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Reflexions tout à trac, "De l'amour" un texte de Claude Colson

Publié le par christine brunet /aloys

 

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De l'amour


         
           Les êtres passent sur cette terre et accomplissent tous, selon les moyens qu'ils en ont, ce qu'ils croient avoir à faire ou ce qu'il leur est assigné de faire par on ne sait quelle entité.

 
Ils passent et d'autres prennent la relève, marchant dans leurs pas.

 
            Mais ce qui aura le plus illuminé leur parcours, c'est l'amour.


L'amour comme besoin de sortir de soi, besoin éternel de transcendance ; partant, aussi besoin d'échange : je veux rendre heureux celle ou celui qui me rend heureux.


            C'est une étrange force qui traverse ainsi les générations, renaît en d'autres mais peut aussi renaître en soi sitôt qu'elle a disparu.


finalement elle ne fait que montrer notre incomplétude, celle-là même dont elle procède. Le désir d'être ou d'avoir ce qu'on n'est ou n'a pas engendrerait donc l'amour. Une pulsion d'abord egocentrée mais susceptible d'ouverture à l'autre.


Avec le temps on la maîtrise d'autant mieux qu'on la connaît davantage, mais toujours en partie seulement, tant sa puissance est indomptable.


Il faut imaginer le mourant amoureux

 

Claude Colson

claude-colson.monsite-orange.fr

Publié dans Textes

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Enfants, chantez vos libertés, un poème de Carine-laure Desguin

Publié le par christine brunet /aloys

 

desguin

 

Enfants, chantez vos libertés

 

 

 

Enfants, chantez vos libertés,

Dans les rues de la ville ;

Vos aventures, réveillez-les,

Soyez gais, grands, et indociles.

 

 

Enfants, chantez vos libertés,

Donnez-vous les mains,

Courrez sur les chemins,

Et déployez vos papiers.

 

 

Enfants, chantez vos libertés,

Vos couleurs sont de cristal,

Vos paroles n’ont pas d’égal,

Et vos rires grisent nos fiertés.

 

 

Enfants, chantez vos libertés,

Vos saisons sont des soleils,

Et vos jardins, cahiers décollés,

Cervolantent dans nos ciels.

 

 

 

 

Carine-Laure Desguin

carinelauredesguin.over-blog.com

 

Publié dans Poésie

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L'invitée d'Aloys est, aujourd'hui, Laure Bolatre avec son texte "Quiproquo"

Publié le par christine brunet /aloys

                                                 

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Quiproquo

 

L’homme entre dans le petit café, se dirige tout droit vers la serveuse :

- mademoiselle, s’il vous plait ?


Celle-ci se retourne et se trouve face à lui. Tout de suite sa pâleur, les cernes sous ses yeux lui font penser à quelqu’un qui n’a pas fermé l’œil depuis des nuits.

- bonjour. Je peux vous aider ?


L’homme sort de son portefeuille une photo.

- avez-vous vu cette jeune femme ?

- bien sûr. Je l’ai vu pas plus tard que mardi.

- seule ?

- non. Elle était avec une autre femme. Pourquoi ?


 Il sort une photo d’un groupe :

- reconnaissez-vous quelqu’un ?

- oui. Elle.

- vous a-t-elle dit quelque chose de spéciale ?

- non. Juste : deux chocolats chauds, s’il vous plait !


L’homme n’a pas l’air d’apprécier son humour.

- bon en quoi puis je vous aider ?

- auriez-vous entendu leur conversation ?

- dites donc en quoi cela vous regarde ?

- cette femme est ma fiancée et… je dois savoir…

- je vois.

- ne vous méprenez pas. C’est juste…

- oh ! j’ai l’habitude. Bien. Vous avez de la chance : mardi c’était mort, personne. J’en ai profité pour réviser. Je fais ça pour arrondir mes… enfin je suppose que cela vous est égal.


L’homme hausse les épaules.

- ouais. Je m’en doutais. Bon, voilà. Une des femmes…

- laquelle ?

- l’autre.

- disons la numéro 2.

- pourquoi 2 ?

- celle-ci, il lui montre la photo, est ma fiancé c’est donc la numéro 1.

