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Patrick Beaucamps nous propose un poème extrait de son nouveau recueil "Quand les vagues se retirent"

Publié le par christine brunet /aloys

Patrick Beaucamps nous propose un poème extrait de son nouveau recueil "Quand les vagues se retirent"

Mercredi après-midi

Dans la salle d’attente du dentiste

des revues traînent sur la table basse.

J’en survole au hasard et remarque

qu'elles datent toutes des années passées.

C’est rassurant en quelque sorte.

Tous ces faits qui ne surviendront plus.

Ces attentats et catastrophes qui

ne toucheront plus personne.

Un bref instant, je repense aux magazines

que je feuilletais d’une main et

que l’on se refilait entre internes

le mercredi après-midi.

Toutes ces filles sur papier glacé

qui me tenaient compagnie !

Que sont-elles devenues ?

Elles ont vieilli, sans aucun doute.

Sont devenues mamans

ou grands-mères même.

Leurs corps se sont fanés, flétris.

De vieilles personnes aujourd’hui !

Pire encore pour certaines.

N’ayons pas peur des mots :

des mortes.

Patrick Beaucamps

Publié dans Poésie

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Jean-Marie Mottoul chronique "Poèmes Inédits" de Jacques Degeye

Publié le par christine brunet /aloys

Jean-Marie Mottoul   chronique "Poèmes Inédits" de Jacques Degeye

A propos des « Poèmes inédits » de Jacques Degeye

Dans sa dernière publication, Jacques Degeye se livre à l’exercice de la poésie pour délivrer à notre monde, des messages d’alerte. Jérémie des temps modernes, il fait œuvre de vigilance sans laquelle, dit-il, nul poète ne peut être inspiré. Voilà une condition qui ne fera pas défaut à notre poète en herbe, au regard tourmenté, dont le tempérament porté au pessimisme, nous avait déjà été révélé dans son ouvrage sur le suicide. Un pessimisme moral, en filiation de la philosophie de l’absurde d’Albert Camus, qui traduit une souffrance face aux misères de la vieillesse, aux accidents qui fauchent des vies aveuglément, à des hommes capables de torturer leurs semblables, de maltraiter nos amis les animaux, de souiller la nature, alors que nous en partagerions la même essence, de s’aveugler et s’étourdir dans le brouhaha des messages futiles noyant le bon grain dans l’ivraie, de sombrer dans la barbarie au nom d’un patriotisme faussement rassembleur par la haine de l’autre. Du poète, est-ce la vocation de parler de ces malheurs ? Au barde, ne revient-il pas de magnifier le monde ? Et Jacques nous répond que ce n’est pas un acte déplacé, mais la célébration de ces vies cassées.

Mais ce recueil dépasse ce souci. Son enjeu est dans ce cri étouffé de la salamandre qui reste sans réponse, dans cette peur qui habite le poète face aux ténèbres qui s’annoncent, dans cette nostalgie d’un monde rural immobile qu’un capitalisme cupide n’aurait pas encore corrompu en un mouvement sans fin porteur d’angoisse, dans ce souhait de la suite du film sans aléas qu’il nous réserve , dans cet effroi d’un passage brutal des bras de la mère à la cour des nonnes.

Nous y voilà ; toutes ces vitupérations ne seraient-elles pas qu’un symptôme d’une altérité secrètement blessée, au plus profond de l’âme d’enfant par cette dame, pas vraiment inconnue, surgissant de nulle part comme l’aigle de Barbara, faussement disparue à tout jamais, mais toujours présente, déesse vicieuse? Convertissons-nous dans des entreprises moins frivoles, conseille Jacques, sans conviction. Non, ce qu’il faut, c’est tuer cette déesse ; ce recueil de poèmes en est la tentative qui parait réussie parce que parole a été dite, avec un accent d’authenticité, gage d’une libération de l’empreinte du prince des ténèbres qui est angoisse nous renfermant sur nous-mêmes. L’empreinte de Dieu, ce n’est pas la croix, ni les stigmates, c’est son amitié qui nous dit « lève-toi et marche » Et cet enchantement s’avoue dans l’image de l’eau salvatrice perçue comme une fontaine d’où coule un filet d‘eau mince et limpide qui évoque celle de Siloé, dans ce poème dédié au petit-fils sauvé du mal dont le ton de bonheur tranche avec le reste du recueil

Il faut imaginer Jacques Degeye apaisé.

