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Edmée de Xhavée a lu "Souvenirs nomades" de Johann Paquet

Publié le par christine brunet /aloys

 

Là, ce livre m’a emballée dès les premières phrases, et je me suis laissée emballer sans résistance. « Vous avez déjà entendu réciter le kaddish ? Moi oui. Plus précisément, le kaddish des endeuillés ».

L’auteur a voyagé et vécu sous plusieurs voûtes célestes et forestières, dans plusieurs langues et à des époques différentes. Les souvenirs s’insinuent sans rien dire, à coups d’émotions, et un jour resurgissent avec toute leur force, fraîcheur, intensité. (…) un beau jour, sans crier gare, remontent à la surface de la conscience et se mettent à briller tels des astres des astres oubliés dans le ciel du présent, selon les mots de l’auteur.

Et chacune de ces courtes nouvelles nous présente, dans son écrin de vie, de lieu, de quotidien, une perle rare : la simple histoire de quelqu’un qui ne faisait que passer et transportait avec lui d’extraordinaires moments. Ces extraordinaires moments qui eux aussi ne font que passer mais changent toute une existence. Parfois d’autres existences aussi.

D’étranges et persistantes retrouvailles au Burundi puis à Madras avec un « ami » exubérant. Le kaddish du magnifique Addisou au Mozambique, il nous prend de stupeur. Et le vieux Bakoko, sur les rives de l’Océan Indien, c’est en boitant qu’il porte sa nostalgie ainsi que son drame, et seule sa petite-fille Mariama peut encore rencontrer son âme tourmentée. Une soirée surréaliste au milieu des cocotiers, dans une demeure isolée d’architecture allemande, avec un couple inattendu et son singe. Plus loin, à Hanoi, c’est Bang Tham dont nous apprenons le chemin de croix et son dénouement tragique. Et puis, comme on aimerait se dire que l’homme qui ressemble à Caetano est Caetano, tout simplement ! Et que se passe-t-il quand une jeune femme aux yeux de louve vous sauve la vie et vous dit que désormais votre âme lui appartient ?  Que de vies et de mystères dans ce beau livre…

On le comprend, j’ai beaucoup aimé ces grandes petites histoires, qui toujours laissent quelque chose en suspens…

 

Edmée de Xhavée

 

Publié dans actutuv

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Sylvain Michiels nous présente son recueil poétique "Songe qui peut"

Publié le par christine brunet /aloys

 

Les oiseaux, le vent, la mer, le large, le ciel, le jour, la nuit, les chiens, les parfums, un volcan, les pensées et les rêves d’un voyageur sur une île. Au son des vagues, il divague et tutoie la lune dans nos regards suspendus. Songe qui peut est une proposition faite à celles et ceux qui le souhaitent.

 

Biographie

 

Sylvain Michiels. Quarante-trois ans, marié et père de deux enfants, originaire de Houdeng-Goegnies, La Louvière. Habitant Braine-Le-Comte. Je suis syndicaliste. Je suis issu d’une famille engagée socialement. À mes heures, pas si perdues que cela, je suis zythologue, footballeur amateur et guide à Breendonk. Enfin, j’écris. J’ai commencé par la poésie, j’ai publié en 2021 à compte d’auteur Poèmes (1999-2021) I, II et III. Je suis tenté par tous les genres littéraires : poésie, scénario, théâtre, fiction. Pour le moment, je m’essaye à la fiction longue, nouvelle et roman.  

