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Le corbeau blanc, un poème de Philippe Wolfenberg

Publié le par christine brunet /aloys


 

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Le corbeau blanc

  

Songe d’une nuit fébrile, l’image d’un corbeau blanc

Possédant l’étrange pouvoir de réunir les amants,

Dérisoires lueurs perdues dans des abîmes profonds,

Par delà la mort et par delà l’abandon.

  

Un cœur déchiré comme une tombe profanée,

Une mémoire encombrée d’un passé suranné,

Un chemin égaré dans les méandres de la tristesse

Et une souffrance aussi forte et exquise qu’une caresse.

  

Quand les promesses d’éternité ne sont pas tenues

Et qu’il ne reste que la vérité dépouillée, presque nue,

Malgré la haine, sournoise jumelle de l’amour,

Les souvenirs heureux, au présent, s’accrochent toujours.
 
Très bonne soirée à toi...
 
Philippe WOLFENBERG
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Publié dans Poésie

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Bob Boutique a lu "Par la fenêtre" d'Alain Delestienne

Publié le par christine brunet /aloys

 

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"Par la fenêtre” d’ Alain Delestienne

Un petit préambule pour commencer. 

Vous savez sans doute que j’ai horreur qu’on m’envoie un livre en cadeau et ce pour diverses raisons. La plus évidente étant que cela m’oblige indirectement à le commenter et alors… quid, s’il ne me passionne pas ?

Lorsque j’ai reçu le bouquin d’ Alain par la poste, avec une très belle dédicace, j’ai d’abord râlé, avec la ferme intention de ne jamais le lire. Puis je me suis rappelé le personnage que je ne connais que par facebook mais qui m’a toujours donné l’impression d’être le contraire du m’as-tu vu et de l’intriguant. Un internaute calme, mesuré et particulièrement attentif à ce que font les autres. Bref, je me suis aussi vite radouci.

Puis j’ai admiré la couverture que je trouve magnifique et qui a été realisée par une de ses filles, Anne. Et enfin j’ai remarqué au verso de l’ouvrage le commentaire d’une auteure pour qui j’ai le plus grand respect, Laurence Amaury: “le paradis retrouvé, avec un parfum d’enfance ! On voudrait que ce soit plus long…” 

J’ai compris qui’il y avait méprise dans mon chef. Alors j’ai deposé le livre sur la tour de mon pc en me promettant d’y revenir, lorsque j’aurai terminé ce superbe “Lovebirds” d’ Edmée De Xhavée. D’autant plus que Christine Brunet venait de publier son propre commentaire sur ce bouquin et que la connaissant, elle avait dû aimer? Pas le genre à cirer les pompes… je n’ai pas lu bien sûr, histoire de ne pas me laisser influencer.

**

Bon ! Voyons voir… j’ai un petit quart d’heure, le flacon à moitié enfouï dans le sable est à portée de bras, je tends la main, prends l’objet, même pas cent pages, l’ouvre, parcours rapidement les remerciements et autres mentions souvent intéressantes, car elles émanent d’un auteur qui a jugé important de les y mettre…

Vous allez trouver tous ces details futiles. Mais pour moi, lire un livre c’est une histoire, une affaire sérieuse, ou si vous préférez, une sorte d’engagement d’offrir à un(e) écrivain(e) une des deux choses les plus inestimables qui existent dans cet univers: l’amour et… le temps. Le premier étant inimaginable sans le second.

“Ca faisait déjà pas mal d’années qu’il passait ses matinées à regarder par la fenêtre…”

Je n’ai plus arrêté avant le mot “fin”, après 74 pages !

**

Henri, le héros ou l’anti-héros, ressemble furieusement à l’auteur: une santé précaire qui le cloue définitivement à la maison avec trois chiens et une grande fille visiblement bien éduquée car elle tient une compagnie joyeuse à son enfant de père qui lui prépare en retour les repas du soir. Il est divorcé mais en ayant réussi ce tour de force de faire de son ex sa meilleure amie ( je m’incline jusqu’au parquet )… 

Henri vivote donc doucement et s’ennuie avec douceur.

Le matin, il contemple par la fenêtre de la cuisine un jardin qui change de couleurs et d’animaux avec les saisons. Et l’après-midi il va faire les courses puis se promène dans un parc, toujours le même, pour terminer en sirotant un café à la terrasse du café de l’étang. Voilà.

Ah bon ? Et c’est tout ? Ca fait pas un roman ça !

**

Attendez ! Un peu de patience nous répète l'auteur chapitre après chapitre, mon histoire va bientôt commencer. Mais laissez moi d’abord vous décrire ce jardin qu’envahissent les oiseaux, les insectes et les fleurs, chacun servant de nourriture à l’autre. Un microcosme grouillant qui joue sous ses yeux attendris la pièce immuable d’une vie qui se perpétue de l’infiniment petit à l’ infiment grand. Le tout est de savoir regarder… Ouf ! C'est pas de lui, mais de moi. Il l'aurait écrit plus simplement.

**

Bien, d’accord… on est très content pour Henri… les insectes, les oiseaux, les fleurs et croyez-moi il en connaît un bout, mais tout ça ne fait pas un roman !

