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Les vieux amants du Bois de la Cambre, première partie, une nouvelle de Gauthier Hiernaux

Publié le par christine brunet /aloys

 

gauthierhiernaux

 

 

Je fais partie de ces gens qui n’aiment pas la routine, quelle qu’elle soit. Il faut toujours que je trouve quelque chose pour rompre la monotonie, même pour une poignée de secondes. Au fil des années, cette habitude est devenue une obsession et je ne pense pas avoir abandonné un jour l’espoir de rendre mon quotidien… et bien… moins quotidien.

D’un jour à l’autre, je change mes horaires et je varie, autant que faire se peut, mon alimentation.

Je ne mets jamais les mêmes vêtements ni les mêmes chaussures, au grand désespoir de mon compagnon qui voit son côté de garde-robe diminuer comme peau de chagrin.

Je suis contente d’être une femme pour avoir la possibilité de changer de coiffure aisément, mais je pense que, si j’étais un homme, je pourrais faire de même avec les poils du visage. 

J’ai une demi-douzaine d’itinéraires pour me rendre au travail et je tente de me garer à chaque fois à une place différente.

Au début de ma carrière, j’avais un collègue qui réagissait de manière diamétralement opposée et cela avait tendance à me taper sur les nerfs. Il avait acheté une série de costumes noirs et des chemises bleues parfaitement identiques qu’il mettait tous les jours. Il mangeait les mêmes tartines salami-moutarde tous les midis assis à la même place (dos à la fenêtre de la cantine) en compagnie des mêmes personnes.

Pour moi, il s’agissait d’un monomaniaque. Cependant, j’imagine que je devais l’intriguer tout autant avec mon absence d’habitudes.

J’intriguais également l’homme qui partageait ma vie depuis une dizaine d’années et il avait appris à ne plus me poser de questions.

Cependant, ma vie professionnelle était celle d’une employée classique de bureau et, même si je me refusais de lui donner un rythme abrutissant, je me devais de respecter certaines règles.

Je travaillais pour une grande entreprise pharmaceutique où j’officiais en tant que collaboratrice (c’est-à-dire « secrétaire ») pour un quadragénaire que je ne voyais presque jamais. Il était derrière son bureau de huit à neuf et de dix-sept à dix-neuf (heures à laquelle j’étais partie) et j’avais tout intérêt à être présente le matin pour recevoir mes ordres de travail. Le reste du temps, Monsieur était en réunion ou en déplacement, ce qui incluait également ses repas d’affaire et les quelques rendez-vous privés qu’il me demandait de prendre chez le dentiste ou le coiffeur car son temps libre était limité comme s’il lui avait été dispensé par un avaricieux.

Je connaissais bien ce genre d’individus ; ils se taillaient une carrière pendant dix, quinze ans, au mépris de tout, surtout de leur famille (s’ils en avaient une). Quand ils recevaient les papiers du divorce, ils se demandaient encore pourquoi une telle injustice leur tombait dessus, eux qui sacrifiaient leur vie pour améliorer celle de ceux qu’ils voyaient somme toute beaucoup moins que leurs collègues.

J’avais pitié de ces êtres qui bradaient leur sa vie personnelle au profit du profit.

Personnellement, dès que je le pouvais, je rentrais chez moi profiter de mon compagnon et de ma fille de deux ans et demi. Rien n’aurait pu me détourner d’eux et parfois, j’avais la tentation de penser que j’étais la personne la plus riche de ce monde.

Ma vie était ponctuée de petits bonheurs que je tentais moi-même de créer comme un pointilliste consciencieux.

Un matin, alors que je m’étais levée un peu en retard et que j’avais avalé un petit-déjeuner frugal, je fonçais vers l’entreprise avec le sentiment que j’allais finir par enfoncer le plancher de ma petite voiture si je continuais à agir de la sorte.

Ma route, choisie ce matin parmi mon petit panel, étant barrée par des manifestants, je me résolus à changer d’itinéraire.

Je tournai mon volant et empruntai un autre chemin qui allongeait légèrement la distance, mais qui possédait l’avantage d’être libre de tout élément perturbateur.

Il me fallut deux ou trois kilomètres pour me rendre compte que mon choix par défaut n’avait pas été le bon et que, en prévision de la manifestation qui m’avait déjà arrêtée tout à l’heure, la police bloquait les artères principales, rabattant le trafic vers des routes secondaires qui ne tarderaient pas à être saturées.

Je n’avais dès lors qu’à suivre le flot de voitures et me laisser porter par elles.

La situation était loin de me déplaire ; je découvrirais, avec un peu de chance, d’autres horizons qui pourraient peut-être me ravir.

Tant pis pour Monsieur Mon Patron. Je lui expliquerais la raison de mon retard et regrettais déjà de devoir rester en soirée pour réussir à concilier nos horaires.

Après une multitude de circonvolutions aberrantes, nous fûmes détournés vers le bois.

Je n’empruntais jamais cette route car elle m’éloignait considérablement de ma destination et je me demandais en poursuivant mon chemin comment je pourrais faire la jonction.

Je n’avais pas cette partie de la ville en tête et regrettais de ne pas m’être laissée tenter par le GPS que mon compagnon, avait proposé de m’offrir pour Noël.