Jean-Marie Mottoul Jambes, ce 7 juin 2015

Publié dans Fiche de lecture

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L'avis du blog "Au fil des pages" pour Bizarreries en stock d'Alain Magerotte

Publié le par christine brunet /aloys

http://au-fil-des-pages477.blogspot.fr

http://au-fil-des-pages477.blogspot.fr

L'avis du blog "Au fil des pages" pour Bizarreries en stock d'Alain Magerotte

Résumé: Après la lecture de BIZARRERIES EN STOCK, le diable vous paraîtra moins sympathique. Vous hésiterez à ouvrir certains livres, vous fuirez les files d'attente, vous éviterez les heures de pointe et vous regarderez les gens sans histoire différemment et, curieusement, l'idée de la mort vous semblera moins pénible à supporter...

Mon avis: 12 nouvelles composent ce recueil. 12 nouvelles tout à fait particulières.

Elles sont tout à fait étonnantes, chacune dans son genre. Pour certaines, c'est le bizarre et l'étonnant. Pour d'autres, il s'agit de la mort elle-même. Elles sont troublantes, perturbantes. Elles sont courtes mais c'est suffisant.

L'ambiance est bizarre, sombre... On s'interroge sur la chute. La personne va-t-elle s'en sortir? Comment va-t-elle pouvoir sortir du piège dans lequel elle est tombée?

J'ai une préférence pour l'une d'entre elles: Je suis mort le...

Cette nouvelle est absolument particulière parce que le personnage est déjà mort, et nous entendons ses pensées, sur son lit de mort (c'est le cas de le dire). Pendant que tous ses proches sont éplorés ou laissent ressortir leurs véritables caractères, lui, tranquillement allongé, entend tout, et en tire des conclusions.

Je n'ai pas aimé toutes les nouvelles de la même manière. Certaines m'ont semblé un peu vide. D'autres m'ont moins plu parce que j'ai été désolée de la fin. Mais bon, évidemment, toutes ne peuvent pas plaire au même titre.

C'est un livre rapide à lire, de sa par sa taille, et le rythme d'écriture. J'ai apprécié dans l'ensemble le voyage.

Points attribués: 8/10

Publié dans avis de blogs

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Ils sont dans le bibliothécaire !

Publié le par christine brunet /aloys

Ils sont dans le bibliothécaire !
Ailleurs est un pays aux rivières lentes - Joël Godart

Ailleurs est un pays aux rivières lentes - Joël Godart

Promotion Jolivet - Rolande Michel

Promotion Jolivet - Rolande Michel

Mon histoire avec eux - Papy Nzili

Mon histoire avec eux - Papy Nzili

Chroniques de l'invisible - Ani Sedent

Chroniques de l'invisible - Ani Sedent

Apocalypse no ! - Pascal Titeux

Apocalypse no ! - Pascal Titeux

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La hiercheuse de Wasmes, une nouvelle signée Micheline Boland

Publié le par christine brunet /aloys

La hiercheuse de Wasmes, une nouvelle signée Micheline Boland

LA HIERCHEUSE DE WASMES

En ce temps-là, à Wasmes dans le Borinage, Liette la hiercheuse, vous savez, les hiercheuses étaient ces femmes qui poussaient des wagonnets remplis de charbon, est follement amoureuse d'un pénitent, Myen.

Le pénitent exerce un métier on ne peut plus dangereux. À l'époque, les lampes de sûreté n'existent pas encore. Le pénitent est celui qui va seul dans les galeries de mine désertes, il explore les moindres recoins en promenant partout une perche munie d'une flamme vive. Il s'assure ainsi qu'il n'y a aucune trace de grisou et que les mineurs pourront aller sans danger exercer leur dur métier. Ainsi, le pénitent est plus proche du péril de sa vie qu'un guerrier, qu'un charmeur de serpents, qu'un explorateur dans une jungle inconnue. On comprend vite que les pénitents meurent tous à la tâche et que pour Liette l'angoisse est une compagne fidèle.

Myen est un homme doux et pensif, calme et mélancolique. Tandis qu'elle pousse les wagonnets, Liette rêve des beaux yeux bleus de son bien-aimé, de ses mains d'artiste, de sa démarche. Un homme d'apparence si fragile pour un travail tellement ardu. Elle rêve de lui et lui, il rêve d'elle. Liette vit dans l'inquiétude dès que Myen descend dans la mine. Liette ne connaît que de rares moments de bonheur tranquille. Même quand elle se promène avec Myen, elle pense qu'il devra bientôt s'en retourner dans le fond, un fond si avide de vies humaines, un fond si sombre et inhospitalier. De telles pensées gâchent les instants de félicité. Liette n'est jamais vraiment gaie et détendue, ni insouciante et sereine.

