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Robert Fontaine dans l'Avenir.net

Publié le par christine brunet /aloys

Robert Fontaine dans l'Avenir.net
Robert Fontaine dans l'Avenir.net

BESONRIEUX

Venise pour un 2e roman

http://www.lavenir.net/article/detail.aspx?articleid=dmf20140623_0049424

Natif d’Écaussinnes, l’auteur habite Besonrieux. Après un premier roman «La Chaumette», Robert Fontainenous revient avec un suspens «Après Stéphane». Les deux livres sont étroitement liés. Le point de départ reste cette grande villa du littoral. On retrouve des personnages identiques. Mais les deux ouvrages peuvent se lire séparément. Robert Fontaine nous emmène à Venise. Ville envoûtante mais aussi inquiétante avec ses ruelles tortueuses. Le personnage principal, Raphaël, ne parvient pas à faire le deuil de sa mère. D’autant plus que l’accident d’auto était un acte délibéré. Stéphane, le compagnon de sa mère, a découvert une organisation criminelle. Les rebondissements sont nombreux.«Après Stéphane» Ed. Chloé des Lys

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La fée et le loup, un conte de Philippe Wolfenberg... Au fait, quelle fin préférez-vous ?

Publié le par christine brunet /aloys

La fée et le loup, un conte de Philippe Wolfenberg... Au fait, quelle fin préférez-vous ?

La fée et le loup

C’était une forêt immense, plantée de mille et une essences et peuplée d’innombrables créatures mystérieuses. Elle et lui y vivaient depuis des âges immémoriaux mais leur première rencontre n’avait eu lieu que peu de mois auparavant. Etait-elle due au hasard ou avait-elle été écrite par quelque force divine en mal de divertissements ? Nul n’aurait pu le dire mais ses conséquences allaient dépasser les prévisions les plus inimaginables.

Sans le savoir, elle s’était aventurée sur des terres interdites : celles de « La Bête », comme on l’appelait là-bas. Perdue au milieu de l’Ardenne, cette forteresse végétale alternait les bouquets d’arbres au feuillage dense et les clairières, parsemées çà et là, où il aimait chasser les proies égarées ou assez téméraires pour affronter les dangers de son invisible présence.

Contre toute attente, l’entrevue se déroula dans une quasi indifférence. Elle se tint sur ses gardes – quoiqu’elle ne fût pas impressionnée – et il l’examina brièvement, à peine ému par sa beauté. Cette attitude réciproque dura quelques semaines car, étrangement, par une magie dont seule la nature connaît les secrets, elle était attirée par ces bois sombres et inhospitaliers et lui, pour quelques instants pendant lesquels le temps arrêtait sa course, enfouissait ses instincts carnassiers au plus profond de son âme animale.

Un jour, un peu plus distraite que d’habitude, elle se trouva prise au piège des branches d’un arbuste mort. Il s’approcha doucement et, avec d’infinies précautions, du bout du museau, il la libéra de sa prison. A cet instant, elle se promit d’amadouer ce loup qui venait de sauver la vie d’une fée.

Patiemment, y mettant toute la tendresse et toute la douceur dont elle était capable et malgré les morsures et les coups de griffes, elle devint l’amie de celui qui était craint par tous. Surpris par ces sentiments auxquels il n’avait jamais accordé le moindre intérêt, et qu’elle lui offrait avec candeur et sincérité, il décida d’être pour elle un ange gardien prêt à donner sa vie pour la protéger de tous les dangers tapis en ces lieux hostiles.

Mais, aussi fort et courageux qu’il fût, il avait oublié que, en renonçant à sa nature première, il allait endurer des tourments inconnus. La petite fée était bien jolie et le loup de plus en plus attiré par elle. D’autant plus que, à défaut d’avoir été voulu, cet amour était partagé. Hélas ! elle n’était pas libre et il en prit ombrage. Parfois, il souffrait au point de redevenir sauvage. Tant bien que mal, elle acceptait les grognements et la vision des babines retroussées sur les crocs menaçants. Quand elle lui en faisait le reproche ou quand elle lui parlait de son propre supplice et de sa peur de le perdre, après un temps de réflexion, il endossait de nouveau son rôle de protecteur et elle lui pardonnait.

