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Concours poésie "Les petits papiers de Chloé". Thème la vieillesse.

Publié le par christine brunet /aloys

Texte n°4

 

Fous-moi l’camp !

Fous-moi l’camp 

Je lui gueule

Fous-moi l’camp

Mes mots glissent

Seul leur écho

S’agenouille

Devant les cris de l’océan

Please please

Offrez-moi du temps

Des minutes au bout du tunnel

Et un quartier de lune

Je lui gueule

Fous-moi l’camp

Creux et rides ridicules

Peau de chagrin peau de rien

Please please

Laissez-moi accrocher

Sur les branches du cerisier

Des images et des textes

Ma dernière chemise

 

Et un quartier de lune


Publié dans concours

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Concours poésie "Les petits papiers de Chloé". Thème la vieillesse.

Publié le par christine brunet /aloys

Poésie n°3

 

 

usure

croque la vie croque la mort
le croque-mort est de sortie
il vaut mieux que tu te méfies
tu ne peux rien contre ton sort

tu devrais accepter d'être bientôt en terre...
si ta langue était douce et ton esprit sincère
on pourrait t'accueillir sans arrière-pensée
et peut-être montrer notre fraternité.
Farder la vérité est une absurdité
tu n'as plus la jeunesse tu n'as plus la beauté
ta peau est ravinée ton corps est un peu gros
il vaut mieux ravaler certains de tes propos
que d'essayer en vain de ravaler ta face
mettre du fond de teint dans toutes les crevasses
essayer de combattre tous les sillons profonds
c'est perdre le combat et perdre la raison.
La vie inéluctable t'entraîne vers la fin
et ce qu'on voit tomber, les paupières et les seins
ne fait qu'expliciter la grandeur de l'usure
qui modèle ton corps et te caricature.

Croque la vie croque la mort
le croque-mort est de sortie
il vaut mieux que tu te méfies
tu ne peux rien contre ton sort

Publié dans concours

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Concours poésie "Les petits papiers de Chloé". Thème la vieillesse.

Publié le par christine brunet /aloys

Poésie n°2

 

 

VIEILLIR
 
Vous voulez bien vieillir ? Alors écoutez-moi
Dormez bien chaque nuit. Réveillez-vous bien tôt
Ne regardez jamais en bas mais vers le haut
Visez le maximum et vous serez le roi.
 
Sortez, voyez des gens. Ça vous mettra en joie
Fuyez le mauvais temps qui vous courbe le dos
Faites-vous des amis, prenez des rigolos
Riez tout votre saoul. C'est ça la bonne voie.
 
Si vous vous sentez vieux, dites-vous que souvent
On se retrouve seul pour des ans et des ans
Parce qu'on ne va pas là où on doit aller.
 
Vers le bonheur discret, vers l'amour infini
Pour ceux que l'on aime. Le seul qui vous survit
Qui laisse un goût de miel et vous tient éveillé.

Publié dans concours

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Concours poésie "Les petits papiers de Chloé". Thème la vieillesse.

Publié le par christine brunet /aloys

Poésie n°1

 

ÊTRE VIEUX

 

Tu te vois renoncer parce que tu es vieux.

Non, il te faut lutter, agir et résister.

Ta main peut caresser et tu peux consoler,

Ne reste pas discret, inerte, silencieux.

 

Tu crois qu'avec les ans tu n'es plus audacieux.

Éprouve tes talents et sois-en assuré,

Tu as toujours en toi adresse et volonté.

Montre-toi amical, patient et ambitieux.

 

Bien sûr tu es plus lent mais jusqu'au dernier jour

Dans le fond de ton cœur laisse germer l'amour.

Donne, reçois, souris, communique et partage.

 

Laisse-toi emporter et traverser le temps

Selon ton intuition, en regardant devant.

Fidèle à toi-même, va au bout du voyage…

Publié dans concours

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L'une ou... l'autre rive, de Danièle Deydé : un extrait

Publié le par christine brunet /aloys

uneautreriverv

 

 

Le jardin s’est assombri. Le soleil a décliné à l’horizon et ses derniers rayons ont du mal à pénétrer la végétation luxuriante. Chacune des deux jeunes filles s’est abîmée dans ses pensées. Elles comprennent que leurs destins s’éloignent, que ces retrouvailles tant espérées ne sont qu’un court moment de leur vie et qu’il leur faudra bientôt de nouveau se séparer.  Adèle sent les espoirs qui, jusque-là, l’ont portée s’évanouir. Elle va, une fois encore, perdre sa sœur. Le moment est douloureux pour l’une comme pour l’autre, même si pour la plus jeune le chemin semble tracé. Pour l’aînée, au contraire, c’est l’inconnu qui s’offre à elle, avec la solitude. Choline se reprend la première, elle se lève et propose : «  veux-tu m’aider à arroser. C’est un travail long et je vais devoir rentrer assez vite, avant le retour d’Idriss. On se reverra demain dans la matinée, si tu le veux bien. » Adèle acquiesce, elle va chercher un arrosoir abandonné sous un arbre, le remplit d’eau fraiche et commence l’arrosage en silence.

