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Extraits du roman de Marie-Noëlle FARGIER "La Bukinê d'Anna"

Publié le par christine brunet /aloys

Extraits du roman de Marie-Noëlle FARGIER "La Bukinê d'Anna"

…Les ormeaux peints de la couleur du feu inondent la colline face à la cité qui s’étire. Les chibottes, abris de pierres sèches aux formes arrondies, se donnent la main, là où le soleil est toujours là. Elles écoutent l’incessant gargouillis de la rivière au fond de la vallée, source de leur vie…

******

…De sa main effilée, elle effleure le cuir de son sac à la recherche de sa bukinê. La corne de ce petit objet précieux, seul lien avec ses sœurs, égratigne sa peau parfaite. Elle regarde respectueusement cette coquille de poisson transmise par ses aïeux, tordue par des spirales, souvenir d’une contrée lointaine. Délicatement, elle la porte à sa bouche qui espère comme un baiser lointain le son qui la conduira vers Matobe…

******

…La source malgré le froid est restée fidèle à son peuple, elle coule de manière économe mais d’une eau claire et avenante. La cascade est ceinte de menhirs qui effleurent les cieux enfantés par la terre mère. Deux pierres, grossièrement taillées en forme de serpent et de loup, encadrent l’accès au reflet d’espoirs divins, les gardiens du breuvage…

******

…Elle arrive sur les rives tenant dans ses bras sa petite Matobe, un chemin savonneux de perles immaculées escorte le parcours du Douro, les arbres se ploient de chaque côté des rives se retrouvant comme une passerelle céleste où de multiples papillons d’une blancheur lumineuse s’accrochent aux branches…

******

…La chibotte d’Inanna s’impose, appuyée contre son éternelle roche agrémentée par un tapis garnis de lis et de coquelicots qui font oublier le gris de ses pierres…

******

…Comme un prédateur, il remarque plusieurs lis alignés avec leurs étuis désaltérants. A cet endroit précis, il distingue une pierre proéminente, brutalement il arrache cette dernière de ses congénères, elle ne résiste pas à l’emportement de Bacab et dévoile une cachette…

******

…Tefnet épouse Hélios, la traîne de la mariée unit toutes les couleurs, balayant la cime des arbres protégés par le miel pour s’élancer vers les cieux en un pont miraculeux, réunissant tous les mondes…

Marie-Noëlle FARGIER

La Bukinê d'Anna

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Martine Dillies Snaet et Christine Brunet autour d'un café...

Publié le par christine brunet /aloys

Martine Dillies Snaet et Christine Brunet autour d'un café...

Christine Brunet, bonjour ! Un café ?

Je suis heureuse de pouvoir vous recevoir sur cette feuille blanche. Romancière du Sud de la France, Christine Brunet, non seulement nous avons la chance de vous rencontrer dans beaucoup de salons du livre mais, du Nord au Sud, vos livres commencent à apparaître de plus en plus souvent en devanture des librairies alors que l’on sait tous qu’il n’est guère facile de se créer une vie d’auteur sans avoir derrière soi une carrière cinématographique ou une image en vie en politique.

Ce parcours littéraire, qui éclate peu à peu, à votre avis, outre à votre talent, à quoi le devez-vous ? A votre ténacité ? A des personnages récurrents ?

Hou là ! Ça commence fort ! Pour le café, je veux bien, j’en bois une bonne dizaine par jour, le breuvage m’éclaircit les idées… Revenons à votre question : je crois que je dois mon parcours à divers facteurs complémentaires qui, en fin de compte convergent.

Tout d’abord, j’ai eu la chance incroyable d’être publiée à compte d’édition et donc de trouver dès le départ deux éditeurs qui m’ont fait confiance en même temps : les Éditions Chloé des Lys et les Éditions du Pierregord. Avoir deux livres (c’était en 2011) à présenter aux lecteurs au début, c’est un énorme avantage, surtout que le second était diffusé sur le plan national.

Seconde chance, ce sont mes éditeurs, proche des auteurs, impliqués dans la promo, réceptifs et réactifs. Aujourd’hui, Chloé des Lys est toujours à mes côtés et Pierregord (qui a fait faillite) a été remplacé par les Éditions Gascogne.

Troisième chance, ce sont les libraires qui me suivent, m’invitent, me bichonnent souvent (pas tous, mais une grande majorité qui sont passionnés par leur métier).

