Marie-France Adnet et son roman, Harceleuse dans Paris-Match
Pour rappel : qui est Marie-France Adnet ?
Marie-France Adnet, diplômée en journalisme et communication sociale de l’Université Libre de Bruxelles, a travaillé pour de nombreux magazines de la presse écrite, en qualité de journaliste puis de rédactrice en chef adjointe. Cette Bruxelloise, également chargée de communication pour diverses sociétés, a aussi été chroniqueuse des émissions de télévision « Clé sur Porte » (RTL-TVi) et « Sans Chichis » (RTBF). Après avoir écrit l’ouvrage « Toute la déco en 150 conseils », paru chez Racine en 2011, elle signe ici son premier roman.
Un court extrait de son roman
Fleur n’est pas très à l’aise depuis l’incident de la lettre de menace. Elle craint qu’elle ne porte préjudice à sa carrière ou serve d’excuse à Delamallette pour agir contre elle. Les regards qui se posent sur elle, lors de ses allées et venues dans la rédaction, lui paraissent plus lourds. L’œil noir de Dinosaurus à chacun de ses déplacements la fait transpirer, paniquer. Aucun élément signifiant ne peut confirmer cette peur envahissante, mais elle se sent plus que jamais victime.
« Pour un peu, je vais devenir complètement parano », se dit-elle.
Une semaine plus tard, alors que rien ne l’annonce, sauf un pressentiment, le directeur l’appelle dans son bureau…
Triste parapluie, un texte d'Albert Niko
Triste parapluie
Parfois, pour la balade, il m’arrive de revenir sur les lieux de mon enfance, comme le Chemin de la Comtesse, rebaptisé depuis “ Chemin ENTRE les MURS ”. À l’image du temps passé la comtesse s’en est allée, et les murs ont gagné. Je ne sais pas combien de temps cela prenait au juste d’en faire le tour – l’après-midi, je dirais. Aujourd’hui, même en marchant le plus lentement du monde, il ne faut pas compter plus d’une demi-heure. Le talus surplombant l’allée à mi-parcours n’est plus cette montagne dominant le reste du monde. Et les chevaux du domaine voisin ont beau hennir, jamais je ne les vois courir. Si quelqu’un les monte, ce n’est que dans l’imagination d’un enfant disparu à ce jour.
Peu importe. Je fais mon tour et cela me dégourdit les jambes.
Au bout je retrouve le pavé, et les voitures. En remontant le vieux village, je sais que lui aussi sera au rendez-vous. Fidèle au poste, il garde l’entrée de la maison. En appui contre la porte, le parapluie me regarde. Je le sais parce que c’est quelque chose que l’on sent quand on passe devant une petite maison où il n’y a rien d’autre qu’un parapluie contre la porte d’entrée.
Il y a une école en face et la cour est pleine d’enfants qui courent dans tous les sens, c’en est une débauche d’énergie telle que je préfère me tourner vers la maison, et ce qui paraît être son unique occupant. Il n’y a pas d’habitant chien, pas d’habitant fleur, et la maison est tout à fait calme.
Pluie ou pas pluie, le parapluie se tient là et regarde vers l’école. J’essaie de me mettre à la place d’un parapluie. Comment un parapluie fait-il pour en finir ? Sa morphologie le lui interdit.
La pluie, le froid et l’école…
Sur le chemin, je pense toujours à mon ami parapluie. Le sort de ce parapluie me rend triste. Et puis je pense à ma vie, ma propre vie, et à tout un tas d’autres vies, et je vous assure qu’il n’y a pas de quoi rire. Au fond nous ne valons guère mieux, attendant comme ce parapluie, sur le pas de notre porte, que quelqu’un vienne à passer. Quelque chose ou quelqu’un.
Aujourd’hui, l’Ombre de l’Aigle Noir a dénombré 168 voitures, 18 vieillards, 37 enfants, pour un total de 97 personnes dont l’une, hésitante, a marqué un temps d’arrêt, avant de poursuivre sa route.
ALBERT NIKO
L'homme au grand chapeau
Cyprien Ameloot se présente et présente son livre "Hélas"
Cyprien Ameloot. Né au début des années '80 en Belgique. Les années ont passé. J'ai passé le cap de la trentaine et vis actuellement à Bruxelles.
Hélas est le premier roman que j'ai écrit. Pas particulièrement porté par l'écriture auparavant, l'envie s'est fait sentir alors que je vivais à Montréal, il y a quelques années. Je n'ai plus arrêté depuis.
Le roman, tout naturellement, se passe dans cette ville et raconte l'histoire d'un jeune homme qui tente de se remettre sur pieds. Si cela semble auto-biographique, ça ne l'est pas.
Et la 4e de couverture ?
“ Cela faisait sept heures que j’avais fui Bruxelles. Pourquoi, au fond , si je l’aimais? Pour combien de temps? Que cherchais-je? Qu’allais-je trouver dans l’hiver canadien? Ce n’étaient pas des questions que je m’étais posées. En général, j’évitais de m’en poser, ça m’allait mieux comme ça. Au contraire, dès que l’une ou l’autre s’avisait de m’approcher de trop près, je les repoussais au loin d’un revers de la main. Je ne voulais plus me laisser prendre dans leur filet.”
