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L'Elitiste joué par Jean-Claude Texier !

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

http://www.bandbsa.be/contes3/elitiste.jpg

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J'ai lu "Les enfants du grand jardin" de Carine-Laure Desguin et "Le sol à l'envers" de Carol Trottier

Publié le par christine brunet /aloys

ma photo

 

 

 

J'ai terminé, il y a quelque temps, deux livres qui, dans mon esprit, se rejoignent inexorablement tant sur l'emploi des mots que sur l'originalité de la pensée. J'ai nommé "Les enfants du grand jardin" de Carine-Laure Desguin et "Le sol à l'envers" de Carol Trottier :  deux univers originaux, deux études de mots pour amener le lecteur quelque part.

Carine -Laure Desguin nous raconte une histoire sous un format A5 allongé, uneenfantsjardinr réussite, sans aucun doute, qu'on a plaisir à tenir en main et à feuilleter.  Je ne vous parlerai pas de l'histoire, à découvrir au fil des images, des tournures musicales plus que grammaticales. Et on se laisse porter entre les paragraphes en tentant, désespérément parfois, de trouver un sens aux répliques, aux phrases, aux ajustages de mots. Curieuse expérience qui ne laisse pas indifférent !

 

http://www.bandbsa.be/contes2/solenversrecto.jpgCarol Trottier, lui, se joue du verbe pour ajuster les jeux de mots, aiguiser les piques, chambouler les esprits. On rit, on s'amuse, parfois on zappe tel ou tel jet de langue trop pointue. L'auteur joue sur les clichés, en rapproche les syllabes, les mots, les phrases et nous englobe, je dirais nous "embulle", dans un univers fantasque parfois pas si anodin que ça. D'ailleurs, la couverture parle d'elle-même ! Très colorée, elle attire l'oeil... et nous met la tête à l'envers...

Au final ? Deux expériences qui, au départ, m'ont trop surprise pour mettre mes impressions par écrit, mais qui font, depuis, leur bonhomme de chemin dans mon esprit.

Deux livres qui ne laissent sûrement pas indifférent le lecteur qui se hasarde entre leurs pages.

 -- Christine Brunet www.christine-brunet.com 
 
 Diapositive1.JPG

Publié dans Fiche de lecture

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Adam Gray présente son nouveau livre, Merci Dorothée !

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

PHOTO pour 4me de COUVERTURE (ADAM GRAY)

 

 

Avant toute chose, et il est important de le souligner, Merci Dorothée ! n’est absolument pas une biographie de Dorothée.

 

C’est un livre d’amour, uniquement, écrit et pensé sans la moindre prétention. Dorothée était et reste, assurément, une véritable icône dans le cœur de bien des gens.

 

Idole des enfants et des adolescents pendant de très longues années, chanteuse à succès et présentatrice populaire, elle incarnait une télévision familiale et conviviale, une télévision qui réunissait petits et grands. Dorothée et ses amis divertissaient la famille en proposant des dessins animés, des variétés, mais aussi des programmes humanitaires.

 

C’est une femme que j’aimais, enfant, et que j’aimerai toujours. J’ai voulu lui rendre hommage à ma manière, lui dire merci pour toutes ces années d’amour, à travers ce livre, qui inclut quelques chansons imaginées juste pour elle, mais aussi des souvenirs d’enfance de mes années Dorothée. Dorothée était une seconde maman.

 

Il est des gens qui nous touchent… qui restent à tout jamais dans nos vies. Alors peu importe si ce livre devait rester confidentiel, j’avais envie d’écouter mon cœur et d’écrire à Dorothée toute mon affection, lui dire à quel point elle reste importante. La télévision Dorothée manque… Je sais que je ne suis pas le seul à le penser…

 

Il n’y a plus d’êtres humains pour les enfants, aujourd’hui. C’est bien triste. Ce livre est un simple hommage, familial et convivial, je l’espère, à l’image de son inspiratrice.

 


 

Adam Gray

 

adam-gray.skyrock.com

 


 

http://www.bandbsa.be/contes3/mercidorothee.jpg

 

Publié dans présentations

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Beaudour Allala présente son roman à paraître, La valse des infidèles

Publié le par christine brunet /aloys

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Un  résumé du livre ?

 

N’avons-nous pas tous eu, un jour, la sensation qu’une autre vie nous appelait ailleurs ?

