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Il est temps à présent, un poème signé Carine-Laure Desguin

Publié le par christine brunet /aloys

Il est temps à présent


Il est temps à présent de n’être plus à l’heure

D’accrocher aux horloges des lettres capricieuses

De jeter aux tombeaux ces chiffres qui se meurent

D’angoisse et de mille autres pestes mystérieuses


Il est temps à présent de n’être plus à l’heure

J’appolinaire là l’essence même de la poésie

Que les bottines rimbaldent et que les champs de fleurs

Verlainent les nuages au gré de leurs fantaisies


Il est temps à présent de n’être plus à l’heure

Les gares et leurs trains souriront de l’audace

D’accrocher aux wagons des livres et des couleurs

De dépecer les convenances et d’installer des farces


Il est temps à présent de n’être plus à l’heure

De vivre décalés entre les jus du ciel

Les matins de soleil et la sève sur les cœurs

Et de flirter sur les vagues des océans de miel


Il est temps à présent de n’être plus à l’heure

Amis levons-nous et trottinons vers les soirs

Les chants d’amour fleuriront ici et ailleurs

Les matins seront nuits sur d’autres balançoires

Carine-Laure Desguin

carinelauredesguin.over-blog.com

Il est temps à présent, un poème signé Carine-Laure DesguinIl est temps à présent, un poème signé Carine-Laure DesguinIl est temps à présent, un poème signé Carine-Laure Desguin

Publié dans Poésie

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L'avis du blog "Au fil des pages" pour le livre de Jeanne Delhombre, Solan, le petit dragon rouge

Publié le par christine brunet /aloys

http://au-fil-des-pages477.blogspot.be/

http://au-fil-des-pages477.blogspot.be/

L'avis du blog "Au fil des pages" pour le livre de Jeanne Delhombre, Solan, le petit dragon rouge
Solan, le petit dragon rouge de Jeanne DELHOMBRE

http://au-fil-des-pages477.blogspot.be/2014/06/solan-le-petit-dragon-rouge-de-jeanne.html

Résumé: Mourant de faim et d’épuisement, le petit dragon est rejeté par les vagues sur la plage lorsque Jono le gentil Notulon le trouve.

Pourquoi et comment a-t-il quitté son île ?

Mon avis: Voila mon premier livre enfant reçu en service presse.

Une jolie petite histoire d'un dragon qui ne peut ni voler ni cracher du feu.

Un rappel au conte du vilain petit canard, version dragonesque.

C'est léger, se lit à tous les âges, et qui peut intéresser toutes les tranches d'âge, et qui peut tenter garçons ou filles.

Ce petit Solan m'a donc emmené dans un petit voyage initiatique, prouvant sa bravoure et son courage.

Je le testerai bientôt sur mes lardons, qui à eux tous, réunissent toutes les tranches d'âge hihi

Points attribués: 7/10

Merci à l'édition Chloé des Lys pour ce petit voyage.

Publié dans avis de blogs

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Papy NZILI nous propose un extrait de "Mon histoire avec eux"

Publié le par christine brunet /aloys

 

http://www.bandbsa.be/contes3/papytete.jpg

 

 

