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L'auteur de cette nouvelle ? Louis Delville

Publié le par christine brunet /aloys

 

delvilletete

 

UN MEURTRE

 

Celui-là, il va payer pour tous les autres ! Pourquoi lui ? Parce qu'il est là, devant moi et qu'il est tout seul.

 

Cela fait des semaines que les enfants des voisins m'exaspèrent. Toujours gueulards et mal foutus, ils traînent leur mal-être dans la rue jusqu'à des heures impossibles. On a beau leur demander d'être calmes et silencieux, cela n'y fait rien ! Six ou sept gosses qui crient du matin au soir cela finira par me rendre fou et le jour où j'en choperai un…

 

Le mois d'août annonce la canicule et le retour de mon cauchemar : dormir ou plutôt essayer de dormir la fenêtre ouverte ou transpirer dans mon lit au calme.

 

Évidemment, cette année-là, les jours chauds se sont succédé me laissant de plus en plus fatigué. Et moi, quand je suis fatigué, je deviens rapidement désagréable !

 

Un matin, c'est le plus jeune de la bande qui est passé à portée de main et je te l'ai attrapé… Personne ne m'avait vu, j'en étais sûr. Pour lui faire peur, je l'ai enfermé dans la cave. Celle du milieu, celle qui n'a aucun autre accès que la porte. Là au moins personne ne l'entendra. Je l'ai bien nourri et je l'ai bien abreuvé : du chocolat sur de bonnes tartines beurrées, des chips, du coca. Autant qu'il en voulait.

 

Au début tout le monde l'a cherché partout. Le lendemain on a appelé la police. Après deux jours, les voisins se sont décidés à faire une battue. On a fouillé tous les environs y compris le petit bois. Les flics ont interrogé tout le monde, moi y compris. Rien, ils n'ont rien trouvé, aucun indice, pas une seule trace. Évaporé le gamin !

 

Doucement, les jours passants, la vie a repris son cours. Mes visites à la cave ne servaient qu'à le maintenir en vie, ce petit monstre ! Cela a duré une semaine !

 

J'étais allé trop loin. Si je le libérais maintenant, il parlerait et même si je l'avais bien traité, je risquais gros. Je n'avais qu'une seule issue, le faire disparaître définitivement.

 

Le soir même, je suis descendu à la cave, je l'ai ligoté et bâillonné et je l'ai déposé dans une vieille baignoire. C'est là que je l'ai égorgé. Il n'y a pas eu une goutte de sang par terre, du beau travail !

 

Puis, j'ai découpé le corps en une dizaine de morceaux que j'ai fait longuement cuire au court-bouillon. Ça sentait bon ! Ça sentait tellement bon que j'ai voulu en faire profiter le voisinage.

 

On est venu devant chez moi, on a bavardé, on m'a questionné, on m'a demandé la recette… Alors j'ai décidé de partager.

 

La fête des voisins, cela a du bon !

 

Évidemment, je n'ai pas eu de reste et c'est tant mieux. Une affaire rondement menée mais que vais-je préparer pour le réveillon de Noël ?

 

Louis Delville

louis-quenpensez-vous.blogspot.com

petitesgrandes

Publié dans auteur mystère

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Mais qui est l'auteur de cette nouvelle ?

Publié le par christine brunet /aloys

 

point d'interrogation

 

 

UN MEURTRE

 

Celui-là, il va payer pour tous les autres ! Pourquoi lui ? Parce qu'il est là, devant moi et qu'il est tout seul.

 

Cela fait des semaines que les enfants des voisins m'exaspèrent. Toujours gueulards et mal foutus, ils traînent leur mal-être dans la rue jusqu'à des heures impossibles. On a beau leur demander d'être calmes et silencieux, cela n'y fait rien ! Six ou sept gosses qui crient du matin au soir cela finira par me rendre fou et le jour où j'en choperai un…

 

Le mois d'août annonce la canicule et le retour de mon cauchemar : dormir ou plutôt essayer de dormir la fenêtre ouverte ou transpirer dans mon lit au calme.

 

Évidemment, cette année-là, les jours chauds se sont succédé me laissant de plus en plus fatigué. Et moi, quand je suis fatigué, je deviens rapidement désagréable !

 

Un matin, c'est le plus jeune de la bande qui est passé à portée de main et je te l'ai attrapé… Personne ne m'avait vu, j'en étais sûr. Pour lui faire peur, je l'ai enfermé dans la cave. Celle du milieu, celle qui n'a aucun autre accès que la porte. Là au moins personne ne l'entendra. Je l'ai bien nourri et je l'ai bien abreuvé : du chocolat sur de bonnes tartines beurrées, des chips, du coca. Autant qu'il en voulait.

 

Au début tout le monde l'a cherché partout. Le lendemain on a appelé la police. Après deux jours, les voisins se sont décidés à faire une battue. On a fouillé tous les environs y compris le petit bois. Les flics ont interrogé tout le monde, moi y compris. Rien, ils n'ont rien trouvé, aucun indice, pas une seule trace. Évaporé le gamin !

 

Doucement, les jours passants, la vie a repris son cours. Mes visites à la cave ne servaient qu'à le maintenir en vie, ce petit monstre ! Cela a duré une semaine !

 

J'étais allé trop loin. Si je le libérais maintenant, il parlerait et même si je l'avais bien traité, je risquais gros. Je n'avais qu'une seule issue, le faire disparaître définitivement.

 

Le soir même, je suis descendu à la cave, je l'ai ligoté et bâillonné et je l'ai déposé dans une vieille baignoire. C'est là que je l'ai égorgé. Il n'y a pas eu une goutte de sang par terre, du beau travail !

