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« Cinquième saison » de Céline Delattre dans l'Avenir.net

Publié le par christine brunet /aloys

http://www.lavenir.net/article/detail.aspx?articleid=dmf20150119_00588015

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« Cinquième saison » de Céline Delattre dans l'Avenir.net

Le nouveau recueil de poésie paraît aux éditions Chloé des Lys. «Si l’on se donne la peine de regarder au plus près la fêlure sous la peau, il est une cinquième saison en chacun de nous, affirme Céline Delattre.

Un clair-obscur de soleil et de nuit.»

Cailloux blancs à semer

C’est en langue anglaise que Céline écrit des textes poétiques, mis en musique dès leur création. C’est elle qui les traduit ensuite, privilégiant la mélodie des mots et des images. On y croise l’accord premier, dédié à «l’ami d’infortune». Une palette d’émotions circule entre les lignes. «À promener ses ombres/Le soleil serait-il enfin/À sa juste place?» Les questions se succèdent, hélant les thèmes les plus brûlants: l’amour, la liberté, le silence, le désespoir. «Too gone to fightj’abandonne le combat.»Cependant, la présence d’un enfant éclaire la suite de l’itinéraire. «Nul ne lui a appris/À marcher sur l’eau/Pas même sur la pointe des pieds/Mais il ouvre des portes/Aux églises scellées/Par le poids des rigidités.»

Quelques photographies illustrent le recueil de Céline Delattre. Visages et mains, plus loin que les mots, la tendresse à cueillir et à vivre, les cailloux blancs à semer.. «Nous demanderas-tu/De te dessiner un mouton,/Te décrocher la lune?/ Petit bonhomme trace ton chemin.»

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Bruno Charrier est dans l'avenir.net avec "Germain et ses pantins"

Publié le par christine brunet /aloys

http://www.lavenir.net/article/detail.aspx?articleid=DMF20150119_00588014

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Bruno Charrier est dans l'avenir.net avec "Germain et ses pantins"

Après une salve de poésie et un texte théâtral joué dans la région et proposé en lecture ouverte à Toulouse, Bruno Charrier poursuit son travail d’écriture.

Cette fois, ce sont des pantins qui s’invitent sur scène, à la suite de Germain, un jeune révolté alcoolique. Cet homme aurait-il été plus heureux en acceptant la stabilité souhaitée par les siens? Bruno propose d’y réfléchir au cœur d’un texte théâtral édité chez Chloé des Lys.

Partenaires

«Quand on écrit du théâtre, ce qui est important ce sont les sens, ce que les mots vont raconter à plein corps»,précise l’auteur de la pièce «Germain et les pantins». Animateur d’ateliers, Bruno Charrier s’est établi à Antoing. Son récent spectacle a été créé au Foyer culturel. Cette fois, c’est une suite de vingt-deux mouvements qui constitue le texte, en dialogues et monologues. On y découvre Germain aux prises avec un cauchemar. «Son histoire est dramatique, il est dans un inconfort permanent suite à ses révoltes, ses brisures, ses lâchetés. On a tous en nous une part de ce personnage, et lui, il est entier, sans concession.»

Solitaire, Germain décide d’appréhender les choses autrement, sans la fadeur ambiante à laquelle il est convié. Il s’invente des personnages qui auraient eu la vie qu’il n’a pas eue et donne la parole à son père, sa mère, une femme, un ami, un enfant. Ces marionnettes douées de présence gagnent-elles en liberté, en aisance de tous les jours? Le tourment les rattrape. Le désastre aussi. Les dialogues s’accrochent à une réalité crue, violente, déchirée. «Au théâtre, on peut être irrévérencieux par rapport à la langue, à la syntaxe, assure Bruno Charrier dont l’écriture est résolument turbulente. Comme un compositeur de jazz peut l’être avec la musique.La langue est une matière sonore, qui s’écoute.»

