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Déjà un premier avis sur le dernier roman d'Edmée de Xhavée "La rivière des filles et des mères" sur le blog d'Armelle Barguillet-Hauteloire

Publié le par christine brunet /aloys

https://interligne.over-blog.com/2021/06/la-riviere-des-filles-et-des-meres.html?fbclid=IwAR2IG_WrKtIibmbW6IS0tt_Q29VtPfhw8FjW3aQlivhAeDYEwKEO3hZd0XU

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18 juin 2021
La rivière des filles et des mères de Edmée de Xhavée

Avec ce dernier roman, Edmée de Xhavée ouvre un vaste panorama en proposant à ses lecteurs une saga familiale sur cinq générations et, plus précisément, sur les femmes qu’elle évoque avec une saveur toute personnelle. Dès le début, elle frappe fort notre imaginaire, nous immisçant dans le monde des Ojibwés dont Guillaume Goguet, dit Bellefontaine, épouse l’une des très jeunes filles après avoir quitté sa Bretagne natale et ses terres confisquées à la Révolution, afin de vivre sans contrainte tel un coureur des bois. « J’étais membre de la tribu des Ojibwés, née au sud du lac Supérieur. Ma mère et sa sœur avaient été enlevées aux Abénaquis … Et Guillaume Goguet m’a échangée contre du café et du sucre. Peut-être un ou deux fusils. » Voilà ce que précise la première femme du roman qui fonde la dynastie des quatre suivantes, chérit chacune des saisons et connait toutes les choses que les femmes doivent connaître. Cette Belette, tel est son nom, donnera naissance à plusieurs garçons et à Enimie qui sort de la cabane de trappeurs de ses parents pour tracer son destin avec un indéniable panache, abandonnant la vie rurale pour celle de la ville, après avoir été éduquée dans un pensionnat où l’on apprend les bonnes manières. « Lors des retours à la cabane, je commençais à saisir ce qui séparait – et finalement isolait – les miens des autres. Le Goguet, Odon, Lô et ma mère Belette …  ils étaient dans leur élément, oui, parfaitement rodés à la vie des bois, et je n’avais jamais manqué de rien, sauf … du monde. » A la mère nourricière succède ainsi une femme qui forge son avenir avec audace, épouse Calum, qui préfère les hommes mais l’aime tendrement, et attendra quelques années pour attraper «le désir» lors d’une soirée avec le prince Albretcht.
 

 

Après Enimie vient Mackie, la princesse, qui vit un amour fou avec Urbain, et sera la mère de Mariette et de Jules-Nicolas. Ils élèvent des chevaux dans leur ranch, mais Urbain s'accorde de nombreuses libertés financières et trois hommes en colère vont débouler un jour pour assumer leur vengeance, alors qu'il est absent, tuer Wang Shu la servante, Ole Sundquist, l'autre employé, et Chun Hua, avant d'arracher un oeil à Mammackie. "Quand papa revint - écrira Mariette - je me ruai contre lui et m'ancrai à ses jambes, alors il chercha à se libérer aussi doucement qu'il le pouvait mais je sentis ses mains trembler." Défigurée, Mammackie fera face, tandis que l'homme de sa vie sera rattrapé et tué par ses créanciers. La vie est difficile désormais et par une "journée de velours" un nouveau drame se profile. "C'est ainsi que j'ai vu la poussière s'élevant de la route de terre rougeâtre, une poussière qui courait vers nous à vive allure comme un dust devil trapu et décidé." Mariette a compris ce qui s'annonçait, a saisi son arc et lorsque la voiture folle passe près d'elle, vise et lâche sa première flèche. Il en faudra deux autres pour abattre l'homme. Mammackie, qui a assisté à la scène, dira simplement "On n'en parlera jamais, c'est entendu ?" Dans le coffre de cette voiture folle, qu'ils iront immerger dans un lac, Mammackie et ses enfants découvrent un malheureux chien de 7 ou 8 mois qu'ils adopteront et qui remplacera la louve Cheète qui avait été abattue lors du précédent drame. Désormais, la guerre se profile et Jules-Nickie s'en va rejoindre l'armée, se bat au Monte Cassino, devient sourd et, par la suite, renoue avec des cousins qui vont lui proposer de venir les rejoindre en Belgique pour travailler avec eux, ce qu'il fera, et incitera sa soeur à en faire autant. "L'engouement pour la vieille Europe qu'on venait de sauver et l'amour pour la vraie qualité indémodable vinrent au secours de Jules-Nickie, qui enfin vit progresser cette nouvelle aventure, et surtout ... y mit le dévouement que l'on ne met que dans un objectif qui paie en satisfactions d'excellence." 