 

Puis, j'ai découpé le corps en une dizaine de morceaux que j'ai fait longuement cuire au court-bouillon. Ça sentait bon ! Ça sentait tellement bon que j'ai voulu en faire profiter le voisinage.

 

On est venu devant chez moi, on a bavardé, on m'a questionné, on m'a demandé la recette… Alors j'ai décidé de partager.

 

La fête des voisins, cela a du bon !

 

Évidemment, je n'ai pas eu de reste et c'est tant mieux. Une affaire rondement menée mais que vais-je préparer pour le réveillon de Noël ?

Publié dans auteur mystère

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Un nouveau prix pour Carine-Laure Desguin... avec "The end"

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

8-juin-2013--Marneffe-003.JPG

 

Un grand merci à tous les organisateurs du centre culturel de Braives-Burdinnes. Chaque année, un concours de nouvelles est organisé. Depuis quinze ans ! Cette année, mon texte « The end » est sélectionné! Waouwh!

Le thème a inspiré pas mal de participants car avouez que "Silence, on tourne", ça peut déclencher de sérieux coups de manivelle dans les neurones. Qui n'a rêvé d'un rôle dans un film? Je m'voyais déjà....

Et je viens de passer une superbe journée. Un troisième prix, ce n'est pas si mal. De nombreux participants, cent quarante-quatre si je me souviens bien. Dans la catégorie des adolescents et des plus jeunes, les textes étaient fameux, croyez-moi. 

 

Et, cerise sur le gâteau, trois auteurs étaient invités pour une séance de8-juin-2013--Marneffe-011.JPG dédicaces. Dont moi. Re-waouwh!

 

De belles rencontres donc, des avis que l'on se partage. Avec Régine Espreux, Bernadette Michaux...

 

Bravo encore aux organisateurs! Dans la salle de cette petite école, de très belles affiches de cinéma, des caméras. Tout un décor qui nous rappelait le monde cinématographique. Les premiers prix de chaque catégorie ont même reçu un fauteuil imprimé à leur nom. Vous savez, ce fameux fauteuil noir.

Comment? Guillaume Canet était-il là? 

Hum, je ne réponds pas.  Na. 

 

Voici les photos et le texte. Prenez du plaisir à lire "The end" jusqu'à la dernière ligne. Car moi-même, j'ai bien aimé l'écrire, ce texte. Et il m'a bien surpris, ce Clément Roekeart! Et vous?

 

8 juin 2013, Marneffe 010




                                                                  The end

 

— Clément Roekaert ! Mon pauvre garçon ! Dix-sept ans et vous êtes nul en tout, hormis dans un seul sport, celui de la drague, auprès de toutes ces minettes écervelées. Ça, je vous l’accorde. Forcément, avec votre dégaine de vedette ! Si j’avais un conseil à vous donner, je vous dirais de quitter les cours généraux…Mis à part dans l’industrie du cinéma, je ne vois pas dans quel domaine vous pourriez vous investir…

Voilà un énoncé clair et précis. Pour une fois, les propositions de ce vieux con me collaient à la peau. Ce vieux con, monsieur Lixon, prof de math et titulaire ! Ce jour-là, je me suis juré de lui entasser jusqu’à l’étouffement total ces paroles dégradantes, car le jour qu’il avait lâché ce morceau, cette espèce de tête de nœud aux yeux globuleux de grenouille, toute la classe s’était foutue de ma gueule. Je savais que je passais pour le roi des cons, mais entendre résonner ces vérités me restait en travers de la gorge. Vraiment.

Et ma gueule, parlons-en ! Ce soir-là, j’ai déambulé dans les rues de la ville et chaque vitrine de magasin me renvoyait l’image d’un gars qui avait une gueule à se pavaner devant les caméras. Car soit dit en passant, le septième art était le seul truc qui m’intéressait. Depuis que j’étais gosse, je rêvais de devenir une vedette de cinéma. Une star. Et ma mère ne me le cachait pas, il y avait dans mon regard quelque chose d’Alain Delon. Vous savez, ce type parti de rien ou de si peu de chose….Comme moi, en quelque sorte. Perso, j’aurais préféré ressembler à Léonardo Di Caprio ou Brad Pitt ou Tom Cruise, des gars de notre décennie mais le destin en a décidé autrement. Que le destin se débrouille à présent !

Alors, le cerveau allumé par les propos du vieux con et prêt à prendre une revanche, j’ai visionné tous les films de cet Alain Delon. J’ai étudié sa gestuelle, sa façon de lancer son regard félin et de l’accrocher sur la toile afin de ne jamais tomber dans l’oubli, sa démarche, cette brutalité qui sommeille en lui et qui se réveille au moindre bruit de porte, cette rapidité à dégainer, et cette soif de vivre qui vous éclabousse à chaque fin de phrase. J’ai passé des heures devant le miroir. J’avais tout ce qu’il fallait, la silhouette à la fois mince et musclée, les yeux bleus presque transparents, et même certaines intonations, au niveau de la voix.  