Attendez, un peu de calme et laissez vous porter par le style étonnant de l’auteur dont c’est pourtant la première oeuvre… ses paragraphes sont courts et son écriture fluide, policée, agréable. C’est bien simple, on ne se rend même pas compte que les pages défilent. Et puis ne lui dites surtout pas qu’il ne se passe rien lorsqu’une saison vient chambouler l’autre et révolutionne l’envers de sa fenêtre où des populations entières disparaissent tandis que d’autres apparaissent pour se nourrir de nouvelles plantes… et ainsi de suite.

Et puis, quel évènement ! Henri a decidé de rafraîchir sa cuisine avec de nouveaux meubles, d’autres couleurs, des faïences sur les murs…le va et vient des amis avec leurs rouleaux et pots de peinture… ça secoue son homme, non ?

Soit, à la rigueur, on compatit, on applaudit… mais n’empêche, tout ça ne fait pas un roman !

**

Ha bon ? Et cette semaine qu’il passe chaque année avec ses filles à Nieuwpoort , à la Mer du Nord, dans un appart de location ? Les promenades interminables le long de la plage, à la lisière mouvante des vagues, le cerf-volant d’Eglantine et les glaces qu’on mangeote pendant des heures à la terrasse d’un resto de plage, en regardant defiler la Belgique en uniforme de vacanciers ?

Je pourrais vous citer trois lignes ciselées à la plume d’oie à chaque page… 

D'accord, on apprécie... mais en signalant quand meme qu’on vient d’humecter son doigt pour tourner le Feuillet 50 ( sur 7O, je vous le rappelle) et qu’on a pas encore vu un seul drame, un petit meurtre, pas même un vol de sac à main ! 

Non. On reste sur notre première impression… c'est de la belle ouvrage, mais ça ne fait pas un roman ! 

**

Et pourtant je continue ma lecture. Un, parce que tout est juste ,dans le ton et les images, et deux, parce qu'on sent, on pressent, qu’il va arriver quelque cbose d’inattendu !

Hé bien oui…

En se balladant sur la plage, à la ligne des déchets que depose la marée, notre flâneur qui se promène toujours le nez au vent, à observer le monde des crabes et autres vers de sable découvre une bouteille à la mer.

Ou plutôt non, un flacon à la mer, avec un bout de papier enroulé sur lequel une personne du sexe feminin a écrit un message…

La voilà notre histoire, enfin, ça y est, on démarre… et là, je dois vous avouer que le Sieur Delestienne m’a bluffé ! Roulé dans la farine...

Tout se dénoue. Mais ne comptez pas sur moi pour vous révéler en quoi et comment, même sous la torture. Un chèque à la limite et encore, pas sûr !

**

Ce livre est un vrai petit bijou et je ne résiste pas à l'envie de vous donner un extrait de la fin, une scène grandiose, digne d’un grand film romantique:

“une ombre obscurcit la page où il écrit. Un vilain nuage de plus ? Non, derrière la fenêtre, une gigantesque nuée d’étourneaux qui occupe Presque tout le ciel. Par leur danse synchronisée, à plus de mille, ils dessinent une variété infinie de figures et l’imagination d’ Henri n’a plus de limites.

Au centre de cette masse sombre et mouvante entourée d’un fin liseré bleu ciel, il aperçoit resplendissante, la belle déesse indienne. Grande et mince, très droite, sa longue chevelure noire s’agite en tous sens avec le mouvement des oiseaux…”


“De ma fenêtre” est un vrai beau livre, touchant, tendre, émouvant, gentil… et profondément triste.

“Du bist ein Ezel” Alain !

 

Bob Boutique

www.bandbsa.be

10negresses

Publié dans Fiche de lecture

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Jean-Claude Slyper : Je crois que mes personnages sont ordinaires, banals, triviaux comme peut l’être le quotidien, ils sont aussi absurdes et grotesques, mais émouvants

Publié le par christine brunet /aloys

S7300123_3.jpeg    Jean-Claude Slyper est un auteur, mais pas seulement : il démontre une fois de plus que la création peut être multiple, passionnelle mais réfléchie.

 

     Jean-Claude, tu te présentes, s'il te plaît ?

     Je suis né à Paris, je vis à Paris, mais il y a d’autres villes qui m’ont charmé, emballé, attiré : Berlin, Londres, Rome, Bruxelles, Dublin, Erevan, Marseille. Je pratique la basse et la contrebasse. Depuis tout petit j’aime arpenter la ville de jour comme de nuit, surtout la nuit, quand tout est silence, taches de lumière et ombre. J’adore rouler sur de petites routes et découvrir de cette façon les pays, des chemins de traverse en quelque sorte, je reconnais ne pas faire œuvre écologique à rouler ainsi en voiture mais je me donne bonne conscience en me disant que ce serait pire en avion.

J’écris depuis le milieu des années soixante-dix. De petits textes, souvent pour composer des chansons quand je jouais en groupe. Je n’ai pas le souvenir d’un événement déclencheur en particulier, plutôt mon appétence pour les histoires, les contes, les scénarios qu’enfant j’imaginais pour mes jeux, les rédactions à l’école.


   Quel genre de texte écris-tu ? 