Bruno Charrier est dans l'avenir.net avec "Germain et ses pantins"Bruno Charrier est dans l'avenir.net avec "Germain et ses pantins"Bruno Charrier est dans l'avenir.net avec "Germain et ses pantins"

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Nicole de Bodt a lu "Les 10 petites négresses" de Bob Boutique

Publié le par christine brunet /aloys

http://www.vaninaduchateau.be/

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Nicole de Bodt a lu "Les 10 petites négresses" de Bob Boutique

« Les dix petites négresses »

Auteur : Bob Boutique : libraire à Bruxelles, caricaturiste, auteur-compositeur de chansons. Créateur du blog littéraire ACTU-mag, il est l’un des fondateurs d’ACTU-tv, une télé culturelle sur internet. Il se définit comme « touche-à-tout effréné… qui fait tout, ne fait rien ».

Editions Chloé des Lys 2010 ISBN — 978-2-87459-531-8

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Mes réactions et pensées :

Et bien voilà, je viens de refermer le livre et il me laisse un goût de peu. Continuer de délirer ne m’aurait pas gênée. Je n’ai pas encore eu l’occasion de lire les « Contes bizarres I et II » écrits par Monsieur Bob. Je vais volontiers les ajouter à ma liste.

Avide de connaître ce mystérieux Bob Boutique, je me plonge dans « Les dix petites négresses ». Je pars avec la conviction que je ne devrais pas m’ennuyer. Dès la préface, mon impression se confirme, il est bien assis à côté de moi et il me parle. Il attise ma curiosité : il envisage des dérapages, de la moquerie. On va voir.


Je tourne la page, je découvre une carte de « L’île des Couleuvres ». L’a-t-il inventée ou existe-t-elle vraiment ? Il ma conseillé daller voir sur Google-Earth, jy vais. Cest bien exact, jai trouvé des informations et il sagirait de « L’île des Serpents » à ne pas confondre avec « L’île aux serpents ». Son plan est fidèle ; cet auteur est fiable, je peux lui faire confiance.

Dix petites dames « prout ma chère » seraient en partance pour l’île sur un chalutier, le « Pescarusul » (le goéland). Que vont-elles y faire ? Mystère ! Je sens que cette histoire va être compliquée, lauteur me conseille de prendre des notes, je mexécute. Japprends que ces dix négresses seraient des « auteures emmerdeuses et hautaines ». Oh ! mon dieu.

Ces dames BCBG seraient invitées par leur éditeur. L’excuse invoquée par ce Monsieur que je ne nommerai pas : choisir une d’entre elles pour espérer obtenir le prix « Concours ». À ce moment précis, j’identifie l’éditeur et je me dis : « Bob Boutique va s’amuser et moi aussi ». Je continue.

Dès lors, avec beaucoup de précisions et d’humour, il va établir le curriculum vitae de nos dix héroïnes. J’en connais virtuellement quelques-unes, je m’amuse énormément. Je me dis, il y va le caricaturiste ! Je souris, cest tout bon ; mais quand même les pauvres !

Il me conseille d’être bien attentive et de revenir régulièrement sur les données initiales. Là, je me dis, pas courant comme démarche. Une manière de faire très originale, mais contraignante. Prudente, je m’engage.

Et de fait, l’histoire part dans un délire indescriptible. Les auteures dénaturées rencontrent l’éditeur qui ne m’a pas l’air commode du tout. Je le croyais plus sympathique ! Et ce quil va leur proposer dépasse mon imagination. Elles vont être embarquées, grâce à la plume de Bob Boutique, dans un conte à dormir debout, digne d’Agatha Christie (je pense aux « dix petits nègres »). Il va y avoir du suspens, des cris, des syncopes, des traîtrises, des morts, des vivants, des fantômes, des hystéries, des péripéties incroyables, des papotages … Bref, au début, désireuse de suivre, je revenais vers la carte, les fiches descriptives pour savoir qui faisait quoi, qui tuait qui, qui cherchait qui… et prise dans ce tourbillon de folie, j’ai abandonné, je me suis dit que diable ! je veux savoir. Il me mène en bateau, ce nest pas possible. Il me prend pour une de ces négresses !

Et toute excitée, j’arrive à la fin, une chute aussi incroyable et délirante que le conte en lui-même. J’en sors abasourdie et je me dis : « finalement, tu as bien subi le même sort que ces pauvresses ! »

Après recul, je me pose une question : « Es-tu sûre d’avoir tout compris ? » ou risque-t-il de revenir en force dans « Les dix petites négresses II » ?