« J’aimais l’appeler ainsi, il était mon prince, Lucas. Je vais vous dire d’où cela me venait de l’appeler prince et je sais à l’avance ce que vous allez penser de moi : que je suis un enfant qui a refusé de grandir. C’est très bien. Laissez-moi vous dire que grandir pour moi n’est pas renoncer à son enfance. Y’aurait-t-il une raison à vouloir absolument tourner la page sur son passé ? C’est là que se trouve aujourd’hui encore le meilleur de ce que cette vie m’a apporté. Je chéris mes souvenirs, je les entretiens comme un horticulteur prendrait soin de ses fleurs. Ils sont éphémères, ils s’estompent, ils perdent leur éclat, leur fraîcheur et leur parfum, ils finissent par disparaître et on les oublie. »« J’ai partagé avec mes contemporains la même attente cocasse. J’attendais un homme, qui serait un homme, qui serait mon homme. Puis j’ai vite compris que je devrais savoir manier ma plume si je voulais un jour faire la rencontre de cet homme-là car il n’existerait nulle part ailleurs que dans des scénarios fictifs. Alors, j’ai choisi mon second métier : écrivain. Ainsi, je me suis offert tous les hommes que je n’aurais jamais su approcher dans le monde réel, soit parce qu’ils m’étaient inaccessibles, soit parce qu’ils n’existaient pas. Je me suis contenté de ma fiction. Néanmoins, cela m’a permis de vite tirer une ligne de démarcation entre ce qui est possible et ce qui ne l’est pas, une ligne de démarcation entre ceux qui attendent l’amour de leur vie et moi. Puis un jour, je rencontrai Cecilia. »« Je vais vous dire pourquoi je pense avoir connu l’amour avec René : je l’ai aimé sans savoir pourquoi. Il était d’une gracieuse prestance, mais ce n’était pas mon type d’homme. Je ne me serais pas retourné sur lui dans la rue. J’avais mes critères pour apprécier le physique des hommes. Ceci n’a rien de réducteur car vous en avez tous. René ne correspondait pas à ces critères. C’est pourtant par lui que l’amour vint me visiter dans ma vie. Je l’ai aimé pour son être, pour ce complexe qui était lui. L’ai-je aimé pour la promesse de son amour ? Pareille promesse n’a jamais émané de lui en ce qui me concerne. Il me demanda mon amour,  c’est tout. Il ne promit pas de m’aimer. On n’aime pas une personne comme votre cœur vous le dicte. Aimer quelqu’un c’est être capable de lui donner l’amour qu’il attend de vous. Je pense que je le fis, en bousculant mes habitudes. »« Je m’abstiens de vous parler de la réalité de notre vie conjugale. Ce que nous faisions ou que nous ne faisions pas ne regardait que nous. Moi, je le voyais ainsi. Les Rouvrin, eux, avaient une conception quelque peu différente du lit conjugal. Il s’est passé des choses graves dans cette famille. Ils ont eu des rites d’initiation lorsque Jeanine eut ses dix-huit ans. Son père devait être le premier homme de sa vie. Ils faisaient partie d’une loge très secrète d’occultisme dont je ne révèlerai pas le nom. Jeanine a grandi là-dedans, cela lui a toujours semblé normal. C’était cela la voie de la réussite, c’était cela le monde des gagnants. Elle y a vu plein de grands noms de notre pays, il n’existait pas d’autre voie pour atteindre les sommets. Vous savez, pour vous et moi qui avons appris à réussir par des moyens humains normaux, je veux dire sans cultes mystiques, il est invraisemblable ce genre de pratiques. Jeanine s’est allongée avec son père, puis a été consacrée membre de la loge. Par la suite, elle a pris part à d’autres cérémonies et, au fil des années, elle a avancé dans l’organisation. »

 

 

Papy NZILI

 

 

Papy NZILI nous propose un extrait de "Mon histoire avec eux"

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L'âme soeur, une poésie de Philippe Wolfenberg

Publié le par christine brunet /aloys

Les états d'âme de la Lune et du Soleil

 

L’âme sœur

 

 

Je la cherche depuis si longtemps

Que, peu à peu, l’espoir s’en est allé.

Tant de détours et tant de contretemps

M’ont, de la lumière, éloigné.

 

 

Faut-il naître et renaître,

Vivre d’innombrables errances ?

Ou dois-je disparaître

Sans que me soit accordé cette chance ?

 

 

Ce moment unique où, face à son double,

Se confondent les esprits et fusionnent les cœurs ;

Quand tout s’efface devant l’indicible trouble

D’avoir, enfin et à jamais, trouvé son âme sœur.

 

Philippe Wolfenberg

philippewolfenberg.skynetblogs.be

http://www.bandbsa.be/contes3/wolfenbergtete.jpg

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Ys l'engloutie, la suite du feuilleton de Didier Fond

Publié le par christine brunet /aloys

Ys l'engloutie, la suite du feuilleton de Didier Fond

YS L’ENGLOUTIE

Deuxième partie

« Une nuit, n’en pouvant plus, elle entra dans sa chambre et se jeta sur lui. Il la laissa complaisamment l’embrasser, le caresser, puis stoppa les ébats au moment même où Ahès pensait connaître le comble du plaisir. « Tu crois avoir atteint le sommet de la perversion, lui dit-il, mais tes jeux puérils ne sont qu’amusements de petite fille. Tu ne m’intéresseras que le jour où tu commettras vraiment quelque chose de plus grand que ce Mal là. » Et il la mit rudement à la porte.

