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Philippe Couillaud nous présente son roman "Léonard ou les odonymes du cancer"

Publié le par christine brunet /aloys

Philippe Couillaud nous présente son roman "Léonard ou les odonymes du cancer"

Ce livre qui est mon deuxième roman est en cours de référencement. Je profite donc de ce blog pour en faire une présentation succincte.
Il ne s'agit pas d'une banale histoire d'un type qui serait atteint d'un cancer, etc... Mon écriture tente de mêler la grande Histoire avec les petites histoires de chacun. Sous une forme épistolaire, je mets en scène un jeune couple durant la guerre d'Algérie. Rapidement, au fil des lettres, j'entraîne le lecteur dans une histoire familiale qui se répète au gré des grands évènements historiques du vingtième siècle. Seul, un troisième personnage, contemporain, tente de faire le lien.
J'espère que mon écriture est suffisamment fluide pour aider le lecteur à surmonter les épreuves dans lesquelles se débattent les personnages. J'ai conscience que, parfois, les situations sont sévères. Mais je n'ai pas l'impression de vivre dans un monde très équilibré et dans une société très juste. Heureusement, il y a la Garonne dans cette bonne ville de Bordeaux qui m'aide de son mieux avec ses courants inversés pour cause de marée et ses langueurs étranges.
"Odonyme" est un drôle de mot qui ne figure pas dans le dictionnaire. Il signifie une rue, une voie. Malgré quelques "critiques", je l'ai maintenu dans le titre, histoire de titiller le lecteur. Une sorte de clin d’œil entre amoureux des mots...
Voilà pour un premier contact. Le livre va sortir à la mi_juin et j'ai promis et juré à Christine de me soumettre aux "interrogatoires" dès le référencement obtenu. Ce sera une épreuve pour moi, car vous l'aurez compris, je n'aime pas beaucoup parler de moi et comme je travaille sur un troisième livre, j'ai tendance à oublier déjà mon brave "Léonard"...

Philippe Couillaud

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fiche auteur de "Le miraculé" de Luc Harache

Publié le par christine brunet /aloys

fiche auteur de "Le miraculé" de Luc Harache

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Emilie Decamp dans l'Inédit

Publié le par christine brunet /aloys

Emilie Decamp dans l'Inédit

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"Leurs échos dans la nuit", une nouvelle signée Carine-Laure Desguin

Publié le par christine brunet /aloys

Leurs échos dans la nuit

Du ciel, les étoiles entendaient ses pas. Leurs échos dans la nuit cognaient contre les bitumes. Les oiseaux aux ailes d’argent le reconnurent. Ils savaient que c’était lui, ils pressentaient qu’une nuit sans horoscope, il reviendrait dans cette ville, lui et ses sueurs sanguines. A la meute alanguie, le vent avait soufflé des lettres et des couleurs et le vent ne se trompait jamais. Sur les quais de la Sambre, l’homme brillait de tous ses feux. Qui se reflétaient, illuminés qu’ils étaient par des éclipses divines, sur les eaux endormies. La lune était pleine et des éclaboussures satellites cliquetaient sur les toits. L’homme aux semelles parfumées des lieux magiques qu’il avait sillonnés recherchait cet endroit où, quelques années plus tôt, il allongea ses jambes. Quand la pluie commença à claquer contre les berges de la rivière, l’homme se souvint de cette serveuse à qui il entassa quelques coups de boutoir, et de ses cris qui déchirèrent le bleu de la nuit. De ces glorieuses, les oiseaux se souvenaient aussi. Les oiseaux aux ailes d’argent n’oublient pas ce qui est gravé dans la mémoire de la nuit et à coups d’ailes, ils conduisirent l’homme prodigue vers ce cabaret, le Cabaret-Vert. Là, l’homme s’agenouilla. Dans cette ville qui s’appelait Charleroi, le Cabaret-Vert n’était plus qu’un tas de fientes pestilentielles. L’industrie avait digéré tous les feux follets. L’homme alluma alors son regard sulfureux et il courut vers les étoiles. La grande Ourse n’était pas loin.