L’auteur m’a donné de vivre un beau moment de lecture. Je reconnais que le fait d’identifier certaines de ces dames déjantées a certainement renforcé mon plaisir. Mais ce qui m’a particulièrement plu, c’est sa proximité. Pour peu, je le prenais pour un ami prenant plaisir à me raconter une anecdote incroyable ! Cette histoire lue et mimée devrait arracher de nombreux fous rires !

Bob Boutique m’a donné l’occasion de lire son livre et je l’en remercie.

Nicole De Bodt © 2015

Publié dans Fiche de lecture

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Le ciel rouge du couchant de Barbe Perrin dans le Bibliothécaire

Publié le par christine brunet /aloys

Le ciel rouge du couchant de Barbe Perrin dans le Bibliothécaire
Le ciel rouge du couchant de Barbe Perrin dans le Bibliothécaire

LE CIEL ROUGE DU COUCHANT /
Barbe PERRIN.-
Barry : Chloé des Lys, 2013.- 187 p. ; 21 cm.-
Isbn : 978-2-87459-780-0.- 22.10 €.-


L’auteure :
Barbe Perrin n’est pas née au Vatican. Elle n’a pas grandi à Lima, ni fait ses études à l’université Lumumba de Moscou.
Elle ne court pas le cent mètres en huit secondes et ne sait pas piloter un bateau. Elle n’est jamais montée sur l’Everest et n’a jamais mis le pied sur la lune. Encore moins sur Mars ou Jupiter.
Elle ne sait pas faire bouger ses oreilles et n’a jamais appris le tokharien. Elle n’a jamais rencontré d’homme qui s’appelait Achaire, ni de femme qui s’appelait Gertrude ou Gudule. Elle n’a jamais eu de chat, de poisson rouge ou de perroquet qui s’appelait Melchior. Elle n’a jamais fait de graffiti sur la grande muraille, ni voyagé à bord d’un hélicoptère ou d’un zeppelin, ni fait le tour du monde en quatre vingt bistrots. Elle ne se passionne pas pour le lancer de troncs, le crochet, le piercing ou la pelote basque. Elle ne collectionne pas les images pieuses, ni les pensées séchées. Elle ne pratique pas le rugby en apesanteur, ni le pingpong sous-marin, encore moins l’aïkido en solitaire. Elle ne s’est jamais battue avec une louche et n’a jamais tué personne avec une fourchette. Elle n’avouera jamais qu’elle aime le beurre de cacahuètes.
Mais elle écrit.

Le livre :
Son dernier ouvrage « Le ciel rouge du couchant » est publié chez Chloé des Lys.
Le fil conducteur en est le ciel. Rouge quand le soleil se couche les soirs d’été, signe qu’il fera beau le lendemain. Mais rouge aussi lorsque c’est le feu de la guerre qui l’embrase.

L’histoire commence à Bagdad, le 20 mars 2003, peu après l’expiration de l’ultimatum de George Bush à Saddam Hussein. Une journaliste, persuadée du bien fondé de cette guerre, y découvre la peur. Une peur à laquelle elle ne s’attendait pas, qu’elle tente vainement de juguler à coups de calmants et de rhum et qui va l’amener à s’interroger sur une autre guerre : celle qu’ont connue ses grands-parents en 1944 dans un village des Vosges.

L’histoire continue alors à La Bresse, en novembre 1944 et relate sa destruction par les Allemands.

En créant un lien de chair et de sang entre ces deux guerres, Barbe Perrin nous rappelle que même si nous vivons aujourd’hui dans une Europe en paix, la guerre reste inscrite dans notre mémoire collective. C’est cette mémoire qui nous fait ressentir ce qu’endurent les populations bombardées ailleurs dans le monde. C’est cette mémoire qui nous rappelle qu’un ciel rouge, le soir, n’est pas toujours celui du soleil couchant. C’est à dessein que les faits de guerre relatés sont essentiellement ceux qui se sont passés en 1944. Car se souvenir de la souffrance de nos parents, c’est un pas vers la compréhension de celle de nos contemporains.

L’écriture est claire et nette, l’histoire originale et les personnages attachants. Cerise sur le gâteau : seul le lecteur comprendra les liens qui unissent les personnages des deux guerres.