(Fin heureuse)

Les années ont passé sans que personne ne sache vraiment ce que sont devenus les amants chimériques. Pourtant, des voyageurs, un moment perdus dans cette gigantesque cathédrale de verdure, prétendent avoir aperçu, à la lueur incertaine de la lune, un loup aux poils grisonnants qui courait entre les épicéas centenaires avec, accrochée à son échine, une fée dont le rire cristallin résonnait alentours. On raconte aussi que, parmi les hurlements du canis lupus, on pouvait deviner les serments des débuts que ni elle ni lui n’ont trahis…

(Fin malheureuse)

Mais, peu à peu, les dissensions entre l’être imaginaire et le féroce animal les séparèrent ; les instincts de possession exacerbés du second ayant fini par lasser la première. La fée s’en retourna vers ceux qu’elle n’aurait jamais dû quitter et le loup disparut à tout jamais des sous-bois enténébrés. Il se murmure que, de désespoir, du haut d’un rocher supportant les murs fatigués d’une ruine, il se serait jeté dans la rivière déroulant ses flots tumultueux quelques dizaines de mètres en contrebas... Cependant, à ce jour, la dépouille de celui qui ne fut apprivoisé qu’une fois dans sa vie n’a pas encore été retrouvée...

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Ani Serdent se présente et nous parle de son roman

Publié le par christine brunet /aloys

Oupeye, c’est là que j’habite. Moi c’est Ani Sedent et je suis l’auteur des Chroniques de l’Invisible - Magie en péril.

Pour en revenir à Oupeye, c’est une commune de la région Liégeoise et j’y vis depuis toujours. J’ai fait des études en illustration et si le dessin a toujours été une évidence pour moi, l’écriture l’était un peu moins.

Avec les Chroniques, j’ai comblé une envie qui s’est avérée être aussi forte que le besoin de dessiner.

Les Chroniques de l’invisible et son premier épisode, Magie en péril, racontent les aventures et mésaventures d’un jeune apprenti en arts de la chevalerie et futur héros au service des fées. C’est un roman pour un public jeune où se mélangent contes et fantasy, humour et aventure. C’est une histoire pleine de rebondissements, de rencontres et de lieux plus étranges les uns que les autres.

Attention, ce livre est bourré de magie et cela peut s’avérer dangereux à manipuler. La quatrième de couverture en donne un aperçu :

Nebula s’est échappée !

C’est impossible, mais voilà… elle s’est évaporée ; et quand Valerian se voit proposer d’assister Hortie dans sa traque de la sorcière, le jeune apprenti chevalier s’empresse d’accepter. Tout plutôt que le sempiternel séjour à Camelot en compagnie de maître Merlin.

Malgré son irritation, le vieux mage décide de les accompagner.

Valerian rêve d’aventure ? Qu’à cela ne tienne ! Pourtant, entre nains, dragons et monstres légendaires, les choses vont rapidement se compliquer.

Plaies et bosses sont au programme mais pour un futur héros au service des fées qui doit, rien de moins, que sauver son monde, l’enthousiasme reste son arme la plus efficace.

Ani Serdent se présente et nous parle de son roman

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Livres & Co chronique "Le Crapaud", de Philippe Courouge

Publié le par christine brunet /aloys

Livres & Co chronique "Le Crapaud", de Philippe Courouge

http://livres.and.co.free.fr/index.php/2014/05/le-crapaud/

Après l’échec de son mariage et la perte de son emploi, Samuel Launay est revenu sur les lieux de son enfance, l’ile de Ré, pour reconstruire sa vie. C’est d’ailleurs sur l’ile qu’il rencontre Sophie, rencontre qui suscite chez lui de l’espoir pour l’avenir.

