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Christine Brunet a lu "Promotion Jolivet" de Rolande Michel

Publié le par christine brunet /aloys

Christine Brunet a lu "Promotion Jolivet" de Rolande Michel
Un nouveau titre signé Rolande Michel, ça ne se rate pas... Et si, en plus, il s'agit d'une pièce de théâtre, alors !
Je suis fan de théâtre, tous les genres ont la côte de Molière à Claudel, de Corneille à Musset, d'Hugo à Tchekhov, de Racine à Feydeau, tous ont su me distraire, m'amuser ou m'émouvoir. Pour moi, le théâtre, c'est la vie, le rythme, l'émotion sans le superflu des mots descriptifs.
Alors, quel plaisir de découvrir "Promotion canapé"... euh, pardon, "Promotion Jolivet" ! Deux actes seulement, presqu'un huis-clos pour quelques personnages "pas piqués de hannetons" diraient certains... des héros carricaturaux, un peu à la Feydeau... à la Molière.
Le titre vous donne la trame de la pièce : je vous laisse en découvrir tous les rebondissements. Et des rebondissements, des retournements de situations, il y en a ! portés par une plume alerte et acérée qui sait jouer sur les contrastes et les situations.
On est là en pleine comédie et je dois avouer que quelques rires sonores ont ponctué ma lecture.
Bravo Rolande, j'ai vraiment apprécié ce moment de détente et cette autre facette de ton écriture

Christine brunet

www.christine-brunet.com

Christine Brunet a lu "Promotion Jolivet" de Rolande MichelChristine Brunet a lu "Promotion Jolivet" de Rolande MichelChristine Brunet a lu "Promotion Jolivet" de Rolande Michel

Publié dans Fiche de lecture

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Marie-Noëlle Fargier a lu "La douceur du temps" de Sébastien Quagebeur

Publié le par christine brunet /aloys

Marie-Noëlle Fargier a lu "La douceur du temps" de Sébastien Quagebeur

Je reçois le recueil de poésies "La douceur du temps" de Sébastien Quagebeur. La couverture m'interpelle déjà, noir et blanc, de grandes mains posées sur un immense échiquier, des mains qui appartiennent à un regard lointain. En arrière plan "la douceur du temps" qui se noie dans les arbres où le soleil joue puis je remarque un objet : une montre.

J'ouvre le livre, le feuillète comme je le fais habituellement avant de m'y plonger : l'encre est avare, le blanc prédomine sur presque toutes les pages. Je pique quelques mots au hasard (ils me plaisent) dans ce blanc léger, si léger que je reprends la première page, le premier mot. Ces premiers mots, baignés de senteurs bien choisies, me renvoient déjà à ce qu'il y a de plus ancré en nous, notre mémoire.

Puis, chaque sens se réveille dans une communion parfaite avec le vent, l'eau...

"Ombre du vent Souffle sur l'herbe Et caresse l'eau de tes ailes d'espoir"

jusqu'à "devenir" l'arbre, le sable dans le sablier... en se fondant dans chaque élément et... Etre le temps, l'espace, dans un concert de liberté.

"Je suis cette racine qui se tourne vers l'avenir Je sens les moindres méandres Je me déploie au grand soleil et d'ici à la pluie lune Je suis l'immensité"

L'encre de Sébastien Quagebeur n'a pas besoin de noircir la page, elle laisse la place à l'autre. Elle est si fine, si subtile, elle invite, elle ouvre des portes, et offre à chaque lecteur la liberté d'en choisir la clé dans ce long et sublime recueil "la douceur du temps".

Marie-Noëlle Fargier

La Bûkiné d'Anna

Marie-Noëlle Fargier a lu "La douceur du temps" de Sébastien Quagebeur

Publié dans Fiche de lecture

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Goûts de souris, une texte signé Micheline Boland

Publié le par christine brunet /aloys

Goûts de souris, une texte signé Micheline Boland

GOÛTS DE SOURIS

Du fromage. Encore du fromage. Elle n'a que faire de ce fromage.

Voici quelques jours, elle a dégusté un pur délice, une petite chose brune, fondant dans la bouche, à la saveur douce et persistante, une chose dont les délicats arômes restent imprégnés en soi des minutes et des minutes.