Myen vit des heures pénibles. Il redoute le grisou mais il n'en souffle mot. Il sait qu'un jour, il ne reviendra pas des profondeurs de la mine. Un jour, il y restera. C'est peut-être ces idées sombres qui rendent son regard plus profond que celui de tous les jeunes gars de Wasmes.

Tandis qu'elle pousse les wagonnets, Liette prie souvent Sainte Barbe. Elle lui demande protection pour son amoureux. "Oh, je t'en prie, Très Sainte Barbe, place Myen sous ton aile protectrice. Accompagne-le en bas. Éloigne le grisou de sa vie !"

Elle demande à la Sainte un miracle pour lui épargner un chagrin auquel elle ne pourrait survivre. Elle l'implore d'inspirer aux hommes un moyen moins cruel de dépister le grisou. Le beau temps venu, elle dépose souvent un bouquet de fleurs des champs devant la statue de Sainte Barbe à l'entrée de la mine. La statue a, aux yeux de Liette, tous les charmes des plus grands chefs d'œuvre des sculpteurs. Le plissé de la robe, la douceur du visage, les cheveux finement ouvragés comblent son besoin de merveilleux.

Liette connaît bien des légendes concernant Sainte Barbe. Il y a celle où Sainte Barbe guide des mineurs égarés dans le dédale des sombres galeries. Il y a celle où Sainte Barbe réconforte d'un baiser les mineurs qui connaissent leur dernière heure dans une galerie embrasée par le grisou. Il y a surtout celle où Sainte Barbe va fleurir les tombes des victimes de la mine.

Un matin, un embrasement de grisou. Un incendie qui allume toutes les artères de la mine. Un incendie dans lequel Myen perd la vie et Liette la raison. Le corps de Myen ne sera pas retrouvé. Liette n'a aucune tombe sur laquelle se recueillir et cela ajoute encore à sa souffrance.

Liette continue de travailler, il lui faut bien vivre, se nourrir, se chauffer, se loger. Mais Liette ne sourit plus. Liette parle de moins en moins. Liette s'abîme dans sa tristesse. Que lui importe le printemps ? Que lui importe les rayons du soleil, les chants des oiseaux, les amours de ses compagnes ? Que lui importe la saveur des fruits, les parfums des fleurs ? Pourtant, Liette prie encore Sainte Barbe. Elle la prie de sauver des mineurs, des pénitents, d'éviter aux femmes et aux enfants de mineurs la souffrance qu'elle connaît. Elle repense aux légendes qui mettent en scène Sainte Barbe. Tandis qu'elle pousse les wagonnets, Liette pleure en silence. Dans son sommeil, il y a des flammes, des multitudes de flammes qui dévorent Myen. Pour Liette, il n'y a plus d'espoir de retrouver l'amour, plus de douceur de vivre. L'enfer est sur cette terre. Le diable, c'est le grisou.

Un soir, Liette va jusqu'au petit étang de Wasmes. Elle s'assied sur la berge. Elle pense à Myen, elle pense à Sainte Barbe. L'eau sombre dans laquelle se réfléchissent des étoiles, dans laquelle se mire la lune pareille à un bijou d'or, dans laquelle elle devine de magnifiques nénuphars et des algues gracieuses, l'attire. Liette se lève, elle va cueillir ces étoiles et ces nénuphars pour les offrir aux victimes du grisou. Ce sera une dernière offrande. Liette s'avance vers ce jardin artificiel, vers cette illusion. Ses mains se tendent pour cueillir des fleurs. Liette progresse dans l'eau. Liette se noie pour trouver au fond de l'étang les fleurs qui feront le plus beau des bouquets.

Liette est devenue le double de Sainte Barbe… Liette a fait sienne une légende…

Cette nuit-là à Wasmes fut une nuit calme et parfumée. Certains disent qu'ils ont entendu s'élever le chant de Liette, tandis qu'elle s'enfonçait dans les eaux grises.