Je profitai d’un arrêt devant un feu rouge pour farfouiller dans mon vide-poche à la recherche d’un plan. Alors que mes doigts allaient à la rencontre de dizaines de trucs inutiles pour l’heure, je me rappelai l’avoir prêté à une nouvelle collègue fraîchement débarquée d’Espagne et totalement paumée dans notre belle capitale.

Un début de panique montait doucement en moi et je fus tentée de me faire porter pâle au bureau. Malheureusement, l’autre homme de mon autre vie comptait sur moi pour gérer sa vie et je ne pouvais ouvertement me dérober au risque de voir sa carrière éclater comme une bulle de savon.

En passant devant cette belle abbaye reconvertie en école supérieure des arts visuels, je me dis que je tenais peut-être ma chance de passer par cette route boisée fort agréable pendant les beaux jours.

On m’en avait parlé, mais je ne l’avais jamais empruntée car, pour la rejoindre, je devais traverser la moitié de Bruxelles.

Dans ce cas d’espèce, comme je l’avais déjà traversée, cette option était désormais envisageable.

D’un coup de volant, je m’engageai sur la file de droite et longeai une avenue qui portait le nom d’un Premier ministre britannique puis aboutis à un rond point qui me donnait accès au bois.

L’endroit était fort agréable, même en cette saison, mais je doutais qu’il puisse s’ajouter à mes parcours préférentiels. Alors que je suivais une vieille Volvo un peu poussive, j’eus le temps de repérer quelques trouées qui permettaient aux piétons de rentrer dans le cœur des bois et de s’y perdre. Sans doute viendrais-je me promener ici avec mes deux amours pendant les beaux jours.

Je me rappelai à l’ordre. Ma distraction au coulant m’avait déjà valu un ou deux accrochages (en tort) et quelques frayeurs (à raison) et je constatais que cela ne m’avait pas servi de leçon.

Il n’y avait que lorsque ma fille était assise dans sa chaise bébé à l’arrière que je gardais les yeux braqués sur la route.

Je devais faire comme si mon enfant était mon passager, en n’importe quelle circonstance.

Mais comme je prenais cette décision, j’aboutissais à un gigantesque étang dont la vue m’émerveilla.

En cette saison encore hivernale, l’endroit était naturellement désert de promeneurs. Je me doutais qu’il était littéralement envahi lorsque le soleil pointait le bout de son nez.

Je pouvais m’imaginer les barques voguant paresseusement au fil de l’eau et les enfants descendre les pentes juchés sur leur vélo.

Pour l’heure, dans le minable éclairage dispensé par les réverbères, j’apercevais au loin un couple de personnes âgées venir à ma rencontre sur le trottoir d’en face, lui poussant une chaise roulante dans laquelle elle était dignement assise. 

J’eus le temps de les voir s’arrêter sur le chemin et je les dépassai comme le vieillard contournait la chaise et tendait les bras.

Je pilai de justesse, manquant de peu le pare-choc du conducteur qui me précédait. Echaudée, je levai le pied et m’enjoignis de me focaliser sur la route, ce que je réussis à faire jusqu’aux feux de signalisations qui délimitaient la sortie du domaine.

La bonne humeur commença à me gagner quand je compris que je ne m’étais pas fourvoyée lorsque je vis les panneaux qui annonçaient l’autoroute. Je traversais une large étendue forestière où il n’était pas question de dépasser les cinquante à l’heure et je me demandais où ce chemin allait me faire déboucher.

J’eus la surprise d’aboutir sur le périphérique que, nous, les Belges, appelons « Ring » en constatant que, somme toute, je n’avais que vingt minutes de retard sur l’horaire.

Ma journée commençait plutôt bien.

Je m’en étais mise plein les yeux.   (...) La suite ? Demain...

 

Gauhtier Hiernaux

www.grandeuretdecadence.wordpress.com

http://www.bandbsa.be/contes3/lucioles.jpg

Publié dans Textes

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Christine Brunet a lu "L'Elitiste" de Jean-Claude Texier

Publié le par christine brunet /aloys

ma photo

 

 

J'ai lu l'Elitiste de Jean-Claude Texier...

 

Un titre bizarre, une couverture qui ne l'est pas moins, quelques mots surprenants sous la photo de première de couverture "J'aurais voulu vous les offrir moi-même, ces roses du feu dont brûlait mon coeur", une vidéo-lecture d'un extrait, voilà les indices à ma disposition pour me faire une première idée de ce roman. Des indices contradictoires, en fait : L'Eltiste est-il une histoire d'amour dans un contexte scolaire ?

Si vous croyez ça, vous avez tout faux ! enfin, presque...

Alors, de quoi est-il question, dans l'Elitiste ?

Jean-Claude Texier ne nous propose pas une seule histoire mais plusieurs, des destins quihttp://www.bandbsa.be/contes3/elitiste.jpg se croisent, s'entrechoquent, fusionnent et divorcent sur une toile de fond omniprésente qui, quelque part, tire les ficelles. Les héros agissent sous l'emprise de passions intransigeantes, de buts inavoués, de calculs sournois et de manipulations.

Le lecteur découvre un univers scolaire très éloigné de l'image polie qu'il en a communément, sous influences, le tout servi par un style agréable et facile.

Les héros sont des personnages forts associés au monde éducatif, au passé rugueux, habités, torturés par leurs contradictions, trimbalés au fils des évènements politiques qui ont fait la France et sa politique de l'éducation. Ils nous proposent un curieux rapport d'impuissance face à des volontés supérieures.