— Une coupe de cheveux comme Alain Delon ? Me demanda Dan, mon coiffeur. Tu rétrogrades mon vieux ! Soit ! C’est vrai que plus je te regarde, plus quelque chose de ce type émane de toi, je sais pas trop quoi, le regard sans doute…

 

Et toc ! En voilà encore un qui ne démentait pas les propos de ma mère ! Ah, ma mère, comme elle était heureuse à en baver de constater jour après jour l’allure de son fiston. Je brossais les cours, et elle s’en foutait complètement. Elle était persuadée que je deviendrais une très grande vedette de cinéma et déjà, elle annonçait autour d’elle mon arrivée au festival de Cannes au bras de Marion Cotillard ou de Mélanie Doutey, selon les disponibilités de l’une et de l’autre. Bien sûr, devant ses copines, elle en remettait une couche, inventant ma participation à des films imaginaires. « Oh, en ce moment, il tourne dans un long métrage, dans les rues de Bruxelles, je ne le vois presque plus à la maison ! Il loge sur place, vous comprenez…Et lorsqu’il revient, il me raconte des choses incroyables, les petites histoires intimes entre acteurs, vous savez, un peu comme dans la nuit américaine…, quand Jacqueline Bisset ou Nathalie Baye et bla bla bla et bla bla bla… »

Tout cela me confortait et de jour en jour, j’étais persuadé que je ne me trompais pas, que  mon destin était là et que, dans quelques années, j’aurais mon étoile sur les trottoirs de Hollywood.

Les filles étaient bien plus folles de mon corps depuis qu’elles voyaient en moi l’assurance et l’arrogance d’un futur très grand acteur. Faut dire que je les bassinais grave avec toutes sortes d’histoires du genre de celles de ma mère. Alors, ça en jetait.

Toute la journée, je me repassais les films de ce beau salaud. Dans Trois hommes à abattre, il était magistral ! Ah, conduire cette bagnole à toute allure ….Et cette lutte, entre les vagues ! Cette façon de boire la tasse, de plonger, de se débattre comme un Dieu et enfin de sortir de l’eau, avant de s’écrouler sur la plage. Et  L’homme pressé, vous vous souvenez ? Moi c’est la fin que je préfère, lorsqu’Alain —puisqu’on est presque pote lui et moi je me permets des familiarités— se paie cette crise cardiaque juste avant d’aller voir sa gonzesse, à la maternité. Vous avez remarqué comme il mourait bien dans ses films ? Magistral ! Quelles chutes !  

Et c’est qu’il a poussé la chansonnette aussi, le bougre. Alors, le samedi soir, je me payais quelques karaokés et je fredonnais « Comme au cinéma ». Vous auriez vu ça, toutes ces nanas qui gloussaient et se tortillaient lorsque je balançais le micro ! Putain ! Toutes ces filles en délire qui me demandaient des autographes, ça me confortait dans mes ambitions. Je ne me trompais pas, je devais persévérer. Car moi ce que je voulais, c’était me retrouver à l’affiche, tout en haut de l’affiche, avec mon nom en lettres capitales.

Un matin, je fumais une cigarette à la façon d’Alain dans Le toubib, j’étais concentré et je venais de visionner au moins dix fois cette scène. Je ne voulais rien perdre, j’étudiais tous ses gestes, rien ne m’échappait. Je me fondais dans ces petits gestes nerveux, presque électrisés.

— Alain !

— Oui, m’man !

Faut savoir que depuis que j’ambitionnais, ma mère m’appelait Alain. Ça m’aidait vachement.

— Descend et viens lire le journal ! Un casting sur Bruxelles ! Pour le remake de Deux hommes dans la ville ! La chance de ta vie, mon grand !

Quatre à quatre j’ai dévalé les escaliers et une fois arrivé auprès de ma mère, je me suis passé la main sur les cheveux et j’ai allumé une cigarette, l’air décontracté et sûr de moi.

Ma mère n’en revenait pas.

— Oh ! Comme c’est troublant ! s’écria-t-elle, la bouche en accent circonflexe et les yeux écarquillés.

Je lui décrochai un sourire à la façon de…et lus sur la page mise en évidence le paragraphe qu’elle venait de souligner.

« Casting / On recherche des débutants, jeunes et moins jeunes, masculins et féminins, pour le tournage du remake de Deux hommes dans la ville/ Premières auditions ce samedi entre 10H et 20H, dans la grande salle du cinéma Galerie, Galerie de la reine, 26 à 1000 Bruxelles.»

Ma mère et moi avons sauté de joie car nous savions que c’était du tout cuit. J’allais l’entendre enfin cette fameuse phrase : « silence, on tourne ! »

 

Ce matin-là, un peloton d’une centaine de personnes gesticulait dans un très long corridor. Une nana super canon nous a donnés des fiches que nous devions remplir et bla bla bla et bla bla bla. Ensuite elle a séparé les sujets masculins des sujets féminins et les gonzesses sont allées se coltiner d’autres papelards dans la salle juste à côté.

Après une trentaine de minutes, la nana est revenue et, tout en s’excitant sur son gsm, elle nous distribuait des numéros et murmurait des phrases que nous ne comprenions même pas.

Ses grands yeux de biche ont croisé les miens et à ce moment précis, j’ai compris que les choses se goupilleraient pour le mieux. On parlerait de moi, c’est certain. Je le voulais et je le sentais jusqu’au plus profond de mes tripes. Je voulais ce rôle, je le voulais, bordel. Gino Strabliggi, j’étais certain que j’endosserais ce nom. On n’allait quand même pas me fourguer le rôle de l’éducateur, non ! Ni celui de ce policier…comment s’appelait-il déjà ? Zut, je ne me souviens plus. Qu’importe !

— Numéro dix !

Gloups, c’était moi. Je suis rentré dans cette salle de cinéma et les premières rangées étaient occupées par les membres du jury. Impressionnant.

— Vous savez pour quel rôle vous êtes auditionné ? me demanda un chauve avec une voix d’eunuque.

— Oui, pour endosser le rôle de Gino Strabliggi ! je lui répondis du tac au tac et plein d’audace.

— Vous êtes certain de ce que vous dites ?

— Oui, avec la gueule que j’ai, je ne vais quand même pas me coltiner le rôle de Germain Cazeneuve ou celui de ce policier….

