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Edmée de Xhavée a lu "Le Bic et les pierres" de Pascale Gillet-B

Publié le par christine brunet /aloys

J’ai lu Le Bic et les pierres de Pascale Gillet-B. Edmée De Xhavée.

 

Voici un livre qui va au-delà d’une « histoire », même si c’est cette histoire qui emporte le lecteur dans de multiples réflexions. L’histoire d’une rencontre, une de ces rencontres qu’on ne remarque pas tout de suite, dont on n’imagine pas qu’elle soit autre chose qu’un de ces charmants moments que l’on aime évoquer ensuite en regardant des photos.

 

Clara et Lucien. Mais aussi Léone et Jeanne. Et puis les douloureusement absents, Ihsan et Justin. 

 

Il était une fois un petit curieux de tout, Lucien, qui eut grande envie du bic de la gentille dame venue de loin pour apporter de l’aide à son village. Un bic, objet important, presque magique. Le petit curieux grandit, et la gentille dame revient maintes fois parce que voilà que le fameux bic se met à dessiner un nouveau parcours dans leurs vies. 

 

Je ne raconterai pas ce parcours, que le lecteur aura grand plaisir à découvrir, mais l’auteur a su, sans pédanterie ou maladresse, souligner que l’amour ne suffit pas : il faut aussi subtilement accorder les notions de cadeau, imposition, intuition… et déceler les réticences, malaises, inquiétudes propres à l’éducation de chacun et ses codes culturels. J’ai particulièrement apprécié cet aspect du récit, on n’a pas d’un côté la dame aisée et animée de son sens de la générosité et de l’autre le jeune Africain qui ne peut être qu’éperdu de reconnaissance, loin de là. Tout est délicat, hésitant, respectueux. Et au fil des ans, alors que Julien grandit et s’étonne de ce qu’il a su mettre dans ses pierres, Clara se libère de certaines de ses convictions emprisonnantes.

 

Le Bic et les pierres, Pascale Gillet-B

Editions Chloé des lys

136 pages

24,30 €

Edmée de Xhavée

 

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Pascale Gillet-B  a lu et chroniqué "Le Transfert" de Carine-Laure Desguin

Publié le par christine brunet /aloys

Le Transfert, Carine-Laure Desguin, théâtre, Editions Chloé des Lys.



 

Dans cette pièce de théâtre, un seul décor : une chambre d’hôpital. 

Les personnages sont anonymes, aliénés à une fonction, étrangers à eux-mêmes. Existent-ils seulement ? 

Un clown en face d’un patient allongé veut jouer envers et contre tout. 

Progressivement inquisiteur et autoritaire, il semble dicter les règles du jeu au détriment de celui qu’il est venu faire rire. 

Le patient, triste et morose ne rit pas. Est-il fou ou puni ? Il doute de tout et interroge le clown.

D’abord résigné, il ne comprend rien, il ne reçoit pas de réponse de son étrange interlocuteur. Il souffre, il souffre atrocement, il se souvient. « Le parfum des roses me paraît si loin, si loin, si loin… »

Un robot sorti de nulle part apporte le remède à sa douleur, un carton blanc, vierge et vide !

Les visites sont terminées, le clown quitte la chambre.  

Le docteur et l’infirmière entrent en scène. Ils discutent de l’existence du patient ou plutôt de sa non-existence. Un dialogue complètement burlesque s’engage entre ces deux nouveaux personnages à propos du malade. 

Le patient comprend lentement, il se souvient, il réfléchit maintenant, il veut pisser, il a faim, il a soif… il sourit même ! Il se rebelle.

Mais non, il ne sera pas sauvé. Il est fou, il ment, il n’existe plus. Il est devenu non-patient, englouti dans le néant. 

Il n’a pas ri, le clown lui avait bien dit pourtant qu’il devait rire. 

Il ne reste rien, même pas le souvenir d’un parfum… 

 

Prodigieuse, Carine-Laure Desguin nous emmène dans un dédale abracadabrant par la seule puissance de ses mots ! Dans ce texte court et dense, elle dépasse avec audace les limites de la raison pour le plus grand plaisir du lecteur. 

Une lecture hors-norme dans la forme comme dans le fond! Bravo ! 



 

Pascale Gillet-B 

 

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Ani Sedent a lu le road trip signé Bob Boutique "Les aventures extraordianires de Bob le Belge en Islande"

Publié le par christine brunet /aloys

Dernièrement, j’ai voyagé en Islande.  Si si.  J’ai voyagé en compagnie de Bob l’aventurier, Poussin l’organisée, et Juju le mélomane.  Une petite famille bien sympathique qui voyage à bord d’une Yaris de location et emprunte les chemins réservés au 4X4 (pas tous, rassurez-vous).  Ça cahote pas mal, mais ça vaut le détour !