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L'auteur ? Carine-Laure DESGUIN

Publié le par christine brunet /aloys

L'auteur ? Carine-Laure DESGUIN

Jules et Rose

— Oh Jules, ne marche pas si vite, je sais pas te suivre, et puis, je veux compter les coquelicots ! Je veux compter les coquelicots !

— Les coquelicots ? Je vois pas de coquelicots moi !

— Ben oui, tu marches bien trop vite…Attends-moi, Jules !

— Ecoute-moi bien Rose, je…

— Je t’entends pas, parle plus fort et regarde-moi quand tu parles, y’a rien à voir devant toi…

Tout en continuant de marcher, Jule se retourne. Avec sur le coin des lèvres un air de se moquer, il lâche :

— Et tu suis au pas de course un garçon qui ne voit pas l’horizon, pauvre petite Rose…

— Oh Jule, je suis fatiguée, mes jambes, mes jambes sont comme du coton, toutes molasses.

— T’as intérêt à te remuer ma vieille, continue-t-il sur le même ton ironique.

— Tu n’es pas si gentil que ça, tout bien réfléchi.

Jules, mimant des grimaces pour se moquer de Rose, trébuche sur une énorme pierre et s’étale de tout son long.

— Aïe, mon pied ! Zut et zut ! crie-t-il tout en se tordant de douleur et ne sachant comment plier sa jambe.

— Ouf ! tant mieux, te voilà ralenti !

— Rose, c’est tout ce que tu trouves à dire ! hurle le garçon d’une voix saccadée, le visage crispé.

Rose semble ne pas entendre et cueille des coquelicots sur le bord du chemin.

— Oh Jules, quelle chance que tu sois tombé justement ici, regarde tous les coquelicots sur ce talus !

Rouge de colère, Jules rampe comme il le peut jusqu’au talus, se déchausse et frotte son pied de toutes ses forces. Le jeune garçon fouille alors dans la poche de son jeans et en ressort un petit carnet brun.

— C’est quoi ce carnet, Jules ? interroge la fillette qui s’est assise et compte ses coquelicots.

— Compte tes herbes et t’occupe pas du reste !

— Y’a pas de reste, Jules. Il y a toi, moi, les coquelicots et…

— Et une fille sans cervelle !

— Tu veux que je mette des herbes dans ta chaussette ? Peut-être que tu aurais moins mal ton pied, et puis regarde tes orteils, ils gonflent ! Ils gonflent !

— C’est toi qui gonfles, petite sotte ! Et puis, tout cela est de ta faute !

— Ma faute ? demande Rose, tout admirant ses coquelicots.

— Oui, tu veux toujours des choses impossibles, tu veux ceci, tu veux cela et on est dans de beaux draps maintenant.

— Ne t’énerve pas, plus tu râles et plus ton pied gonfle, regarde ton pied, regarde. Et puis tu sais, moi ce que j’aime le plus au monde, ce sont les fleurs, je veux des fleurs, des ruisseaux de fleurs, des ciels de fleurs, des tissus de fleurs, des baisers de fleurs, des…

— Des baisers de fleurs ! Tu veux vraiment des baisers de fleurs ?

— Tiens, tu ne fais plus semblant d’avoir mal ?

— Tu veux vraiment des baisers de fleurs ?

Jules s’est assis tout près de Rose. Qui triture ses coquelicots, un à un. Elle coupe les tiges, les regarde, les renifle. Elle penche la tête en arrière, joue avec ses cheveux blond cendré et puis se redresse d’un seul coup, comme si elle avait oublié quelque chose quelque part, puis s’assoit de nouveau et dépose des pétales de coquelicots sur les fleurs de sa jupe.

— C’est joli, tu trouves pas que c’est joli, toutes ces pétales sur ces fleurs ? Oh Jules, que dessines-tu ?

— Tu veux vraiment des baisers de fleurs, des ruisseaux de fleurs ?

— Oui, oui ! s’esclame Rose, persuadée que ses désirs jailliront du petit carnet brun, ou d’une pierre, ou de derrière les talus, ou de plus loin là-bas, sur l’eau…

— Alors Rose, relève-toi, il nous faut marcher !

Le jeune garçon remet chaussettes et baskets et reprend la route, tout en clopinant. Rose prend un air boudeur rassemble ses coquelicots et obéit, bien malgré elle.