Dans le même temps, une de ses anciennes camarades d’école est assassinée. Même si les soupçons se portent sur Samuel, le commissaire Garnieri ne semble pas croire à sa culpabilité. Quand survient un second meurtre, toujours lié à Launay, les soupçons se renforcent.

Ce qui m’a plu dans ce livre c’est d’abord l’ambiance et le lieu où il se passe: j’aime beaucoup l’ile de Ré et retrouver dans le livre des endroits connus m’a procuré un sentiment très agréable.

D’un point de vue de l’enquête, j’ai trouvé le style vif et rythmé et j’ai pris plaisir à suivre une intrigue où les personnages étaient « normaux »: ni profilers, ni serial killers: on a l’impression que l’histoire pourrait être vraie et ça la rend d’autant plus intéressante!

Enfin, et cela semble peut-être être un détail, ce que j’aime beaucoup dans les livres de cet éditeur (Chloé Des Lys) c’est que chaque auteur est libre de la présentation de son texte, ce qui fait que chaque livre est déjà une découverte avant même le début de la lecture.

http://livres.and.co.free.fr/

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Il est temps à présent, un poème signé Carine-Laure Desguin

Publié le par christine brunet /aloys

Il est temps à présent


Il est temps à présent de n’être plus à l’heure

D’accrocher aux horloges des lettres capricieuses

De jeter aux tombeaux ces chiffres qui se meurent

D’angoisse et de mille autres pestes mystérieuses


Il est temps à présent de n’être plus à l’heure

J’appolinaire là l’essence même de la poésie

Que les bottines rimbaldent et que les champs de fleurs

Verlainent les nuages au gré de leurs fantaisies


Il est temps à présent de n’être plus à l’heure

Les gares et leurs trains souriront de l’audace

D’accrocher aux wagons des livres et des couleurs

De dépecer les convenances et d’installer des farces


Il est temps à présent de n’être plus à l’heure

De vivre décalés entre les jus du ciel

Les matins de soleil et la sève sur les cœurs

Et de flirter sur les vagues des océans de miel


Il est temps à présent de n’être plus à l’heure

Amis levons-nous et trottinons vers les soirs

Les chants d’amour fleuriront ici et ailleurs

Les matins seront nuits sur d’autres balançoires

Carine-Laure Desguin

carinelauredesguin.over-blog.com

Il est temps à présent, un poème signé Carine-Laure DesguinIl est temps à présent, un poème signé Carine-Laure DesguinIl est temps à présent, un poème signé Carine-Laure Desguin

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L'avis du blog "Au fil des pages" pour le livre de Jeanne Delhombre, Solan, le petit dragon rouge

Publié le par christine brunet /aloys

http://au-fil-des-pages477.blogspot.be/

http://au-fil-des-pages477.blogspot.be/

L'avis du blog "Au fil des pages" pour le livre de Jeanne Delhombre, Solan, le petit dragon rouge
Solan, le petit dragon rouge de Jeanne DELHOMBRE

http://au-fil-des-pages477.blogspot.be/2014/06/solan-le-petit-dragon-rouge-de-jeanne.html

Résumé: Mourant de faim et d’épuisement, le petit dragon est rejeté par les vagues sur la plage lorsque Jono le gentil Notulon le trouve.

Pourquoi et comment a-t-il quitté son île ?

Mon avis: Voila mon premier livre enfant reçu en service presse.

Une jolie petite histoire d'un dragon qui ne peut ni voler ni cracher du feu.

Un rappel au conte du vilain petit canard, version dragonesque.

C'est léger, se lit à tous les âges, et qui peut intéresser toutes les tranches d'âge, et qui peut tenter garçons ou filles.

Ce petit Solan m'a donc emmené dans un petit voyage initiatique, prouvant sa bravoure et son courage.