On l'a bien critiquée pour s'être livrée à cette gourmandise, mais elle s'en fiche. "Ton museau est tout brun. Tu as même sali tes moustaches. Et tes poils." Les critiques ont peu de poids face au plaisir.

Maintenant, qu'elle a connu l'étincelle, qu'elle a approché ce que peut être un aliment de choix, elle cherche à le savourer le plus souvent possible. Tout le jour elle trottine à sa recherche. Elle a appris que le brun pouvait être clair ou presque noir. Elle a appris que la chose pouvait être solide ou molle selon la température régnante. Elle est à l'affût d'une certaine odeur. Elle se sent différente de ses sœurs, de ses frères. Eux, ils n'ont pas connu le paradis. Eux, ils se contentent encore de graines, de mies de pain, voire de papier. Eux, ce sont des rustres, des êtres vulgaires.

L'enfant l'a vue en train de lécher le morceau de chocolat, puis le grignoter doucement. L'enfant l'a trouvée si sympathique. "Maman, viens voir, une souris dans la remise. Elle mange le carré de chocolat que j'ai laissé tomber en rangeant mon vélo. Oh qu'elle est mignonne. C'est mieux qu'un cochon d'Inde !"

L'enfant va dans sa poche, il en sort ce qui reste de la plaquette de chocolat qu'il avait entamée, il coupe un morceau, il le tend à la souris. Elle ne se méfie pas. Elle s'approche. Elle hume. Elle se rapproche davantage de la main tendue. Puis, elle déguste patiemment. Moment de bonheur pour l'enfant et la souris.

Pour un petit bout de chocolat, la souris accepte de bon gré les caresses de l'enfant, ses mots doux.

Pour un petit bout de chocolat, elle troque ensuite sa liberté contre une cage propre mais exiguë. Pour elle, une cage, avec, de temps à autre, du chocolat, n'est-elle pas préférable à une souricière garnie de fromage ?

(Extrait de "Contes à travers les saisons")

Micheline Boland

micheline-ecrit.blogspot.com

Publié dans Nouvelle

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Laurent Dumortier présente "La fille à la Mercedes"

Publié le par christine brunet /aloys

Laurent Dumortier présente "La fille à la Mercedes"

BIOGRAPHIE

L’auteur, membre de l’Association Royale des Ecrivains Wallons, a déjà publié plusieurs romans, recueils de nouvelles, ainsi que recueils de poésie. Il collabore en outre à diverses revues et forums littéraires. Plusieurs revues littéraires internationales ont en outre publié plusieurs de ses nouvelles...

Petite présentation du recueil :

C'est de la poésie, mais pas seulement : c'est également une espèce de road-movie se déroulant à Tournai. La trame : une jeune fille désirant fuir son pays, vole une Mercedes et finit par échouer à Tournai, une ancienne cité médiévale et l'une des plus anciennes de Belgique. C'est là que son histoire va s'achever sur une fin tragique.

Extrait

Près du fort rouge,

Elle croit encore

A la force du destin

Mais ça n'est qu'un mirage, une illusion

Près du fort rouge,

Elle espère

Rester pour mieux repartir

Publié dans présentations

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Bertrand Maindiaux se présente et présente son roman "Les chemins oubliés"

Publié le par christine brunet /aloys

Bertrand Maindiaux se présente et présente son roman "Les chemins oubliés"

Bertrand Maindiaux est un auteur belge né en France en 1966.

Après une scolarité générale au collège Saint-Vincent de Soignies, il s’oriente vers une carrière militaire.

En 2002, sollicitant un congé d’une année, il occupe le poste de directeur du département accueil des demandeurs d’asile à la Croix-Rouge de Belgique.

Depuis 2008, le commandant Bertrand Maindiaux est en poste à l’état-major du Corps européen à Strasbourg.

Son épouse et lui sont les heureux parents d’une famille recomposée et métissée de cinq enfants.

Ses nombreux déplacements personnels et professionnels lui permettent de voyager, parfois pour de longues périodes, sur des théâtres perturbés par des conflits ou frappés par des catastrophes naturelles. La Bosnie-Herzégovine, le Mozambique, la République Démocratique du Congo, Madagascar et l’Afghanistan, entre autres.

