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Patrick Beaucamps dans l'Avenir avec son nouveau recueil "Entre rivière et forêt"

Publié le par christine brunet /aloys

Patrick Beaucamps dans l'Avenir avec son nouveau recueil "Entre rivière et forêt"
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Vincent Vandist présente son roman d'aventure : "le baiser de l'ange"

Publié le par christine brunet /aloys

 

Biographie

Vincent Vandist est né à Bruxelles en 1965.

Amoureux des mots, comédien et metteur en scène amateur, ses premières paroles de chanson sont mises en musique en 2000..

En 2005, il écrit une comédie musicale, « La Balade de Marie Moon », qu’il met en scène sous le parrainage. Le spectacle sera joué trois fois au Centre culturel d’Auderghem (Bruxelles).

La comédie devient ensuite un roman, suivi de deux autres, « Cicatrices » et « Un beau jour pour mourir ». Il publie également deux nouvelles, « Clic ! » et « La dernière entaille ».

Il poursuit d’autres projets d’écriture et de mise en scène.

 

www.mariemoon.be

 

Résumé

 

« Si j’avais quitté Marie à un moment crucial de sa vie, c’était parce que j’avais peur. Je ne supportais pas l’idée d’être auprès d’elle lorsqu’elle franchirait le pas décisif vers la folie ou la mort.

 

Aujourd’hui, je savais. Je savais que la quitter ne servirait qu’à me préserver de mon angoisse ; je savais que les mois sans elle m’avaient paru vides ; je savais que je ne cesserais de l’aimer.

 

Cela m’angoissait d’autant plus face à la dangereuse mission qu’elle s’apprêtait à embrasser corps et âme, car elle ne faisait rien à moitié. Or, je craignais que cet équilibre fragile entre la vie et la mort ne serait pas toujours à son avantage.

 

Mais il s’agissait de sauver une vie… Dès lors, mes arguments sonnaient creux. »

 

 

Extrait

 

La Jeep était arrêtée à bonne distance. La voiture était trop récente pour penser qu’il s’agît d’un membre de la réserve venu se recueillir. Une jeune femme en descendit pour se diriger tout droit vers moi. Sa démarche, sa silhouette, tout en elle m’était familier. Pourtant, j’éprouvais un malaise grandissant. Ses longs cheveux noirs ondulaient au rythme de ses pas, dissimulant une partie de son visage. D’une main sûre, elle glissa les mèches rebelles derrière son oreille dans un geste mille fois répété, exactement comme dans les films de vacances de mon enfance. Elle releva la tête ; sa joue accrocha la lumière déclinante du soir, révélant l’étrange vérité de cette rencontre. Le malaise fit place à l’angoisse, ma raison vacillait. La cicatrice de son visage fit en moi un écho malfaisant et la mienne, identique, se mit à brûler, m’avertissant bien trop tard du danger. Face à mon propre reflet, je savais déjà que le moindre geste serait vain. L’ange de la mort était de retour de l’au-delà et il venait me chercher.

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Ani Sedent a lu "Naoned 2084" d'Yvonne Andurand

Publié le par christine brunet /aloys

 

Naoned 2084 d’Yvonne Andurand est un roman d’anticipation, mais pas que…

 

Parlons de l’histoire : quatre jeunes naonédiens, quatre amis, se retrouvent lors d’une soirée arrosée où ils discutent de l’ennui qu’ils ressentent dans leur vie.

Le lendemain, ils se réveillent dans un parc arboré qu’ils connaissent et reconnaissent.  Pourtant, la ville est différente ; un voyage temporel les a propulsés à Nantes en 2041 !

Commence alors pour eux la découverte d’un monde bien différent du leur.  Bon gré mal gré, ils vont devoir se construire une vie dans cette époque, même s’ils ne comprennent ni comment, ni pourquoi ils sont arrivés là, tout en gardant l’espoir de pouvoir un jour rentrer chez eux.  En tout cas, l’expérience pourrait leur réserver quelques surprises.