J’ai lâché ça avec de l’arrogance dans la voix et un petit sourire moqueur sur le coin des lèvres.

— Bingo monsieur…monsieur Clément Roekaert !

— C’est bien ça mais je désire changer de nom, prendre un pseudonyme. Vous savez, les vedettes prennent un pseudo.

— Soit, soit….Vous connaissez ce film, Deux hommes dans la ville ?

— Et comment ! Un de mes films préférés ! Quelle classe cet Alain Delon ! Un rôle qui lui collait à la peau. Une merveille de film !

— Vous souvenez-vous de cette scène ? Le policier rend visite à la fiancée de Gino et Gino arrive. Une dispute. Gino frappe si fort sur le flic qu’il le tue. Vous vous souvenez ?

— Et comment ! Rien que d’y penser, je sens la rage qui me monte. Je revois Gino. Il plaque au sol ce con de flic et cogne sa tronche sur le sol des dizaines de fois. Gino était habité par une telle rage, une rage invincible…

— Vous sentez-vous habité par cette rage ?

— Et comment !

— Faites rentrer le numéro onze, il fera le rôle du flic, c’est sans importance qu’il soit grand ou petit, ce qui nous intéresse pour le moment, c’est le rôle de Gino.

Mon cœur battait si fort que je sentais mon sang affluer à mes tempes. Je sentais la rage qui m’habitait. Bordel, quelle revanche ! La presse parlerait de moi !

L’eunuque a discuté avec les autres types du jury et puis a lancé :

— Allez-y, improvisez !

Le flic a pris un air saisi, a balbutié je-ne-sais-plus-trop-quoi et en un rien de temps, je l’ai plaqué au sol. Dans ma tête, tout était clair, je revoyais cette scène avec une grande clarté. Je voyais même la petite table à côté de laquelle le flic était étendu et j’entendais ma fiancée qui disait « Arrête Gino, arrête, tu vas le tuer. »

A califourchon sur le ventre du flic, je prenais sa tronche entre mes deux mains et je frappais de toutes mes forces, je claquais sa tête et du sang frais rougissait mes mains.

« Arrête Gino arrête », me répétait ma fiancée. Ma vue se brouillait, de la sueur me piquait les yeux. Je continuais, je n’arrêtais pas.

Dans le jury, j’entendais des voix qui criaient  « Ce type est formidable, c’est magistral ! Quelle gueule ! La première scène d’une star ! »

Alors, j’ai continué à claquer la tête du flic de plus en plus fort. Il me rappelait quelqu’un. Plus je cognais et plus me revenait en mémoire les paroles de monsieur Lixon. Et ce flic, là, sous mes coups…Sa tronche, bordel, sa tronche. Une tête de nœud aux yeux globuleux de grenouille. Alors j’ai cogné. Encore et encore.

Je me suis relevé, j’ai regardé les uns après les autres chaque membre du jury.

— Ce type ne méritait pas de vivre, une espèce de tête de nœud aux yeux globuleux de grenouille…Ces yeux-la me rappelaient ceux de quelqu’un…que j’ai détesté…

Devant moi, les visages affichaient un air médusé. Un silence blanc planait dans la salle.

Alors j’ai dit :

— Je savais qu’on parlerait de moi, un jour ! Rideaux !  

Ensuite, j’ai baissé le torse, j’ai levé la tête et j’ai transpercé de mon regard bleu piscine chacun des membres du jury.

Et puis, en souriant, j’ai salué la salle. 


 Carine-Laure Desguin

carinelauredesguin.over-blog.com

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La Géhenne, un conte bizarre lu par Bob Boutique...

Publié le par christine brunet /aloys

Supprimé pour causes techniques

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Régine Laprade est l'invitée d'Aloys. Dans ses romans, "le présent et l'imparfait se mêlent sans cesse"...

Publié le par christine brunet /aloys

Régine Laprade a plusieurs cordes à son arc... Elle voyage beaucoup, écrit et présente avec passion ses romans à ses lecteurs dans de très nombreuses foires et salons. Aux côtés de son nouvel éditeur, elle sera même à Brive... 

 

La première fois que je l'ai rencontrée, elle m'a intimidée... Sérieuse, intransigeante dans la vie, elle l'est également en littérature. Ses récits sont rythmés, son écriture facile, ses sujets surprenants... Bon, vous l'avez compris, j'aime bien ses récits et j'avais envie de vous la faire rencontrer au travers d'un échange de mots, d'idées...

 

tetes-1348.JPGPrésente-toi, stp...    


Je suis née le 4 mars 1946 à CARLUX en Périgord noir,dans la maison où sont elles-mêmes

nées ma mère et ma grand-mère.Cette maison s'appelle La PRADE.


J'ai choisi ce nom pour écrire et suis désormais Régine LAPRADE.


Mariée,puis divorcée,mère de deux enfants,grand-mère de quatre petits enfants,j'ai

effectué ma carrière professionnelle de médecin ergonome à BRIVE -LA GAILLARDE en Corrèze,à 45 km de La Prade. Ma vie continue de se partager entre ces deux régions.

 

 Depuis quand écris-tu ? Un déclencheur ?


J'ai toujous aimé écrire. Enfant, je rédigeais de petites histoires pour mes poupées,encouragée par ma mèrre,institutrice. Médecin,je me suis appliquée à écrirerapports,communications,thèse,mémoire ,en m'appliquant à utiliser la langue française avec soin et un lyrisme qui semblait parfois peu scientifique!!  