Beaucoup de surprises, pas d'ennui, quelques passages amusants, d'autres plus sérieux... Voilà L'Elitiste ! 

Au fait, et les roses de la couverture, alors ??? Lisez et vous comprendrez !


 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

http://www.bandbsa.be/contes3/E16.jpg

Publié dans Fiche de lecture

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Chantal Parduyns et son premier roman, Athéna

Publié le par christine brunet /aloys

 

http://www.bandbsa.be/contes/athenacover.jpg

 

Athéna est un monde parfait, tout de sérénité et d’harmonie. Des lois sages y organisent la vie, l’amour, la mort.

 

Une femme assassinée et l’équilibre bascule lentement, inexorablement. Le sang des roses annonce la mort. La mort ou … la vie ?

 

 

 

 

Ainsi commence l’histoire…

 

Discussion intéressante, je n’ai pas vu l’heure passer. Décidément, les soirées chez Métis sont divinement harmonieuses ! Mais voici votre chauffeur, Basile !

Le taxi arrive et son bruissement achève de froisser l’immobilité silencieuse de la nuit. Une lumière tamisée découvre des sièges moelleux en cuir beige clair. Des bonsoirs rapides s’échangent et s’enfouissent dans le confort paisible des banquettes. Deux adolescents prennent place face à Hélène. Enfin, Basile se glisse vers son siège en clôturant les civilités d’usage :

Bonsoir, Alexandre. Bonsoir, Daphné. Portez-vous bien jusqu’à jeudi prochain !

Somptueusement, l’immense portière descend et se referme en chuintant. Bientôt, la voiture se faufile dans la nuit, entre deux rangées d’immeubles gris métal identiques, sous l’œil brillant et attentif des nombreuses caméras. Ici et là, quelques silhouettes effleurent tranquillement les trottoirs, cygnes noirs gracieux qui cheminent vers leur nid sur le miroir d’une eau dormante.

Des halos lumineux, suspendus à de hauts mats, épinglent le velours d’encre du ciel. Alexandre, Daphné, Sophie et Stéphane suivent du regard les phares feutrés du taxi qui s’éloigne. Enfin, ils détournent leurs yeux habitués à l’obscurité et se dirigent vers le trottoir roulant. Ils s’y installent. Alexandre a glissé son bras sous celui de Daphné. Le tapis luisant se met en mouvement et les emmène en chuchotant.

 

http://www.bandbsa.be/contes/parduyns3.jpg

Publié dans présentations

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Chloé des lys passe à l'ère du numérique !

Publié le par christine brunet /aloys

ebookcdl.jpg

 

On en parlait depuis de mois... un débat ouvert sur le forum Chloé des lys, des auteurs partagés, convaincus, suspicieux, enthousiastes, ou attentistes.

Mais le fait est, et vous ne me contredirez pas, que les éditeurs ouvrent désormais, lentement mais inéluctablement, leur catalogue papier à la dimension numérique.

Une conséquence de la crise ? Peut-être... mais l'engouement pour les tablettes et liseuses joue un rôle prépondérant. 

Alors, nos livres partout, sous tous les formats, accessibles à tous via leur liseuse ou le Ipad?

Nous avons choisi le format epub, le plus lu, le plus... universel... mais si vous possédez un kindle... (format spécifique), vous n'aurez pas accès à notre catalogue... 

Pour l'heure, trois livres en test... histoire d'essuyer les plâtres. Espérons que tout se passe parfaitement !  

L'avantage à présent ? Il est immédiat, évident et double : la rapidité de téléchargement et le prix... 4,99 euros au lieu, par exemple, de 19,50 pour Nid de vipères sur le site CDL et... 27,90 en librairie ! Pas l'odeur du papier, le toucher, certes. Mais lire trois livres pour le prix d'un seul... A réfléchir !

Une édition numérique 100% CDL avec une chef d'orchestre de talent, France, auteur CDL mais aussi infographiste et plasticienne, présente sur tous les fronts : le e-book mais aussi la création de notre nouveau site, la conception graphique des couvertures d'une majorité de nos auteurs, de la revue des petits papiers de Chloé, etc. A ses côtés, Laurent Dumortier qui n'a pas hésité à lancer CDL dans cette aventure et Bob Boutique, le moteur dynamique du projet.

Alors, comment faire pour télécharger l'un des livres ? Comme une commande classique, et un paiement via paypal, parfaitement sécurisé.

Gageons que le catalogue s'enrichira très vite de nouveaux titres !

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

Publié dans ANNONCES

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Hugues Draye et son journal de bord !

Publié le par christine brunet /aloys

 

H.draye

 

journal de bord, lundi 18 décembre 2012
  
Comme d'habitude, comme à chaque fois que je redémarre le boulot, après une période de congé, eh bien, la réalité a été moins terrible que ... l'idée que je m'en faisais.

Je suis bien retombé sur mes pattes, quand j'ai réintégré, ce matin, le bureau (de poste) où je travaille.

Evidemment, les aspects les plus "folkloriques" n'ont pas manqué au rendez-vous.

Ca va, j'ai retrouvé mon caddy à quatre roues (ce n'est pas le cas chaque fois), mais ... sans la plupart des "refeelbacks' qui le composent.

Ca va, je mettrai une pause ici.

Les "refeelbacks" sont les espèces de sacs qui font le caddy, à l'intérieur desquels on met le courrier.