Conscient de la chance qu'il a de parcourir le monde et de s’enrichir davantage à chaque voyage, il vous fait partager ces expériences à travers des récits dans lesquels s'entrecroisent réalité et fiction.

Ses récits sont aussi sa manière de défendre des valeurs qui lui sont chères : la diversité, le multiculturalisme, la différence, la tolérance.

Son premier roman « Les chemins oubliés » retrace l’installation et le travail d’une mission humanitaire en Bosnie-Herzégovine début 1996.

D’autres romans sont d’ores et déjà en cours d’écriture

Depuis 2013, Bertrand Maindiaux est membre de la société des écrivains d’Alsace, de Lorraine et du Territoire de Belfort (SEALB).

RESUME

Le premier roman de Bertrand Maindiaux retrace l’installation et le travail d’une mission humanitaire en Bosnie début 1996. L’auteur prend inspiration en se fondant sur un vécu dont il entrecroise les fils pour tresser sa version romancée.

« En janvier 1996, dans l’immédiat après-guerre des Balkans, François Weber, nouvellement promu au sein de son ONG, est envoyé en mission humanitaire en Bosnie Herzégovine. Au sein d’une équipe internationale et multidisciplinaire, il va y découvrir tout ce que la guerre peut charrier comme douleur, malheur et misère mais aussi ce qu’elle peut générer comme réactions de survie. »

Un petit extrait ?

On ne pouvait entrer dans Sarajevo sans garder, à jamais gravée dans le souvenir, la vue des premiers quartiers, non loin de l’aéroport. Un rouleau compresseur avait littéralement écrasé cette ville ! Partout des traces d’éclats de balles, et d’obus, des routes endommagées, des blindés détruits et abandonnés sur le lieu de leur destruction, des véhicules criblés de balles, des trams à l’arrêt que des explosions avaient figés sur les rails, des pans de maisons éventrées, rendues inhabitables mais pourtant occupées, des immeubles à moitié effondrés, ravagés par le feu, avec des plastiques bleus ‘ONU’ tendus vaille que vaille pour remplacer les vitres, et qui, par endroits, tamisaient de vacillants faisceaux d’une chétive lumière provenant de bougies, la plupart des quartiers étant encore à cette époque dépourvus d’électricité, d’eau, de gaz … bref, la désolation à l’état brut… et toujours cette lancinante question : comment est-il possible d’en arriver là ?

Quelques minutes plus tard, non loin de l’ancienne bibliothèque nationale, le convoi fit halte dans la cour intérieure d’une ancienne bâtisse carrée dont le mur de façade semblait crépi de centaines, de milliers, de millions de balles et autres éclats. La lourde porte en bois, réparée et protégée par des tôles d’acier sur lesquelles se trouvait cloué un drapeau du HCR, se referma sur le dernier véhicule, celui de SI-Belgique.

François regarda sa montre : 19 heures 45. Il poussa un grand « ouf » de soulagement ! Ils étaient arrivés. Entiers, heureux, mais surtout, épuisés !

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Le pot de terre, une nouvelle signée Louis Delville

Publié le par christine brunet /aloys

Le pot de terre, une nouvelle signée Louis Delville

LE POT DE TERRE

"J'ai gagné !"

Je n'en crois pas mes oreilles quand j'entends ces mots ! Lui le petit, lui le faible, il a gagné ? C'est qu'un pot de terre est rarement gagnant !

"Allez, raconte-moi…"

"Eh bien voilà… Tu sais que j'ai été fabriqué par Jérémie, un vieil artisan africain. Il faut dire que la terre glaise de son pays est bonne pour nous, les pots de terre et que Jérémie s'y connaît comme pas un pour fabriquer des pots solides. En plus, il les décore de mille et un motifs. Nous sommes donc beaux et, comme toutes les belles choses, on nous chouchoute, cela nous garantit une longue vie."

Il continue : "En Afrique, nous sommes soumis à bien des aléas. Si la chaleur ne nous fait pas peur, sauf quand Jérémie nous fait cuire, nos ennemis sont les cailloux de la rivière qui nous menacent chaque fois que quelqu'un vient puiser de l'eau en nous utilisant. Les animaux aussi font peu attention à nous, les pots. Quel chien peut se vanter de n'en avoir jamais cassé un ou, suprême insulte, de n'avoir jamais levé la patte sur l'un d'entre nous ?"