                             

Ce n'est qu'à la retraite que j'ai enfanté de mon premier roman.Un jour en triant les

papiers de ma mère décédée,j'ai trouvé une liasse de feuilles dactylographiées: des anecdotes qu'elle avait soigneusement mises en page tout au long de sa vie.Sur le dessus de la liasse,une note manuscrite m'invitait à remettre les feuillets en ordre.C'est ainsi qu'est né LE COLLIER D'AMBRE. Depuis, écrire me passionne, m'est devenu indispensable. J'ai écrit trois romans en trois ans.

 

scan0004.jpgDonne-moi ta définition du mot écriture...

 

Pour moi,le mot écriture signifie deux choses:

-manier les mots et la langue française,

-transmettre l'amour de notre langue ainsi qu'un patrimoine composé de souvenirs d'une période révolue mais cependant encore proche .


Notre identité me parait faite de tout cela,y compris  celle de la jeune génération qui vit 

d'une façon si différente de celle que j'ai connue il y a 50 ans. Pourtant ces souvenirs font partie de leurs racines.

 

 Définis ton style...


Mon style est simple.Certains me reprochent d'écrire comme une institutrice, ce qui n'a rien de surprenant puisque je tiens ce goût de ma mère! J'aime les phrases accessibles à tous,qui ne nécessitent pas d'être relues plusieurs fois pour être comprises. Je m'attache au choix des mots,à la précision des déscriptions.


D'autres disent que je suis trop concise,que je vais droit au but,et qu'on reconnait bien là

le médecin !

 

 

Comment choisis-tu tes sujets ? D'où viennent tes personnages ?


Je choisis mes sujets à partir de situations que j'ai vécues ou qui m'ont été racontées, ou à

partir de personnages réels qui m'ont laissé une forte impression.Tous ont un point commun: ils ne considèrent jamais comme la victime des évènements  tragiques qui ont émaillé leur vie. Ils puisent en eux l'énergie de dominer ces évènements,de maîtriser leur destin ou de se reconstruire.

 

Jeanne, dans Le COLLIER D'AMBRE, Gabriel dans Le CAMION BLESSE, ou Hélène dans LE

BOIS DE MON PERE (qui sortira en octobre prochain ) ont tous ce point commun. Bien sûr autour du personnage principal tiré de la réalité, je brode, j'imagine, je romance.

 

Comment voit-on ta passion de l'écriture autour de toi ?


Autour de moi,si certains ne s'étonnent pas, me poussent à aller plus loin,m'encouragent à

progresser,d'autres semblent imaginer que mon égo,démesuré à leurs yeux s'est trouvé le moyen de se mettre en scène...


Je vis seule, donc m'isoler pour écrire,fréquenter les salons,m'absenter pour des

dédicaces,ne nuit pas à ma famille. Ma fille, elle, comprend très bien cette passion,relit mes manuscrits,conseille,... et envisage d'en faire autant !

 


    camion-blesse-couv-copie.jpg

 

 

Facile ou compliqué de mettre le point final à tes romans ?


Mettre le point final a un roman ne me semble pas le plus compliqué.Le plus difficile pour moi est d'amener le personnage principal à rentre en scène, à camper le décor et l'ambiance qui accrocheront tout de suite le lecteur et lui donneront le goût de lire la suite.


Tu dis écrire des récits qui mettent en scène le passé : inscris-tu tes histoires, tes

personnages dans un passé que tu veux rappeler ou fais-tu en sorte que cette approche du passé puisse interpeller le lecteur d'aujourd'hui ? En d'autres termes, ces récits s'adressent-ils à tous le monde ou ne touchent-ils qu'une certaine catégorie de lecteurs ?


Bien entendu, mes histoires du passé s'adressent à tous les lecteurs. J'ai eu le plaiseir récemment de constater que "Le camion blessé" est volontiers lu par des adolescents. En quelque sorte je lègue un patrimoine en espérant que les héritiers en feront bon usage.

Dans chaque roman, le fil conducteur de l'histoire se passe aujourd'hui même si je raconte hier. Le présent et l'imparfait se mêlent sans cesse.

 

Comme tous les auteurs, je suppose que tu as toujours, dans ta tête, un livre d'avance ? Si c'est le cas, envisages-tu d'ancrer l'une de tes histoires dans la vie d'aujourd'hui ?

 

Pour l'instant je n'ai pas de projet sur un roman totalement ancré dans la vie d'aujourd'hui. Maisje n'exclus nullement cette possibilité.

 

Tu as raconté comment ton premier livre, Le collier d'ambre, était né. mais comment "Le camion blessé" est-il né ? Drôle de titre... Tu m'expliques ?


"Le camion blessé" était dans ma tête depuis longtemps.J'ai rencontré Gabriel il y a trente ans.A la suite d'un tres grave accident ,il cherchait à faire une reconversion professionnelle.Je cherchais un secrétaire-assistant astucieux,débrouillard, capable de m'aider dans mon travail d'ergonome.Lors de l'entretien d'embauche j'ai immédiatement compris qu'il était l'homme de la situation.Au fil des jours il m'a raconté sa vie d'avant:celle dans laquelle il conduisait d'énormes camions sur les routes des années 60.Les anecdotes étaient parfois drôles,surprenantes,truculentes...Je disais il faudrait les écrire!J'ai attendu pour m'y mettre de connaître   parfaitement le personnage.J'ai vécu sa reconversion,sa renaissance à une autre vie.Nous avons travaillé vingt ans ensemble. Il m'accompagne parfois pour dédicacer à quatre mains!


100_6116.JPG Le titre est venu d'un lapsus, mais les lapsus sont souvent révélateurs.