Comme je le disais, mes premiers textes étaient courts puisque paroles de chansons, puis ils se sont allongés pour raconter des histoires plus longues. En réalité, je ne choisis pas vraiment entre la nouvelle et le roman, entre un écrit d’une page et un autre de centaines de pages. La rapidité et la brièveté me replongent dans mon passé musical, c’est un jeu de raconter vite une idée ou une histoire, trouver le tempo, la musicalité. Evidemment, certains sujets demandent longueur, largeur et temps afin de les fouiller et d’en déterrer les secrets.

 

   Tu me donnes ta définition de l'écriture, s'il te plaît ?... et puisque tu y es, de ton style...

  Une définition de l’écriture : ça peut être le besoin de figer sur un support stable l’activité humaine ; ça peut être fouiller ce que l’on appelle l’âme ; c’est aussi essayer de comprendre comment et pourquoi évoluent les femmes et les hommes dans leur environnement. Ecrire peut être une thérapie. Ecrire, c’est aussi être un conteur dépositaire de la culture et de l’histoire de sa famille, de son clan, de son peuple. Ecrire c’est toucher l’universalité. C’est aussi et surtout un outil pour découvrir et comprendre le monde.

 Mon style est assez classique, j’aime jouer avec les mots, les situations dans lesquelles nous plonge le quotidien.


Tes personnages... Comment les crées-tu ? D'où sortent-ils ?   

 Mes personnages sont dans l’interface, hommes, femmes, animaux ou parfois objets, ils ouS7300127_2.jpeg elles se frôlent, se frottent, se heurtent comme ils ou elles se cognent dans la réalité de leur vie, de la ville. Ils ou elles sont dans le décalage entre leur vision d’eux-mêmes ou d’elles-mêmes et l’image que leur renvoient les autres. Ils ou elles agissent rarement comme on est supposé le faire, sans penser à mal, parfois, ils ou elles sont presque aussi absurdes que leur vie, que la vie. Leur naissance peut être provoquée par un souvenir, une odeur, un paysage, une discussion, une image, un paradoxe, il y a souvent une touche d’immatériel, de saugrenu ou fantastique, ils ou elles le sont souvent, parfois, jamais. Ils ou elles me confrontent à la difficulté de la communication entre ce que voient mes yeux, ce qu’entendent mes oreilles, ce que pense mon cerveau et ce que voit l’autre, ce qu’il ou elle entend, ce qu’il ou elle pense, ou pas d’ailleurs ; souvent mes personnages ne pensent à rien juste à continuer à vivre.

 Dirais-tu que tes héros s'inscrivent dans ton univers comme dans la vraie vie, dans des rapports sociaux quotidiens ?

Je crois que mes personnages sont ordinaires, banals, triviaux comme peut l’être le quotidien, ils sont aussi absurdes et grotesques, mais émouvants. Evidemment je grossis le trait afin de faire émerger la poésie des petites choses de tous les jours, la part émouvante et attachante des hommes et des femmes, des animaux et des choses aussi ; il me semble que toutes les personnes portent en elles des réserves de bizarre, de fantastique que je cherche à dénicher. Mes héros ou  héroïnes jouent avec les concepts, les émotions et les sentiments en les poussant jusque dans leur absurdité enfouie. Alors oui, ils et elles s’inscrivent dans mon univers comme dans la vraie vie, mais ils et elles en sont un miroir déformant et grossissant.

 

 Tu parlais de l'écriture : dans quel style te retrouves-tu le plus ? La brièveté (en rapport avec ton univers de chansons...) ou la longueur ?

J’ai besoin des deux styles, court et long, dans le style court je retrouve effectivement l’énergie qui tend le blues, le jazz, le rock’n’roll, le rythm‘n’blues, il faut maintenir un rythme élevé, si possible, avec une histoire simple ; dans le rythme long, l’immersion dans la vie des personnages doit être totale et demande de prendre son temps pour la raconter, enfin moi je prends mon temps, un peu comme si j’étais réticent à les abandonner, j’ai besoin de les sentir vivre en moi, et je pousse le plus longtemps possible leur compagnonnage, je replonge en enfance quand je détestais quand une histoire se terminait, que ce soit un film, un livre, et même la visite des ami.e.s.

Dans mon quotidien, j’ai besoin d’écouter une chanson de Bob Dylan, de Janis Joplin, de Nina Simone mais aussi un opéra de Verdi ou de Borodine, court et long, toujours, de lire un poème de Pouchkine, Le cœur est un chasseur solitaire de Carson McCullers ou Melmoth, l’homme errant de Charles Robert Maturin.

 

 Comment perçoit-on ta passion d'écrire autour de toi ? 

C’est assez mitigé, bizarrement, on pourrait croire que l’on trouve ma passion d’écrire formidable, mais dans mon entourage certains sont indifférents, par moments j’ai l’impression que ça les ennuie, que ça les embête même, quand d’autres, et c’est la plupart, approuvent totalement et avec entrain. Je crois que l’on balance toujours dans son entourage entre jalousie et bienveillance, ce qui rejoint ta dernière question : je crois que c’est beaucoup plus compliqué d’être lu par des intimes que par des inconnus, pour ma part je préfère être lu par des inconnus car les émotions des rapports intimes ont tendance à polluer le jugement, les enjeux ne sont évidemment pas les mêmes. Avec les intimes je ne sais jamais si l’éloge est sincère, si derrière la critique ne se cache pas quelque ressentiment, et quand il n’y a ni éloge ni jugement c’est encore pis car ça me plonge dans un océan d’indifférence, mais peut-être est-ce de la timidité dans ce cas.

