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C'est un soleil, un poème de Carine-Laure Desguin

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

desguin

 

 

C’est un soleil …

 

C’est un soleil, c’est une fleur,

C’est le facteur,

Un matin de printemps,

Annonciateur,

Des pétales de joie,

Des corolles, couronnes

En sucre d’orge,

Des pistils, saveurs

De pain d’épice.

C’est un soleil, c’est un papier

D’amour que des mots

Doux, printaniers,

Tout le long de l’année,

S’avancent entre les feux,

Capricieux, ténébreux,

Et chancellent,

Légers souffles,

Devant les lumières

Roses et belles,

De la bonne nouvelle.

 

 

Carine-Laure Desguin 

carinelauredesguin.over-blog.com

Publié dans Poésie

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Béatrice Bertieaux : La poésie. Un jardin. Pas si grand. Un mouchoir de poche

Publié le par christine brunet /aloys

 

Béatrice Bertieaux était d'accord pour un interview... Je lui ai posé mes questions... J'étais loin de m'attendre à sa réponse...

 

Je vous livre son texte sans rien y ajouter... que le plaisir de le relire encore...

 

 

 

 

http://www.bandbsa.be/contes2/bertieaux2.jpg

 

 

 

 

 

Depuis quand écrivez-vous?

 

Ce pourrait tout aussi bien être hier comme pas encore.  Lorsque j'écris, je suis cette autre.

La Poésie. Un Jardin. Pas si grand. Tout juste. Un mouchoir de poche. Rattrapé au P'tit Bonheur d'un recueil. Au hasard d'allées et venues de paroles. De départs et de retours. De lits de fleurs. De baisers. Du lilas de la glycine. De chardons et d'orties.

 

De peines à en mourir.

 

Ce pourrait tout aussi bien être un cagibi. L'on est la page. Un froncement de sourcils. Des embruns sur la couverture d'un livre.

 

Un songe. Celui d'un autre.

 

Ce pourrait tout aussi bien être. Mon atelier. Des dizaines de carnets éparpillés sous une armoire. Dans quelques tiroirs. Collés au plafond. Derrière un masque. Sur le front de ma poupée. Une boîte de feutres colorés. Des monticules de brouillons surchargés.

 

Des fourmis travailleuses. Des cahiers qui se feront oublier.

 

 

 

Pourquoi?

 

La Poésie s'enlove par le vent rassurant d'hiver. Ces soirs si froids. Quand la rêverie est si pleine. Quand  l'on est décidément cette autre.

 

 

Ce pourrait tout aussi bien être ces p'tits papiers de comptoir. Le rinforzando des silences. Des lettres rouges écrites sur un poignet. Des p'tits bonshommes maigres dessinés à même la paume pour se souvenir. Se souvenir des petits cœurs. Tous ceux-là s'éclairent à la lueur des bougies, au feu dans l'âtre. Dans ma maison tout là-bas du bord du lac.

 

 

Tu la connais, dis? Cette intimité? C'est ici que je te reçois lorsque tu me lis.

 

 

 

Un déclencheur?

J'écris de long en large. Multitudes insectes de tracés. D'arabesques. De ratures pour ne garder que l'essentiel. Le silence intuitif. Une pensée. Qui déjà n'est plus tout à fait la même. Ni tout à fait une autre.

 

 

 

Des poèmes? Des romans? Des nouvelles?

Ce pourrait tout aussi bien être un souffle. La rive d'une larme. Le bord d'une ligne. Une illusion. Comme un enfant qui sait mais qui fait semblant. Et même qu'à force de faire semblant …


 

Que vous apporte l'écriture?

Une poignée de sourires. Une étreinte de cœurs. Un lien entre étranges étrangers. Ces toujours inconnus. Une ivresse. L'abandon dans sa nudité ardente.

 

 

 

Décrivez-moi votre univers littéraire …

CHRISTIAN BOBIN en grand, en majuscules !!!: "Il n'y a rien dans l'attente, que la vie seule, nue et pauvre. (…) Elle nous apprend que l'amour est impossible et que, devant l'impossible, on ne peut réussir ni échouer, seulement maintenir un désir assez pur pour n'être défait par rien.

 

(…) Et cependant l'on écrit: c'est bien qu'il y a encore quelque chose à donner, mais on ignore ce que c'est. On le donne pour savoir ce que c'est. "(Lettres d'Or)

 

René Char: "J’ai cherché dans mon encre ce qui ne pouvait être quêté: la tache pure au-delà de l’encre souillée."

"N’ayant rien à contempler (cela m’ennuie), je me tends et me détends dans l’encoignure des braises."

"Nous nous unirons sans avoir à nous aborder, à nous prévoir, comme deux pavots font en amour une anémone géante."

 

"Les enfants et les génies savent qu’il n’existe pas de pont. Seulement l’eau qui se laisse traverser."


Cioran: Le Livre des Leurres : "(…) On ne revient pas de la poésie, de la musique et de la mystique à la philosophie. Un poète, un compositeur ou un mystique philosophent seulement dans des moments de fatigue, qui les forcent à revenir à une condition inférieure. (…) "

 

Baudelaire: Les Fleurs du Mal:

"(…) J'entends le crâne à chaque bulle

Prier et gémir:

- Ce jeu féroce et ridicule,

Quand doit-il finir?"

 

Arthur Rimbaud et ses Illuminations

"Veillées – C'est le repos éclairé, ni fièvre, ni langueur, sur le lit ou sur le pré. C'est l'ami ni ardent ni faible. L'ami. C'est l'aimée ni tourmentante ni tourmentée. L'aimée. L'air et le monde point cherchés. La vie.

Etait-ce donc ceci?

Et le rêve fraichit."

 

"Angoisse – (…) Rouler aux blessures, par l'air lassant et la mer; aux supplices, par le silence des eaux et de l'air meurtriers; aux tortures qui rient, dans leur silence atrocement houleux."

 

 

 

Et puis, tant et tant que je ne puis tous les citer … Le Livre du Saphir de Gilbert Sinoué, le Petit Prince d'Antoine de Saint-Exupéry, …  Styron, Whitman, Fante,  …

 

 

 

A ce jour, rien ne nous permet de dire que l'univers soit, soit fini, soit infini ….

 

 


 

Béatrice BERTIEAUX

 

http://beillaboheme.blogspot.com/

 

 

Publié dans interview

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Terreurs nocturnes, une nouvelle d'Adam Gray - partie 3

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

PHOTO pour 4me de COUVERTURE (ADAM GRAY)

 

 

Terreurs Nocturnes…

 

« Plains ceux qui ont peur car ils créent leurs propres terreurs. »

 

(Stephen King)

 

Part III

 

Élizabeth n’avait su descendre du lit. Réagir… Protéger Luke. Qu’eût-elle pu faire, de toute manière ? Qu’eût-elle pu faire ?… Choquée, en pleurs, elle se sentit deux fois plus coupable de penser : « Comment me protéger, MOI, maintenant ? »

Le tisonnier…

Elle s’élança, mais une gifle magistrale la fit retomber sur le matelas. Elle frotta sa joue endolorie.

Des doigts se frayèrent un chemin dans sa chevelure.

Elle poussa un cri, faisant volte-face.

Un index, un majeur et un annulaire glissèrent sur ses lèvres.

Elle bondit, cherchant les yeux jaunes tout autour d’elle, et s’empara du tisonnier. Elle fendit l’air avec.

L’arme lui fut arrachée des mains… Elle la regarda se plier avant d’être jetée au sol, et poussée sous le lit.

