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Philippe Desterbecq a lu "Contes bizarres 2" de Bob Boutique

Publié le par christine brunet /aloys

Phil D

 

Ils sont là, tout frais, tout beaux, les contes bizarres n°2 de Bob!

Après m'être régalé des contes n°1, il fallait absolument que je lise le deuxième opus de Bob. C'est maintenant chose faite et je peux vous dire que je ne suis pas déçu.

Comment? Vous n'avez pas encore lu les contes pas si bizarres que ça de Bob?  Alors, vite, courez jusqu'à la librairie la plus proche ou commandez directement le livre chez Chloé des Lys ou, pourquoi pas, auprès de Bob et avalez les mots. C'est du pur bonheur!

Il était une fois.

Ben oui, les contes commencent tous par "Il était une fois" et le premier conte de Bob suit la règle générale. Il était une fois, donc, un écrivain bruxellois ou plutôt un scribouilleur un peu allumé (Bob?) qui hésitait une main en l'air devant le clavier de son ordinateur et l'écran blanc de son ordinateur...

Le ton est donné; le conte débute par un blanc. L'auteur connait l'angoisse de la page blanche. Et s'il trouvait des idées sur le Net, un conte hongrois qu'un programme informatique traduira, pourquoi pas? Mais ... mais ... ce conte hongrois, il l'a déjà écrit ... !!!

Ma petite chérie.

Il était une fois (encore? ben oui, c'est un conte quand même!). Il était une fois, donc, unehttp://www.bandbsa.be/contes2/projetrectopetit.jpg princesse jolie comme un arbre de Noël (vous avez déjà vu une princesse laide comme un pou, vous?). Donc, il était une fois une princesse, jolie comme un arbre de Noël, qui vivait recluse tout en haut d'une tour en pierres de trente mètre de hauteur... Dois-je continuer? Non, vous l'avez sûrement compris : un prince passe par là et ... Bon, je ne vous raconte pas tout quand même! A vous de lire les élucubrations de Bob...

Une âme simple.

 Il était une fois une très grosse chef du personnel qui commit une très grosse bévue : elle engagea pour son secrétariat une jeune fille si jolie qu'il faudrait tout un chapitre rien que pour parler de la beauté de son orteil droit. Le problème, c'est que cette beauté hors norme était ... la fille du diable !

Sangria.

 Il était une fois un mec solidement imbibé, qui rentrait d'une foire commerciale dans laquelle il tenait un stand de confiserie en gros. ……………………………………………………..
Boire ou conduire, il faut choisir... Une conduite en état d'ivresse qui aboutit à ... une rencontre.

La bête.

 Il était une fois une petite ville de province ... qui abritait, sans le savoir une Bête. La bête n'est pas comme on pourrait le croire un animal. Pas du tout. C'est un être humain. Enfin, en apparence...

Menteurs et vériteurs.

Il était une fois deux peuples : l'un ne faisait que mentir, l'autre disait toujours la vérité. Imaginez ce qui peut se passer quand un « vériteur » rencontre une menteuse. Un conte pour lequel Bob aurait dû nous fournir un décodeur.

Monsieur Albert.

Il était une fois un petit monsieur replet en loden vert et feutre de chasseur qui suivait un enterrement auquel il n'avait pas été convié... Qui est ce monsieur? Et que fait-il là?
Les blessures de l'enfance peuvent se réveiller à l'âge adulte mais la vengeance est un plat qui se mange froid, n'est-ce pas?

L'écureuil.

Il était une fois un mec tout ce qu'il y a de plus convenable qui joggait dans la forêt de Soignes... Tout à coup il s'arrête pour observer un écureuil. Il aurait peut-être mieux fait de continuer sa route...

Tiquetique.

Il était une fois un gars super sympa qui travaillait dans une grosse boite d'informatique. Face à lui, Zoé. Zoé qui tiquetique sur son clavier tout en observant le brave Roger ... Un homme sérieux, marié et une femme seule, secrètement amoureuse. Pauvre homme, il ne comprend rien à ce qui lui arrive...

Peut-être le conte que j'ai le plus apprécié car il montre le pouvoir satanique des femmes que Bob semble bien connaitre!