- logique. Je disais donc, la numéro 2 a demandé :

« Tu es sûre de vouloir faire ça ?

- tu vois une autre solution, toi ?

- tu crois vraiment que personne ne se doutera de rien ? décidément tu ne fais jamais rien comme tout le monde !

- je sais ce que je fais ! même lui n’y verra que du feu, et quand il aura compris, ce sera trop tard ! »

- elle a vraiment dit ça ? vous en êtes certaine ?

- hum.

- continuez…

- vous en  êtes certain ? vous êtes encore plus pâle que tout à l’heure ?

- s’il vous plait…

- ok.

« - est ce que tu as tout ce qu’il faut ?

- pas compliqué de ce fournir. Il suffit de taper à la bonne porte !

- tu as tout prévu à ce que je vois.

- exact. Dés qu’il ferme les yeux. Bang ! »

- mon dieu…


Une larme glisse le long de sa joue.

La serveuse, un peu gênée, l’encourage.

- allons, se ne doit pas être si terrible, pourquoi vous mettre dans un état pareil.


Elle se met à rire.

- de toutes façon, si vous ne vous appelez pas Jean, si vous n’êtes pas riche comme crésus, et que vous n’êtes pas né de la dernière pluie vous n’avez rien à craindre !


L’homme relève la tête, la fixe. Puis sans un mot range les photos, se dirige vers la sortie. La main sur la poignée de la porte il se retourne, et le regard baigné de larmes lui dit :

- je m’appelle Jean, je suis multimilliardaire et apparemment je suis l’homme le plus stupide de la terre.


Le soir venu, allongé près de sa fiancée il attend.

Doucement il ferme les yeux…

La peur et le désespoir lui broient le cœur qui risque de cesser de battre à tout moment : bang !


La place à côté de lui est vide : il a dû s’endormir.

« Quel idiot, je suis ! »

 

Il décide de descendre quitte à en finir autant que ce soit en la regardant dans les yeux.

Derrière la porte de la salle à manger : des chuchotements.

Son cœur s’accélère…

Il prend une respiration et…bang…


Soudain il est aveuglé par une lumière vive.

« Est ce que c’est ça le paradis ? »

- alors tu me réponds ou est ce qu’il faut que tu réfléchisses ?


Devant lui, sa fiancée, agenouillée, qui lui demande pour la deuxième fois :

- dis donc je sais que cela n’est pas très dans les règles mais, Jean, veux tu m’épouser ?


Il bredouille, encore sous le choc :

- t’épouser ! oui bien sûr…

A ce moment, un bang suivi d’autres le font sursauter : dehors un magnifique feu d’artifice éclaire le ciel.


N’est pas cela que l’on nomme :

Un quiproquo.

 

Laure Bolatre

 

Une petite biographie...

 

Laure Bolatre

Laure Bolatre est née à Bourges comme Berthe Morisot et Vladimir Jankélévitch. D’une nature réservée et secrète elle préfère les longues balades au tumulte de la ville. Ces flâneries sont propices à l’inspiration de l’auteur qui s’installe alors dans sa bibliothèque pour écrire et mettre en forme ses libres pensées.
Dans ce monde très intime et personnel, l’auteur écrit avec aisance ce qu’elle ne peut dire et révèle l’attention qu’elle porte aux autres, à leurs rêves, à leur nature. Ainsi naissent ses personnages. Son premier roman « Mon miroir, mon âme » a pour thème la passion de deux êtres que leur funeste destin sépare.
Un prochain roman est à paraître avant l’été.

Laure Bolatre a reçu en 2010 et cette année, un prix « mention d’excellence » aux Poésiades. La remise des prix aura lieu à Bayonne le 12 mars prochain.

 


 

 

Publié dans l'invité d'Aloys

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Anniversaire 2011, un poème de J'anhou

Publié le par christine brunet /aloys

 

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ANNIVERSAIRE 2011 :

 

 

Je viens vers vous en ce jour ordinaire

Je viens à vos côtés, c’est mon anniversaire !

Pardonnez-moi si quelques fois j’ai l’esprit « noir »

J’ai le regard sur l’horizon « en entonnoir ».

