Micheline nous propose un conte de Noël... "Le berceau divin"
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LE BERCEAU DIVIN
Prémonition ? Sagesse issue d’une vie simple et droite ? Intuition des humbles ? Qui pourrait dire comment ses mains avaient été guidées ? Qui pourrait parler de la tendresse dont témoigne son travail ?
En ce temps-là, à Nazareth, Joseph venait de terminer un berceau, le plus admirable qu’il eut pu réaliser. Ses doigts avaient des heures durant laisser agir le ciseau et le polissoir. Sans qu’il en ait vraiment conscience, des étoiles étaient à présent gravées sur les montants, des bergers et leurs brebis étaient profilés sur le panneau de la tête. Joseph s’adossa au tas de bois qui se trouvait dans son atelier et considéra son œuvre. Son esprit brûlait de joie et de fierté car il savait que son fils reposerait là au creux douillet du petit lit.
Quelques voisins avaient eu l’occasion d’observer le meuble et bientôt à travers tout le pays parvint une rumeur qu’un berceau extraordinaire avait été réalisé dans une humble maison de Nazareth. Cette nouvelle arriva même au palais du roi Hérode. Celui-ci n’était pas homme à s’émouvoir de la création d’un objet d’art de plus, car il avait à sa disposition quantité de pièces rares et de valeur, mais il présageait qu’une telle rumeur pouvait avoir quelque chose d’inquiétant. Des devins lui annoncèrent, en effet, à la description orale du bel objet que son règne était menacé.
Quelques semaines plus tard, Joseph apprit qu’il devait se rendre à Bethléem pour un recensement. Un ange l’avertit en songe que le bébé ne reposerait pas là où il l’avait imaginé. Alors, tandis qu’il se préparait avec son épouse pour le long voyage qu’ils devaient effectuer, il réfléchissait à ce qu’il allait faire de son ouvrage. Comme il n’avait pour seule monture qu’un maigre bourricot, il lui sembla impossible de le transporter. Ainsi, il se résolut à en faire don . Il le déposa près du puits du village et espéra que quelque personne nécessiteuse pourrait se l’approprier.
Cependant, un émissaire du roi Hérode, congédié en raison de son âge, qui rentrait dans sa région de naissance pour y finir tristement ses jours, découvrit le meuble. Il avait entendu parler du chef d’œuvre auquel on attribuait des vertus insoupçonnables. En son cœur, il éprouva une grande joie. Voilà un trésor, estimait-il, qui pourrait lui faire retrouver grâce auprès de son roi. Il s’en retourna donc pour Jérusalem. Sous les pas de son cheval la route était plus facile qu’elle ne l’avait jamais été auparavant. Il lui semblait que le berceau était plus léger qu’un voile.
Hérode fut ébranlé lorsqu’il vit le berceau. Il appela devins, scribes et sages pour interpréter ce qui était représenté de manière aussi gracieuse sur le bois.
« L’astre d’un nouveau roi s’est levé », osa l’un d’eux.
« Il est reconnu par tout le peuple des bergers », poursuivit un autre.
« Les écritures laissent prévoir qu’il se trouve à Bethléem », dit encore un troisième.
Peu de temps après cette découverte, des mages venus d’Orient s’adressèrent à Hérode et confirmèrent qu’ils avaient vu apparaître une nouvelle étoile, signe d’une naissance prestigieuse. Alors, Hérode, reconnaissant les propriétés divinatoires propres au berceau, manda les mages afin de porter le petit meuble jusqu’à cet endroit où ils comptaient aller rendre hommage à l’enfant.
Quand Joseph reconnut son œuvre, il en fut bouleversé. Il frémissait de bonheur. L’enfant pourrait reposer sur une couche digne de ses origines. Joseph contempla son ouvrage d’un regard tout neuf. Il distingua qu’il avait représenté un désert au pied du petit lit. Il fut visité la nuit suivante par un ange qui lui ordonna de se rendre en Egypte pour assurer la sécurité de l’enfant.