 

 Facile ou compliqué d'être lu ?(tu parlais d'écriture thérapeutique... on met tous un peu de nous dans nos mots...)

 

 S7300124_2.jpegMais pour répondre plus précisément à la question facile ou compliqué d’être lu, je réponds facile, car c’est quand même le but du jeu d’être lu, quand tu fais de la musique c’est pour être écouté, quand tu écris c’est pour être lu, enfin c’est ainsi pour moi. Après des années à lutter contre ma réticence à faire découvrir mes écrits — je ne me sentais pas prêt, comment l’être quand on a la prétention de pénétrer dans l’univers de la littérature ? — j’ai sauté le pas. Et maintenant je trouve normal d’être lu, je peux même dire que j’aime ça. C’est peut-être un des aspects thérapeutiques de l’écriture : oser se montrer, oser s’offrir aux critiques, plus qu’aux critiques, au j’aime ou j’aime pas. Pis encore, il y a l’indifférence, le mouais ou c’est bien pour uniques commentaires. Finalement, c’est le même trac de monter sur scène et de se montrer à lire. Parfois c’est douloureux d’écrire, c’est difficile de se montrer sévère et intransigeant envers soi, de suivre une certaine discipline  — je dois dire que je n’y arrive pas toujours —, mais heureusement des instants de bonheur compensent les maux de tête. Juste une phrase qui nous enchante, un enchaînement de mots, de sonorité et d’images.

 

Publié dans interview

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Un juif nommé Samuel Braunberger de Maurice Stencel – lecture Edmée De Xhavée

Publié le par christine brunet /aloys

 

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Un juif nommé Samuel Braunberger – lecture Edmée De Xhavée



Il ne passe pas inaperçu, ce petit livre. La couverture démarre fort, colorée, violente avec humour, ou humoristique avec violence, je ne sais trop. 106 pages qui nous racontent Samuel Braunberger.

Maurice Stencel a sa plume propre, sa voix bien à lui. Un ton terre à terre, comme celui d’un narrateur éduqué qui lit, sans émotions de timbre, des histoires qui paraissent  tout d’abord anodines, à l’intensité bien particulière pourtant. Très particulière pour beaucoup d’entre elles. Qui contiennent une émotion sous-jacente, silencieuse et qui vous pénètre au fil de la lecture. Il y a toujours le profil de la mort, un zeste de désespoir, une pincée de lassitude, une bonne mesure de cette sexualité vitale et rédemptrice, en couleurs.

Ici nous suivons Samuel Braunberger, un Juif qui pendant tout un temps ne savait pas ce que c’était que d’être Juif. La guerre lui apporte la réponse. Enlève à jamais pour lui la perception d’être tout simplement un enfant. Il est un enfant juif. C’est à la fois la même chose et aussi… un peu différent. On change son nom, parfois. On change de pays, d’autres fois. On n’a pas toujours prise, ancrage, racines sous les pieds, généalogie facile à remonter. Mais, oh merveille aussi, on a hérité des récits de la vie de ceux qui nous ont précédés, et ils sont délicieusement différents. Samuel Braunberger a beau être un "Belge », eh bien au lieu de vous raconter les échos d’une famille de tanneurs dans le namurois, nous voici à Czestochowa en Pologne, suivant Benjamin Warschawski qui a une ferme et prête de petites sommes d’argent à un taux qui nous fait peur mais n’effrayait personne car on ne le remboursait jamais.

L’humour est là, sans tapage, il faut le saisir pendant qu’il passe et alors il vous surprend comme une piqûre de moustique :

« A l’époque de la photo, il était âgé, à vue de nez, si on peut parler de nez à propos d’un Juif, de soixante ans. »

« Il n’y a que dans les mélos du dix-neuvième siècle, et dans l’Ancien Testament, que le fils prodige revient au chevet de sa mère à l’heure où elle s’éteint. Imaginez la joie qui illumine son visage, ce visage qui sera son visa lorsqu’elle rencontrera le très Haut. »

On émigre beaucoup, on se marie et on a des enfants, on s’éparpille, on ouvre des commerces dans toutes les langues. Finalement… on vit, c’est un mouvement perpétuel… Et bon, certains arrivent et s’arrêtent en Belgique :

« Ce qui avait décidé Louis à rester en Belgique, c’était le comportement des ivrognes. En Pologne, lorsqu’un Juif empruntait en sens inverse le trottoir que suivait un ivrogne, par prudence il descendait du trottoir et traversait la rue. En Belgique, il le répétait à qui n’était pas fatigué de l’entendre, c’est le contraire qui se produisait. L’ivrogne descendait dans le caniveau en s’excusant. Un pays avec de tels ivrognes méritait beaucoup de considération. Vive le Roi, vive la Belgique. »

On ne peut pas vraiment capturer ce récit dans un style ou une histoire ou un genre. On voyage avec Samuel, on le regarde être Juif et être homme, on le regarde jouer, grandir, observer, être amoureux, voyager, se sentir étranger lorsqu’il retourne à Czestochowa où il est né, issu de gens qui y sont nés et y ont grandi… Il est Belge désormais… Episodes burlesques, sombres ou gais, décors de guerre, de mariages, de camaraderies, la mort est toujours encerclée par la vie.