Chance ultime et pas la moindre, c’est d’avoir trouvé un lectorat : il faut dire que j’ai des lecteurs extraordinaires, fidèles, enthousiastes. Maintenant, est-ce dû à mes personnages récurrents ? Possible. Il faudrait le leur demander…

Enfin vous parlez de ténacité : oui, il en faut, c’est évident et souvent, le découragement prend le dessus d’abord à cause de la fatigue (rester debout de 8h30 jusqu’à 19h (sans pose) et ce deux ou trois jours d’affilé, se lever à 5h du mat, faire au minimum une heure de route dans les embouteillages à Paris, pas toujours évident), à cause également de certaines rencontres ponctuelles mais très désagréables après lesquelles il faut trouver la ressource de rebondir immédiatement pour le lecteur suivant. Il ne faut pas non plus s’arrêter à une mauvaise journée de dédicaces et se dire que la suivante sera bien meilleure.

Enfin, heureusement que j’ai le soutien inconditionnel de mon entourage et de certains amis : leur encouragement est précieux.

Martine Dillies Snaet et Christine Brunet autour d'un café...

Vous avez commencé par la science-fiction et vous vous lancez dans le thriller. Comment vous est venu l’idée de faire vivre et évoluer vos personnages ? Cela s’est-il fait indépendamment de vous ou bien, dès le départ, Axelle de Montfermy d’une part et Aloys Seigner et Nils Sheridan d’autre part, c’étaient des choix bien précis ?

Lorsqu’on lit énormément, un jour vient inévitablement où quelque chose se met en place dans le cerveau : toutes les histoires, tous les auteurs lus ont implanté une petite graine qui booste l’imagination et ne demande qu’à se transformer en un univers qui vous est propre. C’est mon cas. Mes héros ont pris vie comme ça, de façon inopinée mais naturelle, comme autant d’images qui s’étaient construites au fil des lectures. Mes personnages actuels sont des avatars de personnages créés pour mes romans de science-fiction. Ils sont différents dans leur vie, dans leur univers mais ils découlent tous d’un même moule : le puits sans fond de mon imaginaire. Ce qu’ils sont devenus au fil des enquêtes s’est imposé tout naturellement.

Comment on réagit quand on voit son livre en devanture de librairie ? Quand on réalise que les lecteurs attendent avec impatience le roman suivant ? Une griserie ? Un plaisir subtil ou une vraie joie, une de celles qui vous font voir des étoiles un jour de plein soleil ?

C’est étonnant : on est d’abord incrédule puis on se précipite à l’intérieur de la librairie ou vers le responsable de rayon et on le remercie chaleureusement. Lorsque je reçois un message de l’un de mes lecteurs me disant qu’il aime mon univers, qu’il attend le prochain bouquin ou lorsqu’un lecteur fait des kilomètres pour venir me voir et se faire dédicacer mon nouveau thriller, je suis ébahie, très reconnaissante et rassurée.

Revoir un lecteur livre après livre, discuter un instant, lui parler de ce que j’ai en tête pour le prochain bouquin, ou de choses plus personnelles parfois, c’est une récompense pour tout le travail effectué et mon engagement aussi. Je crois que le « job » d’auteur, ce n’est pas seulement l’écriture, mais c’est aussi aller à la rencontre du lecteur parce que sans lui, l’auteur ne serait rien.

L’auteur doit faire rêver son lectorat, c’est évident, mais il doit également aller à sa rencontre ! Je me fiche de parler de moi, ce qui m’intéresse c’est de parler de mon univers, de mes héros et de partager ma passion de l’écriture avec les autres.

Martine Dillies Snaet et Christine Brunet autour d'un café...

Comment réagissent les proches quand ils se sont rendu compte que votre nom apparaissait sur les affiches ?

Pour certains, de l’incrédulité, pour tous de la fierté.

Allons, parlez-nous un peu de votre dernier roman.

Le dernier roman paru ? Poker menteur, aux Éditions Gascogne.

Il s’agit du dernier opus avec mes héros récurrents Axelle /Aloys et Sean/Nils. Il se déroule à Marseille et à Aubagne, des cités que je connais bien puisque j’y ai passé toute mon enfance et que je suis revenue vivre dans ma Provence natale. Mes héros enquêtent chacun de leur côté sous couverture sur une même affaire (ou presque) mais au lieu de travailler main dans la main, manipulés, ils vont progressivement travailler l’un contre l’autre…

J’avais envie de faire découvrir au fil de cette histoire la cité phocéenne d’une autre façon, plus dans l’émotion, les odeurs, les accents : j’espère y être parvenue.

Le prochain roman à paraître ? Convergences aux Éditions Gascogne.