 

Plus qu’un roman d’anticipation, ce livre est une lorgnette qui permet à Yvonne Andurand d’examiner, pour l’égratigner d’une plume critique, notre époque et nos habitudes, poser un avis sur la marche du monde, de l’Europe, de la France  et enfin, explorer un futur plausible… ou non, ça c’est le lecteur qui décidera.

 

Bonne lecture !

 

Ani Sedent

 

Publié dans actutuv

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Carine-Laure Desguin nous propose son texte qui figure dans AURA 123 dont le thème était COULEURS.

Publié le par christine brunet /aloys

Un revers pour l’inspecteur Sidonin ?

 

— Madame Belle, c’est bien ça ? Clara Belle si je me souviens.

— Vous avez une excellente mémoire, inspecteur Sidonin, cela me rassure.

— Vous avez besoin d’être rassurée donc, madame Belle. Votre mari est toujours psychiatre ?

— Eh oui, et il s’appelle toujours Sigmund Woody. Notre fille, c’est Pocahontas. Mais cette fois, inspecteur Sidonin, il s’agit de moi et de moi seule.

— Que vous arrive-t-il cette fois, madame Belle ?

— Inspecteur, vous ne me croirez pas. J’ai peur, très peur.

— J’imagine, oui, vous pâlissez.

— Et je tremble aussi, inspecteur. Ce que j’ai vécu, je n’ose même pas le dire à mon mari.

— Et pourtant le docteur Sigmund Woody est habitué à entendre de …

— De belles conneries, oui, je sais tout ça, inspecteur. Ce que j’ai à vous dire est pire que tout. Parfois, je m’éveille en pleine nuit, mes cauchemars sont effrayants depuis tout ça …

— Tout ça ?

— Oui, depuis l’évènement, inspecteur.

— L’évènement ? Racontez-moi alors. Une tasse de café, madame Belle ?

— Volontiers, sans lait et sans sucre, merci inspecteur.

— Voilà. Cela vous remettra de vos émotions passées.

— Je ne crois pas, la situation est trop grave.

— Je vous écoute.

— Voici trois mois, je suis venue chez vous. Je n’avais pas de preuve. Vous ne pouviez donc pas agir …

— Oui, madame Belle, en effet. Vous êtes ici pour cette histoire de concert qui rend les gens amnésiques ?

— Oh non, c’est bien plus grave !

— Je vous écoute. Mais que faites-vous, madame Belle ? N’enlevez pas votre chemisier devant moi !

— Ne vous effrayez pas, je relève simplement la manche droite. Car cette fois, je commence directement par la preuve, inspecteur Sidonin. Voyez, là, juste sur le dessus de mon bras droit, voyez cette grosseur de forme carrée. Palpez, inspecteur, palpez. Exactement deux centimètres de côtés, j’ai mesuré. Palpez, je vous en prie, palpez.

— Que dit votre mari ? Car ce kyste relève d’un diagnostic médical …

— Je n’ai pas prononcé le mot kyste. Pour moi c’est une grosseur très suspecte. La première fois que je me suis aperçue de cette grosseur symétrique sous-cutanée, c’est juste après l’évènement.

— Je vous écoute …

— Je n’oserais pas vous le dire. J’ai peur, très peur, inspecteur.

— Détendez-vous, ici vous ne risquez rien madame Belle et …

— Oh ça c'est vous qui le dites, ils sont partout, partout. Vous ne les voyez pas, ils peuvent, s’ils le désirent, se rendre invisibles.

— Décolorés ?

— Ne vous moquez pas, inspecteur. Non, ils ne sont pas décolorés, ce ne sont pas des personnages de dessins animés. Ils sont invisibles, parfois.

— Et eux, ces invisibles décolorés, qui sont-ils, madame Belle, qui sont-ils ?

— En deux mots, inspecteur Sidonin, en deux mots. J’étais seule dans ma voiture, je revenais d’un concert. Oui, encore une histoire de concert, je devine vos pensées, inspecteur. Tout à coup, le moteur cesse de fonctionner. Une lumière d’une intensité incroyable m’éblouit. Je n’entends plus rien, la radio s’arrête. Je sens une force extraordinaire m’extraire de mon véhicule, tout mon corps traverse la tôle. Je m’évanouis. Lorsque je m’éveille, je suis dans une salle d’opération flottante, je vois mon auto à quelques mètres sous mon corps nu. Non inspecteur, je n’ai bu aucune boisson alcoolisée, croyez-moi. Un être difforme chipote au niveau de mon bras droit. Et d’autres êtres du même acabit que celui-là zieutent chacun de ses gestes chirurgicaux. C’étaient des extra-terrestres, inspecteur, j’en suis certaine.