L'idiote.

Il était une fois un pays minuscule, une contrée curieuse, au régime politique bizarre. Ce peuple brave et discret est dirigé par une seule personne, que les citoyens choisissent chaque année selon un système de loterie pour le moins original. Et, cette année, le sort a désigné l'idiote... Non, ce n'est pas possible, cette gamine ne peut pas diriger le pays!...

La ligne rouge.

Il était une fois un mec qui râlait ferme sur sa femme, ou plus exactement son ex-femme, vu qu'elle venait de se barrer avec une vague connaissance..............................................................
Il commence à déprimer puis se dit que les femmes, toutes les femmes sont faciles à attraper. C'est parti, la chasse commence...

11 contes tout droit sortis de l'imagination fertile de Bob. Un point commun entre tous ces contes? Les héros de ces histoires sont tous dans la ... (regardez la couverture du recueil et vous comprendrez).

 

 

Philippe Desterbecq

philippedester.canalblog.com

philibertphotos.over-blog.com

Publié dans Fiche de lecture

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Quelle chute, mes enfants! un texte... enfin une blague... enfin, c'est de Bob... Bob Boutique, hein!

Publié le par christine brunet /aloys

 

bobclin

 

 

Quelle chute mes enfants !

 



C’est l’histoire d’un mec tellement quelconque qu’on se demande pourquoi on raconte son histoire ! C’est vrai ça… il ne ressemble à rien, dit oui à tout le monde et n’a pas d’autre avis que le copier/coller du gars qui vient de lui parler. Et comme ce dernier est lui-même intégralement quelconque…

Bon. C’est donc l’histoire d’un mec sans intérêt… et encore ! S’il était vraiment tout à fait nul, limite vide cérébral etcétera… on pourrait s’interroger et donc s’y intéresser. Même pas. Il connaît les résultats de foot et rigole au bon endroit quand on raconte une blague.

Celle-ci par exemple, celle que je vous raconte à l’instant. Vous pouvez être sûr qu’il la comprendra. Il essaiera de la raconter à quelqu’un d’autre qui n’y comprendra strictement rien, mais ça, c’est une autre histoire. C’est parce qu’il ne sait pas raconter. Faut pas croire, c’est un talent…

 Moi j’avais un pote (Marcel je crois ou…Maurice, je ne sais plus très bien, car ça remonte), hé bien il était incapable, mais alors là incapable de chez incapable, de vous raconter une blague. On souffrait pour lui quand il commençait…

Mais pourquoi je vous dit ça ?

Ha oui. Mon histoire.

Hé bien, c’est l’histoire d’un mec… s’ cusez, mais rien que d’y penser, je dois rigoler. La chute, oui surtout la chute ! Impayable.

On se demande où ils vont les chercher. Parce que (enfin, réfléchissez…) il doit quand même il y avoir des mecs qui les inventent ces histoires. Elles ne naissent pas toutes seules ? Cette chute mes enfants, quand le gars…

Non, attendez. Commençons par le commencement.

C’est donc l’histoire d’un mec…

Téléphone.

Pas grave. Je continuerai demain.

 

 

Bob Boutique

www.bandbsa.be/contes.htm

Publié dans Textes

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Enfants de toutes fleurs, un poème de Carine-Laure Desguin

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

desguin

 

Enfants de toutes fleurs

 

 

 

 

Enfants de toutes fleurs,

Parfumez les chemins et les murs

Des villes, aux remparts enchanteurs,

Quand les bétons deviennent l’azur.

 

 

Enfants de toutes fleurs,

Lancez les pétales de vos rêves,

Qu’il soit six heures ou vingt-deux heures,

Les libertés ne font pas grève.

 

 

Enfants de toutes fleurs,

Dessinez vos chemins sur les murs,

Appuyez fort et de toutes les couleurs,

Désarmez-vous de vos blessures.

 

 

Enfants de toutes fleurs,

Dessinez vos désirs, du bleu et  du rose ;

De l’espoir, n’oubliez la lueur

Magique éclat de milles choses.