Cela dura encore quelque temps. Ahès avait perdu tout ce qui pouvait lui rester des quelques lambeaux de sa dignité. Le refus de l’étranger de se livrer à elle la rendait folle, surtout qu’il lui répétait toujours les mêmes paroles : « Trouve autre chose pour m’intéresser. Tes cloaques sont quelconques et tu n’as même pas la saveur de l’eau claire. » Alors un matin, elle abdiqua : « Que veux-tu de moi ? » demanda-t-elle. L’étranger la regarda fixement. Elle était maintenant prête à lui obéir. « Donne-moi ta ville, lui répondit-il. Et je t’aimerai comme tu n’as jamais été aimée. » Elle ne comprit pas d’abord ce qu’il voulait dire. Il précisa : « Je veux comme preuve d’amour la perte d’Ys : vole la clef des écluses à ton père, ouvre les portes. Je serai alors à toi, rien qu’à toi. »

Cette exigence monstrueuse laissa d’abord Ahès sans voix. Elle se mit à trembler. « Non, bégaya-t-elle enfin, non, tu ne peux pas me demander ça. Tout mais pas ça. » « Et c’est pourtant ça que je veux », rétorqua-t-il. L’horreur donna enfin à la Princesse l’intelligence de poser la bonne question : « Qui es-tu ? » Mais, évidemment, la réponse ne leva pas le mystère. « Un homme, dit-il, simplement un homme qui aime le Mal, le vrai et te donneras son amour si tu satisfais à son désir. Ne te prends-tu pas pour la pire des débauchées ? Ne t’imagines-tu pas avoir atteint les bas-fonds de l’abomination ? Tu peux encore tomber plus bas, si tu le désires, ou monter bien plus haut, comme tu voudras. Tes meurtres rituels sont ridicules ; je veux que tu trahisses ton père, ton peuple. La trahison des innocents, la révolte contre Dieu, voilà le sommet du mal. Choisis, mais choisis vite. »

Il savait ce qu’il faisait, ce qu’il disait. Les hésitations de la Princesse ne durèrent que le temps d’un soupir. La nuit suivante, elle se glissa dans la chambre de son père et, profitant du profond sommeil dans lequel l’avait plongé un breuvage versé dans son verre par l’étranger, détacha la clef de la chaîne qui la portait. Puis, elle courut rejoindre son amoureux qui l’attendait sur les digues.

La serrure des portes était inaccessible. Debout à l’extrémité du mur, l’étranger regardait Ahès approcher. Lorsqu’elle fut près de lui, il tendit la main ; elle déposa la clef dans sa paume. « Maintenant, dit-elle, aime-moi. Je t’ai obéi. » « Pas complètement. Les portes ne sont pas ouvertes ; je veux voir la mer déferler sur cette cité et l’engloutir. » Il saisit Ahès dans ses bras. Elle eut tout à coup l’impression de voler ; sans savoir comment, elle se retrouva avec lui à hauteur de la serrure. L’étranger avait glissé la clef entre les doigts de la Princesse ; sans que sa volonté y fût pour quelque chose, elle l’introduisit dans la serrure. « Je n’ai pas la force de la tourner », chuchota-t-elle. « Mais si… » insista-t-il avec une étrange tendresse dans la voix. Elle imprima un léger mouvement de rotation à la clef ; il y eut un déclic, puis un autre et, comme elle aurait ouvert la porte de sa chambre, elle ouvrit avec la même facilité les portes des digues. La mer s’engouffra dans la brèche. En quelques secondes, des milliards de tonnes d’eau s’abattirent sur les bas quartiers.

Ahès n’eut pas le temps de pousser un cri de triomphe. Déjà, l’étranger l’avait lâchée, et elle tombait, elle tombait, elle tombait à la rencontre des flots furieux qui se ruaient sur la cité et l’effaçaient du monde des vivants.

Comment arriva-t-elle malgré tout à échapper à la mort ? Cela non plus, la légende ne le dit pas. Mais une légende n’a pas à tout expliquer et c’est un de ses grands charmes d’être invraisemblable. De même qu’il parait bien improbable que Gradlon ait pu lui aussi survivre à la catastrophe…

Et pourtant, alors que la mer envahit la ville, nous les retrouvons sur un cheval, fuyant à bride abattue ce qui n’est plus qu’une vaste étendue d’eau. La fille est en croupe derrière son père, elle le tient à bras le corps, terrifiée, éperdue ; mais la mer exige sa victime ; la mer et le diable ne veulent pas que leur proie leur échappe. Alors les flots s’agitent, montent, montent derrière les fugitifs, les pourchassent impitoyablement. Gradlon éperonne en vain son cheval, la mer est plus rapide que lui, elle va les engloutir… En un instant, Gradlon comprend comment il peut se sauver : la mer réclame la responsable de cette horreur. Sa fille s’est damnée et il ne peut plus rien pour elle. Il se retourne, lève sa cravache, en cingle le visage et le corps de la Princesse. Avec un hurlement de terreur, elle se débat et, déséquilibrée, bascule dans l’abîme. La mer se retire aussitôt.

