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Au coeur des Camélias d'Anne-Marie Jarret-Musso dans Le Bibliothécaire

Publié le par christine brunet /aloys

Au coeur des Camélias d'Anne-Marie Jarret-Musso dans Le Bibliothécaire
Au coeur des Camélias d'Anne-Marie Jarret-Musso dans Le Bibliothécaire

AU CŒUR DES CAMÉLIAS -
Souvenirs d’une fille des quartiers Nord de Marseille /
Anne-Marie JARRET-MUSSO.-
Barry : Chloé des Lys, 2014.- 65 p. ; 21 cm.- Isbn : 978-2-87459-790-
9.- 16.40 €.-


L’auteure :
Née à Marseille, Anne-Marie Jarret-Musso a d’abord exercé le métier de secrétaire puis a eu une carrière professionnelle à géométrie variable. Petite fille, un de ses rêves était d’écrire un jour, rêve qu’elle a enfin concrétisé en 2012 avec son premier recueil de contes philosophiques
intitulé » : « Le bonheur est dans le conte ».

Elle nous livre à présent, dans un tout autre registre « Au cœur des Camélias », son deuxième ouvrage inspiré cette fois de ses souvenirs d’enfance, dans les années 60 à Marseille. Elle vit aujourd’hui en Savoie où elle travaille sur la suite de son premier recueil de contes philosophiques.

L’ouvrage :
Quatre bulles de souvenirs inspirées de mon enfance à Saint-Louis, en plein cœur des quartiers Nord de Marseille.
Quatre bulles triées sur le volet parmi tant d’autres : petites, grosses, fugaces et tenaces.
Quatre bulles qui ont la particularité de mettre l’accent sur l’importance de nos origines, quoi qu’on en dise.

La première retrace des scènes de rue ordinaires dans mon quartier, ordinaires mais singulières car elles ont la particularité d’utiliser le parler et l’humour marseillais et tout particulièrement celui de ma mère.

La deuxième décrit la vie de l'avenue des Camélias où habitaient mes grands-parents, berceau de mes souvenirs les plus enchanteurs puisque cette avenue rassemblait bon nombre de nationalités se côtoyant dans le respect des uns et des autres. C’est d’ailleurs ce métissage qui m’a appris la tolérance.

La troisième dresse un portrait de mon grand-père à l’esprit facétieux et à l'âme d'artiste. Elle raconte également les inoubliables Noëls en famille qu’il animait merveilleusement bien, pour le plaisir des grands et des petits.

Enfin, la quatrième raconte un rêve surréaliste qui se déroule au fin fond de la Provence, où les tuiles dialoguent avec leur voisine la glycine, tout ceci sur un air de cigales ; preuve que nos racines sont réellement tenaces.

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Janna Rehault nous propose un nouvel extrait de son roman "La vie en jeux"

Publié le par christine brunet /aloys

Janna Rehault nous propose un nouvel extrait de son roman "La vie en jeux"

Chapitre : Nécrophilie sociale

En fait, tout ce qui sort du cadre mièvre sentimentaliste et des passions "décoratives" ne trouve plus sa place dans nos cerveaux formatés. La vie se voit aplatie jusqu’au kitch à deux balles. Les sentiments ont reculé devant la marche triomphale de la virtualité, le vivant s’est laissé emprisonner par l’inanimé. Voilà comment nous nous sommes transformés en esclaves... pas les esclaves « de nos passions » comme on disait avant, mais ceux de substituts racoleurs du genre : jeux vidéo, télé réalité, feuilletons, et compagnie. L’autre jour, j’ai fait part de mes réflexions à Max :

- Que reste-t-il de la vie réelle ? Plus grand-chose...