Et, qui n’a jamais fait l’amour, dans son cœur, à une autre femme ou à un autre homme que celui ou celle qui partage notre vie ?

 

Douze hommes et femmes, invités à une soirée dansante, se frôlent, se heurtent ou épousent parfois les corps de ceux qui comme eux,

cachent des histoires personnelles qui ressemblent tant à la nôtre, sans que jamais nous n’osions un jour nous l’avouer !

 

Les personnages de la valse des infidèles se jettent, à corps perdu dans le vide, pour nous dévoiler toutes les facettes du sentiment amoureux face à l’interdit, se révélant ainsi dans des sentiments contradictoires, entre noblesse et lâcheté.

 

Quitter un quotidien pesant, tel est le désir d’Assia qui devra se défendre face aux plus inattendus des maîtres chanteurs…

Partir à en crever, une question de survie pour Carole qui entrevoit une porte ouverte vers une nouvelle destinée qui se refermera très vite sur elle, prise dans l’étau de la culpabilité…

Changer de vie, une obsession pour Pascal qui tombe amoureux d’une femme qu’il n’a encore pas vu, mais seulement lu… peu importe, il deviendra ce qu’il a toujours rêvé d’être…

Fuir l’ordinaire, pour l’extra… Un homme blasé, le regard rivé au sol, rencontrera sur le quai d’une gare, « les escarpins rouges »…

 

« Un narrateur omniscient relie douze histoires de vie dont la brièveté de chaque récit ajoute de l’intensité au dénouement final. »

 

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Publié dans présentations

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Histoire Loup-Phoque... Une histoire de Jean-Michel Bernos !

Publié le par christine brunet /aloys

 

JMB Recentree

Histoire Loup-Phoque

 

Quand ma femme gardait des enfants, je me régalai à leur faire des tours.

 

Au début ils pleuraient pensant que je leur voulais quelque mal, mais ils finissaient très vite par comprendre que le crochet à la cave n’était pas là pour y pendre les gamins dissipés ou que la momie du château n’était qu’un pauvre vieux qui faisait sa promenade journalière. Même la main surgissant par la fenêtre pour les emporter quelque part sur orbite n’était qu’une pure invention !

 

Cela dura un temps, puis ils finirent par me dire d’un air nonchalant :

« Pfeuhhh… c’est une blaaaague ! »… Alors je commençais à leur chanter des comptines ou les emmener au parc, mais ça m’ennuya très vite !

Il fallait rapidement que j’imagine quelque chose.

 

Durant un moment, ils trouvèrent tous seuls le moyen de se divertir en faisant le petit train jusqu’à l’école. C’était rigolo, tout le monde ne suivait pas à la même vitesse et très souvent il déraillait sous les yeux attendris des passants qui disaient : « qu’est-ce qu’ils sont sages ces enfants ! ».

 

Je leur faisais même des petits tas de bâtons avec lesquels ils fabriquaient des cabanes pour les fourmis. Ces dernières s’y sentaient tellement bien qu’elles commencèrent à bouffer mes plantes par la racine – Alors évidemment je cherchais à me venger.

 

Je devais trouver quelque chose de plausible qui puisse les embarquer au pays de nulle part… où tout est vrai, où le rêve embellit les choses et les rend étranges et merveilleuses.

 

L’un des gamins avait un lapin… et vous savez comment sont les enfants, ils partaient en délire sur les choses étranges qu’il aurait pu vivre. L’idée me vint alors d’inventer des noms d’animaux extraordinaires, du genre : le lapin-chèvre ou l’éléphant-girafe. L’imagination n’avait aucune limite et nous nous mîmes à créer un zoo imaginaire et fabuleux. Il y avait le chien-mouton, la grenouille-lézard, le chat-perché et le chat-citron… oui, nous finîmes même par y adjoindre des choses moins vivantes mais un peu plus acidulées !

 

Nous avions trouvé l’âne-serpent, le bœuf-carotte (mais celui-là, je crois qu’il existe déjà !), la fourmi-poisson, le requin-tigre, et la pêche-abricot… pour finalement prendre conscience que certains étaient vraiment plausibles.

 

Il y avait le fou-chantant, le marteau-piqueur et même le loup-garou… mais comme les enfants recommençaient à avoir peur, on clôtura définitivement le bestiaire avec le loup-phoque !