Je le testerai bientôt sur mes lardons, qui à eux tous, réunissent toutes les tranches d'âge hihi

Points attribués: 7/10

Merci à l'édition Chloé des Lys pour ce petit voyage.

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Papy NZILI nous propose un extrait de "Mon histoire avec eux"

Publié le par christine brunet /aloys

 

http://www.bandbsa.be/contes3/papytete.jpg

 

 

« J’aimais l’appeler ainsi, il était mon prince, Lucas. Je vais vous dire d’où cela me venait de l’appeler prince et je sais à l’avance ce que vous allez penser de moi : que je suis un enfant qui a refusé de grandir. C’est très bien. Laissez-moi vous dire que grandir pour moi n’est pas renoncer à son enfance. Y’aurait-t-il une raison à vouloir absolument tourner la page sur son passé ? C’est là que se trouve aujourd’hui encore le meilleur de ce que cette vie m’a apporté. Je chéris mes souvenirs, je les entretiens comme un horticulteur prendrait soin de ses fleurs. Ils sont éphémères, ils s’estompent, ils perdent leur éclat, leur fraîcheur et leur parfum, ils finissent par disparaître et on les oublie. »« J’ai partagé avec mes contemporains la même attente cocasse. J’attendais un homme, qui serait un homme, qui serait mon homme. Puis j’ai vite compris que je devrais savoir manier ma plume si je voulais un jour faire la rencontre de cet homme-là car il n’existerait nulle part ailleurs que dans des scénarios fictifs. Alors, j’ai choisi mon second métier : écrivain. Ainsi, je me suis offert tous les hommes que je n’aurais jamais su approcher dans le monde réel, soit parce qu’ils m’étaient inaccessibles, soit parce qu’ils n’existaient pas. Je me suis contenté de ma fiction. Néanmoins, cela m’a permis de vite tirer une ligne de démarcation entre ce qui est possible et ce qui ne l’est pas, une ligne de démarcation entre ceux qui attendent l’amour de leur vie et moi. Puis un jour, je rencontrai Cecilia. »« Je vais vous dire pourquoi je pense avoir connu l’amour avec René : je l’ai aimé sans savoir pourquoi. Il était d’une gracieuse prestance, mais ce n’était pas mon type d’homme. Je ne me serais pas retourné sur lui dans la rue. J’avais mes critères pour apprécier le physique des hommes. Ceci n’a rien de réducteur car vous en avez tous. René ne correspondait pas à ces critères. C’est pourtant par lui que l’amour vint me visiter dans ma vie. Je l’ai aimé pour son être, pour ce complexe qui était lui. L’ai-je aimé pour la promesse de son amour ? Pareille promesse n’a jamais émané de lui en ce qui me concerne. Il me demanda mon amour,  c’est tout. Il ne promit pas de m’aimer. On n’aime pas une personne comme votre cœur vous le dicte. Aimer quelqu’un c’est être capable de lui donner l’amour qu’il attend de vous. Je pense que je le fis, en bousculant mes habitudes. »« Je m’abstiens de vous parler de la réalité de notre vie conjugale. Ce que nous faisions ou que nous ne faisions pas ne regardait que nous. Moi, je le voyais ainsi. Les Rouvrin, eux, avaient une conception quelque peu différente du lit conjugal. Il s’est passé des choses graves dans cette famille. Ils ont eu des rites d’initiation lorsque Jeanine eut ses dix-huit ans. Son père devait être le premier homme de sa vie. Ils faisaient partie d’une loge très secrète d’occultisme dont je ne révèlerai pas le nom. Jeanine a grandi là-dedans, cela lui a toujours semblé normal. C’était cela la voie de la réussite, c’était cela le monde des gagnants. Elle y a vu plein de grands noms de notre pays, il n’existait pas d’autre voie pour atteindre les sommets. Vous savez, pour vous et moi qui avons appris à réussir par des moyens humains normaux, je veux dire sans cultes mystiques, il est invraisemblable ce genre de pratiques. Jeanine s’est allongée avec son père, puis a été consacrée membre de la loge. Par la suite, elle a pris part à d’autres cérémonies et, au fil des années, elle a avancé dans l’organisation. »

 

 

Papy NZILI

 

 

Papy NZILI nous propose un extrait de "Mon histoire avec eux"

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L'âme soeur, une poésie de Philippe Wolfenberg

Publié le par christine brunet /aloys

Les états d'âme de la Lune et du Soleil

 

L’âme sœur

 

 

Je la cherche depuis si longtemps

Que, peu à peu, l’espoir s’en est allé.

