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Joyeuses fêtes !!!!

Publié le par christine brunet /aloys

Vive les vacances !

On se retrouve le 5 janvier 2015 !!!

   

 

 

 

Gifs Animés Noel (105)

 

 

Publié dans ANNONCES

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L'invité d'Aloys... Eric Cramaregeas, sapeur pompier et auteur !

Publié le par christine brunet /aloys

L'invité d'Aloys... Eric Cramaregeas, sapeur pompier et auteur !

112, La mémoire de vos urgences

Quatrième de couverture

Ces nouvelles vous plongent au cœur des interventions les plus marquantes que tout sapeur pompier est amené à vivre durant sa carrière. Un face à face avec les réalités de plus en plus tragiques du monde actuel. Une aventure humaine et professionnelle unique que l’auteur vous offre en seize interventions qui marquèrent le Var et ses sapeurs pompiers. Chacune d’entre elle vous transportera là où l’urgence prend tout son sens. La diversité du métier de sapeur pompier vous y est dévoilée dans des situations parfois insoutenables issues, pour la plupart, de l’inconscience ou de la fragilité de l’être humain. L’entraînement quotidien du soldat du feu et du secours l’amène souvent à décider avec sa raison et non ses émotions. La récompense étant pour lui d’avoir pu sauver une vie.

EXTRAIT

« Deux secondes d’inattention »

A une trentaine de kilomètres de la caserne, un jeune couple et leur enfant de quatre ans, Jimmy, sont invités chez des amis de longue date pour le repas d’anniversaire de leurs fils respectifs, nés à deux jours d’intervalle. Le mari, Harry, trente-deux ans, est cadre dans une entreprise de construction, quant à son épouse, Betty, vingt-huit ans, elle est infirmière dans une clinique privée de la région.

C’est mardi soir. Les enfants n’ayant pas école le lendemain, la soirée se prolonge assez tard dans la nuit, en présence de nombreux invités.

Aux alentours de deux heures et demie, Harry et Betty décident de rentrer chez eux, dans un village voisin. En sortant de la maison de campagne, Betty ne peut s’empêcher de lever les yeux au ciel et d’emplir ses narines des effluves qu’exhale la nature au milieu d’une douce nuit d’été. La lune inonde le paysage de sa pâle clarté, évoquant une aurore qui tarde à se lever, tandis que la végétation scintille sous une fine couche de rosée. La jeune femme est heureuse, ils ont passé une excellente soirée.

Ils montent dans la voiture et prennent la route. Au bout de cinq minutes à peine, Jimmy, fatigué, détache les sangles de son siège auto afin de pouvoir s’allonger sur la banquette. Mais au moment où il s’extirpe doucement de son assise sécurisée, Betty se retourne, lui ordonne de se rasseoir et de se rattacher immédiatement. L’enfant s’entête, obligeant sa mère à défaire elle-même sa ceinture de sécurité et à se contorsionner pour le rattacher aussitôt.

En voulant prêter main forte à son épouse, Harry quitte un instant la route des yeux pour encourager son fils à écouter sa maman. En un mouvement imperceptible, il tourne le volant et la voiture dévie lentement sur la gauche. Le phare d’une moto qui arrive en sens inverse éclaire l’habitacle. Harry se retourne et, d’un geste trop brusque, tente de reprendre sa trajectoire, faisant se soulever le véhicule qui parcourt quelques mètres en équilibre sur deux roues avant de partir en tonneaux en direction d’un champ en contrebas de la route. Dans son élan, la berline sectionne deux arbres avant de finir sa course contre un tronc beaucoup plus robuste que les deux précédents ; elle s’immobilise, couchée sur le côté.

Le motard s’arrête. Il s’agit d’un ancien pompier volontaire, Tyfus Doumélini. Il pose la moto sur sa béquille et se précipite vers la voiture accidentée. Les impacts sur la carrosserie ont été si violents que Tyfus ne peut même plus identifier la marque de l’auto.

A l’intérieur, il aperçoit le corps immobile du conducteur.

  • Monsieur ! Vous m’entendez ? Ne vous inquiétez pas, j’appelle les secours !