– Notre Père, qui êtes aux cieux, que votre nom soit sanctifié, que votre règne arrive, que votre volonté soit faite sur la Terre comme au Ciel, ânonna-t-elle. Délivrez-nous du…

TOC ! TOC ! TOC ! encore une fois… Et bien plus fort.

– Délivrez-nous du !…

Le tambourinage contre les murs reprit… Bien plus fort. Et bien plus vite.

– Délivrez-nous du MAL !!! hurla-t-elle.

Elle sentit alors deux mains glacées se poser sur ses hanches et le corps d’un homme, assurément… se coller contre son bassin. Une langue lécha son visage. À son oreille, on lui susurra de nouveau : « Tu vas crever, connasse… »

La jeune veuve se rua sur la porte, l’ouvrit vivement et se mit à courir aussi vite que possible. Au bout d’une dizaine de minutes, elle s’arrêta un instant et s’adossa à un arbre pour reprendre son souffle. Elle se retourna… tout doucement.

 

Les yeux jaunes étaient là…

TOUJOURS !

Élizabeth se remit à courir, mais elle était épuisée…

Son corps heurta violemment une masse jaillie de nulle part. Elle s’écroula.

 

Dans son rêve, elle se revit petite fille. Elle était en colonies de vacances dans les Alpes du Sud. C’était, d’ailleurs, ses toutes premières vacances sans ses parents. Bien sûr, elle avait été très malheureuse, le jour du départ… mais il y avait ce garçon, dont elle était follement amoureuse. Quel était son nom, déjà ? Ah ! Oui ! James… Ses parents étaient anglais.

Un soir, James la mit au défi de passer la nuit dehors, toute seule, et que, si elle le faisait, plus tard, ils se marieraient. La petite Élizabeth, croyant encore aux contes de fées, prit son courage à deux mains et obéit au jeune garçon infatué.

Elle eut la peur de sa vie quand, par mégarde, elle dérangea un Grand-duc aux aguets. Le rapace lui fit savoir son mécontentement en secouant ses grandes ailes ! Et jamais, jamais !… elle n’oublia ces yeux orangés.

Ces yeux jaunes…

 

Quant à James, des années plus tard, elle le retrouva sur un réseau social, racontant, sur sa page, son alcoolisme et son désespoir d’avoir été plaqué… par son mec. « Bien fait, connard ! » s’était-elle écriée, refusant, par ailleurs, sa demande d’ajout à ses amis.

 

Tout tourbillonnait. Il y avait des bruits indistincts. Peut-être métalliques. De très fortes odeurs d’épices, dans l’air, pénétraient ses narines. Ses yeux refusaient de s’ouvrir mais quand, enfin, elle se réveilla, tout son corps était endolori et son crâne comme dans un étau.

Peu à peu, sa vision s’éclaircit. Il lui sembla reconnaître la silhouette d’un homme… affairé à cuisiner, apparemment. Et marmonnant. Elle était assise sur un rocking-chair, une couverture posée sur les genoux, dans un intérieur plutôt similaire à celui qu’elle avait réussi à fuir.

L’homme portait une vieille salopette et un tee-shirt maculés.

– Où est-c’que je suis ? demanda-t-elle timidement.

L’homme se retourna ; il tenait un hachoir à la main. Élizabeth eut un sursaut – un double sursaut, en fait… en découvrant le visage atrocement défiguré de son hôte.

Il pivota vers le coin cuisine pour planter le hachoir dans ce qui semblait être une planche à découper la viande puis, d’un geste bourru, il invita la jeune femme à venir s’asseoir à sa table. Elle hésita, dissimulant sa terreur. Mais, pensant avoir affaire à un dangereux psychopathe – et qu’elle devait, à tout prix, gagner du temps –, elle obéit.

L’homme vint déposer une assiette et des couverts devant Élizabeth, puis lui servit une mixture fort peu appétissante, qui ressemblait à un ragoût.

– Vous, manger ça, fit l’homme en poussant l’assiette.

– Je n’ai pas très faim, en vérité, mentit-elle. Mais si vous avez un peu d’eau…

L’homme au triste faciès haussa les épaules, alla chercher un broc, un verre, et le remplit presque à ras bord. Après quoi, il s’assit et se mit à manger.

Tout en buvant avec empressement, Élizabeth tourna la tête et aperçut des restes d’animaux entassés dans des bassines. Cette viande devait être pourrie depuis des jours et des jours. Elle en eut un haut-le-cœur ! Et reposa son verre vide.

– Encore ? demanda-t-il.

Mais elle déclina sa proposition très poliment.

 

Observant l’homme mastiquer depuis quelques minutes, elle remarqua un chapelet autour de son cou.

– Vous êtes croyant ? demanda-t-elle avec précaution. Votre chapelet… Je me demandais…

Il s’arrêta de manger, la considéra comme si elle se moquait de lui.

– Bois, mauvais ! s’écria-t-il. Esprits, pas bons. Ça ! Protection.

– C’est très joli, dit-elle, s’efforçant de paraître cordiale, commençant à se demander si elle n’avait pas plutôt affaire à un simple d’esprit qu’à un dégénéré consanguin.

– Vous, gentille, dit-il en se remettant à savourer son plat.

– Je peux le voir ? osa-t-elle.

– Voir ça ? s’enquit-il en touchant son chapelet.

– S’il vous plaît, oui. Il est vraiment magnifique.

L’homme hésita, une expression de peur lui creusant le visage.

– Non ? Vous ne voulez pas ? insista-t-elle. Je ne vais pas le casser…

– Mais une seconde, alors, hein ? Gri-gri, mien. Moi, besoin !

Il ôta alors son amulette et la poussa jusqu’à Élizabeth, qui passa l’objet autour de son cou.

– Vous très jolie avec gri-gri mien, déclara-t-il très naïvement. Moi, avoir autre, quelque part dans maison. Vous, vouloir, autre ?

– Vraiment ? Vous êtes sûr ? s’étonna-t-elle.

– Falloir protection à vous, contre dé…

 

S’il avait pu finir sa phrase, l’homme aurait prononcé le mot « démon ».

 

TOC ! TOC ! TOC ! entendit-on à la place.

 

Élizabeth se raidit, les yeux exorbités. Son hôte se mit à hurler de terreur et alla se cacher derrière un rideau pour placard tout déchiré.

Le bouton de porte tourna tout doucement… Élizabeth se réfugia sous la table… La porte s’ouvrit. La jeune femme sentit quelque chose de froid la frôler, tourner autour d’elle et… hésiter, très longuement.

 

L’entité se désintéressa finalement de Beth et se saisit du pauvre homme, bien mal inspiré de s’être ainsi séparé de son gri-gri…

Entraîné à l’extérieur, hurlant dans les ténèbres, il disparut. Exactement comme Luke.

 

Élizabeth resta là un moment. Sans bouger.

Serrant très fort le chapelet contre sa poitrine, elle se décida à quitter la cabane et marcha loin… Très loin. Aussi loin que ses pieds le supportèrent.

Au petit matin, elle s’évanouit sur le bord d’une route.

Mais, par chance, un automobiliste aperçut le corps.

 

Après l’avoir correctement installée à son bord et ceinturée, il prit la direction de l’hôpital le plus proche.

 

Élizabeth regardait la route sinuer devant elle, mais sans la voir vraiment… Elle n’éprouvait plus rien. Penser à Luke ne la faisait même plus souffrir. Elle avait la vie entière pour le pleurer. Elle était vivante.

Vivante.