Il est intarissable le pot de terre : "Moi, j'ai eu de la chance. Je suis arrivé chez Caroline par la grâce d'un voyage de vacances. Dès qu'elle m'a vu, elle m'a voulu, elle m'a payé à Jérémie et me voilà en Belgique, un pays de cocagne pour les pots ! Dès mon arrivée chez elle, j'ai été chouchouté, nettoyé, dépoussiéré et mis dans une vitrine. Une vraie vie de star !"

"De temps en temps, on ouvrait la vitrine et une main délicate me prenait pour que l'on puisse m'admirer de tout près ! Quand un visiteur arrivait avec des fleurs, Caroline me prenait comme vase et crois-moi, un bouquet, ça change la vie d'un pot !"

Je l'ai encouragé à continuer.

"Or donc, il y a quelques jours, Caroline fêtait ses quarante ans et elle a reçu un immense bouquet bien trop grand pour moi seul. J'ai donc dû partager les fleurs avec à mes côtés un pot en étain. Un jeune pot, mince et élancé. Il n'a pas tenu le coup longtemps le gamin ! Une tulipe qui s'est penchée vers moi pour m'admirer l'a fait tomber. Adieu le pot en étain, intact certes mais déclaré inapte au service et désormais relégué dans le fond d'une armoire !"

Le pot de terre a continué son histoire : "Et toi, qu'est-ce que tu deviens ?"

J'ai bredouillé n'importe quoi mais en moi-même je me suis inquiété de mon sort futur, moi le pot de fer !

(Extrait de "Petites et grandes histoires")

Louis Delville

louis-quenpensez-vous.blogspot.com

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Noirs, un poème de Jacques Degeye extrait des Poèmes Inédits

Publié le par christine brunet /aloys

Noirs, un poème de Jacques Degeye extrait des Poèmes Inédits

NOIRS

*

*

Extrait des POÈMES INÉDITS, de Jacques DEGEYE (Chloé des Lys, 2015).

*

*

Noir cloaque de nos organes,

Lacis de nos entrailles,

Impénétrable tombeau,

Enchevêtrement de nos viscères,

Étrangers nous sommes

À l'intérieur de notre corps.

*

Sombres sont nos intentions,

Les jours de colère où nous projetons

De maléfiques actions.

Nous venger souvent nous importe,

De notre amour-propre blessé.

Faire du mal parfois sans raison.

*

Noir regard sur le couple

Qui dérange, trop heureux

À notre estime. Noirs blousons,

Matraques, couteaux et poignards

Au fond de leurs fourreaux,

Mais prêts à servir dans l'empoignade.

*

Convoitise de la femme ou de l'homme

Qui a allumé notre passion

Par la volupté de ses formes,

L'étincelle de ses yeux,

Son sourire aux lèvres entrouvertes.
Noir désir dans le secret de nos songes.

*

Dans la nuit noire de nos rêves

De drôles d'oiseaux apparaissent.

De noirs corbeaux aux ailes immenses

Menacent notre sommeil ;
Leurs becs démesurés

Déchirent les chairs et nous réveillent.

*

Sang noir qui coule de la cheville

De ma grand-mère, qu'une vipère

Se rebiffant, a mordue

Sous un andain par elle ramassé.

Son mari, ses filles se rongent les sangs,

Tandis qu'elle gémit sous le garrot.

*

Dragons, bêtes immondes

Peuplent nos films et bandes dessinées.
Dracula, vampires s'abreuvent

De sang, le nôtre et celui de nos enfants.
La peur au ventre saisit les victimes,

Incapables de résister à l'hypnose.

*

Bile noire des médecins anciens,

Rate gonflée d'humeurs noires,

Siège de la mélancolie.

Tristesse sans fond, accablement,

Mantille jetée sur nos vies, filet

Enveloppant le radeau dérivant sur l'océan.

Jacques Degeye

Publié dans Poésie

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Christophe Steynen présente son livre "Vulgarisons !"