De nouveaux héros, avec une légiste un peu (beaucoup) décalée. L’action se déroule dans le Périgord noir et sur la côte d’Azur. Cette héroïne qui porte le nom de Gwen Saint-Cyrq, réapparaîtra dans trois autres enquêtes (déjà écrites) qui entraîneront les lecteurs notamment dans l’île de Ré, à Kashgar, et dans les Vosges.

En parallèle, je travaille actuellement à un thriller SF avec l’envie de revenir à mes premières amours.

Quelle discipline avez-vous dans l’écriture ? Combien d’heures par jour écrivez-vous ?

Aucune disciple. Malheureusement, j’ai tant d’autres activités à côté notamment avec CDL, et ma famille, que je ne peux pas dire : j’écris de telle heure à telle heure. Et puis, comment écrire sous la contrainte ??? J’écris lorsque j’en sens la nécessité, lorsque le bout d’histoire qui tourne dans ma tête a suffisamment mûri. L’écriture doit rester un plaisir sinon, comment communiquer au lecteur ce petit plus qui va l’inviter dans votre univers ?

Martine Dillies Snaet et Christine Brunet autour d'un café...

Comment fait-on pour ne pas se laisser dévorer par ses personnages ? Quand on passe ainsi plusieurs semaines avec eux, faut-il un peu de temps pour reprendre pied dans la réalité ?

Mes personnages vivent en moi et avec moi 24h/24. Mais ils ne me dévorent pas, ils m’enrichissent, ils enrichissent mon imaginaire ! Je suis trop terre à terre pour perdre pied avec la réalité.

Quand on écrit autant, y a-t-il beaucoup de soi dans ses personnages ? Ou bien sont-ils des personnes à part entière et tout à fait distinctes de soi ?

Les personnages ont, forcément, quelque chose de leur auteur. Mais ils sont très différents de moi, heureusement parce que je ne voudrais pas de la vie d’Aloys, ni de celle de Gwen… trop torturées. Mes héros sont la quintessence de tous les héros, de tous les êtres qui ont, un jour, croisé ma vie. Lors de mes voyages, je rencontre des gens différents, parfois extraordinaires, parfois terrifiants et je me nourris d’eux pour donner, à mes personnages, un souffle d’humanité.

Martine Dillies Snaet et Christine Brunet autour d'un café...

Aux lecteurs, il faut encore dire que Christine Brunet est une des collaboratrices de la maison d’éditions belge Chloé des Lys [http://www.editionschloedeslys.be/], qu’elle est la rédactrice en chef de la revue « Les petits papiers de Chloé » [http://www.editionschloedeslys.be/content/9-les-petits-papiers-de-chloe], présentatrice d’Actu-TV [http://www.actu-tv.net/], responsable du blog Aloys [http://www.aloys.me/] et directrice de Chloé des Lys Collection.

Beaucoup de personnes doivent se demander comment on peut concilier vie familiale avec un tel foisonnement d’activités. Que pourriez-vous leur répondre ? Un secret ? Un surdosage de vitamines ? Ou bien encore soleil et tempérament du Sud ?

Euh… C’est compliqué, c’est vrai. Lire, écrire, travailler pour les auteurs, faire ma promo, et s’occuper de mon fils, de ma famille, c’est un défi de tous les instants. Trouver du temps, courir encore et toujours. Un jour, je ferai sans doute des choix. Pour l’instant, je fonce. Le soleil me donne le pep, mes lecteurs me donne l’envie, ma famille et les amis me donne la force et le courage.

Prévenons les lecteurs qu’ils pourront trouver tous les renseignements voulus sur votre site :

http://www.christine-brunet.com/

Christine Brunet, un grand merci pour votre disponibilité, je vous souhaite une bonne continuation.

Grand merci à vous, Martine ! Je sais aussi que votre temps est précieux !

Bon et si maintenant on le prenait ce café ?

Martine Dillies-Snaet

users.skynet.be/TheDillies/

=> (xy)², Ed. Chloé des Lys

=> Beffrois, racines de pierres, Ed. Chloé des Lys

Martine Dillies Snaet et Christine Brunet autour d'un café...Martine Dillies Snaet et Christine Brunet autour d'un café...Martine Dillies Snaet et Christine Brunet autour d'un café...
Martine Dillies Snaet et Christine Brunet autour d'un café...Martine Dillies Snaet et Christine Brunet autour d'un café...Martine Dillies Snaet et Christine Brunet autour d'un café...