– Je vous remercie, dit-elle enfin à l’automobiliste qui l’avait ramassée, lui évitant, ainsi, de se faire écraser comme un vulgaire hérisson.

Elle tourna la tête sur la gauche et le répéta : « Merci. »

L’homme au volant se mit à grogner et baver. Il s’abattit sur la jeune femme et mordit dans la chair tendre de son cou.

C’était Luke. Le malheureux était devenu un zombie.

 

– NOOONNNNNN !!!!!! hurla-t-elle en se réveillant, frappant l’air avec ses poings et tapant des pieds sur le tapis.

– Holà ! Tout doux ma petite dame, dit l’automobiliste. Vous avez dû faire un cauchemar… Ça va ? Ça va aller ?

– Si ça va aller ? Si ça va aller !?! s’impatienta-t-elle.

– Calmez-vous, O.K. ? Je ne vous veux aucun mal, moi. Je vous ai trouvée sur le bord de la route, pas très loin du Château de la Baume ; vous connaissez ? Là, je vous conduis à l’hôpital. Vous vous êtes bagarrée avec votre homme, pas vrai ? Vous murmuriez : « Luke » quand je vous ai assise dans mon véhicule.

– L’hôpital ? Non ! Pas l’hôpital. Conduisez-moi au poste de police le plus proche. S’il vous plaît…

– La police, hein ? Bon. O.K. Va pour la police…

Il se tut, se demandant s’il n’avait pas ramassé une Catherine Tramell.

 

Un an plus tard…

 

Élizabeth rentra chez elle. Sa nouvelle séance chez le psy l’avait épuisée. S’immerger, encore une fois, comme bien des années auparavant, dans ses mauvais souvenirs de vacances dans les Alpes du Sud… Répéter, encore. Toujours la même chose…

À force d’hypnose – mais en réalité, elle s’en persuadait elle-même –, le Docteur Turner finit par convaincre Élizabeth qu’il n’y avait pas d’yeux jaunes, dans les ténèbres… Sinon ceux d’un hibou. Que ce fut elle, en fait, mais sans penser à mal, bien évidemment, qui contamina Luke, lui-même ancienne victime de terreurs nocturnes, avec cette histoire dans les Alpes.

Il n’y avait donc ni spectres ni morts-vivants…

Ni croquemitaine.

Son défunt mari, car la PTS l’avait finalement retrouvé quelques jours après le signalement de sa disparition par son épouse, avait été, et « rien que cela », au mauvais endroit au mauvais moment… Un serial killer se dissimulait à l’endroit précis où ils avaient décidé, l’an dernier, de passer leur week-end. Tout le reste n’était qu’affabulations. Un tour de passe-passe du cerveau pour ne pas affronter la réalité…

 

Élizabeth alluma son ordinateur afin de consulter ses courriels. Il y en avait un de son amie Susan – anciennement adepte, entre autres, de la fameuse planche de Ouija.

 

Liz, toujours O.K. pour ce soir ? Tu n’as pas répondu à mes messages, garce ! Bon, dis-moi, je suis allée acheter le dernier Twilight… On va passer la soirée à fantasmer, devine… sur le beau EDWARRRD !!!!!! À poil, de préférence ! Ouais, j’suis folle, je sais, mais il est trop beau ! ARGH !!!!!! Je serai chez toi vers vingt heures. Prépare le popcorn ! Salé ! Et, Liz, et là je suis sérieuse… suis un peu mes conseils et écoute ta psy, d’accord ? À force de crier au loup, les conneries, ça arrive… Tu le sais ce qui s’est passé la dernière fois que j’ai voulu faire ma belle avec mon Ouija, hein ?… C’est comme les maladies… À force d’y penser, ben tu peux finir par te les déclencher ! Capito ? Allez, @ toute ! Sue

 

P.S. : Bella est une salope !!!!!!

 

Élizabeth, un demi-sourire aux lèvres, abandonna son ordinateur et se rendit dans la salle de bains. Elle ôta ses chaussures, sa robe, ses sous-vêtements, puis se fit couler un bain, n’oubliant pas d’y ajouter quelques perles parfum « Thé Vert Citron » de chez SEPHORA.

Sue ne serait pas là avant une heure trente ; elle avait tout le temps de se relaxer… Et préparer le pop-corn. Salé !

Elle se laissa glisser dans la baignoire. Quel délice…

 

Le téléphone sonna. Le répondeur se mit en route. Élizabeth tendit l’oreille ; c’était Susan : « Liz, c’est moi. T’es où ? Je suis en route. Dis-moi, t’as fait tomber ton chapelet dans ma voiture, hier soir, en cherchant tes clés dans ton sac. Je viens de m’en rendre compte. Liz ? T’es où ? Dans ton bain ? J’espère que le pop-corn est prêt ! »

 

Élizabeth écoutait, blanche comme un linge…

Jamais, depuis, elle ne s’était séparée de son chapelet. Qu’elle le portât autour de son cou ou qu’il restât dans son sac, elle ne s’en séparait… jamais.

 

– Notre Père, qui êtes aux cieux, que votre no… commença-t-elle.

 

Très prestement, quelque chose happa la jeune femme, qui disparut sous l’eau… dans sa propre baignoire.

Dans la glace de la pharmacie entrouverte, les deux yeux jaunes, satisfaits, regardaient les bulles remonter à la surface…

 

FIN

 

 

Adam Gray

 

 

 

 

Attention ! Adam va nous proposer dans un prochain post une fin alternative... A déguster !!!!

Publié dans Nouvelle

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Une mouche, une nouvelle de Micheline Boland

Publié le par christine brunet /aloys

UNE MOUCHE

 

C’était peu après le décès de mon mari. J’avais le cœur gros. J’avais perdu le sommeil et l’appétit. J’étais devenue une vraie larve. J’errais dans la maison comme une âme en peine. Je restais prostrée des heures devant la chère photo. Il m’arrivait d’avoir des crises de larmes comparables à de longs fous rires, c’est-à-dire quasiment inextinguibles. C’est au terme d’une de ces crises que cet après-midi-là, je l’ai vue pour la première fois. Elle était posée sur ma main droite.

 

C’était une mouche, légèrement bleutée. Elle avait des yeux dorés. Je crois bien qu’elle avait pleuré elle aussi car je vis sur ma peau une minuscule flaque blanchâtre. Elle me regardait et j’éprouvai une grande joie, ce type de joie qui naît à chaque grande rencontre.

 

Un marchand de glace ambulant passait dans la rue. Sa camionnette diffusait un air de ‘la veuve joyeuse’. Un frisson m’a parcourue. Je suis allée voir à la fenêtre. Le véhicule était arrêté quasiment en face de chez moi. Des enfants achetaient des cornets. J’ai décidé de sortir et d’en acheter un. Cela faisait des lustres que je n’avais plus mangé un cornet de crème glacée ! Comme s’il y avait un âge pour cette gourmandise ! Je m’en suis délectée, tout comme la mouche s’est délectée de quelques gouttes de lait qui avaient ruisselé le long de mes doigts. Enfin, je m’étais fait plaisir. J’ai retrouvé une espèce de volupté pareille à celle que j’éprouvais quand, avec mon époux, nous allions déguster une dame blanche à la terrasse du salon de thé de la place communale.

 

Dans la soirée, j’ai allumé le téléviseur. J’ai suivi un feuilleton policier. Miracle, j’arrivais à me concentrer, je retenais les noms des personnages, je suivais le fil conducteur de l’histoire. Durant la plage publicitaire, la mouche a tournoyé autour de mon visage. Elle me parlait ! Oh, elle ne disait pas des choses extraordinaires, elle commentait les pubs comme le faisait jadis mon époux.