 


Dans ce beau roman, la poésie des paysages est également constante, évoquant ces vies successives avec d’autant plus de véracité que l’auteure a vécu en Amérique plusieurs années, nous donnant à voir des terres âpres, emplies d’un profond silence, où galopent les chevaux et l’imagination du lecteur. Ainsi ces femmes ont-elles forgé leurs caractères aux exigences d’une réalité dont les temps forts sont ruraux pour la plupart et accordés à la respiration constante de la nature et des êtres qui y résident. Plus tard, Mariette, étant venue poursuivre son existence en Belgique, y perpétue sa descendance qui vogue au gré des événements et ne cesse de forger encore et toujours sa puissante originalité. L’ouvrage nous conduit alors à Trieste où  Louisiane, la petite fille de mammy Ayette, aime Vladimiro, un être instable qui la quittera parce que l’existence est ainsi faite, les artistes (il est sculpteur) sont souvent sujets à des passions folles et éphémères. « Tu es comme Mammackie » - constate Mammy Ayette. « Tu as laissé l’amour allumer un âtre en toi, et tu ne seras jamais sans feu. » Et il est vrai qu’aucune des femmes de ce roman ne l’est. Toutes ont affronté avec audace les divers orages de l’existence. A Liège en 1980, la fille de Louisiane et de son amoureux Vladimiro, baptisé Dracula, referme les pages  de la saga : « Maman me dit que j'ai peut-être brisé la malédiction des mauvais couples dans la famille, ou bien qu'il n'y en avait pas vraiment, ou encore que ce n'était finalement pas si mal que ça puisque la chaîne des enfants a continué, et que nous pouvons remonter de mère en mère jusqu'à une source lointaine, quelque part au Québec. » Nul doute, ces existences, riches et diverses, n'auront jamais connu la banalité et l'ennui. Il y a là, pour les décrire et nous les conter, un souffle, une puissance narrative qui porte haut des destins où s’allient, pour le meilleur et le pire, force et passion. Un roman que l'on quitte à regret parce qu'il sait nous envoûter par la richesse de ses descriptions et l'originalité de ses multiples personnages.


Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE

Publié dans avis de blogs

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Edmée de Xhavée nous présente son nouveau roman "La rivière des filles et des mères"

Publié le par christine brunet /aloys

 

Biographie

 

Edmée De Xhavée est Belge, pour ce que cela veut dire. Belge depuis plusieurs générations, mais des générations qui ont exporté et apporté des gènes d’ici et d’ailleurs. Une famille souvent nomade « pour les affaires » et donc bien du désordre non pas dans la lignée mais dans les habitudes et souvenirs. Née lors de cette époque bénie de l’après-guerre où tout renaissait dans l’espérance, la jeunesse des « golden sixties », les débuts des voyages et des découvertes. Écrire est l’album de photos moins indiscret qu’une vraie biographie, un peu menteur un peu audacieux. Ce livre est son onzième. 

 

 Résumé

 

Zoya remonte la source de sa lignée maternelle, n’ayant souvent que les bribes de souvenirs plus ou moins légendaires auxquels s’accrocher, des suppositions, des secrets qui le restent. Bien des choses ne lui sont pas parvenues, ou ont été déformées par les récits trop enthousiastes ou censurés. 

 

Chacune de ces femmes, pourtant, témoignera de son rôle, et fera sortir de l’ombre, avec sa propre voix, l’homme de sa vie, l’homme tout court, l’homme plus grand que nature, l’homme décevant, l’homme de devoir ou d’aventures, l’homme qui se perd ou qui se trouve. 