Joseph se découvrit une force intérieure toute neuve. Il acquit plus d’assurance. S’il avait l’intuition en façonnant son œuvre de ce qui allait advenir, il pourrait à l’avenir s’y fier encore et encore. D’autant plus, que l’ange l’épaulait de manière non négligeable.
Quand fut venu le temps pour la sainte famille de partir pour l’Egypte, Joseph offrit le berceau à quelque pauvre paysanne qui se trouvait près de l’étable à ce moment-là.
Il paraît que l’enfant, qui y dormit, apporta douceur et sagesse partout où il passait. Jamais, le berceau ne fut hors d’usage même si peu à peu se sont estompées les marques particulières qui l’ornaient.
Micheline Boland
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Rayan Zowski nous propose une nouvelle : "Joyeux Noël"
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Joyeux Noël
Je marchais seul dans la ville.
Mamie m’avait invité à passer le réveillon chez elle. On peut dire qu’elle avait bien insisté. En effet, Mamie n’aime pas que je reste tout seul dans mon studio. Alors la nuit de Noël… Je ne voulais pas y aller car l’oncle Henry serait là.
Je n’aime pas beaucoup mon oncle. A chaque fois qu’il me voit, il me fait toujours la remarque que je n’ai pas de copine. Il ne me rate jamais. Je crois même qu’il y prend du plaisir. En fait, je dois me l’avouer, je déteste l’oncle Henry. Je ne peux pas le sentir. Il est tellement méchant...
Si j’étais sorti, c’était dans le seul et unique but de souhaiter un joyeux Noël à Mamie. Je savais que cela allait lui faire plaisir. Après tout ce qu’elle avait fait pour moi… Je m’en veux vraiment qu’elle se tracasse fort pour moi, c’est comme ça depuis mon enfance. Disons que j’ai toujours été différent. Pour faire très simple, on me prend souvent pour une personne autiste. Je ne le suis pas. Mais il est vrai que je suis quelqu’un de très réservé, ce qui ne m’aide pas du tout.
Je commençai à avoir froid. Pour pouvoir me rendre chez Mamie, je devais passer par le quartier chaud. J’avais horreur de ce coin. Disons que je ne suis pas trop à l’aise avec les choses qui se trament là-bas. Mais comme je commençai vraiment à me les geler...
J’étais arrivé dans la toute dernière rue. J’avais réussi, et ce sans croiser personne. J’étais vraiment soulagé… quand je la vis.
Elle devait avoir mon âge. Je crus que c’était elle. Mais non, c’était impossible. Elle était partie loin, très loin...
Je décidais d’aller à sa rencontre.
- Bonsoir.
Je vis qu’elle était embarrassée. Elle ne me regardait pas dans les yeux. Elle n’avait pas choisi. Comme aucune autre. Je ne sais pas alors ce qu’il me prit.
- Vous demandez… ?
Elle leva les yeux. Ils étaient verts. Comme l’émeraude. Ils brillaient dans la nuit.
- Je ne sais pas.
J’étais complètement perdu. Je ne savais absolument pas comment me comporter. C’est alors que j’eus le besoin de lui dire :
- Vous lui ressemblez.
Elle fût surprise.
- Comme vous lui ressemblez…
Elle avait compris.
- Je suis vraiment désolée.
- Vous n’avez pas à l’être. Ce n’est pas de votre faute.
On se regardait.
Soudain, on entendit quelque chose. C’était la cathédrale. Les douze coups de minuit sonnaient.
On continuait à se regarder.
- Puis-je vous embrasser ?
Ce fût plus fort que moi.
Contre toute attente, elle s’approcha alors de moi. Juste avant que ses lèvres ne touchent les miennes, elle me dit :
- Joyeux Noël...
Rayan Zowski
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Et voici enfin l'émission 16 d'ActuTv2 !
