Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Quoi de neuf en avril dans notre blog ?

Publié le par christine brunet /aloys

Quoi de neuf en avril dans notre blog ?

Le vendredi 3 avril 2015 à 19 heures

Vernissage de l’exposition

Dessins de Nina Vanhaverbeke

Textes échos de Carine-Laure Desguin

A la bibliothèque Marguerite Yourcenar, Place Albert 1er, 38 à 6030 Marchienne-au-Pont

(à côté de l’hôtel de ville, facilité de parking) !

Verre de l’amitié ! Invitation à tous !

http://carinelauredesguin.over-blog.com/article-196-expo-textes-carine-laure-desguin-dessins-nina-vanhaverbeke-125630200.html

==========================================================================

Les auteurs à l'honneur :

  • Audrey Franco
  • Papy Nzili
  • S. Ekelson
  • Louis Delville
  • Micheline Boland
  • Edmée de Xhavée
  • Silva Miura
  • JP Volpi
  • M-N. Fargier
  • Giove
  • Carine-laure Desguin
  • A. Coenraets
  • Marie-France Adnet
  • Elisabeth Berthéeol
  • Barbara Flamand
  • Alain Delestienne
  • Danièle Deydé
  • Patrick Beaucamps
  • Ledge
  • Cyprien Ameloot
  • Albert NIko
  • Laurent Dumortier
  • Didier Fond

Publié dans ANNONCES

Partager cet article
Repost0

"Je ne sais pas ce qu'est la liberté !", un poème signé Sébastien Quagebeur

Publié le par christine brunet /aloys

"Je ne sais pas ce qu'est la liberté !", un poème signé Sébastien Quagebeur

Je ne sais pas ce qu’est la liberté !

Regarde et défini.

Je ne sais pas ce que le jour annonce !

Écris et discerne.

Je ne sais rien à part une chose,

Regarder un oiseau

qui vole c’est un début d’éternité.

Publié dans Poésie

Partager cet article
Repost0

Vastes peines de Claude E. dans Le Bibliothécaire

Publié le par christine brunet /aloys

Vastes peines de Claude E. dans Le Bibliothécaire
Vastes peines de Claude E. dans Le Bibliothécaire

VASTES PEINES - Nouvelles /
Claude E.-
Barry : Chloé des Lys, 2014.- 243 p. ; 21 cm.- Isbn : 978-2-87459-793-0.- 25.00 €.-

Je suis Claude E ( Claude Emanuelli )
Niçois à l’origine, je suis installé au Canada depuis une quarantaine d’années, j’y enseigne le
droit à l’université d’Ottawa.
J’écris depuis l’âge de douze ans. À l’époque, j’ai été alité plusieurs mois en raison d’une maladie. C’est à ce moment-là que j’ai découvert le plaisir d’écrire. À l`époque, j’ai rédigé le manuscrit d’un roman de science- fiction. Depuis, je ne me suis jamais arrêté d’écrire, encouragé au départ par mon parrain, Jacques Prévert. Je l’ai bien connu dès mon plus jeune âge. Il m’a beaucoup influencé, m’a fait découvrir des livres (pas seulement les siens; il aimait les romans fantastiques de Lovecraft entre autres). Il était très impressionné quand, en 1974, mon mémoire de maîtrise a été publié par Pédone.

Jusqu’à récemment, occupé à construire ma carrière de professeur, j’ai surtout écrit des textes juridiques dans le cadre de mes activités professionnelles. J’ai publié plusieurs livres de droit et de nombreux articles de revue. Toutefois, à temps perdu, j’ai aussi composé des poèmes, des pensées, un scénario de bande dessinée, des manuscrits de romans dont celui qui allait devenir " Les filles du vrai Nord aiment le Sud ", publié en 2012 par Chloé des Lys. Depuis, j’ai écrit sept nouvelles. Elles ont été publiées en 2014 sous forme de recueil, également par Chloé des Lys, sous le titre‟ Vastes Peines″.

Certains de mes textes laissent transparaître ma formation juridique de même que ma profession : ainsi, dans " Les filles du Nord aiment le Sud " le personnage principal est un professeur.

Dans ‟ Vastes Peines ″, les nouvelles intitulées ѩ Belle fleur ″ et ѩ Une âme à la mer ″ font allusion au droit des conflits armés, sujet que j’enseigne.

De l’ouvrage :


Les sept nouvelles :


Le prisonnier français
Belle fleur
Dieu est absent
Ses années Jean-Pierre
Une âme à la mer
Soledad
Les mariages de Beth

« Philippe pensa à Marisol Fécamp et la chercha du regard, persuadé qu’elle allait se manifester. Effectivement, celleci venait de se profiler dans son champ de vision et se frayait un passage à travers la foule. Sûre d’elle, elle se dirigeait rapidement vers le Britannique. Le sang de Philippe ne fit qu’un tour. Intuitivement, il sentait qu’elle allait l’agresser, verbalement ou physiquement, il n’en était pas sûr. À son tour, il tenta de s’approcher du Britannique et d’intercepter Marisol Fécamp. »

Publié dans avis de blogs

Partager cet article
Repost0

Contes en stock de Micheline Boland dans l'Avenir.net

Publié le par christine brunet /aloys

http://www.lavenir.net/article/detail.aspx?articleid=dmf20150108_00583579

http://www.lavenir.net/article/detail.aspx?articleid=dmf20150108_00583579

Contes en stock de Micheline Boland dans l'Avenir.net

Psychologue retraitée, conteuse et improvisatrice carolorégienne,Micheline Boland n’arrête pas de conter, sur papier aussi.

Dans un onzième ouvrage, Micheline Boland livre une soixantaine de contes en stock, une vraie bibliothèque comme l’indique la page de couverture: une porte ouverte sur de multiples étagères.

Elle ouvre les grilles de son imagination pour y laisser entrer ses lecteurs. Les rayonnages sont organisés en contes de Noël ou de Pâques ou en histoires d’ordres, d’animaux, de villages, de temps, de magies, d’amour. Ces chapitres s’entament par un grillage ouvert.Ces dessinssont l’œuvre de Maryvonne et Jean-Pierre Sanson.

L’auteur écrit tous les jours. Les participations aux concours de contes, de Surice notamment, la participation à des ateliers d’écriture l’encouragent dans le fait d’écrire et en avivent son goût, si c’était nécessaire.

En deux ou trois pages, un fait observé devient une histoire dont le chemin finit par arrondir les angles, sans rébellion. À moins que des nutons s’en mêlent, qu’un sapin se décide à établir plus de justice. Hommes et femmes s’y parlent, les animaux aussi. Ces contes proposent des regards positifs, des attitudes conciliantes. Ils décompliquent des relations difficiles, envieuses, médisantes. Ils entretiennent de l’espoir quand le cadre de vie ou de la planète semble se dégrader.

«Contes en stock» de Micheline Boland, éditions Chloé des Lys, 226 pages.

Publié dans articles

Partager cet article
Repost0

Denis Schilliger présente "Fragments de pas"

Publié le par christine brunet /aloys

Denis Schilliger présente "Fragments de pas"

EXTRAIT/ approche poétique de l'auteur

Un mot braconné, parce qu’il n’a pas été donné. Et l’homme vola le feu. Une pure ironie, mais l’oxymore nous permet cette grandeur divine.