Carine-Laure Desguin, in « La Belle Epoque », Editions Noctambule, 2014

http://carineldesguin.canalblog.com

"Leurs échos dans la nuit", une nouvelle signée Carine-Laure Desguin"Leurs échos dans la nuit", une nouvelle signée Carine-Laure Desguin"Leurs échos dans la nuit", une nouvelle signée Carine-Laure Desguin

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Joël Godard se présente et présente son ouvrage "Ailleurs est un pays aux rivières lentes"

Publié le par christine brunet /aloys

Joël Godard se présente et présente son ouvrage "Ailleurs est un pays aux rivières lentes"

Joël Godart

« Ailleurs est un pays aux rivières lentes »

Le mot de l’auteur :

Je vis dans le Nord de la France, enseignant, père de deux enfants. La poésie m’a

happé lorsque j’avais 15 ou 16 ans, puis m’a suivi avec plus ou moins d’assiduité tout

au long de mes années. Les grands aînés : Villon, Baudelaire, Verlaine & Rimbaud puis

plus tard Apollinaire, Segalen, Desnos, Schehadé, Thomas etc… Je me suis longtemps

demandé si l’on pouvait encore écrire après le Rimbaud des Illuminations : « la poésie

est une clameur » chantait Léo Ferré et effectivement chaque texte de ce recueil porte très

haut et très loin – un sommet dans notre littérature… De façon beaucoup plus modeste,

j’ essaie d’écouter la voix qui est en moi, voix qui se manifeste à certains instants de ma vie

– sans que je ne puisse comprendre complétement ce qui la fait naître et la fait se

développer. Une étincelle ou une fulgurance pour débuter, puis le choix des mots, leur

assemblage, la phrase qui se développe avec plus ou moins de bonheur : le poème vient

au grand jour … Qui a parlé d’ alchimie ?

La 4 ème de couverture :

« Tu as raison de dire que pour toi la poésie ne sert à rien. Mais également tu as tort. Ce que je lis aujourd’hui, je le laisse s’infiltrer au plus intime de ce que je suis ( je n’ose pas dire de mon âme…) , je lui donne le temps de prendre place : ainsi le champ au printemps se couvre de fleurs sauvages, ainsi dans ma cervelle d’autres fleurs - toutes aussi rebelles - se prennent à pousser inexorablement jusqu’à la floraison. »

Quelques extraits :

XLV

Ô mémoire et tu dis la douceur d’être là : voile

sur les choses, traversée des êtres. Quand tes

ombres feront cercle autour de toi, ta vie comme

une ruche bourdonnera de dix-mille abeilles.

XLVI

Dans l’obscurité de la chambre, déchiffrer les

contours de ton corps : secret alphabet de

notre amour.

LIX

Dans la nuit il y a

des voix qui me parlent

des mains qui effleurent ma peau

Il y a tant et tant de choses

que je ne comprends pas

Alors je fais semblant de dormir

de tomber dans mes songes

Mais à travers l’obscurité de la nuit

je vois les bras sombres des hommes

s’abattre et se couvrir de sang

JOEL GODARD

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La bukinê d'Anna, le teaser du roman de Marie-Noëlle Fargier !

Publié le par christine brunet /aloys

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Christine Brunet a lu "Contes du vieux trouvère" de Christian Van Moer

Publié le par christine brunet /aloys

Christine Brunet a lu "Contes du vieux trouvère" de Christian Van Moer

Voilà quelques semaines, je terminais "Contes du vieux trouvère" de Christian Van Moer. Comme toujours avant de rédiger ma fiche de lecture, j'ai posé le recueil au dessus de la pile des livres en attente d'une "chronique". J'aime lorsqu'un texte, une histoire fait son chemin dans mon imaginaire et parfois, le voyage est plus long, plus intense.

