Edmée de Xhavée a lu "Otage" de Sam Guetof
Un suspense « rondement mené », car ça roule, croyez-moi !
Olivia Marlier, psychologue sans histoire si ce n’est son histoire d’amour avec Florian son mari, et celle de maman comblée de deux enfants – l’un encore au sein – est un soir brutalement enlevée dans sa propre voiture par un homme vêtu de noir et armé, pour se réveiller, en proie à une migraine tenace, dans une cave qui visiblement n’attendait qu’elle. Ou, tout au moins, un otage. Elle est attachée par une chaine fixée au mur.
Un de ses ravisseurs, Kylian, ne fait qu’accomplir une mission qu’il lui présente : il l’a enlevée pour obtenir une rançon de son époux. Son attitude est ferme mais sans agressivité : il suffira d’attendre l’argent et tout rentrera dans l’ordre. L’autre ravisseur est plus menaçant et représente rapidement un danger : celui-là est aussi très intéressé par un butin sexuel, tant qu’à faire.
Passent les jours pour l’otage, désespérée de voir son lait se perdre alors que son enfant doit la chercher. Préoccupée car elle sait que Florian ne peut pas réaliser le montant de la rançon demandée sans se mettre en difficulté, et est bien forcée de prendre patience. Passent aussi les jours pour les ravisseurs, dont elle comprend habiter la cave. Toute la famille occupe la maison, et entre les égards prudents de Kylian et la peur que lui inspire Dono, dont le testostérone gouverne le comportement, le temps s’écoule et change l’ordre des choses.
Qu’est-ce qui retarde Florian ? Sait-il où elle se trouve ? L’ont-ils contacté ? Rentrera-t-elle un jour chez elle comme on le lui fait croire ?
Très bien rythmé, ce livre tient en haleine jusqu’à la fin, bravo à l’auteure !
Edmée de Xhavée
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Clément Bonnet nous présente son roman "Mère et Monstres"
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Résumé :
Laurent, « enfant alibi », comme il se pense lui-même, cherche à comprendre la violence et le silence qui régissent les lois au sein de sa propre famille. Pour cette quête, il décide de passer par l’écrit mais peine à trouver les mots. Il lui manque alors une pièce essentielle, un non-dit familial.
Extrait
« Nudité
Dans le trois pièces aux murs froids, Marie-Pierre, pour réchauffer l’atmosphère de la salle de bains frigorifiée, jette une allumette dans une casserole contenant de l’alcool à brûler. Elle crée ainsi un feu à la bonne odeur de pétrole. Laurent est fasciné par ce feu qui s'allume instantanément et prend fin une fois l’allumette calcinée. Tout l’alcool s’évapore, les flammes diminuent et, petit à petit, disparaissent en léchant l’allumette qui se contorsionne et se tord avant de s’éteindre définitivement et n’offrir que le spectacle d’un mince et frêle bout de charbon d’un noir absolu. En plus du spectacle, le temps de l’extinction complète rythme l’ensemble de la toilette car si ce rituel hivernal réchauffe rapidement la petite pièce, celle-ci redevient immédiatement froide avec l’arrêt des flammes. Plus tard, Laurent reproduit les mêmes gestes dans son premier appartement dont le loyer est payé par ses parents. Et ce n’est pas tant pour réchauffer l’instant de la douche que pour revivre les sensations de son enfance et revoir sa mère venir à bout du froid avec trois fois rien. Elle arrive avec sa casserole, son allumette, sa bouteille grise en plastique et rapidement, réchauffe la pièce. La plupart du temps, elle remplit une bassine d’eau chaude qui fait office de petite baignoire dans laquelle elle lave son fils. Pendant qu’il profite de son bain, elle se déshabille et prend une douche. Laurent n’en finira plus par la suite, pré-adolescent et adolescent, de voir sa mère nue qui se douche et pisse la porte ouverte. Il apprend que le pipi rouge signifie qu’elle ne va pas avoir d’enfant. Il ne saisit pas bien le lien entre les deux mais se contente de cette réponse lorsqu'il l’interroge à la vue du jet sanguin qui sort de son entrejambe. Il voit ce qu’il ne devrait pas voir. »
Biographie :
Je pratique l’écriture de manière régulière depuis une quinzaine d’années. J’ai tout d’abord commencé à écrire des chroniques ayant toujours comme arrière fond le métier d’éducateur spécialisé. Avec ces chroniques ma visée est de romancer cette profession, de la prendre comme point d’appui pour en faire de la littérature. A cette fin, j’ai créé un personnage récurrent « François Durand, éducateur spécialisé de son état. » qui se présente, non pas comme simple professionnel, mais bien comme étant aux prises avec tous ses démons, désirs, pulsions, doutes, etc.
Ces chroniques ont pu être publiées dans diverses revues et depuis maintenant deux ans j’officie comme billettiste au sein du magazine « Lien Social », sous le pseudonyme de « La Plume Noire. » Ainsi, mon inspiration pour ces écrits est essentiellement autobiographique même si dans un deuxième temps je cherche à romancer.
Pour ce qui est du manuscrit proposé ici, j’ai pris mes distances avec le métier d’éducateur spécialisé. Néanmoins, la question de l’éducation demeure centrale mais cette fois-ci, il m’importe d’en rendre compte plus intimement, plus proche de la famille, avec tout ce que cela charrie pour moi de silence et de violence.