J’ai aimé suivre Samuel au long des chapitres choisis par l’auteur pour nous le faire entrer dans le cœur. Et c’est finalement l’histoire d’un jeune homme que la guerre rencontre, que la politique fait déménager, et que la vie forme. Il est juif aussi.

Edmée de Xhavée

edmee.de.xhavee.over-blog.com

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Publié dans Fiche de lecture

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Louis Delville nous propose un texte...

Publié le par christine brunet /aloys

noelouis

 

LE QUATUOR DE SYDNEY

 

 

 

 

Extrait de la une du Sydney Courrier - Journal d'opinion créé en 1848.

 

Sydney, le samedi 31 juillet 1920.

 

Tout le monde se souvient de la tournée triomphale du quatuor de Sydney. Ces quatre excellents musiciens avaient fait apprécier leur art aux quatre coins de la planète passant de Moscou à Paris, de Londres à New York sans oublier un concert inoubliable à Tokyo devant toute la famille impériale.

 

Les quatre musiciens ont malheureusement constaté la disparition de leurs instruments. Ils avaient pourtant été embarqués sur le paquebot "Atlantique" à Liverpool avec leur propriétaire. A leur arrivée dans la mère patrie, malgré des recherches minutieuses, il n'a pas été possible de les retrouver.

 

Évidemment, les artistes sont désemparés et ont lancé un appel dans les journaux anglais et sud-africains. Rappelons que le paquebot avait fait escale en Afrique du sud et que c'est probablement lors des deux jours dans le port de Durban que les quatre instruments ont été dérobés.

 

En attendant, Henry Hirsham (violoncelle), Christian Keevil (alto), William et Louis O'Brien (violons) sont réduits au chômage. Ils étaient revenus en Australie pour donner un concert d'hommage à la mémoire de Max Bruch, compositeur allemand décédé récemment à l'âge de 82 ans.

 

Que vont devenir nos ambassadeurs de la musique classique ? Quel avenir y-a-t-il encore pour ces quatre artistes privés de leur outil de travail qui avaient porté haut la bannière de notre grand pays ?

 

En dernière minute, nous venons d'apprendre par une indiscrétion que les membres du quatuor ont reçu une proposition d'engagement de la Scala de Milan pour accompagner une jeune cantatrice promise à un grand avenir, Mademoiselle Bianca Castafiore, une grande spécialiste de Gounod.

 

Louis Delville

louis-quenpensez-vous.blogspot.com

Publié dans Textes

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Un texte de Carine-Laure Desguin dans ABSINTHEMAG

Publié le par christine brunet /aloys

 

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« Absinthemag », ce nom a retenu mon attention. L’occasion de déguster un verre d’absinthe ? Non ! C’est mal me connaître ! Hum ! Non, le fantastique, un genre que je ne connais pas tellement. Et puis un nouveau webzine qui lance des appels à textes, c’est passionnant.

Les idées ont trottiné et puis le décor s’est planté. Ce serait à Charleroi, sur la place du Nord. Pour l’occasion, je l’ai rebaptisée place du Presbytère. Pourquoi pas ? Et puis le mystère doit bien jaillir de quelque part, voyons, voyons…Ah ! Eurêka ! L’histoire m’a brûlé les doigts. Cette jeune chercheuse, dans son laboratoire. Et cette église suffocante dans laquelle des hommes glauques vêtus de noir psalmodient ….Je ne vous en dirai pas plus ! Le texte a été sélectionné et désormais vous pouvez le lire ici : http://carinelauredesguin.over-blog.com/article-place-du-presbytere-annexe-0-a-lire-dans-absinthemag-117357196.html

 Lien pdf direct : http://bit.ly/12gK4sR          page 19!

Lien vers le lecteur Calaméo : http://fr.calameo.com/read/00212939559dff4bde91e

  Lien vers le site : http://www.absinthemag.com/



Alors, convaincus que Charleroi survivra ?



Carine-Laure Desguin



 

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Bob Boutique a lu "Lovebirds" d'Edmée de Xhavée

Publié le par christine brunet /aloys

 

lovebirds finish (1)

 

« Lovebirds » d’ Edmée De Xhavée

Soyons honnêtes, Edmée tout comme Christine et quelques autres sont des ami(e)s que je respecte et aime beaucoup et que je serais par conséquent incapable de critiquer, au alors en privé et uniquement de façon très amicale et positive. 
Dans le même temps, j’achète et lis tout ce qu’ils ou elles publient, parce que j’aime leur monde et qu’il m’intéresse de savoir comment il évolue.
Je précise bien “j’achète”, car j’ai horreur de recevoir des bouquins en cadeau, dans la mesure où cela m’oblige pratiquement à les lire, donc à les commenter, même lorsqu’ils ne m’ont pas enthousiasmé ! 
J’ajoute enfin que je les “achète” car je trouve qu’il y a derrière chaque ouvrage un tel investissement personnel que c’est bien la moindre des choses que de payer les quinze ou vingt misérables euros affichés sur la couverture.
“Lovebirds” je l’ai donc commandé à l’instant même où j’ai appris qu’il allait sortir et Edmée n’en savait rien… je ne le regrette pas, que du contraire, ce livre m’a même étonné et je vais tenter de vous expliquer pourquoi.

