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Alexandra Coenraets nous propose la 2e partie de "GAZA"

Publié le par christine brunet /aloys

Alexandra Coenraets nous propose la 2e partie de "GAZA"

Bruxelles, le samedi 24 mai 2014.

Veille des élections fédérales, régionales, et européennes.

Un autre homme pénètre dans l’enceinte du Musée Juif de Belgique, abat quatre personnes de sang-froid. Branle-bas de combat, nouvelle mobilisation, condamnation, hommages, arrestation à Marseille de Mehdi Nemmouche, tueur présumé, franco-algérien lui aussi.

Nethaly travaille avenue des Arts.

Cette grande artère bruxelloise longe la petite ceinture, sorte d’autoroute interurbaine à deux bandes, alternance de tunnels censés assurer la liaison rapide du nord au sud de la capitale. Concentré d’embouteillages aux heures de pointe, deux fois par jour au moins, en dehors des vacances scolaires.

Sur cet énorme boulevard uniforme et gris, repaire de banques et institutions, à peu près en face de l’ambassade des Etats-Unis, trône la librairie Filigranes : fière et conquérante, enseigne rouge immanquable déroulée comme une banderole, devanture imposante, conçue pour être parfaitement visible depuis l’intérieur de sa voiture, à l’entrée ou au sortir desdits tunnels.

La plus grande librairie de Bruxelles, de Belgique, même, l’une des plus connues, l’une de celles qui a pignon sur rue. Enfin sur avenue.

C’est là que travaille Nethaly.

Sous pression, les employés du magasin turbinent, les clients se succèdent, se suivent et se ressemblent. Ou pas.

Atmosphère littérairo-branchée, feutrée, urbaine, intellectuelle. Ou bien cosy, détendue à ses heures, faussement détachée. Elle est musicale par moments, lorsqu’un pianiste y diffuse ses notes en direct, égayant avec habileté cet espace gorgé de livres, orné d’un bar à champagne en son centre, lequel propose aussi, cerise sur le gâteau, une série de douceurs à déguster autour d'un thé ou d'un café.

Des mains de toutes sortes s’y croisent. Au choix : fines, maniérées, les doigts épais, burinés, ongles vernis ou non, l’annulaire avec ou sans alliance, rehaussées de bagues précieuses ou fantaisie, une montre au poignet gauche, chic et classe, solide et plate, bien implantée, à sa place sur la peau. Bracelet en cuir fermement attaché.

D’autres poignets sont animés de bijoux plus légers, argentés ou dorés, d’une exubérante mobilité, qui tintent au moindre geste…D’autres bras encore affichent le poignet nu, résistant à l’oppression de l’habillage - ou à sa tentation - et s'offrent au naturel, sans accessoires.

Des mains de toutes sortes, donc, saisissent un ouvrage ou plusieurs, en tâtent la consistance, en hument l’odeur, ouvrent une page au hasard, au début, à la fin, au milieu, qu’importe ; les yeux brillent, curieux, scrutent la couverture, dénudent la quatrième, plongent à l’intérieur et lisent un bref instant ; les mines se font enjouées, perplexes, émues, graves, souriantes, sérieuses, déçues, ou consternées d’ennui. Le personnel donne de précieux conseils, chacun dans sa spécialité. Recherche un livre dans l’ordinateur, passe commande. Ou pas.

L’ambiance entre collègues varie selon les jours et les gens.

Les samedis et dimanches sont full, l’air devient irrespirable quand l’espace est bondé de bruxellois branchés, bobos, ou pas, venus bruncher, goûter, en famille, entre amis, en amoureux - question posée sur l’oreiller « qu’est-ce qu’on fait aujourd’hui ? », lever, petit-déjeuner, « tiens, si on allait faire un tour chez Filigranes, the place-to-be, prendre un café, plus quelque chose de sucré ou salé, il y a toujours un pianiste jazz, le week-end, qu’en dis-tu ? ». On se bouscule entre les étals de livres, journaux, et autres gadgets, les enfants s’agitent, ça pleure, ça crie, Nethaly et les autres triment, la tension monte.

Que se passe-t-il dans la tête de certains collègues, certains jours, elle aimerait le savoir, est-ce le dépit, job de merde, on aurait voulu faire autre chose, mais non, on s’active, là, derrière le comptoir à faire payer des livres qu’on aurait rêvé d’écrire. Il y a de quoi se plaindre, on a l’air de sous-fifres, or il faut sourire, et se cacher pour souffrir, se dire qu’on aurait voulu être ailleurs, une autre vie, autre chose.

Il est possible qu’on ait des problèmes et pas envie d’en parler, mais pas non plus de se forcer à faire semblant, et d’affecter une mine heureuse quand l’intérieur régulièrement fond en larmes.

Nethaly n’en sait rien, mais Nethaly ne veut pas se prendre en pleine figure ce qui ne lui appartient pas. De toute façon, elle reste à l’écart, garde ses distances, c’est une solitaire, heureuse parmi les bouquins.