 

Jean-Michel Bernos


1e Couverture MML-copie-1


 


Publié dans auteur mystère

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Histoire Loup-Phoque... Une histoire oui, mais qui en est l'auteur ??

Publié le par christine brunet /aloys

Histoire Loup-Phoque

 

Quand ma femme gardait des enfants, je me régalai à leur faire des tours.

 

Au début ils pleuraient pensant que je leur voulais quelque mal, mais ils finissaient très vite par comprendre que le crochet à la cave n’était pas là pour y pendre les gamins dissipés ou que la momie du château n’était qu’un pauvre vieux qui faisait sa promenade journalière. Même la main surgissant par la fenêtre pour les emporter quelque part sur orbite n’était qu’une pure invention !

 

Cela dura un temps, puis ils finirent par me dire d’un air nonchalant :

« Pfeuhhh… c’est une blaaaague ! »… Alors je commençais à leur chanter des comptines ou les emmener au parc, mais ça m’ennuya très vite !

Il fallait rapidement que j’imagine quelque chose.

 

Durant un moment, ils trouvèrent tous seuls le moyen de se divertir en faisant le petit train jusqu’à l’école. C’était rigolo, tout le monde ne suivait pas à la même vitesse et très souvent il déraillait sous les yeux attendris des passants qui disaient : « qu’est-ce qu’ils sont sages ces enfants ! ».

 

Je leur faisais même des petits tas de bâtons avec lesquels ils fabriquaient des cabanes pour les fourmis. Ces dernières s’y sentaient tellement bien qu’elles commencèrent à bouffer mes plantes par la racine – Alors évidemment je cherchais à me venger.

 

Je devais trouver quelque chose de plausible qui puisse les embarquer au pays de nulle part… où tout est vrai, où le rêve embellit les choses et les rend étranges et merveilleuses.

 

L’un des gamins avait un lapin… et vous savez comment sont les enfants, ils partaient en délire sur les choses étranges qu’il aurait pu vivre. L’idée me vint alors d’inventer des noms d’animaux extraordinaires, du genre : le lapin-chèvre ou l’éléphant-girafe. L’imagination n’avait aucune limite et nous nous mîmes à créer un zoo imaginaire et fabuleux. Il y avait le chien-mouton, la grenouille-lézard, le chat-perché et le chat-citron… oui, nous finîmes même par y adjoindre des choses moins vivantes mais un peu plus acidulées !

 

Nous avions trouvé l’âne-serpent, le bœuf-carotte (mais celui-là, je crois qu’il existe déjà !), la fourmi-poisson, le requin-tigre, et la pêche-abricot… pour finalement prendre conscience que certains étaient vraiment plausibles.

 

Il y avait le fou-chantant, le marteau-piqueur et même le loup-garou… mais comme les enfants recommençaient à avoir peur, on clôtura définitivement le bestiaire avec le loup-phoque !

Publié dans auteur mystère

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Une présentation de "Femme à facettes" de Milady M.

Publié le par christine brunet /aloys

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Nom : Milady

Prénom : Margaux

 

Lieu de résidence : Mouscron

 

Blog/site : (un mur sur Facebook)

 

Genre : Poésie

 

 

Un résumé :

« Femme à facettes », un recueil de poésies EROmantiques !
J’expose en quelque sorte au grand jour mon vécu sentimental un peu chamboulé. Perpétuellement torturée entre l’Amour avec un grand A et l’Amour charnel, j’y exprime mes joies et mes tristesses, mes désirs inavoués et mon sentiment d’injustice face à cette vie qui ne réserve pas que de bonnes surprises.
Une femme caméléon aux multiples visages, c’est un peu moi…

 

Un extrait : …pour vous mettre en appétit...

 

Et si la chantilly et le chocolat

Restent tes péchés mignons

Fais ripaille et régale-toi

Du bout de mes tétons…

Etait-ce une orgie ou un rêve érotique

Peu m’importe, j’aurai vécu l’amour gastronomique !