 

Résumé

 

Je n’aime décidément pas cet exercice, résumer un recueil de poésie revient à expliquer une blague. Il s’agit d’un recueil essentiellement écrit pendant un séjour sur une île, on pourrait donc dire que ce sont les réflexions d’un type en transit suivies d’une conversation avec la lune. Mais pour moi la poésie, ce sont avant tout des images, certaines touchent, d’autres pas. J’essaye donc de poser des images. On prend celle que l’on veut et on lui donne un sens ou pas. Les mots, les vers peuvent être pris séparément du poème. Le sens de cette poésie est secondaire. Certains textes sont écrits de façon plus linéaire, d’autres laissent place à l’écriture automatique. Sans doute inspiré de mes origines Louvièroise et Chavéenne mais pas que. Plein d’autres m’inspirent mais je laisse faire ma main. Je lui donne un coup de main pour choisir des mots simples. J’aime la poésie des mots de tous les jours, ceux que tout le monde utilise et est à même de comprendre. Je ne cherche pas à mettre la lumière sur de jolis mots mais plutôt de mettre les mots simples en musique.

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Un extrait d’"Ainsi, je devins un vampire" par Joe Valeska

Publié le par christine brunet /aloys

Un extrait d’Ainsi, je devins un vampire,

par Joe Valeska

 

« Pourquoi je pense être un vampire ? JE SUIS un vampire, Lela ! Non un mystificateur. Et votre question, si je ne m’abuse, était de savoir ce que je recherchais… »

Une idée machiavélique me traversa soudainement l’esprit. Je me mis à réfléchir à cette nouvelle option. Lela affichait un air dubitatif.

La pauvre n’arrivait plus à me suivre.

« Pour tout vous dire, je recherche un très vieil ami. Je ne l’ai pas revu depuis une éternité… Pour moi, il était un modèle. Un père. Avec sa bénédiction, nous nous mariâmes, sa fille et moi. Hélas, après dix belles années ensemble, Valentina contracta une terrible maladie qui la laissa défigurée. La tristesse se transforma en frustration, la frustration devint rage et la rage engendra la folie. Elle se mit à faire des choses terribles. L’époque étant alors ce qu’elle était, on l’accusa de sorcellerie. Malgré mon opiniâtreté, je ne pus la sauver. On lui coupa la tête – plantée sur une pique pour servir d’exemple. C’est pourquoi je voudrais retrouver son père, si loin, à ce moment-là, et lui dire, les yeux dans les yeux, que j’étais là, moi, le jour où l’on massacra sa fille. Elle ne mourut pas seule, abandonnée comme un chien. J’étais là, aux premières loges ! »

Lela, les bras croisés, soutenant élégamment son menton de la main droite, avait compris mon manège. Elle ne semblait pas prostrée. Elle l’était.

« C’est une histoire tragique… ânonna-t-elle. Mais vous maintenez vos propos ? Vous êtes une créature de la nuit ? »

« Vous m’ennuyez, Milady… » répondis-je sur un ton caustique, espérant réveiller sa fougue – ce qui fut le cas.

« Je vous ennuie ? Je suis tellement désolée… Pourrions-nous savoir qui a fait de vous un vampire, Monsieur Delecroix, puisque vous êtes donc un vampire ? Serait-ce Dracula ? Nosferatu ? Lestat de Lioncourt ? Et quel âge avez-vous ? Cent ans ? »

« Serait-ce un interrogatoire ? Allez-vous me coller une lampe sur le visage ? Je préfère vous prévenir, l’ail n’aura aucun effet sur moi ! Pour ce qui est de mon âge, j’ai vingt-cinq ans depuis deux cent cinquante-sept ans. Je suis né en 1739. En réalité, j’ai plus de deux cent quatre-vingt-deux ans. Mais finissons-en avec les détails, voulez-vous ? Je me nourris de sang, c’est vrai. Je dors parfois dans un cercueil, c’est vrai. Il est tout aussi vrai que le feu et la lumière du soleil me tueraient, ainsi qu’un pieu dans le cœur, mais je suis néanmoins très puissant et je dispose de grands pouvoirs. Nul homme ne pourrait me battre à mains nues. Honorez votre part du marché, Milady, et je vous dévoilerai l’un de mes dons. »

« Virgile, pour l’amour de Dieu, ne faites pas l’imbécile… » dit-elle à voix basse, de façon à n’être entendue que de moi.

