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Patrick Beaucamps dans l'Avenir.net

Publié le par christine brunet /aloys

Patrick Beaucamps dans l'Avenir.net

http://www.lavenir.net/article/detail.aspx?articleid=dmf20150301_00609229

Bibliothécaire à Ath, Patrick Beaucamps explore l’écriture à partir du quotidien. Deux ouvrages sortent de presse.

Installé à Blaton depuis quelques années, l’auteur de «Tant d’eau sous le pont » (poèmes) et de «Brasero »(nouvelles) est né à Tournai. La vie l’a emmené sur des sentiers divers. Du métier d’ouvrier imprimeur à celui de cheminot, il a côtoyé pas mal de monde et aujourd’hui, les livres et lecteurs occupent ses journées et le passionnent.

C’est en 2003 qu’il publie son premier opus aux éditions Chloé des Lys. «Le Bruit du Silence » s’inscrit déjà dans une démarche poétique, à la recherche d’instants fugitifs chargés de sens. Aujourd’hui, «Tant d’eau sous le pont » inventorie des pages saisies au vif de l’existence.

Les sanglots d’une passagère, l’ultime sourire d’un vieil homme, la fête foraine, la furtive avancée d’un renard… Des images volées au temps qui passe et ne revient pas, de petites lueurs aperçues par hasard, quelques ombres portées plus loin: la moisson du poète est tonique, émouvante. «L’essentiel doit être dit en peu de mots,confie Patrick

Et la nouvelle ne s’éloigne pas vraiment de cette option. Entre le premier jet et le texte final, il peut y avoir une quinzaine d’étapes. Il s’agit de resserrer, de raboter, de travailler de telle façon que le lecteur ne se sente pas pris par la main. À lui de se tracer un itinéraire, de se débrouiller, de s’approprier l’histoire.

Un récit, c’est une petite part de réalité et énormément de travail tout autour.

Quelqu’un entre dans le bus. Ce qui est vécu en sa présence est personnel, cela se déploie entre les lignes, pour le témoin que je suis. Juste un moment. On a une idée de ce qui s’est passé avant, de ce qui se passera après. »

Il est vrai que les nouvelles de «Brasero » ne disent pas tout. Avec légèreté et gravité à la fois, l’auteur invite chacun à une aventure intérieure, fluide et bienfaisante.

Patrick Beaucamps dans l'Avenir.netPatrick Beaucamps dans l'Avenir.net
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Christian Eychloma a lu "La Bûkiné d'Anna" de Noëlle Fargier

Publié le par christine brunet /aloys

Christian Eychloma a lu "La Bûkiné d'Anna" de Noëlle Fargier

J’ai lu « La Bukinê d’Anna », par Christian Eychloma

Qui ne se souvient du tout début de « Mozart », ce chef-d’œuvre cinématographique où Salieri, au soir de sa vie, procède à une stupéfiante analyse d’une des œuvres du célèbre compositeur : « Sur le papier, ça n’avait l’air de rien. Le début était simple… »

On pourrait à bon droit s’étonner de la comparaison puisqu’il s’agit ici non pas de musique mais de littérature. Telle a pourtant été mon impression première en ouvrant « La Bukinê d’Anna » qui n’a pas immédiatement éveillé ma curiosité. Très vite cependant, au fur et à mesure de ma lecture, je me suis senti submergé par une débauche de sensations visuelles, auditives, olfactives, tactiles, une poétique symphonie de couleurs, d’échos, de senteurs...

La toile de fond se révèle peu à peu. Deux territoires séparés par un cours d’eau, tantôt léthargique, tantôt impétueux, le Douro.

D’un côté, protégée par un mur d’enceinte, la cité d’Hélios où demeure le peuple sédentaire des hommes et des femmes aux cheveux couleur de soleil. Ils ont développé une industrie rudimentaire qui leur permet de bâtir des habitations en dur relativement confortables, les « chibottes ». Ils maîtrisent le tissage, l’usage de la teinture, la poterie, la fabrication de vêtements textiles. Ils sont polythéistes et leurs dieux leur ont imposé des coutumes barbares auxquelles tous les membres de la communauté sont soumis. Ils incarnent le début de la civilisation, avec tout ce que ceci représente en termes de contraintes et d’inhumanité...