Sur une éminence, Gradlon s’arrête enfin et contemple le nouveau paysage. Là où s’élevait autrefois sa cité, il n’y a plus rien, rien que de l’eau, et la mer, calme à présent, tranquille. Le désespoir envahit l’ancien roi d’Ys. Il fuit vers l’intérieur des terres sans se retourner.

Et Ahès ? La mort est une punition trop douce pour elle. Transformée en sirène, devenue Morgane, elle détourne les marins de leur chemin par son chant et les précipite sur les écueils. Il en est ainsi depuis toujours et il en sera ainsi jusqu’à la fin des temps ; ou du moins, jusqu’au jour où une messe de rachat sera célébrée dans une des églises d’Ys l’engloutie. Alors, la malédiction qui retient Morgane dans les flots sera levée, et elle pourra enfin mourir… »

Didier Fond

fonddetiroir.hautetfort.com

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Ys l'engloutie, une nouvelle en 2 épisodes de Didier Fond

Publié le par christine brunet /aloys

Ys l'engloutie, une nouvelle en 2 épisodes de Didier Fond

Ys l’engloutie

Première partie

L’Allemagne n’a pas l’exclusivité des villes englouties. La France a aussi sa cité perdue dans les eaux maritimes. Vous connaissez la légende, j’en suis sûr : celle de la ville d’Ys (ou Is). Elle nous vient de la Bretagne. Si vous allez dans cette merveilleuse région, rendez-vous à la Baie des Trépassés. C’est là que, d’après la légende, se serait située la ville d’Ys, perdue par la faute de la fille du roi, nommée Ahès ou Dahut, selon les versions. Franchement, je préfère Ahès parce que Dahut, c’est trop péjorativement connoté, notamment en ce qui concerne une certaine chasse…

Voici une des versions de cette légende : que les puristes bretons me pardonnent s’ils trouvent que je m’égare trop loin du conte originel. Mais au fond, qui la connaît, la véritable histoire d’Ys ?...

« Imaginez, dit le conteur, une ville aux toits d’or. Oui, je dis bien aux toits d’or. Les charpentes des maisons n’étaient pas recouvertes de tuiles, ou d’ardoise, ou de chaume, ou de tout autre matériau vulgaire et commun ; non. La toiture de tous les palais d’Ys était formée d’immenses plaques d’or, fines, appliquées sur les montants de bois et si soigneusement agencées qu’il était impossible de distinguer où commençait et finissaient les plaques. Les murs étaient en marbre blanc. Lorsque le soleil se levait sur la ville, la lumière devenait peu à peu éblouissante. Nul ne pouvait regarder Ys en face sans en devenir presque aveugle.

Belle. Admirablement belle, telle était l’opinion de tous les voyageurs qui s’arrêtaient dans la ville et y séjournaient souvent plus longtemps que prévu, charmés, fascinés par la splendeur des places, des rues, la gentillesse et l’amabilité des habitants. On aurait pu croire en effet que tant de richesse avait pourri le cœur et l’âme des gens d’Ys. Il n’en était rien. L’étranger qui avait réussi à franchir les portes de la ville était accueilli avec raffinement, courtoisie, et politesse, quels que soient son apparence et son niveau social.

Ys était gouvernée par un roi très sage, nommé Gradlon. Bienveillant envers ses administrés, il était aimé et respecté de tous Il était sage parce qu’il connaissait l’âme humaine et savait qu’en l’Homme, le pire côtoie souvent le meilleur. Il savait aussi que l’envie, la jalousie, le désir de posséder d’immenses richesses étaient des passions qui pouvaient éclore dans le cœur de chaque être humain et le transformer en monstre sanguinaire. Il ne craignait rien de son peuple. Les gens d’Ys avaient la richesse, la gloire, la beauté ; ils étaient heureux, ils aimaient leur ville et s’aimaient entre eux. Pourquoi auraient-ils cherché à détruire tant de perfection ?

Mais il y avait l’extérieur. Et c’est de là que pouvait venir le danger, Gradlon en était tout à fait conscient. Aussi les portes de la ville étaient-elles toujours fermées, même pendant la journée. N’entraient dans Ys que ceux qui avaient pu prouver leurs intentions pacifiques ; aucune arme n’était admise dans la cité. C’était surtout des marchands nomades ou des cavaliers solitaires qui y faisaient halte.