Parfois l’ambiance est bonne, plus calme, comme un après-midi de semaine, et les collègues plaisantent. On entend « Evidemment », de France Gall. Atmosphère douce-amère qui sied à l’endroit.

Elle est arrivée là par hasard.

Secondaires à l’Athénée Ganenou, dans la riche commune d’Uccle, les Romanes à l’ULB, puis sans trop se poser de questions, s’est vue propulser de plus belle au milieu des livres, en toute logique.

Evidemment.

Il y eut opportunité à saisir, elle ne s’en priva pas.

Elle est compétente dans son domaine, Nethaly, et s’y plaît. Les livres l’enivrent et l’apaisent.

Responsable du rayon littérature.

De temps à autre, elle jette un œil aux piles alignées à l’entrée, dont chacune reflète les préoccupations d’actualité mises côte-à-côte. De temps à autre, elle zieute les rayons Politique, Sociologie, Histoire…Jusqu'aux étals en vogue, ceux du « développement personnel », quand elle sent poindre une envie de zenitude, voire de plénitude. Un stress à calmer. Pioche un bouquin relaxant au hasard et s’accompagne d’une tasse de thé.

Si les Juifs de Belgique se caractérisent par une variété, une multiplicité de convictions et de pratiques, la majorité d’entre eux se reconnaît dans l’appartenance à une communauté unique, symbole d’une même identité collective. On les estime au nombre de 30 à 40 000, sans qu’il soit aisé de définir exactement qui se considère membre de la Communauté ou pas, Juif ou non. Pour de nombreuses personnes, l’héritage culturel a pris le pas sur l’affiliation religieuse, et certains se tiennent à l’écart de la vie communautaire organisée.

Nethaly est de ceux-là. Bien sûr, elle assiste aux fêtes traditionnelles, mais ne possède pas le sentiment de judéité très ancré.

Elle compte peu de Juifs parmi son cercle d’amis proches.

En fin d’adolescence, dans un désir d’ailleurs, fuir ce contexte dont les contours enfermants rendaient l’atmosphère invivable et l’air étouffant s’avéra pour elle l’unique planche de salut. Nethaly s’en évada sans concessions, pupilles brillantes, lèvres tremblantes, avide de nouveaux horizons. Et frisson d’absolu.

Elle avait voyagé un peu, de ci de là, s’était hâtée au retour de trouver un appartement dans sa ville, au centre de la capitale, loin de la banlieue cossue où vivaient les siens. Noyée dans la foule, anonyme parmi les anonymes, ça lui allait bien.

La librairie. Un vendredi.

Les clients errent, discutent, sirotent un café, les employés s’affairent, informent, servent ou encaissent. L’énergie circule, fluidité toute littéraire.

Parmi les livres miroirs de l’actualité qui bordent l’allée d’entrée, il y en a toujours au moins un qui traite du conflit en Israël.

Toujours au moins un pour rappeler à quiconque accepte d’y jeter un coup d'œil, même rapide, que la situation là-bas reste infiniment précaire, vacillante, chancelante, en déséquilibre permanent.

Toujours un pour confronter l’autre, le voisin, celui d’à-côté, qui le confronte à son tour, de points de vue en points de vue, de pages en pages.

En général, Nethaly fait mine de ne pas les voir.

Mais l’accélération brutale des hostilités ne lui autorise plus guère le luxe de l’indifférence. Fin de la politique de l’autruche. Ou du déni, fût-il de protection.

Elle ne s’est jamais rendue au pays.

Et tout d’un coup, se voit animée d’une impulsion soudaine, d’une envie profonde de parcourir le territoire que son peuple considère sacré. La Terre sainte, comme ils disent. Une partie de sa famille y habite toujours.

L’étincelle. Le lien s’est renforcé, l’émotion est née, s’infiltre, grandit en elle. Elle se sent concernée, intimement. Avec passion, elle suit l’actualité.

Vendredi 11 juillet 2014, Le Soir en ligne indique :

« Barack Obama a dit jeudi au Premier ministre Benjamin Netanyahu sa crainte d’une escalade de l’affrontement entre Israël et le Hamas, et proposé sa médiation pour l’instauration d’un cessez-le-feu. Peu de temps après cet échange téléphonique, l’aviation israélienne poursuivait son offensive au 4e jour de son épreuve de force avec le Hamas palestinien sans parvenir à stopper les roquettes de Gaza, tandis que la communauté internationale, inquiète, appelle à un cessez-le-feu rapide. ».[1]

Appelle à un cessez-le-feu rapide.

Appel en vain et dans le vide, appel pour la forme, dirait-on, pense-t-elle spontanément, soudain étonnée de n’être même pas en colère, constatant la chose, sans émotion particulière.

En dessous de l’entrefilet, d’autres liens à cliquer, et sur les homologues du Soir en ligne, belges ou étrangers, la forme change à peine, le concept reste identique: plusieurs papiers virtuels autour du même thème, nouvelles du front, articles de fond, chroniques ou tribunes, points de vue divers, témoignages en veux-tu en voilà, tous émouvants, tous nécessaires. Il y a tant et tant à dire, à lire sur le conflit, que Nethaly s’y perd.