De l’autre côté du Douro, au-delà de la redoutable forêt de l’Ombre, au pied d’un volcan assoupi, la tribu du Lac. Ces hommes et ces femmes à la chevelure couleur de nuit sont plutôt nomades, vivent dans de fragiles huttes de bois et sont vêtus de peaux de bêtes. Leur art est relativement sommaire et se limite à la décoration des parois de la grotte où ils se réfugient en cas de forte intempérie. Ils sont monothéistes et extrêmement pacifiques, ont développé des relations sociales harmonieuses qui permettent à tous et à toutes de vivre dans la sérénité. Ils incarnent « l’âge d’or », une époque bénie où la terre appartenait à tout le monde et où personne ne songeait encore à se l’approprier .

Emporté par un texte truffé de symboles, on suit alors l’histoire incertaine de Matobe, aveugle de naissance, fille de Belenda morte en couches, et dont la vie commence dans un monde hostile peuplé d’êtres humains aux rituels impitoyables et régi par des dieux aux humeurs impénétrables.

On fait tout doucement connaissance avec de très nombreux personnages, dont Varna et Inanna, les deux sœurs de Matobe, Bacab, le chef de la tribu, Buluc, homme aigri et mesquin, et beaucoup, beaucoup d’autres… Et la fameuse Anna, me demanderez-vous ?

Anna ? Vous la rencontrerez avec surprise dans les toutes dernières pages de « La Bukinê d’Anna » !

Christian Eychloma

Christian Eychloma a lu "La Bûkiné d'Anna" de Noëlle FargierChristian Eychloma a lu "La Bûkiné d'Anna" de Noëlle FargierChristian Eychloma a lu "La Bûkiné d'Anna" de Noëlle Fargier

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Alexandra Coenraets vous propose un extrait de son roman "Naissance"

Publié le par christine brunet /aloys

Alexandra Coenraets vous propose un extrait de son roman "Naissance"

Laurence croyait s’en être sortie, avoir fait le deuil de cette enfance terrible et damnée ; or, un homme ne cessait de l’y confronter jour après jour, rendant la plus mince possibilité de fuite vaine et inutile.

Finalement, tous deux étaient mis face à des craintes très similaires.

Elle lisait dans le bleu clair de ses yeux, troublait le halo mystérieux dont il s’entourait, et en faisait transparaître la vérité intérieure. Ni l’un ni l’autre n’étaient prêts à mettre en contact leurs deux vérités. Ils devaient apprendre auparavant à gérer les profondeurs de leurs âmes respectives, empêcher que le flot de leurs émotions ne les submerge et les entraîne hors de raison, comme cela avait été le cas jusqu’à présent.

Si les sentiments tirent leur extrême beauté d’échapper à l’emprise du rationnel lorsqu’ils sont à leur paroxysme, il est utile de savoir que l’analyse logique et l’observation des faits peuvent aussi débloquer une situation embourbée dans la douleur.

Eloignés physiquement l’un de l’autre, ils allaient pouvoir donner libre cours à leur intuition, s’offrir le luxe de mener leur vie telle qu’ils l’entendaient et déployer leurs ailes dans leur totalité.

Allaient-ils se retrouver par après ?

Pour l’instant, ce n’était pas la question.

C’est sûr, Laurence se serait perdue dans la relation. Elle en était convaincue.

Déjà, parfois, elle se perdait dans le monde extérieur. La faute à l’inceste.

Merde !, s’entendit-elle crier.

©Alexandra Coenraets - 2013

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Le Pays Noir, un texte de Carine-Laure Desguin sur le dernier album de Ernest H, Le blues du Pays Noir

Publié le par christine brunet /aloys

 Le Pays Noir, un texte de Carine-Laure Desguin sur le dernier album de Ernest H, Le blues du Pays Noir

— Ça swingue pas mal dans ton actu ! N’est-ce pas, Carine-Laure ? Tu nous expliques comment un de tes textes se retrouve sur le dernier CD d’Ernest H. ?