Evitons la confusion, ceci est un poème.

Il n’impose pas une logique, ni le jeu, qui détermine pareillement le nombre même du hasard. Les heures nombrées sont toujours identiques à celles des sirènes des usines, des écoles, des jours d’une éphéméride.

Mais l’instant m’est précieux, comme cet éphémère, qui m’oblige.

L’advenu est une insolence.

De ce fait, l’écriture poétique, mon écriture n’est qu’un immense CRI ; ma solitude est rebelle et mon encre encore noire.

Ce recueil devait intégrer un cycle poétique au titre étrange : « l’arbre est l’ombre de la poussière ».

L'auteur et la poésie : une réflexion...

Il me semble, aujourd’hui « unheimlich » : oui, étrange, de commencer « ma » biographie, par une définition, alors que je combats le déterminé, de toutes mes forces, et cette définition est celle du mot « palimpseste » : parchemin sur lequel une première écriture a été grattée ou lavée, pour permettre de réutiliser ledit parchemin comme support. Pour que ce vocable, reçoive un sens, il « me » faut gratter un texte, mais lequel ? Le bios ? Le poème ? Peut-être, suis-je, tout simplement dans l’incapacité, d’en décider, parce que toute réponse à cette question ouvre un gouffre, une incertitude, un chemin absurde. Ainsi, la vie et le poème se déchirent comme des brouillons, qu’on ne saurait retenir, pour écrire une page définitive. L’auteur doit être médusé, figé dans un bloc de marbre, pour parler, et de lui et de son parcours « littéraire ». La vie, le poème se donnent là, « maintenant » et s’ils s’effacent, c’est avec l’amertume de l’échec, parce qu’il faudrait surtout en rire ; rire de ce « JE » toujours narquois, prétentieux, voleur d’instants ineffables. « JE » déchire le poème, et se conduit comme un intrus dans la vie. Même si ce « JE », qui ne veut apparaître, ou plutôt, qui ne peut apparaître, qu’en restant caché, « IL » est toujours là, comme « jeu méditatif », questionnant. Une parenthèse, me vint à l’instant même à l’écriture de la phrase précédente : « les majuscules utilisées pour désigner le je, me font écrire également le pronom « il » avec cette même outrance, ce qui déplace le contexte vers une étrangeté métaphysique et pourquoi pas mystique ». Mon dilemme a toujours été, de combattre, ou plus simplement d’éviter, les récurrences, « ces présences obsessionnelles », pour ne jamais m’ Y retrouver, tout en sachant que « JE » était le sujet. Le sujet est dans son histoire et cette histoire est l’éphémère inanité de toute idée. Le grotesque. Le sérieux.

Et pourtant, même si l’on peut admettre l’abandon du « récit de la vie », si l’on peut se dire que chaque poème n’est que l’esthétique des mots, volages comme les trilles d’une alouette, il restera sur la table d’écriture, un travail, un ouvrage. Cet ouvrage, auquel on prête une attention toute particulière, parce qu’on l’offre, ouvert, à la lecture des autres.

« le terme d’homme, étant toujours un trop grand mot pour les miséreux »

In « Colère et temps » P. Sloterdijk

Il m’a semblé que cette assertion, pouvait donner à mon verbe « être » l’attribut inchoatif de ce que je nomme, ici, peut-être incorrectement, une biographie. Mais, depuis trop longtemps j’oublie les dates et me moque de l’irréversible. Le firmament est terreux, quand, collent aux galoches de papier, les étoiles du matin.

Haguenau,

« la forêt domaniale était en feu » m’a-t-on appris.

Un tout petit ruisseau coulait, au fond d’un verger. Et l’odeur sûre du poulailler. Rien de plus.

Une enfance, sans souvenirs, ou fomentée de quelques anecdotes rapportées, qui ne vivent pas, parce que ce village alsacien, je l’ai simplement rêvé, même si de temps en temps, j’y retourne pour me dire qu’il existe ; mais là aussi je demeure l’intrus, le passant. Avoir su, avec peu de modestie, répéter les arguties, chauvines, attributs d’une région, ô combien édénique, selon les gens de là-bas, qui me ressemblaient tant. Il est vrai que les galoches sont lourdes, quant arrachées à la terre génitrice, elles ne permettent que le romantisme d’une nostalgie d’un autre temps. Mais quelle fut l’heure vécue, ainsi ?

Il m’a fallu longtemps, pour exister.

Les premières heures, où, enfin seul, à Strasbourg, je pus chausser une paire de lunette ronde, pour me donner un air de contestataire, quelque peu intello de « gauche » d’un siècle, ostensiblement « prolétaire » où, pour être singulier, propre, il fallait se laver dans une bassine, debout dans le froid de la cuisine. Je prétendais, alors, qu’il ne fallait jamais donner une fin à l’histoire. Quelque chose se jouait déjà, pour moi : je savais que je ne pouvais LEURS faire confiance. ILS traçaient des parallèles obtuses, des « cases obsidionales », sur le damier d’une simple marelle, tracée à la craie, sur l’asphalte d’une impasse. Dans certaines cités ouvrières, le soleil se couchait plus, assommé par la vinasse aigre de l’alcool, ou ignoré pour oublier, que jamais on partait.

Ailleurs, c’était quelques cartes postales, d’endroits, qu’on s’empressait de rechercher sur une carte, dans le dictionnaire familial.

Le cynisme d’une certaine expérience qu’on veut péremptoire, répétée, mène à la définition, à la chose déterminée. Mais, dans l’amertume de l’échec, le rire reste innocent et les jours se font nonchalants, quand ils se libèrent du NOMBRE. Et pourtant, il ne faut jamais répondre à l’appel des pas, derrière eux, marche une fanfare, un drapeau. C’est cette vulgarité du réel, que je m’obstinai à combattre, à fuir, quand il me fallait répondre présent à l’appel d’une caserne. Là, aussi j’étais l’intrus, à qui l’on montra la porte de la « comédie française », parce que j’avais su détourner le sérieux morbide du NOMBRE.

« malgré tout,

l’intention de changer le monde

reste une simple contingence

une touche inutile de couleurs irisées » ….

Si je devais commencer, par un mot naissant, cela ne figurerait qu’une trahison du temps, parce que le temps, notre temps avait déjà été gagé, obligé, avant le cri. Ainsi, le passé qu’on ressasse, borné, perd la fraîcheur de l’événement ; la liberté actée, n’est qu’un piège, je dirai qu’elle sombre, à chaque nouvelle page du quotidien régional ou national.

Les « Unes » sont dictées.

On ne fouille que dans les poches, pleines d’écus. Et quelle saleté !

L’instant d’une étoile n’a pas plus d’éclat, que l’existence que j’interroge, sans cesse, en refusant, de vouloir y trouver un sens.

La poésie meurt de l’espoir de ces quelques mots eudémoniques que certains veulent voir dans la symphonie céleste des vers. S’ils obéissent à une certaine rengaine, ils sont bâillonnés et se disent dans les salons des Hôtels de ville, ou dans les veillées dites si gentiment « poétiques », où l’on se plait à larmoyer sur la beauté fanée d’une rose.

Point de bonheur, il faut que les franges du temps s’affichent nues.