 

La nuit fut longue pour Adèle, confinée dans l’atmosphère lourde de la remise. Les révélations de sa sœur résonnaient encore dans sa tête ; elle avait beaucoup de mal à accepter ce nouveau coup de destin. Elle s’était tellement battue pour retrouver Choline, elle avait mis tant d’espoirs dans un autre départ à deux, et, au moment où elle croyait avoir gagné, elle découvrait que sa sœur avait pris un chemin différent. La déception se mêlait au découragement. Lorsqu’elle parvenait à s’assoupir dans la moiteur ambiante, de brefs rêves venaient assaillir son esprit : Choline lui apparaissait, le visage déformé par les larmes, entraînée au loin par des bras inconnus et elle lui criait sa détresse : « ne m’abandonne pas, aide-moi, aide-moi ! » Adèle se relevait en sursaut, le cœur battant, et l’image implorant de sa sœur restait comme imprégnée dans sa rétine, un long moment après qu’elle eut ouvert les yeux.

 

Danièle Deydé

L'une ou... l'autre rive

Publié dans Textes

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Louis Delville nous parle de son dernier livre "Petites et grandes histoires"

Publié le par christine brunet /aloys

 

Ce qui est bien avec Louis Delville, c'est que lorsque vous lui posez une question, il répond à toutes les questions que vous aviez en tête mais que vous n'avez pas encore formulées !

 

"De Noé à Louis Léopold Victor" mélangeait contes et nouvelles. "Petites et grandes histoires" est dans la même optique. On y trouve des textes parfois longs (pour moi cela signifie plus de deux pages !) et de textes courts (parfois quelques lignes).

 

La longueur de mes nouvelles est souvent dictée par un règlement de concours ou par une idée qui me vient et que j'ai envie de développer. Dans ces cas-là, je ne termine que lorsque je suis satisfait de l'histoire. Pour les contes, je vais toujours à l'essentiel et je "fais court", surtout si je dois le présenter devant public.

 

Les textes courts sont généralement issus d'ateliers d'écriture que Micheline et moi fréquentons sans modération et où nous avons rarement plus de quinze minutes pour écrire. J'ai voulu les signaler pour que mes lecteurs ne me considèrent pas comme un fainéant ! Je n'ai pas indiqué les consignes imposées lors de l'atelier. Je me suis contenté de corriger les (quelques) fautes d'orthographe qui subsistaient et parfois d'ajouter un détail historique ou de date (voir ci-après).

 

Ces textes sont donc spontanés et je trouve qu'ils correspondent bien à l'idée que les gens se font de moi !

 

Le lecteur subtil comprendra donc facilement que j'ai souvent besoin d'un petit incitant pour écrire…

 

Je suis très à cheval sur les détails. Si je cite une date, le jour de la semaine est le bon. Si je parle d'une ville, je cite le nom d'un quartier, d'une rue réelle (merci Internet !). Cela permet d'avoir un texte qui "tient la route" et qui semble véridique. Pour moi, conteur, c'est très important que je sente mes auditeurs (ou lecteurs) "dans" l'histoire avec moi…

 

2) Comme vous le comprenez maintenant, il n'y a pas de fil conducteur dans ce second livre si ce n'est mon imagination. C'est déjà bien ainsi !

 

Je suis trop amoureux de la liberté pour me laisser enfermer dans un carcan. Je me souviens que lors de ma première approche de l'impro le 12 avril 2003 (c'était un samedi !), nous avions dû rapidement trouver un adjectif à joindre à notre prénom. Comme les deux mots devaient avoir le même première lettre, j'avais immédiatement trouvé "Libre/Louis", pour moi cela ne pouvait être que cela !

 

Petite anecdote au sujet de la liberté : lors d'un autre atelier d'écriture de cinq jours animé par Xavier Deutsch, un auteur belge bien connu, nous avons été mis dans la situation d'imaginer une histoire qui se passait dans un village coupé du monde… J'ai rongé mon frein pendant les quatre premiers jours et quand, par la volonté de l'animateur, le village a enfin été accessible, je me suis défoulé ! Mes personnages se sont mis à tuer. Je crois bien qu'il y a eu cinq morts en quelques minutes ! Ce sera peut-être publié dans mon troisième livre ?