Elle clique, reclique, lit, s’émeut, se prend d’empathie, vit le lien, liens humains contenus dans liens cliqués, qui transpirent au travers d’eux.

Reliée.

« Dans l’une des attaques les plus meurtrières, huit personnes sont mortes dans un café de la ville de Khan Younès qui diffusait la demi-finale de la Coupe du Monde entre l’Argentine et les Pays-Bas, et au moins 15 personnes ont été blessées, a indiqué le porte-parole des services d’urgences, Ashraf al-Qodra. » Le Soir du 11 juillet.

Eux aussi regardaient le match, se passionnaient, vivants, plongés pour un temps dans une bulle faussement guimauve mais salvatrice sûrement, exutoire temporaire à la terreur quotidienne.

Et puis...plus rien.

Trou noir, le néant, le vide.

Ceux qui restent.

Ceux-là, celles-là survivent jusqu'à la prochaine fois, la peur au ventre, des sanglots étouffés ou des larmes jetées à la face du monde comme autant de cris désespérés, gronde la colère, qu'elle les empêche de se noyer dans un fleuve d'impuissance.

La mort plane au-dessus de leurs têtes en permanence, a-t-on un désir de vivre plus grand dans un pays en guerre ?, se demande Nethaly.

Trou noir, le néant, le vide : exacte description de ce qu’elle ressent après lecture. Depuis le bas du ventre jusqu’à l’extrémité de ses lèvres, tout s’est figé.

Nethaly.

Grande et filiforme. Jolie jeune femme dans la vingtaine, au profil décidé.

Une épaisse chevelure blonde, compacte, lisse, lui couvre le haut du dos, ondule légèrement, et lui caresse la peau d’un mouvement sensuel quand elle marche; ses cheveux d'or se balancent d’un côté ou de l’autre en rythme, au rythme de ses pas qu’ils suivent en cadence. Elle les effleure d’une main parfois, une mèche vite remise en place. Par automatisme, pour se donner une contenance, peut-être pour sentir qu’elle est , dans son corps, vivante.

Naturel prolongement de son corps fin, elle a le visage fin, nez aquilin, lèvres ténues, yeux de chat bleu d’outremer. Les traits se font anguleux par endroits et s’arrondissent à d’autres.

Alexandra Coenraets

[1] http://www.lesoir.be/596593/article/actualite/monde/2014-07-11/obama-craint-l-escalade-gaza

Publié dans Nouvelle

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Alexandra Coenraets nous propose "Gaza", une nouvelle publée en plusieurs parties

Publié le par christine brunet /aloys

Alexandra Coenraets nous propose "Gaza", une nouvelle publée en plusieurs parties

GAZA.

Juillet 2014.

Entre deux inventaires, Nethaly profite d’une pause pour surfer sur le net.

Les sites d’info.

L’horreur, pour le moment, il n’y a que ça.

Les images de guerre, de corps déchirés, de villes éventrées ont remplacé celles des matches de foot, ceux-ci se faisant rares, la coupe du monde touche à sa fin.

Les bombardements sur Gaza.

Le conflit israélo-palestinien.

Encore lui.

« Opération bordure protectrice ».

L’Etat hébreu bombarde et l’on évoque la possibilité d’une troisième intifada – de l’arabe, « soulèvement » - suite au meurtre d’un jeune palestinien par des terroristes juifs, en réaction au meurtre de trois jeunes juifs par des terroristes palestiniens, du Hamas, présume-t-on. Plus tard, le Hamas réfutera. Certaines sources prétendront qu’Israël connaissait la non implication du mouvement, s’est bien gardé de l’ébruiter, devant l’opportunité de lancer une opération.

Cynical Politik.

Représailles sur représailles, sur représailles, sur lit de représailles, la violence et son cycle infernal. Il n’est guère surprenant que les choses partent en vrille, mais on ne devrait pas s’y habituer. Nous sommes tous reliés. Quoi qu’on en dise, raccordés les uns aux autres par le fil de notre humanité.

Nethaly suit le perpétuel conflit de loin en loin, parce que de près, ça suffit. On en parle tout le temps chez elle, en famille. Nethaly est de confession et d’origine juive, elle vit et travaille à Bruxelles. Elle y a grandi. Belge et Juive.

Depuis deux mois, la tension ne cesse de croître. Dans la communauté, la plupart sont sur les dents, les starting-blocks, prêts à bondir pour se défendre, encore plus que d’habitude. Bouillonnement perceptible sur les réseaux sociaux, qui s’agitent, s’animent, commentent, argumentent et contre-argumentent.

Ce qui se passe là-bas fait écho à ce qui se passe ici, et inversement. Les références récentes abondent, notamment celles de l’affaire Mohammed Merah, du nom de ce franco-algérien, meurtrier de sept personnes en 2012, à Toulouse et Montauban.

Dont trois enfants, devant et dans une école juive.