— Jules, on va où ?

— C’est de ta faute, on est bien obligés de fuir à présent !

— Mais Jules, c’est toi qui ouvrais les portes et brisais les fenêtres de toutes ces maisons !

Jules et Rose se donne la main. Le soleil s’éteint minute après minute. Sur la rivière, une péniche longue comme un jour sans fin dérange des familles de canards.

— Jules, on arrive bientôt ?

— Oui, encore deux ou trois familles de canards…

— Jules, tu crois qu’on pourrait être emprisonnés, pour tout ça ?

— Bien sûr, c’est pour ça que nous devons nous enfuir ! Casser des portes et des fenêtres, tout ça pour voler des fleurs dans des vases et découper des fleurs sur les robes et les jupes des voisins, ça mérite des années de prison, tu le sais bien, Rose…Voilà, monte ici, sur cette péniche.

— Jules, tu sais conduire une péniche ?

— Je pense que oui, c’est un peu comme surfer sur google, si on veut…

— Jules, pourquoi grimper sur cette péniche et pas celle-là, là-bas plus loin ?

— Parce que dans mon carnet, j’avais inscrit des repères, des envies, des rêves…

— Des ciels de fleurs ?

— Si tu veux, oui…

— Oh, c’est sympa ici, on dirait un petit nid…Oh regarde, la photo sur le mur, c’est la photo de cette péniche…On voit son nom, sur son dos…

— Oui, lis ce mot si tu en es capable, et tu verras des rivières de fleurs, des champs de mimosas, des nuages gonflés aux caramels, des ciels de coquelicots…

— A…mé…ri…ques…

Carine-Laure Desguin

http://carinelauredesguin.over-blog.com

L'auteur ? Carine-Laure DESGUINL'auteur ? Carine-Laure DESGUINL'auteur ? Carine-Laure DESGUIN

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Mais qui a écrit ce texte ????

Publié le par christine brunet /aloys

Mais qui a écrit ce texte ????

Jules et Rose

— Oh Jules, ne marche pas si vite, je sais pas te suivre, et puis, je veux compter les coquelicots ! Je veux compter les coquelicots !

— Les coquelicots ? Je vois pas de coquelicots moi !

— Ben oui, tu marches bien trop vite…Attends-moi, Jules !

— Ecoute-moi bien Rose, je…

— Je t’entends pas, parle plus fort et regarde-moi quand tu parles, y’a rien à voir devant toi…

Tout en continuant de marcher, Jule se retourne. Avec sur le coin des lèvres un air de se moquer, il lâche :

— Et tu suis au pas de course un garçon qui ne voit pas l’horizon, pauvre petite Rose…

— Oh Jule, je suis fatiguée, mes jambes, mes jambes sont comme du coton, toutes molasses.

— T’as intérêt à te remuer ma vieille, continue-t-il sur le même ton ironique.

— Tu n’es pas si gentil que ça, tout bien réfléchi.

Jules, mimant des grimaces pour se moquer de Rose, trébuche sur une énorme pierre et s’étale de tout son long.

— Aïe, mon pied ! Zut et zut ! crie-t-il tout en se tordant de douleur et ne sachant comment plier sa jambe.

— Ouf ! tant mieux, te voilà ralenti !

— Rose, c’est tout ce que tu trouves à dire ! hurle le garçon d’une voix saccadée, le visage crispé.

Rose semble ne pas entendre et cueille des coquelicots sur le bord du chemin.

— Oh Jules, quelle chance que tu sois tombé justement ici, regarde tous les coquelicots sur ce talus !

Rouge de colère, Jules rampe comme il le peut jusqu’au talus, se déchausse et frotte son pied de toutes ses forces. Le jeune garçon fouille alors dans la poche de son jeans et en ressort un petit carnet brun.

— C’est quoi ce carnet, Jules ? interroge la fillette qui s’est assise et compte ses coquelicots.

— Compte tes herbes et t’occupe pas du reste !

— Y’a pas de reste, Jules. Il y a toi, moi, les coquelicots et…

— Et une fille sans cervelle !

— Tu veux que je mette des herbes dans ta chaussette ? Peut-être que tu aurais moins mal ton pied, et puis regarde tes orteils, ils gonflent ! Ils gonflent !

