J’aime la poésie, mais je dois avouer que la forme japonaise dite des haïkus me semblait plus difficile d’accès, plus psychologique… Mais je suis curieuse et j’ai donc décidé de découvrir le recueil de Micheline Boland, Haïkus et tankas au fil des jours.
Alors ? Verdict ? Eh bien, ces poèmes assonants, très courts, sont tout simplement des bribes de vie, des clichés d’un instant T, une sensation face à une image, à un état d’esprit fugace. Il suffit de les parcourir pour voir, ressentir, toucher des moments fugitifs, images éphémères captées par l’œil aguerri de la poétesse.
Micheline nous transporte au fil des jours et des saisons, nous fait voyager au fil du temps par petites touches colorées, à la fois fragiles et puissantes. Difficile de décrire mon ressenti au fil des pages… Il faut se laisser tenter et accepter de voyager au gré des petits coups de pinceau de la poétesse…
En un mot ? Essayez… Je crois que vous serez surpris !
« Pour se libérer »… et s’il ne s’agissait que de tuer un autre être humain pour se libérer de ses tourments ?
Au cœur de la forêt de Brocéliande, des silhouettes blanches de druides sèment la terreur et… la mort. Des cadavres refont surface… Dolmen, Miroir aux fées, endroits mythiques propices à la rêverie ou aux cauchemars.
Deux enquêteurs prennent l’affaire par deux bouts différents. Ils se percutent, s’affrontent, se découvrent.
Qui tire les ficelles ? Pourquoi ? On suit des pistes, vraies ou fausses, on subodore, on attend… avant de comprendre, lorsque le voile se lève, non pas sur l’impensable ou l’inévitable, mais sur une réalité, une vérité vieille comme le monde. Laquelle ? Je vous invite à lire ce roman pour la découvrir !
Lycaon… est un roman atypique parce qu’il nous propulse au cœur d’une âme tourmentée, immortelle (ou presque), tiraillée entre le bien et le mal. Une âme attachante, originale et unique, d’apparence si normale, d’essence non pas divine mais magique, on va dire. D’ailleurs, connaissiez-vous la légende attachée à cet être hors normes avant d’avoir vu le trailer de France ? Moi, pas vraiment…
Lorsque cet être est confronté à la mort d’enfants, à l’émergence d’un esprit parfaitement mauvais et perverti, la chasse est ouverte… sanglante, haletante, sans merci.
Les personnages peints à grands traits par France sont attachants, étonnants, détonants, à l’image de Kassandra ou, mieux, de Fenrir, le fantôme turbulent qui vit avec Lycaon, lequel répond au prénom de Lukas sous sa forme humaine.
Le lecteur est surpris par cet aller-retour permanent entre vie normale et vie lycanthropique, on va dire, même si la conscience reste la même… On tourne les pages, on se demande qui du loup ou de l’assassin aura le dernier mot et restera en vie. Chausse-trappes, machinations habiles… On a peur pour notre Lycaon, sorte de super-héros à la recherche de la rédemption.
J’attends l’ascenseur. Le week-end est arrivé. Je ne sais pas si je dois en être heureux, ou l’inverse.
J’entends des pas. Je regarde à ma gauche, c’est Bella, l’une de mes collègues.
- Des choses prévues pour ce week-end, Kyle ?
- Pas vraiment… En fait, pour être franc, j’ai peur qu’il soit un peu long… Et toi ?
- Rien de spécial, non plus. Encore un week-end « séries télé »…
J’ai envie de continuer la conversation, mais je n’ose pas. Quelle genre de série doit-elle bien regarder ? J’aimerais savoir… Bella, après tout, elle est sympa. J’admets aussi qu’elle porte bien son prénom, elle est vraiment très mignonne…
- Bella ?
- Oui, Kyle ?
J’essaie… Mais non, ça ne veut pas.
- Non, rien. Désolé.
- Pas de soucis…
- Merci, tu es gentille.
Bella m’offre un sourire. C’est une belle petite victoire. Les portes de l’ascenseur s’ouvrent…
J’appuie sur le « 0 ». Il y a huit étages. L’ascenseur commence à descendre… ce dernier s’arrête brusquement.
- Merde ! J’appelle les secours.
Bella m’attrape la main. Je la regarde, surpris.
- Ce ne sera pas nécessaire… me dit-elle en déboutonnant son chemisier...
Autour de nous, le bruit des couverts. Le fumet de la nourriture montait au nez. Je m’étais installé à une table avec Gallego et quelques autres collègues de travail. Heureusement qu’on était arrivés avant le moment de la grande affluence. M. Ouija vint nous rejoindre, vêtu de son éternel manteau noir qui lui donnait un air de vieux corbeau. Il lorgna Martirio, assise quelques chaises plus loin. Martirio, la source de ses douleurs.
− Cette place est-elle encore libre ? demanda-t-il en désignant une chaise.
Personne ne lui répondit, comme de coutume. Personne ne faisait attention à lui, comme s’il se fondait entièrement dans le décor, comme si son unique tâche consistait, en quelque sorte, à être là. Autant que je m’en souvienne, M. Ouija avait toujours mené cette vie de fantôme, hantant l’administration comme un spectre hante un vieux château tandis qu’autour de lui, ses collègues transportaient des dossiers, consultaient des fichiers électroniques, collaient des timbres sur des enveloppes sans s’apercevoir de sa présence. Aux yeux du monde, il faisait partie de ces gens qui, bien que nés, n’ont jamais vraiment existé.
Alors sans dire un mot de plus, M. Ouija s’assit et ôta son chapeau noir, dévoilant son visage contrefait et difforme, ses yeux de rat qui louchaient. Il sourit d’un triste sourire, laissant entrevoir ses dents désordonnées, semblables aux créneaux d’un château.
Biographie :
Né au Luxembourg en 1991, j’étais très tôt intéressé par la littérature fantastique et les récits d’horreur. J’avais, dans ma jeunesse, envisagé d’entamer un jour une carrière d’écrivain. Après deux années dans l’école préparatoire Henri IV à Paris, j’ai fait des études de lettres à l’ENS et à Paris IV. Pendant ce temps, mes intérêts s’étaient davantage centrés sur la recherche littéraire (littérature comparée) et la philosophie et c’est finalement assez tardivement, vers la trentaine, que j’ai renoué avec mon projet d’origine.
Désormais, j’enseigne le français au Luxembourg et parallèlement, je me consacre à l’écriture. Ma motivation principale en écrivant est de créer des univers à la tonalité légèrement sombre, où règne une atmosphère dense, tout en engageant un questionnement philosophique. Mon texte explore notamment deux questions centrales : la solitude et le caractère à la fois consolant et aliénant des mondes imaginaires.
Résumé :
M. Ouija est laid. D’une laideur telle qu’il est condamné à une existence solitaire et sans amour. Sa seule joie consiste à se réfugier dans son univers mental. Un jour, pourtant, sa vision du monde est bouleversée lorsqu’il remarque que sa collègue Martirio le traite avec bienveillance.
Persuadé d’avoir rencontré son âme sœur, M. Ouija retrouve sa joie de vivre. Au même moment, son âme est visitée par une présence étrange, cynique et misogyne, qui répond au nom d’Ignacio. Poussé par cet homme aux pouvoirs étranges, le fonctionnaire terne et silencieux risque le tout pour le tout et avoue ses sentiments à Martirio. Cet aveu le sortira-t-il du marasme où il s’est enfoncé ?