 

Lorsque je viens vers vous ma plume s’époumone

Et j’ai le vers parfois qui pour vous fanfaronne.

Mais le labeur d’ici torture sans raison

Je suis mis à genoux, c’est ma « morte saison ».

 

Recevez de mon cœur mon simple humain message

Qui vous témoigne ici de mon humble passage.

Partageons cet instant d’un an de plus, merci ;

Partageons ce moment toujours trop court, ainsi.

 

Si je reviens chaque an comme au pèlerinage

C’est que votre présence est un fringant présage.

Je vous dois le bonheur de croire au lendemain ;

Ce partage avec vous pour moi tend une main.

06/2011

Publié dans Poésie

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Le stylo, une nouvelle de Louis Delville

Publié le par christine brunet /aloys

 

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LE STYLO

L'objet que vous avez trouvé dans cette enveloppe appartenait à quelqu'un.

C'est l'objet auquel il tenait le plus au monde.

Vous allez raconter pourquoi.

Dans l'enveloppe j'ai trouvé la photo d'un superbe stylo qui m'a inspiré ceci...

 

Pierre de Bargues, vous connaissez ?

 

Grand Prix du Roman de l'Académie 1956, presque Prix Goncourt 1959, Pierre de Bargues est né en 1920. Après une jeunesse sans histoire, la guerre le surprend et l'empêche de poursuivre l'école. En 1945, il se retrouve orphelin et reprend des études qui le conduiront à une Licence en Lettres Classiques puis au Doctorat.

 

Dès 1950, il est professeur de français au Lycée Charles de Gaulle. C'est à cette époque qu'il a commencé à écrire et c'est aussi à cette époque qu'il a emménagé dans la maison voisine de la nôtre.

 

Toujours prêt à aider les jeunes du quartier, ses conseils en latin et en grec m'étaient d'un grand secours, moi qui n'avais guère d'intérêt pour les langues mortes. C'est sûrement grâce à lui que je suis sorti de mes humanités Latin-Grec !

 

Mes parents étaient fiers de moi et savaient à quel point il m'avait aidé à obtenir mon beau diplôme. Le samedi 27 juin 1964, on organisait une petite fête à cette occasion. Pierre y était bien sûr invité et après la traditionnelle coupe de champagne, Maman lui a offert un petit présent en remerciement. Pierre a soigneusement ouvert l'emballage et a montré le contenu de la petite boîte bleue : un magnifique stylo noir à la plume dorée, un cadeau de prix à n'en pas douter !

 

"C'est avec ce stylo que désormais j'écrirai mes livres", a-t-il déclaré.

 

Et il a tenu parole. Jusqu'à la fin de ses jours, on a pu le voir dans son bureau ou sur la terrasse ombragée occupé à écrire sur de grandes feuilles de papier blanc, son fidèle stylo à la main.

 

Pierre a quitté cette terre il y a peu et en vidant la maison, ses héritiers ont retrouvé la petite boîte bleue avec à l'intérieur le fameux stylo et un petit mot écrit de sa main : " Pour Louis, ce passage de témoin..."

 

 

Louis Delville

louis-quenpensez-vous.blogspot.com

 

Publié dans Nouvelle

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Une recette exceptionnelle, une nouvelle de Micheline Boland, Partie 2

Publié le par christine brunet /aloys

boland photo

 

Une recette exceptionnelle, 2e partie

 

 

Je me lançai dans la préparation d'un feuilleté de poissons accompagné d'un ragoût d'asperges et d'un petit flan aux herbes. Trois heures après, j'étais récompensé de mes efforts.

 

"Ma-gi-que." Elle répétait ce mot pareil à une incantation. Elle fixait l'assiette où elle venait de prendre un morceau du ragoût et un soupçon du flan, comme d'autres vénèrent le Saint Sacrement. J'en éprouvai un sentiment d'euphorie. Pour la première fois de ma vie, en communiant avec elle, je communiais avec l'univers tout entier.

 

"Donnez la boisson forte à celui qui défaille,

Et le vin à celui qui a l'amertume au cœur :

Qu'il boive et il oubliera sa misère,

Il ne se souviendra plus de ses chagrins."