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Brigitte Piret dans l'Avenir.net avec son recueil de poésies, Papillons

Publié le par christine brunet /aloys

Brigitte Piret dans l'Avenir.net avec son recueil de poésies, Papillons

NAMUR

Brigitte Piret au Marché de la poésie

  • Source: verslavenirnamur
  • Rosetta FLOCHON

L'artiste Brigitte Piret vient de se faire éditer chez «Chloé des Lys». Son recueil sera présenté au Marché de la poésie.

Des poèmes, la Namuroise Brigitte Piret en écrit depuis l'âge de 9 ans. «J'aime la musique des mots», livre-t-elle en toute simplicité. Cours de diction, de déclamation, art dramatique et chant lyrique : autant de formations dans lesquelles elle a juste picoré, veillant à ne pas se laisser définir par elles. Son amour de la liberté étant plus fort que tout.

Son désir de remettre en cause les dysfonctionnements et injustices de la société, aussi. Alors elle écrit, encore et encore. Elle chante aussi, avec ses mots.

«Avec ma plume, je me sens bien partout», partage Brigitte Piret. Partager, le mot est lancé. Car c'est bien de cela dont il s'agit. Quand elle chante, écrit des contes pour enfants, prend plaisir à jouer un rôle de figurante, elle est dans le don d'elle-même, sans attendre en retour. Sans plan de carrière. Peut-être est-ce d'ailleurs cela qui fait que, durant toutes ces années, son talent n'a pas vraiment été reconnu à sa juste valeur. Jusqu'à ce que la maison d'édition Chloé des Lys ne tombe sous le charme de ses poésies. Ces mots qui font la révolution tout en douceur, tout en tendresse. Début du jour qui se lève. Comme une lumière bleue sur la Meuse. Les maisons reflètent leurs miroirs au fond des eaux qui dorment. Les péniches glissent le long des quais, où les canards chantent leur joie de voir la lumière s'élever dans le ciel.

À quel âge a-t-elle écrit cette poésie? S'en souvient-elle seulement? Il y a si longtemps qu'elle couche sur papier ce qu'elle a au plus profond d'elle-même.

Ce week-end, sous le chapiteau qui sera installé au 28, rue Fumal, à Namur - à l'occasion du Marché de la Poésie - la maison d'édition Chloé des Lys présentera son dernier-né, le recueil Papillons, recélant plusieurs dizaines de poèmes de Brigitte Piret. À ce même endroit, le dimanche 17 juin, à 11 h 30, l'auteure fera lecture de plusieurs d'entre eux.

Comme autant de papillons d'une légèreté subtile, ces esprits voyageurs symboles de renaissance.

À l'image de celle qui traverse les épreuves de la vie, le son de sa voix et le bourdonnement de ses ailes toujours aussi forts et légers à la fois.

brigittepiret@swing.be.

Brigitte Piret dans l'Avenir.net avec son recueil de poésies, Papillons

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Rolande Michel a lu "Glanes de mes errances" de Christian Van Moer

Publié le par christine brunet /aloys

Rolande Michel a lu "Glanes de mes errances" de Christian Van Moer

J'ai lu GLANES DE MES ERRANCES de Christian Van Moer

Chez ce poète né, culture et poésie se marient avec bonheur en rimes d'une incontestable élégance.

Comme issus d'une source intarissable, les mots créent la magie. Le temps se fige...L'amour est là. Partout. Toujours.

"Aimer est le grand point. Qu'importe la maîtresse".¨Par ces vers de Musset, Christian Vanmoer introduit "les Estivales".

A travers des gens simples, croisés par hasard, à la rue Saint Piat, au Jardin de la Reine, ou encore sur le parvis de la cathédrale, il chante Tournai, SA VILLE.

Hélas, le progrès tue ! Peu à peu, l'asphalte recouvre les pavés et étouffe l'écho d'un passé qui raconte le temps, celui des colporteurs, du joueur de limonaire, des calèches, du peuple en colère...

"Nocturnes" nous le confirme : la vie n'est pas que joies. Comme l'écrivait Baudelaire : " Je cherche le vide, et le noir..."

Quelle que soit notre condition, nous pourrions avoir envie de fuir le présent, le réalité, rechercher l'oubli et nous enliser dans des paradis artificiels, comme ces "paumés, noyés dans leur cafard".

Ces paumés, le poète les aime. Peut-être parce qu'ils sont humains, tout simplement ?

Hélas, "Plaisir d'amour ne dure." et, comme lui, l'été s'achève. Vient alors l'appel à rejoindre le dieu Pan, là où le temps s'arrête et où on vit, au rythme des veillées.

