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Jour de pluie, une nouvelle de Claude Colson

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

  claude colson-copie-2

 

Jour de pluie.


Comme elle se levait, elle alla à la fenêtre, tira le rideau et, bien qu’encore à demi endormie, elle ne sut réprimer une moue de dégoût. La pluie s’écrasait en larges gouttes qui, poussées par le vent, cinglaient la vitre en un bruit que modulait la violence des rafales. C’est ce qui l’avait réveillée.

 
La journée ne s’annonçait pas bien. Elle avait juste le temps de se préparer, de s’habiller et à dix heures le notaire l’attendait, elle et ses frères, pour la lecture du testament de leur père.


C’était incontournable et cela la révulsait. Elle n’avait que faire de ces formalités, de l’argent, tout comme du reste de sa famille.


Mais le vieux l’avait désignée exécutrice testamentaire et à ce titre le notaire lui avait fait savoir que sa présence était requise lors de l’ouverture.


Elle sortit donc, en maugréant contre son géniteur et sa dernière blague, douteuse à son goût.


La pluie diluvienne avait chassé toute âme des rues et tournoyait sa furie autour des bouches d’égout avant de s’y engouffrer. Le flot brunâtre dévalait les pentes, emportant de menus objets, et çà et là escaladait les trottoirs pour venir mourir aux marches des portes d’entrée. Parfois il parvenait à s’insinuer par les soupiraux et alors il envahissait
les caves.


Merde, se dit-elle, le taxi que j’ai commandé ne sera pas à l’heure. Ça va me faire rater le rendez-vous.


Le vent chargé d’eau lui mordait le visage et ses vêtements dégoulinaient, piteux ; de vraies loques. Elle commençait à songer qu’elle n’était plus guère présentable.


Il y a longtemps que son parapluie, retourné, s’était transformé en faisceau de ferraille inutile, et de rage elle le jeta derrière elle tout en essayant de préserver ses chaussures de l’eau omniprésente en restant tant bien que mal au plus haut du trottoir. Echevelée, elle devait avoir l’air d’une sorcière. Jamais elle n’aurait dû sortir.

« Mireille, mais que fais-tu dehors par un temps pareil ? »

Elle se retourna et vit avec délice Ronan, son premier amour, qui avait d’une main empêché le parapluie de le gifler et de l’autre lui offrait le secours, afin de la pousser dans le camion de pompiers tout proche et dont la tempête lui avait masqué l’approche.
Pleurant encore de rage, mais de moins en moins, elle se pelotonna contre la poitrine rassurante de Ronan, à présent bien à l’abri sur le siège.

Soudain et contre toute attente la vie devenait très belle.

Au diable le vieux et merde pour mes frères et cet abruti de notaire, pensa t’elle.

« C’est toi, Ronan, je ne t’avais pas reconnu. »……

 

 

Claude Colson

claude-colson.monsite-orange.fr

Publié dans Nouvelle

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A la une... Marie-Claire Georges et le journal d'Hugues Draye.

Publié le par christine brunet /aloys

 

Vagabond-ange-juillet-2011-006.jpgC'est ce week-end que le Box Théâtre a présenté quelques-une de mes nouvelles, extraites du recueil "L'ange gardien". Deux photos prises à l'issue de la représentation qui a fait salle comble samedi soir et dimanche après-midi. Petite salle sans doute, mais qui convenait parfaitement à cette mise en voix préparée par Eric Serkhine avec des acteurs aussi enthousiastes que professionnels : Magali Bolognino, Zaqia Drissi et Patrick Robert.
 
Le Box Théâtre est une troupe de professionnels et semi-professionnels qui se produit dans des salles ou chez des particuliers. Outre la présentation de créations, il s'attache volontiers à faire connaître des auteurs dans des genres différents. Leur programmation pour la rentrée peut être consultée sur http://box.theatre.over-blog.org
 
 
Site de Marie-Claire Georges : lesjardinsdulivre.over-blog.com

 

 

 

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H.draye

 

journal de bord, vendredi 8 juillet 2011
 
Les pélerinages de Saint-Jacques de Compostelle auraient p'têt parfois plus de sens (encore) s'il n'y avaient pas ... les pél'rins.
 