Gabriel enfant rêvait tellement de camions qu'il s'identifiait vraisemblablement à eux.Plus tard au volant de ses engins il ne faisait qu'un avec sa machine.Il devenait lui-même le camion.Lors de l'accident qui aurait pu lui coûter la vie,le camion a été écrasé,l'homme gravement blessé.J'ai fait une contraction.La blessure a été physique bien sûr mais aussi morale:perte de l'identité, de l'image que l'on a de soi...et perte de l'image du camion !


 Je pense que ce n'est pas toujours simple de trouver un titre,celui-la est né au hasard

de ce lapsus et m'a finalement plu.

 

Tu me parles un peux du prochain roman ?


Le prochain roman traite d'un drame,une tragédie familiale à l'époque glauque de la

résistance en 1944 dans les bois du Quercy.L'époque des résistants de la dernière heure où

se mélangeaient héros et voyous.Elle est racontée par une femme de 91 ans aujourd'hui, une femme formidable qui vit notre vie actuelle de façon moderne,active. Elle existe vraiment,je la connais bien et l'admire beaucoup.Elle aussi a su se reconstruire tout en gardant au plus profond d'elle même la marque douloureuse et indélébile de ce drame.

 

En guise de conclusion, j'aimerais que tu nous donnes un petit éparçu de ton univers au travers d'un court extrait... 

 

Le soleil se lève sur le Larzac. Il nimbe les buissons rabougris de tons pastel,de dégradés de mauve et de rose.Cà et là émergent des taches plus claires,presque blanches,dont je ne sais s'il s'agit de cailloux ou de moutons.

 

   J'aime ce paysage lunaire,désertique,cette herbe sèche et courte,ce pays plat entaillé de rides profondes,vallées encaissées creusées dans les falaises calcaires.Je  baisse la vitre pour mieux respirer la fraîcheur du petit matin.Elle arrive par bouffées des Cévennes aux sommets encore enneigés que j'aperçois à l'hotrizon.

 

    Jacky dort dans sa couchette.Tant mieux.J'aime jouir seul de cet instant magique,calme,serein.Je suis heureux.

 

    J'ai mis le cap au sud.Je vais passer par Millau,Lodève...puis je vais descendre l'escalier,"la petite échelle",ce pas de l'Escalette si bien nommé,qui permet de quitter les hauteurs du plateau,la terrasse sèche et rocheuse,pour découvrir tout d'un coup la plaine du Languedoc que le regard embrasse ,ébloui.

 

     Suspendue en corniche,la route devient étroite,sinueuse:un goulet.Taillés dans la falaise,des créneaux de croisement sont aménagés,fabuleux travail de l'Homme pour vaincre la Nature.Je ne roule pas vite,la main sur le "bec de canne",prêt à changer sans cesse de vitesse,la tête inclinée vers la fenêtre ouverte.Les virages sont nombreux;il faut à la fois regarder et écouter,repérer au détour d'une courbe un autre camion souffrant dans la côte et se ranger sur le décrochement le plus proche,ou bien deviner la voiture dont le chauffeur  fasciné par le paysage néglige de tenir sa droite.Un coup de klaxon le rappelle brusquement à l'ordre.Chacun serre sa machine et lentement,précautionneusement,nous nous croisons.

 

      La voilà,la plaine.Sa beauté me subjugue chaque fois,comme une nouvelle découverte.L'émerveillement m'émeut,me pince le coeur.

 

 

       Je la domine encore un peu avant de la pénétrer et me repais les yeux de ses couleurs:le vert tendre de la vigne,celui plus argenté des oliviers...un camaîeu que coiffe le bleu vif du ciel...Là-bas au fond,n'est-cepas la mer? Mon voyage me mènera jusqu'à Nice. Je cueillerai une brassée de mimosa.La senteur sucrée et épicée à la fois embaumera mon camion jusqu'à Saint-Clément.Baptiste aidera Claudine à disposer les branches dans un grand vase.Il enfouira son nez dans les grappes duveteuses et je penserai à mémé Lisa...Elle me disait souvent en me caressant le visage:"Ta peau est douce comme un brin de mimosa!" Je ne savais pas au juste de quoi elle parlait.(Extrait de "Le camion blessé")

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

 

Publié dans l'invité d'Aloys

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Galinda, la forêt des ombres, de Laurent Femenias, avis de blog... http://autrecotedumiroir.net/

Publié le par christine brunet /aloys

http://www.bandbsa.be/contes3/galinda.jpg

 

http://autrecotedumiroir.net/galinda-la-foret-des-ombres

 

 

 

Terre inexplorée, la forêt de Galinda suscite crainte et méfiance chez les habitants de la région. On raconte qu’elle est peuplée de créatures meurtrières et que tous ceux qui s’y sont risqués n’en sont jamais sortis. La forêt des Ombres, Sam Harper rêve de l’explorer. Malgré  l’inquiétude de sa famille, il se lance un matin dans l’aventure. Aidé de John Dunman, vieil hermite proche de Galinda, l’adolescent va découvrir un monde extraordinaire et merveilleux, toutefois non dépourvu de dangers.

Sous couvert d’une quête initiatique, Laurent Femenias nous offre une balade poétique au coeur d’un monde fantastique peuplé de créatures féeriques. On peut déplorer la facilité de certains aspects du scénario, mais ce roman reste néanmoins une très bonne surprise.