  Dans ce style qui lui est propre (et qui m’a rappelé l’époque ou je lisais Les dix petites négresses) l’auteur nous emmène dans un pays de marmites d’eau bouillante et de géants de glace, de plages de sable noir et de champs de mousses grisâtres ‒ quand ils ne sont pas de souffre aux incroyables teintes fluo ‒.  Mais si Bob joue les guides touristiques, ne croyez pas qu’il se contente de décrire ce qu’il voit, non, il commente, alterne humour et poésie, fait un peu d’histoire et parvient à nous donner l’impression d’être du voyage.  C’est éminemment sympathique, amusant et, oui, instructif.  Le croirez-vous ? J’ai appris, une chose sur la distillerie écossaise de Glenfiddich, une chose que je ne savais pas, que je n’ai pas vue quand je l’ai visitée il y a quelques années, et qui m’a fort amusée.  Si vous voulez savoir de quoi je parle il faudra lire le livre.  Non non, je ne vais pas spoiler.

Bref, un récit de voyage plein de gaité, d’aventures et de tartines de confiture.  Un vrai régal !

 

Ani Sedent

 

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J’ai lu Pourvu qu’il pleuve de Bernard Depelchin... Une chronique signée Edmée De Xhavée

Publié le par christine brunet /aloys

 

J’ai lu Pourvu qu’il pleuve de Bernard Depelchin – Edmée De Xhavée

 

Un mariage qui se fatigue un peu, en douceur. Un souvenir d’enfance qui surgit dans les souvenirs, Anna. La découverte du visage de l’Anna de maintenant. Les mille questions, les retours aux infinies possibilités, les reproches – pourquoi l’avoir laissée se faire perdre de vue ?

Anna, la gente enfant à protéger à la lointaine époque du preux chevalier en culottes courtes. Elle n’a pu devenir que douce et belle… Plus douce et plus belle. L’obsession s’installe, se répand, refuse de s’apaiser. Le mariage fatigué tombe dans un brouillard bienveillant, à quoi bon trop y penser alors qu’Anna se révèle, au fil des rencontres, de plus en plus nette et envoutante. Le premier baiser, les confidences, les sourires, l’époux d’Anna qu’elle avoue aimer même si… L’attente brûlante de son retour de vacances en famille…

Il est si facile de rendre un amour impossible, dit l’auteur, le narrateur. Il suffit de ne pas avoir gardé le contact, d’avoir mis assez de temps entre les deux amants potentiels.

L’auteur est belge, et donc ce « pourvu qu’il pleuve » est surprenant : aucune incantation n’est nécessaire pour que la pluie s’invite. Et cependant, c’est à mes yeux une partie délicieusement romantique et lumineuse dans le récit, ce qui se passe juste avant la pluie. Une déclaration qui contient tout, avec décence mais aussi impudeur. Décence pour Anna et impudeur pour son ancien preux chevalier en culottes courtes.

J’ai suivi les espoirs et projets du narrateur et ses rencontres avec Anna en quelques soirées de lecture, sans hâte. Un voyage agréable, un peu fou, surprenant, une vénération du souvenir, de l’enfance, d’une période où certes toutes les options existaient encore. Une aventure vécue à coups d’attentes folles et nimbée des fantasmes de la mémoire.

Et puis, l’espoir de la pluie, en beauté !

 

Edmée de Xhavée

https://edmeedexhavee.wordpress.com

 

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J’ai lu La 7ème vague, de Gauthier Hiernaux – Edmée De Xhavée

Publié le par christine brunet /aloys

J’ai découvert l’auteur il y a longtemps déjà, avec son ouvrage Lucioles, paru chez Chloé des lys également. Je me promettais depuis lors de le lire à nouveau, et c’est chose faite. 

 

La 7ème vague, eh bien elle nous plonge dans de vilains scenarii possibles, imaginaires ou probables dont la pandémie a annoncé les multiples décors et tyrannies administratives. Les confinements interminables qui rendent fous et poussent à la désobéissance en grande pompe, la chasse au moyen de drones, le surprenant trafic d’une chose désormais censurée par les minorités fanatiques, les puissantes amazones ( il y a aussi les amazzones, que je vous laisserai découvrir ) qui étêteraient volontiers les hommes avec les dents – et il reste cependant des obsédés téméraires qui jouent avec le feu, le souci écologique poussé à la démesure, les tests médicaux dont on ne sort qu’à peine vivant si on en sort, des offres de travail issues d’une éthique qui a perdu pied et que les hommes ont perdu leur humanité, des jeux sordides… 

 

On est dans un monde triste, désespéré et désespérant que contrairement aux histoires de science-fiction ou de vampires, on ne peut pas totalement écarter d’une rassurante chiquenaude car peut-être… qui sait… ça pourrait bien se diriger vers certaines de ces nouvelles, très bien présentées par l’auteur. 