 

Extrait

 

   Moi, si adroite avec le fusil ou le couteau, très rapide à la course en mocassins dans les sous-bois ou sur les rives spongieuses de nos rivières, tellement habile à tuer les serpents d’un seul coup de bâton, j’ai, je pense, été capable de tenir secrets ces talents trop peu de mon sexe pour ce qu’on attendait de moi. J’ai excellé en science du ménage, me suis formée en algèbre, histoire de l’Église, toisé, philosophie, broderie, et la botanique et la littérature m’ont conquise et imprégnée… J’ai aussi plongé avec bonheur dans les plaisirs des échanges au sujet de livres lus, de dialogues ou actes intrigants, de réflexions passionnées qui m’apprirent que bien souvent il était bon d’accepter l’idée que l’on pouvait ne pas partager le même avis et admettre qu’on ne détenait la preuve d’avoir raison.

Publié dans Présentation

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Adeline Diels et Jean-Claude Wiliquet nous présente leur nouvel ouvrage "Le choix de Pâris"

Publié le par christine brunet /aloys

Biographie

 

Adeline et Jean-Claude se sont rencontrés dans l’après-midi de leurs vies. Le fait d’être ensemble leur a ouvert en grand les portes de l’aventure. Ils ont eu beaucoup de projets, en ont concrétisé la plupart, dont celui d’écrire. Ecrire par plaisir, pour donner du plaisir.

 

Résumé

 

C’est l’histoire d’un éclair dans la nuit, du dévalement d’un torrent de montagne au printemps, de l’apparition soudaine d’un loup à l’orée d’une forêt familière.

Par un hasard extraordinaire, un jeune homme fait irruption dans la vie sagement mesurée de trois femmes. Après lui, plus rien n’est pareil.

Géraldine, Josée et Roxanne  vont quitter leur engourdissement pour emprunter des voies inattendues, des vies nouvelles : les leurs, enfin !

 

Extrait

 

Par la fenêtre, elle pouvait distinguer les platanes, silhouettes noires éclairées de temps en temps par les phares d’un rentre-tard. Plus loin, la Meuse, le « Plongeur » à la pointe du port des yachts. Elle goûtait l’instant. Elle ouvrit délicatement l’enveloppe. Une affichette s’en échappa. Une mouette. Son esprit s’envola ! 

C’était un autre mois de mars, dix ans plus tôt, trois femmes, un homme…

Publié dans Présentation

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Mickaël Zoïna est dans l'avenir.net

Publié le par christine brunet /aloys

Mickaël Zoïna est dans l'avenir.net
Mickaël Zoïna est dans l'avenir.net
Mickaël Zoïna est dans l'avenir.net

Publié dans Article presse

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Un article pour Coraline Buchet dans Sudpresse

Publié le par christine brunet /aloys

Un article pour Coraline Buchet dans Sudpresse

Publié dans Article presse

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Aubes lunesques... Notre nouveau rendez-vous poétique signé Carine-Laure Desguin

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

Sarabandes bleues

feux follets sous les étoiles

ritournelles folles



 

Fumées des branchages

sur les nuages de sel

marées d’ondes naines



 

À foison sur l’eau

l’histoire des nénuphars phares

raconte la lumière




 

Des mouvements de ciel

Sous l’orangée des astres

Attendent les heures

 

Dans les heures bleues

les minutes sont des feux

l’aurore attend



 

L’aurore des jours

siffle du matin au soir

le soleil s’amorce

 

Publié dans Poésie

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Deux articles pour Salvatore Gucciardo !

Publié le par christine brunet /aloys

Deux articles pour Salvatore Gucciardo !

 

De Charleroi à Florence : Nouvelle distinction pour Salvatore Gucciardo



 

Publié le 09 mai 2021 à 15:34 - Ajouté par Laura Gentile

 Charleroi



 

De Charleroi à Florence : Nouvelle distinction pour Salvatore Gucciardo

De Charleroi à Florence : Nouvelle distinction pour Salvatore Gucciardo - © Tous droits réservés

 

Le peintre carolo, Salvatore Gucciardo, poursuit se reconnaissance internationale.