Tant de détours et tant de contretemps

M’ont, de la lumière, éloigné.

 

 

Faut-il naître et renaître,

Vivre d’innombrables errances ?

Ou dois-je disparaître

Sans que me soit accordé cette chance ?

 

 

Ce moment unique où, face à son double,

Se confondent les esprits et fusionnent les cœurs ;

Quand tout s’efface devant l’indicible trouble

D’avoir, enfin et à jamais, trouvé son âme sœur.

 

Philippe Wolfenberg

philippewolfenberg.skynetblogs.be

http://www.bandbsa.be/contes3/wolfenbergtete.jpg

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Ys l'engloutie, la suite du feuilleton de Didier Fond

Publié le par christine brunet /aloys

Ys l'engloutie, la suite du feuilleton de Didier Fond

YS L’ENGLOUTIE

Deuxième partie

« Une nuit, n’en pouvant plus, elle entra dans sa chambre et se jeta sur lui. Il la laissa complaisamment l’embrasser, le caresser, puis stoppa les ébats au moment même où Ahès pensait connaître le comble du plaisir. « Tu crois avoir atteint le sommet de la perversion, lui dit-il, mais tes jeux puérils ne sont qu’amusements de petite fille. Tu ne m’intéresseras que le jour où tu commettras vraiment quelque chose de plus grand que ce Mal là. » Et il la mit rudement à la porte.

Cela dura encore quelque temps. Ahès avait perdu tout ce qui pouvait lui rester des quelques lambeaux de sa dignité. Le refus de l’étranger de se livrer à elle la rendait folle, surtout qu’il lui répétait toujours les mêmes paroles : « Trouve autre chose pour m’intéresser. Tes cloaques sont quelconques et tu n’as même pas la saveur de l’eau claire. » Alors un matin, elle abdiqua : « Que veux-tu de moi ? » demanda-t-elle. L’étranger la regarda fixement. Elle était maintenant prête à lui obéir. « Donne-moi ta ville, lui répondit-il. Et je t’aimerai comme tu n’as jamais été aimée. » Elle ne comprit pas d’abord ce qu’il voulait dire. Il précisa : « Je veux comme preuve d’amour la perte d’Ys : vole la clef des écluses à ton père, ouvre les portes. Je serai alors à toi, rien qu’à toi. »

Cette exigence monstrueuse laissa d’abord Ahès sans voix. Elle se mit à trembler. « Non, bégaya-t-elle enfin, non, tu ne peux pas me demander ça. Tout mais pas ça. » « Et c’est pourtant ça que je veux », rétorqua-t-il. L’horreur donna enfin à la Princesse l’intelligence de poser la bonne question : « Qui es-tu ? » Mais, évidemment, la réponse ne leva pas le mystère. « Un homme, dit-il, simplement un homme qui aime le Mal, le vrai et te donneras son amour si tu satisfais à son désir. Ne te prends-tu pas pour la pire des débauchées ? Ne t’imagines-tu pas avoir atteint les bas-fonds de l’abomination ? Tu peux encore tomber plus bas, si tu le désires, ou monter bien plus haut, comme tu voudras. Tes meurtres rituels sont ridicules ; je veux que tu trahisses ton père, ton peuple. La trahison des innocents, la révolte contre Dieu, voilà le sommet du mal. Choisis, mais choisis vite. »

Il savait ce qu’il faisait, ce qu’il disait. Les hésitations de la Princesse ne durèrent que le temps d’un soupir. La nuit suivante, elle se glissa dans la chambre de son père et, profitant du profond sommeil dans lequel l’avait plongé un breuvage versé dans son verre par l’étranger, détacha la clef de la chaîne qui la portait. Puis, elle courut rejoindre son amoureux qui l’attendait sur les digues.