— Madame Belle, des extra-terrestres ? Et de quelle couleur étaient-ils, ces extra-terrestres, madame Belle ?

— Ah, merci inspecteur, vous prenez mon cas au sérieux. Je vous remercie. Vous allez les rechercher n’est-ce pas ? Parce que cette espèce de puce dans mon bras droit, ça m’inquiète beaucoup.

— Madame Belle, de quelle couleur étaient-ils ces extra-terrestres ?

— Ils étaient verts, inspecteur Sidonin, c’étaient des petits hommes verts.

— Quel genre de vert, madame Belle ? Vert clair ? Vert foncé ? Vert bouteille ? Vert menthe ? Vert olive ? quel vert exactement, madame Belle ? Vert émeraude ?

— Vert quetzal, inspecteur, c’est un vert très tendance dans les dernières collections, ce vert a un succès fou. Inspecteur ? Inspecteur ? Vous m’écoutez ? 

 

Carine-Laure Desguin

http://carineldesguin.canalblog.com

Publié dans Nouvelle

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OZ nous présente son ouvrage "Imagine"

Publié le par christine brunet /aloys

 

EXTRAIT

Geisha Al Dente

Il était une fois une Geisha qui avait des spaghettis à la place des cheveux. Les hommes dépensaient de vraies fortunes pour s’offrir sa compagnie et goûter sa chevelure.

C’est ainsi qu’au fil du temps, on finit par la surnommer la Geisha Al Dente, ses cheveux étant toujours parfaitement cuits et fermes.

 

BIOGRAPHIE

J’ai su garder le lien avec l’enfant que j’ai été.

J’aime autant dessiner. Cela a toujours été pour moi un moyen de m’évader… Rejoindre peut-être un monde plus en accord avec mes souhaits et ma personnalité.

A presque 50 ans, mon goût pour la création reste intact ; j’en ai même fait mon métier.

Quant à mes détournements, ils sont la matérialisation d’un art que je développe depuis quelques années. Ils sont les autres facettes des gens et des choses dans ce monde imaginaire plus apaisé, plus drôle et je l’espère plus poétique.

Ils alimentent surtout le lien entre l’adulte que je suis aujourd’hui et cet enfant sur la photo. Un lien que je qualifierai d’essentiel.
 

RESUME

Imagine est un recueil de dessins basé sur le principe de détournement d’objets du quotidien. Il se veut drôle, poétique… avec un côté délibérément enfantin.

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Edmée de Xhavée a lu "Family Crash" de Jonathan Siel

Publié le par christine brunet /aloys

Je viens de terminer Family Crash, de Jonathan Siel, publié chez Chloé des lys. Je suis encore secouée de rires, d’où peut-être l’apparition de fautes inopportunes dans ma note de lecture, pardon pardon !

Nous voici donc avec Bertrand, Bertrand aux yeux de qui personne ne trouve grâce. Surtout sa belle-famille, qu’il nous détaille avec acidité. Personne n’échappe à son sarcasme : Bianca sa belle-mère cancane, critique ses beaux-enfants et parle trop ; le beau-père, Bernard, a une gueule d’épagneul dépressif ; Johnny, le beau-frère, était batteur dans un groupe n’existant plus et ne fait rien depuis ; son épouse Muriel aime les ragots, et n’a pas attendu ses 39 ans pour être repoussante. Et ainsi de suite…

Bertrand n’a pas besoin d’être aimé, et soupçonne ne pas l’être. Il fait et pense un peu tout pour ça. Et donc voici qu’il prend l’avion en (belle)-famille pour un séjour, et qu’il en est couvert de sueur, convaincu que ça va mal finir. De fait… les turbulences ne manquent pas, au point qu’un atterrissage surprise est envisagé.