 

 

 

 

Carine-Laure Desguin

carinelauredesguin.over-blog.com

 

 

 

 

 

 

http://pussycatdreams.p.u.pic.centerblog.net/qxsw22gl.gif

 

AU 28 AOÛT !!!!!!!!

 

Publié dans Poésie

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Hein, promptes-tu... un impromptu de Carl Du Toit

Publié le par christine brunet /aloys

  

 

train-avion.jpg

 

 

 

         Option A :


Ça m’a fait plaisir de te rencontrer. Je pars avec de beaux  souvenirs de ton pays.

Moi aussi tu sais. C’est différent de s’écrire. Quand vas-tu revenir ?

Dans quelques années peut-être. On ne sait jamais avec la vie.

Ah bon… Alors, ne manque pas ton avion pour moi.

Bon, un petit câlin c’est permis ?

Deux si tu veux, on est amis.

J’entends l’annonce, je dois y aller.

Hé, c’est ça, bon été.

Toi aussi…

_____________

Option B :


Ça m’a fait plaisir de te rencontrer. Je pars avec de beaux  souvenirs de ton pays.

Moi aussi tu sais. C’est différent de s’écrire. Avant que tu partes, j’ai une surprise pour toi. Ferme les yeux et laisse-moi te mettre un bandeau.

Is roulèrent vingt minutes, arrivèrent à une gare.

Nous sommes arrivés. Ouvre les yeux.

Un train ! Mais… mon avion ?

Je t’ai écrit qu’on improviserait mais ce n’est pas mon style. Ce train est pour nous, rien que pour nous deux. Nous pourrons courir, chanter, danser, nous reposer. J’ai acheté le train… aller seulement.

_______________


Conclusion :


L’histoire ne dit pas quelle option il prit.

Le train fuyait à l’horizon, sans qu’on put savoir s’il restait quelqu’un au quai.

 

 

Carl du Toit

 

 

Publié dans Textes

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Les saisons du coeur, L'été, un poème de Marcelle Pâques

Publié le par aloys.over-blog.com

 

 

 

 

http://www.bandbsa.be/contes2/paquestete.jpg

 

 

Les saisons du coeur
L'été

 



Le soleil est un peintre surréaliste
Qui repeint les coeurs, les murs et les jardins
Ce Monsieur, un incorrigible optimiste
Illumine la banalité de nos matins

Partout dans la rue des sourires affleurent
Même les jours de pluie paraissent joyeux
Gamines les gouttes d'eau pliquent ploquent en choeur
Des parfums grisants ennivrent les amoureux

Mon coeur en hiver se réveille ébahi
Car tu es le soleil qui change mon destin
Après l'aposiopèse continue le récit

L'écriture de ma vie, les possibles chemins
Tout chante et m'enchante, l'alouette grisole
Dans un battement d'ailes l'espoir prend son envol

 

 

Marcelle Pâques

Publié dans Poésie

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Heure grise, un poème de Claude Colson

Publié le par christine brunet /aloys

Heure grise

Sept heures cinquante, train du matin.
Vingt et un juin, l'été revient, et moi entrain :
Il fait bon retrouver le réflexe de la main
Qui relie, inouï, hier à aujourd'hui.

Ils sont là, autour de moi,
Pensifs ou laborieux.
Fleuve constant malgré moi, malgré eux ;
Pourtant mouvant car c'est la loi
Qu' Héraclite déjà en son temps formula.

Les mêmes souvent, un peu vieillis
- Fatigue des jours non épongée par la nuit -
Des femmes parfois font bonne figure,
Dissimulent cela sous un fard ; il est de bure.

Ils lisent ou papotent pour oublier l'ennui
D'un trajet qui les mène au labeur d'une vie.
Ils nourrissent en eux les rêves des beaux jours,
Ces semaines de vacances, ces congés un peu courts.

Et pourtant libéré de tout ça, je ne peux retrouver pleine joie
Car je suis seul dans ce train, moi ;
Et sais bien qu'ici-bas
C'est ensemble qu'il faut longtemps poser ses pas.