— C’est toi qui gonfles, petite sotte ! Et puis, tout cela est de ta faute !

— Ma faute ? demande Rose, tout admirant ses coquelicots.

— Oui, tu veux toujours des choses impossibles, tu veux ceci, tu veux cela et on est dans de beaux draps maintenant.

— Ne t’énerve pas, plus tu râles et plus ton pied gonfle, regarde ton pied, regarde. Et puis tu sais, moi ce que j’aime le plus au monde, ce sont les fleurs, je veux des fleurs, des ruisseaux de fleurs, des ciels de fleurs, des tissus de fleurs, des baisers de fleurs, des…

— Des baisers de fleurs ! Tu veux vraiment des baisers de fleurs ?

— Tiens, tu ne fais plus semblant d’avoir mal ?

— Tu veux vraiment des baisers de fleurs ?

Jules s’est assis tout près de Rose. Qui triture ses coquelicots, un à un. Elle coupe les tiges, les regarde, les renifle. Elle penche la tête en arrière, joue avec ses cheveux blond cendré et puis se redresse d’un seul coup, comme si elle avait oublié quelque chose quelque part, puis s’assoit de nouveau et dépose des pétales de coquelicots sur les fleurs de sa jupe.

— C’est joli, tu trouves pas que c’est joli, toutes ces pétales sur ces fleurs ? Oh Jules, que dessines-tu ?

— Tu veux vraiment des baisers de fleurs, des ruisseaux de fleurs ?

— Oui, oui ! s’esclame Rose, persuadée que ses désirs jailliront du petit carnet brun, ou d’une pierre, ou de derrière les talus, ou de plus loin là-bas, sur l’eau…

— Alors Rose, relève-toi, il nous faut marcher !

Le jeune garçon remet chaussettes et baskets et reprend la route, tout en clopinant. Rose prend un air boudeur rassemble ses coquelicots et obéit, bien malgré elle.

— Jules, on va où ?

— C’est de ta faute, on est bien obligés de fuir à présent !

— Mais Jules, c’est toi qui ouvrais les portes et brisais les fenêtres de toutes ces maisons !

Jules et Rose se donne la main. Le soleil s’éteint minute après minute. Sur la rivière, une péniche longue comme un jour sans fin dérange des familles de canards.

— Jules, on arrive bientôt ?

— Oui, encore deux ou trois familles de canards…

— Jules, tu crois qu’on pourrait être emprisonnés, pour tout ça ?

— Bien sûr, c’est pour ça que nous devons nous enfuir ! Casser des portes et des fenêtres, tout ça pour voler des fleurs dans des vases et découper des fleurs sur les robes et les jupes des voisins, ça mérite des années de prison, tu le sais bien, Rose…Voilà, monte ici, sur cette péniche.

— Jules, tu sais conduire une péniche ?

— Je pense que oui, c’est un peu comme surfer sur google, si on veut…

— Jules, pourquoi grimper sur cette péniche et pas celle-là, là-bas plus loin ?

— Parce que dans mon carnet, j’avais inscrit des repères, des envies, des rêves…

— Des ciels de fleurs ?

— Si tu veux, oui…

— Oh, c’est sympa ici, on dirait un petit nid…Oh regarde, la photo sur le mur, c’est la photo de cette péniche…On voit son nom, sur son dos…

— Oui, lis ce mot si tu en es capable, et tu verras des rivières de fleurs, des champs de mimosas, des nuages gonflés aux caramels, des ciels de coquelicots…

— A…mé…ri…ques…

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Ainsi soit-il, de Christian Eychloma dans le Bibliothécaire

Publié le par christine brunet /aloys

Ainsi soit-il, de Christian Eychloma dans le Bibliothécaire
Ainsi soit-il, de Christian Eychloma dans le Bibliothécaire

AINSI SOIT-IL … /
Christian EYCHLOMA.-
Barry : Chloé des Lys, 2014.- 305 p. ; 21 cm.-
Isbn : 978-2-87459-787-9.- 29.90 €.-


L’auteur :
À l’issue d’une carrière d'ingénieur dans l'industrie aéronautique et immédiatement après avoir
pris sa retraite, Christian Eychloma décide de se consacrer à l'écriture, et plus spécifiquement à la sciencefiction.