 

Publié dans présentations

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Kate Milie en invitée sur Aloys avec cette fiche de lecture signée Carine-Laure Desguin

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

desguin

 

L’assassin aime l’Art Déco, de Kate Milie, 180° Editions, ISBN 978-2-93047-19-5

 

Bluffée ! Je lis la dernière phrase de ce roman de 186 pages : on était le jeudi 28 août. Jamais je n’aurais pensé à un tel dénouement. D’une grande subtilité et avec quelle classe, dans l’écriture…

L’histoire ? Par-dessus la rambarde de la Basilique de Koekelberg, un vieil homme est jeté. Une semaine plus tard, toujours un jeudi, le corps d’un homme d’affaire russe est retrouvé noyé dans un hôtel du centre ville. Et un troisième corps est découvert aussi, dans l’incendie du Palais des Beaux-arts. A chaque fois, une carte- un as- accompagne la victime.

Pour mener l’enquête, Guillaume, l’inspecteur de police. Et Franck, le journaliste. Bien malgré elle, Marie, le seul témoin à pouvoir donner le signalement du suspect qu’elle a croisé à la basilique de Koekelberg, alors qu’elle guidait dans ce lieu un groupe de touristes, se joint aux deux hommes et distille tout au long de l’enquête ses connaissances au sujet de l’art déco.

Un quatrième personnage intervient mais je n’en dis pas plus. J’aikatemillie1.jpg adoré l’intrusion de celui-ci, vers la page nonante. Très bien, Kate Milie, vous surprenez le lecteur, vous brouillez les pistes !

Ah, les pistes ! Préparez vos gps car cette passionnée des belles architectures vous entraînera à travers ces lieux mythiques Art Déco de cette surprenante capitale : de la Basilique du Sacré-Cœur jusqu’à la Maison van Buuren, en passant par l’hôtel Plaza, le palais des Beaux-Arts et d’autres endroits…

Quels sont les liens entre les victimes et pourquoi le ou les assassins choisissent-ils précisément ces endroits ? Les liens entre les deux enquêteurs, des coïncidences ? Les meurtres, toujours un jeudi ! Pourquoi ?

L’auteur de « Une belle époque », par son style d’écriture aussi harmonieux que les courbes de l’architecture Art Déco et son feeling pour mener des enquêtes sans jamais lasser le lecteur assoit ici un genre de littérature tout neuf. Kate Milie, une créatrice. Et fin limier avec ça ! Mais il est vrai qu’entre LIMIER et MILIE, il n’y a qu’un R qui différencie les deux mots. Un R comme dans Renouveau. Car croyez-moi, on reparlera de cette auteur. Les lecteurs attendent un troisième livre…Un meurtre dans les sous-sols de l’hôtel Métropole ? Dites-nous….

 

Carine-Laure Desguin  http://carinelauredesguin.over-blog.com

 

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Publié dans l'invité d'Aloys

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L'auteur ? Edmée de Xhavée !

Publié le par christine brunet /aloys

 

Edmee-chapeau

 

 

On a marché sur ma tombe


Edmée De Xhavée

Elle vérifie l’adresse sur son carnet. Oui, c’est ici. « Une maison blanche avec les volets bleus et la barrière qui aurait besoin d’un coup de pinceau » a précisé Juliette dans son mail. Il pleuvine mais le soleil perce le parchemin de nuages et donne une lueur métallique au trottoir et aux pelouses. Quelques roses échappées au pied de la haie côté rue semblent chanter leur parfum, la tête ployée de lourdeur.

Juliette a dû la guetter et ouvre la porte, tous sourires.

­« Je t’ai reconnue tout de suite… tu es tout à fait comme sur les photos » s’écrie-t-elle, et Line se fait la même réflexion. Seule la taille de Juliette la déconcerte car elle l’imaginait plus grande. Pour le reste, c’est bien la brune au casque de cheveux net et luisant, au sourire à fossettes et yeux distillant la joie. Elles s’embrassent sur le seuil et une chaude odeur d’épices l’enveloppe de couleurs safran et piment.

On la présente au mari, Frank, un homme dont on comprend vite qu’il aime rester en retrait. Le frère et la sœur de Juliette sont là avec leurs conjoints et le regard du frère, Nicolas, gonfle son cœur d’un chagrin brûlant : ce sont ces yeux à lui, exactement ses yeux. Les paupières un peu obliques et lourdes, des cils noirs et ce regard si attentif qu’il en paraît indiscret. Elle sent son dos frémir et son humeur vaciller. Même sa voix a eu un vibrato de détresse alors qu’elle le saluait.