J'avais du en laisser une douzaine, y a quinze jours, avant de prendre mon congé.

Je n'en ai retrouvé ... aucun, pratiquement. Que s'est-il passé durant mon absence ? Y en a eu quelques-uns qui ont fait ma tournée, ont utlisé mes "refeelbacks", les ont laissés quelque part sur ma tournée (en comptant sur le chauffeur pour les ramener) ou les ont dérobés, emmenés sur les lieux des autres tournées où ils devaient remplacer un autre facteur titulaire manquant.

Bref : le bordel habituel !

Et quand j'interromps, à plusieurs reprises, le classement, le tri de ma tournée pour aller voir un chef, dans le but d'avoir de nouveaux "refeelbacks", eh bien, la réponse se fait attendre, jusqu'au moment où j'apprends (via un chef) que les "refeelbacks" ont été volés. On finit, en regardant sur d'autres tournées, par m'en procurer ... trois, pour commencer. Allez, à la grâce de Dieu !

"Enfin, Hugues, la prochaine fois que tu pars en congé, mets tes refeelbacks dans ton armoire. Tu en as une, quand même !"
"Oui, j'en ai une ... et si je dis qu'un jour, j'ai planqué des refeelbacks, dans mon armoire, à l'entresol, que j'ai fermé l'armoire à clé, et qu'à mon retour, je n'ai plus retrouvé les refeelbacks dans l'armoire"

Silence devant ma réponse. Inutile de préciser que je n'ai jamais su résoudre l'énigme.

PLus tard, je finis par me débrouiller (avec mon caddy) rien qu'avec trois refeelbacks. Par bonheur, avec ceux qu'on m'avait "donnés", j'ai su faire des surcharges. OK OK.

C'est pas tout.

Au moment de partir avec mon caddy ...

Quelque chose qui cloche : oui, les roues de devant patinent. Rien qu'en actionnant le caddy, en le f'sant rouler dans l'aile du bureau (avant de prendre l'ascenceur et de partir en tournée), je sens quelque chose de pas normal. 
Autre chose : les deux freins de devant sont hyper lourds à manoeuvrer. C'était pourtant pas le cas, avant mon congé. Une seule déduction possible : le(s) remplaçants(s) ont du s'agiter sur l'engin comme des tordus en f'sant ma tournée.

Personne, dans l'immédiat, pour me dépanner (évidemment).

Je file dans une pièce, à l'arrière. Tiens, je reconnais un ancien caddy à quatre roues, que j'utilisais encore, y a à peine un mois. Un bord avait rendu l'âme, j'avais du demander un autre caddy. Mais bon, le choix est limité, ici, et il est plus que temps que je parte en tournée. Je transvase. Je mets les "refeelbacks" de l'autre caddy sur celui-là. C'est pas l'idéal, non. Mais ici, les freins fonctionnent encore convenablement. Je dois tenir compte de c'là : je parcoure, en tournée, des rues montantes, des trottoirs escarpés (à tout moment, oui, je risque ... ma vie).

Le calvaire ne sarrête pas là.

Sur la Place Flagey, un cirque s'est installé. Je dois contourner.

Il pleut. Il flotte. Il drache. Aussi.

En plus, entre temps, un SMS que j'aurais préféré ne pas recevoir. Ca n'arrange pas grand'chose.

Sur la chaussée d'Ixelles, début de ma tournée ...

C'est toujours les travaux. Quinze jours n'ont, apparemment, pas suffi pour que la différence saute aux yeux. Je dois toujours faire du ramping : foutre le caddy sur le trottoir d'en face, faire des va-et-viens et je t'en passe.

Je dois être un être super doué. J'affronte tout comme un chef.

Entre pluie et éclaircies, les amis sont au rendez-vous.

Hugues Draye

fr.myspace.com/huguesdraye

facteur (1)

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A la Une ! Carine-Laure Desguin lauréate du prix de la Francité

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

juin-2012-302.JPG

 

 

« Si j’étais magicien » ! Un thème qui m’a tout de suite inspirée, un thème qui permet des évasions grandes comme tout l’univers ! Illico, j’ai gratté l’histoire. Goran, un adolescent rêveur qui se retrouve par hasard dans le royaume des Trois Parques…Et le texte termina troisième au concours de la francité, en juin dernier. Je n’en croyais pas mes oreilles…Podium, cadeaux, applaudissements, félicitations… Un verre et des zakouskis, la totale ! Youpiiie ! Et pensez-vous que l’histoire de ce texte se clôtura là, dans cette salle du musée Charlier ? Et bien non !

Chaque année, la maison de la poésie de Namur organise le week-007.JPGend de la poésie. Auteurs et éditeurs de toute la francophonie répondent présents et là, sous ce grand chapiteau, les lauréats du concours furent invités à lire leur texte ! Hop, Carine-Laure n’a pas hésité et a grimpé sur le podium. Un peu intimidée par le public, mais elle a lu son texte…Et croyez-vous que l’histoire de ce texte se clôtura là, devant ces éditeurs canadiens, français et belges ? Et bien non !

Concours-Francite-2012--1-.pngLa semaine dernière, on en parlait encore ! La maison de la francité qui organise chaque année ce fameux concours ouverts à tous les amoureux des mots ne fait pas les choses à moitié ! Le facteur m’a déposé un recueil bien broché, avec une couverture flashy et, à l’intérieur, tous les textes des lauréats ! Mon texte « Plus tard, Goran sera… » se lit page 103 !