 

Ce n’est ni noir de noir, ni vraiment sanglant, c’est anthracite avec des gouttes de sang et bien des larmes ici et là. Et c’est un très très bon livre ! 

 

La septième vague et autres nouvelles

Gauthier Hiernaux

Editions Chloé des lys

27,20 €

194 pages

 

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Edmée de Xhavée a lu "Mères indignes" de Luce Caron

Publié le par christine brunet /aloys

J’ai lu Mères indignes de Luce Caron. Edmée De Xhavée

 

Sept nouvelles, sept mères. Indignes. En souffrance, éjectées de la vie qu’elles rêvaient et suffocant dans celle qui leur échoit. 

 

Céline si seule et qui n’en dort plus d’être maman, assourdie par l’enfant et aveuglée par le regard qu’on porte sur elle, sur cette femme accompagnée de cris. Céline qui s’est perdue dans la solitude…

 

Aurélie, pas assez seule, elle. Entourée, encerclée de mari et enfants. Aurélie qui a dérapé, et ça ne pardonne pas, les dérapages. Contrôlés ou pas. Il faut faire face, il faut vraiment, mais vraiment aller respirer quelques bouffées de liberté et de calme…

 

Agnès et son ado en perpétuel séjour dans le virtuel. L’ado que l’on attend endormie sur le sofa, espérant enfin mériter son amour, son attention, son regard. Agnès invisible, inaudible. Ça finira mal, elle le pressent, si elle n’agit pas. Le poids infini de ce qu’il faut décider, on le sait, on le sent, mais aussi… cette voix qui avertit : il n’y aura pas de retour en arrière !

 

Elsa, qui s’est habillée un peu trop fleurie pour un enterrement, c’est vrai. Pour un éloge funèbre qu’on n’oubliera pas. On attend d’elle d’être celle qui ne fait que passer et qui, finalement, n’a rien de bien intéressant : elle n’est qu’une de ces nombreuses mères de famille qui travaillent. Pas de quoi fouetter un chat. Ni un chien…

 

Olivia, Olivia qui vient chercher sa grand-mère Simone pour le dernier adieu à Véronique, leur mère et fille. Des bribes du passé se bousculent. Comment à 10 ans, proclamée indépendante par sa mère elle avait été couronnée du rôle de gouvernante : café servi en rentrant de l’école, que mange-t-on ce soir, je vérifie ce que nous avons au frigo après les devoirs. C’est qu’elle avait tant besoin d’elle, cette mère, c’est qu’il ne fallait pas la laisser seule, l’abandonner pour d’autres compagnies… Aurore, l’amie intime, avait fini par ne plus donner de nouvelles, inexplicablement. Et cette mère boa-constrictor qui lui avait broyé la vie. Mais Simone fait la sourde oreille : mais voyons non, sa chère Vivi, sa chère Vivi… elle adorait Olivia, c’est automatique, une mère ne peut échapper à la joie d’aimer sa fille, voyons… 

 

Caroline, elle a sombré et perdu. Certes, quelques bulles font du bien au moral, aident à fêter le fait que bébé s’est endormi. Le bonheur y est mort, dans les bulles. Et puis il y a cette journée de trop…

 

Sabine. Sa distraction les avait fait rire au début de leur vie commune, les avait tant amusés, son mari et elle. Et puis… c’est devenu une réalité trop importante dans leur quotidien, ça prend tant de place, cette vie nébuleuse en permanence, constellée d’oublis, de confusions, de courses pour rattraper le temps et la confiance, retrouver les objets, le fil des choses. Dans ce désordre, est-il encore possible de trouver où l’amour s’est caché ?

 

Chacune de ses femmes, nous l’avons approchée, l’avons été peut-être, en tout cas elle nous est familière. Chacune a sa souffrance, un mal maternel. On comprend cet émoi terrible et secret, et sans doute, on ne saurait que leur dire… 

 

Edmée de Xhavée

 

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Christina Prévi a lu "Pourvu qu'il pleuve" de Bernard Depelchin

Publié le par christine brunet /aloys

 

Un souvenir subit surgit, comme un rappel à l’ordre d’un amour d’enfance oublié, qui va prendre toute la place.