- Mais à quoi elle sert, ta fameuse vie réelle ? répliqua-t-il, comme toujours prompt à la riposte. Qu’est-ce qu’elle peut donner à l’homme ? Toute l’histoire de l’espèce humaine prouve que la vie réelle ne peut qu’être déficiente. De tout temps les gens se sont inventé des occupations pour se protéger du réel. Pourquoi, à ton avis, avaient-ils besoin des guerres et du théâtre ? Du pain et des jeux ! Dans ce sens, la virtualité est une panacée pour l’espèce humaine. Enlève-la aux gens et tu les verras repartir pour de nouvelles croisades. Tu sais que l’invention du soap opéra aux Etats-Unis a stoppé à son époque une vague de suicides chez les femmes au foyer. Et le foot ? Que tu saches, pour la population masculine, est aussi nécessaire que la castration des taureaux à la ferme. Accepte, enfin, que la réalité est insuffisante. Alors on est obligé de combler cette insuffisance, remplir ce vide éternel, rapiécer ces trous. L’homme fuit la vie comme la peste. Et tout ça parce qu’elle est insipide, futile et fastidieuse.

- Mais non ! Ce n’est pas la vie qui est défaillante mais l’homme ! Il est si stupide qu’il ne sait qu'en faire.

- Si tu veux. Mais qu’est-ce que ça change ? L’homme est tel qu’il est.

- Il peut évoluer. On peut faire développer son intelligence, l’initier à la culture, stimuler sa créativité…

- Et qu’est-ce que la créativité ? Si ce n’est pas un moyen de combler le vide ? Rien que par définition l’art en tant que sommet de tout ce qui est artificiel s'oppose à tout ce qui est naturel. Et c’est bien à l’art qu’aspirent les plus grands esprits. Ils aspirent à créer une autre réalité, pour fuir la trivialité de la vie.

- Oui, mais au moins, en la fuyant ils ne tombent pas dans la vulgarité.

- Mais écoute, ce n’est pas donné à tout le monde de peindre les jocondes ou composer les neuvièmes symphonies. C’est pour ça qu’il nous faut des jeux. Que chacun crée dans la mesure de ses capacités. Grâce aux jeux vidéo, les gens, peuvent gagner un championnat de Formule 1, conquérir un empire ou accomplir une mission d’agent secret. Tout le monde n'est pas Rembrandt.

- Et pourquoi pas ? Chacun de nous a un potentiel énorme, il faut juste lui donner de l'essor.

- J'ai l'impression que t’es déjà bien partie pour tomber dans le piège nietzschéen du surhomme.

- Et toi Max, dans quel délire tu pars ? La technolâtrie et l’apologie du virtuel ?

- Pour peu que cela serve au bien-être des gens, pourquoi pas ? Quel que soit l’homme, il mérite le bonheur. Pour moi le but essentiel, consiste à rendre heureuse l’humanité.

- Mais l’univers artificiel que tu proposes n’est qu’une illusion !

- Mais tout est illusion Alexandra, tout ! Regarde le monde avec les yeux d'un Bouddha et tu verras... Qui dit que la réalité est moins illusoire que la virtualité ? (…) Si tu regardes bien, l’homme ne s’arrête jamais devant l’expérience. Au cours de son histoire, il a testé des dizaines de régimes politiques et économiques, et des milliers de fois changé son échelle de valeurs. De par sa nature l’homo sapiens est un homme expérimental. Il est une nouvelle étape qualitative de la vie. Donc, l’artificiel et le virtuel en tant que produit de l’humanité sont de nouvelles formes de réalité. La réalité, n’est pas une donnée définitive, elle évolue aussi.

- Tout en nous transformant en crétins finis au passage, ajoutai-je d’un ton maussade.

Janna Rehault

"La vie en jeux"

Janna Rehault nous propose un nouvel extrait de son roman "La vie en jeux"

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Quoi de neuf en Mars sur notre blog ?

Publié le par christine brunet /aloys

Quoi de neuf en Mars sur notre blog ?

Le nouveau numéro de la revue "Les petits papiers de Chloé" est disponible ! Des fiches de lecture, des jeux, des reportages... 

Pour le prochain numéro, un seul thème... La vengeance !

 

La phrase de Chloé : "La vengeance est un plat qui se mange froid !" 600 caractères, ponctuation comprise à envoyer avant le 30 mai.