D’un naturel extrêmement curieux, l’auteur s’est toujours beaucoup intéressé aux sciences et aux techniques, à la genèse des découvertes et à leur avenir, consacrant l’essentiel de son temps libre à approfondir ses connaissances dans tous les domaines, dévorant des ouvrages de vulgarisation et… de sciencefiction !
Aiguillonné par ses interrogations sur la nature de la réalité, son intérêt n’a notamment jamais faibli pour les développements théoriques et philosophiques concernant la Relativité et la physique quantique, et ceci en raison de l’obligation que nous font ces percées conceptuelles de remettre en cause nos paradigmes habituels.
S’attachant à proposer à ses lecteurs des histoires originales porteuses de sens, il a à ce jour publié quatre ouvrages chez Chloé des Lys: un roman d’anticipation en deux tomes (Que le Diable nous emporte), le récit d’un voyage temporel dans l’empire romain (Mon amour à Pompéi) et un troisième roman, « Ainsi soit-il », qui nous plonge dans un univers plus déroutant encore…


L’ouvrage :
« Ainsi soit-il » est un roman d’anticipation où l’on voit peu à peu les principaux protagonistes de l’histoire découvrir la vraie nature de leur réalité. Qui, pour aussi dérangeant que cela puisse paraître, pourrait bien en fin de compte être notre réalité...
L’aventure commence dans un établissement pénitentiaire, sur Héphaïstos, une planète à
peine habitable où ont été déportés des opposants politiques ainsi que quelques « droits communs ».
Profitant de circonstances tout à fait particulières, les prisonniers réussissent à tromper la vigilance de leurs gardiens pour prendre le contrôle du bagne.
Ils découvrent alors un certain nombre de choses dont ils ignoraient totalement l’existence, comme la présence d’un autre camp réservé aux femmes, avec des gardiens sadiques qu’ils devront neutraliser, et des médecins menant de cruelles expériences sur une espèce non humaine apparemment endémique de cette planète.
Après bien des péripéties, ils réussissent à quitter ce monde hostile à bord d’un vaisseau militaire abandonné depuis des années en orbite. Pour être presque aussitôt pris en chasse par un autre vaisseau envoyé à leur poursuite par Atlantis, la planète qui dirige d’une main de fer la Fédération.
Échappant à leurs poursuivants grâce à l’intervention miraculeuse de ces entités extraterrestres qui sont bien loin d’être ce que tout le monde pensait, ils arrivent enfin sur Atlantis. Où cinq siècles se sont écoulés depuis leur départ, à l’issue d’un voyage qui, en raison de la dilatation temporelle liée aux très grandes vitesses, n’a duré pour eux que vingt-quatre ans, passés en hibernation.


Et sur Atlantis, il ne reste rien de ce qu’ils avaient connu. Absolument rien.

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Si tu veux être aimé, aime... une nouvelle de Micheline Boland

Publié le par christine brunet /aloys

Si tu veux être aimé, aime... une nouvelle de Micheline Boland

SI TU VEUX ÊTRE AIMÉ, AIME

Germaine est une petite grenouille bien malheureuse. Elle est moche, des plaques brunes, plus irrégulières que celles de ses sœurs et de ses amies, lui couvrent la peau.

Elle est dotée d'une voix rauque et pousse des "quoi, quoi,…" tellement ridicules ! "Ne touchez pas cette bête, disent les mères à leurs enfants, sans quoi vous aurez des problèmes d'allergie". "On ne joue pas avec toi, t'es trop laide. On dirait que tu portes une tenue de camouflage", disent les autres grenouilles. "Tu devrais aller voir un orthophoniste pour améliorer ta voix", ajoute sa sœur, Françoise.

Germaine est triste de toutes ces réflexions. Elle pense : "Je n'attire pas la sympathie. On ne m'aime pas et je ne peux rien y changer. Rien ne m'empêche pourtant d'être gentille. Au moins, je serai contente de moi. Et puis qui sait, peut-être, un jour trouverais-je ainsi une amie ou un mari…"

Alors, un jour qu'elle observe un oiseau chercher pitoyablement à attraper un insecte, elle fait quelques bonds et lui ramène une belle mouche… "Oh merci, ma douce", fait l'oiseau.