 

"Le dernier modèle, le meilleur. On veut nous faire croire que les autres ne valent plus rien. Nous faire dépenser, voilà le seul objectif de cette mise en scène. Des milliers d’euros qu’on pourrait consacrer à sauver des vies. Des talents artistiques sacrifiés sur l’autel du commerce !"

 

Oui, la mouche parlait. Oui, la mouche partageait certains points de vue de mon mari !

 

Elle frôlait aussi mes cheveux, mes tempes, mes oreilles, mon menton, mon cou. Des frôlements qui étaient autant de caresses. Je frémissais de bonheur. Mon cœur battait à tout rompre. Une telle douceur, un tel raffinement, une telle connaissance de la sensibilité féminine ! Le chemin de l’extase quoi !

 

Quand je suis montée me coucher, la mouche m’a précédée dans l’escalier. J’ai fait ma toilette. Lorsque je suis entrée dans la chambre, elle m’attendait sur la table de nuit. Je lui ai souhaité une bonne nuit. J’ai éteint la lumière. Je me suis assoupie au rythme d’une berceuse, sa berceuse.

 

Depuis ce jour-là, nous avons cohabité en parfaite intelligence. Je cuisinais, je tricotais, je crochetais, je brodais, je nettoyais en parlant à Miche. Oui, je l’avais baptisée Miche, une sonorité proche de Michel, le prénom de mon défunt mari.

 

Miche m’écoutait j’en suis certaine… Bien sûr, je lui disais : merci, s’il te plaît, bonjour, bon appétit, bonsoir, excuse-moi, comme je l’aurais dit à une amie. Mais plus encore je me confiais à elle. Je lui disais : "Pourquoi est-il parti si tôt, avant d’avoir terminé sa dernière toile ? Pourquoi n’a-t-il pu rien faire pour éviter le conducteur fantôme ?" ou encore "Comme je regrette de ne pas lui avoir préparé davantage ses petits plats préférés, de ne pas lui avoir massé le dos plus souvent…"

 

Miche restait immobile près de moi, posée sur l’accoudoir de mon fauteuil, sur l’appui de fenêtre ou sur le pouf. Pour me rassurer, elle murmurait le plus souvent : "Tu as fait du mieux que tu pouvais en fonction de tes obligations, de ton travail. Il savait combien tu l’aimais. Pense à tous les souvenirs que tu gardes de lui, à tous vos moments. Tout le monde n’a pas la chance de vivre une telle complicité."

 

Il y eut tous ces mois partagés avec Miche, toutes ces confidences, toute son écoute, toutes ses caresses. Il y eut tout ce bonheur de vivre à deux, de manger ensemble, de rire et de pleurer ensemble, de dormir côte à côte.

 

Miche m’accompagnait au cimetière, à l’atelier de broderie, au restaurant, à l’église, au magasin, chez le coiffeur, chez le médecin, en visite chez des parents ou chez des amis. Elle savait se montrer discrète, demeurer muette des heures durant sur le rebord de mon sac à main. Un coup d’œil vers elle et je retrouvais ma bonne humeur. Nous avions trouvé notre vitesse de croisière. Nous avions créé nos habitudes, comme un vieux couple.

 

Oui, je dois reconnaître qu’en peu de temps, j’avais renoué avec mon entrain, ma joie de vivre, mon affabilité.

 

Miche aussi avait changé ! Ses deux petites ailes avaient pris des reflets rosés. Elle avait grossi, elle volait de moins en moins volontiers, elle parlait et chantait de plus en plus, de mieux en mieux.

 

J’ai téléphoné chez différents vétérinaires de la région mais aucun n’a pu me renseigner sur l’origine du changement de coloration des ailes de Miche. Un d’entre eux m’a suggéré de consulter son frère qui était psychiatre. Comme si la maladie de Miche avait pu avoir une origine psychologique. Bientôt, vous verrez, on finira par attribuer une origine psychique à toutes les maladies des bêtes et des hommes !

 

J’ai entrepris quelques recherches en bibliothèque et sur Internet. Sans succès.

 

L’état de Miche ne s’aggravant pas, j’ai arrêté mes consultations téléphoniques et mes recherches. C’était du temps, de l’énergie et de l’argent gaspillés.

 

Un vendredi, Miche m’a accompagnée à l’enterrement de notre ancien bourgmestre. Elle était posée sur la lanière de mon sac. Le cameraman de la télévision locale filmait Jeannine, l’épouse du défunt. Cette femme, que son mari avait pourtant trompée de nombreuses fois, sanglotait sans aucune retenue. Elle levait de temps à autre la tête comme pour observer l’assemblée puis se courbant de nouveau, elle pleurait en émettant des sons gutturaux. On aurait dit une pleureuse grassement payée ou une mauvaise tragédienne. Miche, ma brave Miche, a fait ce que son cœur lui dictait. Je l’ai vue s’envoler et se poser sur le bras de la veuve !

 

Je n’ai pas crié. J’ai accepté l’inévitable, le départ de Miche ! Lorsque j’ai présenté mes condoléances à la femme, j’ai remarqué que Miche avait repris sa coloration bleutée. Une métamorphose ultra rapide. J’ai regardé Miche, j’ai murmuré : "Adieu…" et personne n’y a pris garde.

 

Un nouveau deuil pour moi ! Une nouvelle solitude ! Je passais des nuits à me tourner et à me retourner dans mon lit. Je picorais dans mon assiette. Je devais me forcer à sortir et à faire le ménage. J’allais très épisodiquement à l’atelier de broderie. J’avais perdu le sens de la lutte. Aux orties, mon projet de créer une société de protection des mouches ! Je pleurais face à la photo de mon cher époux en regrettant de ne pas avoir pris le moindre cliché de cette chère Miche. Quelle imprévoyance ! Comment n’avais-je pas pensé qu’elle aurait pu être écrasée, prise dans une toile d’araignée ou suivre un beau diptère !

 

Les jours passaient. J’envisageai d’adopter un chien, un oiseau parleur, un cobaye ou un chat… Mais que faire de lui lorsque j’irais rejoindre ma sœur, pour deux ou trois semaines, dans le Midi ?

 

Un soir, sur l’étendue brillante du marbre noir de la table de salon, je l’ai vu… Il restait sans bouger, sans émettre le plus petit son. C’était un élégant moustique, frêle, sympathique. Il me dévisageait avec compassion. J’avais envie de lui parler mais je me suis retenue. On ne sait jamais qui on a vraiment en face de soi n’est-ce pas ?

 

Je l’ai observé. Un œil sur l’écran de télévision, un œil sur lui. J’ai entendu son "bonsoir" Un son aigrelet, une voix de femme. J’ai répondu "salut l’ami".

 

Il est venu s’installer sur mon avant-bras. J’ai ressenti un délicat chatouillement.

 

J’ai dit : "Sois le bienvenu…"

 

Les premiers temps, il s’est contenté de m’accompagner partout où j’allais. Il se manifestait peu. Il était plutôt taiseux mais il musait divinement ! Le soir, il adorait danser, danser encore et encore en fredonnant des mélopées. Je l’ai appelé "Mimi" parce que cela me rappelait à la fois les prénoms de mon mari et de Miche.

 

Je l’ai photographié dans différentes postures, aussi bien en vol qu’au repos, sur fond de papier peint grenat et sur fond de tentures vertes.