Harry ne répond pas. Tyfus saisit son téléphone portable et remonte sur la route afin de capter un signal réseau et de joindre au plus vite les secours. C’est alors qu’il perçoit un râle qui vient des hautes herbes, à quelques mètres de lui, tout près du fossé. (...)

Publié dans Textes

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Christine Brunet a lu "Déplacements" d'Elisabeth Berthéol

Publié le par christine brunet /aloys

Christine Brunet a lu "Déplacements" d'Elisabeth Berthéol

Je pose ce livre, perplexe. Il s'agit d'un recueil d'histoires, des tranches de vie. Les héroïnes ? Toutes des figures féminines en mouvement. Des personnages "à côté de leurs pompes" comme on dit, qui zappent d'une façon ou d'une autre la réalité.

Tout commence par une erreur d'inattention... un acte manqué ? Puis lentement, au fil des histoires, la réalité s'estompe, dérape, s'efface et nous projette dans un monde virtuel qui pourrait être vrai mais qui...

Le lecteur se retrouve malgré lui englué dans les peurs, les délires des héroïnes. Il est en perpétuel décalage. Lorsqu'une histoire commence dans la normalité, ne pensez surtout pas qu'elle va sagement y rester !

Elisabeth Berthéol joue avec le lecteur comme elle joue avec ses personnages. Un peu comme l'image en première de couverture, on a l'impression de lire les récits au travers du filtre d'un papier calque... Les ombres qui transparaissent sont-elles ce qu'elles semblent être ?

Vous savez quoi ? J'en mettrais pas ma main à couper !

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

Publié dans Fiche de lecture

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Christine Brunet a lu "Sans détour" de Michaël ZOÏNA

Publié le par christine brunet /aloys

Christine Brunet a lu "Sans détour" de Michaël ZOÏNA

57 pages pour un recueil de nouvelles plus ou moins longues mais toutes surprenantes, à la chute abrupte.

En 4e de couverture, une seule ligne de synopsis qui résume néanmoins parfaitement le fil conducteur de l'ensemble : "ces nouvelles s'inscrivent dans un triangle délimité par l'amour, la mort et la musique."

La mort au sens propre n'est pas toujours présente dans les textes mais il y a toujours une petite mort de l'âme. De terribles coïncidences; des faux-semblants qui ne peuvent plus s'éterniser, des incompréhensions assassines.

Les héros sont ballottés par les hasards, leurs peurs, leur passé, leurs fantasmes, leurs doutes. Ils sont humains mais le dénouement peut se révéler inhumain.

57 pages, c'est peu... mais l'auteur est parvenu à m'attirer au cœur de ses phrases dans un univers où le blanc passe trop vite au noir.

Un excellent livre dégusté trop vite... Dommage. Du coup, j'ai hâte de me replonger dans les histoires détonantes de Michaël Zoïna ! Alors, à quand un autre recueil ?

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

Publié dans Fiche de lecture

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Dans L'Inédit... Estelle Deux-Elles

Publié le par christine brunet /aloys

Dans L'Inédit... Estelle Deux-Elles
Dans L'Inédit... Estelle Deux-Elles

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Le marcheur de l'aube, une nouvelle signée Claude Colson

Publié le par christine brunet /aloys

Le marcheur de l'aube, une nouvelle signée Claude Colson

Le marcheur de l'aube

On l'avait repéré comme il effectuait chaque dimanche le même parcours, et on l'avait dénoncé.
Rond, râblé, avec un brin de calvitie, il sortait régulièrement vers six heures de son domicile, dans la petite ville, non loin du canal où étaient amarrées quelques péniches colorées. Le lendemain matin elles partiraient vers la Belgique avec leurs cargaisons diverses : textiles, céréales ou encore charbon.

On était peu avant le milieu des années soixante et le fuel n'avait pas encore supplanté le mode de chauffage antérieur.
C'était toujours à la même époque , d'octobre à mars ernviron, qu'il partait ainsi, tôt, alors que toute la ville achevait son sommeil. Cà et là lui venaient quelques relents de café ou de pain grillé, lorsqu'un autre matinal avait ouvert sa fenêtre pour aérer sa maison.