(Proverbes septième partie 31-6 et 7)

 

J'avais accepté un banquet réservé par un client pour ce samedi midi de juin. Ainsi nous ne serions pas seuls. Il y aurait d'autres consommateurs qu'elle. Il y aurait mon second de cuisine, un serveur et mon maître d'hôtel. J'avais pris un risque mais il était calculé. Je lui préparai une table dehors, sous un parasol, près de la pièce d'eau et de la pelouse. Ainsi, elle ne serait pas importunée par les bruits du banquet qui se déroulerait à l'intérieur.

 

Ce matin-là, j'éminçai ma nervosité. Je préparai des petits pains au lard, à la sauge, à l'anis. Je confectionnai des cakes aux olives noires, un velouté glacé aux asperges, une effilochée de merlan au vin rouge, une estouffade d'agneau aux tomates, un mille-feuille au Munster fermier puis un soufflé aux cerises et des crèmes brûlées à la prunelle.

 

Pour la satisfaire, je misai sur un Saumur, un vin jeune et léger.

                                  

Je mettais ma réputation en jeu pour gagner quelques centaines d'euros. À treize heures, j'avais chaud. Mes muscles étaient tendus, mon ventre me faisait souffrir. Pourtant, au fil des heures, je retrouvai mon calme. Je pris mes dispositions pour aller régulièrement la servir et lui dire quelques mots.

 

Vers seize heures, elle me fit appeler. Elle me pria de m'asseoir près d'elle et me confia des sanglots dans la voix : "Vous êtes un véritable virtuose !" Elle prit ma main dans la sienne et nous demeurâmes un moment à écouter le gazouillis de moineaux. Son parfum de lavande embaumait délicieusement l'air.

 

"Il fit pleuvoir sur eux la nourriture de la manne

Et leur donna le blé du ciel."

(Psaume 77 versets 24 et 25)

 

Que faire braiser, étuver, frire pour lui plaire ? Quel vin lui proposer ? Face à elle, j'étais à présent pris de court. Je décidai alors qu'à sa prochaine visite, j'improviserais en sa présence.

 

Ce samedi-là, à son arrivée, elle m'offrit un ouvrage de Curnonsky à couverture jaune et un carnet où étaient répertoriées quantité de recettes. Elle posa un baiser sur ma joue, puis elle me demanda de lui préparer une mousse de gambas.

 

C'était sa première requête. J'y répondis avec plaisir. Comme dessert, elle désira une crème glacée à la cannelle. Je fus dans l'impossibilité de la satisfaire. Je me souvenais à peine avoir déjà réalisé pareille préparation. C'est ainsi que je découvris qu'elle connaissait mon répertoire de recettes  mieux que moi-même et que je conçus une certaine méfiance à son égard. Elle avait été un moteur. Elle devenait ma mémoire. Ses désirs m'enserraient.

 

"Ils se rassasient de l'abondance de votre maison,

Et vous les abreuvez au torrent de vos délices."

(Psaume 35 verset 9)

 

Début septembre, elle m'annonça qu'à partir de novembre, elle viendrait chez moi trois fois par semaine car elle avait décidé de prendre sa retraite anticipée et avait acheté une villa dans le quartier. Elle ajouta qu'elle serait heureuse de déjeuner de temps à autre dans la cuisine.

 

Mon sang se glaça. J'étais venu m'installer loin de chez mes parents pour échapper au contrôle qu'ils exerçaient sur ma vie. J'étais tombé dans un autre piège. Néanmoins, je ne dis pas que le restaurant était habituellement fermé les samedis et lundis midis. Je ne fis pas observer que la cuisine ne permettrait pas d'accueillir un hôte de marque. J'ébauchai un sourire.

 

"... Il a fait sucer le miel du roc

Et l'huile même de la pierre,

La crème de la vache, le lait des brebis

Avec la graisse des agneaux,..."

(Deutéronome 32 versets 13 et 14)

 

Un samedi de la mi-octobre, je la surpris qui esquissait dans un carnet un croquis de l'assiette que je lui avais présentée. Sous le dessin, j'aperçus des notes. De nouveau, j'avais été espionné. Quels secrets allait-elle dévoiler ? Ne travaillait-elle pas pour un concurrent ?