 

Claude Colson

claude-colson.monsite-orange.fr

Publié dans Poésie

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Synopsys du roman de Thierry Delvaux "Sur le chemin de Toiano"

Publié le par christine brunet /aloys

 

http://www.bandbsa.be/contes2/delvauxthierry.jpg

 

 

« Sur le chemin de Toiano » est à la fois un roman historique, un roman sentimental et une intrigue criminelle.


Xavier Feraud, célèbre écrivain et journaliste, se remet en question, parcourant la Toscane à l’aventure.


Intrigué par une inscription sur la route, il s’engage sur un petit sentier qui le conduit tout droit vers Toiano, un minuscule village abandonné,
deux rangées de maisons en ruine. L’endroit est mort, désert.


Xavier, déçu, n’y reste que très peu de temps. Qu’y a-t-il d’autre à voir en somme que cette somptueuse vue sur les vignobles et les oliveraies ?

Deux kilomètres plus loin, il traverse un petit bois, sombre et sinistre.


À mi-chemin, une stèle funéraire attire son attention. Une inscription y rappelle l’assassinat en 1947 de Chiara, une jeune et jolie paysanne de vingt-deux ans. Une photo, le portrait de la jeune femme, le marque et le trouble profondément.

Xavier fait la rencontre de Paolo, un vieil homme acariâtre qui a très bien connu Chiara.
Non seulement elle était son amie d’enfance, mais aussi celle qu’il n’a jamais cessé d’aimer.


Xavier propose à Paolo de le reconduire chez lui. Ce dernier lui offre l’hospitalité pour lui raconter la formidable – mais terrible – histoire de Chiara Contini.

Xavier va aussi croiser le chemin de Manuela, une jeune et jolie doctoresse en quête d’une vérité douloureuse. Qui est-elle vraiment ? Quels sont ses liens avec « l’affaire Contini » ? Pourquoi tant de haine à l’encontre de Paolo ?

À propos de Chiara et de l’Histoire…


1935. Chiara a dix ans. Elle vit avec ses parents, Maria et Alfonso, à Toiano, sympathique petit village d’une vingtaine d’habitants trônant fièrement sur une colline toscane.

 
L'Italie est alors dirigée d’une main de fer par Benito Mussolini, le Duce.

 
Chiara et Paolo sont amis, malgré les différences d’opinions politiques qui opposent leurs familles.

 
Le fascisme de Mussolini règne en maître sur l’Italie.


Xavier découvre la forte personnalité de la fillette qui
grandit dans un climat difficile oùhttp://www.bandbsa.be/contes3/chemintoianorecto.jpg l’endoctrinement des jeunesses italiennes se pratique comme une véritable religion. Elle fait pourtant preuve d’une grande maturité de caractère et de courage en essayant de convaincre son ami Paolo que les idées du Duce et de ses sbires ne sont pas les bonnes.
1939. La guerre éclate.


Les juifs, les communistes, les antifascistes sont poursuivis, persécutés.
Le Grand Conseil fasciste confirme l’alliance des pays de l’Axe.
L’Italie est encore, pour l’instant, non-belligérante.


Pour les Toscans, l’été 1939 touche lentement à sa fin dans la douceur et la sérénité…
Chiara passe, sans le savoir, son dernier Noël avec son père qu’elle adore et admire par-dessus tout.


Le 10 juin 1940, l’Italie déclare à son tour la guerre à la France et à la Grande-Bretagne. Jalousant Hitler, Mussolini veut aussi sa part du gâteau.


Le 12 juin, les hommes de Toiano sont mobilisés et quittent leurs familles.
Parmi eux, Alfonso, le père de Chiara, et Paolo…

 
Pour Chiara, c’est un déchirement de les voir partir. Elle pense à son père qui va devoir se battre dans une armée amie des Allemands, à l’encontre de ses opinions.

 
Juillet 1943, rupture de l’Axe. Mussolini, mis en minorité, est destitué par le roi et arrêté.
Septembre 1943, capitulation sans condition de l’Italie et débarquement allié sur la péninsule italienne.

 
Des combats violents, une progression pénible des soldats face aux terrifiantes lignes de défense allemandes...


Les Allemands se sentent trahis par l’Italie, occupent le pays et se vengent. Toiano n’échappe pas à la règle.