Paradoxal, OK. Réaliste, hélas, aussi.
 
Le premier jeudi de chaque mois, dans le Centre Ville, rue Saint-Laurent, bon nombre de pél'rins, qui ont fait, qui refont les pélerinages, se retrouvent dans un endroit. Dans une optique ... d'accueil. Oui, oui. On voit ces pélerins (on les reconnaît) avec un badge sur leur tea shirt ou leur chemise. Ils sont là pour accueillir ceux qui envisagent, dans les temps à v'nir, de partir sur les routes de Saint-Jacques. Ils sont là pour les éclairer, prendre un temps pour parler avec eux, pour informer.
 
Le système pratique, de ce point-de-vue, tient vach'ment la route.
 
Mieux, encore : on présente toujours, à cet endroit, un film, ou plutôt un montage dias, sur les ch'mins de Saint-Jacques. Avec les lieux où on passe, les conditions pratiques à remplir pour que le pélerinage se passe le mieux possible.
 
Oui, oui, c'est très intéressant.
 
Ce qui, par contre, me paraît hélas plus regrettable, dans ce contexte, c'est le côté lourd, pompeux de plus d'un pélerin officiel.
 
On voit, par exemple, deux gars (âgés), à l'accueil. On souhaite s'adresser à eux pour obtenir un renseignement pour obtenir une revue (qui sort quatre fois par an, je pense). Il faut attendre parfois de cinq à six secondes avant que ces gens ne lèvent la tête vers vous, veuillent bien vous montrer qu'ils vous accordent leur temps (de préférence, pas trop longtemps) afin de vous accorder leur temps (ils sont si occupés !). Un peu comme dans les systèmes hiérarchiques officiels, où les gens en fonction vous mettent dans un état de dépendance.
 
Ah oui ! Certains prennent leur tâche très très au sérieux !
Ah oui ! Certains se prennent vach'ment au sérieux !
 
Ca, je l'avais observé, y a quelque temps, déjà ...
 
Hier soir, quand je me suis rendu à nouveaun sur ces lieux, afin de me procurer le carnet de route (le "credencial"), grâce auquel on peut, sur les routes de Saint-Jacques, se présenter chez certains habitants pour loger ...
 
Aïe aïe aïe ...
 
Je me suis hélas encore farci cette mentalité effroyable, minable, désastreuse.
 
Je reconnais, dans toute cette assistance, des pélerins que j'ai déjà aperçus, à d'autres occasions.
Je reconnais, notamment, des pélerins que j'avais rencontrés, lors d'un week-end, à Tilff, dans une auberge de jeunesse (ou un gîte), où j'avais participé.
Spontanément, je vais les saluer. En souriant.
Spontanément, je dis à plus d'un : "Tiens, j'ai chez moi de très belles photos"
Oui, j'avais pris des photos lors de ce week-end de pélerinage, où certains (que je retrouvais) se trouvaient.
Eh bien, après avoir fait ma démarche, j'ai eu droit à un sourire de '"politesse", après quoi ces messieurs ont coupé court (de manière très très tranchée) pour se retrouver entre eux.
 
Non, je n'étais pas dans leur axe.
 
J'ai été franch'ment éconduit.
 
La notion de fraternité est franch'ment ... relative. Mais, sans doute que ... ma longueur d'ondes, à ce sujet, n'est pas la leur.
 
Faut dire que : dès qu'un mouv'ment prend de l'ampleur, s'officialise, souvent, d'autres valeurs fichent le camp.
Faut dire que : dès qu'un mouv'ment prend de l'ampleur, s'officialise, ça devient plus accessible à pas mal de monde (ce qui n'est pas mal, en soi), mais ... pas forcément pour le meilleur.
 
Le réseau des pélerins de Compostelle s'étend. Bien, bien. Beaucoup vont marcher. Bien, bien.
 