**

Parlons d’abord de l’objet: un beau livre de plus de trois cent pages, bien imprimé, avec une couverture originale de Maureen Debbaut. Je ne vais pas vous dire le contraire, car c’est ma petite nièce et qu’elle est trrrès susceptible.
28,50 euros c’est beaucoup trop cher, mais ce prix se réduit à 19,90 lorsque vous le commander en direct sur le site de Chloe des Lys et ça, c’est tout à fait raisonnable !
J’ai bien rigolé en lisant le pitch du verso qui présente Edmée comme une baroudeuse internationale ( ce qu’elle a effectivement été ) et résume fort bien le bouquin en titrant: huit récits qui parlent d’amour. C’est exactement ça, des histoires “qui ont inspiré à cette femme de conviction (oh que oui !) des récits d’archéologie des sentiments humains !” 
Là, je n’ai plus très bien compris ! Associer la jolie Edmée a de l’archéologie ? A la Vénus de Milo peut-être ? Passons.

**

Premier étonnement et non des moindres, la préface de Luc Beyer de Rycke. 
Pour les plus jeunes ( en dessous de quarante ans ) ce nom n’évoquera rien. Et pourtant ! Après avoir présenté le journal télévisé de la Radio Télévision Belge pendant près de vingt ans dans les années 60-70, il devint député européen et écrivit de nombreux essais sur la politique internationale et sur la Flandre dont il est un des enfants. Car Luc est gantois et fait partie de ses flamands bilingues et francophones qui manient parfois mieux la langue de Voltaire que les français eux-mêmes.
“La nouvelle est un art plus difficile que le roman, explique t-il, et Edmée De Xhavée y excelle”… 
Je confirme ( le fait qu’elle y excelle ) et cela m’ interpelle d‘autant plus qu’elle n’avait écrit à ce jour que des livres particulièrement riches en personnages, en style, en descriptions brillantes, parfois même époustouflantes, en psychologie fouillée et donc… en nombre de pages. Un De Xhavée, c’était toujours une brique et on entrait dans ses romans comme on entre en religion, avec des semaines voir des mois de lecture.
Et puis voilà qu’elle se lance dans la nouvelle avec des récits courts et rapides torchés en trente ou quarante pages ! Elle sait donc tout faire.
Et Luc Beyer qui s’y connait en littérature d’ajouter: “l’ auteur ressent profondément le tragique de l’ existence… mais laisse transparaître au bout du jeu, l’idée d’une rémission”.
Je ne l’avais jamais entrevu de cette façon, j’ai même été voir sur Wikipedia ce que signifiait exactement le mot “rémission” (une sorte de pardon ou de rachat) et je trouve cette réflexion particulièrement juste… surtout lorsque Luc conclut qu’ “Edmée de Xhavée est au fond une petite fille à la peine, atteinte jusqu’au fond du coeur et de l’âme… Elle se meurt, mais elle survit”.

**

Après de tels commentaires, vous allez certainement imaginer un livre noir et désespéré.
Hé bien, Pas du tout. Les personnages d’Edmée sont rarement reluisants, encore moins courageux, mais souvent drôles dans leurs efforts pathétiques pour cacher ces imperfections. Et comme rien n’échappe à l’oeil impitoyable de l’auteure, qui démonte tous les jeux et faux semblants avec une précision d’entomologiste, c’est franchement jouissif ! 
Les “lovebirds” ( ou “inséparables” en français ) sont ces petits perroquets qui vont toujours par deux et donnent l’impression rassurante de couples éternels et fidèles.
Dans les huit récits d’amour d’ Edmée, la réalité est beaucoup moins ydillique. Les amants font de très gros efforts pour donner l’illusion aux autres ( parents, amis et connaissances ) que tout va bien dans leurs couples et qu’ils s’adorent. Sauf que la plupart du temps, c’est tout le contraire : ils se déchirent, se mentent, se trompent ou vont jusqu’à se mépriser !