Janvier 1944, opération Shingle, les Alliés débarquent à Anzio, au sud de Rome.
La Toscane, c'est encore loin de Naples et d’Anzio et pourtant...


La liberté se rapproche lentement, trop lentement.


Chiara va alors devoir faire un choix, fidèle à ses convictions et à celles de ses parents... 

 

 

Thierry Delvaux

 

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Mon amie Utako, une nouvelle de Kate Milie

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

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Mon amie Utako

 

 

 

 

 

C’était l’automne 2004, j’avais décidé que l’Angleterre serait ma patrie pendant un an.

 

Le prénom de ma toute première Amie ? Utako.

 

Notre tout premier contact ? J’en ris encore. T’as rien pigé à mon anglais du premier soir et j’ai rien pigé au tien. Miss Smith a dû traduire: Kate says « blablabla », Taco says « blalabla ». Miss Smith n’a jamais réussi à t’appeler correctement, tous les matins, ce fut : « Good morning Kate, Good morning Taco ». Mais dès le premier breakfast, nous avons su que nous deviendrons les meilleures amies du monde. On s’est très vite, très bien, comprises. Tu étais fleuriste et bossais pour une grosse boîte en plein cœur de Tokyo. Tu m’as raconté des horaires démentiels, des trajets monstrueux. Stop !!! Breaaak !!!! Tu étais venue en UK suivre une formation en anglais et en art floral. Tous les jours, tu ramenais à Miss Smith une magnifique composition qui donnait un air de grande fête au cosy petit intérieur. Dans un premier temps, Miss Smith fut enchantée de ces montages « Mariage Princier à Windsor », mais il est vrai que sa bonbonnière de maison prit rapidement l’allure d’une serre de jardin botanique. Utako, tu accueillis ses airs exaspérés avec classe et élégance.

 

Il faut vous dire qu’une Utako, c’est 1 mètre 60 de grâce, 42 kg de douceur, des cheveux mi-longs joliment colorés auburn, des yeux délicatement maquillés de vert tendre, des lèvres qui avaient tout le temps l’air de chanter, une voix de colibri et une garde-robe aérienne de princesse de manga de bon goût. Mon amie japonaise avait une passion : goûter avec un air d’exploratrice la nourriture anglaise et l’immortaliser avec son p’tit Nikon de poche. Tout y est passé, l’English breakfast, bacon, œufs, haricots à la sauce tomate, champignons, les toasts pain de mie, le truc « marmite », et, les Jack potatoes, et, le Sunday lunch avec le yorkshire pudding, la sauce à la menthe, et, les pies and mash, le Ploughman lunch, les crumbles, les cheesecakes… Hé, Utako, merci d’avoir été solidaire le jour où je me suis révoltée contre la Jelly rose et verte et l’excès de crème custard.

 

Dis, tu te souviens de cette virée à Brighton ? On voulait voir la mer, entendre crier les mouettes, manger en terrasse des Fish et Chips graisseux et regarder les bateaux danser. Ah ! Le Cream Tea gourmand qu’on s’est offert dans le plus vieux tea room de la ville, même que les serveuses portaient des tabliers blancs ornés de dentelles comme à l’époque de Dickens. Et Londres, tu te souviens, chacune s’en est allée faire ce qu’elle avait à faire, toi, stage de danse orientale, moi, expo à la Tate, virée chez Fortnum and Mason et balade sur Picadilly. Rendez-vous à Charing Cross et retour en train en papotant comme si on s’était quittées pendant 10 ans. Et cette soirée pub, Utako, haha, minuit, impossible de trouver un taxi, on est rentrées à pied chez Miss Smith, quatre kilomètres et un sous-bois à traverser serrées l’une contre l’autre, marchant sur la pointe des pieds pour ne pas nous faire remarquer par les monstres de la nuit. Nous avons été tellement silencieuses et transparentes qu’un bébé chauve souris nous a heurtées de plein fouet. Ce qu’on a hurlééééééé !

 

Mon amie, alors que le monde abasourdi ne cesse de mentionner des noms fous de tsunami et de centrales nucléaires, je fais des fouilles archéologiques pour essayer de retrouver, mais en vain, ton adresse. Alors, à défaut de t’envoyer un mail : « Utako, are you OK ? », je puise dans mes souvenirs et me rappelle avec une énorme pointe de nostalgie que le tout premier mois de ma vie anglaise fut marqué par la gentillesse nippone.