A l’époque, les réactions avaient fusé de toutes parts. En vrac, émotions exacerbées, condamnations immédiates, hommages unanimes. La Communauté s'était regroupée, sur la défensive, rassemblée comme un seul homme.

Mohammed Merah pris d’assaut et tué.

Justice rapidement rendue.

La classe politique mobilisée.

Les enfants, pleurés.

La douleur, vivace.

Les blessures du passé, rouvertes.

Les peurs, réelles.

La colère à son comble.

Alexandra Coenraets

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"Histoire d'Antoine, le SDF", une nouvelle de Claude Colson parue dans le recueil collectif, Rendez-vous

Publié le par christine brunet /aloys

"Histoire d'Antoine, le SDF", une nouvelle de Claude Colson parue dans le recueil collectif, Rendez-vous

Histoire d'Antoine, le SDF

Ecoutez-moi tous, écoutez bien ! Je suis le conteur, le raconteur, le lien vivant entre hier et aujourd’hui et je veux, là, maintenant, vous raconter...une histoire !

C’était il y a fort longtemps... dans les années 2000. En ces temps-là les hommes vivaient un peu repliés sur eux-mêmes, chacun pour soi, pour ainsi dire. J’allais même dire, chacun chez soi.

Mais il y en a qui n’avaient, hélas, pas de « chez-soi ». On les appelait les S.D.F., les Sans... Domicile... Fixe ! …Ça voulait dire qu’ils dormaient où ils pouvaient. Pour certains, chez quelqu’un qui voulait bien les héberger.

La plupart, moins chanceux, dormaient dans la rue.

Vous imaginez ! Pas d’hygiène possible, devoir mendier pour manger, et l'hiver supporter la morsure du gel sous les débris de cartons utilisés comme couvertures sur leur lit de bitume, à même le sol.

Craché, juré ; je vous entends déjà : « Pas de la rigolade, tout ça ! »

Eh bien, c’est vrai ! Antoine était malheureusement dans la deuxième catégorie.

Cette année-là l’abbé Pierre venait de mourir. Après Coluche, il ne restait plus grand monde pour s’occuper de ces miséreux. Alors, un peu avant la Noël ils décidèrent de faire parler d’eux. Quelques bénévoles les aidèrent et ils se firent... voir ! Vous vous rendez compte ! En plein Paris,dans des tentes rouges, le long du canal St Martin !

Comme en plus on allait bientôt voter, des élections je ne sais plus pourquoi, ça rameuta les journalistes. Ça faisait un peu désordre. Les bonnes gens, qui quand même, plus ou moins, s’apprêtaient à s’empiffrer, s’indignèrent : « Mais que fait donc le gouvernement ! »

C’était assez pratique comme excuse. C’est toujours aux autres de faire, quoi ! On connaît.

Antoine, lui, se trouvait là ce mercredi. Il avait picolé pas mal la veille avec ses copains au bord du canal car ils n’avaient pas grand-chose à se mettre sous la dent et il gelait sévère.

— Y’a pas à dire, le kilo de rouge en carton, c’est pas trop cher à la supérette et puis, ça réchauffe. Bon d’accord, il faut oser y entrer à la supérette et se fader les tronches écoeurées des Maadames et des Moonsieurs qui trouvent qu’on sent pas bon. J’voudrais les y voir, moi. On va quand même pas s’flinguer pour leur faire plaisir, non !

Bref, ce matin-là, vers midi, il était tout près de l’eau et ne voilà-t-il pas qu’il entend crier au secours. C’était un gamin de 7-8 ans qui était tombé à la flotte. " Qu’est-ce qu’il fout là, ce gamin ?", pensa Antoine.

Il n’eut pas l’occasion de s’le dire bien longtemps car il retrouva aussi sec ses réflexes de jeune homme. Avant sa dégringolade il avait été- ado - champion de natation. Et même que 10 ans après il détenait encore le record d’Île de France du 400 4 nages.

En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, il était au jus. Vingt dieux ! Ça l’a dégrisé d’un coup. Elle devait être à 9 ou 10 degrés, au plus. Il avait juste enlevé, arraché plutôt, ce qui lui servait de godasses.

Ça été dur de faire les 10 mètres pour agripper l’marmot qui remontait déjà pour la deuxième fois, en se débattant. Enfin, il l’a fait, à temps, et il a ramené le petit Pierrot à moitié inconscient mais bien vivant sur la berge.

Les journalistes présents, et qui depuis huit jours commençaient à s’emmerder sec, avaient filmé la scène et l’Antoine, il passa en direct au 13 heures. Il savait pas trop quoi dire, il avait froid et tremblait de tout son corps. On ne lui avait même pas refilé une couverture, ... ça faisait mieux pour le scoop.

Bon, enfin, ça a servi quand même à quelque chose tout ce cirque car un"organisme non gouvernemental", comme on disait alors, a été ému par ce sauvetage et s'est occupé activement de reloger tous les sans abris du canal, sans exception. Antoine est devenu une vedette. Bon, allez... d’accord... pendant 10 jours...