— Vous ne connaissez pas Ernest H. ?

— Heps, c’est nous qui posons les questions chère amie, et pas toi ! Ernest H. ? Non, nous ne connaissions pas !

— Ernest Hembersin ? Vous ne connaissez pas Ernest Hembersin ?

— Le leader du groupe Ablaze ! Un groupe très connu dans la région et qui a presté sur de grandes scènes parisiennes voici quelques années. Oui, tout le monde connaît Ernest Hembersin !

— Ernest Hembersin et moi, nous nous connaissons depuis quelques années. Sur son album Cabaret-Vert http://carinelauredesguin.over-blog.com/article-82-dans-les-rues-de-charleroi-devient-cabaret-vert-116334341.html,

il avait déjà mis en musique un de mes textes. Et c’est toujours un moment d’émotion pour un auteur lorsqu’il entend son texte chanté sur scène…

Mais voici Ernest Hembersin en interview, il dit tout de lui, c’était en avril 2013 :

https://www.youtube.com/watch?v=TuTwIrIRX3M&feature=em-uploademail

— Tu tritures le dernier album entre tes mains, Carine-Laure. Mais dis-nous plutôt comment nous pouvons nous le procurer. Où, quand, comment ? Combien de morceaux et quels sont les auteurs des textes ?

— L’album s’appelle Le blues du Pays Noir et comprend 14 morceaux. Toutes des chansons de qualité ! Je suis gâtée. Sur mon texte Le Pays Noir, Ernest H a composé un blues.

Intéressé par cet album ? Contactez Ernest H. !

ernesthambersin@brutele.be (aussi par mp FB)

— Tu as d’autres news pour les prochains mois, Carine-Laure ?

— Oui ! En mars, quelques uns de mes textes surréalistes seront déclamés par les élèves de l’Académie de Marchienne-au-Pont. Ce sera un spectacle tout entier consacré au surréalisme. J’en reparle bientôt. En avril, une expo de textes, des textes inspirés par les dessins de Nina Vanhaverbeeke. Nina expose ses dessins et moi mes textes, un beau duo. Et en mai, Rue Baraka version langue vivante….Toutes les infos bientôt !

carinelauredesguin@gmail.com

 Le Pays Noir, un texte de Carine-Laure Desguin sur le dernier album de Ernest H, Le blues du Pays Noir Le Pays Noir, un texte de Carine-Laure Desguin sur le dernier album de Ernest H, Le blues du Pays Noir Le Pays Noir, un texte de Carine-Laure Desguin sur le dernier album de Ernest H, Le blues du Pays Noir

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"Je suis la douceur du temps", un poème signé Sébastien Quagebeur

Publié le par christine brunet /aloys

"Je suis la douceur du temps", un poème signé Sébastien Quagebeur

Je suis la douceur du temps…

Je suis la douceur du temps qui s’écoule.

Je suis ce sable dans le sablier.

Je suis le sablier qu’on retourne.

Je suis la douceur du temps.

L’éclaircie dans vos cœurs,

Les sourires d’un étranger,

Les lumières dans la nuit,

Je suis la douceur du temps.

Publié dans Poésie

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Christine Brunet a lu "La fille à la Mercedes" de Laurent Dumortier

Publié le par christine brunet /aloys

Christine Brunet a lu "La fille à la Mercedes" de Laurent Dumortier

La fille à la Mercedes, un titre qui m'a interpellée. On dirait un titre de chanson, vous ne trouvez pas? C'est cela, sûrement, qui a titillé ma curiosité. 

 
Un petit format, une belle photo en couverture et deux noms pour ce recueil : Laurent Dumortier et Geoffrey Baele; le premier est l'auteur des vers qui égrainent le livre, le second est le photographe qui propose au lecteur les clichés qui le ponctuent.
 
La fille à la Mercedes est un recueil de poésies... Mais pas seulement : il s'agit avant tout d'un voyage, un voyage physique le long de l'Escaut, un voyage au fil des mots et des sonorités aussi, au fil des rythmes qui coulent comme le destin de son héroïne. C'est un curieux mélange de poésie,- qui par moment s'apparente à un chant lancinant avec ses leitmotivs -, et de courtes phrases de prose qui amènent le genre sur un terrain atypique, celui du récit.
 