Bertrand l’avait bien dit : sa dernière heure a sonné. Autant mourir avec panache. Il s’en prend sans demi-mots à tous, leur jetant à la tête, ébahie, ce qu’il pense de chacun d’eux, qui n’a rien de flatteur.

Sauf que voilà… au lieu de mourir satisfait après ça, eh bien il survit, ainsi que tous les passagers. On fait quoi, après ça ? Ca met un peu mal à l’aise, non ? Et le match de retour ne se fait pas attendre.

Les joutes sont grinçantes à souhait, les descriptions des situations et personnages font mouche, on rit, et quand même, on trouve qu’il y va un peu fort, Bertrand ! Sa belle-famille aussi, et le lui assène avec la même vigueur qu’il a mise à les malmener.

 

Un bon match, vraiment !

 

Edmée de Xhavée

 

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Edmée de Xhavée a lu Au-delà des barreaux de Bernard Wallerand

Publié le par christine brunet /aloys

 

Quel « très beau livre » que celui-ci ! Je l’ai choisi un peu hésitante, pensant que ce n’était peut-être pas mon sujet préféré : l’auteur mentionnait les barreaux de la grille d’un cimetière, d’une épouse mentalement emprisonnée par son époux, de prison… ça m’intriguait, sans me convaincre.

Or me voici convaincue !

Avec une agréable délicatesse l’auteur – Bernard Wallerand – nous présente Anna, Alice, Adélaïde, Mathilde et Léon, Chloé et la petite Madeline, dans leur quête pour une vie sereine et comblée. Le récit est un puzzle, l’image finale est heureuse, apaisée, même si certaines pièces du puzzle ont la couleur des larmes, des hématomes et du sang. L’abandon rôde, celui de l’homme, celui de la mère, celui qu’apporte la lassitude, celui de l’amour.

Comprendrons-nous jamais vraiment Anna ? Dans tous ses choix ? Imaginons-nous vraiment le pardon d’Alice, qui peut cependant l’accorder du haut de son bonheur ? Certes, on ne peut ne pas aimer Mathilde et Léon, reconnaître leur patience, leur détermination, et constater que leur amour touche de son doigt d’espérance la génération qu’ils ont plantée.

Vraiment, rien de sordide, un langage honnête et le regard qui ne quitte pas des yeux ce qui s’appelle la générosité humaine et est l’âme du récit.

 

Edmée de Xhavée

 

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Et voici le dernier épisode de la nouvelle proposée par Ani Sedent : L’étrange aventure de Zoé Calendula

Publié le par christine brunet /aloys

 

L’étrange aventure de Zoé Calendula – Épisode six

 

  Les jours et les semaines qui suivirent, Zoé réalisa nombre d’analyses, celles commandées par les différents départements scientifiques, évidemment, mais aussi toutes celles que lui permit le matériel de pointe embarqué.  Elle effectua plusieurs sorties dans l’espace, toutes plus inutiles les unes que les autres, se repassa encore et encore les vidéos du rover, étudia chaque pixel de chaque photo et chaque vidéo, mais ne découvrit rien ! Rien de plus que ce qu’elle avait vu.

  Après chaque journée d’un travail acharné, elle s’écroulait sur sa couchette, épuisée, l’esprit en ébullition.  Si les analyses révélaient quelques détails qui avaient jusque là échappés aux scientifiques et si de nouvelles données sur la composition des gaz entourant la planète s’ajoutaient régulièrement aux nombreuses déjà récoltées, aucune ne donnait d’indices sur la véritable nature de Vénus.

  La véritable nature de Vénus…  Le monde qu’elle avait aperçu avait éveillé en elle une certaine nostalgie.  Ce sentiment, assez paradoxal pour une personne ayant fait des études scientifiques avant de se diriger vers l’aviation, puis l’espace, venait d’un lieu que Zoé pensait avoir laissé derrière elle en même temps que l’enfance.  Un lieu fait de rêves et de magie, sans guerre, sans famine, sans tensions géopolitiques.