 

Une nouvelle distinction vient de tomber pour ce peintre de notre région.
Il expose désormais son travail, pour la première fois, au Musée Bellini de Florence.
C’est pour son travail pictural qu’il vient d’être épinglé, recevant ainsi officiellement le « diplôme du Mérite Artistique » décerné par l’Association Internationale Galleria « II Collezionista » basée à Rome.

En plus de la qualité des œuvres présentées, appréciées par le jury, les peintures de l’artiste figurent également dans l’édition 2021 du catalogue Art Best Seller. Celles-ci seront exposées dès ce 5 juin !

Source : VA

 

https://www.telesambre.be/de-charleroi-florence-nouvelle-distinction-pour-salvatore-gucciardo

 

Publié dans Article presse

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Un article dans Bruxelles Culture pour "Méandres" de Salvatore Gucciardo

Publié le par christine brunet /aloys

 

Bruxelles Culture mai 2021  

 

MÉANDRES 

Salvatore Gucciardo est un peintre connu et reconnu, un poète qui saisit la plume pour prolonger ses univers picturaux ou les devancer. Cette fois, il s’interroge sur le monde tel qu’il est et tel qu’il devrait être, présent dans un cosmos infini et trop large pour cadenasser quoi que ce soit. Il s’agit également d’une fresque qui illustre la nature humaine et qui plonge le lecteur dans les abysses de son enveloppe charnelle. Ce texte, qui mélange prose et vers, s’organise en sept sections distinctes et, néanmoins, complémentaires. Il s’agit d’un rêve ou de visions qui n’ont rien de négatif. La lumière émerge et rutile. Point de peurs ni d’inquiétudes. Malgré les cataclysmes, la vie reprend ses droits et les étend à l’infini. On pointe un avenir meilleur, rempli de fraternité, de félicité avec, loin derrière soi, le souvenir d’une société crépusculaire salie par une apocalypse qui réorganise les esprits et les amène à s’accomplir. Rien d’étonnant que ses écrits rejoignent ses univers picturaux, qui tiennent à la fois du surréalisme et du symbolisme, même si l’artiste hait les étiquettes. En seconde partie, Maria Teresa Epifani Furno nous livre une traduction en italien. Bien entendu, les illustrations demeurent le fruit du pinceau de l’auteur. 

 

Ed. Chloé des Lys – 96 pages 

Daniel Bastié

 

Publié dans Article presse

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Fin de l'extrait "Dieu m'a raconté..." de Jean Destrée

Publié le par christine brunet /aloys

 

- Ah! ah! je t'ai bien eu! Comment s'est terminée cette petite querelle de famille?

- Vous êtes encore là, vous? Vous avez donc décidé de me casser les pieds avec vos élucubrations?

- Allons, allons! Ne t'énerve pas, sois beau joueur. Je parie que tu pensais à moi. Je me trompe?

- En attendant ma soirée a failli être gâchée par votre faute. 

- J'en suis navré mais je n'y suis pour rien. Ce n'est pas moi qui te mets dans cet état, c'est toi. Tu supputes, tu ergotes, tu gamberges, tu te rends malade et tu dis que c'est ma faute. Tu es bien comme les autres, tu me rends responsable de tes problèmes familiaux alors que c'est toi qui t'énerves et qui deviens malade.

- Bon! Admettons que vous n'y êtes pour rien, mais j'aimerais savoir vos intentions. Qu'est-ce que vous me voulez à la fin? Je ne vous ai pas appelé et vous savez bien pourquoi. Je n'ai pas besoin de vous. Je suis fatigué, j'ai besoin de dormir et de plus, je n'ai pas terminé mon travail.

- Libre à toi de penser que je n'existe pas, mais laisse-moi te dire qu'on ne s'en tire pas aussi facilement avec moi. Je suis coriace et persévérant. C'est dans ma nature divine. Avoue que tu as peur de moi. Oui, tu as peur, parce que je fais peur et c'est pour cela que les hommes, d'habitude si audacieux, se font tout petits quand ils entendent parler de moi. Ah! Qu'elle est triste, l'humanité. Moi qui aurais aimé avoir avec les hommes un dialogue d'égal à égal. C'est foutu une fois de plus. Quand je fais montre d'apparaître, tout de suite, ils rentrent dans leur coquille, se jettent à genoux et marmonnent des orémus pour essayer de me calmer alors que je viens vers eux en ami.