Pour cette émission de fin d’année, beaucoup de titres, de trailer et deux rencontres avec nos auteurs…
Ani Sedent à l’occasion de la sortie de son 4e volet de sa saga « Les chroniques de l’invisible », L’Arcane et Clément Bonnet pour son ouvrage hors des sentiers battu « Mère et monstres ».
Pour ce qui est des chroniques, nous allons vous parler de :
- Twins à l’école des dragons bleus
- Les chroniques de Baltus
- Un temps d’avance
- La rectification
- Les maisons vagabondes
- Quel goût à la vie
- Issa Abdoullah
- La terre de nos ancêtres
- Mère et monstres
- L’arcane
- Otage
- La vie est belle.
- L'Isle Celée
Qt aux trailers, je vous en laisse la surprise !
Louis Mathoux nous présente son recueil de poésie "La chair des nuits"
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RESUME DU LIVRE
Cinquante-trois pages de poésie en vers libres. Une poésie intense, très condensée, rédigée avec une grande économie de mots, mais dont chaque vers touche au cœur, frappe le lecteur comme un uppercut, l’émeut profondément et ne le laisse pas indemne. L’auteur part de son vécu personnel douloureux pour réinterpréter à sa manière les thèmes éternels de la souffrance, des ténèbres, de la mort et du désir charnel torturé. Un livre qui ne parle pas seulement à l’intellect de celles et ceux qui en parcourent les pages, mais qui questionne profondément leur sensibilité d’êtres humains. Un recueil de poèmes dont la portée s’avère incontestablement universelle.
BIOGRAPHIE
Né en Belgique le 16 novembre 1970, Louis Mathoux est licencié (=master) en Histoire de l’UCL, licencié en Journalisme de l’UCL, et titulaire d’un diplôme post-universitaire de 3ème cycle en Relations internationales de la KUL (Leuven). Il a longtemps travaillé dans l’administration publique (Ministère de la Communauté française), tout en menant de front une carrière active de journaliste professionnel free-lance (=indépendant) pour divers organes de presse belges (La Libre Belgique, L’Avenir, Dimanche, etc.), français (La Croix) et suisse (L’Echo-magazine).
Membre de l’Association des Ecrivains Belges, de l’Association Royale des Ecrivains et Artistes de Wallonie, du Pen-Club International et du Grenier Jane Tony, il a en outre été administrateur des Scriptores christiani, avant d’en devenir le Secrétaire général (2005-2013). Il collabore depuis une trentaine d’années à de nombreuses revues littéraires belges et françaises, et a reçu en 1999 le Prix de la Francophonie de la Nouvelle.
Il a publié 8 recueils poétiques en France et en Belgique depuis 1998, un essai sur les (pseudo-) apparitions de la Vierge Marie (Apparitions mariales, mythe ou réalité ?, Ed. Mols / Ed. Desclée de Brouwer, 2013) ainsi qu’un ouvrage d’entretiens avec Monseigneur Léonard (Monseigneur Léonard – Entretiens avec Louis Mathoux, Ed. Mols, 2006), dont la traduction en néerlandais en 2010 a provoqué une énorme tempête politico-médiatique en raison de certains propos controversés de Monseigneur Léonard.
EXTRAIT
Je palpe la chair nomade du vent
ausculte les spasmes qui en jalonnent l’errance
Mon âme questionne la langueur obsédante des pluies
sans pouvoir en pénétrer l’exact tourment
Les brouillards se décalquent un à un sur ma peau
et la nudité des arbres
me déshabille de mes propres visages
Il est tant de novembres celés en un seul novembre
Ani Sedent nous propose un autre extrait de son nouveau roman "L'Arcane"
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Habillé de l’opulent ivoire des pins boréals, sous des toitures aux pentes couvertes de bardeaux couleur de mer et d’or, enjolivé de tours hexagonales et d’oriels, surgissant des étages tels des proues de navires, le palais royal dominait la cité de sa splendeur. Ses façades possédaient chacune une volée d’escalier menant à un immense hall gardé par d’impressionnants piliers sculptés. Pour l’heure, une foule bigarrée s’y pressait, emplissant les lieux du bourdonnement de conversations animées.