 

Les doigts et les pieds me fourmillaient. Son parfum de lavande m'écœurait. Cette femme m'irritait plus que jamais.

 

Elle se contenta pourtant de lancer de sa voix si claire : "Des idées pour votre futur livre de recettes."

 

"J'ai poussé comme la vigne des fruits à l'odeur suave,

Et mes fleurs sont des fruits de gloire et d'abondance."

(Ecclésiastique 24 verset 23)

 

Mon second s'était laissé convaincre. Il avait accepté de prendre le relais durant quatre semaines et j'étais parti au Maroc pour des vacances gastronomiques. Je demeurais à l'affût d'idées culinaires originales. J'étais loin mais mentalement je n'avais pas quitté mes casseroles. J'abondais de projets comme ce couscous aux écrevisses ou cette pastilla de caille. Malgré tout, je devais m'avouer que je pensais encore à elle. Les jours passant, je me culpabilisais de l'avoir abandonnée.

 

"La langue du nouveau-né s'attache à son palais, tant il a soif;

Les enfants demandent du pain,

Et personne ne leur en donne."

(Lamentations Quatrième Elégie verset 4)

 

Le mercredi après-midi, à mon retour, je la surpris dans ma cuisine. Elle pelait des poires tandis que mon commis faisait mousser du beurre dans un poêlon. Lorsqu'elle me vit, elle se précipita pour m'embrasser.

 

"Reprenez vite les rênes", fit-elle.

 

En quelques mots, mon employé m'informa de la situation. Elle jouait les petites mains et testait la plupart des préparations. En fin de journée, la sentence était souvent la même : "Qu'il revienne apporter sa touche !"

 

Ce n'est que le lendemain, que je fus mis au courant de son initiative. Elle avait convié des journalistes pour un repas au cours duquel je pourrais laisser s'exprimer mes talents. Bien entendu, cela serait à ses frais…

 

"On t'a établi roi du festin ?

Ne t'en élève pas.

Sois au milieu des autres comme l'un d'entre eux."

(Ecclésiastique 32 verset 1)

 

Mon escapade n'avait pas inversé le cours des choses. Elle s'incrustait comme la rouille, la mousse ou le lierre. La guerre était déclarée mais elle n'en sut rien ! Son odeur de lavande m'était devenue insupportable.

 

Le mois de mars m'inspira une recette alliant raie, citron, câpres, mort aux rats et purée de pommes de terre à l'huile d'olive. Elle dégusta et jugea cela "divin, admirable, juste un tantinet trop aigrelet". Les derniers clients partis, le personnel termina son travail et nous laissa en tête-à-tête…

 

A présent, je suis réputé pour mon pâté de viandes fines à la lavande. Quiconque en déguste est conquis ! Mais je vois déjà se tarir ma source d'approvisionnement !

 

"Qui garde sa bouche garde sa vie.

Qui ouvre trop ses lèvres se perd." (proverbes 13 verset 3)

 

 

Micheline Boland

homeusers.brutele.be/bolandecrits

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Une recette exceptionnelle, une nouvelle de Micheline Boland, Partie 1

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

boland photo

 

RECETTE EXCEPTIONNELLE

 

Sa bouche arrondie soufflait un tel "Oh" enthousiaste que je sus à ce moment que quelque chose d'irréversible se produisait. Les prunelles de la femme brillaient. L'odeur de lavande, qui émanait d'elle, m'était agréable. Je restai près d'elle, l'unique cliente de ce samedi midi. Sur la cuiller à dégustation, un modeste morceau de foie gras d'oie assorti d'un peu de confiture de figue. Elle avait savouré longuement la première bouchée, puis elle avait émis ce "Oh", porteur d'une immense admiration. Ensuite, les yeux mi-clos, elle avait entamé la portion restante. Cela avait duré plus d'une minute. J'étais demeuré immobile. Doucement, elle avait pris le verre contenant le muscat, elle avait fait tournoyer le vin, admiré sa couleur, humé les senteurs fruitées avant de porter le verre à ses lèvres. "Superbe". Le mot m'avait ému jusqu'au plus profond de mon âme.

 

Déjà au téléphone, je m'étais laissé séduire par la voix et j'avais ouvert mon restaurant pour cet unique couvert.