 

À présent je vis donc avec Mimi, un moustique qui me fait des papouilles à n’en plus finir, qui chante et danse pour moi seule ! Je ne me lasse pas de ses chatouillis bien que je me demande s’ils ne sont responsables des carences en minéraux détectées lors de ma dernière prise de sang !

 

Mimi prend de l’embonpoint et une coloration rouge. J’ai hésité. Maintenant, ma décision est irrévocable. Jamais, je ne contacterai un de ces vétérinaires qui n’y connaissent pas grand-chose en pathologie des petits insectes mais ne l’avoueraient jamais !

 

Hier, lors du vernissage de l’exposition rétrospective des œuvres de mon mari, j’ai revu Jeannine. Elle portait une attelle à la main droite. Je me suis approchée d’elle. Je l’ai saluée. J’ai demandé : "Vous avez eu un petit accident ?" Elle m’a répondu, le regard noir : "Je me suis fracturé trois doigts en tentant d’écraser une mouche qui ne me quittait plus. Un mouvement incontrôlé. Dans l’opération, j’ai cassé un joli vase en opaline et j’ai griffé le dessus de ma commode en marqueterie."

 

J’ai poursuivi : "Et la mouche ?"

 

Elle a ri. Elle a dit : "La mouche je ne l’ai plus vue."

 

J’ai insisté : "Elle est morte ?"

 

Elle a répondu : "Que m’importe ?"

 

Puis, elle s’est empressée de s’éloigner de moi.

 

Pour me résumer, j’ai vécu avec Michel un homme charmant, un artiste, décédé dans un accident de voiture. J’ai vécu ensuite avec Miche, une mouche compatissante et je vis actuellement avec Mimi, un moustique très sensuel…

 

 

Extrait de "Nouvelles entre chien et loup", chez Chloé des Lys

Micheline Boland

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micheline-ecrit.blogspot.com

 

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Des odeurs dans ma vie, une nouvelle de Micheline Boland

Publié le par christine brunet /aloys

 

boland photo

 

 

DES ODEURS DANS MA VIE

 

5 ans : Ah l'odeur de "cuir de Russie". Tante Nelly avait reçu le joli flacon d'une patiente hospitalisée dans son service. Elle l'avait donné à Maman. Il est vrai que ce parfum à la senteur entêtante ne devait guère convenir à une jeune fille de vingt-deux ans ! Maman l'avait rangé dans sa chambre, plus précisément dans sa garde-robe. Ce qui m'attirait, c'était l'odeur si particulière (style patchouli) mais surtout la beauté du flacon en verre orné de dorures et, plus encore, le bouchon d'émeri que Maman promenait derrière ses oreilles et sur ses poignets les jours de fête. Quelle fragrance capiteuse restait dans son sillage ! C'était autre chose que l'eau de Cologne utilisée quand j'étais un peu souffrante ou employée tellement volontiers par bonne-maman. Parfois, j'avais la tentation d'aller ouvrir le flacon. Une tentation à laquelle je ne résistais pas, bien sûr mais qui ne passait pas inaperçue. Maman me grondait gentiment parce qu'elle savait avec quel soin je manipulais l'objet.

 

23 ans : L'odeur de gaufre qui me happe dès que j'ouvre la porte d'entrée de la maison un dimanche de printemps. Je suis allée au cinéma à Namur, il est peut-être 17 heures quand je reviens chez moi. Il y a l'odeur mais aussi les bruits de voix, les rires. Mon cousin Jean-Marie vient de se marier plus tôt que prévu vu le stade avancé du cancer du poumon de son beau-père. La maison qui doit les abriter est encore en travaux et mes parents ont proposé au jeune couple d'occuper un deux-pièces cuisine aménagé au premier étage de la grosse villa que nous occupons. Ce dimanche-là, mon cousin et sa femme reçoivent un couple d'amis. Maman a invité tout le monde dans sa grande cuisine, elle a préparé des gaufres de Bruxelles accompagnées de crème fraîche et de café. J'ai d'abord l'impression de tomber un peu comme un cheveu dans la soupe. Mais bien vite, je me mêle à la conversation et aide au service. Un beau dimanche, d'excellentes gaufres suivies d'une soirée amusante. Seul Papa reste un peu hors jeu, il continue de lire dans le salon jusqu'à ce qu'on l'appelle pour passer à table, puis le repas terminé, il regagne son fauteuil.

 

24 ans : Mademoiselle de Nina Ricci. Pour le mariage de mes amis Marie-Ange et Jean-Pierre, je me suis parfumée avec un échantillon de Mademoiselle de Nina Ricci. Ce sera une fameuse découverte. Quelle bonne compagnie, fraîche, florale, mais aussi assez verte, m'offre cette eau de toilette ! Combien de flacons achèterais-je de ce jus ? Nul ne le sait mais ils ne se comptent sûrement pas sur les doigts des deux mains ! Louis adore aussi cette fragrance. Nous achèterons le dernier stock disponible à l'Inno de Liège, il y a plus de trente ans.

 

36 ans : Juin, l'odeur de lys dans notre jardin. Une découverte si inattendue pour ce premier été passé dans la maison que nous avons acheté. Ils ont peut-être survécu vingt ans les bulbes des lys. À présent l'été, des œillets embaument au jardin. Louis en avait ramené une toute petite touffe offerte par une collègue.

 

45 ans : J'avais acheté une eau de toilette "Bic" Elle me plaisait bien. La première fois que je l'ai portée, nous sommes allés visiter quelqu'un à l'hôpital. Mauvais ancrage pour ce parfum que je n'ai plus guère utilisé. À peu près à la même époque découverte de Diorissimo (oh cette senteur de muguet), puis de Poême de Lancôme (un parfum floral - un flacon gagné lors d'un concours de poésie d'amour) : À ces deux parfums je suis encore fidèle !

 

Petite enfance : Odeur d'éther chez mon grand-père qui est infirmier et secouriste dans un charbonnage. Des ouvriers de la cité voisine viennent se faire soigner chez lui. À ces occasions la salle à manger devient cabinet de soins. Je ne souviens pas d'avoir entendu un cri, d'avoir vu une seule blessure mais cette odeur est restée associée pour moi aux piqûres, aux hôpitaux, à la douleur physique, à la maladie, à la mort. Uniquement des associations négatives.

 

Tant d'odeurs habitent mon univers : Odeur de potage au cerfeuil flottant dans la maison des frères à Jumet, odeur de volaille rôtie chez bonne-maman, odeur obsédante de foie gras chaud ou de choux cuisinés chez nous, odeur de cuisine à me couper l'appétit dans un bel hôtel au Grand-Duché de Luxembourg, odeur de barbecue provenant du restaurant grec près de la maison communale de Mont-sur-Marchienne, odeur de Déclaration de Cartier ou de Signoricci (des eaux de toilette pour homme qui ont une tenue parfaite), odeur de craie des classes de mon enfance, odeur de poudre de riz de Maman, odeur de lessive chez Tante Maria…

 

 

Micheline Boland

homeusers.brutele.be/bolandecrits

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Christine Brunet a lu "Tous les crimes sont dans la nature" d'Alain Magerotte

Publié le par christine brunet /aloys

Photo Christine Brunet

 

"De celui de lèse-majesté à celui de lèse mémère, Tous les crimes sont dans la nature"...

 

Curieuse entrée en matière, non ? 

Mais quelques mots reflets de ce livre qui oscille en permanence entre nouvelles policièreshttp://www.mabiblio.be/wp-content/uploads/2009/02/Scan%20cover%20Magerotte004%282%29.jpg et fantastiques. Des personnages forcément atypiques qui collent à leur patronyme. Des situations qui racolent le lecteur et qui l'emmènent où ? Ben vers l'improbable, le surprenant, le terrifiant, l'incroyable... les qualificatifs ne manquent pas...