Alors, quand je vous dis que se lancer sur le premier thème venu est une belle aventure…

 


Carine-Laure Desguin

http://carinelauredesguin.over-blog.com

 

enfantsjardinr

 

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Adam Gray versus la fin du monde...

Publié le par christine brunet /aloys

PHOTO pour 4me de COUVERTURE (ADAM GRAY)
666
 
C’est la fin de l’homme
La fin des temps
J’entends parler de Satan
Évidemment…
Dieu nous abandonne
Sur son séant
J’entends gronder le volcan
C’est imminent…
 
Ce qui a été fait
Sera défait
L’enfer à nos pieds
Ce qui a été fait
Sera défait
Tout annihiler
Et je voudrais me réveiller
 
C’est la fin de l’homme
La fin des temps
J’entends parler de Satan
Un ange blanc,
Au ciel, se cramponne
C’est émouvant
Va déferler, l’océan
C’est imminent…
 
Ce qui a été fait
Sera défait
L’enfer à nos pieds
Ce qui a été fait
Sera défait
Tout annihiler
Mais je voudrais me réveiller
 
C’est la fin de l’homme
C’est la fin des temps
C’est la fin du monde
C’est la fin des temps
 C’est la fin !
Adam GRAY
adam-gray.skyrock.com
http://www.bandbsa.be/contes2/euphoriques.jpg

Publié dans Poésie

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Est-ce que ce monde est sérieux ? de Philippe Leclercq... un extrait...

Publié le par christine brunet /aloys

couverture3

 

Extrait du livre

 

C’est la même nuit, ailleurs.

Un autre lieu, la même vie.

Une nuit de plus dans sa vie.

Elle porte une jupe rouge, un top trop court dévoilant son ventre bronzé et les deux obus lui servant d’appât. Une paire de bottes blanches et un maquillage prononcé lui donnent un air de mante religieuse à la recherche d’un coït fatal.

Il fait presque sombre.

Elle se nourrit du regard des hommes.

Elle pourrait fermer les paupières qu’elle les sentirait quand même, ces yeux avides et humides, comme des giclées de sperme inondant son corps. Et chacune d’entre elles agit comme une huile sensuelle accentuant encore le chaloupé de sa démarche.

En attraper un, au hasard, lui obturer la bouche de sa langue, lui fouiller la culotte d’une main fébrile.

Le désir lui brûle les reins.

Elle avance sur le trottoir, sans but précis. Rien que ce besoin charnel de rencontre.

Que font-ils là, ces mâles désœuvrés, errant à contresens, comme des pêcheurs sans filets ? Ils sont là pour elle, bien sûr. Mais c’est elle qui chasse. Eux ne sont que des sucreries sur l’étal du confiseur.

Bientôt, elle fera son choix.

Au diable les paroles, les civilités de circonstance. Pourquoi parler quand le langage est primal ?

Elle en a déjà gobé, des hommes ! Sans un mot, de force, par surprise.

Quel pouvoir !

C’est la vengeance des laissés-pour-compte. Quand tout fout le camp, il reste ce pouvoir.

« C’est à ta pine que je parle, obéis-moi sans mot dire ! »

Des centaines de couillons, toutes conditions confondues, au garde-à-vous, prêts à obéir à la moindre injonction.

Quelle jouissance que de sentir l’impuissance masculine à résister !

S’approcher, plonger les mains dans les instincts. Poigner vigoureusement dans la bestialité. Voir, au fond des yeux, le désarroi de la volonté paralysée. Tout le corps dit « oui » tandis que le regard dit « non ».

« Non, mais continue… »

Quelle revanche sur le destin !

Ministres, médecins, informaticiens, penseurs, philosophes, entrepreneurs… Tous esclaves de la Mante Religieuse.

Tous, surpris dans leur conscience moderne par ce réveil irrépressible d’un appétit du fond des âges.

Elle adore ça.

La houle qui la fait tanguer sur les trottoirs, éclabousse à chaque pas son entrecuisse ruisselant.

Mmmmm…

Rien ne peut égaler ce plaisir. Aucun mot ne peut le qualifier.

Il faut maintenant que vienne l’apothéose. Le bouquet final.

Elle regarde autour d’elle, l’œil avide, la faim au ventre.

Qui sera sa victime ? Cette nuit ne ressemblera à aucune autre. Cette nuit sera expiatoire. Il ne s’agit pas de pomper la semence humiliée d’un mâle désarmé. Il lui faut plus.

Désormais, elle est prête.

Prête pour le sacrifice.

 

*

 

Lui, il ne veut pas grand-chose. Juste se vider d’une journée de labeur passée à traquer le petit voleur au détour d’un rayon de supermarché. Il rôde dans la nuit naissante, sans but, sans intentions. Se purifier, ne penser à rien, humer l’air tiède de la ville qui se purge peu à peu de sa journée. Moins de voitures, moins de passants, moins de bruit.

Il aime ça.

Le jour est prévisible, la nuit maraude.

La ville ressemble à sa vie. Le jour, elle est occupée.  Elle est traversée et bruyante. La nuit, elle se remet de sa journée. Elle se redécouvre. Elle poétise, flirte avec le vent ou les étoiles.

Une autre dimension.

La nuit, tout est possible. L’homme y devient ce que la cité fait de lui. Au gré des rencontres, suivant le hasard… Il part ange et peut finir démon.