Publié le par christine brunet /aloys

Christophe Steynen présente son livre "Vulgarisons !"

Biographie

Christophe Steynen est né durant le froid et humide mois d‘août 1977. Sa curiosité illimitée le pousse à s’investir dans des domaines très divers . Écrire était il y a peu toutefois pour lui un territoire encore inexploré mais la naissance de sa fille Charlotte l’a inspiré a écrire un premier recueil de poèmes pour enfants. Avec “Vulgarions!”, il signe son premier roman qui emmênera le lecteur sur les chemins d’une réflexion sur la vie, l’amour et la foi.

Résumé

Tout réussi à Philippe Decaille, du moins, c’est ce qu’il pense. Sa vie va pourtant être le témoin d’un bouleversement total qui va faire table rase des fondations sur lesquelles il avait jusqu’alors basé son existence. Dans les méandres d’une histoire d’amour au déroulement tragique, il tente de tirer quelques leçons des erreurs qu’il a commises et essaie de réorganiser sa vie, au lieu de se lamenter sur son triste sort. Son désir le plus cher est de voir se réaliser un jour le merveilleux secret que son épouse avait précieusement dissimulé et qui est dévoilé à la suite d’un terrible coup du sort. Le destin l’oblige à réfléchir au-delà des seuls raisonnements cartésiens qu’il maitrise et il découvre ainsi un monde où sentiments et émotions s’entremêlent au doute et à l’espoir. Guidé par une foi dont il ne connaissait jusque-là pas l’existence, il tente de trouver des réponses à des questions essentielles, mais auxquelles il n’avait jamais pris le temps de s’attarder.

Extrait

Incrédule, je transgresse les limites du savoir. Je suis confiant, l'expérience me dictera bien que faire. Lucide mais surtout naïf, j'agis sans écouter. Idée salvatrice, montre-moi que j’ai raison. Qui oserait venir me contrarier, moi le roi de la perspicacité, savant cartésien, analyste dubitatif, sceptique athée ? Cependant voilà, le monde a beau être rationnel, nous ne le comprenons pas encore. Et l’ignorance nous plonge dans le doute, et le doute, l’esprit humain n’apprécie guère. Le doute c’est la peur, l’inconnu, la frontière parfois toute proche mais que l’on ne veut pas transgresser. Alors l’homme invente, c’est même un de ses passe-temps favoris. Ce qu’il ne comprend pas le tourmente et l’obsède. Pour refouler ses angoisses, il donne un visage à l’inconnu, il fournit un passeport à cet étranger venu d’on ne sait où. Il a besoin de cela pour se sentir bien. Il se sent bien car il imagine cet individu bienveillant et rempli de bonnes volontés. Il suffit de ne pas trop l’agacer et de penser parfois un peu à lui, peut-être pour que lui aussi ne se sente pas seul. L’homme s’est donné un Dieu, une réponse, une conscience. La foi est la clé pour qu’il nous ouvre sa porte. Mais parfois cela ne suffit pas. Parfois il faut être deux pour forcer la serrure. Ce que l’on a l’habitude de faire seul devient soudainement une tâche impossible. Et on appelle à l’aide, on montre ses faiblesses, on se dévoile, on s’accepte. On apprend à se connaître. Accepter ses défaillances, c’est grandir.

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Jean-François Foulon présente son univers... Réflexions

Publié le par christine brunet /aloys

Jean-François Foulon présente son univers... Réflexions

Puisque mon roman « Obscurité » vient d’être référencé et qu’il a maintenant une existence légale, il conviendrait peut-être de me présenter. Mais que dire sur soi qui pourrait intéresser le public ? Il n’y a dans mon existence rien de bien extraordinaire, aucun fait marquant qui aurait été repris dans la presse. On fait des études, on trouve un boulot, on se marie, on a des enfants. Nos vies sont minuscules et d’une banalité affligeante. Sauf qu’au fond de soi, on sent intuitivement qu’il existe une dichotomie entre ce que l’on est et ce que l’on fait quotidiennement, entre le moi profond et le monde dans lequel il nous faut bien survivre.