Non, un autre me vient à l'esprit... le soulagement. 

 

Soulagée pourquoi ? Pas parce qu'enfin, j'ai terminé le bouquin, non... mais parce que, vous le croirez ou pas, certaines histoires se terminent bien...

 

Toutes ? Quand même pas... mais l'humour est omniprésent, noir... ou gris...

 

Un style impeccable capable de faire passer toute la palette des émotions, des situations.

 

Une atmosphère omniprésente à déguster !

 

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

 

www.passion-creatrice.com

www.aloys.me

 

Publié dans Fiche de lecture

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A la Une ! Des auteurs Chloé des lys se distinguent !

Publié le par christine brunet /aloys

bobclin

 

A Fréquence Terre, on boucle la 3e saison radio de la rubrique « Littérature sans

Frontières » de ¨Pierre Guelff. On a dressé un Top 10 des lectures les plus nombreuses

des podcasts et sites web associés: cela donne à côté des éditions Pierregord, Presses de

la Cité, etc. Chloe des Lys avec "contes bizarres" de Bob Boutique !

http://www.frequenceterre.com/ chroniques-environnement-10091 1-2483-Top-10-de-

Frequence-Ter re.html

Comme on avait prédit la mort de la radio face à la naissance de la télévision, la disparition de cette dernière en présence d'internet, ce qui, on le sait, est très loin de ces prévisions funestes, eh bien, le livre necontes-bizarres2.jpg se porte pas trop mal en cette rentrée littéraire. 

Fréquence Terre, on boucle la troisième saison de la rubrique « Littérature sans Frontières », rubrique qui est programmée de manière hebdomadaire depuis moins d'un an et, pour l'occasion, on dresse des statistiques. 
Outre Fréquence Terre, 35 radios hertziennes françaises, belges, suisses et 28 autres webradios diffusent cette rubrique, soit des centaines de milliers d'auditeurs potentiels par jour. 
Mais, il y a aussi la lecture des articles inhérents à chaque chronique et, au total des 113 rubriques du genre, ce sont quelque 91.000 lectures qui sont comptabilisées. Soit, plus de 800 lectures par chronique. 
A ce sujet, Fréquence Terre a dressé un Top 10 des lectures les plus nombreuses et cela donne : 

1. Le Soufre et l'Encens de Sonia Pelletier aux Editions Pierregord avec 1.902 lectures. 
2. Le livre, enfer et paradis de Marc Varence (Editions Pascal) : 1.629 
3. Pernel et Nicolas Flamel de Janine Durrens (Editions Pierregord) : 1.478 
4. L'Abbaye aux Loups de Paul Couturiau (Presses de la Cité) : 1.458 
5. Rocheflame de Claude Michelet (Pocket) : 1.428 
6. Contes bizarres de Bob Boutique (Editions Chloé des Lys) : 1.380 
7. Où es-tu ? de Marc Levy (Pocket) : 1.368 
8. Madame, vous êtes un prof de merde ! de Charlotte Charpot (Editions de l'Arbre) : 1.367 
9. Alzheimer, ma mère et moi de Chantal Bauwens (Editions de l'Arbre) : 1.315 
10. Padre Pio de Gerald Messadié (Presse du Châtelet) : 1.299 

Signalons que Christian Signol dont il a été présenté quatre ouvrages, totalise plus de 4.000 lectures ! 
Ces chiffres démontrent la belle vitalité du livre et le plaisir que Fréquence Terre a de vous présenter «Littérature sans Frontières » chaque semaine. 

Pierre Guelff. "

 

Bravo, Bob !!!!

 

****************************************************************************************

desguinPartage lecture RUE BARAKA !

 

Un tout grand merci à  toute l'équipe de la maison de la laïcité de Charleroi ( rue de France, 31) !

 

Ce mardi 20 septembre, première rencontre partage lecture pour RUE BARAKA ...

 

http://www.quefaire.be/club-lecture-290386.shtml

 

Animé par Martine et Nicole, deux passionnées de lectures, le club lecture aimage-1 pris forme voici quelques mois et il permet à quelques lecteurs, deux ou trois fois par mois, de se rencontrer et de mettre en valeur un livre ...Chacun apporte son livre et sans prétention ni grandiloquence raconte en quelques mots pourquoi le livre a attité leur attention ...

Un partage d'une bonne demi-heure, on boit son petit café, on grignotte un biscuit et puis voilà, tout le monde est heureux de se renconter et de partager quelque chose de positif.

 

Merci donc à ces deux animatrices  pour ce dynamisme ...

 

Et ce mardi, première rencontre importante ! Avec des lecteurs et ....trois auteurs régionaux !

 

Claire Mathy, Première pelletée ( Ed Mémory press)

Charlène Lembourg, Rendez-moi mes poupées ( Ed Scaillet )

Et puis moi...

 

Les lecteurs sont concentrés et attentifs. Tout le monde lance sa petite question. Les trois auteurrs sont sympas et répondent sans langue de bois. Pas de prétention. Tout se fait à la bonne franquette, d'une façon sympa et conviviale. Comme si on se connaissait depuis longtemps!

 

Rencontrer des lecteurs, des auteurs...deux heures très enrichissantes !

 

Merci à Piet Vandehende, Eric Allard  et Salvatore Gucciardo pour leur présence, ça m'a fait plaisir.        http://lesbellesphrases.skynetblogs.be/

 

 

A bientôt !

http://carinelauredesguin.over-blog.com

 

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Dialogue, un texte de Louis Delville

Publié le par christine brunet /aloys

DIALOGUE

Consigne : Vous rentrez à la maison et découvrez la porte du salon entrouverte.

Vous la poussez : quelqu'un est assis dans le salon.

Il vous attend. Qui est-ce ? Comment est-il ?

Entre lui et vous, un dialogue s'installe…

 

"Mais qu'est-ce que vous faites dans mon…"

 

Je n'ai pas le temps de terminer ma phrase que Bob se retourne en souriant !

 

Bob, mon ami. Bob, mon presque frère.

 

- Ça alors, comment es-tu entré ?

 

- Tu me connais. Il y a peu de gens qui résistent à mon charme. Manuela, ta femme d'ouvrage, s'est laissé convaincre !

 

- Comment vas-tu depuis tout ce temps ?

 

- Je reviens de Finlande où j'ai trouvé des débouchés extraordinaires pour mes spectacles de marionnettes. Ces gens-là, ils vivent souvent chez eux et sortent peu. Tu sais, l'obscurité des pays nordiques.

 

- Tu as été présenté ton théâtre en Finlande ? Tu es fou Bob. Va plutôt dans les pays chauds. Il y a plein d'enfants qui n'attendent que ça !

 

- Les enfants ?

 

J'ai senti comme un point d'interrogation après ces deux mots…

 

- Ben oui, les enfants ! C'est pour les enfants, tes marionnettes, non ?

 

- C'est pour qui veut ! Peu importe ! Les spectateurs de tous les âges sont les bienvenus.

 

La conversation a duré de longues minutes jusqu'à ce que je prenne conscience de l'heure. Il était plus de midi.

 

J'ai osé un timide : "Tu manges avec moi ?" Je connaissais la réponse.

 

- Si tu m'invites, ce sera avec plaisir. D'ailleurs, ça sent bien bon chez toi !