  Au cours de leurs recherches, Sakura émit plusieurs hypothèses à propos du phénomène, mais sa nature, même évolutive, l’empêchait de comprendre ce que ressentait Zoé.  Pourtant, la jeune femme sentit s’opérer chez l’IA des changements importants.  Sa logique mise à rude épreuve, Sakura posa énormément de questions auxquelles Zoé tenta de répondre au mieux. Leurs conversations lui ouvrirent de nouvelles perspectives et, un jour, elle déclara se réjouir ‒ ce fut le mot employé ‒ de partager cela avec le docteur Higashino.

  Les semaines passèrent, puis les mois et Zoé dû se faire une raison, Vénus ne livrerait plus aucun secret.  Enfin, l’année de mission presque écoulée, elle prépara le retour vers la Terre.

  ‒ Sakura ?

  ‒ Oui, lieutenant Calendula.

  ‒ Peux-tu mettre un chiffrement inviolable sur mon journal personnel ?

  ‒ Bien sûr, lieutenant.  Avez-vous une préférence pour l’enregistrement ?

  ‒ Oui, sur puce dermique s’il te plaît, dit Zoé en posant l’objet dans le réceptacle adéquat.

  ‒ Enregistrement du chiffre terminé.

  ‒ Merci Sakura.

  La jeune femme récupéra la puce, l’inséra dans une seringue transdermique et se l’injecta à l’intérieur du poignet.

  « Ouvre mon journal, transfères-y toutes les données relatives à la mutation de l’atmosphère de Vénus, ainsi que les photos et vidéos du rover et indique sa perte dans le journal de bord.  Ajoute que je soupçonne une panne due à…

  Zoé hésita.

  ‒ Un accident causé par l’acide sulfurique ? suggéra l’IA.

  ‒ C’est parfait Sakura, merci.  N’oublie pas les enregistrements internes… si possible, crée un brouillage irréversible.  Transfère aussi les données sensibles de la sonde atmosphérique et signale une interférence passagère pour le morceau manquant.

  ‒ Demande effectuée, lieutenant.

  ‒ Sakura ?

  ‒ Oui, lieutenant ?

  ‒ tu peux conserver ces données en mémoire, mais veille à ce que personne ne puisse y avoir accès.  Si ce que nous avons entraperçu de Vénus est un tant soit peu réel, je ne veux pas que qui que ce soit ait la possibilité de venir l’abimer.

  ‒ Bien lieutenant…  Données cryptées.  Lieutenant Calendula ?

  ‒ Oui, Sakura.

  ‒ Cela veut-il dire que je ne pourrai pas partager cette expérience avec le docteur Higashino ?

  Zoé soupira.

  ‒ Je suis désolée, Sakura…

  ‒ M’autorisez-vous à lui parler de nos discussions ?

  ‒ Bien sûr, tant que tu ne révèles pas ce que nous avons vu je te laisse juge de la confiance à accorder au docteur Higashino.

  ‒ Confiance ?

  ‒ Est-ce que tu as envie de papoter avec le professeur Rossolis ? demanda Zoé.

  ‒ Papoter, lieutenant calendula ?

  Sakura chercha la définition du mot et répondit aussitôt :

  ‒ Je ne veux pas papoter avec le professeur Rossolis, lieutenant !

  ‒ Alors, demande-toi pourquoi tu penses pouvoir le faire avec le docteur Higashino.

  Le silence retomba, puis…

  ‒ Merci, lieutenant Calendula.

  ‒ De rien, Sakura.  Bon ! Je suppose qu’il va me falloir réintégrer le caisson pour le voyage de retour ?

  ‒ C’est une recommandation du professeur Rossolis, lieutenant Calendula.

  ‒ Bien sûr !

  Pendant que Sakura préparait l’Argos à quitter l’orbite de Vénus, Zoé s’assura que rien parmi  les données, analyses et échantillons attendus ne poserait question.  De plus, vu le nombre d’analyses supplémentaires qu’elle avait effectué, ainsi que la masse de données ajoutées, il était peu probable que qui que ce soit s’inquiète de quelques interférences, ou de la perte du rover.

  ‒ Vaisseau prêt au départ, lieutenant Calendula.