Les auteurs nous racontent la rencontre de deux destinées brisées.
 
La fille à la Mercedes, c'est le trajet psychologique et physique de cette femme, fil récurrent et sombre. Le poète en dévoile les méandres tumultueux, les soubresauts vécus dans un paysage paisible et languissant souligné par les clichés en couleur de G. Baele. Curieux paradoxe qui participe, sans doute, au voyage. Tandis que les photos ancrent l'impression, promènent agréablement, en couleur, le lecteur, les mots le trimbablent, en noir et blanc, sans ménagement. 
 
Vite lus, les vers et les sonorités persistent, l'ambiance générale accable. L'univers de Laurent Dumortier n'est jamais gaie et le dénouement du recueil ne l'est pas plus... abrupt et définitif.
 
Un voyage à découvrir ! C'est surprenant mais c'est "bluffant" : rarement de la poésie est parvenue à m'amener ailleurs !
 
Christine Brunet
www.christine-brunet.com
Christine Brunet a lu "La fille à la Mercedes" de Laurent DumortierChristine Brunet a lu "La fille à la Mercedes" de Laurent Dumortier

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SacréS "Charlie", un texte de Marie-Noëlle Fargier

Publié le par christine brunet /aloys

SacréS "Charlie", un texte de Marie-Noëlle Fargier

SacréS « Charlie »

Comme la plupart d'entre nous ou même comme tout le monde (dans le large sens du terme), je pense que Charlie a fait un sacré chamboulement.

Tiens, tiens « Charlie »... « sacré » ça me renvoie à un certain Charlemagne, on peut penser aussi à « Charlie Chaplin », d'ailleurs je crois que ce dernier rapprochement lui plairait bien à « Hebdo » car comme lui, il adoptait un langage universel si je puis dire, eh oui « la caricature gestuelle » :) Bel outil pour crier, dénoncer les injustices par ce qu'il y a de meilleur chez l'homme : le rire. Charlie Chaplin a été un des premiers comédiens à être connu internationalement, bon c'est vrai la célébrité maintenant mondiale de Charlie Hebdo l'a largement dépassé mais « le dictateur » n'est pas mort sur scène. Quant à Charlemagne, je crois me souvenir qu'il était « père de l'Europe, « papa de l'école » et d'une certaine politique religieuse....Ah ces sacrés Charlie !

Savez-vous que Charlemagne et Charlie Chaplin sont nés tous les deux en avril !!! Mais qu'est-ce que je raconte ? aucun intérêt...Quoique si on se réfère à l'astrologie, au destin qui n'en est pas un ou qui en est un (je sais plus), au joueur de flûte, à un dieu, ou à plusieurs... eh bien ça peut être important !

D'ailleurs en parlant de plusieurs dieux, je me dis que finalement ils n'étaient pas si cons ces égyptiens, chacun avait son dieu en cas besoin. Je m'explique. Par exemple, une femme ne pouvait pas avoir d'enfant, ben tac, elle s'adressait à Hathor, déesse de la fertilité, un paysan manquait d'eau dans son champ, ben tac, il s'adressait à Tefnout, déesse de l'eau, un autre exemple : un homme était malade, ben tac, il s'adressait à Itzamna, ah non je me trompe c'est Imhotep, Itzamna est dans la mythologie maya. Mon dieu que c'est compliqué ! Tellement de noms de dieux dans toutes ces mythologies... mais par contre je remarque qu'ils avaient tous les mêmes fonctions ! En résumé, adoucir la vie des gens...

Bon c'est vrai, il y avait les sacrifices des animaux et des humains, mais finalement je me demande si ça a bien changé, n'est-ce pas les loups ? N'est-ce pas Charlie ? On est toujours dans la même galère avec tous ces dieux différents même avec le regroupement, je veux dire un nom comme « monothéisme » qui ne comporte pourtant que trois groupes ! Ça devrait être moins compliqué mais pourquoi faire simple ? Eh oui, le problème est que chaque « groupe » pense qu'il possède le meilleur dieu....