Un concours... Le thème, la vengeance, donc ! Tout genre littéraire accepté. Une page format A4 MAXI, times roman 11, interligne 1. A envoyer à brunet_christine@orange.fr avant le 30 mai. 

Les votes se dérouleront sur le blog aloys dès le début du mois de juin.

A vos plumes !

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Quoi de neuf en Mars sur notre blog ?

"Hommage au Surréalisme"... Des textes de Carine-Laure Desguin déclamés à Marchienne-au-Pont !

— Carine-Laure, tu nous parles de cette soirée surréaliste ? Où, quand, comment, pourquoi, avec qui ? Et pourquoi et pourquoi pas ?

— C’est à l’initiative de Bernadette Weyers, la directrice de l’Académie de Musique et des Arts de la Parole de Marchienne-au-Pont, que tout prend son envol.

— Bernadette Weyers, une musicienne, donc ?

— Oui, bien sûr. On a tendance à cloisonner le surréalisme aux textes d’André Breton et aux peintures de Magritte. Erreur ! La musique surréaliste existe bel et bien. Et nous avons la chance qu’André Souris, un musicien qui a composé de nombreuses musiques surréalistes est né à Marchienne-au-Pont.

— La musique surréaliste est peu ou mal connue…

— Oui, raison pour laquelle une soirée entière sera consacrée à cette musique.

— Et toi, Carine-Laure Desguin, tu es l’instrument surréaliste de la soirée ?

— Oh non ! Le surréalisme, c’est une de mes grandes passions. J’aime dire, le surréalisme, c’est mon dada…Dans mon recueil de poésies Spirales urbaines, il y a quelques textes surréalistes et ces textes seront déclamés par les élèves de l’Aca. Ce sera un très grand moment pour moi…C’est toujours une grande fierté pour l’auteur lorsqu’il voit que ses textes prennent vie…

Et il y aura aussi une expo de photos. Francis Quertinmont exposera du 13 au 29 mars une série de photos surréalistes.

— Bien ! Tu nous résumes ? Où, quand…

— Rendez-vous le vendredi 13 mars 2015 !

A partir de 18 heures !

A la bibliothèque Marguerite Yourcenar de Marchienne-au-Pont

Place Albert 1er, 38,

6030 Marchienne-au-Pont

Verre de l’amitié, parking gratuit…

Merci à Serge Budahazi, bibliothécaire.

Infos au 071 51 84 67

http://www.academie-marchienne.be/

http://www.bourgeon.be/bourgeon.be/BIENVENUE.html

Spirales urbaines, recueil de poésies, en vente ici :

http://www.editionschloedeslys.be/recherche?orderby=position&orderway=desc&search_query=spirales%20urbaines%20&submit_search=

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Les auteurs à l'honneur !

  • Janna Rehault
  • Anne-Marie Jarret-Musso
  • Patrick Beaucamps
  • Marcelle Pâques
  • Micheline Boland
  • Gauthier Hiernaux
  • Carine-Laure Desguin
  • Barbe Perrin
  • Bob Boutique
  • Bruno Charrier
  • Celine Delattre
  • Rolande Michel
  • Louis Delville
  • Stéphane Ekelson
  • Victor Lebuis
  • Marie-France Adnet
  • Simon Andrieu
  • Joël Volpi
  • Edmée de Xhavée
  • Claude Colson
  • Aexandra Coenraets
  • Rachel Colas et Anaïs Valente
  • Silvana Minchella
  • Didier Fond
  • Claude E.
  • Denis Schillinger
  • Sébastien Quagebeur

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Régine Laprade est l'invité d'Aloys

Publié le par christine brunet /aloys

Régine Laprade est l'invité d'Aloys

Ce n'est pas la première fois que Régine Laprade (c'est son pseudo d'auteur) passe dans notre blog... Toujours un plaisir de l'inviter !

Pour rappel, une petite biographie...

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Régine POISSON est née le 4 mars 1946 à Carlux , en Périgord, dans la maison où sa mère et sa grand-mère ont-elles mêmes vu le jour :cette maison qui s’appelle La Prade.