J'adore les contes : ce sont les premiers textes qui m'ont été lu (j'ai un "grand livre des fées" que j'ai dû engloutir une bonne centaine de fois) et je crois que ce sont ces textes qui m'ont donné envie de lire puis d'écrire. Donc, tout naturellement, lorsque j'ai vu que Christian Van Moer (un auteur que je lis toujours avec grand plaisir) publiait un recueil de contes, j'ai sauté sur l'occasion mais avec une légère réticence : les contes médiévaux, pas forcément ce que je préfère (ben oui, les chevaliers et les romans de chevalerie, pas ma tasse de thé). Mais comme j'aime les dragons et les fées, je me suis laissée convaincre et porter, au fil des pages, dans ces récits bourrés d'action, de héros, de fées et de créatures magiques, de félons, et de sorcières. Pas déçue, loin de là ! J'ai même adoré et... relu pour faire bonne mesure !

Christian nous propose cinq contes émaillés d'un vocabulaire médiéval qui donne du poids et de la véracité à ses histoires. Ses héros sont attachants, les méchants très méchants, les vengeances douces mais avec leur revers de la médaille. L'atmosphère est électrique, remplie de magie, parfois de violence et de méchanceté... Ce côté "humain" donne plus de poids au côté extraordinaire et "surnaturel" des histoires. Comment ne pas se laisser emporter dans cet univers peuplé d'hippogriffes, de licornes bleues, de tapis volants et de philtres d'invisibilité, de géants borgnes et de malédiction ?

A découvrir que vous soyez adulte, ado ou enfant, n'hésitez pas ! Au fait, Christian, tu en as d'autres dans ton escarcelle ?

Alors... Pour vous mettre en appétit, la quatrième de couverture...

Il était une fois...

au temps des heaumes et des auberts,

des dragons et des fées,

des loups-garous et des femmes serpents,

des djinns et des tapis volants,

des philtres et des élixirs, et des belles captives à délivrer...

Il était une fois...

de vaillants chevaliers aux prises avec les forces du Mal...

Tout un programme , n'est-ce pas ?

Un coup de coeur !

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

Christine Brunet a lu "Contes du vieux trouvère" de Christian Van MoerChristine Brunet a lu "Contes du vieux trouvère" de Christian Van MoerChristine Brunet a lu "Contes du vieux trouvère" de Christian Van Moer

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Christine Brunet en invitée du blog aloys avec une fiche de lecture de "Poker menteur" signée Rolande Michel

Publié le par christine brunet /aloys

Christine Brunet en invitée du blog aloys avec une fiche de lecture de "Poker menteur" signée Rolande Michel

J'ai lu Poker Menteur, le dernier polar de Christine Brunet



Une fois de plus, Christine Brunet nous entraîne, à la suite d'Axelle de Montfermy, au cœur d'un monde à faire frémir où nous retrouvons avec bonheur les héros de ses précédents romans.


Rescapée par miracle de sa mission précédente, Axelle de Montferny accepte une enquête des plus délicates qui nous emmène à sa suite au cœur de Marseille.


Nous pénétrons dans un milieu interpellant où le danger rôde, se dissimule et surgit soudain de façon imprévisible.


La mort est là, partout, à l'affût, bien cachée derrière des promesses, des pseudo-associations, des flics au comportement douteux.


Infiltrer des réseaux mafieux où le respect n'existe pas, où la vie ne compte guère, où seuls le pouvoir et l'argent font loi, se frotter aux caïds de la drogue, adopter des comportements douteux pour mieux infiltrer leurs réseaux, sous la plume de Christine, l'improbable se fait réalité.


Dans un contexte difficile, où le Mal peut surgir de partout, Axelle retrouve son grand amour Sean Sheridan. A tort ou à raison, elle ne lui révèle qu'une partie de sa mission.