Il a quitté son domicile il y a deux heures, direction la nuit. Ça lui arrive de temps en temps. Toujours en semaine. Le week-end, la nuit ressemble trop au jour : elle est stressée.

Là, il vient de croiser une vraie bombe. Une de ces filles dont on se demande si elles marchent sur des braises ou si elles ont un problème aux lombaires.

Il est certain qu’elle lui a emboîté le pas.

Il en jurerait.

Elle l’a suivi tout un temps, il en est sûr.

Bref, pour l’instant, elle semble avoir renoncé.

Evaporée, la belle vaporeuse.

 

C’est con, quand même, à quoi ça tient.

On peut mourir d’avoir avalé de travers. On peut se crasher dans un camion pour être parti dix secondes trop tôt…

Ainsi va la vie.

 

Il ressent une envie de pisser.

Il s’éloigne de l’artère principale, prend une rue secondaire et désertique. Il voit un terrain vague envahi par la végétation et les pelleteuses. Un futur chantier, visiblement. Il s’y dirige, la main déjà à la braguette.

La zèzette dans le feuillage, le nez en l’air, il se soulage en comptant les étoiles.

Cette sensation d’irriguer la terre, de la fertiliser presque…

Illusion masculine.

 

D’un coup, elle le happe par la chemise, à travers le feuillage. Elle le colle dos au sol. D’une main, elle lui écrase la bouche, d’un bras elle lui bloque les jambes. A peine a-t-il le temps de comprendre ce qui lui arrive, qu’elle s’enfouit la tête entre ses jambes.

S’il avait, un instant, songé à se débattre, il abandonne définitivement l’idée.

Elle lui aspire le membre savamment, langoureusement, jusqu’à ce qu’il gonfle fièrement. Elle ne l’entrave plus. Désormais, il n’a plus aucune raison de se défendre.

Un instant, elle se redresse sur les genoux, remonte sa jupe, enlève son top.

Ses seins sont formidables, dressés dans la nuit comme des pyramides dans le désert. Elle les caresse, tout en enjambant son partenaire improvisé.

Lui, pétrifié, ne bouge pas. Le souffle court, les idées embrumées, il consent.

Ainsi va la vie.

Lentement, elle descend ses fesses vers le sabre tendu qu’elle tient fermement dressé. Son regard traverse l’obscurité pour plonger dans les yeux de sa victime.

Il ne peut le soutenir longtemps. Il se couvre la figure de son bras au moment où le gland entre en contact avec son intimité trempée.

Il se cabre quand, d’un coup sec, elle s’assied complètement sur lui, l’accueillant entièrement en elle.

Doucement, les hanches entament leur lancinant mouvement. L’organe masculin apparaît et disparaît avec une précision de métronome dans le corps de l’inconnue.

Lui se laisse aller, ne pense pas. Il déguste l’instant présent, dédié à l’orgueil, à la satisfaction de son ego. Il est tout dans sa queue, dans sa fierté de mâle. Le cerveau est aux abonnés absents. Son centre névralgique est situé sous la ceinture. Les quelques sept ou huit litres de sang, nécessaires à la vie, y sont concentrés entièrement.

Ça lui fait un braquemart gros comme un mât d’artimon.

Elle continue sa danse, accrochée aux yeux de l’autre.

Son souffle s’accélère. Elle sait ce qu’elle fait là et cette seule évocation lui gonfle le ventre d’un plaisir prêt à exploser dans sa gorge, comme un ballon qui éclate.

La terre lui écorche les genoux, la nuit l’enroule de son voile d’impunité. Le vent, comme une caresse, lui excite les seins.

Il est temps de se libérer enfin.

 

Que toutes les brimades, que toutes les blessures, tous les coups du sort, toutes les déchirures, soient ainsi réparés !

 

C’est l’heure du sacrifice.

Elle met la main à sa ceinture, en sort un petit objet métallique qu’elle lève bien haut, au-dessus de sa tête. La lune se reflète dans la lame…

Elle sait qu’elle va jouir pour la première fois. Un flot de cyprine coule le long de ses cuisses, dans le sol.

Elle se penche sur sa bouche, l’envahit de sa langue.

Sa main s’insinue entre leurs deux cous, se plante dans le sien et glisse, comme on glisse la carte de crédit, transversalement, dans le lecteur.

C’est l’heure de payer.

La lame de rasoir fait un mince trait rouge de part et d’autre de la gorge de l’homme. Il émet un son, comme une toux, puis le sang sort en bouillons.

Alors qu’il se débat, que ses bras font de grands moulinets en l’air, que sa vie lui échappe par la gorge, elle lâche une longue plainte et s’abîme dans un premier et magnifique orgasme.

Les deux corps sont agités de soubresauts frénétiques pendant de longues secondes, puis se calment peu à peu.

 

Un des deux, seulement, continue à vivre.

 

Elle considère l’homme qu’elle vient de tuer.

Il a les yeux ouverts. Il semble regarder derrière lui. Son cou est béant, noyé de sang.

Elle se lève, libérant le lien qui les unissait. Il retombe, encore tendu. Elle se réajuste…

L’expiation a eu lieu.

Elle exprime tout le mépris qu’elle a pour les hommes dans un crachat triomphant, tourne les talons et disparaît dans la nuit complice.