Rolande Michel

Rolande Michel a lu "Glanes de mes errances" de Christian Van MoerRolande Michel a lu "Glanes de mes errances" de Christian Van Moer

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Avis de lecteur dans "Plaisirs et Découvertes"

Publié le par christine brunet /aloys

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L'Elitiste de J-C Texier dans "Société des Agrégés.net

Publié le par christine brunet /aloys

L'Elitiste de J-C Texier dans "Société des Agrégés.net

Jean-Claude TEXIER

http://www.societedesagreges.net/societaires/?Les_Ouvrages:Jean-Claude_TEXIER

L’Élitiste

Éditions Chloé des Lys, 2011, 426 pages

Dans son Avertissement, l’auteur précise que « L’Élitiste est une œuvre d’imagination et que « toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé serait purement fortuite ». Formule convenue ? Roméo de Rivera, militant socialiste convaincu, est nommé proviseur dans un lycée d’une banlieue favorisée, avec classes préparatoires, dont une politique élitiste a fait la réputation. Il entreprend de défaire ce qu’avait fait son prédécesseur, les résultats des élèves en pâtissent et il finit par se résoudre à devenir un « élitaire de gauche ». Voilà qui explique le titre du roman. Mais l’évolution du personnage est loin d’être le seul sujet. Ce nouveau proviseur, apparemment sincère dans ses engagements, bénéficiant de soutiens au rectorat, profite de ses amitiés politiques pour s’entourer de courtisans, rêvant d’une carrière dans un cabinet ministériel à l’approche de l’élection présidentielle de 2007. Il cherche à imposer son autorité, par tous les moyens, espionnant les personnels qui lui déplaisent, n’hésitant pas à les harceler pour les faire « craquer » ou précipiter leur mutation. Ceux qui le soutiennent surveillent leurs collègues, colportent des rumeurs, participent à sa mainmise sur le lycée. Les pratiques inadmissibles qui sont ici dénoncées sont d’autant plus révoltantes qu’elles se concentrent en un seul lieu. Non content de régner en maître, Roméo cherche à séduire l’infirmière, Ginette Pervanche, qui le gifle pour répondre à ses avances un peu trop poussées. Meurtri et humilié de son échec, il va la harceler, lui rendre la vie impossible, chercher à la mettre en faute, répandre sur elle des soupçons de pédophilie… Mais qui est l’Homme Aux Fleurs, admirateur secret, qui fait porter à l’infirmière des bouquets, titre des deux parties du roman ? Et quel est le rôle de Félix, le fils de Ginette, en crise d’adolescence, surnommé Le Chat par ses camarades ? Le lecteur ne le découvre qu’à la fin. Toute la seconde partie de l’ouvrage a pour cadre la préparation de l’élection présidentielle de 2007, avec la confrontation entre les deux candidats du second tour et les calculs des personnalités politiques de tout bord. Roméo passe de l’espoir d’une promotion qu’on lui fait miroiter à la déception, voire au désenchantement quand certains de ses « amis » virent de bord par opportunisme, au lendemain des élections. Il n’est pas possible dans ce compte rendu de revenir sur toutes les péripéties de ce riche récit qui s’étend sur plusieurs années. C’est l’univers foisonnant d’un établissement, avec ses misères et ses grandeurs, ses bassesses et sa noblesse. « Œuvre d’imagination », comme l’affirme son auteur ? Il appartient à chaque lecteur de mesurer la part d’excès et d’authenticité dans cette chronique des années 2000.

Jean-Michel Léost

L'Elitiste de J-C Texier dans "Société des Agrégés.net

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La clé, un texte de Patrick Beaucamps extrait du recueil poétique "Tant d'eau sous le pont" mis en musique

Publié le par christine brunet /aloys

La clé, un texte de Patrick Beaucamps extrait du recueil poétique "Tant d'eau sous le pont" mis en musique

Musique de Guillaume Bacart

Textes de Patrick Beaucamps

http://patrickbeaucamps.bandcamp.com/

La clé, un texte de Patrick Beaucamps extrait du recueil poétique "Tant d'eau sous le pont" mis en musique
La clé, un texte de Patrick Beaucamps extrait du recueil poétique "Tant d'eau sous le pont" mis en musique
La clé, un texte de Patrick Beaucamps extrait du recueil poétique "Tant d'eau sous le pont" mis en musique
La clé, un texte de Patrick Beaucamps extrait du recueil poétique "Tant d'eau sous le pont" mis en musique

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1953, DÉCOUVERTE DES CACHETS ACIDULÉS, un texte de Micheline Boland

Publié le par christine brunet /aloys

1953, DÉCOUVERTE DES CACHETS ACIDULÉS, un texte de Micheline Boland

1953, DÉCOUVERTE DES CACHETS ACIDULÉS

Il fallait les récréations pour que j'apprivoise l'école dans ce qu'elle avait de plus délectable. Mon amie Ginette ne venait jamais en classe sans quelques bonbons faits maison. Mais ce jour-là…

Dans le rang, après que la cloche a retenti, Ginette s'est penchée vers moi et elle m'a dit : "J'ai quelque chose en poche…" Elle n'a pas eu le temps de terminer sa phrase. Sœur Edwige avait l'oreille fine, si fine !