Il s’en fichait d’ailleurs, mais ce qui lui a fait le plus plaisir, à lui qui vivait tout seul depuis que sa femme l’avait plaqué, emmenant le reste de la famille, dès que ça avait commencé à aller mal pour lui, ben c’est la lettre que lui a apportée le facteur 3 jours avant le Nouvel An.

C’était marqué, comme adresse :

À Monsieur Antoine, le héros

Tente rouge foncé

Canal St Martin – Paris

Et dedans, le gamin avait écrit : « Toinou, les pompiers m’ont dit ce que tu avais fait pour moi et j’ai envie de te connaître. Alors comme étrennes j’ai demandé au bon Dieu qu’il fasse que tu veuilles bien passer le réveillon avec moi, mon papa et ma maman. Tu voudras, dis ?

Il n'a pas pu lire jusqu’au bout, l’Antoine ; de grosses larmes qui lui coulaient du visage avaient rendu les derniers mots illisibles, mais... oui, ça... il en était sûr, et même si ça coûtait au pouilleux qu’il était devenu,il irait...

pour le gamin !!!

Claude COLSON

claude-colson.monsite-orange.fr

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Edmée de Xhavée nous présente son nouveau recueil "Les promesses de demain"

Publié le par christine brunet /aloys

Edmée de Xhavée nous présente son nouveau recueil "Les promesses de demain"

Un petit rappel : qui es-tu ?

Née en 1948 à Verviers dans une société et un contexte en déclin : les belles années de la laine touchent à leur fin, ainsi que le règne des industriels locaux. L’argent change de main, les courtisans et courtisés de visage, les grosses maisons de maître sont divisées en appartements ou s’effondrent sous les coups des démolisseurs, le chaos fauche un monde sous ses yeux – qui ne s’en effrayent guère. Mais quelle provende d’analyses humaines. L’arrogance, le courage, les arrangements mesquins, les chutes aux enfers et les revanches, les nouveaux riches et les nouveaux pauvres, la douceur du monde d’avant et celle du monde d’après.

Mais ce fut un écolage long et souvent douloureux, qui lui fit prendre la route au loin plusieurs fois : des années passées à Aix-en-Provence où elle fit des santons et puis fut étalagiste dans un magasin, d’autres en Italie sous le déguisement d’enseignante de français dans une école de traducteurs, et un bon morceau de vie vécu aux USA dans le rôle de gérante d’imprimerie et puis d’assistante d’un conseiller financier ont complété le tiroir aux inspirations et souvenirs…

C’est aux USA qu’elle a vraiment commencé à écrire. Elle tient également un blog depuis 2007 à raison d’un article par semaine.

Résumé du livre :

Douze nouvelles qui conjuguent l’amour sous toutes ses couleurs et dans tous ses états. Un mariage de raison que l’amour illumine, un mariage de lassitude qui révèle son hideux secret, un mariage scellé sans un mot dont la vérité explose lors d’une célébration du solstice des décennies plus tard, un mariage-prison, un long amour insoupçonné, une vengeance mangée froide, comme il se doit, les forces de la nature unies pour organiser une rencontre…

Un extrait ?

Henriette, avec tact, suggéra un mariage simple et discret. Le tapage créerait d’inévitables commentaires de ceux qui avaient pu avoir vent de la liaison d’Agnès, et ce n’était pas utile de gâcher ce jour de joie, d’autant qu’Antoine n’aimait guère se trouver au centre des attentions lui non plus. Agnès fut soulagée. Et la simplicité fut à l’ordre du jour. Elle invita deux amies et leurs conjoints, un peu de famille, et de leur côté ils limitèrent aussi. Une cérémonie gentiment sobre à l’hôtel de ville, et une chapelle de campagne, suivie d’un bon restaurant et d’un menu adroitement choisi par Henriette. Agnès se sentait même presque amoureuse, tout en sachant que non… on était loin du compte, mais désormais, c’était la sécurité et l’affection qu’elle embrassait. Antoine lui tenait les épaules qu’il caressait un peu, l’avait complimentée sur sa robe, très élégante et d’une subtile teinte champagne, qu’elle pourrait reporter pour un cocktail, en supprimant le voile qui saupoudrait son décolleté de fleurs en dentelle.

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Simon Andrieu nous reparle de son roman fantastique "Les deux portes"

Publié le par christine brunet /aloys

Simon Andrieu nous reparle de son roman fantastique "Les deux portes"

Né le 18 mai 1990, Simon Andrieu s’est dès ses premières années découvert une passion pour les histoires : celles que lui racontaient son frère et ses parents, puis qu’il répétait ensuite à ses propres amis. Aujourd’hui, il effectue un doctorat en géologie et entretient donc cette passion en étudiant l’Histoire de la Terre, mais aussi en écrivant. Les Deux Portes est son premier roman.