La serrure des portes était inaccessible. Debout à l’extrémité du mur, l’étranger regardait Ahès approcher. Lorsqu’elle fut près de lui, il tendit la main ; elle déposa la clef dans sa paume. « Maintenant, dit-elle, aime-moi. Je t’ai obéi. » « Pas complètement. Les portes ne sont pas ouvertes ; je veux voir la mer déferler sur cette cité et l’engloutir. » Il saisit Ahès dans ses bras. Elle eut tout à coup l’impression de voler ; sans savoir comment, elle se retrouva avec lui à hauteur de la serrure. L’étranger avait glissé la clef entre les doigts de la Princesse ; sans que sa volonté y fût pour quelque chose, elle l’introduisit dans la serrure. « Je n’ai pas la force de la tourner », chuchota-t-elle. « Mais si… » insista-t-il avec une étrange tendresse dans la voix. Elle imprima un léger mouvement de rotation à la clef ; il y eut un déclic, puis un autre et, comme elle aurait ouvert la porte de sa chambre, elle ouvrit avec la même facilité les portes des digues. La mer s’engouffra dans la brèche. En quelques secondes, des milliards de tonnes d’eau s’abattirent sur les bas quartiers.

Ahès n’eut pas le temps de pousser un cri de triomphe. Déjà, l’étranger l’avait lâchée, et elle tombait, elle tombait, elle tombait à la rencontre des flots furieux qui se ruaient sur la cité et l’effaçaient du monde des vivants.

Comment arriva-t-elle malgré tout à échapper à la mort ? Cela non plus, la légende ne le dit pas. Mais une légende n’a pas à tout expliquer et c’est un de ses grands charmes d’être invraisemblable. De même qu’il parait bien improbable que Gradlon ait pu lui aussi survivre à la catastrophe…

Et pourtant, alors que la mer envahit la ville, nous les retrouvons sur un cheval, fuyant à bride abattue ce qui n’est plus qu’une vaste étendue d’eau. La fille est en croupe derrière son père, elle le tient à bras le corps, terrifiée, éperdue ; mais la mer exige sa victime ; la mer et le diable ne veulent pas que leur proie leur échappe. Alors les flots s’agitent, montent, montent derrière les fugitifs, les pourchassent impitoyablement. Gradlon éperonne en vain son cheval, la mer est plus rapide que lui, elle va les engloutir… En un instant, Gradlon comprend comment il peut se sauver : la mer réclame la responsable de cette horreur. Sa fille s’est damnée et il ne peut plus rien pour elle. Il se retourne, lève sa cravache, en cingle le visage et le corps de la Princesse. Avec un hurlement de terreur, elle se débat et, déséquilibrée, bascule dans l’abîme. La mer se retire aussitôt.

Sur une éminence, Gradlon s’arrête enfin et contemple le nouveau paysage. Là où s’élevait autrefois sa cité, il n’y a plus rien, rien que de l’eau, et la mer, calme à présent, tranquille. Le désespoir envahit l’ancien roi d’Ys. Il fuit vers l’intérieur des terres sans se retourner.