Je me souviens de ces moments d'attente… Qu'est-ce que Ginette pouvait avoir en poche ? Mon esprit était orienté vers ce quelque chose que je n'aurais pu encore nommer, que je parais des qualités liées aux surprises que nous offrent les êtres adorés. J'aimais déjà cette chose qui ne pourrait être que belle, délicate, rare, extravagante ou amusante.

Nous avions sept ans et nous aimions nous promener dans la grande cour de récréation en nous tenant par le bras. Serrées l'une contre l'autre, nous ne craignions ni les grandes ni les surveillantes. Pour manger notre collation de dix heures, nous avions un petit endroit à nous, près de la haie qui séparait l'école de la maison des religieuses.

Ce jour-là, Ginette m'entraîna vite vers cet endroit particulier. D'un sachet blanc, elle sortit un cachet acidulé qu'elle me tendit puis elle en prit un pour elle. Ces bonbons acidulés étaient le genre de confiserie banni par mes parents et par ceux de Ginette. Ce fruit défendu que j'avais vu à l'étalage du confiseur ou dans la vitrine du boulanger, jamais encore je n'y avais goûté. D'un coup de dent, Ginette a ouvert une minuscule brèche dans l'enveloppe puis elle a passé le bout de la langue jusqu'à atteindre la poudre qui se trouvait au fond ! "Allez, fais comme moi" fit-elle en me regardant. Je l'ai imitée lentement, avec application et curiosité. Une merveille que cette coque de pain azyme rosée, à la texture de papier ! Une merveille encore que cette poudre qui fondait sur la langue en y laissant d'agréables échos surets ! Tout cela était bien meilleur que les chocolats de Tante Maria, les caramels au beurre de la maman de Ginette ou encore les réglisses se trouvant au fond d'une bonbonnière chez ma grand-mère.

Cela avait duré un temps infini. Nous avons refait l'expérience plusieurs fois, en silence, avant qu'il ne nous reste que l'enveloppe entre les doigts. En trois fois, il ne subsista plus rien du bonbon mais un grand bonheur nous embrasa toutes les deux. Je vis dans le regard de Ginette toutes les étoiles qu'on peut voir dans les yeux des amoureux, des chercheurs, des passionnés.

"On mangera l'autre cet après-midi", murmura Ginette. Puis elle s'est penchée vers moi et m'a confié : "Hier, Bobonne est venue goûter chez nous. Elle m'a donné cinq pièces de un franc. Je suis allée chez Dehon ce matin…"

Dehon, c'était le nom de la boutique en face de l'école. On pouvait y acheter des friandises mais aussi du petit matériel scolaire.

Bientôt, la cloche a retenti sans que j'aie pu dire autre chose que : "Comme c'est bon !"

Le bonheur de la découverte m'avait laissée muette. Je m'étais contentée de rejoindre la classe en gardant en bouche les derniers arômes du précieux bonbon.

À peine assise, Sœur Edwige vint me houspiller un peu : "Alors, Monique, dissipée comme d'habitude. Même pas besoin d'une mouche !" Je devais sans doute avoir cet air béat que j'avais, paraît-il, lorsque j'écoutais la mélodie qui s'échappait d'un orgue de barbarie, que je regardais le train électrique de mon cousin ou que je recevais un nouveau livre de la Comtesse de Ségur !

L'après-midi vint. Une magie comparable à celle du matin se reproduisit. J'aurais voulu que cela recommence à chaque récréation ! Les galettes fines, les pâtes de fruits ou le massepain fait maison ne pouvaient plus me suffire puisque j'avais savouré un des trésors de la gastronomie ! Rien ne serait plus comme avant. Le potage au cerfeuil, les œufs à la coque, la mousse au chocolat, je n'y goûterais plus de la même façon. J'avais maintenant un point de référence. Je venais d'établir mon nouvel étalonnage gustatif.