L'homme qui le suivait de loin, pour la deuxième fois, ce dimanche appartenait aux Renseignements généraux. Ses supérieurs, alertés, avaient été intrigués par les faits et gestes du marcheur de l'aube. Ils l'avaient envoyé à ses basques.
Rien, depuis deux semaines, rien. Aucun indice ne lui permettait de comprendre ce que faisait ce quidam suspect.

Après une vingtaine de minutes de marche il le voyait sortir une grosse clé de son manteau et pénétrer dans une bâtisse un peu lourde, en bord de rue, par une porte de côté. La serrure apparemment rarement manoeuvrée couinait misérablement dans la rue vide.
Le dimanche précédent il l'avait vu ressortir au bout d'un quart d'heure puis il s'en était tranquillement retourné chez lui.
Un peu court pour rendre visite à une éventuelle maîtresse, songea notre agent.
Comme prévu, au bout de quinze minutes, l'homme rond réapparut et ajusta le col de son manteau. L'air était vif et le gel enserrait encore les quelques brins d'herbe des trottoirs.

Le policier l'aborda en présentant sa carte et lui demanda ce qu'il faisait de si bon matin seul dans la rue le jour du Seigneur.
Précisément, répondit le gros-homme. Je suis membre du Conseil presbytéral de l'Eglise réformée et j'ai la charge de venir allumer le vieux poêle deux heures avant l'office. Il fera bon quand les fidèles arriveront.

L'agent sourit, prit congé en serrant la main du "suspect" et s'éloigna à pas rapides. Il faisait moins cinq ce matin-là, avec un petit vent du nord très désagréable.

(à mon beau-père)

Claude COLSON

http://claude-colson.monsite-orange.fr

Publié dans Nouvelle

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Christine Brunet a lu "La douceur du temps", un recueil poétique de Sébastien Quagébeur

Publié le par christine brunet /aloys

Christine Brunet a lu "La douceur du temps", un recueil poétique de Sébastien Quagébeur

Je ne chronique jamais de poésie. J'en ai trop lu durant ma scolarité, trop décortiqué pour m'adonner à cet exercice. C'est pas que je n'aime pas ce genre littéraire mais je crois que la poésie est une forme d'écriture à part qui n'est là que pour provoquer chez le lecteur une émotion. Jeux de sonorités, jeux de rimes ou discordances, le ressenti ne peut qu'être personnel. Je reste persuadée que deux lecteurs ne vivront pas la même approche, la même sensation pour un même poème.

Donc, je ne vous dirai rien du texte, des poèmes de Sébastien Quagébeur. Si vous aimez la poésie, il faudra lire, tout simplement !

Mais je ne peux m'empêcher de vous livrer la quatrième de couverture : peut-être cela vous permettra-t-il de sauter le pas...

" Mouvement perpétuel, la temporalité est une rêverie. J'ai voulu graver dans la roche volcanique poétique des instants sémiologiques. Des signes indiquant de suivre la route pour découvrir des mots baignés dans l'eau de rose qui dégagent un balancement proche d'un mouvement maternel. La poésie fait partie du patrimoine immatériel de l'humanité. Elle prend forme écrite devant nos yeux, mais nul ne trouve le nid du phœnix Poésia. Accorder du temps au temps, rêver son temps, rêver sa vie, voilà ce qu'est la douceur du temps. Dans une époque où temps et productivité sont signes du déclin de l'humain, la poésie replace l'homme face à son propre temps : l'existence. Nous pouvons tous acheter une montre mais nul ne peut acheter du temps. La richesse de l'homme c'est de prendre son temps pour vivre et être acteur de son époque, pas un héros ni un homme de pouvoir, mais un homme de parole. le poète lui laisse des voyages de langage qui continueront à vivre à jamais devant nos yeux."

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

Publié dans Poésie

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Un rêve étrange, 2e partie, une nouvelle de Philippe Wolfenberg

Publié le par christine brunet /aloys

Un rêve étrange, 2e partie, une nouvelle de Philippe Wolfenberg

Un rêve étrange

Deuxième partie

Vers minuit, alors que je viens à peine de me coucher, je crois entendre un claquement au niveau des volets. Je tends l’oreille. Un son identique au premier me convainc que je n’ai pas rêvé. Je me lève et, sans allumer le plafonnier, ouvre la fenêtre. Dans la clarté opalescente de la lune, je perçois distinctement Nina dans l’allée bordée de rosiers en fleurs. Dès qu’elle me voit, elle jette les cailloux qu’elle tenait dans son poing serré.