  Zoé posa un dernier regard sur la merveilleuse perle de nacre autour de laquelle tournait l’Argos, ferma les panneaux qui protégeraient la fenêtre pendant le voyage et rejoignit le compartiment où l’attendait le caisson de stase.  Sakura se chargea de le rendre opérationnel et, à contre-cœur, Zoé s’y coucha.

  ‒ C’est bon, Sakura, je suis prête.

  Le caisson se ferma.  Sur la vitre, des lumières clignotèrent.

  ‒ Lieutenant Calendula, une photo vient d’être téléchargée dans notre banque de donnée, désirez-vous la voir avant qu’intervienne la mise en stase ?

  ‒ Une photo ? bien sûr que je veux la voir !

  Sur la vitre s’afficha une image scintillante du rover tirant un petit chariot où se tenaient des enfants riant aux éclats.  Curieusement, le robot semblait s’amuser, lui aussi.

  ‒ Image transférée dans votre journal personnel, lieutenant.

  ‒ Merci, Sakura.

  ‒ Bonne nuit… Zoé.

 

 

FinÉtoiles contour

 

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Ani Sedent nous propose l'épisode 5 de sa nouvelle "L’étrange aventure de Zoé Calendula"

Publié le par christine brunet /aloys

L’étrange aventure de Zoé Calendula – Épisode cinq

 

  Une vidéo anima le paysage.  La rivière coula gaiement en mêlant son joyeux gazouillis à celui des oiseaux, les herbes ondoyèrent au gré de la brise et la neige au sommet des montagnes refléta la lumière du soleil avec toute la candeur de sa blancheur immaculée.  Puis le rover cessa de suivre le fil de l’eau pour s’enfoncer dans la vallée où il zigzagua parmi des arbres chargés de fruits, s’enfonça entre des champs de céréales aux épis d’or et d’émeraude, en longea d’autres, qui s’étiraient en longues nappes fleuries, et cahota sur des chemins bordés de vignes.  Au loin, un château, tout en tourelles et toits pointus, faisait le beau sur un éperon rocheux, parmi de splendides jardins suspendus d’où cascadaient des filets d’eau cristalline ravis de se déverser dans un lac autour duquel se nichait un petit village de conte de fées.

  Soudain, le rover s’arrêta et deux grands yeux d’un vert exceptionnel envahirent le champ de la caméra.  Zoé sursauta devant cette apparition inattendue.  Un nez apparut en gros plan, bientôt remplacé par un doigt qui tapota l’objectif de la caméra.  Fascinée, Zoé se sentit comme Alice tombée dans le terrier du lapin blanc.  Sur l’écran, le doigt disparut et une silhouette apparut dans le champ de la caméra.  Le personnage ne devait pas mesurer plus d’un mètre cinquante, avait les traits fins, des oreilles aux pointes délicates et de grands yeux dont les sourcils disparaissaient sous une touffe de cheveux blonds qui lui donnaient des airs de pissenlit.  Il pencha la tête et observa le rover avec un étonnement qui se mua bientôt en inquiétude.  Il sortit du champ de la caméra et réapparut presqu’aussitôt monté sur le dos d’un cervidé au pelage argent, qui l’emmena rapidement en direction du village.

  Zoé, qui s’était penchée vers l’écran, se laissa retomber dans le fond de son fauteuil.  La planète, déclarée inhabitable pour toutes sortes de raisons scientifiquement incontournables, semblait, en définitive, moins déserte qu’elle n’aurait dû.

  ‒ Comment est-ce possible ? s’interrogea-t-elle à voix haute.

  ‒ Données insuffisantes, répondit Sakura, avant d’ajouter : le rover émet désormais en direct.

  Sur l’écran, Zoé vit le paysage défiler à nouveau alors que le rover, qui avait reprit son exploration, suivait les traces du cervidé.  Soudain, il s’arrêta et dirigea son œil électronique vers une zone herbeuse où paissait tranquillement un splendide cheval blanc.  Alerté, l’animal leva la tête et, sous les yeux émerveillés de Zoé, s’ébroua, dispersant les mille reflets posés par le soleil sur son rostre d’or.  Puis, soudain, la caméra le laissa pour se tourner vers une mare où coassait un chœur de grenouilles, avant de suivre, en un arc de cercle parfait, une nuée de papillons aux ailes irisées.  Le rover reprit sa balade sur un petit chemin, dont il préleva quelques cailloux au passage et se dirigea résolument vers le village aperçut au loin.