Sa lyre dans une main et son bourdon camouflé en canne de direction dans l’autre, Merlin entraîna résolument son petit groupe de musiciens improvisés parmi les bardes et baladins.
Contrairement à leur crainte, l’arrivée d’un nouveau groupe éveilla peu d’intérêt. Un évènement bien plus préoccupant captait l’attention de tous : le Grand Chambellan était en retard ! Le spectacle devait pourtant avoir lieu le lendemain soir et il fallait encore régler les derniers détails.
Alors que l’inquiétude atteignait son comble, les artistes levèrent des yeux impatients sur le splendide escalier central, où venait de surgir un homme paré comme un oiseau des îles du Sommeil. La surprise passée, un tonnerre d’applaudissements salua l’apparition. Grand, mince, ses longs cheveux retenus par un ruban scintillant en une boucle lustrée au sommet de son crâne, il était vêtu de soie et velours enluminés de broderies chatoyantes, qui illuminaient ses traits fins, tandis que des plumes d’un noir profond lui faisaient les épaules irisées.
En un geste plein de panache, l’homme s’inclina devant la foule qui redoubla d’excitation.
‒ Qui est-ce ? demanda Hortie tout en applaudissant l’extraordinaire apparition.
‒ Mirliflor ! s’exclama Valerian.
‒ Qui ?
‒ Mirliflor, le Grand Sorcier du Spectacle ! s’enthousiasma Malicia.
‒ Un sorcier ? Dans cet accoutrement ? ricana Merlin.
‒ À votre place je ne le sous-estimerais pas, prévint la jeune sorcière, le regard noir.
‒ Il s’appelle vraiment Mirliflor ? demanda Hortie.
‒ Probablement pas, admit Malicia, mais avouez que ça lui va comme un gant.
‒ Et toi, comment sais-tu qui est cet individu ? demanda Merlin en lançant un regard étonné à son apprenti.
‒ C’est lui qui a organisé l’anniversaire de la reine, le cycle dernier. Tout le monde en a parlé. Il organise aussi des concerts de bardes et c’est toujours exceptionnel.
‒ Parce que tu vas aux concerts, toi !
‒ J’aime bien quand ça dépote, avoua le jeune chevalier.
Le vieux mage leva les yeux au ciel.
Mirliflor fut bientôt rejoint par une grande femme au visage sévère à peine adouci par quelques mèches folles échappées de son lourd chignon. Vêtue d’une robe grise dépourvue d’ornements, elle ne portait aucun bijou à part un anneau aussi terne que la chaîne au bout de laquelle il pendait. Elle était un contre-point parfait à la silhouette exubérante du Grand Sorcier du Spectacle.
[…]
Ben Nappier nous propose une courte nouvelle "Les yeux rouges"
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Les yeux rouges
Je n’arrive pas à dormir. J’ai pourtant bien pris mon cachet, ce soir. Mais rien n’y fait, je n’y arrive pas.
Je décide de me lever. Tant pis, au point où j’en suis, je vais me préparer une tasse de café. Les voisins doivent dormir profondément, je ne vais donc pas les déranger.
La machine commence à s’allumer. Je regarde autour de moi, comme il fait sombre dans ce studio. Ma vie est ainsi. C’est comme ça...
Mon attention se porte sur la fenêtre. Aucune étoile, cette nuit. Quelle tristesse...
Je ferme les yeux. Je les rouvre, deux points rouges brillent derrière la vitre. Je n’ai pas peur. Je m’avance vers eux.