  • Viens, s’il te plaît !

Je m’habille rapidement et m’exécute.

  • Que se passe-t-il ?

Elle m’observe quelques secondes, d’un air malicieux, avant de me répondre.

  • Je n’ai pas envie de dormir… On pourrait aller se balader… Non ?

Et, sans même attendre mon approbation, elle prend ma main et m’entraîne à sa suite. Nous atteignons rapidement la plage déserte d’une petite crique. Elle enlève ses chaussures et entre dans l’eau jusqu’à en avoir sous les genoux. Je ne tarde pas à l’imiter et, serrés l’un contre l’autre, nous marchons jusqu’à un vieux ponton de bois qui, habituellement, sert de plongeoir aux baigneurs. Elle se rend compte que je la dévore des yeux. Délaissant son attitude de gamine délurée, elle se fait douce comme une caresse quand elle pose sa joue contre ma joue et sa bouche sur ma bouche.

  • Ti amo[1], Phil !
  • Je t’aime aussi, mon ange…

L’odeur de sa peau est plus enivrante que celle, miellée, des genêts environnants que le soleil brûlant de l’après-midi a exacerbée. Je goûte pleinement ces minutes d’éternité et me promets de m’en souvenir quoi qu’il arrive.

l

Une chanson de la fin des années cinquante, « Love in Portofino », passe à la radio. La voix de Johnny Dorelli est brutalement interrompue par la sonnerie du téléphone.

  • Phil ? Enzo est en face de chez moi… Il a sa tête des mauvais jours… Je crains le pire…
  • Ne sors surtout pas ! Je suis là dans dix minutes…

Je gare ma voiture dans l’allée qui jouxte la maison de Nina. Enzo m’a vu et se dirige vers moi, l’air furieux.

  • Que viens-tu faire ici ?
  • Simplement te demander de ne plus importuner Nina… Votre histoire est finie !
  • Qu’en sais-tu ?

Je n’ai pas le temps de répondre. Nina descend l’escalier de l’entrée et, sans doute rassurée par ma présence, se plante devant son ancien petit ami.

  • Basta[2] ! Arrête de me harceler, Enzo ! Tu n’as pas su saisir ta chance, en son temps… Tant pis pour toi ! Maintenant, je suis avec Phil… Capito[3] ?
  • Si tu ne veux plus être à moi, tu ne seras à personne d’autre !

La rage déforme les traits de mon rival malheureux. Il sort un couteau et essaie de saisir le bras de Nina. Je m’interpose avant qu’une violente douleur me traverse le corps. Je porte la main à mon ventre et, incrédule, regarde le sang couler entre mes doigts.

  • Phil ! Non !

Le cri désespéré de Nina m’accompagne jusqu’au plus profond des ténèbres qui ont remplacé l’éclatante lumière du jour.

l

J’ouvre lentement les paupières et regarde autour de moi. Je suis dans un lit, au milieu d’une chambre d’hôpital et des tuyaux relient mon corps à des machines. J’ai beaucoup de difficultés à mettre de l’ordre dans mes idées. Puis, la vision d’une lame étincelante. Je soulève le drap mais ne découvre ni pansement ni cicatrice.

Sans que je sache pourquoi, une mélodie résonne dans ma tête : « Erase/Rewind[4] » du groupe The Cardigans. Cette rengaine sans fin m’empêche de réfléchir jusqu’à ce que, tout à coup, le silence se fasse, révélant tout ce qui était caché : j’ai voulu me donner la mort. Je ne supportais plus le vide que rien ne peut combler, le manque d’envies, cette passion gâchée, il y a treize ans, avec celle que, depuis, je n’ai pas su remplacer.