Micheline Boland (extrait de "Contes en stock")

Publié dans Nouvelle

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Alain Magerotte a lu "2401" le nouveau thriller de Bob Boutique

Publié le par christine brunet /aloys

Alain Magerotte a lu "2401" le nouveau thriller de Bob Boutique

De prime abord, je n’aime pas ce qu’on appelle communément en littérature, une «brique». Cette mode consistant (c’est le cas de le dire) à sortir des romans de 500 pages et (bien) plus nous vient tout droit des USA.

J’estime (peut-être à tort) que tout peut être raconté en 250 pages… bref, on ne va pas y passer la nuit.

Quand j’ai pris connaissance de la sortie du premier gros roman de Bob, je me suis précipité pour l’acheter et cela, malgré le nombre de pages (448, fallait se les manger en évitant l’indigestion. Heureusement, j’ai toujours une boîte de pastilles Rennie à la maison).

Faut dire que je partais avec un à priori des plus favorables étant donné que je possède l’intégrale de l’œuvre du plus célèbre épicier, heu non, du plus célèbre libraire de Bruxelles et de sa périphérie. Deux tomes de contes bizarres jouissifs et un petit roman, «Les dix petites négresse», très drôle.

Au départ, ce roman devait s’intituler «Comme Jésus sur la croooa», mais sur la couverture, je lis : 2401 policier/thriller. J’aurais ajouté «fantastique» parce qu’il y en a dans cette histoire. Je ne peux d’ailleurs m’empêcher de faire un parallèle avec ce cinéaste canadien, David Cronenberg, dont une partie de l’œuvre (la première) mettait en scène des personnages aux corps martyrisés, mutilés ou dégradés par la naissance ou par quelques diaboliques expériences scientifiques («Frissons», «Rage», «La mouche»…).

Vous l’aurez deviné, je suis un fan de Cronenberg que j’ai eu l’occasion de voir en chair, en os et sans mutilation à l’occasion du Festival du Film Fantastique qui se tient à Bruxelles depuis 1983.

Là, j’arrête… paraît qu’il ne faut pas trop en dire… difficile quand on veut parler d’un bouquin, soit… respectons la demande de l’auteur.

Alors, voilà ce que l’on peut divulguer :
L’histoire commence à Chamy, petite entité d’une centaine d’âmes dont 7 sont persécutées par un Corbeau. Des victimes ciblées au passé «pas très net». Des meurtres, des enquêtes… l’histoire est en marche (bien que les personnages circulent en voiture, c’est plus pratique et plus rapide), elle passe par la Hollande et atterrit en Suisse du côté de Sion que semble bien connaître l’auteur.

Comme le souligne avec justesse Christine Brunet (la reine du polar «sérieux»), nous ne sommes pas en présence des traditionnels flics américains. Ici, les policiers sont belges, hollandais et suisses.

Rien ne manque à la panoplie de ce genre de récit : les fausses pistes, le traître (ou la taupe) qui finit par se racheter, le flic bourru au grand cœur (surnommé le bouledogue), la jeune inspectrice audacieuse, une impossible (?) histoire d’amour, le professeur machiavélique ou naïf, le flic pourri, les… stop ! Je n’en dirai pas davantage.

Tout cela est saupoudré par le style gouailleur de Bob Boutique. Il n’hésite pas à s’adresser au lecteur. Pour éviter une description, il invite celui-ci à consulter tel œuvre. Des remarques personnelles (très drôles) jalonnent le récit. Bref, on sent que l’auteur s’amuse et invite le lecteur à en faire autant. Exercice facile pour ce dernier. Car, oui, je me suis bien amusé à la lecture de ce roman.

A part les détails informatiques, par trop pointus, tout le reste coule de source et nous donne envie de poursuivre la lecture jusqu’au bout.

Une fois le bouquin terminé, il arrive ce qui doit arriver : devoir su
bir l’attente insoutenable avant la sortie du prochain livre du plus célèbre pharmacien, heu non, du plus célèbre libraire de Bruxelles et de sa périphérie.

Alain Magerotte

Alain Magerotte a lu "2401" le nouveau thriller de Bob BoutiqueAlain Magerotte a lu "2401" le nouveau thriller de Bob Boutique
Alain Magerotte a lu "2401" le nouveau thriller de Bob BoutiqueAlain Magerotte a lu "2401" le nouveau thriller de Bob Boutique

Publié dans Fiche de lecture

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Journal d'un trou de serrure, un texte de Louis Delville

Publié le par christine brunet /aloys

JOURNAL D'UN TROU DE SERRURE

Clic clac ! La porte s'ouvre sur une pièce un peu sombre… Chouette, je vais avoir un nouveau compagnon ! Qui est-il ? Pourquoi est-il là ?