  De son côté, Zoé n’arrivait pas à quitter l’écran des yeux.  Tout cela était impossible !

  ‒ Sakura ?

  ‒ Oui lieutenant Calendula.

  ‒ Y-a-t-il eu un problème avec le caisson de stase, pendant le voyage ?

  ‒ Aucun, lieutenant.  Il a fonctionné selon les paramètres recommandés.  Désirez-vous que je fasse un diagnostique ?

  ‒ Oui ! Recherche le moindre détail, aussi infime soit-il qui pourrait être un indice de dysfonctionnement.

  ‒ Diagnostique initié.

  En attendant, Zoé continua à suivre la progression du rover.  Alors qu’il approchait du village, un groupe de petits personnages vint à sa rencontre.   À sa tête, une belle dame en tunique brodée et longs cheveux parsemés de perles, affichait une mine désolée.  Elle tenait à la main un bâton couronné d’une gemme étincelante.

  ‒ Diagnostique terminé, annonça l’IA.  Aucun dysfonctionnement, même infime, n’a été relevé, lieutenant Calendula.

  ‒ Merci, Sakura, soupira l’intéressée, les yeux rivés sur l’écran.

  D’un pas serein, la belle dame s’approcha du petit tout-terrain, se pencha sur lui et, par l’intermédiaire de la caméra, planta son regard dans celui de Zoé.  Elle chuchota quelques mots dans une langue aussi mélodieuse que le chant des oiseaux, des mots qui sonnèrent comme des excuses, puis recula et leva son bâton vers le ciel.

  ‒ Mouvement dans l’atmosphère de la planète, déclara Sakura alors que l’alarme se mettait en route.

  ‒ Qu’est-ce qui se passe ?

  ‒ Atmosphère en phase de mutation…  Modifications terminées.  Composition : Dioxyde de carbone en teneur élevée.  Résultats corroborés par la sonde atmosphérique.  Surface de la planète : masquée par une couche opaque d’acide sulfurique.

  ‒ Le rover ?

  ‒ Il a cessé d’émettre lieutenant Calendula.

 

À suivre…Étoiles contour

 

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Ani Sedent nous propose l'épisode 4 de sa nouvelle "L’étrange aventure de Zoé Calendula"

Publié le par christine brunet /aloys

 

L’étrange aventure de Zoé Calendula – Épisode quatre

 

  Zoé regarda la combi qui pendouillait mollement derrière une vitre et se dit qu’elle allait peut-être devoir l’enfiler pour vérifier, de visu, si les senseurs n’avaient pas été endommagés pendant la traversée.  Sakura aurait dû être immédiatement alertée, bien sûr, mais peut-être y avait-il eu, là aussi, un problème.  Revenant sur la passerelle, Zoé entra dans le bureau attenant et chercha sur ses tablettes les données relatives aux senseurs.

  ‒ Rapport de la sonde atmosphérique en attente, annonça la douce voix de l’IA.

  ‒ J’écoute.

  ‒ Atmosphère stable.  Composition… diazote, dioxygène, argon, dioxyde de carbone…

  ‒ C’est bon ! J’ai compris, grommela Zoé.  Autre chose ?

  ‒ La sonde transportant le rover est en phase de descente lieutenant Calendula.

  ‒ Hum !

  Zoé songea qu’elle devait toujours être en stase dans son caisson, en train de rêver, et qu’elle n’avait plus qu’à attendre son réveil.

  ‒ Sakura, analyse des données de l’atmosphère de Vénus lors de la mise en orbite, demanda-t-elle néanmoins.  Donne-moi la composition la plus importante.

  ‒ Dioxyde de carbone, à plus de quatre-vingt-seize pourcents.

  ‒ Donc, à ce moment là, les senseurs fonctionnaient encore parfaitement.

  ‒ Ils le font toujours lieutenant, fit remarquer l’IA.

  ‒ Mouais ! Le rover ?

  ‒ En phase d’atterrissage, lieutenant.