Résumé du livre :

Oniro a dix-sept ans. En ce cinq septembre 2007, il s'apprête à rentrer en terminale scientifique. Ce lycéen timide et pusillanime craint une chose par dessus tout : être et rester banal, ne pas se démarquer des sept milliards d'êtres humains qui peuplent la Terre. Au premier abord, son existence n’a d’ailleurs rien d’extraordinaire. Cependant, Oniro ignore bien des choses sur le monde, et encore plus sur sa propre personne.

L'Assemblée des Mages existe dans le secret depuis maintenant huit siècles. Elle n'a qu'un seul et unique but : l'accomplissement de la Prophétie et la protection du monde face à la destruction qui le guette. Les Mages sont des derniers Maîtres de la malesthésia, incroyable énergie à l'origine de la vie et offrant à ceux qui la contrôlent des pouvoirs hors du commun. Toutefois, ils ne pourront pas accomplir seuls leur quête.

Extrait du livre :

Tandis qu'il s'acclimatait à cette incroyable lumière, il écarta lentement les doigts et vit se dessiner de plus en plus clairement une structure, encore plus blanche, plus rutilante et plus rayonnante que la neige alentour sous le soleil.

La Porte Céleste se trouvait à près d'un demi-kilomètre de là. Pourtant, on aurait dit qu'elle était toute proche tant elle se dressait devant l'Assemblée de toute sa démesure et sa majesté. À vue d'œil, elle faisait une bonne centaine de mètres de haut, pour la moitié de large. C'était une immense arche, si blanche qu'elle en était aveuglante. Elle émettait une lumière d'une telle pureté qu'elle paraissait éclairer jusqu'au tréfonds du cœur des hommes pour y découvrir leurs secrets les plus ensevelis, dissimulés parfois à leurs propres yeux. Devant ces rayons divins, chacun se sentait mis à nu.

L'intérieur de la voûte était très flou et paraissait en constant mouvement, comme la surface d'un lac sur laquelle planerait une brise légère. Elle était constamment zébrée de traits blancs semblables à des éclairs par leur rapidité et leur brillance. En arrière-plan de cette étendue tourmentée, on devinait la neige ainsi que les tertres et escarpements plus lointains de l'Antarctique. À ce froid et triste panorama se mêlaient des touches ponctuelles souvent éphémères, mais radieuses par leurs couleurs et pétillantes de vie: vertes, bleues, rouges parfois, comme des fleurs d'espoir dans un glacial océan d'ennui et de mort.

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Marie France Adnet présente son roman "Harceleuse"

Publié le par christine brunet /aloys

Marie France Adnet présente son roman "Harceleuse"

Marie-France Adnet, diplômée en journalisme et communication sociale de l’Université Libre de Bruxelles, a travaillé pour de nombreux magazines de la presse écrite, en qualité de journaliste puis de rédactrice en chef adjointe. Cette Bruxelloise, également chargée de communication pour diverses sociétés, a aussi été chroniqueuse des émissions de télévision « Clé sur Porte » (RTL-TVi) et « Sans Chichis » (RTBF). Après avoir écrit l’ouvrage « Toute la déco en 150 conseils », paru chez Racine en 2011, elle signe ici son premier roman.

Les apparences sont souvent trompeuses... est la phrase d'accroche du roman.

Un extrait ?

Fleur n’est pas très à l’aise depuis l’incident de la lettre de menace. Elle craint qu’elle ne porte préjudice à sa carrière ou serve d’excuse à Delamallette pour agir contre elle. Les regards qui se posent sur elle, lors de ses allées et venues dans la rédaction, lui paraissent plus lourds. L’œil noir de Dinosaurus à chacun de ses déplacements la fait transpirer, paniquer. Aucun élément signifiant ne peut confirmer cette peur envahissante, mais elle se sent plus que jamais victime.

« Pour un peu, je vais devenir complètement parano », se dit-elle.

Une semaine plus tard, alors que rien ne l’annonce, sauf un pressentiment, le directeur l’appelle dans son bureau…

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Parfum du temps qui passe, un recueil de poésies signé Victor Lebuis

Publié le par christine brunet /aloys

Parfum du temps qui passe, un recueil de poésies signé Victor Lebuis

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Stéphane Ekelson nous présente son roman "L'indicatif présent"

Publié le par christine brunet /aloys

Stéphane Ekelson nous présente son roman "L'indicatif présent"

Un résumé

Il relate une révolte émotionnelle qui dure d'un bout à l'autre de l'ouvrage. Pas de chapitres, ni de paragraphes. Une longue complainte, un long monologue qui défilent. Il faut s'accrocher à ce discours démentiel de cet individu qui s'insurge sur son amour, sur son amie, muette dans le récit. Il en ressort une explosion de mots, d'états de conscience. La victime n'a pas droit à la défense. On la sent prisonnière du langage émis par quelqu'un qui en a visiblement assez d'elle.