Et Ahès ? La mort est une punition trop douce pour elle. Transformée en sirène, devenue Morgane, elle détourne les marins de leur chemin par son chant et les précipite sur les écueils. Il en est ainsi depuis toujours et il en sera ainsi jusqu’à la fin des temps ; ou du moins, jusqu’au jour où une messe de rachat sera célébrée dans une des églises d’Ys l’engloutie. Alors, la malédiction qui retient Morgane dans les flots sera levée, et elle pourra enfin mourir… »

Didier Fond

fonddetiroir.hautetfort.com

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Ys l'engloutie, une nouvelle en 2 épisodes de Didier Fond

Publié le par christine brunet /aloys

Ys l'engloutie, une nouvelle en 2 épisodes de Didier Fond

Ys l’engloutie

Première partie

L’Allemagne n’a pas l’exclusivité des villes englouties. La France a aussi sa cité perdue dans les eaux maritimes. Vous connaissez la légende, j’en suis sûr : celle de la ville d’Ys (ou Is). Elle nous vient de la Bretagne. Si vous allez dans cette merveilleuse région, rendez-vous à la Baie des Trépassés. C’est là que, d’après la légende, se serait située la ville d’Ys, perdue par la faute de la fille du roi, nommée Ahès ou Dahut, selon les versions. Franchement, je préfère Ahès parce que Dahut, c’est trop péjorativement connoté, notamment en ce qui concerne une certaine chasse…

Voici une des versions de cette légende : que les puristes bretons me pardonnent s’ils trouvent que je m’égare trop loin du conte originel. Mais au fond, qui la connaît, la véritable histoire d’Ys ?...

« Imaginez, dit le conteur, une ville aux toits d’or. Oui, je dis bien aux toits d’or. Les charpentes des maisons n’étaient pas recouvertes de tuiles, ou d’ardoise, ou de chaume, ou de tout autre matériau vulgaire et commun ; non. La toiture de tous les palais d’Ys était formée d’immenses plaques d’or, fines, appliquées sur les montants de bois et si soigneusement agencées qu’il était impossible de distinguer où commençait et finissaient les plaques. Les murs étaient en marbre blanc. Lorsque le soleil se levait sur la ville, la lumière devenait peu à peu éblouissante. Nul ne pouvait regarder Ys en face sans en devenir presque aveugle.

Belle. Admirablement belle, telle était l’opinion de tous les voyageurs qui s’arrêtaient dans la ville et y séjournaient souvent plus longtemps que prévu, charmés, fascinés par la splendeur des places, des rues, la gentillesse et l’amabilité des habitants. On aurait pu croire en effet que tant de richesse avait pourri le cœur et l’âme des gens d’Ys. Il n’en était rien. L’étranger qui avait réussi à franchir les portes de la ville était accueilli avec raffinement, courtoisie, et politesse, quels que soient son apparence et son niveau social.

Ys était gouvernée par un roi très sage, nommé Gradlon. Bienveillant envers ses administrés, il était aimé et respecté de tous Il était sage parce qu’il connaissait l’âme humaine et savait qu’en l’Homme, le pire côtoie souvent le meilleur. Il savait aussi que l’envie, la jalousie, le désir de posséder d’immenses richesses étaient des passions qui pouvaient éclore dans le cœur de chaque être humain et le transformer en monstre sanguinaire. Il ne craignait rien de son peuple. Les gens d’Ys avaient la richesse, la gloire, la beauté ; ils étaient heureux, ils aimaient leur ville et s’aimaient entre eux. Pourquoi auraient-ils cherché à détruire tant de perfection ?

Mais il y avait l’extérieur. Et c’est de là que pouvait venir le danger, Gradlon en était tout à fait conscient. Aussi les portes de la ville étaient-elles toujours fermées, même pendant la journée. N’entraient dans Ys que ceux qui avaient pu prouver leurs intentions pacifiques ; aucune arme n’était admise dans la cité. C’était surtout des marchands nomades ou des cavaliers solitaires qui y faisaient halte.