« L’amour de Dieu ? Mais où était-Il, votre Dieu, quand on fit de moi cette chose ? Où était-Il donc, votre Dieu, quand mon frère cadet… »

Je ne pus terminer ma phrase. La métisse m’étudia attentivement, puis sourit.

« Je voudrais que nous fassions un pacte, Virgile. »

« Un pacte ? Mais de quoi parlez-vous ? Les règles, Lela, c’est moi qui les dicte ! »

« Mais les femmes ne sont plus aussi soumises qu’à votre époque, Monsieur Delecroix ! me nargua-t-elle. Les choses ont pas mal évolué. Vous êtes bien un vampire ? Vous allez donc me mordre le cou, devant la caméra, puis vous allez me donner votre sang. »

Cela s’appelle : ‘‘Tel est pris qui croyait prendre’’.

« Vous aurais-je fait perdre l’esprit ? C’est hors de question, m’entendez-vous ? »

« C’est ça ou l’enregistrement est terminé. Voyez-vous, moi aussi, je dispose de ‘‘très grands pouvoirs’’ ! »

Un lourd silence s’abattit dans la salle des Marbres. Bom, bom ! Bom, bom ! Bom, bom ! faisaient les trois cœurs humains. Le son m’était insupportable.

« Vous êtes complètement folle, la réprimandai-je avec un mépris non dissimulé dans la voix. Vous plaît-il donc à ce point de me défier ? Vous auriez tort de surestimer ma patience, Lela ! Je pourrais vous persuader que vous êtes un chat et vous laisser dans cet état à jamais ! »

Je tournai la tête vers Ante et lui fis signe d’arrêter sa caméra. Il s’exécuta aussitôt.

« Que signifie ce scénario ? demandai-je à Lela. Avez-vous la moindre idée de la chose que vous deviendriez ? Savez-vous ce que nous devons endurer, tous les jours de notre putain de vie ? »

« Mon pauvre Virgile, comme vous devez souffrir, persifla-t-elle. Ne plus vieillir, ne plus redouter la maladie… Soyez assuré de ma profonde et réelle sympathie ! Quant au ‘‘scénario’’, c’est vous qui l’avez réécrit. »

« Il semblerait que vous ayez perdu la raison… regrettai-je. J’en suis hélas le seul responsable. »

« Tu réalises un peu ce que tu demandes ? intervint alors Cassandre. Devenir un vampire ? Lela ! Tu n’es pas sérieuse ? C’est pour l’enregistrement, n’est-ce pas ? C’est de la provocation ? Lela ? LELA !?! »

« Reste en dehors de ça ! » répondit cette dernière, plutôt sèchement.

« Hé ! On se calme, O.K. ? s’écria le cameraman. J’en ai plein le cul de vos histoires ! Il n’a jamais été question que Virgile fasse un vampire de qui que ce soit ! T’es tombée sur la tête, c’est pas possible ! »

« Tu as envie de te retrouver sans emploi, le Croate ? C’est MON problème. Ni le tien ni celui de Cassandre ! » se fâcha Lela.

« Le ‘‘Croate’’ ? On en est donc là, ESPÈCE DE PUTE ? » l’insulta copieusement le cameraman, vexé.

La dispute s’envenima. Il me fut impossible de les calmer avec de simples paroles. Aussi, je me concentrai sur le cercueil ouvert, puis l’envoyai se fracasser non loin de la cheminée. Axel ne dit rien. User de mon don de psychokinésie, je ne le fais que très rarement, mais, là, moi aussi, j’en avais ‘‘plein le cul’’ !

Ante et Cassandre étaient blêmes. Lela, feignant une totale indifférence, s’éloigna de nous. Je profitai de ce moment de trouble pour m’immiscer au plus profond de ses pensées. Il me fallait comprendre.