Résultat du concours "Fureur de lire, fureur d'écrire" acte 4
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Ils ont participé à l'acte 4 : l'un de vos personnages vous écrit une lettre"
Texte 1 : Carine-Laure Desguin
Texte 2 : Joe Valeska
Texte 3 : Philippe Desterbecq
Texte 4 : Ani Sedent
Texte 5 : Edmée de Xhavée
Texte 6 : Ani Sedent
Texte 7 : Maguerite Debois
Texte 8 : Micheline Boland
Résultats :
Texte 1 : I
Texte 2 : IIIII
Texte 4 : II
Texte 5 : II
Texte 6 : I
Texte 7 : I
Texte 8 : I
Et notre dernier gagnant est Joe Valeska avec 5 voix ! Bravo ! et merci à tous les participants !
Prochain concours, début juillet...
Concours acte 4 : texte 8 - Dernier texte. Votez sur ce post jusqu'à ce soir 20h !
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Chère amie, chère auteure,
Dans une de tes nouvelles "Recette exceptionnelle", tu as fait de moi une harceleuse. Tu m'as poussée à prendre ma prépension, à recourir aux compétences journalistiques de certains de mes proches pour amener un jeune chef de restaurant à progresser et aussi à se faire connaître davantage dans tout le pays. Oui, tu m'as conduite à pousser ce jeune adulte à s'améliorer au fil des jours après l'avoir dans un premier temps flatté lorsque j'avais découvert ses talents. Tu voulais qu'il fasse preuve de plus de raffinement et de plus d'audace. Tu le poussais à l'excellence ! C'est pourquoi, je te dis aujourd'hui : sois aussi exigeante envers toi-même que je l'ai été envers lui ! Relis-toi davantage. Enlève ces adverbes encombrants, ces adjectifs d'une banalité insupportable. Relis-toi également à voix haute. Ne crains pas de sabrer là où il faut. Trop, c'est trop. Mets un peu plus de poésie. Recours à des métaphores plus recherchées. Varie le rythme. De grâce n'envoie plus à des revues et pour des concours de tels textes imparfaits. Tu devrais avoir honte de ces textes sous lesquels se trouvent ton nom et ton prénom ! Tu es capable de plus de qualité si tu t'en donnes la peine. Dépasse-toi bon sang, hausse ton niveau ! Tu n'es qu'une écrivailleuse, pauvre amie ! Tu n'es qu'une paresseuse ! Dis au plus vite adieu à tes bleuettes. Mets davantage de suspense dans tes récits. Sois plus imaginative. Ose échafauder, prévoir et évoquer le pire, ose choquer et faire rire. Évite les clichés. Rends tes personnages moins naïfs, mois crédules. Rends-les plus réfléchis.
Autre chose encore ! Ne te compare aux autres, ne sois pas satisfaite de toi parce que tu as publié nettement plus de textes que ce cher camarade de classe qui écrivait aussi et dont ta mère chantait les louanges ou encore parce que tu as publié davantage que cette copine du secondaire revue durant des vacances à l'étranger. Ce camarade est décédé depuis quelques années déjà, il avait des parents moins à son écoute que les tiens, il a eu une vie professionnelle plus dévoreuse de temps que la tienne. Cette copine a, elle aussi apparemment, dû travailler plus dur que toi. Pourquoi ne te compares-tu pas plutôt à cet auteur actuellement reconnu que tu as côtoyé l'une ou l'autre fois en classe terminale ? Celui-là pourrait être un modèle pour toi ! Analyse ses stratégies d'écriture !
Bouge-toi, écris ! Ne reste pas assise des heures devant ton téléviseur.
Chère amie, j'ai écrit l'essentiel, me semble-t-il.
Ce ne sont que des conseils, mais je t'en prie accorde de l'attention à mes propos. Prends un peu de temps pour me lire, arrête un instant l'éventuelle activité qui t'occupait peut-être.
Je finirai ici en te disant que je ne suis pas rancunière et que je ne veux que ton bien.
Concours acte 4 : texte 7
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Reviens !
Et tu crois t'en tirer comme ça ?
Tu m'as condamnée à errer pendant plus d'un an dans cet espace-temps nébuleux qui vacille entre la vie et la mort.
Tu m'as surprise dans les bras de mon petit ami, telle une vulgaire voyeuse.
Tu as fait passer mes parents pour des rustres et des affabulateurs.
Tu les as volontairement empêchés de faire leur deuil.
Tu as poussé mon père au suicide et à l'assassinat de ma mère.
Tu as malmené les habitants et les touristes de mon île.
Tu as dévoilé mon histoire et nos intimités au monde entier ( si ! j'en suis sûre , ne fais pas cette tête hypocritement modeste ).
Tu as cru qu'une compassion de bon aloi allait arranger cela.
Tu as cru qu'une stèle cachée au fond des bois allait tout effacer.
Tu as cru respecter notre culture mais tu t'es trompée sur nos rites funéraires.
Tu as cru respecter notre folklore en dansant comme une hystérique devant notre troupe de danseurs et danseuses chevronnés.
Tu n'as rien compris aux problèmes des réfugiés syriens en Grèce.
Alors ?
Attendu que tu m'as bel et bien fait basculer de l'autre côté de la vie,
Attendu que tous les reproches qui précèdent sont avérés noir sur blanc dans ton livre,
Je te condamne à ...
Non, je ne peux pas.
Je suis sûre que malgré le destin et les mésaventures que tu as réservés à tous les personnages du livre, tu les as aimés et chéris.
Et puis, tu n'es pas entièrement responsable, je crois. Plus d'une fois ils t'ont échappé et n'en ont fait qu'à leur tête, comme moi.
Alors, reviens te coucher sur le sable chaud de l'île, ferme les yeux, écoute le vent, le flux et le reflux des vagues... et rêve !
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