- Il y a de quoi. Avec tous les cataclysmes que vous avez provoqués depuis que la terre tourne. Mais croyez-moi, je n'ai pas peur. Pourquoi avoir peur de quelque chose qui n'existe pas. 

- Cela reste à prouver. 

- Je sais. Nous sommes à la même enseigne. Je n'arriverai jamais à prouver que vous n'existez pas et vous ne prouverez jamais que vous existez. Donc nous sommes quittes. Mais à la différence près que dans le doute, il vaut mieux s'abstenir. Et comme vous ne voulez pas être pris de doute, vous êtes dans une impasse. J'ai cet avantage sur vous que j'ai encore la solution du doute tandis que vous, si vous vous mettez à douter de vous-même, vous n'êtes plus dieu et vous n'existez plus.

- Diable! Oh! Pardon! Que c'est bien dit. Je n'avais pas pensé à cela.

- Je n'ai aucun mérite; la vie m'a fait réfléchir et j'en suis arrivé à refuser d'admettre des vérités révélées ou supposées telles. D'ailleurs ces vérités n'ont jamais été prouvées.

- Tu as peut-être raison de me rappeler à l'ordre. Cela va me faire réfléchir à tout ce qu'on a voulu me faire faire, à toutes les paroles qu'on a mises dans ma bouche et que je n'ai jamais prononcées, à tous les gestes que j'aurais posés et que je n'ai jamais posés. Ce sont les hommes qui ont voulu que j'existe. Parce que cela les arrangeait bien.

- Ne mettez pas non plus tout sur le compte des hommes. Ils sont peut-être tordus, machiavéliques, de mauvaise foi, manipulateurs mais à mon avis incapables d'inventer une telle supercherie.

- Détrompe-toi. Ce sont bien les hommes qui m'ont créé. Souviens-toi de ton cours d'histoire et replonge-toi dans la période de l'apparition de l'homme.

- Ah oui! Adam et Ève! Le paradis terrestre, le serpent et la pomme, le péché originel, l'expulsion hors de l’Éden et la condamnation à gagner sa vie à la sueur de son front. On connaît.

- Eh bien! Non! Tout cela est faux parce que tu sais bien que le monde ne s'est pas fait – je dis bien fait et pas a été créé – en sept jours mais en quelque quinze milliards d'années. Rappelle-toi le chanoine Lemaître et son Big Bang, Galilée et sa théorie héliocentrique, Darwin et l'évolution. Rappelle-toi la découverte de la petite Lucy, du Pithécanthrope, de l'homme de Spy et de l'homme de Cromagnon. 

- Et alors?

- Tu ne vois pas? Tu n'as pas encore compris que ce n'est pas moi qui ai fait tout cela. D'ailleurs pourquoi aurais-je créé l'homme alors que j'ai tout ce qu'il me faut dans mon paradis. Je n'avais pas besoin de me mettre sur le dos une créature supplémentaire qui allait – je le savais de toute éternité – me créer les pires ennuis. Je ne suis pas masochiste au point de gâcher mon bonheur éternel avec les anges en inventant une créature irrationnelle, orgueilleuse, vaniteuse, agressive, guerrière, prête à tout pour conquérir le pouvoir et le garder.

- Merci pour l'homme! Vous êtes réellement peu amène à son égard. Et vous dites que vous êtes dieu! Ma parole, votre statut vous est monté à la tête.

- Ne sois pas injuste. Ouvre tes yeux et regarde autour de toi. Tu ne vois que guerres, rapines, compromissions de toutes sortes, corruption au plus haut niveau du pouvoir et les rois n'y échappent pas. Chacun court après le fric et tuera son semblable pour lui prendre ce qu'il a. Ce n'est pas moi qui ai fait ça, ce n'est pas dans mon esprit de bonté. Non je refuse d'avoir fait ce personnage indigne du paradis qu'il a aussi inventé.

- C'est fini ce déversement de fiel et de vinaigre? Venons-en au fait. Pourquoi venez-vous me raconter tout cela? J'ai autre chose à faire, je vous l'ai dit. J'ai du boulot et je suis fatigué; laissez-moi tranquille. 