Le personnage principal de ce roman, ce n’est pas Sam Harper, c’est la forêt. La belle Galinda est partout, que se soient dans les pensées des paysans qui la craignent ou dans celle de John Dunman qui la vénère et la protège. Contexte principal du roman, la forêt permet la mise en place d’une ambiance étrange : on passe de la beauté à la laideur, de la paix au danger. L’atmosphère étrange repose sur le fait qu’on ne sache pas immédiatement quels dangers la belle Galinda dissimule, le doute et les rumeurs colportées à son sujet étant les seules informations dont on dispose. Tout comme Sam nous nous baladons sur les sentiers ombragés sans comprendre vraiment ce qu’il y à craindre, avant que le jeune homme ne soit mis face à la dangereuse vérité. J’ai trouvé intéressant que Laurent Femenias joue avec la peur ancestrale de l’esprit de la nature. Galinda est belle certes, mais c’est surtout un lieu très ancien qui cache des créatures dangereuses plus vieilles que les hommes. Malgré sa puissance, Galinda est pourtant en danger. La Reine des Ombres souhaite en effet déployer la noirceur sur tout son territoire et prendre totalement son contrôle. J’ai moins adhéré à cet aspect du roman que j’ai trouvé trop « facile » et qui réduit l’aventure de Sam Harper à une simple bataille entre le Bien et le Mal.

Premier roman de Laurent Femenias, Galinda la forêt des ombres m’a touchée par l’originalité de son atmosphère et son traitement de la féerie. Admirez au passage la couverture signée Rozenn Illiano, qui je trouve transmet parfaitement l’ambiance du roman.

 

 

Publié dans avis de blogs

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Pour Justine Caizergues, l'écriture c'est : "laisser les mots venir à nous..."

Publié le par christine brunet /aloys

 

http://www.bandbsa.be/contes3/quandfaneRV.jpg

 

 

 

En créant ce blog, j'avais décidé d'aller vers les artistes et de les faire parler de leur passion, de leur art. Cette démarche est parfois simple... lorsque mon interlocuteur brode, tente d'expliquer sa démarche.

 

Mais parfois, l'auteur préfère me renvoyer la balle en un jeu qui, je dois dire, me laisse sur ma faim. Pourtant, cette démarche cherche l'essentiel. Un trait de caractère ? Peut-être une simple façon d'écrire et de se décrire. 

 

Justine Caizergues fait partie de ces auteurs adeptes de la brièveté, de la concision. Je vous laisse juger...

 

 

 

 

Justine, tu te présentes, s'il te plaît ?


Je m'appelle Justine Caizergues, j'ai vingt ans et deux petits frères. En deuxième année de fac de lettres, je me passionne pour l'écriture depuis l'âge de dix ans.

 

Depuis quand écris-tu ? Pourquoi ? Un déclecheur ?

 

Pour les dix ans d'une amie, je lui ai écrit une nouvelle. Quand j'ai vu qu'elle tenait la route et que je m'étais régalée à l'écrire, j'ai réalisé combien j'aimais ça. Mais le véritable élément déclencheur a été mon professeur de français en classe de première. Il fallait faire des écrits d'invention pour le baccalauréat, et il me mettait de très bonnes notes.. il m'a encouragée, et voilà !

 

Parle-nous de ton roman... 

 

Je l'ai écrit d'une traite en une quinzaine de jours.. il parle d'amour, d'amitié, de handicap et d'adoption..

 

Donne-moi ta définition du mot "écriture"


Laisser les mots venir à nous.


DSCF4285.JPGComment voit-on ton activité d'auteur autour de toi ?


Les gens sont soit étonnés,soit très fiers!!


Parle-moi de tes personnages : comment sont-ils nés ?


De mon imagination, et un peu inspirés de mes connaissances!


Facile ou compliqué de mettre un point final à tes romans ?

 

Facile, je commence par la fin!

 

 

Tu commences par la fin ! Alors là ! Tu m'expliques ta façon d'écrire, de créer ton histoire?

 

Souvent, je réfléchis à la fin, que j'écris, et elle m'aide à faire découler les événements du récit!

 

Ton roman est-il totalement fantaisie ou y a-t-il un brin de réalisme ?DSC04918.JPG

 

Seulement réaliste!

 

 Tes personnages sont, un peu, inspirés de ton entourage. Comment procèdes-tu pour les créer ?

 

Je ne sais pas répondre à cette question ! ils me viennent comme cela, je ne fiche pas leurs caractéristiques physiques, morales etc, je les invente juste..

 

Quand écris-tu ? Des rituels ? Ecris-tu à la plume ou sur ordi ? Relis-tu à l'écran ou sur papier ?

 

A l'ordinateur et je relis à l'ordinateur, j'écris toute la journée, pas de moment précis! ni rituels!

 

Concernant la rose, dis-m'en plus... Je comprends qu'elle est le reflet de la cover mais encore... Quelle adéquation avec ton roman ?

 

En fait, elle a un lien avec le roman : l'un des personnages principaux va offrir à sa femme un bouquet dans lequel il y aura une fausse rose, qui du coup ne fanera jamais.. (image de son amour pour elle)

 

282379_10151083419234021_1947476300_n.jpgJ'essaie, tu vois, de te faire approfondir tes réponses trop évasives à mon goût : cette brièveté est-elle ta "marque de fabrique" ? Un trait de caractère ?

 

Oui je suis assez synthétique, pour être claire en général!  c'est sûrement pour ça que mes réponses sont trop brèves j'ai du mal à faire autrement..

 

Parle-moi de ta couverture


Je la voulais en rapport avec le titre, et la rose que m'a dessinée la dessinatrice était magnifique..

 

Utilises-tu un plan  ? Ecris-tu au fil de la plume ?

Pas de plan même si je sais que je devrais.. disons que j'ai la trame dans ma tête! Oui au fil de la plume voilà!