Gradlon mettait donc tout en œuvre pour assurer la sécurité de sa cité. Mais cette dernière avait un point faible : construite au bord de la mer, elle n’était protégée des assauts de l’océan que par d’énormes digues. Ce mur cyclopéen, de plus de vingt mètres d’épaisseur, plus haut que le Palais Royal lui-même dont les tours dominaient les toits, bordait le côté maritime de la ville. De gigantesques portes en fer renforçaient l’endroit le plus exposé et c’était ces portes qui inquiétaient Gradlon. Nul être humain pourtant n’aurait pu les ouvrir, d’une part à cause de leur énormité et de leur poids et d’autre part parce que la clef de ce que Gradlon nommait « les écluses » ne quittait pas son cou auquel elle était suspendue par une chaîne d’or.

Gradlon craignait les hommes mais il craignait surtout les puissances surnaturelles. Bon chrétien, il se rendait tous les jours à l’office, dans la chapelle du palais, priait régulièrement Dieu, pratiquait la charité, était bon avec ses semblables. Mais il avait en lui la prescience que le Diable ne tarderait pas à venir mettre son nez dans ses affaires pour le simple plaisir de détruire une si belle réussite.

Ys avait un autre point faible : sa Princesse, Ahès, la fille de Gradlon. C’était une débauchée, une perverse, qui passait ses nuits dans le quartier des tavernes et des bouges qui fleurissaient sous les digues. La majorité des habitants d’Ys étaient des gens vertueux qui suivaient les préceptes de l’Evangile ; mais dans toute communauté, il y a des renégats, et Ys n’échappait pas à la règle. Le « bas quartier des digues » renfermait une population d’ivrognes et de prostituées que la Princesse fréquentait sans vergogne, au grand désespoir de son père qui n’ignorait rien des orgies et autres abominations auxquelles elle se livrait dans ces repaires de pouilleux et de blasphémateurs.

Un jour, un bel étranger demanda à entrer dans Ys. Il avait fière allure sur son cheval noir. Il déposa volontiers ses armes avant de franchir les portes et se fit conduire au palais où il demanda audience au roi Gradlon. Il se présenta comme le fils d’un seigneur français ; il avait de belles manières, un air noble, une voix agréable. Ses paroles coulaient de ses lèvres comme une fontaine de liqueur et de miel. Gradlon fut charmé de tant de courtoisie et de raffinement et le pressa de rester quelques jours dans la ville où il serait son hôte. Alors que le jeune homme allait se retirer dans les appartements que Gradlon avait fait préparer pour lui, Ahès entra dans la salle du trône. Le Roi se vit obligé de faire les présentations, bien qu’il n’en eut guère envie, connaissant sa fille et la façon dont elle « traitait » les étrangers, surtout lorsqu’ils étaient beaux et bien bâtis.

Vous pensez bien que la Princesse ne resta pas insensible à l’allure de ce jeune cavalier. Elle déploya tous ses charmes pour le séduire et sembla parvenir à ses fins sans trop de peine. Il faut dire qu’Ahès était très belle ; mais, dit la légende, sa beauté était flétrie par sa luxure ; au fond de ses yeux luisait une flamme sensuelle et perverse, une fièvre mauvaise la faisait constamment frissonner. Elle était toujours vêtue d’habits écarlates, le rouge de sa robe cachant ainsi les taches du sang qui l’éclaboussait lors des rites impies auxquels elle se livrait.

Elle entraîna le jeune étranger dans ses débauches, le conduisit dans les infâmes bas quartiers sous la digue. Et tandis qu’elle participait activement aux orgies, lui restait assis dans son coin ; il regardait en silence, les bras croisés sur la poitrine, l’air à la fois amusé, intéressé et méprisant. Cette attitude hautaine enflamma davantage les sens et le cœur de la Princesse. Elle se mit à l’aimer, follement ; cette passion soudaine la dévorait nuit et jour, et cela d’autant plus fortement que l’étranger gardait ses distances, ne lui accordait aucune caresse, aucun baiser, aucune réelle parole d’amour. Elle cherchait un dérivatif dans des amusements de plus en plus barbares, de plus en plus impies. Mais plus elle se perdait dans ses débordements, plus l’étranger semblait devenir lointain. »

(A suivre)

Didier Fond

fonddetiroir.hautetfort.com

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Déjà la rentrée ! Quoi de neuf sur notre blog en septembre ?

Publié le par christine brunet /aloys

Déjà la rentrée ! Quoi de neuf sur notre blog en septembre ?