Mais les retrouvailles entre pélerins ressemblent parfois volontiers à des confréries d'hommes d'affaires, de directeurs d'école ou de touristes.
Et je n'y trouve plus ma place.
 
Ceci dit : j'ai, avec moi, le carnet qui me permettra d'accéder à plus d'un hébergement, la s'maine prochaine. Je ne me suis pas déplacé pour rien. Des jours heureux m'attendent.

 

Hugues Draye

www.myspace.com/huguesdraye

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Neuvième en ré mineur, un extrait de "Chansons de Roland" un roman de Georges Roland

Publié le par christine brunet /aloys

 

rolandtete

 

 

 

 

 

 

 

 

 

NEUVIEME EN RE MINEUR

 

 

I. CHAOS. ALLEGRO MA NON TROPPO.

 

Des mots jaillissent. Éclatent en gerbes ignées.

Ce n’est rien encore, que ce marasme en halo.

Il en vient de partout comme des rafales.

Des mots douloureux, des paroles balbutiées avec un peu de bave

aux commissures du stylo.

Puis d’autres, ravageurs, aux attributs de scandale, comme des

pets sonores et odorants lâchés en ribambelle dans le murmure

confus des gens de haute connaissance.

D’autres encore, la bouche en cœur, l’auriculaire levé.

D’autres enfin, indignes de gésir aux meilleures poubelles de

messieurs cravatés de soie et de sobre élégance,

Une main sur le téléphone, l’autre sous une jupe griffée.

Des mots sans tête, mais avec queue.

Des mots aux regards belliqueux.

Des mots - mots des, qui se bousculent

Avec des rondes et des majuscules

Ils m’arrivent dans la main, la font trembler,

Et mon cerveau a du mal à les rassembler.

II. SCHERZO. MOLTO VIVACE.

Émerge soudain de toute cette cacophonie,

Une fanfare de phrases rythmées en alexandrins,

Quatrains sonnets virelais et ballades,

Le trouvère accède à la stéréophonie !

François, Pierre, Joachim, Vidocq, Mandrin,

Passés à la moulinette, resservis en salade

Et la poésie y devra trouver son content.

On termine en queue de poisson,

La muse au yeux pers s’est fait la malle

Avec Hadès, Bouddha, Mahomet ou Jésus.

On se retrouve dans un champ après moisson,

La rime en banqueroute, quelques pieds en cavale.

Il n’y a plus rien, de ce qu’on a écrit.

 


 

III. ADAGIO E MOLTO CANTABILE.

Le calme serein arrête la plume, retient la main.

Un peu de douceur s’il vous plaît, c’est l’heure des caresses.

Regarde par-dessus ton épaule, mon frère, la lande paisible

Où paissent les gigots, sans peur du lendemain.

Rengorge tes ardeurs, caudine-toi à la confesse

De tes péchés de chère et de chair,

Fais ton possible pour contenir tes étalons en hexamètres.

Purifie-toi à l’eau lourde de la science en chemin.

Il faut te recycler, il faut brouter avec les autres.

La même pâtée aux hormones, le même rouge à lèvres.

Bien sûr, vu de ce pont, ils ne chantent pas, tes lendemains !

Nous sommes tous parqués aux jardins d’un Le Notre

Où luxe, calme sont les seules voluptés, pauvre Charles,

Où le grave paradis des dieux n’est plus qu’artificiel.

Si le H est encore de mise, il faudra bien se sublimer :

Un shoot de shit, une dose de rêve ; défonce-toi !

Au pied des tours en décollage vertical, dors d’un sommeil

confortable...

Dors, petit, ils vont te caraméliser.

 

 

IV. FINALE AVEC CHŒUR. PRESTO.

 

Le cœur bat à cent et trente. C’est rapide : on suit à peine le tempo.

Sur le front, les veines saillent comme des rivières.

Les yeux s’exorbitent, la bouche tombe en bâillement.

Saute encore, continue, enfonce-toi dans cette musique obsédante !