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

Publié dans interview

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Christine Brunet a lu : Jeanne, de Rolande Michel

Publié le par christine brunet /aloys

ma photo

 

J'ai lu son roman dans le train qui me ramenait de Paris... D'une seule traite, sans lever les yeux vers le paysage qui défilait de l'autre côté de la vitre : à quoi bon ! Le voyage aux côtés de Jeanne était bien plus coloré, plus attrayant, plus distrayant. 
Certes, je ne m'attendais pas à ce genre de roman, à ce genre d'histoire. Difficile de dire pourquoi, d'ailleurs. 


jeannerv
Jeanne nous propose un voyage dans son imaginaire, un univers qu'elle s'est construit poursuppléer à ses frustrations d'enfant. Jeanne est poète, elle parle aux animaux et les arbres sont ses amis. Un jour, tout bascule pour la petite fille et ses rêves deviennent sa réalité. Avec son meilleur ami, elle remonte le temps pour vivre une vie d'aventures extraordinaires.
Ce livre n'est pas forcément destiné qu'aux enfants... Je pense même qu'il est conçu pour les adultes qui se souviennent d'avoir été, un jour, des enfants rêveurs, des enfants aventureux ou des enfants terribles. Il ravive les souvenirs, nous propose, à sa façon, de remonter le cours de notre existence, de revivre des moments heureux et d'autres, beaucoup moins. 
Ce livre est rempli de tendresse. Il sait nous faire sourire mais également nous tirer une larme. Jeanne est un livre à découvrir, tout simplement.
Christine Brunet
www.christine-brunet.com
nidvipererecto

Publié dans Fiche de lecture

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Marcel Baraffe... Son nouveau roman "Par toutes ces nuits sans lune"

Publié le par christine brunet /aloys

9782874597350 1 75

 

Marcel Baraffe... Déjà deux livres à son actif (Ultiméa et Histoires curieuses et édifiantes) le troisième référencé en juin... Petite présentation de son nouvel univers...

 

Un Résumé...

 

          Wang, le préfet, est le plus heureux des hommes. Sa troisième femme vient de lui donner, enfin, un fils. Cela n’est évidemment pas du goût de ses deux autres épouses qui n’ont pu faire mieux que d’engendrer six filles, créatures que les croyances stupides des adultes tiennent à l’écart du nouveau-né.

          Haine, jalousie, envie agitent la demeure du maître des lieux. Celui- ci, haut magistrat de l’empire, continue à travailler à la prospérité d’une famille dont la lignée est désormais assurée jusqu’au jour où des soupçons de malversation amènent son discrédit aux yeux de son souverain.

          Le ciel s’assombrit au-dessus de la maison des Wang. La déchéance a pour témoins Petite-Lune, la fille aînée, et An, un lettré, qu’une énigme autour de la mort d’un des envoyés de l’empereur inspire.   

 

Un extrait :

 

Il fallait bien passer le temps de la moins mauvaise façon qui soit. Les promenades étaient interdites et l’orée de la forêt proche semblait à Petite Lune être un monde à jamais inaccessible comme l’étaient les astres dont elle suivait la course à travers les branches de son mûrier. L’imagination des filles, surtout lorsqu’elles savent lire, est sans limites. Les quelques garçons de son âge qu’elle avait rencontrés lors de visites, lui étaient apparus comme des êtres étranges, agités et bruyants. Elle n’éprouvait aucun attrait pour leurs jeux guerriers et s’étonnait même que l’on puisse passer des heures à faire tournoyer un bâton brandi au-dessus de la tête afin d’écarter d’invisibles ennemis ou d’innocents dragons. Petite Lune était une fille et, plutôt que de regretter un sort qu’elle n’avait pas désiré, elle tirait de sa condition une force qui l’aidait à supporter les humeurs mauvaises des adultes. Elle aurait aimé s’occuper des plantes, soigner les fleurs et surtout ces malheureux rosiers, à l’entrée, que les chevaux prenaient un malin plaisir à piétiner. Ses premières tentatives de jardinage avaient soulevé la colère d’un père révolté de voir un membre de sa famille accomplir des tâches naturellement (avait-il dit, en insistant sur ce mot) réservées aux représentants les plus indignes de la société. Elle en avait donc conclu, tout en enviant le sort des manants autorisés à remuer la terre et à en tirer tant de beautés, qu’au-dessus de l’autorité paternelle, il y en avait une autre, invisible, muette mais bien plus étendue encore puisqu’elle avait décidé une fois pour toutes de ce qu’un individu pouvait ou ne pouvait pas faire. Impuissante, elle observa le dépérissement des rosiers.

 

                Par toutes ces nuits sans lune  (pages 60-61)

 

Ses sites : 

 

http://marcel.baraffe.over-blog.com

http://chine-ancienne.e-monsite.com

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Le corbeau blanc, un poème de Philippe Wolfenberg

Publié le par christine brunet /aloys


 

http://www.bandbsa.be/contes3/etatsame.jpg

 

 

Le corbeau blanc

  

Songe d’une nuit fébrile, l’image d’un corbeau blanc

Possédant l’étrange pouvoir de réunir les amants,

Dérisoires lueurs perdues dans des abîmes profonds,

Par delà la mort et par delà l’abandon.

  

Un cœur déchiré comme une tombe profanée,

Une mémoire encombrée d’un passé suranné,

Un chemin égaré dans les méandres de la tristesse

Et une souffrance aussi forte et exquise qu’une caresse.

  

Quand les promesses d’éternité ne sont pas tenues

Et qu’il ne reste que la vérité dépouillée, presque nue,

Malgré la haine, sournoise jumelle de l’amour,

Les souvenirs heureux, au présent, s’accrochent toujours.
 
Très bonne soirée à toi...
 
Philippe WOLFENBERG
http://www.bandbsa.be/contes3/wolfenbergtete.jpg

Publié dans Poésie

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