RAPPEL

Pour le prochain numéro de la Revue de fin d'année, nous lançons deux nouveaux concours :

- un concours de calligrammes pour nos poètes sur le thème de la nature et des animaux. Envoi sur mon mail brunet_christine@orange.fr avant le 30 septembre. Format JPEG. Attention, votre calligramme doit être lisible. Un calligramme par auteur seulement.

- un concours de nouvelles : une page A4 en arial 11. Thème : le cauchemar. Textes à envoyer avant le 31 octobre. Un seul texte par auteur. Envoi via mon mail également.

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Déjà la rentrée ! Quoi de neuf sur notre blog en septembre ?

TOURNAI

De la Sambre à l’Escaut, chemins de traverse

http://www.lavenir.net/article/detail.aspx?articleid=dmf20140629_00497274

  • F. L.

Sept écrivains ont répondu à l’appel de Thierry Ries, un Montois originaire de Roucourt: ancrer une exploration humaine, des impressions noires ou vives, dans un paysage de la région.

«Cet espace, nos auteurs l’ont couvert de leur vécu ou de leur imaginaire, parfois plus fort que la réalité, leurs entrailles étalées à vif comme un sujet brûlant, si brûlant qu’on ne peut plus le tenir en mains et qu’il faut bien passer ces charbons ardents à ceux qui suivent.»

Ainsi se succèdent nouvelles, récits, poèmes narratifs venus du Hainaut, sur les ailes de l’inédit. Le travail de chaque auteur est présenté en avant-dire et une notice biographique suit directement le texte. Cette intéressante option permet aux lecteurs de découvrir les univers foisonnants d’Aurore Di Cesare et Gisèle Hanneuse (Borinage), Marie-Claire George (Gosselies), Florian Houdart(Soignies, Lessines), Annie Préaux (Eugies), Jean-François Saudoyez (Tournai), Françoise Van Poucke (Charleroi).

Si Marie-Claire George aborde, dans «La moisson du maugré», un fait de société rurale, qui captive le lecteur jusqu’aux dernières lignes, Jean-François Saudoyez fore le tourment qui habite un jeune artiste déçu, l’esprit de vengeance qui le secoue et puis s’évade. Et le «slam opéra en terres hennuyères» de Florian Houdart se décline en toutes lettres fauves

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Déjà la rentrée ! Quoi de neuf sur notre blog en septembre ?

Carine-Laure Desguin primée !

Le prix Pierre Nothomb lui sera remis le dimanche 28 septembre au château de Pont d'Oye, à Habey-la-Neuve.

Le mois dernier, elle a reçu également le prix du jury pour le texte "longue est la route":

http://carinelauredesguin.over-blog.com/article-prix-du-jury-pour-mon-texte-longue-est-la-route-124320709.html

Enfin, l'un de ses textes a été retenu pour une parution dans le blog de Jean-Philippe Toussaint

http://carinelauredesguin.over-blog.com/article-un-espace-texte-retenu-par-jean-philippe-toussaint-124277953.html

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Salvatore Gucciardo figure désormais dans l'Annuaire des Artistes Internationaux 2014 qui vient de paraître...

Salvatore Gucciardo figure désormais dans l'Annuaire des Artistes Internationaux 2014  qui vient de paraître...
Salvatore Gucciardo figure désormais dans l'Annuaire des Artistes Internationaux 2014  qui vient de paraître...
Salvatore Gucciardo figure désormais dans l'Annuaire des Artistes Internationaux 2014  qui vient de paraître...

Salvatore Gucciardo figure désormais dans l'Annuaire des Artistes Internationaux 2014 qui vient de paraître...

Plus sur ce peintre poète ? Invitation à son exposition à la Bibliothèque Marguerite Yourcenar (Château de Cartier à Marchienne  (Charleroi)
Plus sur ce peintre poète ? Invitation à son exposition à la Bibliothèque Marguerite Yourcenar (Château de Cartier à Marchienne  (Charleroi)

Plus sur ce peintre poète ? Invitation à son exposition à la Bibliothèque Marguerite Yourcenar (Château de Cartier à Marchienne (Charleroi)

LES AUTEURS A L'HONNEUR EN SEPTEMBRE...

  • Didier Fond
  • Philippe Wolfenberg
  • Papy Nzili
  • Jeanne Delhombre
  • Carine-Laure Desguin
  • Philippe Courouge
  • Ani Serdent
  • Robert Fontaine
  • Brigitte Piret
  • Micheline Boland
  • Louis Delville
  • Nidine Groenecke
  • Christine Brunet
  • Laurence De Troyer
  • Patrick Beaucamps
  • Alain Magerotte
  • Alexandra Coenraets
  • Bob Boutique
  • Jean-Claude Slyper
  • Camille Delnoy
  • Alain Delestienne
  • Sébatien Quagebeur

BONNE LECTURE !!!!!!!!