Le lendemain et les jours suivants, il n'y eut point de cachet… Ginette avait consacré les quatre francs restant à l'achat d'un taille-crayon coloré.

Je pensais souvent aux cachets. Un jour, j'ai trouvé, deux timbres à cinquante centimes sous le bureau de Papa. Ce n'était pas de l'argent mais cela avait de la valeur et j'allais tenter ma chance… Maman me surveillait et il me fallut plus d'une semaine avant de pouvoir aller chez Dehon échanger les fameux timbres contre quatre bonbons acidulés. Cette fois, j'avais moi aussi un petit sachet blanc contenant quatre capsules et j'allais régaler Ginette !

C'était bizarre, mais près de la haie, le même rituel se reproduisit comme s'il était en nous depuis des mois. Petits coups de dent, petits coups de langue, dégustation, extase et long silence jusqu'à ce que la cloche sonne la fin de la récréation…

Cette expérience j'y pense souvent. Lorsque je me délecte d'un mets nouveau, lorsque je goûte une préparation culinaire que je viens de réaliser, lorsque je prends la première bouchée d'un plat que j'apprécie, me reviennent et la texture de l'enveloppe en pain azyme et la saveur aigrelette de la poudre.

Même si la maison Dehon a fermé ses portes depuis de nombreuses années, il m'arrive encore parfois d'acheter un sachet de ces bonbons et d'en parler avec des amis. Aussi bien Thomas, mon coach d'improvisation théâtrale, que mon époux ou ma marraine ont les yeux qui brillent quand j'évoque ce souvenir de mon enfance…

Micheline Boland

(Extrait du livre "Des bleus au cœur")

micheline-ecrit.blogspot.com

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Texte n°9 sur le thème du cauchemar pour la revue "les petits papiers de Chloé"

Publié le par christine brunet /aloys

Texte n°9 sur le thème du cauchemar pour la revue "les petits papiers de Chloé"

LE ROI DES CONS

«Dupont, Durand, Dubois, Duval, Dupuis, Duchêne,
À nos fusils la fleur poussait,
Toujours prêts à nous fair' descendre à la prochaine,
Dans mon rêve où le roi des cons était Français. » *

J’étais à nouveau militaire. Peut-être s’agissait-il d’une mobilisation ? Ou peut-être n’avais-je même jamais quitté l’armée ? Etions-nous seulement en guerre ? Je ne savais plus, tout était brouillé, confus, incohérent, terriblement angoissant. J’étais à la fois jeune et vieux, célibataire et marié, tout se mélangeait, ma vie civile bien tranquille paraissait à la fois proche et lointaine… Mais je portais bien derechef cet uniforme que j’exécrais.

Et à propos d’uniforme, je cherchais en vain le moyen de faire disparaître, sur le blanc de ma vareuse, une vilaine tache sombre qui me vaudrait à coup sûr d’être consigné à bord par mon capitaine de compagnie lors de l’imminente inspection des permissionnaires. Ah oui, c’est vrai, où avais-je la tête ? J’avais demandé à descendre à terre pour rejoindre mon épouse le temps d’un week-end…

Mon paquetage… Il me fallait y récupérer ce bout de craie qui permettait de dissimuler, pour peu que l’on n’y regarde pas de trop près, une salissure trahissant un uniforme trop longtemps porté. Où avais-je donc abandonné mon sac de marin aussitôt après avoir mis les pieds sur ce maudit rafiot ?

J’interpelais un collègue que j’apercevais au bout de la coursive, en bleu de travail, pour lui demander s’il ne disposait pas par hasard de ce qui me faisait si cruellement défaut. Et fut stupéfait de m’entendre répondre, sur un ton goguenard, que toutes les permissions étaient supprimées en raison d’une opération de débarquement à laquelle j’étais d’ailleurs supposé prendre part.

C’était donc bien la guerre. La guerre… Bon Dieu ! Mais comment se faisait-il alors… D’une voix que je voulais ferme, je posais quelques questions innocentes pour tenter d’en apprendre un peu plus sur une situation internationale que je n’étais pas censé ignorer. Avec un haussement d’épaules, le collègue se contenta de faire allusion au conflit qui venait d’éclater entre l’OTAN et la Russie, suite à une aggravation de la situation en Ukraine.