 

 

Philippe leclercq

Photo couverture leclerc

 

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Fabienne Merkelbag se présente et présente "Sagrada Familia"

Publié le par christine brunet /aloys

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Fabienne MERKELBAG

 

Habite en région liégeoise

50 ans

2 filles, Florence et Romane

 

Etudes : licenciée en Philosophie et Lettres – section Histoire

 

Profession : Inspectrice de la Culture de la Direction générale de la Culture de la Communauté française

 

La nouvelle « Flo, source de vie » a été primée 2ème prix littéraire du Concours de l’Eau Noire, Couvin, Province de Namur, en 2006

 

Son premier ouvrage, Sagrada Familia, est publié aux Editions Chloé des Lys.

 

Sagrada Familia : fragments de biographie d’une quinquagénaire. Chroniques insolentes où la famille prend toute sa place. Florence, Romane, le Colonel et une multitude de personnages composent ces récits qui nous prouvent, sur un ton impertinent, que la vie n’est ni banale, ni morose. Chaque épisode est un clin d’œil acerbe teinté d’optimisme, une revendication de liberté mêlée à la mauvaise foi, un cri d’amour empreint d’humour…

 

Extrait

 

« Une semaine sur mon voilier nous propose Claire ? Nous, c’est Lucrèce et moi. Le voilier est amarré à Cadix. Cadix, en Andalousie, pas Cassis, à côté des calanques. Cadix, c’est plus à l’Ouest. Et plus au Sud… Oui, parce que la proposition n’était pas encore digérée que j’ai vite fait de revisiter ma boussole. Parait qu’un marin ne parle pas comme moi. ‘Au dessus’, c’est le Nord, ‘en bas’, le Sud. ‘A droite’, tribord et ‘à gauche’ babord.

 

Merde, faudra que j’informe Di Rupo qu’il est de babord et à de Wever qu’il est tribordien. Quant à l’ouest, j’y suis assez régulièrement pour savoir l’identifier rapidement…

 

Venez faire du bateau qu’elle nous dit Claire, à trois on passera le détroit de Gibraltar. Je vous expliquerai comment on navigue… Fastoche, me dis-je. Sportives comme pas deux, Lucrèce et moi avons, dans nos jeunes années, pratiqué une série de sports. On connait tous les termes concernant la pratique du canasson et nous sommes capables de traduire les yeux fermés les ‘lets’, ‘sets’, et autres ‘smashs’ tennistiques.

 

N’empêche, je dois bien admettre mon incompétence en termes de jargon maritime : j’ignorais qu’un ‘phoque’ pouvait s’écrire ‘foc’ et n’était pas uniquement un mammifère pinnipède ; je pensais qu’une ‘défense’ n’était que de l’ivoire interdit à la vente depuis le massacre de nos amis les éléphants ; je ne savais pas que le ‘duc d’Albe’ était, outre un tortionnaire ibérique, un poteau planté dans l’eau des ports, et encore moins qu’un ‘pont’ était autre chose qu’un jour où les fonctionnaires ont –encore- congé ; enfin, un ‘génois’ n’était dans mon esprit étriqué qu’un petit suisse beau, riche et consterné de ne pas m’avoir encore rencontrée…

 

Il est plus que temps que Lucrèce et moi élargissions notre vocabulaire, bien trop terre à terre. Il est l’heure d’endosser nos cabans de petits mousses et de s’imprégner du vocabulaire de Vasco de Gama afin de ne pas décevoir notre Capitaine chevronnée dans le domaine… »

 

Autre extrait :

 

« Jeudi, journée plus ou moins passionnante à rédiger des rapports sur mon ordinateur portable. Il est dix neuf heures. Mes yeux, fatigués, m’informent qu’une minute de plus devant cet écran et ils se ferment sans mon consentement, mes mains m’avertissent qu’une ligne supplémentaire et ce n’est pas sur le clavier qu’elles vont frapper… je me résigne à fermer l’engin et à passer à d’autres joyeusetés.

 

Que pourrais-je bien entreprendre en cette soirée morose où la télé ne débite que des Julie Lescaut, Navarro, et Commissaire Moulin ? Alors quoi ? Une bonne recette de cuisine ? Une heure de repassage ? Un coup de torchon vite fait bien fait ? Un coup de pinceau sur les murs de mon salon ? Que nenni : le frigo est vide, mon linge est tout fraîchement rangé dans la garde robe, le chien n’a pas encore maculé le sol de traces de pattes et si je compte bien, il y a moins de quinze jours que j’ai peint la porte du salon en vieux rose… ‘framboise écrasée’ qu’ils disaient sur le couvercle du pot de peinture ; je ne sais pas ce qui est écrasé mais je me dois d’être honnête, j’ai l’impression depuis de vivre dans la maison de Barbie

 

Et pourtant je le veux, mon travail manuel ; à la fois pour penser à autre chose qu’aux aides indirectes des centres culturels ou des compétences des animateurs des maisons de jeunes, à la fois parce que si je cherche bien, le boulot ne manque pas dans la baraque… ça y est j’ai trouvé, je vais ranger les armoires de la salle de bains !