 

3) Ah, la couverture…

Comme la majorité des textes sont directement issus d'ateliers d'écriture, je me suis dit que ce serait bien que mon écriture personnelle apparaisse en première page de couverture mais comme après, je les recopie sur mon ordinateur, je voulais aussi faire référence au moins à un écran.

 

Fralien, l'illustratrice de Chloé des Lys a bien compris et en quelques jours, elle m'a proposé une couverture qui me plaisait ! La seule ajoute demandée a été de faire figurer un beau stylo à plume d'or à côté des quelques lignes de la première nouvelle du bouquin. Clin d'œil : cette nouvelle ayant été directement écrite sur ordinateur, j'ai donc dû en écrire un court extrait à la main ! En page 4, elle a trouvé "le" truc : tout le texte de cette page si importante est écrit sur un écran de smartphone.

 

Ces deux faces sont donc le résumé de mon activité d'écriture !

 

Ajoutez à cela une couleur de fond dans les tons clairs et mon second livre va, je l'espère, attirer le regard des futurs lecteurs.

Publié dans interview

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Quoi de neuf en décembre sur notre blog ?

Publié le par christine brunet /aloys

Aujourd'hui, limite d'envoi des poèmes pour le concours des petits papiers. 

Le 5 de ce mois, premier texte !!! Et vous allez voir que les poèmes proposés sont de grande qualité ! Heureusement que je n'aurai pas à voter ! Ouf !

Je vous rappelle que les auteurs ne peuvent voter pour leur propre création. Un vote par personne sous peine de disqualification. 

 

*

Le blog sera fermé du 26 décembre au 31 inclus

 

*

Un article pour Carine-Laure Desguin dans le journal

"Vers l'Avenir"


Image (2)

 

 

*

Les auteurs de ce mois-ci

 

Micheline Boland

Bob Boutique

Louis Delville

Danièle Deydé

Hugues Draye

Silvana Minchella

Joël Volpi

Philippe Wolfenberg

 

Et tous les auteurs qui ont participé au concours "Les petits papiers de Chloé"

 

 

 

 


Publié dans ANNONCES

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Chronique scandaleuse, par Jean-Claude Texier

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

elitiste

 

CHRONIQUE SCANDALEUSE

 

 

Un bon écrivain se doit de dire la vérité et ne mécontenter personne.

Tous les grands romanciers ont été, sous ce rapport, de très mauvais écrivains. Ils ont vexé nombre de gens, et faute de pouvoir contenter tout le monde, ont dû se satisfaire de l’approbation des connaisseurs et d’une renommée posthume. Prévoyant, Stendhal dédiait en 1839 sa Chartreuse de Parmes To the Happy Few (Aux Heureux Initiés), c’est à dire les esthètes, les critiques littéraires, voire les esprits visionnaires seuls susceptibles de le comprendre.

Le romancier est par excellence celui qui risque de se heurter à la vindicte d’un certain public. Il suffit de démonter les mécanismes de l’hypocrisie d’une société, d’en révéler les abus, d’en exposer les contradictions, pour s’attirer la haine des bien-pensants. Balzac, qui fut de l’aveu général l’un des plus grands, souleva dix ans plus tôt un scandale avec sa superbe Physiologie du mariage vilipendée par ceux qui s’y reconnaissaient. Mais avoir osé appeler l’aventure humaine une comédie est en soi inacceptable à certains en ce qu’elle fait de chacun de nous un comédien.

Écrire est donc une activité dangereuse, et être publié une seconde naissance. Même si vous gardez le même nom, les gens ne vous reconnaissent plus. Vous acquérez un nouveau statut, vous émergez de la masse, et pour peu que vous ayez quelque succès, vous suscitez autant d’admiration que de jalousie. Les louanges et les blâmes sont parfois silencieux, comme ces personnes qui vous ignoraient et qui maintenant vous saluent amicalement. Le comportement inverse signale que votre œuvre est dérangeante.

Réussir à distraire et à amuser tout le monde en temps de crise n’est certes pas un mince exploit. Je serais le premier à me réjouir s’il était possible de faire de la bonne littérature avec des bons sentiments, de n’encourir aucune désapprobation, d’être un auteur irréprochable approuvé par tous, qui aurait renié sa vocation jusqu’à hisser la flatterie au rang de grand art. Hélas, s’attaquer à l’humain, c’est montrer les hommes tels qu’ils sont, et sous le voile de l’illusion romanesque, révéler le vrai visage de leurs travers.