Elle a passé son enfance et son adolescence à Casablanca , au Maroc, où ses parents sont partis enseigner. En 1962 elle arrive à Bordeaux où elle entame ses études de médecine.

Médecin,Régine a complété sa formation par un diplôme de physiologie du travail puis d’ergonomie et fera toute sa carrière professionnelle à Brive. Passionnée par l’analyse des conditions de travail et leur amélioration, elle s’implique dans des études sur le bruit, le port de charges,la psychopathologie du travail etc…

Divorcée,retraitée depuis 2006, elle partage sa vie entre Brive et La Prade dont elle a pris le nom pour écrire.

Son premier roman « Le collier d’ambre » est paru en avril 2011 chez Pierregord. Il dépeint le portrait d’une femme insoumise et rebelle,libre avant l’heure.

Le second « Le camion blessé » paru en octobre 2012 aux Monédières , trace le portrait d’un Creusois qui après avoir rêvé sa vie a vécu son rêve jusqu’au cauchemar.

Elle a présenté « Le bois de mon père » à la foire du livre de Brive 2013.Ce roman édité aux Monédières, ouvre une fenêtre sur le passé,nous ramène à l’été 1944 et relate une histoire qui rejoint l’Histoire.

Cette année encore elle sera présente à la foire du livre de Brive les 7,8 et 9 novembre avec « Le vieux cahier » ,sorti le 12 octobre aux Monédières.

L’amour, la jalousie, le crime, le bagne, le suspense, le mystère s’entremêlent dans ce quatrième roman.

Je vous propose de découvrir à présent un extrait du dernier roman de Régine "Le vieux cahier"

Pierre n’avait pas tort, cette petite allait déboussoler les mâles du village de tous âges.

Lorsque j’étais enfant ,à l’évocation de Mathilde, les vieux parlaient encore de ce tourbillon.

Imaginez un mélange d’imperfection et de beauté, un personnage tout en contraste un teint mat ensoleillé par des yeux clairs pailletés, couleur de topaze. Des paupières bordées de longs cils, des cheveux bruns qui tantôt couronnent de grosses nattes un front droit,tantôt flottent en désordre sur des épaules rondes. Une poitrine menue aux tétons provocants,agressifs sous le corsage de coton léger,et des hanches généreuses. A la fois enfant et femme. Une bouche un peu trop fendue,un écrin corail pour des dents aussi parfaites que des perles .Un sourire dont on se demande s’il est féroce ou enjôleur .Insolent ,c’est sûr. Naïf, pourquoi pas ?

Elle pousse hardiment les brouettes de linge jusqu’à la Vézère. Elle pourrait retrouver les femmes du village au lavoir,mais préfère le bord de la rivière. L’eau n’est pas profonde mais bien courante. Pour installer son lavendeirou,elle piétine l’herbe:ça sent la menthe.Les genoux sur un coussin de paille,manches retroussées,croupe en l’air,elle frappe vigoureusement serviettes et torchons de son battoir de frêne. Son corps tout entier semble danser sur un rythme primitif,sauvage,sensuel.

Elle rince quelques chemises de toile épaisse dans l’eau vive. La cendre de bois qui a fait office de détergent laisse dans le courant une traînée laiteuse.Demain il faudra repasser avec un fer énorme, lourd,garni de braises. Sa lessive terminée, jupe retroussée jusqu’en haut des cuisses,elle patauge dans l’eau comme une enfant,s’éclabousse,s’esclaffe. Son rire comme ses cheveux coulent en cascade.

Les femmes en passant lui jettent un coup d’œil torve et murmurent :

- Ca finira mal ! Cette fille est le diable personnifié.

Les hommes ont le regard qui s’allume, s’embrase,caresse ses jambes,ses cuisses,ses hanches. Ils s’attardent, s’appuient au parapet du pont pour la contempler plus longtemps. Elle ne rougit pas.

- Elle n’est pas farouche, disent-ils.

Les nouvelles à la campagne se propagent à une vitesse télégraphique. Point n’est besoin comme aujourd’hui de téléphone. Le vent sans doute emporte les mots .Jeunes et vieux entendent parler d’elle,la rêvent,l’imaginent. Ils veulent la voir, l’avoir.