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Bonnes vacances ! Au 1er septembre !

Publié le par christine brunet /aloys

Bonnes vacances ! Au 1er septembre !

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Thierry Ries dans l'Avenir.net

Publié le par christine brunet /aloys

Thierry Ries dans l'Avenir.net

La passion des mots

  • http://www.lavenir.net/article/detail.aspx?articleid=dmf20140616_00491071
  • Source: proximag

Thierry Ries est un personnage incontournable dans le monde de la littérature à Mons. Né à Roucourt, il s’est installé à Harmignies en restant toutefois attaché à son Hainaut picard. Il est amoureux des lettres, belges et américaines surtout, de la nature et de sports.

Thierry Ries a un parcours professionnel à la fois sinueux et riche de belles expériences: maître-nageur, moniteur sportif ADEPS et SPJ, éducateur en vie associative, bibliothécaire, bénévole chez Oxfam, au G théâtre, au Box théâtre, à la Maison de la Mémoire, au café littéraire «La livre de café» et à la «Maison d’Anna» à Eugies. Il est aussi chargé de relations publiques de l’ASBL «Cercle littéraire hennuyer Clair de Luth». «J’ai eu la joie de participer en qualité de jury à des prix littéraires», explique-t-il. «Je suis aussi auteur et préfacier, ma tasse de thé: j’ai publié jusqu’à présent 6 plaquettes et recueils, poèmes, nouvelles et récits, aux éditions Chloé des Lys dont je suis responsable pour la région de Mons. J’ai rédigé 15 préfaces pour des œuvres de proches, dont la dernière, le récit d’Ophélie Populaire, «Tumeur, tu meurs ou je meurs. Une de mes dernières belles expériences fonctionnelles a été mon entrée comme animateur culturel à la province de Hainaut, dans les domaines de la lecture vivante, des ateliers d’écriture et du ciné-club.» Thierry Ries a récemment rassemblé 7 auteurs d’âge, d’horizon et de notoriété très divers qui ont collaboré à un recueil collectif qui vient d’être publié aux éditions Chloé des Lys: «De la Sambre à l’Escaut, nouvelles hennuyères». «Mon but essentiel était que des plumes de talents parlent du Hainaut.» C’est fait. Avec brio!

Rens. thierryries@live.fr.

Messages courts, Ed. Chloé des lys

Messages courts, Ed. Chloé des lys

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Tremblement de terre, un texte signé Micheline Boland

Publié le par christine brunet /aloys

TREMBLEMENT DE TERRE

Mathilde est lasse de tout. De Jean, cet époux un peu plus âgé qu'elle auprès duquel elle vit depuis plus de trente ans. De cette villa dans ce quartier sans histoire où elle demeure depuis plus de vingt-cinq ans. Lasse des gestes répétitifs, des meubles dont elle connaît chaque détail, de cet homme dont elle connaît tous les tics, dont elle prévoit tous les choix, de ces voisins dont les sujets de conversation sont presque toujours pareils : enfants, jardins, vacances, placements.

Mathilde regarde son mari. Elle lui propose de prendre une collation en cet après-midi d'automne. Café ou thé ? Thé vert, elle en était certaine. Chocolat ou cake ? Cake aux fruits confits, sans hésitation. Il conclut : "C'est une excellente idée, ma biche." Une phrase toute faite, un surnom qui ne plaît plus à Mathilde. Il y a longtemps qu'elle n'a plus la grâce d'une biche, qu'elle court à petits pas, que son regard est moins vif que lorsqu'elle a rencontré Jean.

Le téléphone sonne. Mathilde va machinalement décrocher. À cette heure c'est peut-être sa fille qui va bientôt rechercher les jumeaux à l'école ou son amie Paulette ou une erreur, voire pire un appel publicitaire ou un sondage. Eh bien non, c'est une bonne nouvelle. En participant au concours shampoing-douceur, elle a gagné un voyage d'une semaine pour deux sur une île paradisiaque.

Jean il a horreur des voyages, de l'avion, de l'exotisme. Il ne se sent bien que chez lui ou à la Côte. "Va avec Michèle, ta filleule, ma biche. Ça lui changera les idées après le départ de son mari et puis elle parle plusieurs langues ! Huit jours, ce n'est pas la mer à boire. Le surgélateur est bien garni, je me débrouillerai."