- Je m'en vais mais je reviendrai car j'ai beaucoup de choses à t'apprendre.

 

    J'ai un affreux mal de tête; à croire qu'elle va éclater. Je me couche et essaie de m'endormir. Je sens ma femme qui se colle à mon côté. Elle a chaud et moi, je grelotte.

 

Publié dans Textes

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JOUR 2... Jean Destée et "Dieu m'a raconté..."

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

- Bon! Maintenant ça suffit! J'ai autre chose à faire qu'à perdre mon temps à philosopher. Je vous ai déjà dit que j'avais beaucoup de travail. Retournez d'où vous venez et laissez-moi terminer. D'ailleurs l'heure du souper va sonner. J'ai faim.

- Jean! Jean! tu viens? Il est presque huit heures. On mange. Il ne manque plus que toi.

- J'arrive tout de suite, le temps de terminer un paragraphe et je suis à vous.

- Ne traîne pas sinon ta soupe sera froide.

- Oui! oui! je viens tout de suite.

 

Je descends lentement l'escalier en proie à la plus grande perplexité. Ma femme est déjà à table avec les enfants. Je dois avoir une drôle de mine car elle me fait une réflexion, ce qui lui arrive rarement.

 

- Toi, tu n'as pas l'air dans ton assiette. Tu es malade? 

- Pas spécialement. Je suis un peu fatigué. J'ai beaucoup travaillé aujourd'hui et je n'ai pas encore fini. Après le souper, je remonte achever; j'en ai bien pour jusqu'à onze heures.

- Tu ne regardes pas "Thalassa" avec nous? susurre ma fille, la bouche encore pleine de tartine au jambon.

- Malheureusement non; pourquoi? C'est intéressant?

- Oui, c'est sur la pêche au requin en Méditerranée. Reste avec nous, papa! Pour une fois que tu es à la maison. C'est bientôt, le temps d'une pub.

- D'accord, mais après je vais achever ce boulot.

 

     Évidemment, je ne dis pas ce que j'ai entendu, je passerais pour un joyeux farfelu. Pour faire plaisir à ma fille, je vais regarder la télé. Je pense à mon fantôme qui subrepticement s'insinue dans mon univers. C'est qu'il se met à occuper mes pensées, ce personnage insaisissable qui se prend pour dieu. Encore un peu et il va se mettre entre ma famille et moi. Allez! Au diable! Dieu de mes deux…

 

- Qu'est-ce que tu racontes, interrompt ma femme. Qui envoies-tu au diable ainsi?

-  Personne, je me parlais à moi-même.

- Tu vois bien qu'il y a quelque chose qui ne tourne pas rond chez toi. Tu parles tout seul et quand on t'interroge, tu réponds de travers.

- Je ne te réponds pas de travers, je te dis que je me parlais à moi-même. Je ne vois pas en quoi cela te choque. N'en parlons plus, veux-tu, c'est inutile de nous disputer pour une peccadille.

- Ah! Parce que c'est une peccadille de s'inquiéter de ta santé, tu ne manques pas d'air. Tu n'es pas bien, je le vois. Tu as la mine de quelqu'un qui couve quelque chose et tu voudrais que je ne m'en fasse pas. C'est bon! 

- Bah! Ne te fâche pas. C'est vrai que je me sens fatigué. Un peu de calme me fera du bien. Où est-elle cette émission?

- Sur France 3. Dépêche-toi, papa, c'est déjà commencé, tu as raté le début.

 

    Je raterai bien autre chose. Je vois l'émission mais j'ai l'impression de ne rien y comprendre. C'est la première fois que je me trouve dans cet état de semi-inconscience. J'entends tout ce qui se dit mais comme dans un rêve, comme si j'étais sous le coup d'une sorte d'hypnose. J'entends ma fille faire des réflexions. Son frère la rabroue  et je me dois d'intervenir avant que la discussion ne tourne à l'aigre. Personne ne me répond comme si je n'avais rien dit. Je monte. Je suis incapable de travailler et je vais me coucher, à la fois désorienté par ce que je ressens et réjoui de n'avoir pas dû intervenir pour calmer les deux gosses. Je me couche et essaie de m'endormir.

 

Publié dans Textes

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