Régine Laprade

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Je ne suis qu'une oeuvre d'art de Nadine Groenecke est dans "Plaisir et découvertes"

Publié le par christine brunet /aloys

http://www.plaisirs-et-decouvertes.be/coin-lectureles-lecteurs-en-parlent-2.html#mVA3RMhH

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Je ne suis qu'une oeuvre d'art de Nadine Groenecke est dans "Plaisir et découvertes"

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Rolande Michel a lu "Bientôt les jonquilles" de Marcelle Pâques

Publié le par christine brunet /aloys

Rolande Michel a lu "Bientôt les jonquilles" de Marcelle Pâques

J'ai lu avec un grand bonheur les deux recueils de Marcelle Pâques : Bientôt, les Jonquilles. et Pourquoi pas ?
Je vous conseille de les lire SANS MODERATION. C'est vraiment très beau et plein de sensibilité et de pureté.

Bientôt, les Jonquilles.


Une citation de Henry James introduit ce premier recueil : "Il est temps de vivre la vie que tu t'es imaginée !"
A travers les mots qui s'écoulent suintent tendresse, douceur et espoir.


AIMER et VIVRE ! C'est l'essentiel ! Le message est transmis et, de sa plume vagabonde, Marcelle ouvre notre âme à la sérénité et nous incite à prendre conscience.
Au risque de ne pas faire l'unanimité, VIVRE, c'est être vrai, oser, faire fi des préjugés, refuser d'être un "pâle reflet dans un décor", en un mot, être soi et aller au bout de ses rêves. C'est là toute une philosophie qui permet à chacun de s'accepter et de s'aimer.


Marcelle nous le dit, l' Amour est une force, un soleil, une énergie qui génère le bonheur.

Rolande Michel

Rolande Michel a lu "Bientôt les jonquilles" de Marcelle PâquesRolande Michel a lu "Bientôt les jonquilles" de Marcelle PâquesRolande Michel a lu "Bientôt les jonquilles" de Marcelle Pâques

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Emilie DECAMP dans la presse et à la radio...

Publié le par christine brunet /aloys

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Didier Fond nous propose un extrait de "La maison-Dieu"

Publié le par christine brunet /aloys

Didier Fond nous propose un extrait de "La maison-Dieu"

Camille raconte sa première rencontre avec les habitants de la Maison-Dieu. On ne peut pas dire qu'elle ait été accueillie avec un tapis rouge. Je ne sais pas ce qu'elle s'imaginait, mais le journal est très explicite : mademoiselle a été déçue et froissée de la réception qu'on lui a réservée. Elle pensait sans doute qu'on allait lui dire d'entrer et lui offrir un café, comme cela se fait dans les fermes isolées des alentours. Ma chérie, si tu évitais de mélanger les torchons et les serviettes ? Tu n'as pas affaire à des paysans mais à des gens de la ville. Et en ville, on n'offre pas de café au facteur. Tout au plus, dans les moments de grande civilité, lui dit-on bonjour.

On l'a reçue sur le seuil de la Maison-Dieu, on a pris le courrier, on lui a dit merci et fin de l'entrevue. La porte s'est refermée, la jeune fille a disparu. Camille n'a rien pu dire, rien pu voir. J'aurais pourtant aimé qu'elle fasse une description détaillée de l'intérieur de la maison. Je suis sûre que tout a été transformé depuis le drame. Dire que Laurence a dû la vendre pour une bouchée de pain... Bien contente, à l'époque, de trouver un acquéreur. Ce bonhomme adipeux et mou suait la malhonnêteté par tous les pores de la peau. J'ai supplié Laurence de tenir bon, de ne pas lui céder la Maison-Dieu à un prix aussi dérisoire. Elle n'a pas voulu m'écouter. Dans un sens, elle avait raison. Elle ne désirait qu'une seule chose : se débarrasser de cette baraque, oublier, recommencer une nouvelle vie. Elle n'a rien recommencé, hélas. Elle n'a pu que continuer, vaille que vaille, jusqu'à son décès. Certains souvenirs sont tenaces. Et la mémoire peut devenir votre pire ennemie. Ce n'est pas un hasard si ce cancer l'a détruite si jeune. Il n'a pas fallu à la mort plus de dix ans pour l'abattre à son tour. D'eux, il ne reste que Camille et moi. Bientôt, elle sera seule. Et tout sera terminé.