  ‒ Bon ! Je vais me préparer pour une sortie dans l’espace.  Je compte sur toi pour me tenir au courant des données envoyées par la sonde et par le rover dès qu’il sera en mouvement.

  ‒ Demande enregistrée lieutenant Calendula.  Que dois-je consigner dans le livre de bord à propos de votre sortie dans l’espace, lieutenant ?

  ‒ Mon envie de prendre l’air.

  ‒ Il n’y a pas d’air dans l’espace, lieutenant Calendula.

  Zoé soupira.

  ‒ Note que je sors vérifier l’état des senseurs.

  ‒ Ils sont en parfait état, lieutenant.

  ‒ C’est ce qu’on va voir !

  Les sorties dans l’espace étaient aussi attendues que redoutées par les spationautes et Zoé ne dérogeait pas à la règle.  Arrimée au câble de sécurité, elle rampa le long de la coque de l’Argos en direction des senseurs.  Sous elle, Vénus tournait tranquillement dans le sens inverse des aiguilles d’une montre.  Au moins une chose normale, se dit la jeune femme, non sans une certaine ironie.  Elle continua son inspection de la coque, en évitant de se focaliser sur l’étrange éclaircissement de l’atmosphère de la planète, et ne releva rien d’inhabituel.

  ‒ Lieutenant Calendula, résonna dans son casque la voix de Sakura, votre cœur bat un peu vite, est-ce que tout va bien ?

  ‒ Je nage dans un océan de vide glacé, une grosse boule tourne sous mes pieds et je risque de découvrir à tout moment une importante avarie sur la coque, alors oui, mon cœur bat un peu vite… c’est normal !

  ‒ Si vous le dites, lieutenant.

  ‒ Des nouvelles du rover ?

  ‒ Il vient de se poser, lieutenant Calendula.  Les premières images devraient bientôt nous parvenir.

  ‒ Bien, on avance !

    Zoé reprit sa progression et constata que ni l’Argos, ni les senseurs ne souffraient d’avaries.

  ‒ Des images en provenance du rover se téléchargent en ce moment même, lieutenant.

  ‒ Je rentre, garde-les-moi au chaud !

  ‒ Au chaud, lieutenant ?

  ‒ Laisse tomber !

  Zoé retourna vers le sas, qui s’ouvrit aussitôt.  Dès qu’elle fut débarrassée de sa combinaison, elle courut sur la passerelle découvrir les images envoyées par le rover.

  ‒ Images prêtes, vidéos en cours de téléchargement, prévint Sakura.

  ‒ Sur écran s’il te plaît.

  La vitre de la passerelle de l’Argos s’opacifia légèrement et une première photo apparut.  Floue, elle laissait apercevoir une vallée où semblait serpenter une crevasse.  Au loin, des masses plus sombres faisaient penser à des montagnes.

  ‒ On ne peut pas avoir quelque chose de plus net ? demanda Zoé déçue.

  ‒ Nettoyage en cours, annonça l’IA.

  ‒ Quelques secondes suffirent au programme pour rendre l’image nette et laisser Zoé la bouche ouverte et les yeux écarquillés.

  ‒ C’est une blague ! s’exclama-t-elle.

  ‒ Le rover n’est pas programmé pour faire des blagues, lieutenant Calendula.

  ‒ Et toi ?

  ‒ Je n’ai jamais essayé lieutenant et d’après mes banques de données cela ne se fait pas pendant le travail.

  ‒ Tu serais surprise, s’amusa Zoé malgré la situation.

  Sur l’écran, s’étalait une image parfaitement nette d’une jolie vallée verdoyante traversée par une rivière à l’eau cristalline.  Des montagnes aux sommets enneigés défilaient en arrière plan, telles des matrones devisant sur le pas de leur porte.  Des fleurs et des graminées émaillaient le paysage de leurs couleurs et plumets duveteux, donnant au paysage un petit air guilleret.

  ‒ D’autres photos ?

  Plusieurs images défilèrent, montrant toutes le même paysage bucolique.

  ‒ Des vidéos ? demanda Zoé, résignée.

 

À suivre…Étoiles contour

 

Publié dans Textes

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