Elle s’accélère au rythme des flux du sang dans tes artères.

Et la sérénité revient : il était temps, les pantins !

Haut, les chœurs ! C’est le moment de cantiquer !

Scandez-nous un Schiller de la bonne époque, âmes délicates.

D’étincelles des dieux, rallumez nos clopes éteintes !

Notre souffle perdu, notre halètement, à vouloir tout aérobiquer,

Retrouvons-le dans une suprême et divine éclate.

Faisons-en notre hymne, notre péan !

De Français en Franglais, de lance-pierre en bombarde,

Dans ma paume je serre une main un peu moite.

Alors, malgré vos têtes vertes, vos bouches de fouineur,

La déprime, c’est pour demain ! Ce soir, on loubarde !

On se verdeterrise dans les raves et les boîtes !

Et l’accord final, d’hallucinogènes multicolores, sera toujours

En ré mineur.

 

(extrait de « Chansons de Roland » éditions bernardiennes)

 

 

Georges Roland

 

www.georges-roland.com

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Erreur sur la personne, une nouvelle d'Alain Magerotte

Publié le par christine brunet /aloys

 

Alain

 

ERREUR  SUR  LA  PERSONNE

 

Docteur Illabondo,

J’ai bien reçu, par envoi postal, la bague aux vertus magiques que je vous avais commandée. Elle répond à mon attente. Je ne souffre plus d’arthrite depuis que je la porte. Malheureusement, j’ai contacté une étrange et douloureuse infection à la main gauche.

Mon médecin traitant ne parvient pas à déterminer l’origine du mal. Il n’exclut cependant pas le fait que la bague pourrait en être la cause. Il s’agirait, pour lui, d’une réaction allergique au métal.

J’ai essayé désespérément de vous joindre par téléphone. C’est la raison pour laquelle, je vous envoie ce pli recommandé.

Répondez-moi vite, Docteur, afin d’apaiser mon anxiété.

Bien à vous.

Rémy Fasilado.

 

Monsieur Fasilado,

Je suis très peiné de ce qui vous arrive; toutefois, si je suis bien le docteur Illabondo, je n’ai rien à voir avec l’homme qui vous a envoyé cette bague. Il doit y avoir erreur sur la personne. Je suis médecin agréé et non vendeur de talismans ou autres amulettes. Il s’agit d’une méprise.

Je vous conseille d’actualiser votre carnet d’adresses.

Bien cordialement.

Primo Illabondo.

P.S. : En qualité de praticien, je vous invite à suivre le conseil de votre médecin traitant.

 

 

Cher Docteur Illabondo,

Je suis très satisfaite, au-delà de toutes mes espérances, du collier indien que vous m’avez fait parvenir.

Joueuse invétérée, au grand désappointement de mes proches, j’ai pris soin de me l’attacher autour du cou avant de rentrer ma grille de loto. Grande fut ma surprise, lorsqu’au tirage du soir, j’ai constaté que les six numéros, que j’avais cochés, étaient sortis.

Je suis devenue riche, Docteur, et cela grâce à vous !

Dites-moi ce qui vous ferait plaisir. Si, si, je tiens absolument à récompenser mon bienfaiteur.

Chaleureuses amitiés.

Ella Labaraka.

 

Docteur Illabondo,

Votre réponse me conforte dans l’idée que vous fuyez vos responsabilités. Je vous signale que ma main a tellement enflé, qu’il m’est devenu impossible d’ôter la bague. La gangrène s’est déclarée parce que j’ai trop tardé à me faire soigner, on parle d’amputation…

Je vous promets d’avoir bientôt des nouvelles de mon avocat…

Je ne vous salue pas, BANDIT, ESCROC !

Rémy Fasilado.

 

Très cher Docteur Illabondo,

Je ne trouve pas de mots suffisamment forts pour vous témoigner toute ma reconnaissance. Grâce à l’onguent miraculeux que vous m’avez concocté, j’ai repris goût à la vie. Je suis un autre homme. Vivre parmi mes semblables ne me terrorise plus.