L'indicatif présent (extrait)

« Le temps du plus blanc que blanc est révolu. A présent on parle de boue, de crasse, de puanteur, de déjection, de pourriture, de cadavre et de laideur. Tu es laide, tu es sale et tu pues. Tu n'aimes pas l'entendre n'est-ce-pas ? Avoue, reconnais-le, je suis dans le registre de l'horreur, du scandaleux et de l'infâme. Mais ils sont nombreux dans mon cas. Tu ne te rends pas compte. Tu ignores la vraie nature de l'homme. En fait tu m'exaspères, tu m'irrites. Je ne sais pas sur quel pied danser avec ton comportement et ton langage déficient. Tu veux que je m'arrête là ? Que je signe une trêve avec toi pour cesser ce non-lieu ? » (pages 37 et 38)

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Le plus bel habit, une nouvelle signée Louis Delville

Publié le par christine brunet /aloys

Le plus bel habit, une nouvelle signée Louis Delville

LE PLUS BEL HABIT

C'est quand le roi a appris la nouvelle qu'il s'est réellement fâché !

Fâché comme jamais, le bon Roi Albéric… Fâché contre tout et contre tous. Il faut dire qu'il était trop bon, Albéric II. Il gouvernait son petit royaume avec sagesse et laissait parfois la situation se dégrader mais jamais trop ! Son premier ministre, un peu fourbe, lui cachait certaines informations et cela irritait de plus en plus le souverain.

Or donc, ce matin-là, la Princesse Pascaline avait dû avouer le terrible secret… Elle attendait un enfant et apparemment, elle ne connaissait même pas le père. Les festivités à l'occasion de ses vingt ans avaient été somptueuses et fort arrosées. Les danses les plus sages avaient fait place aux plus lascives et dans les bras de Pascaline, les princes les plus fortunés avaient cédé la place aux plus charmants…

Pascaline a bien sûr une idée mais elle refuse d'en parler avec qui que ce soit.

"Ma fille, vous resterez seule dans le donjon jusqu'à ce que vous vous décidiez à m'avouer le nom de votre amant !"

Et Pascaline reste seule de longs jours…

"Oyez, oyez, braves gens, notre bon roi Albéric promet la main de sa fille au prince qui avouera être le père de l'enfant qu'elle porte !"

La nouvelle parcourt le royaume et un beau matin, trois jeunes hommes arrivent au château. Trois garçons d'une beauté parfaite et de noble stature.

"Majesté, nous sommes venus ici pour vous demander la main de Pascaline."

"D'ailleurs, dit le premier, je suis le père de cet enfant, nous avons dansé jusqu'au bout de la nuit."

Le second plaide : "Sire, le père ne peut-être qu'un prince de sang et j'en suis."

Le troisième ose un timide : "Mais non, vous faites erreur, je suis assurément celui qui…"

Les trois prétendants semblaient prêts à s'entre-tuer jusqu'à ce que la vérité éclate !

"Je n'aime guère les tueries. Je vais vous soumettre à une épreuve. Celui qui triomphera sera digne d'être le père de cet enfant."

"Oyez, oyez, braves gens, notre bon roi Albéric vous convie à assister à l'épreuve qui désignera celui qui deviendra son gendre !"

Dès le lendemain, le peuple se rassemble. On amène les trois prétendants.

"Il faut vous présenter devant moi, dans le plus bel habit possible, avant la pleine lune, dans trois jours ! Je serai seul juge de la beauté et du port de l'habit !"

Quoi de plus beau que la soie, pense le premier qui se rend chez le meilleur tailleur du royaume.

Quoi de plus noble qu'une belle armure, pense le second. Aussitôt, il se précipite chez l'orfèvre le plus réputé.

Le troisième, le moins fortuné, réfléchit et part vers la forêt toute proche. C'est en chemin qu'il rencontre un drôle de petit personnage. Une grande plume orne le couvre-chef qu'il a sur la tête et il a les yeux brillants comme des diamants.

"Bienvenue, chevalier, que me vaut le plaisir de cette visite ?"

"Je suis à la recherche d'un costume merveilleux qui me permettra d'épouser la fille du roi… "

"Suis le chemin que tu vois là, devant toi. Il te conduira vers le meilleur faiseur !"

Et notre prince marche pendant des heures et des heures. Il traverse la rivière, contourne un grand champ de coquelicots, monte et descend mille collines. Le soleil est presque couché quand il arrive dans une clairière. Et là, devant une vieille cabane, une femme habillée de noir est occupée à tisser un merveilleux tissu bien plus fin que la soie et d'une couleur étonnante : une sorte de gris, légèrement bleuté.

- Tu viens pour un costume, n'est-ce pas ?

- Euh oui mais comment… ?

- Je sais tout. Regarde cette étoffe précieuse. Demain, à l'aube, tu l'auras ton habit !

Et elle disparaît dans la cabane.

Le lendemain, notre prince qui a dormi d'un seul œil dans la clairière, voit arriver la femme en noir avec une veste superbe et un pantalon parfaitement coupé.

- Parfait, c'est bien à ta taille…

- Comment vous remercier ? Comment vous payer pour ce travail ? Je suis bien pauvre…

- Sache que je ne désire pas être payée et que les amies qui me fournissent le fil ne demandent rien non plus ! Va, on t'attend là-bas !