À quel jeu jouez-vous, Mademoiselle Jeannette ? Qu’est-ce qui pourrait expliquer ces changements d’humeur ? Là… Détendez-vous… Laissez-moi pénétrer dans votre cerveau. Aidez-moi à comprendre. Non, n’essayez pas de m’en empêcher, c’est peine perdue. Voilà, oui. J’y suis presque. Laissez-vous aller. Comme ça, oui. C’est très bien. Oui, je comprends enfin…

L’effort de concentration fourni m’avait légèrement affaibli, mais je rejoignis la jeune femme et posai une main sur son épaule, caressant l’articulation fragile à travers le velours de son manteau, qu’elle n’avait pas quitté. Elle se mit alors à sangloter.

« Pourquoi avez-vous fait cela ? Vous savez tout, n’est-ce pas ? » murmura-t-elle.

Publié dans Textes

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Colette Cambier nous présente son ouvrage "Les Maisons vagabondes"

Publié le par christine brunet /aloys

 

EXTRAIT DU LIVRE, p 30

Être empoté, c’est moche. Ton père veut des enfants dégourdis. Il ne faut pas lambiner non plus, dit-il. Tu te sens défaillir. Tu es distraite, très distraite. La distraction entraînant la lenteur, il ne faudrait pas grand-chose pour qu’on te traite d’empotée. Et la frousse te gagne. Il y a même des jours où elle est bleue. Car les consignes pleuvent. Radoter sent la sénilité. La quoi ? Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément. Et tu te demandes qui est ce Boileau avec qui ton père semble copain comme cochon et qui ne s’est pas encore pointé à la maison. 

 

COURTE BIOGRAPHIE

Colette Cambier a un master en sciences de l’Education. Elle a été enseignante, animatrice d’écriture et psychothérapeute dans une autre vie. Sensible à l’histoire familiale et intergénérationnelle, elle a publié notamment des romans familiaux, des récits de vie et des biographies romancées. Elle met l’accent sur le travail de la langue.

 

RÉSUMÉ DU LIVRE

On peut avoir totalement oublié son enfance. Ou en être remplie pour le restant de ses jours. La narratrice convoque l’enfant qu’elle a été au cours des années cinquante dans des lieux de vie successifs, entre Flandre et Wallonie. Les maisons qui l’ont abritée mais aussi façonnée. Les maisons qu’elle a habitées mais qui l’habitent. Les maisons parentales et grand-parentales défilent comme autant de mondes qui la marquent de leurs empreintes singulières. Une histoire, des attentes et des codes que le regard de l’enfant interpelle avec anxiété. Qu’est-elle sensée devenir à partir de là ?

Publié dans Présentation

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Laurent Dumortier nous présente son dernier recueil poétique "H (écrit sous influence)"

Publié le par christine brunet /aloys

Résumé : 

H (écrit sous influence) est un jeu sur les mots, les sonorités, les odeurs, les couleurs...  Les sens en éveil, c'est retranscrire sur papier le ressenti, l'émotion.

 

La biographie d’auteur

L’auteur, membre de l’Association Royale des Ecrivains Wallons et de l'Association des écrivains belges de langue française, a déjà publié plusieurs romans, recueils de nouvelles, ainsi que recueils de poésie. Il collabore en outre à diverses revues et forums littéraires. Plusieurs revues littéraires internationales ont en outre publié plusieurs de ses nouvelles...

 

Extrait

Respire, respire

 

Te souviens-tu

Du jardin d'hiver

Où en décembre

C'était l'été

 

Tu sais que je vis

A temps partiel

Partagé entre l'ombre

Et le soleil

 

Que je veille

Souvent tard

Et ce soir

Plus encore qu'hier

 

Mais respire,

Respire

 

Je te ferai

Un signe

Au prochain été

 

Ou tu me verras

Dans la bruine

D'un matin d'automne

 

Ou tu entendras ma voix

Dans le souffle froid

D'un vent d'hiver

 

Mais respire,

Respire...