Le doute naît parfois d'un détail. Peut-elle faire confiance à Sean ? A qui d'autre ? Et dans quelles limites, dans ce monde où bons et méchants se ressemblent tellement, où pour atteindre leurs buts, tous s'encanaillent, oubliant toute morale, au risque de se perdre dans des manigances perverses, des relations ambigües , des jeux dangereux, des amours bidons où ils s'enlisent.


Ressurgis d'un passé parfois lointain, des êtres avides et monstrueux sont bien décidés à mener nos héros à leur perte , sans le moindre état d'âme ! C'est l'Enfer !


Au cœur de ce milieu interlope, Axelle évolue, court des risques inconsidérés, bien déterminée à expliquer les drames qui la hantent, quel que puisse en être le prix.


Se pourrait-il qu'elle y parvienne alors que peu à peu sa confiance s'effrite, parmi tous ces gens pour qui compromis et marchandage d'informations sont devenus monnaie courante. Comment qualifier un milieu où l'assassinat d'un fils semble une sorte de routine et n'éveille aucun état d'âme, cette dernière étant dominée par une ambition inhumaine ?


Et cependant, dans toute cette histoire imaginée avec brio, la question reste posée : "Qui est la tête pensante ? Qui tire les ficelles et est prêt à tout? Qui manipule flics, truands, dealers, et que pourrait être le sort qu'il réserve à Axelle ?


C'est à votre tour, chers lecteurs, de pénétrer dans les secrets les mieux cachés et les plus inattendus dont notre reine du suspens soulève un coin du voile !


Bonne lecture !

ROLANDE MICHEL

Christine Brunet en invitée du blog aloys avec une fiche de lecture de "Poker menteur" signée Rolande Michel
Christine Brunet en invitée du blog aloys avec une fiche de lecture de "Poker menteur" signée Rolande Michel

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L'interview en vidéo du nouveau roman de Bob Boutique "2401"

Publié le par christine brunet /aloys

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Une carte de Provence, une nouvelle de Jean-François Foulon

Publié le par christine brunet /aloys

Une carte de Provence, une nouvelle de Jean-François Foulon

Une carte de Provence.

Cela faisait longtemps qu’il aimait Fabienne en secret, mais il n’osait pas lui avouer les sentiments qu’il éprouvait pour elle. Ils se voyaient souvent, pourtant. Très souvent, même. Ils se retrouvaient autour d’un verre avec des amis ou allaient au cinéma. C’était gai, ils se parlaient, riaient des mêmes choses ou refaisaient le monde à coup d’idées grandioses, des idées comme on n’en a qu’à vingt ans. Ils étaient toujours d’accord sur tout et au plus fort des discussions, quand les autres, criant et vociférant, en venaient presqu’aux mains, ils échangeaient entre eux des regards amusés qui en disaient long sur leur complicité. Le problème, c’est qu’il n’était pas possible de parler un peu intimement au milieu d’un groupe si agité, même s’il s’agissait de bons amis. Il aurait fallu s’isoler un peu. Pourtant de tels moments arrivaient parfois, notamment quand ils restaient seuls dans le café, vers une ou deux heures du matin, lorsque tous les autres étaient partis. Lors de ces tête-à-tête, la complicité déjà évoquée était plus grande encore, même s’ils restaient là sans rien dire. En effet, ils n’avaient même pas besoin de parler pour se comprendre. Ils se sentaient bien comme cela, l’un avec l’autre, et c’était suffisant.

Pourtant, quand il rentrait chez lui dans la nuit noire, le long de la voie du chemin de fer, il s’en voulait de n’avoir pas osé. Une autre fois, c’était juré, il lui parlerait et lui dirait tout ce qu’il avait dans le cœur. Oui, mais c’était risqué quand même ! Si elle prenait peur et si elle mettait un terme à leur amitié ? Bon, c’était vrai qu’elle le regardait parfois à la dérobée, il l’avait bien remarqué et c’était vrai qu’à ces moments-là elle baissait vite le regard, comme si elle avait été prise en faute, mais cela ne voulait encore rien dire. Ou au contraire cela voulait dire qu’elle avait peur, justement, qu’il ne prît pour un intérêt trop appuyé ce qui n’était finalement que de l’amitié. Bref, plus il se mettait à réfléchir de la sorte et moins il trouvait le courage nécessaire pour avouer cet amour qui pourtant le rongeait intérieurement. Quand enfin il arrivait chez lui, à une heure avancée de la nuit, il se mettait au lit et s’endormait aussitôt, n’ayant pris aucune décision.