**

Dans le premier récit qui donne son nom au livre « Lovebirds » un couple de randonneurs se promène, sac au dos, dans une réserve située à quelques kilomètres de New-York. J’y ai déjà été plusieurs fois et ignorait complètement qu’ une telle forêt montagneuse et perdue existait si près de la Pomme. Même qu’on y aperçoit les buildings de Manhattan des hauteurs de cette petite montagne. Faisons confiance à Edmée qui connaît une bonne partie des States comme sa poche…
Pour leur entourage, ce couple est presque parfait et amoureux, mais « de jeune fiancée ardente puis jeune épouse consciencieuse elle s’était , en trois ou quatre ans, transformée en vierge de fer et de béton, en femme qu’il ne fallait pas brusquer d’avantage si on l’aimait vraiment. » 
Puis l’incident, nos deux hikers tombent en plein bled sur des « Jackson White », des espèces de sauvages new-âge qui vivent dans ces forêts de tout et de rien, quasi comme des bêtes, et cette rencontre tourne mal… on songe évidemment à « Délivrance » le célèbre film de Boorman. Mais ne comptez pas sur moi pour vous dévoiler l’ histoire…
Un autre récit évoque l’amour démesuré et malsain d’une mère, donc d’une belle-mère ! Un troisième de l’amour papillon d’un Don-Juan qui m’a beaucoup amusé ( vous lirez…) , un quatrième de celui empêché, maladroit, malhabile, qui se repent dans une effroyable tristesse à l’heure de la mort dans une chambre d’hôpital et ainsi de suite… 
Huit histoires, fort bien racontées et toutes différentes, qui valdinguent dans tous les sens et sur tous les continents avec un tempo enlevé qui mène le plus souvent vers un dénouement inattendu ( on a vraiment pas le temps de s’ennuyer )
Avec à chaque fois, le même fil rouge: l’amour avec un tout petit “a”, qui aimerait tant pouvoir s’écrire avec une majuscule, ou alors des amours insensées, aigries, trahies, comme des plantes qui poussent de travers…
Et puis arrive, comme si bien ressenti par Luc Beyer… la rémission… le pardon, car tout ce qui tourne autour de l’ Amour est en fin de compte bien dérisoire.

**

Dernière interrogation. Peut-on écrire des nouvelles avec le même brio et la même richesse de style qu’on met dans un roman de trois cent pages ?
Pour Edmée de Xhavée, la réponse est oui, incontestablement. Le roman est un voyage en solitaire de plusieurs mois dans un pays où tout est à découvrir tandis que la nouvelle ressemble plus à un city-trip où le temps vous oblige à foncer sur l’essentiel. Mais elle maîtrise… 


«Le feu ouvert projette sur le visage de Vincent une lueur chaude et ondoyante qui longe les courbes de son visage. Dans ses mains, un verre de cognac sur lequel son image se reflète à l’envers, dans des teintes ambrées et mouvantes. »
« Elle voit un dindon sauvage dans le jardin arrière de la maison. Elle s’approche et imite son glouglou avec douceur. C’est un jeune mâle qui n’a pas encore de barbe, au plumage d’un beau bronze métallique aux reflets verts et soyeux, se terminant par de belles plumes tachetées de noir… »

Il vous faut un dessin ?
Un très bon livre, auquel je ne m’attendais pas. Il est déjà rangé dans ma bibliothèque avec un tas de graffitis et de notes griffonnées dans les marges, pour être sûr que personne n’aura envie de me le piquer.

Bob Boutique

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Mon amour à Pompéï, Christian Eychloma, l'avis du blog http://limaginaria.wordpress.com/

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Mon Amour à Pompéi, de Christian Eychloma (one-shot, éditions Chloé des Lys)

Roman coup de coeur !


Un procès où tout semble concorder en défaveur de l’accusé pourrait ne pas éveiller les soupçons et pourtant… Une preuve vient contredire le schéma mis en place par l’accusation. Comment est-ce possible ? Un fait d’apparence inexplicable trouvera pourtant réponse 4 ans plus tard lorsqu’un prix Nobel frappera à la porte du juge d’instruction de l’affaire. Passionné par l’histoire et fasciné par un étrange portrait, Roland Lévêque ne va pas hésiter à donner de sa personne pour aller au-delà de toutes les croyances, là où une belle inconnue l’attend peut-être… Il en va de l’acquittement d’un potentiel innocent, mais aussi d’un amour millénaire…

Ce n’est pas peu dire que j’ai été emballée par cette lecture.
J’ai retrouvé ici la plume de Christian Eychloma, découverte il y a plusieurs mois lors de ma lecture de Que Le Diable nous Emporte. A l’époque, j’avais déjà insisté sur l’intelligence de son écriture et de ses histoires.


Moi qui aime les lectures de type « hard-fiction » pour leurs fondements scientifiques poussés, je suis ravie. Mon Amour à Pompéi développe la théorie d’un multivers dans lequel une infinité d’univers parallèles se développeraient à chacune des décisions que nous prenons dans notre vie de manière à ce que tout devienne possible. Le tout étant d’inventer un appareil pour pouvoir voyager sans risque à travers les différentes époques. La théorie est complexe mais l’auteur a réussi à la rendre accessible au lecteur par des explications claires. J’en suis très contente puisque la complexité était mon principal reproche dans la lecture du premier tome de Que Le Diable nous Emporte.
Le roman s’ouvre sur un procès très bien écrit de par son rythme et sa crédibilité. J’ai été accrochée immédiatement, happée par les dialogues et le décors si crédibles. Je me suis demandé quel rapport ce procès pouvait avoir avec Pompéi et pourtant… je n’ai pas été déçue de la réponse.
Le style d’écriture est intelligent, rythmé, les dialogues ne sont pas naïfs et sont bien adaptés aux personnages en dépit de quelques longueurs de phrases.


Toute la partie se déroulant à Pompéi a été un plaisir à lire, véritable voyage temporel. J’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir les péripéties d’un homme du XXIème siècle dans le 1er siècle après Jésus-Christ. Certaines choses m’ont semblées un peu faciles, comme la maîtrise du latin par le héros ou son histoire d’amour, mais dans l’ensemble on ne tombe jamais dans l’absurde ni le « trop gros ». Les multiples rebondissements m’ont tenus en haleine et j’ai eu l’impression que l’auteur s’est fait plaisir à pousser loin sa théorie du multivers.