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Gauthier Hiernaux nous présente son nouveau roman "Journal d'un cachalot"

Publié le par christine brunet /aloys

    

  1. Extrait

 

Comme tout le monde, on lui avait donné un nom et un prénom, pourtant, depuis bien des années, on ne le surnommait plus que « le cachalot ».

Il y avait plusieurs raisons à cela, mais de manière générale, on ne retenait que la première, la plus évidente en somme. 

Des lèvres qui couraient loin sur ses joues en une grimace de tristesse qui ne s’effaçait jamais, un ventre si proéminent qu’il lui ouvrait, sans effort, un passage dans la foule la plus dense et sa taille très respectable – un presque double-mètre – avaient fortement contribué à ce surnom peu flatteur. Il le gardait depuis l’enfance, quand il avait commencé à prendre de l’embonpoint et aujourd’hui que sa balance accusait un peu plus de cent soixante kilogrammes, le sobriquet ne semblait pas sur le point de disparaître.

Son père était énorme, sa mère ne l’était pas moins. S’il avait eu un frère ou une sœur, ils auraient été cétacés itou. Sans doute échaudés sans doute par les efforts qu’ils avaient dû déployer à l’accouplement, ses géniteurs en étaient restés là. Ils étaient morts depuis bien longtemps et « le cachalot » nageait seul parmi les requins.

Pour l’heure, ses larges pieds posés sur le trottoir, il contemplait une affiche qui ravivait sa fierté.

Et pour cause : sur toute sa surface s’étalait son nom en lettres capitales :

 

Hans-Erik Brenaerdt

expose ses œuvres

 

C’était sa toute première exposition, son heure de gloire. Pour l’instant cependant, il jouissait d’un tout autre spectacle. Il patientait, tapi dans l’ombre sous une pluie battante, sans la protection d’un parapluie. Cela ne le gênait guère, après tout, l’eau n’incommodait pas les animaux sous-marins. Son plaisir était de les voir arriver un par un, ces hommes qui l’avaient raillé pendant des années, plus curieux qu’intéressés par ce qu’ils allaient découvrir. Il en aurait mis sa nageoire à couper. Sans doute espéraient-ils rire de lui encore une fois. Il leur promettait une belle surprise. 

 

  1. Bio

 

Auteur de nombreux romans et recueils de nouvelles parus chez différents éditeurs, Gauthier Hiernaux est un auteur belge francophone né à Mons en 1975 et résident à Bruxelles depuis les années 2000.
Il est licencié en Langues et Littératures romanes de l’Université Libre de Bruxelles (ULB) et possède une agrégation de l’enseignement supérieur.
Il est formateur en informatique depuis vingt-cinq ans et partage sa vie entre sa famille, son travail et ses activités littéraires.

 

  1. Résumé

 

« Journal d’un Cachalot » est un recueil de douze nouvelles noires écrites entre 2010 et 2015.
Il s’agit majoritairement d’histoires très ancrées dans le réel mettant en scène des anti-héros tels que Hans-Erik Brenaerdt « le cachalot », Willie « Toolbox » Schuster ou encore le mauvre John-John Sizeman.

L’auteur semble prendre un malin plaisir à torturer ses personnages en les plaçant dans des situations inextricables (Le mauvais gars, Toolbox), absurdes (Journal d’un Cachalot, La Dernière tentation d’Arnie Miller), malsaines (Vilaine, mais docile) ou franchement cruelles (Douche froide, Les Peaux-rouges).

Notons également deux nouvelles « hommage », à Camus d’abord (Les toutes dernières minutes) puis aux victimes des attentats de Charlie-Hebdo (Aujourd’hui, je ne suis pas mort).