Gradlon mettait donc tout en œuvre pour assurer la sécurité de sa cité. Mais cette dernière avait un point faible : construite au bord de la mer, elle n’était protégée des assauts de l’océan que par d’énormes digues. Ce mur cyclopéen, de plus de vingt mètres d’épaisseur, plus haut que le Palais Royal lui-même dont les tours dominaient les toits, bordait le côté maritime de la ville. De gigantesques portes en fer renforçaient l’endroit le plus exposé et c’était ces portes qui inquiétaient Gradlon. Nul être humain pourtant n’aurait pu les ouvrir, d’une part à cause de leur énormité et de leur poids et d’autre part parce que la clef de ce que Gradlon nommait « les écluses » ne quittait pas son cou auquel elle était suspendue par une chaîne d’or.

Gradlon craignait les hommes mais il craignait surtout les puissances surnaturelles. Bon chrétien, il se rendait tous les jours à l’office, dans la chapelle du palais, priait régulièrement Dieu, pratiquait la charité, était bon avec ses semblables. Mais il avait en lui la prescience que le Diable ne tarderait pas à venir mettre son nez dans ses affaires pour le simple plaisir de détruire une si belle réussite.

Ys avait un autre point faible : sa Princesse, Ahès, la fille de Gradlon. C’était une débauchée, une perverse, qui passait ses nuits dans le quartier des tavernes et des bouges qui fleurissaient sous les digues. La majorité des habitants d’Ys étaient des gens vertueux qui suivaient les préceptes de l’Evangile ; mais dans toute communauté, il y a des renégats, et Ys n’échappait pas à la règle. Le « bas quartier des digues » renfermait une population d’ivrognes et de prostituées que la Princesse fréquentait sans vergogne, au grand désespoir de son père qui n’ignorait rien des orgies et autres abominations auxquelles elle se livrait dans ces repaires de pouilleux et de blasphémateurs.

Un jour, un bel étranger demanda à entrer dans Ys. Il avait fière allure sur son cheval noir. Il déposa volontiers ses armes avant de franchir les portes et se fit conduire au palais où il demanda audience au roi Gradlon. Il se présenta comme le fils d’un seigneur français ; il avait de belles manières, un air noble, une voix agréable. Ses paroles coulaient de ses lèvres comme une fontaine de liqueur et de miel. Gradlon fut charmé de tant de courtoisie et de raffinement et le pressa de rester quelques jours dans la ville où il serait son hôte. Alors que le jeune homme allait se retirer dans les appartements que Gradlon avait fait préparer pour lui, Ahès entra dans la salle du trône. Le Roi se vit obligé de faire les présentations, bien qu’il n’en eut guère envie, connaissant sa fille et la façon dont elle « traitait » les étrangers, surtout lorsqu’ils étaient beaux et bien bâtis.

Vous pensez bien que la Princesse ne resta pas insensible à l’allure de ce jeune cavalier. Elle déploya tous ses charmes pour le séduire et sembla parvenir à ses fins sans trop de peine. Il faut dire qu’Ahès était très belle ; mais, dit la légende, sa beauté était flétrie par sa luxure ; au fond de ses yeux luisait une flamme sensuelle et perverse, une fièvre mauvaise la faisait constamment frissonner. Elle était toujours vêtue d’habits écarlates, le rouge de sa robe cachant ainsi les taches du sang qui l’éclaboussait lors des rites impies auxquels elle se livrait.

Elle entraîna le jeune étranger dans ses débauches, le conduisit dans les infâmes bas quartiers sous la digue. Et tandis qu’elle participait activement aux orgies, lui restait assis dans son coin ; il regardait en silence, les bras croisés sur la poitrine, l’air à la fois amusé, intéressé et méprisant. Cette attitude hautaine enflamma davantage les sens et le cœur de la Princesse. Elle se mit à l’aimer, follement ; cette passion soudaine la dévorait nuit et jour, et cela d’autant plus fortement que l’étranger gardait ses distances, ne lui accordait aucune caresse, aucun baiser, aucune réelle parole d’amour. Elle cherchait un dérivatif dans des amusements de plus en plus barbares, de plus en plus impies. Mais plus elle se perdait dans ses débordements, plus l’étranger semblait devenir lointain. »

(A suivre)

Didier Fond

fonddetiroir.hautetfort.com

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