Les paroles du “Lost Canadian” en tête, un jeune homme décide de s’exiler dans la belle province. Il tentera de s’y reconstruire au gré des découvertes et des rencontres. Pessimiste de nature, cynique par choix, cette quête angoissée le mènera à une impasse. Par ce livre sensible, dur et drôle à la fois, l’auteur nous place face au miroir de nos propres envies et faiblessses.
Patrick Beaucamps dans l'Avenir.net
http://www.lavenir.net/article/detail.aspx?articleid=dmf20150301_00609229
Bibliothécaire à Ath, Patrick Beaucamps explore l’écriture à partir du quotidien. Deux ouvrages sortent de presse.
Installé à Blaton depuis quelques années, l’auteur de «Tant d’eau sous le pont » (poèmes) et de «Brasero »(nouvelles) est né à Tournai. La vie l’a emmené sur des sentiers divers. Du métier d’ouvrier imprimeur à celui de cheminot, il a côtoyé pas mal de monde et aujourd’hui, les livres et lecteurs occupent ses journées et le passionnent.
C’est en 2003 qu’il publie son premier opus aux éditions Chloé des Lys. «Le Bruit du Silence » s’inscrit déjà dans une démarche poétique, à la recherche d’instants fugitifs chargés de sens. Aujourd’hui, «Tant d’eau sous le pont » inventorie des pages saisies au vif de l’existence.
Les sanglots d’une passagère, l’ultime sourire d’un vieil homme, la fête foraine, la furtive avancée d’un renard… Des images volées au temps qui passe et ne revient pas, de petites lueurs aperçues par hasard, quelques ombres portées plus loin: la moisson du poète est tonique, émouvante. «L’essentiel doit être dit en peu de mots,confie Patrick
Et la nouvelle ne s’éloigne pas vraiment de cette option. Entre le premier jet et le texte final, il peut y avoir une quinzaine d’étapes. Il s’agit de resserrer, de raboter, de travailler de telle façon que le lecteur ne se sente pas pris par la main. À lui de se tracer un itinéraire, de se débrouiller, de s’approprier l’histoire.
Un récit, c’est une petite part de réalité et énormément de travail tout autour.
Quelqu’un entre dans le bus. Ce qui est vécu en sa présence est personnel, cela se déploie entre les lignes, pour le témoin que je suis. Juste un moment. On a une idée de ce qui s’est passé avant, de ce qui se passera après. »
Il est vrai que les nouvelles de «Brasero » ne disent pas tout. Avec légèreté et gravité à la fois, l’auteur invite chacun à une aventure intérieure, fluide et bienfaisante.
Christian Eychloma a lu "La Bûkiné d'Anna" de Noëlle Fargier
J’ai lu « La Bukinê d’Anna », par Christian Eychloma
Qui ne se souvient du tout début de « Mozart », ce chef-d’œuvre cinématographique où Salieri, au soir de sa vie, procède à une stupéfiante analyse d’une des œuvres du célèbre compositeur : « Sur le papier, ça n’avait l’air de rien. Le début était simple… »
On pourrait à bon droit s’étonner de la comparaison puisqu’il s’agit ici non pas de musique mais de littérature. Telle a pourtant été mon impression première en ouvrant « La Bukinê d’Anna » qui n’a pas immédiatement éveillé ma curiosité. Très vite cependant, au fur et à mesure de ma lecture, je me suis senti submergé par une débauche de sensations visuelles, auditives, olfactives, tactiles, une poétique symphonie de couleurs, d’échos, de senteurs...
La toile de fond se révèle peu à peu. Deux territoires séparés par un cours d’eau, tantôt léthargique, tantôt impétueux, le Douro.
D’un côté, protégée par un mur d’enceinte, la cité d’Hélios où demeure le peuple sédentaire des hommes et des femmes aux cheveux couleur de soleil. Ils ont développé une industrie rudimentaire qui leur permet de bâtir des habitations en dur relativement confortables, les « chibottes ». Ils maîtrisent le tissage, l’usage de la teinture, la poterie, la fabrication de vêtements textiles. Ils sont polythéistes et leurs dieux leur ont imposé des coutumes barbares auxquelles tous les membres de la communauté sont soumis. Ils incarnent le début de la civilisation, avec tout ce que ceci représente en termes de contraintes et d’inhumanité...
De l’autre côté du Douro, au-delà de la redoutable forêt de l’Ombre, au pied d’un volcan assoupi, la tribu du Lac. Ces hommes et ces femmes à la chevelure couleur de nuit sont plutôt nomades, vivent dans de fragiles huttes de bois et sont vêtus de peaux de bêtes. Leur art est relativement sommaire et se limite à la décoration des parois de la grotte où ils se réfugient en cas de forte intempérie. Ils sont monothéistes et extrêmement pacifiques, ont développé des relations sociales harmonieuses qui permettent à tous et à toutes de vivre dans la sérénité. Ils incarnent « l’âge d’or », une époque bénie où la terre appartenait à tout le monde et où personne ne songeait encore à se l’approprier .