Elle a apporté un vase d’argile de couleur corail traversé par des éclairs noirs. « Une technique navajo » explique-t-elle alors qu’on les effleure d’un doigt interrogatif. « Du crin de cheval qu’on jette sur le vase alors qu’il sort du four et qui y brûlent ».  Juliette démontre une joie enthousiaste  à l’idée de posséder un tel objet – les vases, pots et plats de Line commencent à devenir hors prix – et cherche l’objet à détrôner dans le living pour le remplacer par le nouveau venu. On lui fait bel accueil, à ce vase qui restera un souvenir de cette rencontre inattendue.

Car elle et Juliette se sont connues par Facebook deux ans plus tôt. Attirées par les photos l’une de l’autre – les œuvres de Line et les petits-enfants de Juliette qu’elle s’amuse à ne montrer qu’en sépia avec de rares touches de couleur. Et par le fait qu’elles avaient quelques « amis » communs. Dont Piero, le frère de Juliette et les autres et le seul de la famille qui soit né en Italie alors que son père y était en délégation pour un an. Piero qu’elle avait rencontré neuf ans plus tôt lors d’une exposition de son travail à Milan, dans le hall d’un hôtel où il avait un rendez-vous d’affaire.

Piero qui tout comme elle n’avait pu résister à l’inexplicable mais intense attraction qu’ils éprouvèrent. Mariage pour lui, compagnonnage pour elle, vies et pays différents – Piero habitait Milan et elle Bruxelles -, rien ne leur parut insurmontable. Elle quitta son compagnon avant même d’avoir revu Piero pour ces premiers trois jours et nuits dans les dolomites où ils s’offriraient leurs corps après s’être échangés leurs coeurs. Elle ne savait rien sauf qu’ils s’aimaient. La révélation de l’amour les faisait resplendir, et leurs vies n’en étaient plus qu’une, faite de coups de fil, de messages, de mails et de rencontres exaltantes. Cinq ans avaient couru ainsi, sans baisse d’amour, sans repos du cœur ou des émotions, dans un crescendo d’intimité. Il était son époux. Elle était sa femme véritable même si dans sa jeunesse il avait choisi pour épouse la jeune fille primesautière aux sourcils en arcs parfaits qui suivait les mêmes cours que lui. Il avait construit sa vie, elle avait construit la sienne. Mais le sens de leur vie, c’était ensemble qu’ils le touchaient du doigt.

C’était aussi ensemble qu’ils touchaient le ciel du doigt.

Et tout explosa. Littéralement. Graduellement. La voiture de Line brûla pendant la nuit, boutant le feu à un cerisier du Japon. Puis ce fut  la porte de son appartement qui fut faussée car on ne put l’ouvrir. Son chat qu’on retrouva au matin gémissant, les quatre pattes brisées et qu’il fallut endormir. Des coups de fils anonymes. Une agression dans un centre commercial. Une exposition saccagée pendant la nuit.

La rupture s’imposa comme unique issue. L’épouse bafouée ou sa famille n’en resterait pas là. Et la quitter déclencherait sans doute une furie bien pire. Oh… ils choisirent de mourir à petit feu pour ne pas qu’elle meure brusquement. Ils refermèrent sur eux les couvercles de cercueils invisibles sous lesquels la décomposition commençait déjà… Il n’y avait ni larmes à verser ni espoir à garder. Rien qu’accepter leur mutuelle euthanasie sans résister.

Peu à peu leurs signes de vie, photos évoquant des souvenir sur Facebook, emails hurlant l’amour dans la sobriété des mots (Bon anniversaire Piero chéri – Je te baise le front ma Line que j’aimerai toujours) s’étaient tus pour donner, peut-être, l’oubli à l’autre, et donc le retour à la vie.

Et Juliette n’avait jamais rien su, ni personne, sauf l’épouse et sa garde. Et Line avait erré dans des jours qui s’égrenaient sans éclat. Son art avait changé, tout comme son aspect. Beaucoup de lignes brisées dans la terre travaillée, et une tristesse profonde qui patinait tous ses gestes et sourires. Et là, devant les yeux de Piero habitant le visage de son frère, il lui semble que sa douleur va enfin la faire mourir d’un coup de fer rouge. Mais elle ne peut le quitter du regard, même si seuls les yeux sont similaires.