Mathilde part en vacances avec sa filleule. C'est la première fois qu'elle va si loin. De temps à autre dans sa chambre de rêve, sur son île de rêve, grâce aux satellites, elle écoute le journal télévisé d'un pays frontalier au sien. C'est ainsi qu'elle apprend qu'il y a eu un tremblement de terre dans la région où elle habite. Il y a eu quelques vitres brisées, quelques murs fissurés, quelques blessés légers. Elle pense aussitôt à Jean, aux voisins, au quartier.

Bien vite, Mathilde tente de téléphoner chez elle, chez des voisins mais toutes les lignes du secteur sont en dérangement. Elle fait part de ses inquiétudes à sa filleule. Celle-ci la rassure comme elle peut, affirmant que si c'était vraiment grave, elle aurait eu des nouvelles par l'intermédiaire de l'agence de voyage.

Des pensées parasites viennent gâcher les heures qui suivent. Mathilde téléphone à des cousins qui habitent à l'autre bout du pays. Selon eux, il s'agissait d'un tremblement de terre de peu d'amplitude. Aucun blessé grave, aucun décès n'est à déplorer selon la presse écrite qu'ils viennent de lire et selon les informations diffusées lors du dernier journal radio.

Mathilde reste perturbée. Et si les problèmes cardiaques de Jean apparemment bien contrôlés étaient réapparus sous l'effet du choc ? Et si des voisins étaient du nombre des blessés légers ? Et si la belle baie vitrée du living avait été brisée ? Et si la serre était endommagée ? Et si Jean venait à se blesser avec le verre brisé ? Et si dans l'affolement Jean ne retrouvait pas les documents de l'assurance ? C'est que les scénarios catastrophes ne manquent pas quand on laisse courir son imagination et qu'on craint pour le bien-être de ceux qu'on aime… Quand on vit avec des "si", les motifs d'inquiétude se multiplient !

Pour Mathilde, le soleil a beau briller de tous ses feux, la plage a beau être magnifique, les vacances sont entachées par son inquiétude. Elle voudrait être chez elle, réconforter ceux qui ont besoin de soutien, simplement écouter Jean lui raconter comment il a vécu ce tremblement de terre qui a lieu au petit jour. A-t-il été réveillé? S'est-il senti en danger ? A-t-il eu vraiment peur ?

Mathilde regrette d'être partie, d'avoir abandonné Jean.

Elle tourne en rond. Plus envie de prendre un verre de jus de fruits frais au bord de la piscine, de prendre le soleil sur la plage, de bavarder avec le bel étranger rencontré durant une excursion, de courir les boutiques d'artisanat local avec Michèle, de faire de l'aqua-gym, d'apprendre de nouvelles danses folkloriques sous la direction de l'animateur. Juste envie d'être chez elle, de savoir ce qui s'est vraiment passé.

Mathilde ne rate aucun journal télévisé diffusé par satellite. Hélas, on ne fait plus la moindre allusion au tremblement de terre alors qu'on ne cesse de détailler des résultats sportifs et d'évoquer la vie sentimentale de princesses ou de stars.

Quand Mathilde franchit la douane à l'aéroport, elle cherche Jean des yeux et ne le trouve pas. Par contre, elle voit son beau-frère qui lui fait de grands signes.

Vite, elle veut savoir. Son beau-frère explique : "Jean a une indigestion. Il n'a pas osé quitter la maison." Au fond d'elle-même, Mathilde se demande si on ne lui cache rien, par exemple quelque chose de plus grave qu'un banal problème digestif.

Mathilde se rend compte que cet époux dont elle semble parfois si lasse, elle y tient vraiment, que ce quartier sans histoire, aux jardins trop bien entretenus, est une sorte de coin de paradis.

Quand elle rentre enfin chez elle, Mathilde s'assied dans le canapé près de Jean. Jean est un peu pâlot, la maison est telle qu'elle l'avait laissée si ce n'est que la poussière recouvre les meubles… Alors, Mathilde se met à pleurer sur ce bonheur qu'elle a cru voir s'échapper…

Micheline Boland

(Extrait du livre "Le nouveau magasin de contes")

Tremblement de terre, un texte signé Micheline Boland
Tremblement de terre, un texte signé Micheline Boland
Tremblement de terre, un texte signé Micheline Boland
Tremblement de terre, un texte signé Micheline Boland
Tremblement de terre, un texte signé Micheline Boland
Tremblement de terre, un texte signé Micheline Boland

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