Certains, sans doute plus intelligents, ne veulent pas changer le monde, aussi cruel et inhumain soit-il. Non, ils s’adaptent aux circonstances et comme des caméléons ils évoluent en fonction des buts qu’ils veulent atteindre. Ces gens-là ne vont pas se battre pour la justice sociale ou une planète plus propre. Non, dans chaque situation nouvelle, ils essaient de retirer le maximum de profit personnel. Nous les retrouvons quelques années plus tard à la tête d’un Etat, président d’une multinationale, général en chef d’une armée, chef d’entreprise, directeur d’une agence bancaire, etc.

D’autres (et je fais partie de ceux-là) doivent garder en eux une partie d’enfance, car ils conservent une dose de naïveté qui fait qu’ils s’étonnent encore de tout. Le chant d’un oiseau sur une branche, une rivière qui bondit sur des rochers, un recueil de poésie qu’on lit le soir chez soi, au creux de l’hiver, tout cela les émeut. Mais s’ils sont sensibles à cette beauté, ils sont aussi plus fragiles et n’arrivent pas à accepter ces guerres que l’on fait partout au nom du dieu argent, ni cette logique économique des financiers qui, au nom de la concurrence et de la rentabilité, entraîne une partie non négligeable de la population dans la pauvreté. Pourtant ils ne peuvent rien faire pour changer le monde. Alors ils se réfugient dans l’écriture, pour inventer d’autres univers et pour dénoncer celui dans lequel ils doivent bien survivre malgré tout. En écrivant, ils deviennent des espèces de demi-dieux, capables de créer des histoires et des personnages à leur guise.

L’écriture, dès lors, se définit pour eux comme une nécessité existentielle, qui leur permet de dire qui ils sont. Devant leur écran ou un stylo à la main, ils cessent de jouer les rôles habituels que la société leur a attribués pour devenir pleinement eux-mêmes.

Maintenant, pour prendre mon cas personnel (puisque je suis quand même supposé me présenter ici), je dirai que j’ai écrit très jeune, mais que j’ai connu une longue période d’arrêt, de 25 à 35 ans, environ. Dans un premier temps, adolescent, j’écrivais plutôt pour clarifier ma pensée. C’est l’époque de la vie où on se construit et où on passe au crible de la critique tout ce qu’on nous a enseigné. En écrivant, mes idées devenaient plus claires et je trouvais des arguments que je n’aurais pas trouvés sans cela. Assez vite, je suis passé de ces écrits théoriques à de petites histoires qui illustraient finalement les réflexions dont je viens de parler. Il y avait aussi de la poésie, forcément. Il s’agissait de poèmes noirs, assez désespérés. « J’avais vingt ans. Je ne laisserai personne dire que c’est le plus bel âge de la vie » écrivait Paul Nizan dans Aden Arabie. En effet, c’est quand on est jeune adulte, je trouve, qu’on se pose les vraies questions existentielles. Après, on est dans la vie active, confronté aux difficultés qu’on essaie de vaincre ou de surmonter. Du coup, on réfléchit moins sur le sens de notre destinée.

Comment, après avoir tant écrit adolescent, expliquer la période de latence entre 25 et 35 ans ? Justement parce que j’entrais dans cette vie active et il me semblait qu’en écrivant, je restais en-deçà de cette vie, comme si je me complaisais dans une sorte d’enfance attardée. Je me « forçais » en quelque sorte à m’adapter aux nouveaux rôles que la société m’assignait. Plus tard, après la naissance de mes enfants, je suis revenu à l’écriture comme si je revenais à moi-même. C’était comme si j’avais accompli ce qu’il convenait d’accomplir (profession, mariage, maison, enfants, etc.) et que je pouvais enfin revenir à l’essentiel, c’est-à-dire à moi-même. Rien d’égocentrique dans mon propos et mon écriture n’est pas nombriliste du tout. Ce que je veux dire, c’est que je pouvais de nouveau imaginer d’autres mondes que celui dans lequel je vivais ou au contraire dénoncer ce dernier. Autrement dit, je pouvais de nouveau exprimer qui j’étais vraiment.