On prend gaiement l’apéritif et ils la questionnent, imaginent sa vie, s’informent sur ses techniques, sur les vernissages et leurs visiteurs assidus aux zakouskis, sushis et champagne gratuit. Ils la trouvent discrète pour une artiste. Ils parlent de leurs enfants, et petits-enfants dans le cas de Nicolas. Ils sont gentils, animés, excités de la rencontrer, elle qui se trouve par hasard dans leur ville pour une exposition de trois semaines.

La table est dressée d’une façon un peu enfantine, avec des serviettes de papier multicolore, des bougies flottantes et des couverts trop modernes. Juliette, qui revient de la cuisine  où elle a vérifié la cuisson de ses préparations, désigne deux  des places et explique gaiement « Mon frère Piero va arriver avec sa femme, ils sont justement en Belgique aussi, quelle chance que l’on puisse tous te voir en même temps! Ils ne pouvaient pas être là pour l’apéro qu’ils prenaient chez un ami de pensionnat de Piero. Mais ils ne devraient pas tarder. »

Un fantôme d’air est sorti d’elle en un souffle presque silencieux. Sa langue perçoit un goût sûr qui se répand à l’intérieur de ses joues comme un venin. Ses mains commencent à trembler et elle les appuie sur les cuisses pour le dissimuler. Toute sa vie lui semble concentrée dans une boule qui grandit dans sa gorge, affolant son cœur en l’étouffant. « J’ai un médicament à prendre, Juliette, une injection… puis-je utiliser ta salle de bain ? »

A peine a-t-elle refermé la porte derrière elle que des exclamations retentissent de l’autre côté. Voilà Piero et Donatella ! Ouvre, ouvre, ce temps de cochon doit les traumatiser après l’Italie. Des rires cascadent, des chaises crient sur le dallage.

Elle s’appuie contre la porte, haletante, le front perlé d’une sueur froide comme la paume de la mort. En elle des milliers de petits capillaires se gorgent de détresse et se rompent, entrainant les veines dans leur furie bouillonnante. Elle ne sait si elle a fermé les yeux ou si elle ne voit plus. Son cœur galope et elle, elle est enfin sereine comme au réveil de ces nuits qu’ils passaient ensemble, imbriqués comme deux fœtus inséparables. Derrière le bourdonnement qui brouille son ouïe, elle perçoit sa voix, d’une jovialité un peu forcée et teintée de lassitude,  « Tu vas mieux, Piero ? » entend-t-elle demander. Sa mâchoire claque et elle la serre pour la dompter, sent deux dents se limer l’une contre l’autre avec un bruit de meule. Le lavabo… arriver jusqu’au lavabo, me baigner le visage. Elle fait deux pas et ses jambes se plient sous elle qui s’affaisse en s’agenouillant sans fracas ni désordre, presque en douceur, alors que son cœur est broyé dans une douleur si intense qu’elle ne peut déjà plus rien ressentir.

Dans l’entrée Piero frissonne et pâlit. « Ah oui, c’est la Belgique, et un temps de cochon comme toujours… tu as froid ? » s’inquiète Juliette. « Non… c’est étrange… quelqu’un a marché sur ma tombe » Il frissonne encore. Tous se mettent à rire « Tu ne changeras jamais, toi ! Oublie ta tombe et entre… tu ne devineras jamais qui tu vas rencontrer ! »

 

edmee.de.xhavee.over-blog.com

 

9782874595196 1 75

Publié dans auteur mystère

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Mais qui est l'auteur de cette nouvelle ?

Publié le par christine brunet /aloys

 

point d'interrogation

 

 

On a marché sur ma tombe


Elle vérifie l’adresse sur son carnet. Oui, c’est ici. « Une maison blanche avec les volets bleus et la barrière qui aurait besoin d’un coup de pinceau » a précisé Juliette dans son mail. Il pleuvine mais le soleil perce le parchemin de nuages et donne une lueur métallique au trottoir et aux pelouses. Quelques roses échappées au pied de la haie côté rue semblent chanter leur parfum, la tête ployée de lourdeur.

Juliette a dû la guetter et ouvre la porte, tous sourires.