Je me sens las, épuisé par les efforts fournis pour me souvenir et je sombre dans le sommeil.

l

J’ai enfin reçu la permission de sortir avec, en prime, les coordonnées d’un psychologue. J’en aurai, peut-être, effectivement besoin car, si je suis conscient d’avoir imaginé mon aventure italienne, je reste persuadé que Nina existe et qu’elle m’attend quelque part.

Je ferme la porte derrière moi. Un long couloir, une volée de marches, un autre couloir tout aussi long que le premier, puis j’arrive enfin à la réception. Distraitement, je jette un coup d’œil dans le parc, à travers la grande fenêtre par laquelle le soleil entre pour inonder le hall de ses rayons généreux, et sens les battements de mon cœur s’accélérer. A la moitié du chemin qui mène vers la grille ouvrant sur la rue, j’aperçois une jeune femme aux cheveux de jais. Je sors comme un fou, dévale l’escalier et l’interpelle : « Nina ? »

Nina, car je ne me suis pas trompé, se retourne. La tristesse qui flottait dans son regard s’estompe peu à peu pour faire place à l’étonnement. Un sourire magnifique illumine son visage lorsqu’elle se blottit dans mes bras. Après m’avoir contemplé longuement, elle m’embrasse avec la fougue des filles du Sud.

  • Amore mio[5] ! Ainsi, tu es réel…

Nous allons nous asseoir sur un banc. Il faut que nous discutions pour tenter de comprendre. Tandis qu’elle me parle, d’une voix douce de petite fille, je la regarde. Mon âme sœur d’autrefois était très belle ; Nina l’est tout autant. Et la vie le redevient.

  • Peux-tu expliquer ce qui s’est passé, Phil ?
  • Oui ! Mais sans aucune certitude d’être dans le vrai… Tant ça paraît incroyable…
  • Dis toujours…
  • Suite à l’accident de voiture dont tu as été victime et à ma tentative de suicide, il semblerait que nous soyons tombés, brièvement, dans le coma presque au même moment… Le fait que nous occupions deux chambres contigües a permis à nos esprits d’entrer en communication et de créer une romance conjointe…
  • C’est plausible… A défaut d’être rationnel…

Elle reste silencieuse, quelques secondes, avant de poursuivre.

  • Mais tu sais, je n’aurais pas supporté de vivre sans toi…
  • Ni moi sans toi…
  • Non lasciarmi mai più sola !
  • Je suis désolé mais on n’est plus dans notre rêve… Et je ne parle pas ta langue, mon ange…

Elle rit doucement.

  • Ce n’est pas grave, je te l’apprendrai. Je disais donc : « Ne me laisse plus jamais seule ! »
  • Je t’en fais la promesse…

Le taxi qu’elle avait appelé vient d’arriver. C’est ensemble que nous y montons…

Philippe Wolfenberg

Cette nouvelle a été écrite en hommage au livre “Nina” de “Frédéric Lenoir & Simonetta Greggio”

[1] Je t’aime !

[2] Ca suffit !

[3] Compris ?

[4] Effacer/Rembobiner.

[5] Mon amour !

Publié dans Nouvelle

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Un rêve étrange, une nouvelle en deux parties signée Philippe Wolfenberg

Publié le par christine brunet /aloys

Un rêve étrange, une nouvelle en deux parties signée Philippe Wolfenberg

(Une nouvelle écrite en hommage au livre “Nina” de “Frédéric Lenoir & Simonetta Greggio”)

Lorsque je me réveille, au petit matin, je comprends immédiatement que cette journée sera différente des autres. Il règne, dans l’air venu du large, un parfum d’optimisme que je n’ai plus respiré depuis longtemps.

J’ouvre les volets à claire-voie : le bleu du ciel se mélange à celui de la mer et le soleil caresse la cime des pins.

Je sors sur le balcon et, paresseusement installé dans un transat, je passe la baie en revue avant de m’arrêter sur le palazzo aux murs safran et contrevents émeraude.

l

Au moment d’aborder les premières échoppes du marché qui se tient sur la plus grande place de la ville, je m’aperçois que je suis en avance. C’est, en effet, dans un peu moins d’une demi-heure que je dois rencontrer Rosario, le chef du restaurant dont je suis propriétaire, à parts égales avec un ami, et où je m’investis afin d’oublier la vacuité de mon existence.