 

À son arrivée, elle avait simplement dit : "Je vous fais confiance pour le menu et les vins".

 

Les larmes me gagnèrent lorsqu'elle reposa le verre.  

 

Du bout de la fourchette, elle prit un fragment du carpaccio de thon agrémenté de parmesan. Je vis  ses joues qui rosissaient. J'attendis un son. Un murmure vint me combler : "Pur et simple".

 

Elle essuya ses lèvres sur la serviette blanche. Elle repris une gorgée de muscat et ferma les yeux tandis qu'elle déglutissait. Son menton tremblotant était, selon moi, l'indice d'un plaisir intense. Déjà, je me laissai aller à imaginer comment elle se délecterait de mon cappuccino de homard.

 

Quand elle eut rouvert les yeux, elle prit la petite cuillère et la plongea dans le coquetier contenant le cappuccino. Mon pouls s'accéléra. 

 

"Sublime." A chaque cuillerée, le verdict rebondissait. "Su-bli-me."

 

Rentré en cuisine, je m'assis, pour faire infuser les "Sublime".

 

Tout le repas fut à l'avenant…

 

"En ce temps-là,

Ce que fera pousser le Seigneur sera l'ornement et la gloire

Et le fruit de la terre sera l'orgueil et la parure

Des rescapés d'Israël."

(Isaïe 4 versets 2)

           

Pour sa visite suivante, j'émiettais de la levure dans un saladier tandis que je me demandais comment j'allais aromatiser mes petits pains. Je voulais l'éblouir par une note si personnelle qu'elle en aurait une de ces exclamations devenues indispensables à mon bien-être. Tandis que je m'activais, je décidai de me concentrer plutôt sur une entrée.

 

Quelle préparation allait remporter ses suffrages ? Les praires ou les moules ? Le saumon ou la sole ? C'est ainsi que j'en vins à préparer des mousses, l'une au cresson, l'autre à la ciboulette. Des idées me vinrent qui me donnèrent l'eau à la bouche. Oui, je salivai tandis que s'imposaient à moi des recettes neuves. Comment jugerait-elle ce buisson de langoustines à la crème d'épinards, ce gâteau de lotte aux endives ou cette terrine de pétoncles aux poivrons doux ?

 

Micheline Boland

homeusers.brutele.be/bolandecrits

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Bob Boutique a lu "Nid de vipères" de Christine Brunet

Publié le par christine brunet /aloys

bobclin

 

Normalement, quand on arrive au bout d’un bouquin de 485 pages, on doit pousser un petit ouf d’étonnement ou d’admiration… mais sûrement pas de soulagement. Sinon on l’aurait abandonné en cours de route.

 

J’ai déposé le livre sur la table et souri. Car j’étais sûr que la petite Christine nous réserverait une chute de derrière les fagots. Puis j’ai fait un peu d’introspection, comme lorsqu’on sort du bruit et de la fureur d’une salle de cinéma, les yeux encore remplis d’images virevoltantes. Quelle gonzesse que cette Aloys Seigner, commissaire principal de la police judiciaire et héritière d’une des plus grosses fortunes du monde. Une sorte de Largo Winch au féminin.

 

Puis j’ai râlé un peu sur mes amis Gauthier Hiernaux et Nadine Groenecke qui m’avaient brûlé la politesse en publiant leurs commentaires avant moi ( je pensais avoir reçu le roman avant tout le monde ) et en plus, avec les mots que je m’apprêtais à écrire : une histoire menée tambour battant, à deux cents à l’heure  etc… etc…

 

Vrai. Tout est vrai. Si vous entrez dans ce ‘nid de vipères’, vous ne pourrezDiapositive1 pas en ressortir avant la dernière page. Ou alors, c’est que vous n’aimez pas les thrillers à l’américaine, avec des super héros qui se baladent à travers la planète comme vous passez de la cuisine au salon et n’ont jamais le moindre problème pour trouver un hôtel ou acheter un billet d’avion.

 

Elle me fait penser quelque part aux romans de Jean Vigne. En différent évidemment.