Et puis, quelle drôle d'idée d'arriver un mardi ! Notez que la plupart des séjours commencent un mardi… Et je ne sais pas pourquoi ! Moi qui suis ici depuis plus de cinquante ans, je ne le sais toujours pas !

Mon nouveau voisin s'installe rapidement sur son lit, ouvre le gros sac et range ses affaires dans la garde-robe. Un rapide coup d'œil par la fenêtre : il fait gris et moche.

"Mon séjour commence bien !", sont ses premiers mots depuis qu'il est entré.

Mercredi, il s'est levé tôt, a rapidement fait sa toilette et s'est fait servir son petit-déjeuner au lit. Le serveur n'a pas voulu entrer et il a dû se lever pour prendre son plateau. Café fumant, tranches de pain mie, beurre et confiture plus un yaourt, comme il l'avait demandé !

Jeudi, on vient d'apporter son ordinateur et une imprimante. Le voilà assis à sa table pour des heures entières. Il l'a décidé, ses repas lui seront servis ici même. Pas de temps à perdre. Matin, midi et soir, toujours le même rituel : On frappe à la porte, on ouvre et on lui tend son plateau en reprenant celui du repas précédent. Il écrit sans s'occuper de rien d'autres, il écrit encore et encore.

Aujourd'hui vendredi, je l'ai entendu refuser de rencontrer un homme qui venait le voir "Dites-lui que je lui fais confiance et qu'on se verra lundi", a-t-il déclaré. Et il a continué à écrire. Une rame entière de papier, des centaines de pages, avec quelques dessins mais surtout des mots, des phrases et encore des phrases.

Et moi, je suis obligé de subir le cliquetis infernal de ce clavier de malheur qu'il utilise comme un fou !

Il en a des choses à dire, ce n'est pas possible. C'est le premier client que je vois agir ainsi en cinquante ans de bons et loyaux services. Il est près de minuit quand il s'arrête. Enfin, je vais pouvoir dormir !

Samedi et dimanche, deux jours de congé pour toutes et tous. Sauf pour lui et le personnel de service.

Il écrit, mange, écrit encore, imprime des pages et des pages…

Vingt heures dimanche, il s'arrête, quitte son ordinateur et relit tout. Il y passera la nuit et moi avec… Cette satanée lumière m'empêche de fermer l'œil. Heureusement je sais que dès lundi, il partira comme les autres et que mardi, un nouveau client le remplacera…

Enfin, vers cinq heures du matin, il tourne la dernière page. Il y écrit quelques mots à la main et semble satisfait.

C'est vers sept heures qu'on l'a réveillé et qu'on m'a réveillé aussi. Le directeur est venu en personne pour le saluer et les membres du personnel qui l'avaient côtoyé durant la semaine l'ont accompagné jusque dans la cour.

La guillotine attendait.

Louis Delville

Journal d'un trou de serrure, un texte de Louis DelvilleJournal d'un trou de serrure, un texte de Louis Delville

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Jacques Degeye sur le site ArdenneWeb