Car qui est-on finalement ? Sartre disait que l’existence précédait l’essence, ce qui revient à dire qu’on n’est que par les actes qu’on a posés. C’est vrai et ce n’est pas vrai. Les autres autour de moi, en effet, ne peuvent tenter de me définir que par ce qu’ils voient de moi (suis-je un bon époux, un fonctionnaire zélé, suis-je gentil et doux ou au contraire colérique et irascible, etc. ?). Mais ce que je suis vraiment, ils ne le savent pas. Mes collègues au bureau seraient bien étonnés s’ils apprenaient que j’écris et que je viens de publier un livre. A l’inverse, je pourrais avoir une âme de poète et n’avoir jamais écrit de poésie. Pourtant ce serait en moi mais personne n’en saurait rien. Il faut parfois des événements extraordinaires pour que ce qui était caché apparaisse subitement au grand jour. S’il n’y avait pas eu la guerre en 1940, on n’aurait jamais su qui était vraiment Jean Moulin et on n’aurait conservé de lui que le souvenir d’un préfet comme les autres.

Je donne tous ces exemples pour montrer que les gens qui nous entourent ne nous connaissent finalement pas très bien car ils ne nous jugent que sur les quelques actes qu’ils nous ont vus accomplir. Par contre, en écrivant, j’ai l’impression d’exprimer ce qu’il y a de plus fondamental en moi, sans tricher et sans tenir aucun rôle. L’écriture, c’est cela aussi. Etre vraiment soi-même et offrir aux autres notre vision du monde. Car bien entendu il faut des lecteurs et une écriture qui ne serait pas lue n’a pas beaucoup de sens (merci donc à Chloé des Lys). Quelque part on est nu quand on écrit car on offre au public ce qu’il y a de plus intime en nous. Heureusement tout cela est un peu caché derrière les histoires que l’on raconte. Car si notre sincérité éclate au grand jour, ce n’est pourtant pas de soi qu’on vient parler, mais de sujets qui peuvent intéresser les lecteurs. C’est là que commence la littérature. Si je parle de mon enfance, par exemple, cela n’a d’intérêt littéraire qu’à partir du moment où des lecteurs peuvent partir de mes mots pour se remémorer leur propre enfance. Mon village n’est pas le vôtre, mais à partir du moment où je le décris de manière à ce que vous puissiez projeter votre propre village derrière mes descriptions, j’aurai atteint mon but.

A ce propos, on pourrait réfléchir au rapport qui unit l’auteur, le texte et le lecteur. Existe-t-il une seule manière de comprendre ce qui est écrit ou bien existe-t-il autant d’interprétations que de lecteurs ? C’est un autre débat, nous en parlerons peut-être une autre fois, j’ai déjà abusé de votre patience.

Jean-François FOULON

Obscurité

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L'homme de toujours, un poème de Luc Harache

Publié le par christine brunet /aloys

L'homme de toujours, un poème de Luc Harache

L’Homme de toujours

Ecoutez chanter l’Homme de toujours !

Il est déjà là, tel qu’il restera !

Sa musique étrange est un vœu d’amour

Et s’adresse à qui s’y reconnaîtra !

***

« Nature ! Tu as fini ton ouvrage

Sur lequel le temps n’aura pas d’emprise !

Comme pour répondre à l’espoir des sages,

Tu viens d’engendrer cette Espèce exquise ! »

***

C’est l’Ame accomplie, libre et sans tabous,

Sans regret d’hier, sans peur du futur !

L’Histoire, demain, sera sans remous

Et le présent roi sous un ciel d’azur !

***

Cet Enfant superbe est encor trop seul

Pour pouvoir jouir du Monde qu’il mérite,

Et couvrir enfin d’un glorieux linceul

L’esprit dépassé d’une ère maudite !

***

Mais, en attendant, sa force s’impose,

Petit à petit, pleine d’harmonie !

Il fait de la Terre un tableau grandiose

Aux mille couleurs de peau réunies !

***

Il peut regarder le cosmos sans honte

Car il est fait pour s’y multiplier,

L’univers entend sa clameur qui monte

Et n’attend plus que lui pour jubiler !

***

Il est l’élu d’un bonheur absolu,

L’artisan chéri de la volupté,

A lui la planète, à lui l’inconnu,

Tandis que s’éteint l’Homme de jamais !

****

LUC HARACHE

Le miraculé

Publié dans Poésie

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