Il veut revoir Anna, ne pense plus qu’à ça… Il la cherche, la retrouve, tombe en extase. Mais la réalité le rattrape ; il y a de part et d’autre, conjoint, famille, enfants, qui ont pris leur place.

Il s’est enlisé dans un parcours fade, sans audace. Revoir Anna l’a secoué, et l’imaginaire va prendre le relais, le propulser dans une dimension amoureuse.

Une lucidité douce-amère le pousse à analyser le comportement de ses semblables et de la société.

Il retrouve, heureusement, le dérivatif salvateur qui sera le baume au cœur de la dernière rencontre et c’est alors que, oui, pourvu qu’il pleuve !

 

Ce roman, riche de réflexions, d’émotions, m’a beaucoup plu !

 

Christina Previ(otto) 

 

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Pascale Gillet-B nous propose une note de lecture du dernier roman d'Edmée de Xhavée "Lovely Brunette, tout simplement"

Publié le par christine brunet /aloys

Belle lecture que nous offre Edmée avec ce dernier roman. A découvrir absolument.

Lovely Brunette est une femme qu’on aime infiniment à travers les mille anecdotes que l’auteur nous livre avec tant de tendresse, de vérité et de drôlerie que nous pensons les avoir vécues.

Ainsi, nous suivons Lovely Brunette dans sa cuisine où elle passe la journée entière à faire blinquer l’argenterie de toute la maison, papotant avec sa fille.

Un autre jour, en voyage en Yougoslavie toujours en compagnie de sa fille, Lovely échappe à Lerno, un contact épistolaire trop tenace et insistant en s’égarant dans un chemin terreux  qui aboutit à une décharge sauvage de détritus.

Nous l’accompagnons aux séances de cinéma du mercredi après-midi. Lovely Brunette y emmenait ses enfants selon un horaire bien à elle sans lien avec l’heure du début du film de sorte qu’ils découvraient parfois la fin d’une histoire avant son commencement.

Nous rencontrons Lovely, l’écuyère parfaite et ses chevaux. Nous caressons ses chiens, entre autres Tara, sa dernière chienne qui a vieilli et s’est assagie avec elle.

Nous mangeons ses  pâtes Miracoli, préparées à sa façon.

Nous nous sommes également promenés dans son somptueux jardin fleuri et parfumé, réelle présence vivante et bruyante qui se figea sous le gel le jour de sa mort.

Au-delà de ces anecdotes savoureuses - je n’en relate que quelques-unes - il y a  par-dessus tout l’amour, l’admiration et le respect d’une fille pour sa mère.

Voici quelques extraits qui m’ont touchée et révèlent la poésie de l’écriture d’Edmée.

 

«Maintenant je les regarde, ces photos d’une enfant ravissante et je réalise que pour arriver à la vieille dame lasse et chiffonnée, il lui a fallu foncer en avant comme un train, tête baissée. Prendre des pelles, renoncer à de candides espoirs, en construire d’autres, aimer, faire mal, se faire mal, pleurer d’amour et de rire, blesser, trahir, guérir,  réconforter. »

« Son moment de gloire, la gomme qui effaça bien des souffrances et des doutes. Et dont les photos prouvent combien, à 47 ans… elle avait encore tout le scintillement de la Lovely Brunette ! »

« Chaque voyage laissait un petit carré de la mosaïque qu’elle assemblait. »

« Nous nous sommes souvent disputées. Je vous dis disputées mais jamais je ne l’ai insultée ou ne lui ai parlé grossièrement. Nos disputes furent volubiles, sonores, suivies de longues et chaudes périodes fusionnelles. »

« Le soir tombé, nous étions repues de bavardages, d’intimité, de flots de mots qui auraient pu paraître inutiles  –certes, nous n’avions pas changé le cours du monde-  mais avaient ajouté quelques longueurs au tissu de notre lien, ce tissu qui encore aujourd’hui qu’elle n’est plus (ici), ne s’est pas rompu. »

« … la malice qui nous unissait en milliers de mots qui ne devaient même pas être prononcés. »

« On savait bien peu que l’on vivait des étincelles de bonheur. »

« Elle entre en courant d’air dans mes pensées alors que je me crois absorbée par autre chose. » 

Je ne cite pas la dernière phrase qu’Edmée a écrite, c’est pour moi la plus belle dans ce roman d’amour.

 

Pascale Gillet-B.

