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Ani Sedent chronique "Le Bic et les pierres" de Pascale Gillet-B

Publié le par christine brunet /aloys

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Edmée de Xhavée a lu "Journal d'un cachalot" de Gauthier Hiernaux

Publié le par christine brunet /aloys

Un recueil de nouvelles sans fil conducteur sinon… la noirceur, mais également avec un point commun qu’on ne peut ignorer : l’atmosphère y est toujours décrite avec un rendu cinématographique.

Le cachalot, c’est Orson Welles qui y mettrait du sien. « C’était une caricature d’être dont la physionomie inspirait, si pas la pitié, le dégoût le plus profond. Une sorte de bonhomme de neige réalisé par un enfant fiévreux. L’individu portait des vêtements élégants quoique passés de mode, et tenait à chaque main une canne de métal l’empêchant de verser. ».

Le taximan sans illusions de Los Angeles, qui charge un étrange client vêtu d’un long manteau d’alpaga sous 20 degrés, et des lunettes solaires… il nous projette dans l’ambiance des taximen auquel le grand écran nous a habitués, la nuit, la lassitude, les traits fatigués, l’œil aux aguets dans le rétroviseur…

Des nouvelles que l’on déroule pour y trouver plusieurs désespoirs lents, exprimés avec la cruauté inutile envers soi ou vers l’autre, comme dans les bons vieux polars des années 50 et 60, où des femmes en combinaison soyeuse, cigarette au bec et lèvres de vampires, souffrent en faisant souffrir, où des hommes boivent et croient aimer. La violence est parfois une simple réaction naturelle, rien de personnel, il faut juste s’en sortir.

Et de ces nouvelles, on en sort un peu groggy, on revient de loin, d’une salle obscure soudain éclairée à nouveau, désenvoûtés.

 

EDMEE DE XHAVEE

 

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Ani Sedent chronique "La douceur du brontosaure " de Maël Gentgen

Publié le par christine brunet /aloys

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Patrick Beaucamps nous propose deux extraits de son recueil "Entre rivière et forêt"

Publié le par christine brunet /aloys

Puzzles

 

    On nous appelait les Starsky & Hutch du bâtiment A, Tony et moi. Nous avions sympathisé dès le premier jour de mon admission au centre et nous ne nous étions plus quittés depuis. Ce jour-là, j’étais arrivé complètement soûl, afin de marquer le coup avant le grand plongeon dans l’abstinence. J’étais parti déjeuner dans un grand restaurant pour fêter ça et j’avais commandé quelques grands crus. À la fin du repas, je m’étais également attardé sur la bouteille de Grand Marnier. Bref, lorsque j’avais débarqué dans la salle commune pour les présentations d’usage, mon état d’ébriété avait attiré l’attention de Tony et il avait tout de suite demandé au psychiatre en chef s’il pouvait me parrainer.

 

 

Rédemption

 

    Je suis assis dans les vestiaires d’une usine désaffectée, mais j’ai la sensation d’être de retour en prison. Même crépi fissuré, même ampoule à faible intensité protégées par une grille et même tuyaux de douche couverts de rouille. Les parois sont tellement minces que j’entends les clameurs du public. Le spectacle doit valoir le coup pour engendrer autant de ferveur. Le sang doit couler en abondance encore une fois.

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Edmée de Xhavée chronique le roman de Jonathan Siel "Family Crash"

Publié le par christine brunet /aloys

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Sam Guetof nous présente son nouveau roman "Otage"

Publié le par christine brunet /aloys

Après l’accueil élogieux de son premier roman « T’oublier », Sam Guetof est de retour avec un nouveau thriller psychologique haletant. Cette mère de famille, passionnée de lecture et d’écriture depuis sa plus tendre adolescence, est également criminologue spécialisée dans la prise en charge d’auteurs de violences à caractère intime. Le genre « thriller psychologique » était donc une évidence pour elle. 

 

Extrait

Alors que je m’empare de mon téléphone pour lancer l’application Spotify, la porte côté passager s’ouvre soudainement. Un homme tout de noir vêtu entre dans ma voiture et s’assied à côté de moi. Il porte un masque chirurgical bleu et une casquette gris foncé sur laquelle est brodé un logo que je ne reconnais pas. D’abord surprise par sa présence, je ne bouge pas et demeure silencieuse. Mais lorsqu’il sort un pistolet de la poche de son blouson, je panique et me tourne vers la porte.

  • Je te déconseille de faire ça, me dit-il d’une voix calme tout en pointant son arme contre ma tempe. Pose tes mains sur le volant.

Tremblant de peur, j’obtempère sans discuter.

  • Bien, dès que tu y verras suffisamment clair, tu démarreras normalement et sans attirer l’attention. Je te dirai par où aller. Tu as compris ?

Je hoche la tête en essayant à tout prix de retenir mes larmes. Jamais je n’ai été à ce point terrifiée. J’ai mal au ventre, j’ai la gorge sèche et j’ai froid. Des images atroces aux thématiques morbides se bousculent dans mon cerveau. Et une pensée s’impose à moi. Une pensée terrible, obsédante, impossible à occulter.