 

- Manuela a préparé une paella comme on la fait chez elle, lapin et fruits de mer…

 

J'ai commencé à dresser la table : "C'est la dernière fois que je me laisse prendre. La prochaine fois qu'il arrive à onze heures, je ne mangerai rien et lui non plus !!!"

 

- Un petit vin espagnol avec ça, ce serait parfait ?

 

J'ai donc débouché une bouteille de Rioja.

 

- À ta santé !

 

- À la tienne, Bob !

 

- Succulente cette paella… Charmante Manuela…

 

Bob a mangé de bon appétit et il est parti comme il était venu.

 

Bob, mon ami. Bob, mon presque frère.

 

 

Louis Delville

louis-quenpensez-vous.blogspot.com

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La montagne, au Gaschney, un texte de Claude Colson

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

claude colson-copie-2

 

La montagne, au Gaschney

 


  Un peu plus de dix heures, ce matin de juillet. À 1000 m, sur ce col des Vosges jouxtant le petit Hohneck, le frimas de la nuit n'a pas encore complètement lâché malgré le soleil généreux en apparence. Il faut dire que le ciel ( NDLR : la photo est prise à un autre moment) est chargé de lourds cumulus offrant toute la palette du blanc lumineux au gris sombre.

 
Au milieu quelques trouées de bleu. L'ensemble de ces nues glisse lentement vers la droite, au gré d'Éole.

 
Au premier plan la prairie vallonne doucement, couverte çà et là de gros rochers dont le gris prend au soleil des reflets d'ardoise. les taches jaunes des boutons d'or (?) font un collier à l"'herbe sèche, derrière, ornée de nuances mauves. Bientôt c'est la première haie des sapins, montant à l'assaut du vallon.


  Le soleil qui en frappe uniquement la première moitié éclaircit quelque peu le vert bouteille. On dirait le sourire d'un hémiplégique.


Au delà, c'est le creux, invisible, et plus loin l'autre versant, éclairé lui aussi, où les arbres de la forêt dense paraissent minuscules. Ils se serrent peureusement.


Levons les yeux un peu encore et ce sont les chaumes, jaune paille déchiré par endroits du sombre de sapins isolés. Enfin, juste sous le ciel, les croupes des ballons vosgiens.
Complètement à ma gauche, dans l'obscurité des bois, la montée vers la Schlucht, visible cependant.


  Et voici que le paysage s'anime : déboulant du même côté mais à mon niveau, le ding-ding de clarines annonce le défilé - à la queue leu-leu - d'une troupe de belles vaches locales, oblongues, têtes blanches, corps noirs surmontés tout le long du dos d'un large galon blanc. Deux veaux marron ferment la marche.


Le tintement des sonnailles s'éloigne presque aussitôt. Je lève les yeux de mon écrit, les bêtes sont passées. Je peux à nouveau m'évader vers les crêtes surmontées de la chevelure des épicéas, en brosse clairsemée.


À l'horizon , la ligne bleue d'autres ballons.


  Il fait bon voir ou revoir ces merveilles, dans le silence épais bien vite revenu.

 

 

Claude Colson

claude-colson.monsite-orange.fr

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Walter Macchi : "L'écriture, comme la lecture, est un besoin, une passion, une façon d'apprendre et d'évoluer aussi. "

Publié le par christine brunet /aloys

a-un-detail-pres.jpgWalter Macchi est auteur chez Chloé des lys... un romancier… A un détail près est un polar, son polar.

Un point commun qui m’interpelle, bien évidemment. Des tas de questions se bousculent dans ma tête : comment conçoit-il son récit, son intrigue, comme crée-t-il ses héros… tout cela pour répondre à une seule question : y a-t-il un seul processus d’élaboration pour ce genre très particulier de littérature ? Plusieurs ? Un état d’esprit à part ou non ?

J’espère que Walter Macchi parviendra à répondre à toutes ces questions… et, peut-être, à me donner les clés qui me manquent.



Walter, depuis quand écris-tu ?
Je suis traducteur de formation et j'ai toujours écrit dans le cadre de ma vie professionnelle. J'ai eu la chance de travailler pendant une vingtaine d'années dans une mission diplomatique, dont les dix dernières au sein du service de presse. Quand je ne traduisais pas, je composais ou corrigeais des textes, des discours. Le reste du temps, je lisais les journaux le matin, et tout ce qui me passait sous la main le reste de la journée. C'était une expérience vraiment enrichissante.

Pendant toutes ces années, j'ai maintes fois repoussé le projet d'écrire un roman parce que le boulot prenait tout mon temps mais au fond de moi-même, j'ai toujours su que ce rêve, qui ne m'a pas quitté depuis l'enfance, allait devenir réalité. Cela a été le cas peu après la quarantaine.

Un événement déclencheur ?
Je faisais toutes les semaines la navette entre Genève et Bruxelles et passais beaucoup de temps dans les avions et les aéroports. L'idée de base du premier roman a germé pendant ces voyages. L'histoire s'est construite petit à petit et s'est bien vite imposée comme une évidence.

Que t'apporte l'écriture ?
L'écriture, comme la lecture, est un besoin, une passion, une façon d'apprendre et d'évoluer aussi. Parce qu'écrire, c'est créer.

L'écriture me permet également d'aborder les thèmes essentiels de l'existence, la vie, l'amour, la confiance, la trahison, l'argent…

Pourquoi l'écriture est-elle un moyen d'évoluer ?
walter1.jpgMes principales sources d'inspiration sont l'observation et la lecture. L'écriture est un moyen d'évoluer parce c'est un apprentissage constant qui nécessite beaucoup de rigueur et me pousse à me remettre sans cesse en question. Comme les voyages, elle me permet de découvrir d'autres horizons et de m'ouvrir aux autres et au monde qui m'entoure.


Tu as peut-être d’autres passions ?
Je suis un touche à tout, curieux de naissance. Je me suis donc essayé dans pas mal de domaines mais il y en a trois qui sont une constante : la photographie, les voyages et l'actualité internationale avec, de temps à autres, une passion qui prend le pas sur les autres, au gré de mes envies.

Comment écris-tu ? directement sur ordi ou sur le papier ? la nuit, le jour, tout le temps?
J'écris directement sur ordinateur, dès que j'ai un moment, dans la journée ou la soirée. La nuit j'essaye de dormir, parce que le sommeil – ou son absence - est également une source inépuisable d'inspiration. J'ai un petit enregistreur qui depuis peu me permet de capter les idées au moment où elles prennent naissance, sans risque de les perdre.

Jusque là, rien ne distingue Walter Macchi d’un romancier de roman historique ou contemporain, par exemple… Ma curiosité s’accentue.

Pourquoi avoir choisi le genre policier pour t'exprimer ? Le suivant en est-il également un?
Les policiers sont mes romans de prédilection, C'est le genre qui titille le plus mon imagination. C'est à mon avis le type de roman le plus exigeant et le plus compliqué à mettre en œuvre pour que l'histoire tienne la route et soit crédible, un de ceux qui demandent le plus de recherches et une documentation riche, parce que tous les éléments sont importants, l'intrigue, les personnages et leur environnement, le style…
Mon premier roman, un thriller dont l'intrigue se déroule dans le monde des affaires, de la parfumerie de luxe et de la photographie de mode, est en partie basé sur une expérience personnelle.

Le second est un roman plus classique, qui a néanmoins représenté un défi et un véritable exercice de composition. Il a fallu d'abord d'entrer dans la peau d'une jeune personne de l'autre sexe, et mettre ensuite deux histoires en parallèle : celle de l'adolescente racontée par elle-même, et celle d'une famille, originale et avare, que le goût pour l'argent fera sombrer.