Publié le par christine brunet /aloys

Jacques Degeye sur le site ArdenneWeb
Jacques Degeye sur le site ArdenneWeb

Jacques Degeye (II)
Son œuvre

Ce deuxième article va nous permettre de découvrir la raison d’être de l’écriture de cet auteur atypique et hors du commun qu’est Jacques Degeye.
Se faire éditer est un parcours du combattant. Pour y arriver, il faut pour le candidat beaucoup persévérer et investir psychologiquement et financièrement. Jacques estime que sans contact avec le lecteur, écrire n’a pas de sens. Son souhait est de laisser, par ce biais, de belles traces sur terre et qui pourront être suivies par d’autres. Bien que la terre explosera un jour, dit-il, il veut exercer une influence dans les idées, par la forme, le beau et l’esthétique, tout comme un architecte laisse de beaux bâtiments à la postérité.
Bien évidemment, il y a aussi la fierté, un ego à satisfaire au travers de l’édition, sans que cela soit, pour lui, une thérapie. Esprit et corps sont mêlés à travers les humeurs et sentiments, c’est ce qui transparaît des créations de l’auteur. L’écriture c’est un sport dur et solitaire, il y a le stress de la page blanche, l’hésitation dans la forme et l’angoisse d’arriver à la fin. C’est un peu comme rouler à vélo. Souvent au cours de l’entretien Jacques fait référence à la rigueur. Quand on a un objectif, il faut, sans ambition, le bien faire et aller jusqu’au bout. Il ajoute qu’il espère que ses poèmes sont rigoureux dans la forme, le beau, le rythme et la musicalité et qu’ils apportent des idées.
Jacques Degeye déclare que l’homme n’est pas fait pour vivre seul, il doit être en relation, tout comme la religion relie les hommes, à condition toutefois de ne pas tomber dans l’excès que produit le sacré c’est-à-dire la violence. Ce qui l’horripile le plus c’est l’utilisation de l’expression « Que du bonheur ! » car pour lui le bonheur est quelque peu utopiste. Il existe des satisfactions, des jouissances, mais pas de vrai bonheur durable. Degeye reste méfiant, il nous dit avoir peur des autres. Contrairement aux idées de relations qu’il prône, il ne se livre pas d’emblée. C’est peut-être dans l’écriture qu’il trouve une compensation.
À suivre…
Jean-Claude Blaise

Si cet article vous donne envie de lire Jacques Degeye, vous pouvez vous procurer ses livres soit auprès de son éditeur, CHLOE DES LYS (rue de Maulde, 26 à 7534-BARRY - chloe.deslys@scarlet.be son site internet est www.editionschloedeslys.be ) soit en prenant contact avec l'auteur : jacques_degeye@yahoo.fr, qui pourra vous les fournir ou vous préciser les libraires disposant de ses ouvrages.

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En novembre, quoi de neuf sur notre blog ?

Publié le par christine brunet /aloys

En novembre, quoi de neuf sur notre blog ?

Cette année je (Marcelle Pâques) serai à nouveau responsable du stand des éditons Chloé des Lys au salon de Mon's livre.

Il aura lieu au Lotto Mons Expo les samedi 21 et dimanche 22 novembre 2015.
Ce salon est accessible gratuitement au public les samedi 21 et dimanche 22 novembre, de 10h00 à 19h00.

Il remporte chaque année un succès croissant !

Plusieurs maisons d'éditions, de nombreux auteurs, des conférences, animations pour les enfants etc...

Amicalement

Marcelle Pâques

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L'auteur est Carine-Laure Desguin !

Publié le par christine brunet /aloys

L'auteur est Carine-Laure Desguin !

Une blondasse dans la mouscaille

Le grand effiloché au teint blafard et aux binocles sur le nez soupire, manipule quelques pages d’un dossier désordonné, se penche vers la droite, ouvre un tiroir du bureau en bois laqué et en retire un paquet de feuilles, referme le tiroir et rive ses yeux de poissons morts sur son client, un p’tit gars aux allures de voyou, casquette de travers, sweat-shirt maculé de cambouis, la totale.

— Un truc qui coince, m’sieur ?

Quelques secondes de silence.

D’une voix faussement tremblante, le blanc bec reprend :

— Un truc qui coince, m’sieur ?

— Je ne suis pas sourd, jeune homme, rassurez-vous. Je rassemble les documents. Ceux que je vous lirez et que vous signerez, si dans le meilleur des cas il vous est possible d’enfiler une lettre à la suite d’une autre. Ces documents sont le symbole d’une vie qui glisse vers une autre vie, souvenez-vous en…

— Ah, okay, lance le blanc bec d’un air soulagé, tout en s’essuyant le front d’un geste désinvolte.

— Vous n’avez rien à craindre, reprend le binoclard sur le ton de la confidence. A moins que votre conscience soit lourde d’un certain poids.

— Ma conscience ? Ma conscience se fout pas mal de son poids ! Elle n’en n’a rien à cirer ! Et moi je m’en tamponne la coquille de tous ces trucs !

— C’est bien ce qu’il me semblait…Ma situation ne m’autorise à aucun jugement, hélas. Voyons, voyons, ah oui, voilà cette enveloppe.