Et notre prince repart. Il monte et descend mille collines, contourne le grand champ de coquelicots où il cueille la plus belle des fleurs. Il traverse la rivière et marche pendant des heures. En passant, il salue le petit homme aux yeux brillants comme des diamants qui lui sourit et il rejoint le palais.

Le roi Albéric n'a pas hésité longtemps, le prince au costume gris-bleu avec un coquelicot à la boutonnière lui a plu et Pascaline a évidemment accepté de l'épouser.

J'étais à la noce, on y a fort bien mangé et fort bien bu. Les meilleurs mets ont été servis. Tout le monde a apprécié les superbes vins sortant du cellier du roi. On a dansé jusqu'à la fin des festivités mais, cette fois, Pascaline n'a eu qu'un seul cavalier.

Quand le coquelicot a été fané, le prince et la princesse sont partis en voyage de noces. On m'a dit qu'ils étaient même passés par ici mais cela, c'est une autre histoire…

Par contre, quelques années plus tard, lorsque la princesse a succédé à son père, personne n'a compris pourquoi elle a décrété que les toiles d'araignée ne seraient jamais enlevées dans sa chambre à coucher. Vous savez, ces toiles d'une couleur étonnante : une sorte de gris légèrement bleuté.

(Extrait de "Petites et grandes histoires")

Louis Delville

louis-quenpensez-vous.blogspot.com

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Le boiteux de Grattebourg de Rolande Michel dans le Bibliothécaire

Publié le par christine brunet /aloys

Le boiteux de Grattebourg de Rolande Michel dans le Bibliothécaire
Le boiteux de Grattebourg de Rolande Michel dans le Bibliothécaire

LE BOITEUX DE GRATTEBOURG /
Rolande MICHEL.-
Barry : Chloé des Lys, 2014.- 223 p. ; 21 cm.- Isbn : 978-
2-87459-794-7.- 23.60 €.-


L’auteure :
Rolande Michel est née à Callenelle, un petit village du Hainaut Occidental, le 29 juillet 1942. Après des études de langues, elle a enseigné à Ath, puis Bernissart, Antoing et Saint-Ghislain, durant quarante-deux ans. Parallèlement, l’auteur a élevé seule ses quatre enfants, seconde occupation à temps plein. Heureuse grand-mère de huit petits-enfants, cette retraitée, amoureuse de théâtre, partage son temps entre Verviers, patrie de son compagnon et Bonsecours et peut enfin s’adonner à sa passion pour l’écriture.

Après un roman jeunesse : JEANNE paru chez Chloé des Lys en 2013, elle nous propose un second roman où le fantastique et le paranormal se marient avec bonheur. Suivra un Vaudeville et…..

L’ouvrage :
Né de parents inconnus, Anselme, adolescent au physique ingrat, n’a de sa mère que le souvenir d’un parfum. Comment lui donner un visage ?

Recueilli par des religieuses, il grandit à Grattebourg, un village hors du temps où vivent des gens ancrés dans des idées d’un autre âge. Comment échapper aux coups et aux moqueries ? A qui pourrait-il parler de ses rêves, de cette charrette, de ce cocher, de ces chevaux qui galopent et surtout de cette voix qui lui annonce chaque décès ? Las de l’incompréhension du curé, il s’adresse à Joseph, le rebouteux. C’est donc Anselme, ce successeur que Joseph attendait ! Vaincre la méfiance des villageois et imposer Anselme demande du temps, mais peu à peu, le regard des paysans change. C’est alors que naît un veau à deux têtes. Une succession de phénomènes étranges et inexplicables vient perturber les esprits : Le lac est secoué de remous, l’ombre d’une femme attire le vieux Joe, les poules sont égorgées (et j’en passe).


Quel message faut-il y voir ? Qui est coupable ? Maria, la cartomancienne ou ce Flamand qui reste à l’écart, ou encore ce chat noir qui les nargue ? La peur s’installe, devient panique, les vieilles superstitions refont surface et un véritable vent de folie souffle sur le village. Anselme et Joseph, imperturbables, continuent à soigner.


Un jour, le comte de Grattebourg, celui que tous croyaient mort, prie Anselme de le suivre au château où son petit-fils a besoin de son aide. Pourquoi le boiteux résiste-t-il à cette sensation étrange qui le pousse à refuser ? Le voilà à présent plongé dans un monde étrange dont il essaie en vain de percer les mystères. Prisonnier dans ce château, il vit des moments troublants, découvre des choses qui le font frémir. Ces ombres qui rodent dans le parc, cette femme qui joue du piano et ressemble étrangement à la défunte comtesse, que viennent-elles faire dans son histoire ? Et ce chat qui apparaît un soir, lorsque las de soigner, Anselme se sent prêt à défaillir ? Qui est-il ? Pourquoi le regarde-t-il avec tendresse ? Il faudrait sans doute qu’il prie à ce moment précis. Mais le peut-il encore ? Son destin n’est-il pas tracé ?

Publié dans avis de blogs

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