 

Je ne vous raconterai pas l’histoire. D’abord pour ne pas vous gâcher le plaisir de la lecture, car ça rebondit à chaque chapitre et rebat les cartes toutes les cinquante pages, au moment ou vous croyez avoir pigé. Ensuite, parce qu’il suffit de se laisser emporter, comme un surfeur sur un spot, style ‘mission impossible’ ou mieux ‘Tomb raider’, car là aussi il y a un gars musclé à la peau couleur de miel pour épauler ou… enfoncer Angelina Jolie. 

 

Mais attention, avec une différence essentielle. L’héroïne de Christine Brunet est beaucoup plus qu’une figurine de cinéma, qui garde un maquillage impeccable et une allure de gazelle même après un combat de kung-fu ou une semaine de jungle birmane sans boire ni manger. Aloys Seigner est un vrai personnage, torturé, malade, à bout de souffle… une femme qui souffre, qui vomit et aime quelqu’un dont jusqu’ à la fin du livre on a constamment envie de casser la gueule !

 

Ce quelqu’un, s’appelle Nils Sheridan est irlandais, beau comme peut l’ être un grand rouquin aux yeux azur et ( mais là on n’est pas très sûr non plus , p’têt que c’est vrai, p’têt pas ) fourbe et lâche comme une vipère. Un jour de son coté, un autre dans le clan des mauvais !

 

Même ceux-là ne sont pas certains. Car rien n’est plus faux qu’un agent double ou triple qui essaie d’infiltrer des consortiums obscurs dans lesquels on retrouve des entreprises mondiales dévoyées, des savants psychopathes , les triades de Hong-Kong et j’en oublie au passage.  

 

Bref, vous n’avez pas intérêt à sauter des pages, ni à laisser passer quelques jours dans votre lecture, si vous voulez rester dans le coup. Je vous conseille même de noter quelque part (moi je griffonne carrément sur les pages blanches du bouquin ) les noms des protagonistes au risque de ne plus très bien comprendre qui fait quoi. Surtout lorsqu’on parle de la famille Seigner où ( je peux vous l’apprendre, sans dévoiler le récit ) on trouve quelques belles ordures et un fameux sac de mensonges  bien enchevêtrés.

 

                                                                       ***

 

Bon reprenons le bouquin en mains. La couverture est superbe, c’est un bel objet bien imprimé (je l’ai tourné et retourné dans tous les sens pendant une semaine et il n’a pas bougé) avec un marque-page adapté qui rappelle au passage que Christine a publié un autre roman chez un autre éditeur. 10 sur 10 pour le marketing.

 

Le style est vif, direct, à l’américaine et ne s’encombre pas de littérature pompeuse. Avec des dialogues qui sonnent juste et des paragraphes courts et bien découpés. Comme un scénario de film. On court à l’essentiel. Pendant cinq cent pages ? Oui , pendant cinq cent pages. C’est dire s’il s’en passe des choses !

 

Avec toutefois quelques lignes par ci par là pour nous rappeler qu’elle est une écrivaine et sait aussi nous forger de jolies phrases : « … elle parvint au bord d’un étang à la surface étincelante sous les reflets de la lune. Elle s’assit au pied d’un grand chêne, entre deux grosses racines et respira à plein poumons les senteurs nocturnes. L’endroit était particulièrement bruyant, rempli des chants des grillons, des coassements des grenouilles et des crapauds, de légers clapotis, du bruissement des feuilles sous le léger souffle de la brise, de l’appel des hiboux, des glissements des petits rongeurs sous le feuillage sec. »

 

Elle a tout d’un grande, mais faut suivre… car ce livre est plein de détours, de circonvolutions et même parfois de zigzags.  Pour mieux nous leurrer ?  Sans doute. Mais je la soupçonne aussi de se complaire dans l’univers qu’elle a inventé. Elle aime ses personnages, elle en est dingue, surtout de son Aloys que je l’imagine mal abandonner après un seul roman. Même si…

 

Une chose est certaine. Je commande déjà le prochain livre de Christine Brunet. Même s’il n’est pas encore commencé.