 

 

 

Kate Milie

Juin 2011

kate-milie.skynetblogs.be


Publié dans Nouvelle

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Tour de France, une nouvelle de Micheline Boland

Publié le par christine brunet /aloys

 

boland photo

 

Tour de France

 

Cette histoire date d'un temps très lointain où chaque année et à plusieurs occasions, la procession passait dans les rues du village.

 

Chaque fois que le cortège, curé en tête, défilait dans la rue où il habitait, Raymond, un homme par ailleurs assez paisible, manifestait sa mauvaise humeur en criant par la fenêtre grande ouverte de sa chambre : "Le Tour de France passe ! V'la le Tour de France qui passe !"

 

Croyez-moi, il hurlait plus fort que les maraîchers, le Raymond et il ne privait pas de le faire depuis le moment où le cortège était au coin de sa rue jusqu'à ce qu'il disparaisse de sa vue.

 

Il faut dire que depuis que la jolie fille qu'il courtisait avait décidé d'entrer au couvent une cinquantaine d'années plus tôt, Raymond s'était mis à détester les curés, le clergé et toutes les manifestations religieuses. Alors, depuis ses vingt-deux ans et jusqu'à sa vieillesse, il garda cette habitude de s'en moquer.

 

Pour rien au monde, il ne se serait absenté du village un jour de procession. Tant il était excité, il passait une nuit blanche la veille de l'événement.

 

Et puis vint ce samedi de juillet où Raymond rendit le dernier soupir ! On fixa la date des funérailles au mardi suivant ! Ce mardi-là, Clémentine sa femme, malgré le chagrin, eut un petit sourire. En effet, pour conduire son époux jusqu'à dernière demeure, il fallut faire un long, très long détour à travers le village parce que ce mardi-là, eh bien, le Tour de France passait par les routes que devait emprunter le cortège funèbre pour rejoindre le cimetière !

 

Beaucoup de villageois virent là un signe du ciel, même une sorte de châtiment. Même Clémentine qui en voulait toujours à son époux d'avoir manifesté un si fidèle attachement à son premier amour, applaudit à cette soi-disant justice divine…

 

 

Micheline Boland

 

Publié dans Nouvelle

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Christine Brunet a lu "Contes bizarres 2" de Bob Boutique

Publié le par christine brunet /aloys

 

Photo Christine Brunet

 

Que dire qui n'a pas été dit avec "Contes bizarres 1"? En fait, je vais sans doute vous surprendre, mais des tas de choses, sans doute parce que ce second opus est celui des superlatifs... plus comique dans la description des situations, plus acide dans l'approche des personnages et l'étude de l'âme humaine, plus original dans l'univers qu'il aborde.

Vous savez quoi ? Bob est un conteur, plus aucun doute ! Vous souvenez-vous du contehttp://www.bandbsa.be/contes2/projetrectopetit.jpg des frères Grimm, Raiponce ? Bien sûr, tout le monde le connait ! mais l'avez-vous lu versus Bob Boutique ? caustique à souhait, marrant, bien redessiné, modernisé...

Son talent ? Vous faire passer des vessies pour des lanternes en vous faisant croire que vous seriez capable d'écrire comme lui... Mon oeil! Tout est étudié pour que vous le pensiez... et que, malgré vous, vous vous impliquiez.

Bob est un ciseleur de mots... Ses mots sont les vôtres, les nôtres: langage parlé, pensées et mots volés au fil de conversations, réactions naturelles... Croyez-moi sur parole, lecture faisant, vous vous dites forcément que vous auriez pensé comme le héros. Mais auriez-vous agi comme lui ? Evidemment pas !

Ben voyons...

Une série de contes à découvrir absolument !

Bon, vous avez compris, j'ai adoré ! Bob, à quand le numéro 3 ?" (Bob Boutique, www.bandbsa.be/contes.htm)

 

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

www.aloys.me

www.passion-creatrice.com

Publié dans Fiche de lecture

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