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Didier Kelecom nous présente son recueil de nouvelles "La main du destin et autres sortilèges"

Publié le par christine brunet /aloys

 

Résumé

 

Henri, homme de pouvoir, consulte un mage qui lui promet une seconde jeunesse contre de l’argent. Il accepte mais cela ne se passe pas selon ses vœux.

La nuit, des rêves effrayants de fin du monde tourmentent George. Songes inspirés de l’actualité ou prémonitions ?

Au casino, Christopher se découvre être un « porte-chance ». Un joueur professionnel l’aborde...

Par quelques récits où se mêlent réel et imaginaire, l’auteur invite le lecteur à effleurer, de la main, l’étrange...

Huit nouvelles liées entre elles par deux thèmes : Dieu (très discret) et le Diable ; l’amour et la mort. L’auteur s’interroge : quelle est la justification de notre vie ? Sommes-nous libres ou le destin se joue-t-il de nous ?

Ces textes sont basés sur de l’expérience personnelle : la peur de la mort, la quête de l’amour, la ZAD. Les vacances à Noirmoutier. Le pouvoir. Les rêves prémonitoires. La recherche de Dieu et de son pardon. Enfin, une enquête policière.

 

L’auteur :

 

            Didier Kelecom, né le 28 octobre 1951 à Etterbeek (Bruxelles).

Ingénieur civil de la Faculté Polytechnique de Mons ; spécialité : électronique, télécommunication. Il a travaillé chez Thales Alenia Space Belgium (Charleroi), les anciennes ACEC électroniques.

            Marié, quatre enfants, 11 petits-enfants.

            Passions :

  1. Musique : joue de la flûte traversière, de la clarinette et chante dans une chorale.
  2. Ecriture : deux recueils de nouvelles et quatre romans.
  3. Astronomie.
  4. Vol à voile à Challes-les-Eaux près de Chambéry.
  5. Pilote d’avion remorqueur télécommandé.
  6. Radioamateur dans sa jeunesse.

 

Extrait

 

 

Depuis que le monde est monde, le mal a été combattu avec plus ou moins de succès. Des saints, des prophètes, des peuples entiers se sont efforcés de le réduire. D’autres s’en sont accommodés et l’ont même asservi à leur profit.

Je vais vous conter un exemple qui tient de la légende : un personnage qui enferma le mal et le mit à son usage, un peu comme le mage use du génie enfermé dans la lampe.

 

Cela se passait au siècle des Lumières. Le personnage était un humaniste, un scientifique qui connaissait beaucoup de choses et fréquentait une multitude de gens. Il pratiquait aussi la magie noire en cachette. Nous ne le nommerons pas car son nom est célèbre. Nous l’appellerons donc le savant sorcier.

Quant à l’ange déchu qu’il captura, ce piètre personnage ne mérite pas plus que le nom de « diable » avec un petit « d ». Se faire prendre par un humain, fût-il un grand sorcier, c’était faire preuve de peu de grandeur. Notre savant sorcier invoqua le diable, le captura et l’enferma dans une pierre précieuse, un gros rubis. Cette pierre fut montée sur une broche.

Lorsque le savant sorcier portait la broche, il pouvait transformer du vil métal en or. Il amassa ainsi une immense fortune. Il avait pouvoir sur les femmes : aucune n’était capable de lui résister ; il eut des aventures multiples. Il avait une ascendance sur les hommes et imposait sa politique. Cependant, le pouvoir absolu ne l’intéressait pas : trop jouisseur, il ne cherchait pas à transformer le monde.

La puissance de la broche lui conférait une éternelle jeunesse. Ainsi il fréquenta la cour du Roi Louis XV comme celle de son successeur, Louis XVI. Il survécut à la révolution, traversa le Premier Empire, applaudit à la Restauration. Il connut d’autres révolutions et le Second Empire. Il disparaissait pour un temps, réapparaissait, se faisant passer pour son propre fils. Il ne changeait pas d’aspect, c’était un homme sans âge.