 

La salle de bains, LE lieu de détente rêvé, l’antre des douceurs et autres plaisirs aquatiques, c’est cela une salle de bains … sauf chez moi… plus depuis que les filles ont pris possession des lieux comme s’il s’agissait d’un jour de soldes chez Wibra. De tout dans tout, qu’il y a dans ma minuscule pièce de 3 mètres sur 2. Les brosses à dents partagent le verre ad hoc avec la terre de Sienne, le maquillage flirte avec les médocs, les aspirines couchent avec le sèche cheveux, les gants de toilettes camouflent la crème dépilatoire, les pommades ‘anti boutons noirs’ se mélangent avec le talc blanc… un véritable souk ! M’est d’avis que si je cherche bien, je trouverais un contrôle de maths de ma cadette planqué dans la trousse des sparadraps !... »

 

Fabienne MERKELBAG

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Christine Brunet présente son nouveau thriller, E16 !

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

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E 16 


Après Nid de vipères (Ed. Chloé des lys), Dégâts collatéraux (Ed. du Pierregord), et Le Dragon bleu (Ed. du Pierregord), voici mon nouveau thriller publié sous deux formats différents cette fois, format papier aux Editions Chloé des lys, format numérique aux Editions HQ². 

 

Avant de vous en donner un extrait, je vous propose d'en découvrir la quatrième de couverture...

 

Londres.

Les découvertes macabres s'enchâinent. Un coupable tout trouvé, NIls Sheridan, patron de la nouvelle police européenne, dont le passé d'activiste ressurgit comme un coup de tonnerre. Coupable ou innocent ?

Le face à face entre policiers se transforme très vite en un jeu du chat et de la souris hasardeux, tandis que la liste des victimes s'allonge. Les oups bas s'accumulent au fil des heures. les mâchoires de la haine se referment inexorablement sur des personnalités troubles engluées dans leurs contradictions.

 

Entre passé violent et présent houleux, une enquête qui entraînera désillusions et destructions dans son sillage. 

 

 

A présent un court extrait... Bonne lecture !!!!

 

 

 

 

Anton Vykypel lança à la webcam un dernier baiser à sa jeune épouse, Martha, restée à Prague, et quitta le tout nouvel appartement de fonction alloué à son arrivée à Londres, trois ans plus tôt. Un regard de mécontentement vers le ciel éternellement gris, il se dirigea vers sa place de parking en un petit footing pour éviter de trop se mouiller.

- Mister Vykypel ?

Le Tchèque se retourna et dévisagea la concierge, étonné de ce rappel.

- Oui ?

- On a laissé une enveloppe à votre attention…

Le grand blond cendré, baraqué, au type slave prononcé, prit le papier qu’on lui tendait, observa son nom dactylographié puis leva les yeux vers la petite boulotte encore en chemise de nuit et bigoudis.

- Qui vous a remis cela ?

- Aucune idée… Je l’ai trouvé sous ma porte, ce matin, alors que je sortais les poubelles.

Un remerciement du bout des lèvres et il se glissa dans sa voiture, histoire de se mettre à l’abri pour découvrir le contenu du mot.

A l’intérieur, un texte imprimé, sans doute à l’aide d’un traitement de texte classique. Il fronça les sourcils en décryptant le contenu : « Sheridan, votre patron, est un ripou, un traître à sa cause et un assassin. Quelques jours de filature vous en convaincront. »

Aucune signature… C’eût été trop beau !

 

     Nils Sheridan, son chef, patron de la FSE, un assassin ? Allons bon ! Ce n’était là que les élucubrations d’un jaloux ou d’un truand en veine de revanche…

Un post-scriptum : « Une preuve ? Soyez ce soir à 22 PM Canary Wharf Train Station. ».

Il se mordilla la lèvre inférieure, relut la missive et démarra. Même si son patron n’était pas du genre très expansif, il n’en restait pas moins un policier redoutable et redouté.

Que faire ? Aller au rendez-vous ne lui coûterait que quelques minutes de son temps. C’était décidé ! Si Sheridan avait des ennuis, il pourrait, peut-être, l’aider…

 

La journée se déroula sans anicroche avec un Sheridan à l’évidence de fort mauvaise humeur.

20 heures. Anton quitta les bureaux de la FSE pour se rendre directement sur Canary Wharf.

21 heures. Il planquait dans un local technique donnant sur le quai, pour l’heure bondé. Assis sur une grande poubelle retournée, l’œil collé au battant en ferraille à clairevoie, il observait la foule des anonymes sans être vu. Un sandwich en main, il se demandait si, vraiment, Nils montrerait son nez et, surtout, dans quel but. La lettre anonyme laissait la porte ouverte à toutes les éventualités.

22 heures. Il sursauta en reconnaissant la longue silhouette négligée de son patron à quelques pas seulement de sa cachette.

22h05. Un homme qu’il n’avait jamais vu s’approcha, sortit de sa poche une enveloppe qu’il tendit très discrètement à l’Irlandais. Un rapide coup d’œil sur le contenu et l’autre retira de la poche intérieure de sa parka une feuille de papier pliée en quatre. Les deux hommes se séparèrent sans s’être adressés un seul mot.

Drôle de numéro ! Qu’est-ce que tout cela voulait dire ? Le policier était-il sur une enquête en solo ? Peu probable. Alors ? Et si son informateur anonyme avait raison ? Il avait du mal à y croire et pourtant…

 

Mieux valait en avoir le cœur net et, pour cela, s’occuper sérieusement de l’Irlandais. L’homme était de nature méfiante : il devrait faire attention.

 

 

 

 

 

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

 

 

 

 

E16, Editions Chloé des lys

ISBN : 978-2-87459-685-8

 

 

 

 

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