Comme tu deviens morose, ma pauvre Henriette ! A ton âge, l'avenir, le passé, la vie, la mort, quelle importance tout cela peut-il bien encore avoir ? Il est fini, le temps où tu pouvais te demander à quoi rime cette absurdité. C'est à trente ans qu'on s'interroge sur le sens de la vie. A partir de cinquante, on se contente d'en jouir, du mieux qu'on peut. Quand on a acquis un peu de sagesse, bien sûr. Au mien, on attend. Ou du moins, on prend conscience que la vie n'est rien d'autre : une attente interminable. Et le plus souvent inutile.

Au fond, heureusement que Camille et ses élucubrations sont là pour me distraire. Quand je lis son journal, je me dis que vieillir n'est pas une malédiction. Avoir son âge et être dans cet état d'esprit, quelle pitié ! Je ne prétends pas avoir eu une existence passionnante et particulièrement réussie, mais quand même... Au moins ai-je eu une jeunesse.

J'ai relevé aujourd'hui dans son journal quelques informations intéressantes. Sa dernière indiscrétion concerne la jeune fille de la Maison-Dieu. Cette dernière a eu la malheureuse idée de confier un courrier à la poste de ce village. Comment aurait-elle pu savoir, l'innocente, que la factrice s'amusait à ouvrir la plupart des lettres qui lui passent entre les mains ? L'état d'excitation dans lequel se trouvait Camille au moment où elle a rédigé cette prose édifiante est manifeste. Elle s'extasie sur le prénom de cette fille : Valérie. Le contenu de la lettre donne lieu à moins de commentaires et à mon avis, il est nettement plus révélateur. C'est une lettre d'amour destinée à un homme habitant Paris, sans doute plus âgé qu'elle d'après Camille. (Est-ce dit clairement dans la lettre ou est-ce une déduction de ma petite-nièce ? Je me méfie beaucoup des raisonnements de Camille, en général complètement illogiques.) Il semble être marié. Amour sans espoir ou amour réciproque ? Je penche pour la seconde solution, vu ce que raconte le journal. Quant à Camille... L'occasion était trop belle pour qu'elle ne se lance pas dans un nouveau délire. Concernant Damien, bien entendu. Elle n'a rien trouvé de mieux que d'établir un parallèle entre sa situation et celle de Valérie. Et la voilà repartie dans ses rêves. Puisque Valérie a réussi à se faire aimer d'un homme marié, pourquoi pas elle ? Je suis aussi jolie qu'elle, affirme-t-elle, et sans doute pas plus bête. Il suffit d'être patiente et de ne pas le lâcher.

Petite sotte ! Quand vas-tu enfin comprendre que Damien n'en a rien à faire de toi ? Il t'apprécie, c'est tout. De temps en temps. Sa «tendresse» à ton égard ne va pas au-delà de ces quelques marques d'amitié dont il te fait l'aumône à intervalles irréguliers. Qu'espères-tu ? Que Patricia va mourir d'une crise cardiaque ou dans un accident de voiture ? Tu ne l'aurais pas pour autant, va. Il ne t'aime pas. Et quand bien même ? Prendre la place d'une morte, lutter contre son souvenir, contre une ombre chère... Lutter sans cesse pour l'effacer de sa mémoire... Le combat est perdu d'avance, je le sais par expérience. Et encore, moi, je n'avais pas ce poids à porter. Ils s'étaient simplement quittés. Non, ma chère, nous, les secondes, nous n'avons aucune chance de devenir un jour les premières dans le cœur de ces hommes. Autant t'en convaincre tout de suite.