­« Je t’ai reconnue tout de suite… tu es tout à fait comme sur les photos » s’écrie-t-elle, et Line se fait la même réflexion. Seule la taille de Juliette la déconcerte car elle l’imaginait plus grande. Pour le reste, c’est bien la brune au casque de cheveux net et luisant, au sourire à fossettes et yeux distillant la joie. Elles s’embrassent sur le seuil et une chaude odeur d’épices l’enveloppe de couleurs safran et piment.

On la présente au mari, Frank, un homme dont on comprend vite qu’il aime rester en retrait. Le frère et la sœur de Juliette sont là avec leurs conjoints et le regard du frère, Nicolas, gonfle son cœur d’un chagrin brûlant : ce sont ces yeux à lui, exactement ses yeux. Les paupières un peu obliques et lourdes, des cils noirs et ce regard si attentif qu’il en paraît indiscret. Elle sent son dos frémir et son humeur vaciller. Même sa voix a eu un vibrato de détresse alors qu’elle le saluait.

Elle a apporté un vase d’argile de couleur corail traversé par des éclairs noirs. « Une technique navajo » explique-t-elle alors qu’on les effleure d’un doigt interrogatif. « Du crin de cheval qu’on jette sur le vase alors qu’il sort du four et qui y brûlent ».  Juliette démontre une joie enthousiaste  à l’idée de posséder un tel objet – les vases, pots et plats de Line commencent à devenir hors prix – et cherche l’objet à détrôner dans le living pour le remplacer par le nouveau venu. On lui fait bel accueil, à ce vase qui restera un souvenir de cette rencontre inattendue.

Car elle et Juliette se sont connues par Facebook deux ans plus tôt. Attirées par les photos l’une de l’autre – les œuvres de Line et les petits-enfants de Juliette qu’elle s’amuse à ne montrer qu’en sépia avec de rares touches de couleur. Et par le fait qu’elles avaient quelques « amis » communs. Dont Piero, le frère de Juliette et les autres et le seul de la famille qui soit né en Italie alors que son père y était en délégation pour un an. Piero qu’elle avait rencontré neuf ans plus tôt lors d’une exposition de son travail à Milan, dans le hall d’un hôtel où il avait un rendez-vous d’affaire.

Piero qui tout comme elle n’avait pu résister à l’inexplicable mais intense attraction qu’ils éprouvèrent. Mariage pour lui, compagnonnage pour elle, vies et pays différents – Piero habitait Milan et elle Bruxelles -, rien ne leur parut insurmontable. Elle quitta son compagnon avant même d’avoir revu Piero pour ces premiers trois jours et nuits dans les dolomites où ils s’offriraient leurs corps après s’être échangés leurs coeurs. Elle ne savait rien sauf qu’ils s’aimaient. La révélation de l’amour les faisait resplendir, et leurs vies n’en étaient plus qu’une, faite de coups de fil, de messages, de mails et de rencontres exaltantes. Cinq ans avaient couru ainsi, sans baisse d’amour, sans repos du cœur ou des émotions, dans un crescendo d’intimité. Il était son époux. Elle était sa femme véritable même si dans sa jeunesse il avait choisi pour épouse la jeune fille primesautière aux sourcils en arcs parfaits qui suivait les mêmes cours que lui. Il avait construit sa vie, elle avait construit la sienne. Mais le sens de leur vie, c’était ensemble qu’ils le touchaient du doigt.

C’était aussi ensemble qu’ils touchaient le ciel du doigt.

Et tout explosa. Littéralement. Graduellement. La voiture de Line brûla pendant la nuit, boutant le feu à un cerisier du Japon. Puis ce fut  la porte de son appartement qui fut faussée car on ne put l’ouvrir. Son chat qu’on retrouva au matin gémissant, les quatre pattes brisées et qu’il fallut endormir. Des coups de fils anonymes. Une agression dans un centre commercial. Une exposition saccagée pendant la nuit.

La rupture s’imposa comme unique issue. L’épouse bafouée ou sa famille n’en resterait pas là. Et la quitter déclencherait sans doute une furie bien pire. Oh… ils choisirent de mourir à petit feu pour ne pas qu’elle meure brusquement. Ils refermèrent sur eux les couvercles de cercueils invisibles sous lesquels la décomposition commençait déjà… Il n’y avait ni larmes à verser ni espoir à garder. Rien qu’accepter leur mutuelle euthanasie sans résister.