Je ne veux croire, qu’au déterminisme tragique des jours, et c’est à la lecture d’Eschyle, il y a plus de quarante ans, que je dois de croire à la littérature, quelque peu. Bizarrement, je n’avais pas, à l’époque, tiré de conclusion, du rejet presque simultané, de la littérature du XIXe siècle, du monde romanesque surtout balzacien, (je place ici cette parenthèse, parce qu’il me vient à l’esprit, étrangement, que le premier titre lu fut tout « simplement : Les illusions perdues de Balzac, et que peut-être est-ce là, ce qui a, toujours, nourri mon scepticisme et ma révolte) parce que je persistai à croire aux eschatologies dogmatiques des idéologies égalitaires, des révoltes « simplement politiques ». Et pourtant, je continue, même, si je ne le lis plus, à sauver, Jules Vallès.

D’ailleurs, l’utilisation du vocable « révolte », pour parler, des actions politiques, peut sembler paradoxale ; aucune « révolte » ne mène à une politique, qui se voudrait maîtrise des évènements.

« Le privilège de la parole poétique est de pouvoir à la fois délivrer un message et nous délivrer de ce message. J’ai compris par Hugo l’aveuglement « engagé » de mes aînés et celui de mon adolescence. »

In « Une rage d’enfant » André Glucksmann

J’ai toujours ressenti une gêne, à la relecture de mes poèmes « enragés », parce qu’ils ne m’engageaient que dans la détermination obsessionnelle du moment, que dis-je de la date grimée du quotidien. Pour cela il a fallu, que je m’évanouisse dans les délices de la solitude et que je me rapproche des « solitaires », de ceux qui ne se sont jamais trompés de route, même à l’instant de la mort.

C’est, peut-être, pour cela, que je n’ai jamais adhéré à un parti, à un programme, et que j’ai claqué toutes les portes qui ne restaient pas ouvertes.

Ainsi, je garde en mémoire quelques jalons très importants qui provoquèrent le déclic de mon addiction à la lecture : je ne puis concevoir un jour privé de quelques pages de lecture, même si parfois, il ne me reste de toutes ces heures abandonnées, qu’un bout de phrase ou un mot, pour colorer une prochaine pensée. Pour revenir aux jalons, je ne citerai que : « L’étranger » d’A. Camus, « La nausée » de J.P. Sartre, le théâtre de S. Beckett, et les films « Détruire, dit-elle » et « Le Procès », une exposition de quelques toiles de Cézanne.

Etrange, les rues de Strasbourg, à une heure avancée ; étranges, les brumes automnales au-dessus de l’Ill, qui longtemps me dérobèrent à l’autre. Il me plaisait de me perdre ainsi, en pensées, en révoltes, en premiers mots. Je marchais sur un cache-col trop long, en triturant quelques pièces de monnaie, dans la poche du manteau. Même, s’il me fallait compter chaque centime, pour m’en sortir, je n’hésitais pas à aller écouter Brassens, Brel, Ferrat, Léo Ferré et d’autres, qui, aujourd’hui manquent, si cruellement, à la bonne chanson française.

Il m’arrive aujourd’hui, quand je consulte la biographie d’un philosophe, d’un poète, d’un scientifique, de calculer intuitivement le laps de temps, qu’il a occupé, pour construire son œuvre. Chose qui m’était restée indifférente jusque là. Il reste le hasard, pour en décider et c’est au travers de la vie de ces « hommes », que « ces œuvres » m’appartiennent, quand je les lis, les consulte, et ainsi, si je devais dire aujourd’hui : « qui suis-je ? », je ne le saurais, qu’au travers de leur parcours, de leurs frasques de liberté.

Quand un auteur veut trop me dire, « ceci est cela », je l’abandonne à son illusion. Je n’entends que les cris. Les raisonnements abstraits faisant fi, de l’errance de l’homme, ne sont que « parallèles indigentes ».

Souvent, la vie vous engage passionnément dans votre jeunesse, mais très vite le temps vous manque, le temps de l’insouciance, parce que les lois du « commun » ne le permettent pas. Alors, on se responsabilise, on « travaille » servilement, tous les jours, parce qu’il le « faut bien ». Personne ne s’imagine, qu’on vit dans une réalité outrancière de liberté, de rage, de pensées qu’ILS trouvent absurdes, et pourtant l’absurde est ce qu’il y a de plus merveilleux, parce qu’il rompt la définition. Il ne contraint pas la page, il ne dicte pas l’éternel et ne se veut que l’éphémère couleur d’un ciel qui s’effondre derrière la colline ou qui s’abîme en mer, en rougissant les arbres ou les vagues.

L’existence ne peut être qu’une couleur, un chant, une idée rieuse, aussi ne puis-je trouver mes jours à thésauriser, qu’au bord de la mer déchaînée qui bouscule sans mesure, les coques des pêcheurs, qui pourtant se plaisent à la défier, ou qu’à l’horizon déchiqueté des hautes montagnes. J’ai emprunté les tortillards indiens, les sentes népalaises qui longeaient les rizières en lisant les poèmes de F. Ponge, de R. Char, de P. Eluard, de Guillevic ; quelques textes de mes premiers recueils furent griffonnés, ainsi, avec souvent peu de mots, pour marquer l’essentiel, et parce que l’essentiel ne permet ni le mot, ni le silence muet.

Le silence doit être un partage où le mot ne suffit jamais. Il ne peut s’imposer.

« un repas mijote

entre quelques pierres primitives

des choses bien simples

données de la main à la main

avec ce peu de mots qui disent

le partage

et l’eau qui coule dans la conque

de mains frangines »

Mais trop longtemps la philosophie fut ma compagne asséchante, avant de me tourner vers des penseurs sceptiques, maniant l’ironie du doute et le franchise de la liberté. Je rejetai la philosophie comme système, comme base de la « vérité close » , pour retrouver une certaine ouverture imaginative. Je fréquentai, alors Schopenhauer, Nietzsche, Cioran, Lichtenberg, Vaneigem, Onfray, pour délaisser (peut-être temporairement, parce qu’il faut l’écouter parler des Présocratiques, de la Dichtung, de Hölderlin, des chemins qui ne mènent nulle part, de la parole), Heidegger et ses « disciples français ou allemands.

La lecture enthousiaste des textes de Roland Jaccard, me rapprocha de la littérature japonaise et pour ne citer qu’eux de « Yukio Mishima, Kenzaburô Öé, Junichirô Tanazaki, mais surtout je ne voudrais pas oublier Osamu Dazaï, qui par la noirceur de sa philosophie de la vie, me fit comprendre, d’une façon, quelque peu indirecte, le comportement japonais, pendant la 2ème Guerre Mondiale, et ce même comportement à chaque grande catastrophe naturelle.