Après avoir aidé cet oiseau, elle secourt des oisillons encore peu expérimentés, leur présentant collés sur sa langue de délicieux insectes dont elle aurait pu faire bonne chère.

Un autre jour, elle voit une vieille grand-mère qui pleure et gémit près de la mare. "Oh mon pauvre Jules, parti trop tôt ! " Alors Germaine pour consoler la vieille coasse : "Quoi, quoi…" et la vieille, dont l'audition est mauvaise, comprend "Crois, crois…" La vieille reprend aussitôt courage. "Oui, mon Jules, je crois bien que je te retrouverai là-haut…", fait-elle avec un petit sourire.

Un autre jour encore, elle réalise mille sauts périlleux pour distraire une de ses sœurs immobilisée par une patte cassée.

Un peu plus tard, en quelques bonds, elle transporte un petit escargot qui avait rendez-vous à l'autre bout du jardin.

Un beau matin, la petite grenouille entend Maurice, un de ses lointains cousins, avouer à son frère en rougissant : "Je l'aime bien Germaine, elle est si charmante et serviable… Je crois bien que j'en suis dingue amoureux. "

Par sa douceur et par sa compassion, Germaine avait séduit Maurice et un peu plus tard, celui-ci la demanda en mariage.

(Extrait de "Contes en stock")

Micheline Boland

micheline-ecrit.blogspot.com

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Rolande Michel a lu "Pourquoi pas ?" de Marcelle Pâques

Publié le par christine brunet /aloys

Rolande Michel a lu "Pourquoi pas ?" de Marcelle Pâques

J'ai lu avec un grand bonheur les deux recueils de Marcelle Pâques : Bientôt, les Jonquilles. et Pourquoi pas ?
Je vous conseille de les lire SANS MODERATION. C'est vraiment très beau et plein de sensibilité et de pureté.

Pourquoi pas ?


Dans ce second recueil, la poésie est partout : dans les mots, dans ce qui nous entoure, dans les choses simples et ces instants dont il faut pouvoir capter l'importance.
Marcelle témoigne une fois de plus de son besoin de paix, de sérénité et d' Amour.
La vie se déroule comme le fait une année, au fil des saisons et du temps qui fuit.
Après l'enthousiasme du printemps vient l'été. On croit tout savoir. Et pourtant...
Pour accéder à la paix, à la sagesse, il faut se libérer de l'inutile, lâcher prise.
Un jour, étonné, on se retrouve en automne, avec son "ballet de feuilles", un automne plus beau que l'été quand, apaisé, on apprécie le bonheur d'être encore là, sur la scène de ce "théâtre éphémère "qu'est la vie.
Comme dans " Bientôt, les Jonquilles", la poésie est partout : dans les mots, dans les choses simples qui font le bonheur de l'existence, dans les petits instants privilégiés du quotidien.


Une petite pointe de mélancolie perce cependant par endroits. Est-elle due à la crainte de l'hiver qui s'annonce?

Rolande Michel

Rolande Michel a lu "Pourquoi pas ?" de Marcelle PâquesRolande Michel a lu "Pourquoi pas ?" de Marcelle PâquesRolande Michel a lu "Pourquoi pas ?" de Marcelle Pâques

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Fin de soirée, un poème de Patrick Beaucamps

Publié le par christine brunet /aloys

Fin de soirée, un poème de Patrick Beaucamps

Fin de soirée

Deux libellules survolent le jardin,

s’éloignent puis se rapprochent

l’une de l’autre.

Il n’y a rien à la télévision ce soir,

mais tu la regardes quand même.

Pensant peut-être à la paire d’escarpins

dont tu m’as parlé au dîner.

À ton père.

Ou encore au week-end à la côte

que nous projetons de passer

rien qu’à deux.

Une troisième les a rejoints.

Elles prennent ensemble

la direction du canal.

Je vide ma tasse et rentre

en songeant qu’il y a encore

des travaux sur la route.

Demain,

nous prendrons un autre chemin.

Fin de soirée, un poème de Patrick Beaucamps
Fin de soirée, un poème de Patrick Beaucamps
Fin de soirée, un poème de Patrick Beaucamps
Fin de soirée, un poème de Patrick Beaucamps
Fin de soirée, un poème de Patrick Beaucamps

Publié dans Poésie

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