Le binoclard ouvre l’enveloppe et d’une voix monocorde lit une dizaine de lignes d’une lettre manuscrite. Et puis il continue :

— J’ai bien vérifié. Jeff Shadows, c’est bien vous. Votre photo sur cette carte d’identité le confirme, en tout cas. Et de plus mais ceci n’est qu’une parenthèse, je vous aperçois parfois dans le parc de la résidence de Miss Shadows. Pauvre femme. Une vie fastueuse, une vie qui a brillé autant que ses diamants, une vie de reine. Et une mort tellement brutale. Mourir au printemps…La nature qu’elle aimait temps renaissait. Et elle, pauvre Miss Shadows, voilà que sa Jaguar s’engouffre sous ce poids lourd. Morte par décapitation. Je connaissais très bien votre tante. Comme vous voyez, nous sommes presque voisins…Vous êtes donc le fils de son défunt frère. Oui, c’est ça, je me souviens à présent. Miss Shadows me parlait parfois de son enfance, à Londres et de ce frère qui avait épousé une française, la sœur de son défunt mari. Cher ami, deux questions. Ferez-vous vos adieux à Pigalle et habiterez-vous la résidence principale, ici, à Neuilly ? Et le personnel, que ferez-vous du personnel ? Dany, le jardinier et Emma, la cuisinière sont très inquiets de leur sort, ils m’ont fait part de leur désarroi.

Le blanc bec répond, tout en mâchouillant son chewing-gum :

— Le personnel ? Il valse dehors, bien entendu ! J’ai une meuf, ça fera bien l’affaire pour les fourneaux.

— Bien sûr, je m’en doutais un peu. Et le parc ? Qui entretiendra ces arbustes magnifiques ? Ces parterres dignes du château de Versailles ? Je pense à ces pauvres fleurs qui n’ont fait de mal à personne, en somme…

— Ben…Ma meuf ne restera pas la journée devant ses casseroles…

— Oui, c’est certain. Voilà, Monsieur Shadows, vous êtes le seul et unique héritier. Une résidence ici, à Neuilly, une autre dans le centre de Londres. Vous êtes actionnaire de plusieurs holdings…Tout est spécifié dans ces documents que vous venez de signer. Madame votre épouse sera ravie, toutes mes félicitations.

— Merci, m’sieur. Tout le plaisir est pour moi, comme on dit…Mais pour moi seul. Je ne suis pacsé à personne. A présent, on verra. Tout ce pognon me donne une envie dinguo de faire une fiesta d’enfer ! Avec des feux d’artifice, de la gnole qui coule à flot et une musique techno qui ferait vibrer les caves de l’Elysée, traverserait la Manche et s’attaquerait à Buchkingam Palace !

— Au revoir, Monsieur Shadows. Et à bientôt, puisque nous sommes désormais voisins, soupire le notaire d’une voix blanche et monocorde.

Devant le grillage de la résidence, Tina, une espèce de blondasse boudinée là où il convient de l’être fume une clope, la xième clope depuis une demi-heure.

— Et alors ? fulmine-t-elle en voyant arriver son Jeff Shadows.

— Tout est à nous, baby, tout est à nous ! hurle-t-il en lançant les clés et les documents et en prenant par la taille cette Tina qui pousse tout à coup un cri de hyène.

— Tu es certain ? Ce vieux con ne t’a trouvé aucun pou ? On n’sait jamais, avec ces richards. Parfois, ils sont traversés par des espèces d’idées tellement malsaines et saugrenues.

— Oh, baby, à nous la belle vie ! Une vie d’enfer ! Fêtons ça ! Ça va péter !

— Ben tu vois mon minet, j’ai pensé à tout ! rétorque-t-elle en roulant des hanches tout en ramassant un sac à présent bien chaud d’avoir passé une trentaine de minutes sous le soleil ardent de cet après-midi de mai.

— Ah, le bruit de ces bouteilles, ce cliquetis….Fiesta ma belle, c’est la fiesta ! T’es vraiment une sacrée gonzesse, tu penses à tout !

— A tout mon trésor d’amour, vraiment à tout, tu ne devineras jamais jusqu’où ma cervelle peut gamberger, susurre-t-elle d’une voix sensuelle.

Le printemps est croquignolet, les arbres sont en fleurs et les rayons de soleil pétaradent comme si eux aussi, ils préparaient une farandole dans un grand circus. Fébriles, les tourtereaux n’admirent même pas leur castel et le parc fleuri qui l’entoure, ils ouvrent direct les lourdes de ce Versailles, font trois pas dans le hall gigantesque encore tout blinquant et lèvent les bras en l’air, en signe de victoire. Ils se font des grimaces tout en se regardant dans un grand miroir auréolé de feuilles dorées et passent la langue à une photographie (signée Harcourt) de Miss Shadows. Trente secondes plus tard, ils s’affalent sur un canapé british style Chesterfield.