Savez-vous que dieu en latin se dit « Deus » rappel de « Zeus » (avec la majuscule) qui signifie le soleil. Du coup, je me pose une question : sur terre y aurait-il plusieurs soleils.... ? Merci de m'éclairer car il y a beaucoup de lourds nuages aujourd'hui, d'autant plus lourds qu'ils me paraissent très ancrés dans le ciel...

Marie-Noëlle FARGIER

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Christine Brunet a lu "Notoriété publique " de Sylva Miura

Publié le par christine brunet /aloys

Christine Brunet a lu "Notoriété publique " de Sylva Miura

Je is rarement des romans policiers sans doute parce que je m'attends à un rythmr, une atmosphère, une écriture. Pourtant, le genre m'interpelle, bien sûr, et la curiosité me pousse, de temps à autre, à ouvrir l'un d'eux. Parfois j'adore, parfois, je déteste.

Ce roman avait titillé ma curiosité. Vous dire pourquoi, ça... Je n'en sais rien. Pas la couverture. Alors, l'histoire ?

Non, je me souviens ! La 4e de couverture et la description d'un commissaire atypique dans un environnement que je connais bien, Aix-en-Provence et ses environs.

L'enquête se déroule dans un village de l'arrière-pays. Le notaile local est retrouvé noyé. Un crime. Mais qui l'a tué ?

Là, les coupables affluent sans doute à cause de la personnalité de la victime : un sournois, un malveillant, un profiteur sans aucune conscience.

On suit donc l'enquête du Commissaire Corte et du juge d'instruction dans une ambiance désuète même si l'action semble se dérouler de nos jours, dans un défilement lent et méthodique au coeur d'un huis-clos que le lecteur croit brisé lorsque un tueur mafieu cubain s'invite dans la danse.

Voilà un auteur qui offre un polar mené avec ténacité par un policier jusqu'au boutiste... Une enquête qui se lit vite portée par un style fluide.

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

Christine Brunet a lu "Notoriété publique " de Sylva Miura
Christine Brunet a lu "Notoriété publique " de Sylva Miura

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Claude E. se présente et présente "Vastes peines"

Publié le par christine brunet /aloys

Claude E. se présente et présente "Vastes peines"

Qui est Claude E. ?

Niçois à l’origine, je suis installé au Canada depuis une quarantaine d’années.

J’enseigne le droit à l’université d’Ottawa.

J’écris depuis l’âge de douze ans. À l’époque, j’ai été alité plusieurs mois en raison

d’une maladie. C’est à ce moment là que j’ai découvert le plaisir d’écrire. À l`époque, j’ai rédigé

le manuscrit d’un roman de science- fiction. Depuis, je ne me suis jamais arrêté d’écrire,

encouragé au départ par mon parrain, Jacques Prévert. Je l’ai bien connu dès mon plus jeune

âge. Il m’a beaucoup influencé, m’a fait découvrir des livres ( pas seulement les siens; il aimait

les romans fantastiques de Lovecraft entre autres ). Il était très impressionné quand , en 1974,

mon mémoire de maîtrise a été publié par Pédone.

Jusqu’à récemment, occupé à construire ma carrière de professeur, j’ai surtout écrit des textes juridiques dans le cadre de mes activités professionnelles. J’ai publié plusieurs livres de droit et de nombreux articles de revue. Toutefois, à temps perdu, j’ai aussi composé des poèmes, des pensées, un scénario de bande dessinée, des manuscrits de romans dont celui qui allait devenir " Les filles du vrai Nord aiment le Sud ", publié en 2012 par Chloé des Lys. Depuis, j’ai écrit sept nouvelles. Elles ont été publiées en 2014 sous forme de recueil, également par Chloé des Lys, sous le titre‟ Vastes Peines″. Certains de mes textes laissent transparaître ma formation juridique de même que ma profession : ainsi, dans " Les filles du Nord aiment le Sud " le personnage principal est un professeur. Dans ‟ Vastes Peines ″, les nouvelles intitulées ‟ Belle fleur ″ et ‟ Une âme à la mer ″ font allusion au droit des conflits armés, sujet que j’enseigne.