J’ai beau essayer de me souvenir pourquoi je suis malheureux depuis tant d’années, si plein de nostalgie et d’insatisfaction mais rien n’y fait : l’oubli est total ! Comme si mon esprit, guidé par l’instinct de survie, se protégeait d’un passé trop douloureux. L’inquiétude engendrée par cette amnésie sélective semble, aujourd’hui, n’avoir aucune prise sur moi. L’influence bienfaisante du vent d’euphorie que j’ai ressentie plus tôt dans la matinée est toujours bien présente.

l

Rosario et moi favorisons les producteurs locaux et ne choisissons que les meilleures denrées. La renommée et la fréquentation de l’établissement prouvent que cette conception est en adéquation avec notre clientèle.

Ce soir, ainsi que les soirs précédents, salle et terrasse affichent complet. Entre deux ou trois salutations à des habitués et les compliments de circonstance à leurs épouses, je m’octroie un instant de quiétude, appuyé à la rambarde, à contempler le soleil s’abîmant dans les flots au milieu des nuances subtiles d’or et de sang.

Soudain, une intuition m’oblige à tourner la tête. Relativement proche de l’endroit où je me trouve, une jeune femme sirote un espresso. Ses beaux yeux marron – qui changent de couleur aléatoirement jusqu’à devenir verts – me fixent avec impudence. Elle a le teint légèrement hâlé, des cheveux mi-longs et bouclés de la couleur d’un corbeau et des courbes enjôleuses admirablement mises en valeur par sa robe moulante.

Le sourire engageant qui se dessine sur ses lèvres pulpeuses et m’est, sans nul doute, destiné achève de me convaincre d’entamer la conversation.

  • Buonasera[1]… Le dîner vous a plu ?
  • Mi è piaciuto molto ! Grazie[2]
  • Puis-je vous offrir un digestif ?
  • Avec plaisir… Si vous acceptez de me tenir compagnie…
  • Guido ! Apporte-nous deux verres de limoncello, s’il te plaît…
  • Comment avez-vous deviné qu’il s’agit de ma liqueur préférée ?
  • Le hasard…
  • Il n’y a pas de hasard… Par exemple, ma présence ici… Je suis journaliste et j’ai entrepris de rédiger un guide répertoriant les tables les plus emblématiques de notre belle région…
  • Ce n’est donc pas pour moi ? Vous m’en voyez extrêmement déçu…
  • Bien sûr que si ! J’aimerais que vous me racontiez l’histoire de ces lieux, la vôtre et celle des gens qui travaillent avec vous… Des anecdotes sur les clients, aussi… Vous voulez bien ?
  • J’accepte ! Puisque ça me permettra de vous revoir…
  • Grazie mille ! Ciao[3] !
  • Ciao !

Alors qu’elle s’apprête à monter dans sa voiture, elle se ravise, revient sur ses pas et me fait un signe de la main.

  • A propos, je m’appelle Nina… A domani[4] !

l

Le lendemain, assis sur un banc juché au sommet de rochers surplombant la Méditerranée et protégé du soleil par le feuillage d’un bosquet de caroubiers, j’ai la sensation d’être un adolescent qui vit son premier rendez-vous amoureux. Evidemment, je ne suis pas dupe : il ne s’agit que d’une banale interview ! Cependant, j’ai envie de me laisser guider par cette légèreté à laquelle, il y a peu encore, je ne croyais plus.

Un bruit de pas, de plus en plus proche, puis la voici qui débouche entre des buissons de laurier-rose.

Elle porte un chemisier échancré et noué sous la poitrine ainsi qu’un short en jeans déchiré et une paire d’espadrilles.

  • Buongiorno[5] ! Je suis contente de vous revoir…Et pas seulement pour le travail…

Le regard qu’elle me lance, en disant cela, est tendre et amusé à la fois. Se pourrait-il que…

  • Je le suis tout autant, Nina…

Elle remarque la glacière à mes côtés.

  • Vous avez pensé au casse-croûte ? C’est bien !
  • Pain, pâté de poisson et une bouteille de Campanaro dont vous me direz des nouvelles…
  • Vivement midi !