J’ouvre la fenêtre, les deux points rouges me regardent toujours. Ce sont des yeux, des yeux rouges. Je peux parfaitement la ressentir, sa tristesse. Je lui tends la main, elle hésite…
Nous sommes assis sur le lit, face à face. Je commence à la caresser, c’est ainsi qu’on m’a appris. Malgré l’obscurité, je peux voir qu’elle rougit. Je l’embrasse dans le cou, elle ferme les yeux.
C’est ma dernière nuit sur Terre. Je n’aurais pas rêvé meilleur départ. Rien ne vaut la tendresse...
Ani Sedent nous propose un nouvel extrait de son nouveau roman 'L'arcane'
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Dès potron-jacquet, le petit groupe avait quitté la manse pour rejoindre, en début d’après-midi et à bonne allure, le Marais des Dragons. À l’horizon, se profilait la Lande aux Cantilènes, émaillée de quelques hameaux dont l’un abritait la seule auberge de ce côté du fleuve.
Valerian avait ralenti l’allure aux abords du marécage qui, coincé entre la courbe indocile du fleuve et la forêt des Songes, marquait l’entrée du domaine de Longvaisseau. Parmi les joncs, roseaux et autres plantes, on apercevait, non loin de leurs nids de butomes tressés, quelques nymphes couper des feuilles rondes, brunies par l’automne, en agitant l’eau qu’un peu de vase colorait de sa rousseur.
Un peu plus loin, apparaissaient d’autres nids dont la forme attestait la présence de dragons des marais.
‒ Brrrr ! fit Merlin en voyant les cueilleuses. Comment peuvent-elles rester dans l’eau par un froid pareil avec seulement trois brins d’herbe sur le dos ?
‒ Ce sont des nymphes, Maître Merlin, elles ne ressentent pas le froid comme nous, répliqua tranquillement Malicia, qui partageait sa carriole avec le vieux mage.
‒ Il n’empêche que le temps s’est drôlement refroidi, insista celui-ci. Elle va geler là-haut, c’est sûr, ajouta-t-il en sortant le nez de son manteau pour observer Azimuth tournoyer au-dessus d’eux, Hortie coincée entre ses crêtes de cou.
Quand Valerian avait expliqué, au grand dam du dragon qui souhaitait accompagner son chevalier préféré, qu’il n’était pas prévu que l’Escorte se fasse ailleurs qu’au sol, la fée avait affirmé que son capricant semblait ballonné et que Sa Seigneurie serait des plus aimable si elle acceptait de l’emmener.
Ce dernier avait bien un peu ronchonné, mais cela n’avait pas duré, tout à la joie qu’il était de cette nouvelle aventure.
L’après-midi était bien avancé lorsqu’ils abordèrent la lande.
Celle-ci s’étendait à perte de vue, ses couleurs automnales créant une atmosphère qui ferait la joie de n’importe quel peintre… pour autant qu’il puisse supporter le reste !
‒ Je comprends mieux pourquoi on l’appelle la Lande aux Cantilènes, fit remarquer Valerian à ses compagnons en élevant la voix pour couvrir celle du vent et son chant mélancolique.
Au même instant, Azimuth vint se poser non loin d’eux et Hortie se magiporta aussitôt au sol.
‒ Quelque chose ne va pas ? s’inquiéta le jeune chevalier en descendant de son cheval tonnerre pour aller à la rencontre de la fée.
‒ Je suis désolée mais je vais devoir récupérer mon capricant, s’excusa celle-ci, dont le teint verdâtre valait toutes les explications.
‒ C’est le vent, il y a des trous d’air, précisa néanmoins le dragon.
‒ Nous serons rendus dans quelques lieues à peine, rassura le jeune chevalier.
‒ Tu peux toujours venir avec moi et laisser ton invoqué à la dame, essaya Azimuth.
Valerian lui lança un regard où se mêlaient envie et reproche.
‒ Si tu changes d’avis…
Le dragon décolla aussitôt. Avec un soupir, le jeune chevalier remonta en selle et regarda Hortie récupérer sa monture attachée à l’arrière de la carriole.