 

Un jour cependant, le savant sorcier entra dans une vieille église peu fréquentée. Il l’avait choisie avec soin. Le sanctuaire menaçait ruine car le curé était très pauvre. Il alla le voir et lui fit cette requête :

  • Je souhaiterais cette nuit prier Marie, mère de Jésus, pour le pardon de mes péchés. Marie est silencieuse, modeste et aimante. Elle me comprendra, m’aidera. Acceptez-vous de m’enfermer dans votre église pour la nuit ?
  • Ne serait-ce pas plus simple de vous confesser, mon fils ?
  • Je ne suis pas baptisé, mon père, et j’ai très peu de temps devant moi.

Le religieux étudia avec soin le visage de ce curieux paroissien, un visage jeune et en bonne santé, loin des menaces de la mort. Il devinait cependant une terrible angoisse, un appel de détresse, pressentait comme du désespoir. Le savant sorcier sortit de son manteau une bourse remplie de pièces d’or et la lui remit :

  • Vous avez besoin d’un peu d’argent pour entretenir ce lieu saint.

Devant ce don, le curé sentit son hostilité fondre, mais il ne voulait pas laisser quelqu’un seul dans son église.

  • Je peux prier à vos côtés, si vous le voulez.
  • Ce chemin, ce pèlerinage devrais-je dire, je dois le parcourir seul. Si vous voulez m’aider, priez pour moi dans la sacristie.

Il en fut décidé ainsi. Le soir venu, le curé ferma les portes et se retira dans son lieu d’oraison. Le savant sorcier sortit d’un sac cent bougies qu’il plaça devant Marie et les alluma. Il s’assit et se mit en prière. La statue de pierre, qui lui faisait face, voyait ses lèvres bouger et prononcer les mots en silence. Sa face transpirait sous l’effort et la concentration.

Chaque bougie brûlait à sa façon. Certaines éclairaient fort et duraient peu, d’autres se consumaient à l’économie et restaient allumées longtemps. Au milieu de la nuit, les premiers luminaires s’éteignirent. À chaque extinction, le visage de l’homme prenait des rides, ses cheveux blanchissaient.

À la lueur de l’aube, la dernière bougie eut un sursaut et mourut. Les lèvres du vieillard se turent, son cœur s’arrêta de battre et son esprit se figea pour l’éternité...

 

Au matin, le curé sortit de la sacristie pour proposer à son hôte une tasse de café. Il le trouva mort et ne le reconnut pas tout de suite : la transformation était profonde. Le prêtre soupçonna alors quelque diablerie mais constata que le visage du pénitent était empreint de sérénité, de paix. Il eut la certitude que Dieu lui avait octroyé son pardon, qu’il était mort en chrétien. Il se jura de faire le nécessaire pour que ce vieil homme soit enterré en terre consacrée.

Les officiels de la ville découvrirent sur le mort des documents attestant son identité et un testament signé de sa main. Le notaire en fit la lecture : la majorité des biens allait à des œuvres de charité. Le reste revenait aux héritiers, c’est à dire l’hôtel particulier construit au milieu d’un parc à l’écart de la ville.

Ce petit château, haut lieu de fêtes somptueuses, de débauches et de perversités, était une merveille d’art mais se révéla un cadeau empoisonné. La maison était hantée. Le mal circulait dans les couloirs à la recherche de son maître disparu. Les portes et les murs se déformaient à son passage. La maison fut désertée, laissée à l’abandon. C’était la maison du diable. Elle resta telle quelle pendant cent ans. Elle traversa deux guerres mondiales sans encombre.

 

 

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3e hors-série référencé ! Pour rappel, quelques infos...

Publié le par christine brunet /aloys

Pour ce 3e Hors-série de la Revue « Les petits papiers de Chloé », le thème des textes proposés est « C’est magique ».