Didier Fond

Didier Fond nous propose un extrait de "La maison-Dieu"Didier Fond nous propose un extrait de "La maison-Dieu"

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Christine Brunet a lu "Les Enfants de Jafez" de Gauthier Hiernaux

Publié le par christine brunet /aloys

Christine Brunet a lu "Les Enfants de Jafez" de Gauthier Hiernaux
J'ai lu "Les enfants de Jafez" de Gauthier Hiernaux
Je suis cette saga depuis le début. Ce n'est pas de la science-fiction ni du fantastique mais, plutôt ce que moi j'appellerais de l'histoire parallèle puisque l'action se déroule sur Terre mais dans un monde différent : même histoire de départ mais lorsqu'on fait de mauvais choix à un moment donné, tout peut basculer. Alors qui sait ce que peut devenir l'humanité ? Tout est permis et Gauthier Hiernaux nous le prouve avec cette saga palpitante, magistralement menée par des personnges attachants toujours renouvelés.
Les enfants de Jafez, c'est le sixième de la série, le quatrième du cycle de Séliandre. Ne me demandez pas à quoi correspondent ces cycles, ça ne m'intéresse pas vraiment en fait. Et puis, chaque livre peut, après un court temps d'adaptation, être lu de façon indépendante. Pourquoi ? parce que cet univers n'est, en fin de compte, pas si éloigné que cela de notre propre univers, de notre propre histoire...
En ouvrant le livre, je ne savais pas à quoi m'attendre, à quels rebondissements... Cette fois, je suis servie et j'accroche immédiatement. Le rythme de cet opus est plus rapide, la trame est plus complexe que de coutume. Les héros sont très attachants et on n'a pas vraiment envie de les quitter...
Comme d'habitude, je ne dirai rien de l'histoire... Sachez seulement qu'il y est question d'une société secrète, un virus tueur, d'une mallette, d'organisations militaires ultra pointues avec des agents surentraînés, de médecins passionnés, d'un père despotique, de sociétés racistes et expansionnistes, de castes sociales, de négociations sous le manteau et d'un secret... Un sacré secret, si vous voulez mon avis !
J'ai passé un excellent moment aux côtés de Natalia, de Frank, Murat Mazer et tous les autres ! J'attends le prochain avec impatience...
Christine Brunet
www.christine-brunet.com
Christine Brunet a lu "Les Enfants de Jafez" de Gauthier HiernauxChristine Brunet a lu "Les Enfants de Jafez" de Gauthier HiernauxChristine Brunet a lu "Les Enfants de Jafez" de Gauthier Hiernaux

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Le vieux chat, un texte de Micheline Boland

Publié le par christine brunet /aloys

Le vieux chat, un texte de Micheline Boland

LE VIEUX CHAT

Zébulon est un vieux chat gris. Un vieux chat qui rêve du bon vieux temps, du temps où il était le plus fort, le plus beau, le plus admiré et le plus redouté de tous les chats.

Oh, Zébulon ne manque de rien. Il est plutôt bien loti. Il possède un magnifique panier situé près de l'âtre, on le nourrit de pâtées délicieuses, vous savez ces pâtées au thon, au lapin, au poulet dont on vante tant les mérites dans les publicités. Sa maîtresse lui concocte même une bouillie avec des restes de cabillaud, de saumon, de sole, de turbot, de rouget ou de lotte.

"Voilà Zébulon, une pâtée digne d'un trois étoiles. Avec des restes de pintade, quelques crevettes et du riz. "

Ses maîtres lui demeurent reconnaissants d'avoir croqué quantité de souris, de souriceaux, de rats, de musaraignes, de mulots. C'est qu'avec Zébulon, les provisions étaient à l'abri des rongeurs.

De partout, la rumeur courait. "Attention au gros chat gris. Il est rapide comme l'éclair, malin comme un singe. "

Dans cette famille-là, on possédait un chat hors pair qui pourchassait impitoyablement ces petits mammifères qui constituent l'ordinaire des matous.