Emporté par un texte truffé de symboles, on suit alors l’histoire incertaine de Matobe, aveugle de naissance, fille de Belenda morte en couches, et dont la vie commence dans un monde hostile peuplé d’êtres humains aux rituels impitoyables et régi par des dieux aux humeurs impénétrables.
On fait tout doucement connaissance avec de très nombreux personnages, dont Varna et Inanna, les deux sœurs de Matobe, Bacab, le chef de la tribu, Buluc, homme aigri et mesquin, et beaucoup, beaucoup d’autres… Et la fameuse Anna, me demanderez-vous ?
Anna ? Vous la rencontrerez avec surprise dans les toutes dernières pages de « La Bukinê d’Anna » !
Christian Eychloma
Alexandra Coenraets vous propose un extrait de son roman "Naissance"
Laurence croyait s’en être sortie, avoir fait le deuil de cette enfance terrible et damnée ; or, un homme ne cessait de l’y confronter jour après jour, rendant la plus mince possibilité de fuite vaine et inutile.
Finalement, tous deux étaient mis face à des craintes très similaires.
Elle lisait dans le bleu clair de ses yeux, troublait le halo mystérieux dont il s’entourait, et en faisait transparaître la vérité intérieure. Ni l’un ni l’autre n’étaient prêts à mettre en contact leurs deux vérités. Ils devaient apprendre auparavant à gérer les profondeurs de leurs âmes respectives, empêcher que le flot de leurs émotions ne les submerge et les entraîne hors de raison, comme cela avait été le cas jusqu’à présent.
Si les sentiments tirent leur extrême beauté d’échapper à l’emprise du rationnel lorsqu’ils sont à leur paroxysme, il est utile de savoir que l’analyse logique et l’observation des faits peuvent aussi débloquer une situation embourbée dans la douleur.
Eloignés physiquement l’un de l’autre, ils allaient pouvoir donner libre cours à leur intuition, s’offrir le luxe de mener leur vie telle qu’ils l’entendaient et déployer leurs ailes dans leur totalité.
Allaient-ils se retrouver par après ?
Pour l’instant, ce n’était pas la question.
C’est sûr, Laurence se serait perdue dans la relation. Elle en était convaincue.
Déjà, parfois, elle se perdait dans le monde extérieur. La faute à l’inceste.
Merde !, s’entendit-elle crier.
©Alexandra Coenraets - 2013
Le Pays Noir, un texte de Carine-Laure Desguin sur le dernier album de Ernest H, Le blues du Pays Noir
— Ça swingue pas mal dans ton actu ! N’est-ce pas, Carine-Laure ? Tu nous expliques comment un de tes textes se retrouve sur le dernier CD d’Ernest H. ?
— Vous ne connaissez pas Ernest H. ?
— Heps, c’est nous qui posons les questions chère amie, et pas toi ! Ernest H. ? Non, nous ne connaissions pas !
— Ernest Hembersin ? Vous ne connaissez pas Ernest Hembersin ?
— Le leader du groupe Ablaze ! Un groupe très connu dans la région et qui a presté sur de grandes scènes parisiennes voici quelques années. Oui, tout le monde connaît Ernest Hembersin !
— Ernest Hembersin et moi, nous nous connaissons depuis quelques années. Sur son album Cabaret-Vert http://carinelauredesguin.over-blog.com/article-82-dans-les-rues-de-charleroi-devient-cabaret-vert-116334341.html,
il avait déjà mis en musique un de mes textes. Et c’est toujours un moment d’émotion pour un auteur lorsqu’il entend son texte chanté sur scène…
Mais voici Ernest Hembersin en interview, il dit tout de lui, c’était en avril 2013 :
https://www.youtube.com/watch?v=TuTwIrIRX3M&feature=em-uploademail
— Tu tritures le dernier album entre tes mains, Carine-Laure. Mais dis-nous plutôt comment nous pouvons nous le procurer. Où, quand, comment ? Combien de morceaux et quels sont les auteurs des textes ?
— L’album s’appelle Le blues du Pays Noir et comprend 14 morceaux. Toutes des chansons de qualité ! Je suis gâtée. Sur mon texte Le Pays Noir, Ernest H a composé un blues.
Intéressé par cet album ? Contactez Ernest H. !
ernesthambersin@brutele.be (aussi par mp FB)
— Tu as d’autres news pour les prochains mois, Carine-Laure ?
— Oui ! En mars, quelques uns de mes textes surréalistes seront déclamés par les élèves de l’Académie de Marchienne-au-Pont. Ce sera un spectacle tout entier consacré au surréalisme. J’en reparle bientôt. En avril, une expo de textes, des textes inspirés par les dessins de Nina Vanhaverbeeke. Nina expose ses dessins et moi mes textes, un beau duo. Et en mai, Rue Baraka version langue vivante….Toutes les infos bientôt !






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