L’autre découverte tardive, fut la littérature de l’expressionnisme germanique du XXe siècle, (K. Kraus, H. Hesse, T. Bernhard, I. Bachmann, H. Broch, F. Kafka et tant d’autres). Elle me plonge dans les brumes d’un réalisme angoissant, toujours déjà possible, dans l’acceptation de la question éternelle de la culpabilité et dans l’analyse, ô, combien, difficile de la notion de témoin. Suis-je témoin et par-là, coupable, dès que j’ouvre les yeux, sur Ce monde. J’ai dû admettre les errements mensongers et crapuleux de TOUTES les vérités idéologiques et reconnaître que, même si je dénonce, si je proteste, si je crie, je le fais, toujours et encore, au nom d’une idée, la mienne, bien sûre, La révolte détermine l’Opposant et chaque cri, plus fort que le précédent, nous entraîne vers une prise de position. Brassens a su dire là-dessus l’essentiel : « mourir pour des idées, mais de mort lente. »

Depuis une année, je n’écris plus de poèmes, parce que je considère aujourd’hui n’être plus en phase avec certaines de mes convictions longtemps affichées, dans le cycle « Thanatos ou les parallèles de la cité », et je voudrais exprimer « En tant que tel » (titre du dernier recueil écrit, encore inédit) ce chambardement, avec des mots nouveaux. Une des raisons de cette remise en cause de mes idées « libertaires » révoltées est peut-être l’analyse faite à partir de nouvelles sources d’intérêts, comme l’astrophysique, au travers de l’infiniment grand et de l’infiniment petit ou de la pensée mystique, non pas celle qui colle au religieux, mais celle qui énonce la beauté de l’infini, parce qu’indéfinie, et sans adhérer à une quelconque croyance. Cette pensée est parfois si proche de la poésie et par là, je suis prêt à croire qu’elle est absolue, et qu’elle n’a pas besoin de s’adjoindre un garant. En suivant leurs textes, je suis souvent dérouté, par l’abandon de leurs mots. Ils ne se rattachent plus à rien ou pour m’ouvrir à une certaine métaphysique, ils se rattachent à une totalité, qui est le RIEN.

Mais où se sont perdus mes pas, et que d’auteurs importants oubliés, lus et parfois relus (M. Kundera, R. Walser, J. Roth, E. Canetti, S. Beckett, M. Duras, P. Quignard) dans le fatras de ma bibliothèque qui dépasse, aujourd’hui, les trois mille cinq cents ouvrages. La politique, la psychanalyse sont même plongées dans un profond oubli.

Que restera-t-il, si je ne suis pas CELA ? Aucune date ne sera importante, et je n’aurai été que l’illusion de quelques mots laissés, sans croire jamais à la nonchalance des jours. Mais il reste dans mon parcours, une grande question en « suspens », que je pourrais énoncer, comme suit : « Que faire ? ». Je ne fais, naturellement ici, pas référence, ni de prés, ni de loin, au titre de l’ouvrage de Lénine, mais cette question est pour moi, une question « originelle », toujours déterminante, à laquelle je n’ai jamais pu répondre que par une mise en « suspens »et toujours sous couvert d’une « bonne » raison, de mes velléités d’action. Cela se traduisait surtout, par un effet de procrastination. Il s’agissait de n’être jamais l’obligé de : programmes scolaires, unités de valeurs, thèmes imposés, auteurs qui ne « me » parlaient pas, et même, en entrant dans la vie active, d’une profession ou d’horaires trop strictes. J’ai su construire un domaine d’activités, dans lequel je pus me « sentir » non-obligé, et pour cette seule raison, je garderai toujours une reconnaissance sincère vis-à-vis de mon ancienne direction. Il me faudrait développer quelque peu cette longue parenthèse, pour l’éclaircir, mais sachez simplement que j’ai su jouer, avec beaucoup d’imagination avec les critères habituels du monde du travail, mais surtout du monde des affaires. D’autre part, je suis toujours ébahi, par les philosophes ou penseurs, qui passent leur vie entière, à scruter un détail, la place même d’une virgule, dans une phrase et qui peuvent en parler pendant des heures, en affichant une très grande sérénité, comme si la vie y trouvait un sens.

On me demande, très souvent, pourquoi je n’écris que des « textes poétiques », sous-entendu naturellement qu’un roman, par exemple, se comprend plus facilement, et en outre se vend, mieux. Mais sachez que le roman contraint le temps : il faut le placer dans une certaine durée, il faut qu’il nous parle des autres, et que les autres « y » parlent, il faut développer une intrigue, une histoire, un « thème ».

Je ne ris jamais, et c’est par là, que je suis un dilettante.

Publié dans présentations

Partager cet article
Repost0

Didier Fond nous propose un extrait de "La maison-Dieu"

Publié le par christine brunet /aloys

Didier Fond nous propose un extrait de "La maison-Dieu"

Valérie avait posé son fardeau sur le trottoir et paraissait de plus en plus ennuyée.

« Eh bien, dit tout à coup Camille en s'arrêtant près d'elle, vous êtes drôlement chargée, aujourd'hui. »

Valérie, qui ne l'avait pas entendue arriver, sursauta et se tourna vers elle. « Oui », dit-elle d'un ton bref. Elle jeta un regard perçant à la jeune factrice. « Et comme une imbécile, je suis descendue à pied, continua-t-elle. Maintenant, il va falloir que je remonte avec ça.»

Jamais elle n'avait été aussi loquace. Camille, ravie, en profita.

« Voulez-vous que je vous emmène à la Maison-Dieu ? Je suis garée sur la place, là, à dix mètres. » Elle désignait de la main la voiture jaune de la poste. Elle vit nettement l'hésitation se dessiner sur le visage de la jeune fille. « Ça ne me prendra que dix minutes, vous savez », poursuivit Camille avec un sourire. Et, en bonne tentatrice, elle ajouta : « La pente est raide et avec cette chaleur, vous allez être en nage. »

Valérie hésitait toujours. Assurément, elle n'avait aucune envie que qui que ce soit, Camille comme les autres, se mêle de ses affaires et vienne rôder autour de la Maison-Dieu. Qu'ont­-ils donc tant à cacher ? se demanda soudain Camille. Valérie continuait de la dévisager, silencieuse, les yeux mi-clos. Camille joua sa dernière carte.

« Comme vous voulez », dit-elle avec un haussement d'épaules. Elle se détourna et fit mine de traverser la rue.

« Attendez ! » La voix de Valérie sonna à ses oreilles comme les trompettes de la victoire. Elle s'arrêta. « Ecoutez, je suis désolée, j'ai l'air d'être très impolie, mais... Oh, et puis zut ! Je ne vais pas m'éreinter à cause de ses ordres stupides. J'accepte votre offre, c'est très gentil à vous. »

Camille se retourna. « Venez », dit-elle. Elle était incapable de dissimuler le sourire radieux qui lui était monté aux lèvres en entendant cette capitulation. A peine installée dans la voiture, Valérie se répondit à nouveau en excuses.

« Ne m'en veuillez pas, mais je fais partie d'une famille de sauvages et je n'ai pas trop l'habitude de demander l'aide des autres. »

Le sourire qui accompagnait ce mea culpa était aussi sincère qu'éblouissant. Camille était trop contente pour ressentir une quelconque rancune.

« Aucune importance, répondit-elle. Je comprends très bien. Moi aussi, il m'arrive de ne pas avoir envie de subir une autre présence que la mienne. »

Elle fit lentement le tour de la place, s'arrêtant tous les trois mètres pour laisser passer un piéton, puis s'engagea dans la rue de la Poste. La distance était assez courte, il ne fallait pas aller trop vite si elle voulait tirer de sa passagère les renseignements désirés. Comment faire pour aborder ce sujet sans paraître trop curieuse ?