— Alors, baby, une coulée de pinard ?

— J’ai ce qu’il nous faut ! Savourons cet instant…dit cette Tina de sa voix sulfureuse et t’as pas envie d’autre chose ? continue-t-elle en tortillant son corps grassouillet contre celui ce Jeff Shadows.

— Ah, baby, on a toute la vie devant nous pour la baise et tout ça…

— Okay, dit-elle en se dirigeant vers le bar. Et puis, tout ce stress m’a chauffé les sangs. Désaltérons-nous !

— On voit que tu connais tous les coins du castel, baby.

— Tu rigoles ou quoi ? rétorque-t-elle sur un ton moqueur tout en tirant sur sa minijupe en jean.

— Oh oui, je rigole, baby. On n’a plus que ça à faire, rigoler, baiser, tuer le temps !

— Voilà les verres tout frais sortis du bar de ta vioque et le pinard est là, dans le sac en plastique.

— Entamons la gnole du bar ! Profitons de tout ça !

— Inutile, le pinard est là, je te dis, là, insiste-t-elle en montrant du doigt le sac en plastique avec inscrit dessus Auchan.

— Allez baby, les glass, on s’en tamponne après tout, profitons un max !

— Yes, au goulot !

— Par la même occase et puisque c’est la journée des bonnes nouvelles, j’aime autant te dire que tu tarderas pas à voir la tronche de m’sieur l’maire…

— Oh Jeff, tu es si chou…

— J’te l’fais pas dire, rétorque le blanc bec. Ça s’appelle régulariser les choses. Ce qui est à moi sera à toi, les castels, le pognon et tout ça.

— Oh Jeff, oh Jeff, je suis si heureuse…

— Ouais, et tout ça grâce à cette vieille peau qui s’est tranchée la cervelle. Fini le gourbi, vive le castel !

Le pinard coule à flot et les deux infâmes, bientôt ivres morts, titubent dans le living room, s’enroulent au passage dans une nappe couleur vermeil, prennent pour un ballon de foot les pieds d’une commode Louis XV, lancent des ding-dong devant la pendule du comte d’Artois et renversent un guéridon porte-girandole.

— Y’a plus d’pinard, gueule Jeff de sa voix nasillarde. Tina, y’a plus d’pinard !

Tina est plongée dans les bras de Morphée et derrière les couches de mascara qui enflamment ses paupières de nouvelle princesse défilent des chars d’or, des robes cousues de diamants et des princes d’Arabie qui se bousculent pour se prosterner devant elle.

Dans le bar de la vioque, d’un geste sec, Jeff attrape une boutranche de rhum et sur sa lancée, se l’enfile en une seule goulée. Ou presque. Soudain, il sent que son palpitant commence à battre la breloque, le décor du castel chavire et toutes ces couleurs rutilantes virent au noir le plus total.

— Tiiiiiina ! a-t-il la force de gueuler encore une fois tout en s’écroulant sur sa belle.

— Oh Jeff, pas maintenant, il fait si chaud…

Mais sentant ce poids inerte, la blondasse sort de sa léthargie et n’en croit pas ses yeux en voyant les pupilles de Jeff se révulser et…

— Oh non, Jeff, pas celle-là, pas celle-là !

La blondasse sent tout à coup ses sangs qui se glacent et ce soleil qui se la pète derrière les grandes fenêtres du castel ne parviendra pas à réchauffer cette gnace de pacotille.

— Pour…quoi ? a encore la force de murmurer cet enfoiré au visage à présent vérolé, de l’écume sortant de la bouche et le corps se raidissant de plus en plus.

— C’est la boutranche de la vieille ! Il y a dedans un poison…C’est moi qui ai précipité la mort de cette vieille peau…Oh Jeff, et nous ne sommes même pas mariés ! Oh Jeff, pas maintenant, ne meurs pas maintenant ! Pas aujourd’hui ! Oh Jeff ! hurle-t-elle en secouant la caboche inerte de Jeff Shadows qui à l’instant même vient de franchir les eaux malsaines du Rubicon.

CARINE-LAURE DESGUIN

http://carineldesguin.canalblog.com/

L'auteur est Carine-Laure Desguin !L'auteur est Carine-Laure Desguin !L'auteur est Carine-Laure Desguin !

Publié dans auteur mystère

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