Je m’appelle Olivia Marlier, je suis mariée et mère de deux petits garçons. Aujourd’hui, c’est mon anniversaire, j’ai trente-deux ans et je vais peut-être mourir. 

 

Résumé

Le 26 mars 2019, la vie d’Olivia Marlier, employée de bureau et mère de famille, est bouleversée lorsqu’un homme armé s’introduit dans sa voiture. Droguée puis enlevée, Olivia se réveille enchaînée dans une cave aménagée en cellule insonorisée. Kylian, son ravisseur, lui explique que son mari, riche politicien influent, devra payer une rançon pour la libérer. En attendant, il lui assure qu’elle ne manquera de rien et qu’aucun mal ne lui sera fait durant sa captivité. Mais plus les jours passent, plus le sort de la prisonnière devient incertain. L’inquiétude la ronge. Peut-elle réellement avoir confiance en Kylian et en ses étranges complices ? Quel sombre secret cache ce ravisseur à l’étonnante bienveillance ? Olivia reverra-t-elle un jour les siens ?     

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Ani Sedent chronique "Naoned 2084" d'Yvonne Andurand

Publié le par christine brunet /aloys

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Laurent Femenias a lu "Ainsi, je devins un vampire" de Joe Valeska

Publié le par christine brunet /aloys

Si vous avez apprécié les trois tomes de la saga « Meurtres Surnaturels » de Joe Valeska, vous devriez aimer aussi celui-ci. On y retrouve l'écriture de l'auteur, son style, son univers, et une mythologie qui continue à s'enrichir.


On y découvre le destin d'un nouveau héros, Virgile Delecroix (et non Delacroix !), déjà croisé dans le Triomphe de Julian Kolovos, mais dont on va connaître cette fois la vie en profondeur. Et ce nouveau personnage est un vampire !


Après sa saga sur les loups-garous, c'est dont à cette autre créature emblématique du fantastique que s'attaque l'auteur. Ce roman un très bel hommage à la littérature sur les vampires et à Anne Rice en particulier. Joe Valeska dédie d'ailleurs son livre à la grande autrice américaine. Mais au-delà de l'influence, il s'est complètement réapproprié ce style de roman de confession vampirique. L'histoire se déroule en effet en France, entre le XVIIIe siècle et aujourd'hui, et reprend des thématiques chères à l'auteur comme l'amitié, les relations familiales, la pertes d'êtres chers. Il nous fera également trembler face à une autre créature légendaire, la fameuse Bête du Gévaudan… Mais je ne vous en dis pas plus pour ne pas gâcher le plaisir de la découverte !


Ce livre est en réalité le premier écrit par Joe Valeska, mais qu'il publie seulement aujourd'hui, et c'est une très bonne nouvelle ! Et si la fin du roman marque bel et bien une conclusion, en même temps qu'un beau crossover avec son autre saga, on ose espérer lire un jour la suite des aventures de Virgile et de Julian.

 

Laurent Femenias

 

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Edmée de Xhavée chronique le roman de Bernard Wallerand "Au-delà des barreaux"

Publié le par christine brunet /aloys

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Micheline Boland nous propose un conte "Le ruban rouge" écrit pour un spectacle destiné à mettre en évidence les droits de l’homme

Publié le par christine brunet /aloys

 

LE RUBAN ROUGE

 

Il était une fois, Guillemin, un jeune prince fier comme un paon, beau comme un lion et travailleur comme une fourmi.

Il a vingt ans et ne ménage pas ses efforts. Il connaît par cœur les œuvres de grands philosophes et des formules mathématiques très complexes. Chaque matin, il se livre à une longue gymnastique, puis à une petite méditation.

Où qu'il se rende, quelle que soit son activité, il veut toujours être le meilleur. Il faut dire que depuis sa plus tendre enfance ses précepteurs et sa mère n'ont ménagé ni les compliments ni les encouragements. "Bravo, prince. Vous serez un grand roi. C'est magnifique. Vous avez tous les talents", s'entend-il dire très souvent, trop souvent sans doute.

Ainsi, à vingt ans, il veut être premier au concours de fleuret, à celui d'aquarelle, à celui de poésie et à celui de boules, premier à l'épreuve nationale de géométrie et au championnat de danse. Il veut aussi être le plus perspicace, le plus fort, le plus généreux, le plus subtile, le plus original, le plus performant, le plus adroit des princes. Bref, à force d'avoir été mis en valeur parfois à tort et à travers, Guillemin aspire à la perfection. Et pour cela avouons-le il se donne beaucoup de peine. Il ne veut pas réussir parce qu'il est le fils de son père, le roi, non il veut réussir parce qu'il surpasse vraiment tous les autres.

Mais voilà, malgré tous ses efforts et ses entraînements, il n'est bien sûr pas toujours le premier partout. Dernièrement au concours d'aquarelle et à celui de boules, il a été dépassé par deux individus. Il se renseigne à leur sujet afin de pouvoir les surpasser la prochaine fois et s'aperçoit que coïncidence les deux lauréats sont gauchers.