« Vous ne vous ennuyez pas trop, là-haut ? »

Comme entrée en matière, on faisait mieux. Mais c'était tout ce qu'elle avait trouvé. Valérie hocha négativement la tête.

« On lit, on se repose. Ma mère est venue chercher le calme, ici, et je dois avouer qu'elle l'a trouvé. »

Camille se jeta à l'eau.

« L'autre jour, lorsque j’ai monté le courrier, j'ai vu en repartant un jeune homme dans le parc, près de la grille. »

Instantanément, le visage souriant de Valérie se ferma. Le regard qu'elle posa sur Camille n'avait plus rien d'aimable.

« Où l'avez-vous vu ? »

Le ton était sec. Camille se troubla.

« Près de la grille, il regardait à l'extérieur. »

« Sûrement pas. Il ne s'approche jamais de la grille. Alors je le répète, où l'avez-vous vu ? » La voix était devenue plus coupante que le fil d'un rasoir. Camille s'empourpra et fixa la route avec une intensité que rien ne justifiait. L'aveu ne parvenait pas à franchir ses lèvres. « Eh bien ? » s'impatienta Valérie.

« Je... bafouilla Camille, dont la rougeur du visage eût rendu des points à une écrevisse. En fait, je... Je me suis arrêtée un moment et j'ai regardé à travers la grille. C'est comme ça que je l'ai vu. »

« Arrêtez de mentir. Il ne se montre jamais aux regards des autres. Vous êtes entrée dans le parc, n'est-ce pas ? »

« Oui, avoua Camille avec un soupir de soulagement. Mais pas bien loin, s'empressa-t-elle d'ajouter. Juste vers la petite fontaine... »

Valérie se rejeta en arrière. Son regard abandonna Camille et se posa sur la falaise qui se rapprochait à chaque tour de roue.

« Vous voudrez bien ne pas recommencer, lança-t-elle tout à coup d'un ton cinglant. Nous avons horreur des indiscrets. La prochaine fois, demandez la permission avant d'entrer. Je ne vous garantis pas qu'on vous la donnera mais ce sera quand même plus poli. »

Jamais personne n'avait remis Camille à sa place d'une façon aussi discourtoise. Elle en perdit le souffle et l'esprit de répartie. Son teint devint encore plus rouge qu'il n'était.

« Je... » Elle bredouillait lamentablement. « Je... Excusez-moi, je vous assure que je ne voulais pas... » Elle jeta un coup d'œil à Valérie. La jeune fille se détendait et son visage perdait peu à peu sa dureté.

« Ne nous disputons pas pour des bêtises, dit Valérie en posant la main sur le bras de sa compagne. A mon tour de m'excuser, je suis allée trop loin. Ma mère m'a particulièrement énervée ce matin et c'est vous qui recevez à sa place. N'en parlons plus. »

Elle souriait de nouveau. Camille esquissa à son tour un sourire confus.

« Je ne le referai plus, je vous le promets. »

« En fait, le garçon que vous avez vu, c'est mon frère. Plus sauvage que lui, c'est impossible à trouver. Il ne veut voir personne. D'ailleurs, ça m'étonnerait beaucoup qu'il vous ait adressé la parole. »

« Dès qu'il m'a vue, il a poussé un cri et il est parti en courant. »

« Oui, ça ne m'étonne pas de David, dit Valérie avec un rire bref. C'est tout à fait lui de s'enfuir devant une inconnue. »

Le sourire de Camille s'accentua. Je connais enfin son prénom. « Il m'a semblé bien jeune », murmura-t-elle en ralentissant pour passer le petit pont. La voiture allait attaquer la montée vers la Maison-Dieu. Le but se rapprochait, bien trop vite au gré de Camille.

« Il n'est pas si jeune que ça. Il a vingt-cinq ans. »

« En tous cas, il est vraiment très beau… »

« On dirait qu'il a frappé votre imagination. Auriez-vous eu le coup de foudre pour lui ? »

Valérie s'était tournée vers elle et la dévisageait d'un air narquois. L'ironie de la voix était si flagrante que Camille eut l'impression d'avoir reçu une gifle. Aussitôt, elle se rebiffa.

« Non, pas du tout, assura-t-elle. Cela m'a simplement sauté aux yeux. N'en déduisez pas pour autant... »

« Allons, allons ! » La main de Valérie s'était de nouveau posée sur son bras. « Inutile de vous énerver. Je vous taquinais. De toutes façons, mieux vaut ne pas vous amouracher de lui. Il est bien trop bizarre pour s'intéresser à une femme. »

« Rassurez-vous. Je ne rêve pas de lui. »

Le mensonge était si flagrant qu'elle se demanda si Valérie n'allait pas éclater de rire. Mais la jeune fille n'avait pas le don de lire dans les pensées et Camille, pour une fois, avait menti sans devenir écarlate.

« Tant mieux. » Valérie s'étira discrètement, avec une grâce féline. « La fille qui le tiendra dans ses bras n'est pas encore née, croyez-moi. »

Elles étaient arrivées en haut de la falaise. Camille s'arrêta devant la porte de la Maison-Dieu. Valérie descendit, récupéra ses paniers. « Merci beaucoup. » Elle referma la portière. « A bientôt peut-être. » Camille avait espéré qu'elle lui proposerait d'entrer un instant. Mais Valérie montait les quelques marches qui conduisaient à la porte et entra sans se retourner. Dépitée, Camille fit demi-tour et reprit le chemin du village. Passant devant le parc, elle se garda bien de tourner la tête. Ne nous soumettons pas à la tentation.

Didier FOND

Didier Fond nous propose un extrait de "La maison-Dieu"Didier Fond nous propose un extrait de "La maison-Dieu"

Publié dans Textes

Partager cet article
Repost0

Les Louves de Silvana Minchella dans le Bibilothécaire

Publié le par christine brunet /aloys

Les Louves de Silvana Minchella dans le Bibilothécaire
Les Louves de Silvana Minchella dans le Bibilothécaire

LES LOUVES /
Silvana MINCHELLA.-
Barry : Chloé des Lys, 2013.- 135 p. ; 21 cm.-
Isbn : 978-2-87459-743-5.- 19,30 €.-


L'auteure :
Silvana Minchella est une auteure belge, d’origine italienne. Elle a publié à ce jour six ouvrages et a participé à deux livres collectifs. Des contes pour enfants, plusieurs recueils de nouvelles, un roman et un livre d’art. Deux nouveaux ouvrages paraîtront fin 2014 et un roman initiatique est prévu pour 2015.
Elle a crée et anime un atelier d’écriture, récit de vie, intitulé « Je déclare la paix en moi ».
Elle anime régulièrement des soirées littéraires à Bruxelles.
Vous la trouverez à la foire du livre belge à Uccle, à la foire du livre de Bruxelles, ainsi qu’à de nombreux événements littéraires.

L'ouvrage :
Qui sont ces louves? Quatre femmes différentes qui ont souffert dans leur chair, dans leur
coeur et dans leur âme. Chacune à leur façon, elles font appel à la louve qui vit en elles afin de refuser le destin qui leur est imposé. Elles se redressent, enlacent la Vie et mènent la danse.
En chaque femme vit une louve, une force sauvage indestructible, qui se manifeste selon le tempérament de chacune. Et tant pis pour les loups qui rôdent sur les bords de leur vie.

