes du quotidien. La traduction représentant une part importante du livre, une fois terminée, j’ai ressenti un manque étrange de ne plus trouver la traduction du texte latin.
Leur relation amoureuse est une partie importante du roman. Au début, j’avais un a priori sur cette relation que je trouvais trop rapide et trop parfaite. Cependant le personnage de Claire m’a montré que leur rencontre était écrite, résultat d’un coup de foudre.
Claire étant plus âgée que John, et divorcée qui plus est, cela apporte une dimension conservatrice dans cette histoire. J’ai été un peu déçue par cet aspect du récit : même s’ils courent le risque d’être vus par la vieille Elise, il n’y a jamais vraiment eu de conséquences directes. Même chose pour l’acceptation de leurs relations qui se fait dans les dernières pages malgré un contexte qui m’a beaucoup touché… Pour quelle raison ? Je vous laisse le découvrir en lisant ce roman.
Des thèmes sensibles sont abordés comme la maladie (dont le cancer) et la stérilité, un sujet qui m’a beaucoup touché et qui étoffe le personnage de Claire lui donnant une dimension encore plus humaine. L’attachement de John pour Claire se ressent tout le long du livre, surtout quand il est assistant professeur à Louvain-La-Neuve, passage dans lequel le chapitre est découpé en plusieurs parties. Il raconte sa vie en Belgique via des mails qu’il envoie à Claire sans réponse malheureusement.
Un été à Abbotsbury est un livre très touchant qui m’a cependant un peu déçue sur certains aspects. En effet, j’ai adoré la traduction, le fait de découvrir le passé de la famille de John, j’ai aussi apprécié, au fur et à mesure de l’histoire, la relation amoureuse entre Claire et John. Le côté conservateur aurait pu être un peu plus étoffé avec, par exemple, une rumeur sur eux. J’ai aussi beaucoup apprécié la façon insidieuse dont Urbain Van Pachterbeke a amené le thème de la maladie.
J’espère vous avoir donné envie de découvrir ce texte.
Si ce roman vous tente, il est disponible aux éditions Chloé des Lys.
« Les veines du temps » ! quel meilleur titre pour ce nouveau et passionnant roman SF de Christine Brunet ? Troisième tome de la série HX13, il annonce de nouvelles difficultés pour Axelle de Montfermy toujours aux prises avec Shraïn et Martok.
Axelle de Montfermy ! Cette femme d’une résilience extraordinaire, dotée d’une nanopuce intelligente, le HX, et le corps totalement reconstruit par les Neth, une race alien quasi éternelle, n’en reste pas moins, face à son incroyable destin, une humaine soumise à ses émotions et ses doutes. Une femme qui, malgré les difficultés, continue néanmoins à avancer dans l’unique but de donner à l’humanité une chance de survivre.
Car l’avenir de l’humanité est en jeu ! Déjà, les graines de sa soumission ont été plantées. Pour la sauver, Axelle n’a d’autre solution qu’entreprendre un périlleux voyage temporel et tenter de découvrir le flux le plus favorable à son dessein. Une mission difficile dont les possibles renforcent une simple conviction : elle n’a pas droit à l’échec, pas plus que sa création : la FIRMe, s’ils veulent survivre.
Des nombreux voyages d’Axelle émergent bientôt les noms de structures à abattre, comme l’Œil de Jade. La confrontation avec leurs instigateurs ne saurait d’ailleurs tarder ! En attendant, Axelle doit mettre en place des solutions à long terme favorables à une paix durable…
J’ai adoré m’immerger dans ce nouveau tome de HX13, y retrouver l’imaginaire débridé de Christine Brunet, son énergie dans l’écriture et suivre Axelle de Montfermy, plus attachante que jamais, dans les veines du temps où le danger, l’aventure et l’action sont bien au rendez-vous ! Tout comme l’émotion, quand l’auteure place son héroïne face à ses choix et leurs conséquences souvent douloureuses.
Un nouveau coup de cœur pour ce roman de 337 pages du genre qu’on emmène partout et qu’on ne lâche que quand il est fini déjà impatient(e) d’en découvrir la suite !
Et si vous n’avez pas lu les deux premiers tomes, pas d’inquiétude, l’auteure a prévu un parfait résumé de tout ce que vous devez savoir.
Alors, fans de SF (ou pas) n’hésitez pas et bonne lecture !
J’ai lu… non ! j’ai dévoré « L’ultime équation » de Christine Brunet, happée dès la première page par ce nouveau thriller d’une densité incroyable, qui ne manque ni d’aventure ni de rebondissements et encore moins d’action.
Ecrite il y a bien longtemps, cette histoire fait partie du socle à l’origine de tous les romans constituant l’œuvre de Christine Brunet, dont l’écriture nerveuse et efficace fait ici à nouveau merveille.