 

 

 

Bob Boutique

www.bandbsa.be/contes.htm

 

 

Publié dans Fiche de lecture

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Christine Brunet a lu "Tribu silencieuse", de Gauthier Hiernaux

Publié le par christine brunet /aloys

ma photo

 

Je connais Gauthier Hiernaux au travers de ses romans d'anticipation et, tout naturellement, je m'attendais à un texte de la même veine. Me suis-je trompée ?

Pour le savoir, il faudra lire le texte court émaillé d'expressions amusantes et de personnagestribusilencieuse.jpg hauts en couleurs. Ajoutez à cela une pincée d'incroyable, un soupçon d'insoupçonnable, une touche de dérisoire, un zeste de glauque et un tour de passe-passe, et vous obtiendrez "tribu silencieuse".

D'ailleurs, qui a dit silencieuse ? pas tant que ça ! Je me suis laissée surprendre par le tour de main de Gauthier... Le point final passé, j'en redemande !

 

Le site de l'auteur : http://grandeuretdecadence.wordpress.com/

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

Publié dans Fiche de lecture

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A LA UNE ...

Publié le par christine brunet /aloys

       

Les auteurs de Chloé des lys à l'honneur !

 

Un petit retour d'une séance de dédicaces... celui d'Anne Renault !

 renaultanneDimanche 28 août, PREMIERE SEANCE de dédicaces, pour mon PREMIER livre, un recueil de nouvelles intitulé « Suicide dans l’après-midi » et publié par CDL. Et pas n’importe où, s’il vous plaît : à la prestigieuse « Forêt des Livres », à Chanceaux- près-Loches, en Touraine, rebaptisée par les médias « le Woodstock des Livres ». Tout un programme… Grand noms (pas forcément grands auteurs, mais grosses ventes…) de la littérature mais aussi des people. Pour n’en citer que quelques-uns : Didier Decoin, Barbara Hendricks, Charles Aznavour, René de Obaldia, Irène Frain, Virginie Despentes,  Richard Bohringer, Patricia Kaas, Françoise Chandernagor, Fabienne Thibeault... J’en passe et – peut-être – des meilleurs… Tout ce beau monde amené sur les lieux – un délicieux hameau tourangeau avec château, chapelle, étang -  par train spécial venant de Paris, et affrété par l’organisateur et grand maître de cérémonie, Gonzague Saint-Bris.

         Donc imaginez votre humble servante perdue dans tout ce beau monde, et ne vousdedicaces-renault.JPG attendez pas à ce qu’elle ait fait un tabac. La foule – énorme – venue pour les célébrités défilait à vrai dire assez vite, le livre d’Aznavour ou de Bohringer sous le bras,  devant le stand de Signature Touraine ( un groupe d’auteurs et d’éditeurs tourangeaux ),au sein duquel je me trouvais avec une dizaine d’autres personnes aussi inconnues que moi.

J’ai quand même vendu – un peu – mais trois autres Salons sont prévus d’ici la mi-septembre, moins spectaculaires mais peut-être plus authentiquement littéraires.

         Donc, une expérience intéressante mais un peu rude, pour une première fois. On a quelquefois feuilleté « Suicide… », vérifié que ma tête était bien la même que celle de la quatrième de couv (avec deux ans de plus…), mais à vrai dire peu d’échanges ou de questions. Mais je ne regrette rien. J’espère cependant participer à de nombreuses autres rencontres, plus personnalisées et plus accueillantes pour de « jeunes » auteurs comme moi.  

 

Anne Renault

 

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Céline Gierts et la presse !


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Bravo !

 

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Rappel !

 

18 septembre, une nouvelle émission de l'actu TV... Avec tout plein de surprises !

 

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A ne pas manquer !

Le Salon des Auteurs et Editeurs de la région montoise
au Musée Emile Verhaeren

dimanche 16 octobre
Chouette idée ! Le "Rendez-Vous du Livre" organisé chaque année à Mons à la salle Saint-Georges étant mort de sa belle mort, le musée Verhaeren de Roisin, qui se trouve à un quart d'heure de là, a songé à prendre le relais. En plus c'est gratuit.

Chloe des Lys sera de la partie évidemment (ainsi qu' ACTU-tv) avec Thierry Ries, son responsable sur place. Pour s'inscrire, allez sur le site de Bob Boutique, www.bandbsa.be/contes.htm


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