Vastes peines Quelques extraits...

Le prisonnier français

Alors qu’il se recueille sur la tombe de ses parents dans un cimetière en France, le narrateur assiste par hasard à un enterrement bâclé. Il va apprendre que c’est celui d’un ancien prisonnier de guerre français interné en Allemagne pendant la seconde guerre mondiale. Par amour, il a refusé d’être rapatrié à la fin du conflit; un choix lourd de conséquences.

Belle fleur

Lors d’un séjour professionnel sur la riviera italienne, Martin, professeur à l’université de Montréal, s’éprend d’une femme insolite et fragile qui vit un secret.

Dieu est absent

Le titre de cette nouvelle fait écho à une phrase inscrite dans une mystérieuse lettre qui depuis la deuxième guerre mondiale ne quitte pas George. Défiguré au cours du conflit, ce dernier cherche à reconstruire sa vie.

Ses années Jean-Pierre

Le narrateur cherche à récupérer les lettres qu’un écrivain français avait écrites à sa mère du temps de leur idylle et qui auraient pu être dérobées par un ami.

Une âme à la mer

Le naufrage d’un navire-hôpital allemand coulé par l’aviation anglaise pendant la seconde guerre mondiale hante cette histoire qui mêle des personnages d’hier et d’aujourd’hui.

Soledad

L’amour fou mais déçu que Lambert éprouve pour Soledad, danseuse au Secret, le conduira à vouloir détruire la jeune femme.

Les mariages de Beth

Pendant la Grande Guerre, deux soldats, l’un français, l’autre anglais se rencontrent dans une fondrière. Ils découvrent qu’ils ont été mariés à la même femme et que chacun a fait annuler son mariage. Cette découverte en fera des ennemis.

Publié dans présentations

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La malle, une nouvelle de Micheline Boland

Publié le par christine brunet /aloys

La malle, une nouvelle de Micheline Boland

LA MALLE

Dring…

On sonne chez les Vandebrol. Et quand on sonne, cela déclenche une véritable tornade orchestrée par Clémence, la maîtresse de maison. Clémence a placé une grande malle dans le living. Cette malle, Martin, son époux, l'a peinte avec un joli paysage représentant un parc fleuri sous un ciel lumineux. Dans cette belle malle, on fourre tout ce qui contrecarre l'ordre du living, du bureau et du hall.

Les enfants et le père ont appris à faire de même à l'occasion. Un voisin vient emprunter un outil ou un livre ? Hop, on lance dans la malle ce qui pourrait ternir l'image de la famille ! Un copain des gosses arrive sans crier gare ? Hop, les objets indésirables se retrouvent dans la malle!

Lorsque le couvercle de la malle ne se ferme plus qu'à grand-peine, on renverse le contenu, on inspecte, on jette et on trie jusqu'à la prochaine fois.

Ce jour-là, un beau jour de juin, ensoleillé et doux, Mamy passe faire un petit coucou. Une visite à l'improviste. Jamais, elle ne vient les mains vides, Mamy. Aujourd'hui, ce ne sont pas des galettes mais des salades à repiquer qu'elle a mis dans son grand cabas… Mamy sonne à la porte. Clémence place dans la malle ce qui nuit à l'ordre du living. Elle se presse… Hélas, cela prend beaucoup de temps et Mamy s'impatiente ! Elle contourne la maison et n'en croit pas ses yeux. Par la fenêtre du living, elle voit sa bru occupée à ranger à sa façon.

Mamy s'étrangle presque de découvrir le pot aux roses : "Oh ! godferdom, qué novèle !"