Il ne s’agit pas d’un livre féministe, mais d’un hymne à la Femme.
Un livre écrit par une louve, pour les louves.
Mais pas que.
Il plaira aussi aux hommes qui aiment les femmes.

Publié dans avis de blogs

Partager cet article
Repost0

Rachel Colas et Anaïs Valente nous présentent "Histoires de mourir de vivre"

Publié le par christine brunet /aloys

Rachel Colas et Anaïs Valente nous présentent "Histoires de mourir de vivre"

Courte bio Rachel Colas et Anaïs Valente

« Rachel Colas et Anaïs Valente sont deux auteures belges publiées à de nombreuses reprises chez divers éditeurs français. Elles se sont connues via leurs blogs http://www.rachelcolas.be - http://plaisir-d-ecrire.skynetblogs.be/ et http://le-celibat-ne-passera-pas-par-moi.be/.

De leur amitié est né « Histoires à mourir de vivre ». Étonnantes, angoissantes, amusantes ou émoustillantes, leurs histoires ne vous laisseront pas indifférents ! »

Résumé

« Des tourments qui s’apaisent à la mort d’êtres chers, un attaché-case meurtrier, des cauchemars qui prennent vie, un gène qui tue, des fils d’or qui invitent la mort, cinq minutes qui s'octroient le droit de vie... ou pas, un robe de plumes de corbeau qui ravit son créateur, une fenêtre propre qui protège un meurtre, du sexe sans limites avec une célébrité, ou pire, Facebook qui assassine, plus rien ne sera comme avant lorsque vous aurez lu ces histoires !

Car quand l’heure a sonné, tout est dit.

Alors, autant mourir de … vivre. Maintenant ! »

*

DEUX EXTRAITS !

« VIERGE » de Rachel colas -
Pag
e 159

« Un instant de panique : elle se sent toute flétrie. Elle a attendu tellement de temps qu’elle ne se sent plus si fraîche. Rose d’automne. Et s’il ne la désirait pas ?

Trop tard : elle ne peut plus reculer. C’est son tour. Il va surgir comme un diable en boîte. Elle va sursauter : elle le sait. La porte s’ouvrira trop vite, d’un coup brusque. Cela aussi elle le sait.

Elle a peur. Elle est impatiente. Elle va mourir, c’est sûr ! Non pas tout de suite, d’abord, sa nuit de noces. Le reste ne compte pas. Il n’y a que lui. Rien que lui. Et elle. »

*******

« L’éponyme » d’Anaïs Valente -
Pag
e 45.

« Je te dirais bien que les flocons de neige tombent du ciel en même temps que les larmes tombent de mes yeux, mais ça te ferait trop rire. Tu as toujours détesté les mélodrames. En particulier les miens. Alors, on va dire que ce ne sont pas des larmes, que c’est la condensation de mes lunettes propulsée sur mes joues, because l’air co de ce grand hôtel avec vue sur rien. Vue sur rien. Mais pas n’importe quel rien. Ton rien. Alors, un peu le mien. Ça y est, je retombe dans le mélodrame. On va dire que ce ne sont pas des larmes alors. On va dire ça. »

Publié dans présentations

Partager cet article
Repost0

Alexandra Coenraets nous propose "Gaza" 4e et dernière partie

Publié le par christine brunet /aloys

Alexandra Coenraets nous propose "Gaza" 4e et dernière partie

Mercredi 16 juillet 2014.

Deux jours après la tentative de médiation du président Egyptien, Israël s’engage au cessez-le-feu, immédiatement rejeté par le Hamas, s’agissant pour lui d’une reddition. Une trêve de courte durée. Les bombardements reprennent et devant le refus du mouvement palestinien, Israël se dit contraint de les intensifier.

« Folie des hommes », murmure Nethaly.

Jeudi 17 juillet, quatre enfants meurent sous les yeux des journalistes, qui, saisis d’effroi, saisissent également le scoop. Bouillonnants de colère, le sang glacé eux aussi, les internautes du web s’enflamment à nouveau, les commentaires s’écrivent les uns à la suite des autres, inondent les murs virtuels sous des publications relayant l’info.

Le symbole du « mur » est puissant et le constat s'impose toujours plus clairement: les appels envers l'Etat hébreu se heurtent à un mur symbolique, sûr de son bon droit, solidement édifié. On pense au Mur des Lamentations, à Jérusalem, on pense à la Barrière de Séparation, en Cisjordanie, construite pour empêcher que ses habitants ne pénètrent dans les colonies israéliennes.

Aveuglément.

Des voix américaines commencent à se faire entendre pour dénoncer le soutien inconditionnel qu'apportent les Etats-Unis à l'égard d'Israël. Les voix dissidentes se disent sur le ton de l’humour ou de la colère, dans des vidéos qui font le tour du net en moins de deux.

En attendant, une trêve qualifiée d’ « humanitaire » se met en place, pour la forme sans doute, car elle ne trompe personne.

"L'armée israélienne et le mouvement palestinien du Hamas avaient déjà pris la décision d'appliquer une trêve « humanitaire » dans la matinée de jeudi. Cette « fenêtre », prévue pour durer au moins cinq heures, devait avoir pour objectif de permettre aux habitants de se ravitailler, selon l'armée israélienne. Mais trois obus de mortier, tirés de la bande de Gaza, ont frappé le sud d'Israël, faisant voler en éclats le cessez-le-feu. Tsahal a imputé ces attaques au Hamas. Des accusations réfutées par le mouvement palestinien, qui a affirmé que tous les groupes concernés observaient la trêve." (Le Monde.Fr)

Nethaly songe à son cousin, là-bas, à Tel Aviv. Il a dix-neuf ans et refuse de s’engager dans l’armée. Il risque la prison, comme ceux et celles qui n'ont pas l'intention de se plier à l’ordre établi, ne courberont pas l’échine devant les uniformes et fusils. Les parents de Noah désapprouvent son choix. Il y a eu maintes et maintes discussions entre eux, des disputes, des clashes. Mais le jeune homme a campé sur ses positions. Nethaly le soutient. Ils sont en contact fréquent via le net, skype, les mails et Facebook. Noah s’est ouvert à Nethaly lors de ces affrontements familiaux d’une dureté qui lui était inconnue. Les deux cousins ont toujours été proches, Nethaly avait dix ans lorsqu’il est né, elle l’a materné comme un petit frère, elle, l’enfant unique. De ce maternage, jaillit une complicité toujours vivace, et Noah trouve auprès d'elle une oreille bienveillante ouverte à ses confidences, mêlées d'émotions parfois violentes, qu’elle apaise de ses mots, sa présence, son écoute.

Les combats se poursuivent à mesure que l'été avance, Tsahal tuant toujours plus de civils, sous les yeux du monde, bouleversés, indifférents ou complices, c’est selon, et le sommet de l'horreur semble donc atteint à l'instant où des journalistes filment la mort de ces quatre enfants, touchés par les bombes israéliennes sur une plage gazaouite. L’indignation de croître, la toile de prendre feu à nouveau, les opinions de se radicaliser, les manifestations de s'organiser. On relate quelques débordements çà et là, vite sujets à commentaires quant à leur origine, leur finalité, leur dangerosité, quelle qu’elle soit. Lorsque le gouvernement français décide d'interdire la tenue de l’un de ces rassemblements, à la suite d’incidents survenus devant une synagogue parisienne, les protestations se font jour. Les articles, chroniques, et autres points de vue exprimant la colère se multiplient comme des petits pains.