Pourquoi avoir changé de genre de roman ?
L'approche entre un polar/thriller et un roman est différente. Dans un polar, on est beaucoup plus dans l'action et dans les changements de lieux. Pour cherches leswalter2.jpg indices, pour enquêter, il faut bouger.
Changer de style et écrire un roman a été une démarche intéressante qui m'a obligé à aller puiser plus profondément en moi pour faire sortir les émotions, les sentiments
et arriver à les mettre en mots.


Je vois… Quelle serait ta définition perso de l'écriture et définis ton style...
L'écriture pour moi est un formidable moyen d'expression, avec l'envie sous-jacente d'intéresser un plus grand nombre possible de lecteurs. Mon style est assez direct, sans fioritures et très visuel.


Comment construis-tu ton récit ? Ecris-tu au fil de la plume, avec un canevas ? un plan ?
Pour les romans policiers en particulier, j'essaye de bâtir un canevas de scénario solide autour d'une idée directrice. C'est un peu moins vrai pour le second roman où j'ai plus laissé libre cours à mon imagination et à ma plume. Lorsque j'écris, il m'arrive cependant de modifier le scénario en cours de route, parce que j'ai eu un flash ou parce que mes "conseillers" m'ont suggéré une autre voie. Je connais souvent des "moments de grâce", où les mots et les idées se bousculent à un tel point que j'ai parfois du mal à suivre.

 

Crois-tu qu’on écrit un polar comme un autre roman, avec le même état d’esprit ? D’où la question qui en découle… Tout auteur peut-il devenir auteur de roman policier selon toi?

Non, comme je l'ai dit précédemment, on aborde un polar avec un état d'esprit bien particulier. La trame est constituée par une intrigue, un événement mystérieux qui débouche sur une enquête avec des indices, des pistes, de l'action.
http://www.waltermacchi.com/images/stories/images/articles/la%20vieille%20cover%20reduced.jpg
Connais-tu dès le début la réponse à toutes les questions induites par l’intrigue ? Sais-tu qui est le coupable dès le début ? Si c’est le cas, qu’est-ce qui te passionne dans le processus du polar ? Le jeu avec les lecteurs ? la déclinaison des indices ?

De façon générale, avant de me mettre à écrire, j'ai un scénario de base, qui peut s'étoffer, se corser en cour de route. Mais je sais dès le début où je veux amener mes lecteurs.
Ce qui me passionne dans le processus du polar c'est justement le jeu qui s'installe entre l'auteur et le lecteur, et qui consiste selon moi à créer un suspense, une tension qui accrochera ce lecteur de façon suffisamment efficace pour qu'il ait hâte d'en connaître la chute.


Voilà une différence de taille entre nos deux approches de la conception d’une intrigue… Je crois qu’il vient de me donner la réponse que j’attendais. Pourtant je poursuis
l’interview, pour comprendre jusqu’où vont ces différences.

Tes personnages ont des personnalités bien marquées. Comment les construis-tu? Quel rapport as-tu avec eux ? facile ou compliqué de mettre un point final à tes
histoires ?
4e-a-un-detail-pres-001-copie-1.jpgPour mon premier roman, mes personnages sont nés d'observations personnelles, sur place à Genève et dans la vie quotidienne. J'ai essayé de les construire avec rigueur et me suis parfois identifié à eux, dans ce qu'ils avaient de plus humain, dans leurs qualités mais également leurs défauts. Je les aime bien et y suis attaché, même lorsqu'ils sont antipathiques pour les lecteurs. Je n'ai pas vraiment de problèmes à mettre un point final à mes histoires. J'éprouve parfois un sentiment de nostalgie ; c'est quelquefois à regret que je mets un terme à leurs aventures.

Certains construisent leur roman à la première personne… Toi, tu te choisis de te mettre dans la peau d’une femme dans ton second roman… Pas commun… Comment
entre-t-on dans la peau d'un personnage d'un autre sexe ?
Quand il écrit, un auteur fait immanquablement référence à une vision très personnelle des choses. Il peut parfois essayer de brouiller les pistes mais c'est un peu de lui-même qui transparait dans ses personnages.

 
Pour mon second roman, j'ai voulu sortir de mon enveloppe "masculine" et me contraindre à penser autrement, à voir la réalité sous un autre angle. L'aspect psychologique m'a demandé énormément d'efforts. Je réalise à présent, à quelques mois de la sortie officielle du livre, combien cette tentative est périlleuse et délicate.
J'ignore même si j'y suis parvenu. L'avenir me le dira…

Lorsqu’on te lit, une chose frappe immédiatement le lecteur, c’est le côté visuel de ton récit, un peu comme si tu l’avais construit autour d’un scénario développé au fur et à mesure, étoffé pour en faire un roman. Pourquoi le visuel est-il si important ?
Je réalise en répondant à tes questions combien mes passions se rejoignent, l'écriture, la photo ou le cinéma, les voyages. Toutes ces passions, qui sont autant de plaisirs, me permettent de partager des émotions, de capturer l'instant ou le vécu, que ce soit par les mots ou l'image. Mon premier roman A un détail près est très visuel, au point que j'aimerais bien parvenir à en faire un film. Je suis actuellement en train de travailler sur son scénario.



Est-il facile ou compliqué d'être lu pour toi ? Comment tes proches voient-ils cette passion ?
walter3.jpgPlutôt compliqué d'être lu par le plus grand nombre et d'obtenir ainsi des avis contrastés qui me permettent d'évoluer. En règle générale, mes proches voient cette passion de deux façons, avec étonnement pour certains, avec enthousiasme pour d'autres, parfois avec un brin d'envie, mais rares sont ceux qui réalisent vraiment la solitude de l'auteur face aux difficultés et aux injustices du monde de l'édition...


Quel est ton univers littéraire ?
Auparavant, je lisais presque exclusivement des romans policiers et des thrillers. Mais ces dernières années, mon univers littéraire s'est beaucoup diversifié. A présent, je lis essentiellement des romans mais tous les genres m'intéressent. J'avoue avoir un peu plus de mal avec la poésie et les romans historiques, mais rien ne dit que je ne m'y mettrai pas un jour. Mes lectures ne connaissent pas de frontières, avec toutefois une nette préférence pour les écrivains francophones, anglo-saxons et italiens bien sûr. J'ai découvert quelques perles dans les auteurs italiens contemporains qui gagnent à être connus (F. Volo, F. Moccia, P. Giordano, entre autres). Dommage qu'ils ne soient pas tous traduits en français.

J’aimerais que tu termines non pas par un extrait de ton roman mais par une autre définition… A ton avis, qu’est-ce qui fait un bon roman policier ? Tu parviendrais à me donner ta définition du roman policier ?
C'est une question à laquelle il m'est difficile de répondre. Il serait réducteur de dire qu'il n'existe qu'une seule définition tant les genres de romans policiers sont diversifiés.
Un bon roman policier est un roman dont le lecteur se dit, après avoir tourné la dernière page, que l'intrigue était tellement bien ficelée qu'elle en était géniale et qu'elle l'a captivé jusqu'à son dénouement inattendu.

Je ne peux qu'approuver... L'inattendu, l'intrigue forte, bien ficelée... la recette d'un bon polar... la recette de "A un détail près"... vous n'y croyez pas ? Lisez...
Pour retrouver l'univers de Walter macchi, un site... www.waltermacchi.comlink
Christine Brunet

www.christine-brunet.com
www.aloys.me
www.passion-creatrice.com

Publié dans interview

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