De son sac, elle sort un enregistreur numérique, un calepin et un stylo à bille.

  • Prêt ? Andiamo[6] !

Il est passé treize heures quand nous nous rendons compte que nous sommes affamés. Après le repas, mon exquise compagne range son matériel, se lève et s’approche du bord de la falaise. Elle s’étire délicatement – de la même manière que le fait un chat, au lever – tandis que le vent ébouriffe sa magnifique chevelure noire. Je la rejoins et nous parlons de nous ; de notre enfance, de notre jeunesse, de l’âge adulte qui nous a privés de nos espérances. Aussi surprenant que cela paraisse, pour des inconnus, nous nous comprenons sans rien devoir expliquer. (...)

Philippe Wolfenberg

notes :

[1] Bonsoir…

[2] C’était très bien ! Merci…

[3] Merci beaucoup ! Salut !

[4] A demain !

[5] Bonjour !

[6] Allons-y !

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Christine Brunet a lu "Au coeur des Camélias" d'Anne-Marie Jarret-Musso

Publié le par christine brunet /aloys

Christine Brunet a lu "Au coeur des Camélias" d'Anne-Marie Jarret-Musso

J’ai lu « Au cœur des Camélias » d’Anne-Marie Jarret-Musso

Voilà un livre que je voulais lire depuis longtemps, en fait depuis que j’ai interviewé Anne-Marie pour Actu-TV. Ou même avant peut-être, à la lecture de son premier recueil « le bonheur est dans le conte » qui m’avait emballé par la spontanéité de l’écriture, sa fraîcheur et l’univers proposé.

En fait, je ne savais pas Anne-Marie originaire de Marseille (ville qu’elle n’habite plus)… et je ne l’ai compris vraiment qu’au moment où elle m’a dit bonjour… Quel accent ! un voyage à chaque phrase !

Et voilà qu’elle me parle de son dernier bouquin, et me tend l’exemplaire test… un tout petit opus de 61 pages et un titre mystérieux avec un « surtitre » qui me parle soudain « Souvenirs d’une fille des quartiers nord de Marseille ».

Les quartiers nord… Un coin à éviter aujourd’hui… mais avant ???

Marseille, je vous l’ai dit, je connais, j’ai passé toutes mes vacances à Endoume. Je ne sais pas vraiment ce que je vais trouver entre ces pages… Elle me l’a dit, m’a décrit sa démarche mais Marseille, c’est de l’affectif, du souvenir, c’est mon enfance…

J’ouvre le livre, en attente de quelque chose mais de quoi ?

Un prologue… Et dire que je déteste les prologues ! D’ailleurs, je les zappe… Je vais pour sauter le recto-verso lorsque mon regard accroche une phrase au bas de la première page : « Selon moi, nos souvenirs sont comme des bulles de savon qui naissent d’un souffle dans un bubulateur ». Je poursuis, intriguée, amusée, soudain prête à remonter le temps…

Marseille je connais, je vous l’ai dit ; les quartiers nord, je connais beaucoup moins. Mais je me laisse porter par une écriture imagée, chantante, qui fleure bon ma Provence. J’oublie quelques minutes les phrases de l’auteur pour retourner à mes souvenirs : j’entends à nouveau des mots un peu oubliés, des expressions perdues, je compare, je m’attarde, je voyage aux côtés de Mary, élève rêveuse. Je croise Gédéon, j’écoute les bazarettes sur le trottoir, je revis les heures si gourmandes du réveillon de Noël (que je m’efforce de faire revivre chaque année), je m’arrête pour écouter Nine et Marius…

Alors, mon avis ? Voilà un voyage dans le temps qui vous entraînera bien plus loin que vous pourriez l’imaginer, au cœur même de vos souvenirs, de votre enfance… Au gré des mots, tendez l’oreille, humez-les… Vous sentez le soleil jouer sur votre peau ? Vous entendez les accents chantants des voisins ? Vous sentez la friture ? L’odeur âcre des sardines grillées ou doucereuse des chichis frégis ?

Laissez-vous porter et rêvez… au passé !

Christine Brunet

http://www.christine-brunet.com

Publié dans Fiche de lecture

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