Trois gagnants au concours organisé à cette occasion et publiés :

  • Joe Valeska « L’épée de Velkan »
  • Marguerite Debois « Le lutin du mouchoir »
  • Ani Sedent « Lampion à la bave de crapaud »

Second concours organisé pour ce hors-série « Et si tout n’était qu’illusion ? ». La gagnante publiée :

  • Carine-Laure Desguin « L’ascension de Sheila »

Les autres textes plébiscités par les lecteurs :

  • Laurent Femenias « Le puits aux souhaits »
  • Micheline Boland « La petite fée, une nouvelle amie »

Présentations d’ouvrages, de sagas ou d’univers littéraires :

  • Laurent Dumortier « Les Chroniques de Baltus »
  • Carine-Laure Desguin « Le transfert »
  • Laurent Femenias « Galinda, la Forêt des Ombres »
  • Joe Valeska « Meurtres Surnaturels »
  • Christian Eychloma « Magie ou Science-Fiction »
  • Ani Sedent « Les Chroniques de l’Invisible »
  • Philippe Desterbecq « L’étoile, le livre et le Talisman magiques »

 

L’équipe de la revue

  • Sponsor : Les Editions Chloé des Lys
  • Rédactrice en chef : Christine Brunet
  • Infographiste : Fralien
  • Illustrateurs :

             - François Beukels " Les Carrôttins "

             - Ani Sedent

             - Les auteurs participants

Publié dans Présentation

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L'émission 14 d'ActuTV est en ligne !

Publié le par christine brunet /aloys

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Au générique de l'émission 14 d'ACTUTV ! (et de l'émission 15 déjà sur les rails !)

Publié le par christine brunet /aloys

Au générique de l'émission 14 d'ACTUTV ! (et de l'émission 15 déjà sur les rails !)
Au générique de l'émission 14 d'ACTUTV ! (et de l'émission 15 déjà sur les rails !)
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Au générique de l'émission 14 d'ACTUTV ! (et de l'émission 15 déjà sur les rails !)
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(* Dans l'émission 15)

Chroniques by Ani Sedent

  • Naoned 2084 - Yvonne Andurand
  • Le Bic et les pierres - Pascale Gillet-B
  • La douceur du Brontosaure - Maël Gentgen
  • L'histoire me sera favorable - Caroline Marbaise
  • L'été de l'oiseau - Dominique Dumont
  • Les nuits félines - Qualipo
  • Imagine - Oz
  • Sauvetages - Nadine Groenecke
  • La rectification - Luc Degrande
  • Ainsi, je devins un vampire - Joe Valeska

Chroniques by Edmée de Xhavée

  • Family Crash - Jonathan Siel
  • Au-delà des barreaux - Bernard Wallerand
  • La rectification - Luc Degrande
  • Souvenirs nomades - Johann Paquet
  • Journal d'un cachalot - Gauthier Hiernaux
  • Otage - Sam Guetof

Chroniques by Christine Brunet

  • Ainsi, je devins un vampire - Joe Valeska
  • Entre rivière et forêt - Patrick Beaucamps
  • Souvenirs nomades - Johann Paquet
  • Le baiser de l'ange - Vincent Vandist
  • L'été de Gigi - Céline Estelle
  • Eliot ou l'origine du mal - Alain Charles
  • Twins à l'école des Dragons Bleus - Hubert Mulkens
  • H (écrit sous influence) - Laurent Dumortier

Chroniques by Carine-Laure Desguin

  • Tri sélectif - Joachim Bourry
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Des teasers : (* émission 15)

  • Ainsi, je devins un vampire
  • Céline Estelle présente "L'été Gigi"
  • La saga d'Ani Sedent
  • Appels aux auteurs pour participer aux concours Aloys.
  • Nid de vipères
  • Dégâts collatéraux
  • E16
  • M'entends-tu, Geronimo ? 
  • Présentation univers Christian Eychloma
  • Saga Laurent Dumortier
  • Univers Edmée de Xhavée

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