 

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Ani Sedent a lu "La chute de Julian Kolovos" de Joe Valeska

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

Alléchée par quelques extraits choisis, je me suis plongée dans la lecture de Meurtres surnaturels – La chute de Julian Kolovos ‒ de Joe Valeska.

  En l’ouvrant, je reconnais avoir éprouvé un peu d’appréhension, pour deux raisons : la première, tout bêtement parce que je n’avais pas lu le premier tome ; inquiétude inutile car l’auteur raccroche si bien les wagons que le second tome peut être lu indépendamment du premier.  La seconde, (désolée Joe) parce que je n’aime pas du tout les films d’horreur et craignais un afflux d’hémoglobine. 

  Bon ! il y en a eu… un peu, pas suffisamment cependant pour me détourner de ma lecture.  D’autant plus que le voyage nous emmène dans des lieux étonnants, souvent extraordinaires, en compagnie de personnages insolents, drôles, parfois acides ou cabochards, mais toujours dévoués les uns aux autres et finalement très attachants. 

  Entre ombre et lumière, entre sang et cocktail, ce roman est de ceux qu’on n’a pas envie de lâcher et dont on se trouve, à la fin, envieux de connaître la suite.

 

 

Ani Sedent

 

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Carine-Laure Desguin en invitée avec son "Digue de cuesme, quatre-vingt deux"... Une lecture d'Edmée de Xhavée

Publié le par christine brunet /aloys

 

Digue de cuesme, quatre-vingt deux

 

Si ce n’est pas un chant d’amour que ce chant de Jane Carine-Laure Desguin, je n’y connais rien.

 

Christian-Zéphirin - dit Boule - passe dans la vie comme un boulet. En musique de fond, un rire plein d’enfance. Un rire qui ne sera jamais adolescent, mature, vieillissant, non. Autour de lui cependant, il y en a qui rient aussi, certes (comment ne pas rire, n’est-ce pas, malgré tout) mais brièvement, entre deux hurlements de désespoir.

 

une toute petite vie

doit-on dire si

petite si petite

si

exsangue de tant de choses

une vie de rien

une vie pour rire

une vie de rigolade

de rires de rades

je ne sais trop

 

Il a grandi comme un chiot indiscipliné, sans collier, sans gros yeux ou gros doigt.

 

alors pour toi

pas de phrases sévères

pas de refus, pas de discipline

libre enfant tu étais

errant dans la ville

juke-box à gogo

potes de comptoir très tôt

jeux de billes et puis de billards

et que sais-je

bien pire encore

 

Oh, Boule ne comprend pas le pourquoi de tout ce sérieux, ce besoin de mettre tout à sa place, d’ordre et propreté, des choses bien ennuyeuses et inutiles, il le sait bien, lui.

 

C’était d’ailleurs si bon de faire des concours de crachats et puis les 400 coups, et puis de faire rire les filles. Faites rire une femme et elle est déjà à vous. Il les a collectionnées, comme les cuites, les chats, les emmerdes, les dettes, les fous-rires, les potes-tapeurs, les grands sourires.

 

c’est dégoûtant de respirer tout ça

entre les crottes de ces chats chattes

chatons et combien sont-ils

incomptables comme tes bouteilles

des enveloppes fermées ou mal ouvertes

 

Insupportable et tant aimé pourtant. Exaspérant et incorrigible, inoubliable aussi. Et ce qui reste, c’est cette cascade de rires, mal à propos, déconcertants, mais aussi sa seule vraie richesse à partager : une joie surréaliste, une insouciance indécente – car les soucis, eh bien… les autres en faisaient les frais et les nuits blanches.

 

Toute petite vie, en dents de scie, en chute libre, un toboggan de plus en plus nauséabond et chaotique au fur et à mesure que l’atterrissage approchait. Boum ! Et pourtant sa cousine, il la reconnait jusqu’au bout de ce qui lui reste de souvenirs, sa complice de jeux sauvages et de crachats.

 

Une fois le halètement de colère/douleur épuisé, c’est l’amour qui se déploie et se dépose, comme une fleur coupée, sur ce qui reste de Boule, le boulet sans conscience…

 

nous regardons tous glisser

ces quatre planches bon marché

toi dedans Boule et ta toute petite vie

si petite

une vie de rien de rires seulement

et de bières fraiches

et de potes

et de meufs

 

Un petit livre, petit comme cette petite vie, mais qui chante fort, et imprègne, et partage cette étrange hommage fait de mots qui s’indignent et s’attendrissent, pour enfin s’apaiser et dire « C’était Christian-Zéphirin, et je l’aimais ».

 

Edmée De Xhavée

 

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