Écrire, c’est trahir, et parfois se trahir soi-même. Un auteur avait trompé sa femme. Il s’inspira de son expérience pour un nouveau roman qui remporta un certain succès, et il crut bon de l’offrir à sa mère. Peu après, comme il lui

demandait ce qu’elle en pensait, elle le gifla. Elle avait vu entre les lignes transparaître la vérité de son fils.

Mais un roman peut aussi agir comme révélateur de soi-même. Un jour une femme trouve chez un bouquiniste un livre oublié qui avait connu la vie brève des nouveautés à l’étalage des libraires. Et en le lisant, ô surprise, elle voit se dérouler sa propre vie. L’héroïne, c’est elle sous un nom d’emprunt, son aventure, ses joies et souffrances, ce sont les siennes à peine déguisées. Sans la connaître, par des liens mystérieux, l’auteur l’avait devinée et mise à nu. Elle en éprouve une émotion intense, suivie d’un grand soulagement : ce livre avait été écrit pour elle, à l’insu de l’auteur.

Des romans ont contribué au renforcement de liens d’amitié, d’autres ont causé des ruptures, comme celle de Cézanne et de Zola en 1886 suite à la publication de L’Œuvre où le peintre se reconnut.

« Mais enfin, Monsieur, lorsque vous dites cela dans ce passage de votre livre, est-ce que c’est vrai ?

— Tout est inexact, Madame, et tout est vrai, comme l’a si bien dit Pierre Lemaître à propos de dernier roman.

Et la romancière Sylvie Germain de surenchérir dans La Grande Librairie :

« Nous fabulons sur la réalité pour en faire ressortir des parcelles de vérité. Nous sommes plus révélateurs que menteurs. »

Déjà, en 1675, Boileau avait écrit dans son Épitre IX :

Rien n’est beau que le vrai : le vrai seul est aimable ;

Il doit régner partout, et même dans la fable :

De toute fiction l’adroite fausseté

Ne tend qu’à faire aux yeux briller la vérité.

 

Laquelle, comme chacun sait, n’est pas toujours bonne à dire.

 

Jean-Claude TEXIER Aloys.over-blog.com

elketexier94@wanadoo.fr

 

L’Élitiste (Chloé des Lys, 2012)

Jean-Claude Texier dédicacera son roman au stand Chloé des Lys à la Fête du Livre de Lille, CCI Grand Lille, Place du Théâtre, le samedi 7 décembre 2013, de 14h 40 à 16h 20.

Publié dans Textes

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Souvenirs, une nouvelle de Micheline Boland

Publié le par christine brunet /aloys

 

http://www.bandbsa.be/contes2/nouvellepeaurecto.jpg

 

SOUVENIRS

 

Les voisins disaient qu'Olga était folle. Moi, je n'avais que dix ans mais je n'étais de cet avis.

 

Ce n'est pas parce qu'une vieille dame parle seule à voix haute en se promenant dans le quartier, parce qu'elle habille son chien d'un manteau en dentelle, en velours ou en fourrure selon la saison, parce qu'elle se maquille comme une jeune actrice qu'elle est folle.

 

Moi, j'allais souvent passer le mercredi après-midi chez Olga. Elle m'offrait des cakes et du jus d'oranges, elle me racontait sa vie, et moi je regardais son petit musée. Dans sa vitrine, il y avait quantité de figurines : pères Noël, couples de mariés, enfants Jésus, animaux, premiers communiants, personnages folkloriques,… Tous ces personnages lui rappelaient des voyages, des mariages, des fêtes.

 

Il suffisait que je demande : "Qui c'est ?" en montrant du doigt l'une des figurines pour qu'Olga me raconte un événement de sa vie.

 

Pour les gens ordinaires, un père Noël en plastique équivaut à un autre, un couple de mariés en plâtre ne se distingue pas d'un autre. Pour Olga, chacun était associé à une date, à un instant de bonheur ou à un moment chargé d'émotions.

 

Olga me parlait souvent de sa petite Françoise, morte des suites d'une rougeole. Un jour, elle me montra le faire-part de naissance de sa fille. Ainsi, Olga ne collectionnait pas seulement les figurines, elle collectionnait aussi les faire-part.

 

À onze ans, j'avais insisté auprès de mes parents pour qu'ils invitent Olga à mon repas de communion. Je savais qu'avec elle tout prendrait un relief particulier. C'est ainsi qu'Olga fut du nombre des convives. Bien entendu, avant qu'elle ne quitte la maison, je lui offris la figurine de communiante qui avait orné le gâteau.