La mère de Zébulon lui avait donné une éducation sévère, faite de théorie, mais aussi de pratique. Il en avait appris des choses. À réfléchir avant d'agir, à exercer sa jugeote, à demeurer immobile, à s'élancer sans bruit, à observer, à différer son plaisir en cas de doute. Dans sa jeunesse, on le craignait. Dans sa maturité, on tremblait au simple énoncé de son nom !

À présent, il est vieux, balourd. On le regarde avec compassion. Il souffre d'arthrose, il a les réflexes lents, une vue et une audition moins aiguisées. Il garde le souvenir de ses prouesses. Il a la larme à l'œil quand il pense à certaines parties de chasse. Il se pourlèche les babines quand il se rappelle la saveur d'une chair fraîche de souriceau, cueilli au sortir de son trou. Toutes les pâtées industrielles ou faites maison ne remplaceront jamais cela.

Dans son joli panier, bien au chaud, Zébulon rêve.

Il lui suffirait de renouveler un peu ses stratégies de chasse pour se délecter de temps à autre comme au bon vieux temps, celui où toute action était couronnée de succès. Il médite, médite, médite encore, des heures et des heures.

Plus, il se remémore le passé, plus naît en lui le désir de devenir plus entreprenant. Il se remue plus. Il va jusqu'au salon, jusqu'au bureau, jusqu'au garage. Il s'aventure de plus en plus loin. Il reprend courage. Il va jusqu'au cellier. Il s'étend nonchalamment, les yeux mi-clos. Il observe ces souris qui passent et repassent devant lui comme s'il n'était pas là. Ces petites bêtes le savent : depuis une bonne année, il ne se nourrit plus que de pâtées, il réagit lentement, il passe plus de temps à dormir qu'à bouger.

Zébulon remarque une grosse souris grise qui régente son petit monde de souriceaux. "Allez les petits, mangez cette délicieuse farine. C'est plein de vitamines. Le trou dans le sachet est suffisamment grand pour que vous y mangiez à plusieurs ! "

La grosse souris grise regarde Zébulon.

"Tu es moins fier maintenant…

- Ma belle amie, si je vous recherchais, vous les souris, c'est que je vous aime à la folie.

- Ma belle amie ? Depuis quand suis-je ton amie ?

- Depuis toujours. Remarque comme nous nous ressemblons. De grandes moustaches, une longue queue, un pelage grisâtre. C'est toi, ma douce, qui te méprenais sur mes intentions !

- Et mes deux sœurs, n'est-ce pas toi qui les as mangées ?

- Je les ai mangées quand elles sont décédées.

- C'est toi qui les as tuées…

- Non, crois-moi, la maladie leur a été fatale. Ma belle amie, faisons la paix. Le temps m'est compté. Je veux monter là-haut l'âme sereine, me réconcilier avec mes ennemis avant le grand saut final. Comprends-moi. Laisse-moi simplement te regarder aller et venir avec tes petits… Je vous aime tant !

- D'accord mais garde tes distances ! "

Zébulon vient régulièrement dans le cellier. Les souris s'habituent à sa présence. Il reste auprès d'elles, étendu mollement, à faire la sieste, à rêvasser, à apprécier leur ballet incessant, leur odeur appétissante.

"Oh mes belles amies comme je suis heureux ! Je pourrai m'en aller en ne laissant aucune haine derrière moi. "

Les jours passent. Les songes de Zébulon sont peuplés de gigots de souriceaux, de pattes de souris charnues, savoureuses à souhait.

Quelques semaines plus tard, un premier souriceau trop familier, demeuré seul avec Zébulon fait les frais de son audace. Quelques jours plus tard, un deuxième, tout aussi imprudent, subit le même sort. Leur mère pense qu'ils ont tous deux pris leur indépendance et qu'ils sont allés rejoindre de jolies cousines dans la grange voisine de la maison.

"Ma belle amie que je vous aime, vous les souris. "

Zébulon dit et redit cette vérité à la grosse souris grise qui n'approfondit pas de quel amour il s'agit.

Écoutez Zébulon qui chante près de l'âtre, mon conte est fini.

(Extrait de "Contes en stock")

Micheline Boland

micheline-ecrit.blogspot.com

Publié dans Nouvelle

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