Peu à peu, d’aucuns se plaisent à nommer les responsabilités des deux camps dans l'histoire, s’alarment qu’on puisse prendre parti à l'aveuglette sans se donner la peine d'approfondir la problématique complexe propre à cette région du monde.

On parle de l'importation du conflit en Occident, on la réprouve, on la réfute, on argumente.

Or il y a bien domination incontestable de la part d’un Etat colon : Israël.

Elle lit.

Nethaly s’est ruée vers les livres sur l’Holocauste déjà lus, celui de Primo Levi, et d’autres. Elie Wiesel, Romain Gary. Elle a eu besoin de se replonger dans le passé pour comprendre le présent, du moins l'espère-t-elle; l’absurde actuel l'a submergée d’émotions chaudes et froides, elle s’est glacée d’effroi jusqu’à la limite du supportable, or de cet absurde actuel son atmosphère est imprégnée, malgré son désir soudain d'en ignorer l’odeur et d’en flouter la vision. Il lui faut concevoir les événements et tenter de saisir leur substance dans l’absurde d’autrefois, trouver un lien avec cette communauté qu’elle a du mal à cerner parfois, dont elle se sent éloignée, dont elle désapprouve le radicalisme, souvent. En l’occurrence, ici, c’est l’unique option à sa portée pour appréhender les massacres commis par l’armée d’Israël. Elle a honte. Honte de ce gouvernement, honte et peur d’être assimilée à ces exactions, peur que les antisémites mettent tout le monde dans le même sac, et mettent d'autres rues à sac, étouffent les justes protestations dans l'œuf, dégainent leurs stéréotypes nauséabonds et surannés, déchaînent les passions destructrices.

Certains s’y attelaient déjà depuis belle lurette.

Le temps passe, Nethaly s'oublie dans les livres, ou plutôt, non, elle se découvre au fil des œuvres de ces auteurs dont elle dévore les mots, en quête de sens. Elle ne lève plus guère le nez vers son écran d'ordinateur, excepté dans le cadre de son travail. Ne se perd plus à consulter le flot d'actualité, dont les images défilent à vive allure, trop vive pour elle, s'agglutinent en magma brut de décoffrage, au point de lui serrer la gorge, oppressée d'un dégoût inédit, plus grand qu'elle ne l'aurait cru, trop indigeste. Une nouvelle l'atteint malgé tout, au moment adéquat, par l'entremise de son cousin. Un selfie de Noah envoyé sur son portable, daté du 16 août, 21 heures locales, 22 heures en Belgique. Noah pose en gros plan, la main tendue vers son téléphone, l'oeil vif, déterminé, le sourire sincère et ravageur de sa jeunesse. Derrière lui, on distingue la foule des manifestants se détacher dans le ciel noir de la nuit tombée.

Salut, grande manif à Tel Aviv, pour la reprise des négociations, je t'embrasse !

Dans son appartement, un loft cosy, sixième étage, quartier calme, Nethaly s’informe. Ils sont environ dix mille à défiler pour que les négociations reprennent, et que la trêve ne soit plus trêve, qu'elle se prolonge définitivement, trêve de trêve dont on se borne à augmenter la durée; ils sont environ dix mille israéliens à demander la démission de Benjamin Netanyahou. A signaler l'échec de ses tentatives de résolution du conflit.

Enfin !

Une lueur nouvelle éclaire les yeux de la jeune femme.

Du côté de Bruxelles, le lendemain, on défile aussi, « en soutien au peuple palestinien ». C’est la troisième ou quatrième manifestation du genre. Le cortège de pancartes et drapeaux traverse en surplomb les tunnels de la petite ceinture à peu près à hauteur de la Librairie Filigranes. La rue de la Loi, qui abrite au n°16 le bureau du premier ministre, est une perpendiculaire à l’avenue des Arts. Le périmètre est souvent bouclé, sujet aux - ou sur le trajet des - revendications de la rue. La manifestation se déroule dans le calme, il n’y a pas de débordements. Le fils aîné de Zohra y participe.

Le mois d’août s’achève.

Les journaux annoncent la fin des hostilités, il semble qu’un accord ait été trouvé. L'information est confirmée. Sur le net, des images mortifères, comme celle d’une salle de classe vide, le tableau criblé de balles, intitulée « la rentrée des classes à Gaza », sont suivies d’images plus joyeuses, reflets de la vie qui reprend, tels ces clichés pris au coucher du soleil: des dizaines d’enfants explosent de joie dans les vagues. Comme une délivrance.

L’automne doucement s’annonce, l’enfer a duré près de deux mois. Plus de deux mille morts au compteur.

Le carrousel du monde ne s'est pas arrêté, il tourne à grande vitesse, les médias se délectent de ces tours de manège, et tantôt suivent, tantôt précèdent, déforment et filtrent l’actualité bondissante. Gaza reprend sa place, en toile de fond, éternelle ombre en filigrane, éternelle bombe à retardement dont on craint qu'à tout moment elle n'explose encore. Sur les plages du minuscule territoire occupé, l'alternance des vagues tente de balayer le souvenir des combats. En vain. Subsistent les ruines et le coût des reconstructions.

Et des coûts humains inquantifiables, indélébiles, ancrés dans la chair de ces familles décimées, ancrés dans la terre de cette région dévastée. Il y reste des survivants condamnés à survivre ; peut-être un jour auront-ils la chance de tenter la vie, la vraie, à laquelle ils ont droit, là comme ailleurs. Partout des gens se battent pour une reconnaissance de l’Etat Palestinien.

Septembre 2014. Zohra conduit ses enfants à l'école et reprend les cours de français. Dans la librairie de l’avenue des Arts, c'est le rush, Nethaly s'active autour de la rentrée littéraire.

Alexandra Coenraets

Publié dans Nouvelle

Partager cet article
Repost0

Alexandra Coenraets nous propose "Gaza" 3e partie

Publié le par christine brunet /aloys

Alexandra Coenraets nous propose "Gaza" 3e partie

Vendredi 11 juillet, voilà quatre jours que l’armée israélienne et le Hamas se font face, personne ne veut perdre la face, une frappe sur Gaza toutes les quatre minutes, martèle d’une voix neutre le présentateur du JT. Gaza, le territoire le plus peuplé au monde, bientôt cent morts - oubliés, écrasés, méprisés derrière les statistiques -, les gens se cachent, désertent les rues. Les tirs de roquettes du Hamas sur Israël se poursuivent et se heurtent au Dôme de Fer, son bouclier antimissiles.

Sur les réseaux sociaux, on se tire dessus à boulets rouges, les points de vue se radicalisent, les émotions vives transparaissent de part et d’autre.

L’Union des Progressistes Juifs de Belgique condamne les attaques d’Israël qu’elle accuse de vouloir perpétrer aux fins de maintenir la domination des territoires occupés, plutôt qu'en réaction à l’assassinat des trois adolescents. Simple prétexte leur semble-t-il, que d’invoquer la nécessité de garantir la « sécurité » des Israéliens.