‒ Vous auriez mieux fait de rester à l’académie, lança Merlin.
‒ Pour que vous soyez le seul à vous amuser ? certainement pas ! répondit la fée, qui en oublia sa nausée.
Elle monta en selle et rejoignit Valerian qui lança son cheval au grand galop.
Christina Previotto nous présente son nouvel ouvrage : "Alternance d'ombres et de lumières"
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1. Extrait court :
Elle aimerait effacer les traces de son passé... c’est pourtant vers lui qu’elle se dirige. Les arbres chétifs, penchés des deux côtés de la route, alourdissent son moral, tandis que les rayons obliques du soleil d’automne jouent à cache-cache avec la ramure ; jeux d’ombre et de lumière, soulignant l’alternance de ses périodes de confusion.
2.Biographie
Née en janvier 1951, à présent retraitée.
Mère de trois enfants, et grand-mère de quatre petits-enfants.
J’ai travaillé dans le secteur social.
J’aime la lecture et l’écriture, notamment la poésie.
Mon blog de poésie : https://ma-poecriture.over-blog.com/
Autrice de contes et de nouvelles chez ”Chloé des Lys”
Sous le pseudo ‘Christina Previ’
J’ai repris mon nom complet pour l’édition de ce dernier volume.
3.Résumé
Marcelle a été une gamine, puis adolescente mal dans sa peau. En révolte contre son père, elle renie son passé dont elle veut s’extraire, en commençant par changer de prénom. Devenue Marielle, elle s’enferme dans un carriérisme et une solitude qui l’isole des autres et d’elle même. Mais un drame survient et, suite aux aléas de la vie et aux rencontres qui en découlent, elle finira par s’ouvrir à l’optimisme et à la confiance en elle et aux autres.
Rayan Zowski nous propose une courte nouvelle : "La petite"
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La petite
Je regardai à travers le trou de la serrure. Ma future petite victime était assise sur son lit. Je jubilai et me frottai les mains. Je sentais que j’allais bien m’amuser, comme chaque soir. Je me mis à compter jusqu’à trois...
Une fois arrivé à « trois », j’ouvris la porte brutalement, levai les bras et poussai un hurlement. J’étais sûr qu’elle allait hurler à son tour. Peut-être même qu’elle allait se faire dessus. Mais à ma grande surprise, elle ne réagit pas.
La petite me regarda dans les yeux. Je n’avais jamais pareille tristesse. Je me suis surpris à me demander ce qui lui était arrivée. Elle baissa la tête, je pouvais la sentir anéantie. C’était la toute première fois qu’un tel cas m’arrivait, j’étais vraiment sur le cul.
- Je ne veux pas que Papa s’en aille…
La petite se mit alors à pleurer. Merde ! Que… Que devais-je faire, au juste ? Encore une fois, je n’étais pas du tout habitué à ce genre de situation.
La petite continuait de chialer. Je paniquais, mais curieusement, je ne voulais pas m’en aller, je ne voulais pas la laisser toute seule. Je m’assis alors à côté d’elle… La petite m’attrapa et pleura plus fort. Je dois vous avouer que j’étais à la fois embarrassé et perdu, qu’étais-je en train de commettre ? Si les autres l’apprenaient… Je ne sais pas alors ce qu’il me prit, mais je déposai délicatement mes pattes sur ses épaules.
- Je suis là…
Oui, je vous le jure, c’est bien ce que j’ai dit. Je la sentis aller un peu mieux.
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La petite s’était endormie. Ce fut long, mais elle y est arrivée. Je la regardais, Petite femme… Je tirai la couverture, elle avait déjà assez froid comme ça…
Je refermai la porte du placard avec la plus grande des prudences et je repartis. C’était tout pour cette nuit.
N’empêche, c’est quand même affreux quand les personnes que vous aimez le plus se bastonnent.
A côté de ça… Je ne suis rien.
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