Fin 1979, une rencontre fatale entre un Rafale et un objet non identifié laisse au Groupe d’Etude et d’Information sur les phénomènes aérospatiaux non identifiés (le GEIPA) un amas de métal fondu. Le docteur Valerys, une jeune cybernéticienne ultra douée d’une vingtaine d’année, est chargée d’en analyser les composants. Et si la couverture du site est assurée par le général Duriez, toute l’opération est supervisée par la très puissante Research & Intelligence Agency. Une entité dont les motivations éveillent rapidement la méfiance d’Alexandra Valerys qui, bien décidée à lui soustraire sa plus grande découverte, lui offre un os à ronger tout en préparant sa propre exfiltration. Peu de temps après, elle se réveille dans la jungle, en compagnie d’autres scientifiques, aux mains de mercenaires brutaux et sadiques. Et ce n’est que le début…
Ce qu’on aime chez Alexandra Valerys, c’est sa solidité tant physique que psychologique, sa capacité d’adaptation hors norme et sa grande intelligence. Toutes caractéristiques communes aux héroïnes de Christine Brunet.
Ce qu’on aime dans cette histoire, outre la tension provoquée par la menace constante que représente la RIA, ce sont les rebondissements, l’enchaînement d’évènements menant à des situations toujours plus dangereuses nous faisant d’autant mieux apprécier les rares personnages dignes de confiance qui croisent la route de notre héroïne… même s’il nous arrive, tout comme elle, de douter malgré tout de leur bonne foi.
« L’ultime équation », c’est 321 pages de lecture à 100 à l’heure, c’est 321 pages qu’on n’a pas envie de lâcher avant d’en avoir dévoré le dernier mot !
C’est là que je vous annonce, entre frustration et enthousiasme, que ce livre est également le premier d’un triptyque ! Frustration, à cause des trois petits points de suspension à la fin du tome et enthousiasme, parce que ces trois même petits points annoncent aussi que l’aventure ne fait que commencer !
Un coup de cœur, comme vous l’aurez compris et une très grande impatience de découvrir la suite.
La famille Kernavec, le couple et leurs enfants, quittent Atlantis, la planète-mère en direction d’Ouranos. Ils sont encore dans le vaisseau, à peine sorti d’une hibernation tellement le voyage est long. Le père explique à ses enfants très impatients que là-bas, sur Ouranos tout est différent, la gravitation, les lunes, la végétation est bleue et parfois hostile. Nous sommes en 2050. Le père Kernavec travaillera dans l’administration d’un établissement pénitentiaire. Là-bas, il y a de nombreuses carrières d’iridium et les minerais sont extraits par des prisonniers jugés par des tribunaux d’Atlantis. Anaïs est l’aînée des trois enfants Kernavec.
Plusieurs centaines d’années plus tôt, la famille Ledoux, des Français vivant en Algérie sont en partance vers l’Australie. La fille aînée s’appelle Camille. Là-bas aussi, il sera question de fermes pénitentiaires et donc de prisonniers.
Il y aura de nombreuses similitudes entre les Kernavec et les Ledoux, tout cela à plusieurs centaines d’années d’intervalle. Anaïs et Camille vivront des histoires d’amour similaires. Les deux familles auront des déboires qui se ressemblent énormément, déboires troublants en parallèle avec l’histoire de leur région respective.
Et ?
De nos jours, en France, Lucien Jouvenceau se rend chez un devin aux étranges pouvoirs de guérison, Jean Vitoble. Il prend avec lui les photos de son arrière-grand-mère, Camille Ledoux. Jean Vitoble explique que passé, présent et avenir sont inscrits quelque part de manière indélébile et lisible pour qui peut accéder à cette dimension (les annales akashiques). Et que l’avenir évoluerait en fonction de nos actions ou de nos décisions, cela en permanence et parmi tous les futurs possibles.
Là, dans les sous-sols de la maison du guérisseur, Georges Léman, un jeune physicien audacieux, a installé tout le parfait matériel du savant fou. Avec l’accord de Lucien Jouvenceau, des expériences extraordinaires se pratiqueront.
Par hypnose, Lucien Jouvenceau prendra connaissance de la vie de Camille Ledoux, son arrière-grand-mère, si celle-ci n’était pas revenue en France. Oui, une vie parallèle …
Un livre qui m’a passionnée jusqu’à la dernière page. Dans lequel il est question d’annales akashiques, de mémoires transgénérationnelles, de multivers, de vie après la mort, de réincarnation, de la théorie des univers parallèles. Et surtout de cette question, Jusqu’où peut-on pousser les expériences ?