Elle revient devant la porte d'entrée qui s'ouvre. Sa bru, qui est toute pimpante, l'accueille comme à l'ordinaire : "Oh ! merci, Mamy. Vous êtes super. Un petit café avec un chocolat à l'orange, Mamy ? Ou un thé et des cookies ? "

Pendant que Clémence va chercher le café, Mamy se demande ce que deviennent tous ces objets entassés dans le joli coffre : "Quand je pense que Papy et moi nous imaginions que c'était là que se trouvait la réserve d'apéritifs et de vins ! "

Une drôle d'idée traverse alors l'esprit de Mamy. Elle ouvre son cabas et en retire un porte-clefs représentant un petit personnage bizarre affublé d'un long nez, de longs cheveux. Lors de son récent voyage en Suède, elle en a acheté dix qu'elle a offerts à ses enfants et à ses amis, il lui en reste encore deux. "Clémence va sûrement y perdre la tête : se retrouver avec deux trolls, ne pas savoir ce qui s'est passé, cela la perturbera. Pour une personne soi-disant ordonnée, un beau challenge ! " Mamy rit sous cape en plaçant le porte-clefs dans le grand coffre. Ni vu, ni connu…

"Bon amusement, petit troll ! "

Ouf, tout juste. Clémence rentre avec le café et le chocolat à l'orange !

Mamy bavarde avec Clémence et patati et patata. Entre femmes, de quoi peut-on parler ? De la mode, des enfants, des gens de la famille, des relations, des systèmes D.

À son retour, Martin repique les salades de Mamy. Quand Martin a fini, il s'affale dans un fauteuil et abandonne le porte-clefs suédois de Mamy avec la clef de l'abri de jardin sur la table du salon.

"Allez, tant pis ! Une peluche, un crayon, un vieux magazine, une boîte de bonbons vide, la clef de l'abri…" Clémence commence bien sa journée ! Elle doit faire vite car ce matin, elle va chez le coiffeur.

Il est dix-sept heures, les enfants qui ont joué un peu avant de faire leurs devoirs ont déjà fait du living un capharnaüm. Clémence range… Sitôt le couvercle de la malle entrouvert : des cris, des rires, des exclamations, un vrai tintamarre.

"Ce que je suis content de t'avoir retrouvé. Il y a du boulot ici… Demain, on s'y mettra. Jamais vu ça de ma vie ! Quel bazar quand même ! "

Clémence pense d'abord au lecteur MP3 de Martin qui se retrouve souvent dans le coffre. Ah cette idée de Martin d'enregistrer tout et n'importe quoi, une habitude de journaliste amateur ! Pas le temps de s'occuper de ces bêtises, il faut préparer le repas et repasser le linge.

Le lendemain matin, la maison est impeccablement rangée. Dans la bibliothèque, les livres ont été triés et placés par genre. Dans le vaisselier, toute la porcelaine a pris un ordre nouveau. Le service à café de Tante Lucie est clairement séparé du service à déjeuner. Et en plus, tout est propre et net. Les vitres sont impeccables, les tapis ont retrouvé leur gonflant… Pour être inattendu, c'est inattendu. Même le père Noël ne ferait pas cela ! Clémence est curieuse de jeter un coup d'œil dans le coffre. Ordre ou chaos ? Désordre ou harmonie ?

Il ne reste que deux revues sur la table. L'une ouverte au programme télévisé du jour et l'autre aux conseils de jardinage. Qu'importe ! Clémence les laisse où elles se trouvent et s'apprête à ouvrir le coffre au plus vite. Là, elle va de surprise en surprise. Sa stupéfaction est totale ! Le coffre est vide, enfin pas tout à fait vide, deux petits trolls y dorment côte à côte sur un foulard en soie blanche. Oui, ils dorment, Clémence les voit respirer doucement et quand elle passe l'index au-dessus de leur tête, elle sent un souffle tiède. Ils sont main dans la main. On dirait presque deux amoureux. La petite voix intérieure de Clémence lui a conseillé de remercier, de fermer doucement le couvercle et de s'en aller sur la pointe des pieds.

Depuis ce jour-là, chacun chez les Vandebrol a conservé ses habitudes mais Clémence a tacitement confié sa maison aux bons soins des deux trolls. Au fond de la malle, elle a juste remplacé le foulard en soie par un plaid en laine. Elle n'a plus demandé à Martin de vider le coffre. Elle n'a parlé de cela à personne sauf à moi qui suis sa voisine préférée.

(Conte finaliste à Surice en 2012)

(Extrait de "Contes en stock")

Micheline Boland

micheline-ecrit.blogspot.com

Publié dans Nouvelle

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