Voilà, nous y étions… Un nouveau conflit en Europe dans lequel nous nous étions bel et bien laissés entraîner, pris au piège entre la politique hégémoniste des Américains et la tendance expansionniste des Russes. J’allais connaître la guerre, la vraie, y participer, même…Celle dont j’avais tant entendu parler étant enfant, sur laquelle j’avais tant lu par la suite. Avec son cortège d’horreurs, ses villes écrasées sous les bombes, ses réfugiés…

Affolé, je tentais d’interroger encore le collègue qui me tournait déjà le dos. De lui demander s’il savait pourquoi nous n’avions pas réussi à rester en dehors de tout ça. Un vacarme soudain me cloua sur place… Une torpille ? Un obus ? J’ouvris brutalement les yeux et, les battements de mon cœur allant decrescendo, reconnaissait peu à peu le bruit caractéristique et rassurant d’un camion-benne procédant au ramassage des poubelles…

« Quand je sautai du lit, que j'entendis la somme
De balivernes qui florissaient,
J'eus comme l'impression d' êtr' pas sorti d' mon somme,
De mon rêve où le roi des cons était Français. » *

* « Le cauchemar », Georges Brassens.

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Texte n°8- concours sur le thème du cauchemar pour la revue "Les petits papiers de Chloé"

Publié le par christine brunet /aloys

Texte n°8- concours sur le thème du cauchemar pour la revue "Les petits papiers de Chloé"

Tante Élisabeth et Oncle Alexandre

"Si tu continues ainsi, tu iras en enfer !". Combien de fois ai-je entendu cette phrase prononcée par Tante Élisabeth.

Tante Élisabeth, près de quatre-vingts ans, veuve depuis perpète et sœur de mon grand-père.

Je n'aimais guère aller chez elle. D'ailleurs, personne dans la famille ne lui rendait volontiers visite tant elle était acariâtre. Elle vivait dans un sombre et vieil appartement sentant le renfermé et décoré avec le plus mauvais goût qui soit. Malheur à l'enfant qui allait rentrer chez elle sans passer les semelles de ses chaussures sur le paillasson en coco ! Malheur à l'adulte qui s'asseyait dans un des fauteuils réservés à son chat ! Malheur à celui qui faisait le moindre bruit dans l'escalier : jeune ou vieux, homme ou femme, tous avaient droit à la même phrase piquante, signée Tante Élisabeth : "si tu continues ainsi…" !

Le premier janvier, nous allions, contraints et forcés, lui rendre visite et lui présenter nos vœux. Elle daignait alors nous embrasser sur le front du bout des lèvres. Je sentais les poils de son menton me chatouiller le nez et je me retirais très vite sans que la vieille dame n'y trouve à redire…

Ce jour-là, les enfants avaient droit à un verre de limonade "maison", un simple jus de citron mélangé à de l'eau du robinet qui traînait là depuis des heures. Les adultes recevaient un petit verre de quinquina. C'était, paraît-il, "bon pour la santé" !

Pieuse ou plutôt bigote, elle fréquentait l'église toute proche qui était aussi sombre et vieillotte que son appartement. Elle y récitait des prières comme une automate et rentrait chez elle la conscience tranquille, sûre qu'elle irait au paradis malgré les frasques de ses neveux et nièces.

Quand je fais un cauchemar, Tante Élisabeth n'est jamais bien loin ! Elle passe et repasse dans ma chambre en marmonnant : "Si tu continues ainsi, tu iras en enfer" !

Un matin, on l'a retrouvée morte dans son lit et comme sa vue s'était fortement détériorée avec l'âge, tout le monde a pensé qu'elle devait être en enfer en se croyant au paradis !

Le diable l'a accueillie avec joie et la vieille dame qui ne l'a pas reconnu a immédiatement apprécié la température du lieu et les odeurs qui lui rappelaient son appartement ! Depuis qu'elle est là-bas, elle cherche en vain son époux bien aimé. À chaque coin de rue, elle croit reconnaître l'oncle Alexandre mais ce ne sont de fait que des gangsters et des assassins qui la découragent bien vite.

Oncle Alexandre, lui, connaît les joies du paradis et je doute fort que malgré son grand âge, il essaye de retrouver son épouse !

De temps en temps, on l'autorise à revenir sur terre pour voir sa famille. Comme il m'apprécie particulièrement, il passe souvent me parler de son séjour là-haut. Il m'a dit avoir aperçu son Élisabeth aux prises avec un diablotin cornu et ventripotent qui l'obligeait à boire une boisson citronnée et à s'asseoir dans un fauteuil rempli de chats ! Inutile de vous dire qu'il a fait semblant de ne rien voir.

Je l'aime bien Oncle Alexandre, quel dommage que je ne l'ai pas connu de son vivant. Lui, le veuf parfait, seul digne d'aller au paradis !

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