 

Olga ne déçut pas mes attentes. Plus tard, quand je lui rendais visite, il lui arrivait de montrer ma figurine et de détailler le menu servi ou bien de rappeler la musique d'ambiance passée durant le repas. Plus encore que les photos prises ce jour-là et que mes propres souvenirs, le récit d'Olga me replongeait dans la magie d'une étape capitale de mon enfance. Ma vie perçue avec les yeux d'Olga avait le charme infini des vies de grands personnages. Écouter Olga m'aidait à comprendre quelles formes peut prendre l'amour. 

 

Micheline Boland

micheline-ecrit.blogspot.com

boland photo

Publié dans Nouvelle

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Ainsi soit-il... Un extrait du nouveau roman de Christian Eychloma

Publié le par christine brunet /aloys

 

couverture-ainsi-soit-il.jpg

 

 

 

Bill demeura longtemps hébété avant de commencer à réagir à la sonnerie désagréable qui lui vrillait de plus en plus douloureusement les tympans. Il eut du mal à soulever des paupières qu’il referma aussitôt tant il les trouva lourdes. Il sentit un fourmillement envahir ses membres engourdis et tenta avec un succès mitigé de remuer ses mains et ses pieds. Puis il ouvrit plus franchement les yeux.

Il ne prit pas immédiatement conscience de la date affichée en gros chiffres lumineux au plafond de la salle d’hibernation. Juste une image sur sa rétine. La première impression claire à s’imposer à son mental fut plutôt une pénible sensation olfactive. Une odeur fade, rance. Ecœurante. Doublée d’une certaine difficulté à respirer.

Il lui fallut fournir un effort considérable pour réussir à se tourner sur le côté. Il chercha à tâtons, du bout des doigts, le bouton destiné à mettre fin à l’alerte sonore et le pressa longuement. Puis il se redressa et, appuyé sur ses coudes, entreprit une lente exploration visuelle de son environnement.

Les couvercles transparents, parfaitement alignés, brillaient faiblement dans la pénombre. Ils étaient tous largement ouverts, en position verticale à l’arrière de leur  berceau. Des berceaux que l’on aurait pu croire vides d’occupant, personne ne levant encore la tête pour croiser son regard.

Le faible ronronnement du robot acheva de lui faire réaliser qu’il se trouvait en phase de réveil. Il commença à prendre pied pour de bon dans la réalité et entreprit de retirer avec précaution les micro-tubes pénétrant les veines de ses avant-bras. Puis il dut s’arrêter, envahi par une irrésistible nausée.

Il hoqueta bruyamment et fut tordu par un spasme violent qui lui laissa une crampe épouvantable au creux de l’estomac. Il attendit patiemment que les choses se tassent avant de se débarrasser complètement des sondes du moniteur.

Ce ne fut que lorsqu’il se trouva plus commodément assis qu’il leva à nouveau les yeux au plafond. Et lut et relut les chiffres indiquant l’année, sans parvenir à les croire. Parce que personne ne se résout spontanément à accepter l’incroyable.

Presque vingt-quatre ans… Pourquoi l’horloge du vaisseau s’était-elle détraquée ? D’après cet affichage, vingt-quatre années, à peine moins, depuis qu’il avait été endormi. Précipité dans le néant par ce même robot qui venait de progressivement l’en extraire. Pour un réveil normalement programmé deux mois après l’entrée en hibernation…

Il enjamba le bord de son berceau et, vacillant sur ses jambes flageolantes, se tint péniblement debout, appuyé contre la longue caisse métallique en forme de cercueil. Il tourna la tête dans tous les sens pour observer les gisants les plus proches et dont les corps  commençaient à s’agiter, comme pour se libérer d’un mauvais rêve. Puis il focalisa son attention sur Tatiana qui peinait à refaire surface et pensa qu’il pourrait l’aider, par sa seule présence, à reprendre plus vite connaissance.

Aider Tatiana à émerger plus vite de sa mort artificielle… Il s’avisa tout d’un coup que, contrairement à ce qui s’était systématiquement pratiqué depuis que l’on utilisait cette technique, il n’y avait personne sur place pour les assister. Strictement personne.

Il pensa, avec une soudaine boule dans la gorge, qu’il aurait dû s’en étonner plus tôt. Beaucoup plus tôt. Le doute commença à s’insinuer dans son esprit. Le cœur battant, il fixa au plafond un regard plus ferme.

 

Vingt-quatre ans ! Nom de Dieu… 

 

Christian Eychloma

futurs-incertains.over-blog.com 

Publié dans Textes

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