Peu à peu leurs signes de vie, photos évoquant des souvenir sur Facebook, emails hurlant l’amour dans la sobriété des mots (Bon anniversaire Piero chéri – Je te baise le front ma Line que j’aimerai toujours) s’étaient tus pour donner, peut-être, l’oubli à l’autre, et donc le retour à la vie.

Et Juliette n’avait jamais rien su, ni personne, sauf l’épouse et sa garde. Et Line avait erré dans des jours qui s’égrenaient sans éclat. Son art avait changé, tout comme son aspect. Beaucoup de lignes brisées dans la terre travaillée, et une tristesse profonde qui patinait tous ses gestes et sourires. Et là, devant les yeux de Piero habitant le visage de son frère, il lui semble que sa douleur va enfin la faire mourir d’un coup de fer rouge. Mais elle ne peut le quitter du regard, même si seuls les yeux sont similaires.

On prend gaiement l’apéritif et ils la questionnent, imaginent sa vie, s’informent sur ses techniques, sur les vernissages et leurs visiteurs assidus aux zakouskis, sushis et champagne gratuit. Ils la trouvent discrète pour une artiste. Ils parlent de leurs enfants, et petits-enfants dans le cas de Nicolas. Ils sont gentils, animés, excités de la rencontrer, elle qui se trouve par hasard dans leur ville pour une exposition de trois semaines.

La table est dressée d’une façon un peu enfantine, avec des serviettes de papier multicolore, des bougies flottantes et des couverts trop modernes. Juliette, qui revient de la cuisine  où elle a vérifié la cuisson de ses préparations, désigne deux  des places et explique gaiement « Mon frère Piero va arriver avec sa femme, ils sont justement en Belgique aussi, quelle chance que l’on puisse tous te voir en même temps! Ils ne pouvaient pas être là pour l’apéro qu’ils prenaient chez un ami de pensionnat de Piero. Mais ils ne devraient pas tarder. »

Un fantôme d’air est sorti d’elle en un souffle presque silencieux. Sa langue perçoit un goût sûr qui se répand à l’intérieur de ses joues comme un venin. Ses mains commencent à trembler et elle les appuie sur les cuisses pour le dissimuler. Toute sa vie lui semble concentrée dans une boule qui grandit dans sa gorge, affolant son cœur en l’étouffant. « J’ai un médicament à prendre, Juliette, une injection… puis-je utiliser ta salle de bain ? »

A peine a-t-elle refermé la porte derrière elle que des exclamations retentissent de l’autre côté. Voilà Piero et Donatella ! Ouvre, ouvre, ce temps de cochon doit les traumatiser après l’Italie. Des rires cascadent, des chaises crient sur le dallage.

Elle s’appuie contre la porte, haletante, le front perlé d’une sueur froide comme la paume de la mort. En elle des milliers de petits capillaires se gorgent de détresse et se rompent, entrainant les veines dans leur furie bouillonnante. Elle ne sait si elle a fermé les yeux ou si elle ne voit plus. Son cœur galope et elle, elle est enfin sereine comme au réveil de ces nuits qu’ils passaient ensemble, imbriqués comme deux fœtus inséparables. Derrière le bourdonnement qui brouille son ouïe, elle perçoit sa voix, d’une jovialité un peu forcée et teintée de lassitude,  « Tu vas mieux, Piero ? » entend-t-elle demander. Sa mâchoire claque et elle la serre pour la dompter, sent deux dents se limer l’une contre l’autre avec un bruit de meule. Le lavabo… arriver jusqu’au lavabo, me baigner le visage. Elle fait deux pas et ses jambes se plient sous elle qui s’affaisse en s’agenouillant sans fracas ni désordre, presque en douceur, alors que son cœur est broyé dans une douleur si intense qu’elle ne peut déjà plus rien ressentir.

Dans l’entrée Piero frissonne et pâlit. « Ah oui, c’est la Belgique, et un temps de cochon comme toujours… tu as froid ? » s’inquiète Juliette. « Non… c’est étrange… quelqu’un a marché sur ma tombe » Il frissonne encore. Tous se mettent à rire « Tu ne changeras jamais, toi ! Oublie ta tombe et entre… tu ne devineras jamais qui tu vas rencontrer ! »

Publié dans auteur mystère

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