Ce one-shot bien construit boucle la boucle et n’annonce aucune suite. Qu’importe, ce livre suffit à lui seul à marquer mon esprit pour toutes les qualités évoquées ci-dessus. C’est intéressant, plaisant, divertissant, intelligent… et donc c’est un coup de coeur, en toute logique.

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Rolande Michel a lu CONTES BIZARRES de Bob BOUTIQUE

Publié le par christine brunet /aloys

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Rolande Michel a lu CONTES BIZARRES de Bob BOUTIQUE (éditions Chloé des Lys)
 
Excellent observateur, Bob Boutique décrit, de façon magistrale, à grand renfort de comparaisons imagées, les comportements humains dans toute leur complexité.
Des détails, en apparence anodins, nous font découvrir des gens ordinaires que nous aurions pu croiser sans même les remarquer.
Je me contenterai de vous en présenter quelques-uns.
Ce pauvre plombier qui n’a jamais quitté sa ville, pourquoi diable accepte-t-il un héritage inespéré ?
Et Monique ? Faut-il un comportement inattendu de son conjoint pour qu’elle additionne mentalement les manques et les frustrations accumulés tout au long de leur vie commune ?
Dans “La Géhenne”, Charles Molleux, le routinier, le méthodique, laisse sa curiosité l’entrainer sur un chemin dangereux capable de  transformer le Paradis en Enfer...
Pas du tout ridicule, le petit Monsieur à moitié chauve ! Juste prépensionné, il est en train de dresser le bilan négatif de sa vie et de son mariage. Enfin, il va se comporter “comme un homme, un vrai”! Mais voilà qu’une petite fille arrive mal à propos...
Vraiment poignant, Télé, ce commis sans ambition, sans religion, sans idées politiques! Il vit “parhttp://www.bandbsa.be/contes3/CBImaureenpetit.jpg procuration” en observant, à travers ses jumelles, l’existence d’un couple. C’est sa façon à lui d’échapper à la solitude jusqu’au jour où...
La solitude, Bob la développe voluptueusement dans plusieurs de ses “Contes Bizarres” et notamment, dans La Grosse.
Louise, la grosse, emprisonnée dans son corps, se voit à travers le regard cruel des autres. Elle se venge en se complaisant dans la crasse et en s’empiffrant.
Lorsqu’elle s’invente un gain énorme au Lotto, le comportement des gens change, comme par miracle ! Mais, est-il encore temps pour elle ?
Comme le dit si bien Bob Boutique : “Ce qui devait arriver arriva.”
Devons-nous en déduire que nul n’échappe à son destin ou aurait-il suffi que... ? Au lecteur d’en décider !
J’ai véritablement adoré ces Contes Bizarres dignes de servir de trame à d’excellents films, pour peu qu’un metteur en scène se donne la peine de les découvrir...
Une fois la lecture commencée, impossible de refermer le livre, tant est forte l’envie de découvrir tous les autres personnages ! JE VOUS LE RECOMMANDE VIVEMENT !!!!!
Quel que soit le genre de littérature que vous appréciez, sachez que vous ne risquez pas d’être déçu! 
Rolande Michel
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Edmée de Xhavée a lu 'Lucioles' de Gauthier Hiernaux

Publié le par christine brunet /aloys

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Lucioles – Gauthier Hiernaux – Edmée De Xhavée



Couverture noire à révolver. Une photo de l’auteur en quatrième de couverture qui nous ferait craindre que nous vivons nos dernières heures parce que son regard… euuuh… va assez bien avec le révolver !

Un petit livre (75 pages) dont la taille ne déçoit pas car il contient tout ce qu’il faut de remords, de doutes, d’ans qui pèsent, de violences. Rien de violent dans le style pourtant.

Belle écriture qui nous présente les ambiances et les lourdeurs de certaines vies avec le ton juste. On dirait un vieux film noir avec la voix off. Les violences, d’ailleurs, arrivent presque avec lassitude, tristesse, comme ne pouvant se permettre de ne pas arriver parce qu’elles sont au menu que le destin a mis au point. C’est noir, qu’on ne s’y trompe pas, et les lucioles ne font que voleter presque furtivement, donnant bien peu de joie ou de lumière.

« Quelque peu anxieux, il ajusta le col de son vêtement, redressa le vélo et le serra très fort dans une main tachetée par l’âge. Il vieillissait, il en était parfaitement conscient, mais il n’était pas question de rendre son dernier souffle tout de suite. Sa propre mort lui fit songer à Fred, son unique enfant. »

J’ai aimé ce livre qui pourtant sort tout à fait de mes lectures habituelles. L’écriture de Gauthier, que je connaissais par son blog et des extraits de ses autres livres, m’y avait attirée. J’ai bien compris pourquoi.

 

Edmée de Xhavée

edmee.de.xhavee.over-blog.com

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), il est l’un des fondateurs d’ACTU-tv, une télé culturelle sur internet. Il se définit comme ‘touche à tout effréné’... qui fait tout, ne fait rien.  

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