Les semaines passaient cependant et bientôt ce seraient les vacances scolaires. Elle partirait un long mois en Provence avec sa famille et Dieu seul sait qui elle pourrait rencontrer là-bas. Il fallait faire vite. Mais plus l’échéance approchait et moins il osait prendre son amie à part et lui dire simplement : « Je t’aime ».

Un matin, pourtant, il lui sembla avoir trouvé la solution. Il lui écrirait ! Une belle et longue lettre où il dirait enfin ce qu’il éprouvait, sans rien cacher. Par écrit, ce serait quand même plus facile. Les mots viendraient les uns après les autres, s’assembleraient, et finiraient par prendre un sens. Il ne sentirait pas son regard de fille posé sur lui, ce regard qui le paralyserait à coup sûr s’il se lançait dans une déclaration amoureuse. Bien au contraire il pourrait s’expliquer en toute quiétude, trouver des arguments, tenter de convaincre…

Evidemment, ce ne fut pas aussi facile qu’il le pensait d’écrire cette lettre, et il dut s’y prendre à trois ou quatre fois, barrant les mots, déchirant le papier, en reprenant un autre, pour le déchirer de nouveau, mais enfin il y parvint. Il ne restait plus qu’à glisser la précieuse missive dans une enveloppe, mais cela aussi prit du temps. Car écrire, c’était bien, mais rencontrer le lendemain la personne dans le café habituel, au milieu des amis, c’en était une autre. Alors il prit la décision d’attendre un petit peu que sa tendre amie soit partie en vacances pour lui envoyer sa déclaration d’amour en Provence, sur son lieu de villégiature. Cela lui laisserait trois semaines à la fois merveilleuses et angoissantes pour attendre sa réponse. Cela lui laisserait surtout un petit répit avant de savoir si elle répondrait favorablement ou non à son amour.

La lettre était partie depuis trois jours et Fabienne depuis une semaine quand la nouvelle tomba, abrupte, incroyable : lors d’une excursion dans le massif des Maures, la voiture de ses parents, en voulant éviter un sanglier, était tombée dans un ravin. Il n’y avait pas eu de survivants.

Le jour de l’enterrement, il pleuvait. C’était une petite bruine fine et tenace qui vous faisait frissonner bien qu’on fût en plein juillet. Tout le monde était là, atterré et silencieux. Sa famille à elle, les oncles, les tantes, les cousins, tous ceux qu’on ne connaissait pas et qu’on n’avait même jamais vus. Mais surtout tous les amis étaient là aussi, ceux de l’école et du café, revenus en train express pour la circonstance, qui de Quiberon, qui de Marbella, qui de Florence.

En rentrant chez lui, tout en marchant le long de la voie ferrée, il entendait encore les pelletées de terre qui tombaient sur son cercueil et il avait bien du mal pour ne pas pleurer, là, devant tout le monde. Un train passa, emportant des vacanciers pour des destinations lointaines. Plus rien n’avait de sens. Plus rien n’aurait jamais plus de sens. La vie venait de s’arrêter pour toujours.

Il ouvrit la porte de sa maison et machinalement regarda dans la boîte aux lettres. Il y avait une carte du Lavandou. De sa belle écriture ronde, Fabienne disait : « il y a si longtemps que j’attendais ce moment ! Moi aussi je t’aime ! Je pense tout le temps à toi. A très bientôt mon ange. »

Jean-François FOULON

Obscurité

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