Dès lors, il implore son père d'interdire toute participation à tout concours pour les gauchers. De plus, pour être certain que cela soit appliqué, il suggère que chaque gaucher soit obligé de porter un ruban rouge sur le haut de son vêtement. Ainsi, ils seront tous repérés d'un rapide coup d'œil afin de pouvoir être facilement exclus évidemment.

Ce que le prince Guillemin veut, son père, qui l'admire beaucoup, le veut aussi même si avouons-le c'est quelquefois à contre cœur. Ainsi cette idée de ruban rouge, le roi la trouve carrément de mauvais goût. "Bonjour la discrimination, pense-t-il ! Ce n'est vraiment pas une mesure susceptible de faire régner une bonne ambiance dans mon petit royaume !"

Alors le roi dit juste : "Patience, Guillemin ! Il faudra d'abord réfléchir si c'est faisable ou pas !"

"Bien sûr que c'est faisable…", répond le prince.

"On verra, on verra Guillemin.", conclut le roi.

Le roi cherche à temporiser…

Avant de mettre la fameuse idée en application, il en parle à la reine, son épouse.

­- Qu'allons-nous faire, ma douce ? Guillemin a remarqué que ce sont des gauchers qui ont obtenu de meilleurs résultats que lui. Il en est fort touché. Il voudrait donc que j'interdise aux gauchers la participation à toute compétition. Et pour qu'il ne puisse y avoir de tricherie, il propose de leur faire porter un ruban rouge sur leur vêtement. C'est incroyable !

 - Mets-toi à sa place, mon cœur !

- Mais ma douce, après les gauchers, il voudra peut-être exclure les roux,  les gens à lunettes, ou qui d'autres encore. Et puis l'idée de ruban, ça me heurte !

- C'est notre fils, notre seul enfant…

- Oh ma douce, que faire, que faire ?

- Fais ce qu'il demande, mon cœur ! Tu as réalisé que Guillemin souffre beaucoup de ce qui s'est passé !  Comprends-le !

- Bon, je vais y réfléchir. La nuit porte conseil…

La reine, qui adore Guillemin, son fils unique, et n'a cessé depuis sa naissance de le louanger à bon et mauvais escient, a réagi encore plus mal que le roi ne le craignait.

Le roi regagne sa chambre, il est fort contrarié.  Tandis qu'il marche dans les longs couloirs, si longs couloirs du palais, une idée lui vient, une idée toute simple. Et s'il en parlait à quelqu'un d'autre ? Aussitôt pensé, presque aussitôt fait.

Dès le lendemain matin, le roi en parle à son seul véritable ami, Pierrot, son tailleur, celui-là qui a eu la même nourrice que lui, qui fut le compagnon de jeu de sa petite enfance, qui ose lui dire sans détour sa manière de penser. Au terme d'une discussion, tous deux sont d'avis que cette idée de ruban est une fort, fort mauvaise idée. 

"Nous sommes d'accord Pierrot, mais je ne veux pas contrarier la reine. Elle est tellement susceptible et boudeuse…Elle tirera la tête des semaines et des semaines. Pour finir, je serai encore obligé de céder à un autre de ses caprices. Lui offrir encore de ces bijoux très chers dont elle raffole."

Après un long silence, la solution vient de Pierrot : "J'ai déjà lancé des modes. Quand une mode est lancée, personne ne résiste. Un exemple : il y a deux ans  quand les pantalons bouffants faisaient fureur, tous, jusqu'aux obèses et aux aînés ont voulu en porter !  Alors pourquoi ne pas lancer la mode des rubans  et le tour sera joué !"

"Ah merci, mon cher Pierrot, je savais qu'à deux nous trouverions la parade…", s'exclame le roi.

Ainsi fut dit, ainsi fut fait…

Bien vite l'unique fabriquant de rubans du royaume se met au travail ! Tous la reine, les ministres, le petit peuple, la classe moyenne, les jeunes, les vieux, tous veulent bientôt porter des rubans multicolores pour agrémenter leurs vêtements. Le roi arbore des rubans aux couleurs du royaume.  On en voit à tous les bals, dans toutes les écoles et dans tous les bars, à toutes les réunions d'amis et de famille, à toutes les vitrines des magasins. Désormais on trouvera des pains, des saucissons, des fromages ornés de rubans. Les animaux en porteront eux aussi.

C'est ainsi que l'idée de ruban rouge fit un heureux naufrage.

Lors du grand bal de la cour, Guillemin fut ébloui par une fort jolie jeune fille vêtue d'une superbe robe blanche garnie de centaines de rubans multicolores. La jeune fille quant à elle fut éblouie par les beaux yeux du prince et par sa voix si chaleureuse. Bref, tous deux connurent un véritable coup de foudre.  Ce que vous ne savez pas c'est que la belle était la fille du fabricant de rubans du royaume et qu'elle était gauchère.

 

Micheline Boland

 

Publié dans Textes

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