Nethaly rejoint leur avis. Sait que ce n’est pas le cas de son entourage familial, plus conservateur. Peu importe, elle évitera d’en parler avec eux.

Une tribune publiée dans Libération circule sur le net, une tribune écrite par de jeunes Gazaouis, dans laquelle ils crient leur rage, leur désespoir d’être pris en étau, otages des deux camps.

Comment faire le tri parmi les infos ? Il y a risque et pas seulement risque, il y a bel et bien des espaces de désinformation çà et là, de gauche à droite, officiels et officieux. Reste que le nombre de morts augmente à Gaza et qu’Israël n’a pas l’intention de cesser le feu, annonce un communiqué du dimanche 13 juillet ; quant à la fameuse Communauté internationale, elle s’est mise en mode silencieux, toujours d’une prudence désespérément pusillanime.

Bêtement, Nethaly est pour la paix. Prôner la paix, dans ces cas-là, lui semble presqu'idiot en effet. La complexité d'une situation embourbée, enchevêtrée entre présent et passé confère une impression d'utopie au geste symbolique de la poignée de main. La colombe est usée, lassée, fatiguée. Le fameux processus est miné, saboté, jamais abouti, d’une lenteur infinie.

D’autres sont plus pragmatiques et préconisent le boycott.

Refuser de soutenir économie et culture israéliennes.

Les campagnes organisées par l’association BDS - Boycott, Désinvestissement, Sanctions – pour, entre autre, convaincre les citoyens de ne plus acheter les produits originaires d’Israël ont pris une ampleur internationale et obtiennent un réel succès en cet été 2014, surtout auprès des jeunes.

Flashback.

Lundi 26 mai 2014, huit heures du matin. Zohra dépose ses deux enfants devant la petite école communale, près de la place Bockstael, au nord de Bruxelles. Laeken. Pas dans le haut, fief du domaine royal, non, le bas de Laeken. Beaucoup de ses habitants sont issus de l’immigration, selon la formule consacrée.

C’est un quartier populaire et bigarré, au centre duquel s’étend donc une large place, aérée, dominée par l’ancienne maison communale, imposante bâtisse de style néo-classique où siège à présent la Bibliothèque. Tout autour, ça grouille, ça bouillonne, les voitures filent en trombe sur le boulevard, les piétons se hâtent de grimper dans le tram qui rugit, se traîne à faire trembler le sol de tout son poids, lourd véhicule dont le tintement résonne à plusieurs centaines de mètres à la ronde.

Ensuite, Zohra se rendra juste en face, dans l’une des maisons qui jouxtent la place, là où se donnent des cours d’alphabétisation pour femmes. Zohra parle à peine français. Elle vient du Maroc, a suivi son mari. N’a pas terminé ses études primaires.

Elle fait des efforts, mais son français ne progresse guère.

Guère assez à son goût.

Elle aime cette bulle de liberté partagée, un sas d’aération hors de chez elle, une rencontre avec d’autres femmes. Elle, plutôt discrète et timide, parfois s’étonne de prendre part à d’impromptus fous rires.

Spontanés, authentiques, ces éclats de joie agissent comme des essuie-glaces, auto-nettoyants provisoires des lourdeurs et douleurs quotidiennes. Ils font du bien.

Difficile d’éviter de parler ensemble la langue du pays, la langue du Rif, d’où proviennent la plupart d’entre elles. Cette région du Nord-Maroc, peu urbanisée, économiquement pauvre. Cette région dont la population massivement s’échappa pour trouver du travail en Europe, durant la première vague d’immigration, vers les années mille neuf cent soixante. On en fête le cinquantenaire d’ailleurs, et partout s’affiche le slogan « cinquante ans d’immigration marocaine en Belgique ».

La formatrice - toutes sont bénévoles - les rappelle à l’ordre souvent, on essaie de parler français uniquement, elles le savent. Elle est bien, cette jeune femme qui se donne à fond pour leur apprendre les bases de cette langue étrangère si étrange et complexe.

Zohra n’ancre pas.

Elle tente de faire les devoirs reçus en fin de leçon, après s’être occupée des enfants, de la maison, du repas, du mari, une fois toutes ces tâches rondement menées. Il est rare qu’elle puisse y consacrer un moment.

Zohra aime dessiner. Lors d'un cours, elle a dessiné une grande fleur, remplie de couleurs. Une fleur censée la représenter, une fleur perchée sur une montagne pour symboliser ses progrès en français. Chaque femme se représenterait de cette façon. Le groupe n'a pas compris tout de suite le but de la démarche, trop abstraite. Trop abstraits ces mots dans une langue qu’elles maîtrisent à peine. Et puis le dessin a pris sens.

La fleur, c’était elle.

Alors elle s’y est mise de plus belle, l'a dessinée grande et belle, colorée, s’est appliquée. Elle a oublié la montagne, c’est la fleur qui a retenu son attention.

Zorha.

Peau foncée, cheveux noirs, drus, bouclés par endroits. Yeux noirs, intenses, brillants. Un mètre soixante de corps déformé par trois grossesses. Les hanches généreuses qui l'ancrent au sol, les seins amples, les jambes fatiguées.

Chez eux, souvent, la télé est allumée, ils ont le satellite, les chaînes arabes, Al Jazeera. L’attentat au Musée Juif est commenté de toutes parts, ça y est l’Islam encore fustigé, on va reparler du voile sûrement, faire des amalgames, ce Hijab que Zohra porte, parce que c’est ainsi, parce que c’est écrit. Parce que c’est un espace de liberté dans sa communauté, un signe d’appartenance, et parce que c’est important pour elle. Zohra ne représente pas toutes les femmes voilées et ce bout de vêtement se trouve investi d’une pluralité de sens qui se rejoignent ou diffèrent. Ce dont elle est sûre, c'est qu'elle ne l'enlèvera pas.

De là, le propos dérive sur le conflit à Gaza, et la parole ricoche, traverse l’écran, s’invite dans le salon, au café, où les hommes se réunissent.

Tout le monde fustige Israël, tout le monde voudrait qu’enfin les Palestiniens aient leur terre, c’est légitime. Septante ans de domination insupportable, les plus jeunes s'engagent et militent, pas Zohra, en retrait. Zohra est mère de famille, elle s’occupe de ses enfants. Et apprend le français.

Certains sont plus impliqués que d’autres, certains se saisissent de la cause, la manipule, manipule les jeunes, oui. Durant cet été explosif, meurtrier, certains utilisent la colère des manifestants venus apporter leur soutien au peuple palestinien, l’amplifient au centuple et la transforment en violence aux ambitions destructrices. Zohra sait, Zohra n’a pas étudié beaucoup, mais elle observe, intuitive, et se rend compte des choses.

Zohra.

Nethaly.

Deux femmes, deux destinées.

Deux vies reliées sans qu'elles se rencontrent.

Détail cocasse: c'est à Laeken, là où vit Zohra, que le patron de Filigranes effectua son premier job d’étudiant…dans une petite librairie.

Zohra, elle, est bien loin de ça. Pas le temps de lire, pas de temps pour elle, sauf essentiellement lors des cours de français ou d’une balade accompagnée de quelques amies et leurs enfants, le dimanche, au parc, en bas de l’Atomium.

Alexandra Coenraets

Publié dans Nouvelle

Partager cet article
Repost0