Je ne détourne plus les yeux au moindre regard et ne me réfugie plus dans l’alcool lorsque surgit une difficulté. Je me suis même surpris à poser les yeux avec insistance sur la croupe de ma jeune collègue.

Mes relations avec mon père s’en sont trouvées améliorées. Le dialogue entre nous s’est rétabli.

Ma plus sincère considération.

Luc Thimoraie.

 

Monsieur Fasilado,

Croyez que je compatis pleinement au malheur qui vous accable. J’imagine ce que la perte d’une main peut procurer comme douleur physique et mentale.

Cependant, je ne puis calmer mon indignation devant l’odieuse méprise dont je suis la victime.

Pour la énième fois, je vous le répète, Monsieur Fasilado, je suis un homme intègre qui tente d’exercer son métier du mieux qu’il peut !

Retrouvez votre bon sens et tâchez de mettre… la main sur le véritable responsable de votre mésaventure.

Salutations tout de même.

P. Illabondo.

 

Docteur Illabondo,

Puisqu’il faut vous appeler Docteur… sachez que j’ai pris connaissance de vos coordonnées en tombant, fortuitement, sur le journal intime de mon épouse.

Elle y note, avec beaucoup d’enthousiasme, la chance qui l’accompagne depuis l’acquisition de ce maudit collier indien. Elle est intimement persuadée que c’est grâce à lui qu’elle va toucher le jackpot au loto. Malheureusement, elle a égaré le bulletin gagnant.

Après de nombreuses et infructueuses recherches, de rage et de dépit, la pauvre femme a tenté de se suicider.

Je me rends, chaque jour, à son chevet, à l’hôpital de la Charité. Son état n’évolue guère et les médecins se montrent pessimistes…

Malgré son vice pour le jeu, c’est une femme formidable ! Mais, une telle considération ne peut que laisser indifférent une crapule de votre espèce. Aussi, je vous mets en garde : s’il devait lui arriver des bricoles, songez sérieusement à préparer votre testament…

A bientôt, DOCTEUR !

G. Labaraka.

 

Monsieur Labaraka,

J’en appelle à votre bon sens. Comment pouvez-vous imaginer, l’espace d’une seconde, que je sois responsable de ce qui arrive à votre épouse ? Comment donc pourrais-je vous faire comprendre que je n’ai rien à voir avec un tel commerce ?

Je préfèrerais me faire couper la main plutôt que de me laisser entraîner dans de telles escroqueries.

Je clame mon innocence bien haut et fort : JE NE SUIS PAS RESPONSABLE DE CE QUI ARRIVE À MADAME LABARAKA !

J’ignore totalement comment mes coordonnées figurent dans les documents de votre Dame, c’est une méprise.

La colère vous aveugle, cher Monsieur, reprenez-vous avant de commettre, peut-être, l’irréparable.

Croyez en l’assurance sincère de ma compassion.

P. Illabondo.

 

 

Monsieur Illabondo,

C’est volontairement que je n’emploie pas le terme Docteur. Je suis le père de Luc Thimoraie. Ce nom vous dit quelque chose ? Vous lui avez fabriqué un onguent qui devait le guérir de sa timidité maladive.

Au début, son comportement s’est sensiblement modifié. Luc a acquis, petit à petit, une assurance qui lui avait toujours fait cruellement défaut. Je pensais, naïvement, qu’en vous contactant, mon fils avait frappé à la bonne porte. Doucement mais sûrement, il se libérait de ses inhibitions. Hélas, il ne sera pas resté libre très longtemps. Il s’est fait arrêter après avoir braqué un bureau de poste, alors qu’il était recherché pour le viol de la fille de nos voisins.

S’il s’avère que votre prescription est la cause de ses mauvaises actions, ça ira mal pour votre matricule.

Je vous méprise momentanément (attitude à confirmer), Monsieur.

Colonel de l’Armée de terre en retraite, Honoré Thimoraie.

 

Maître Th. Anthropofilou, avocat.

Docteur Illabondo,

En qualité de conseiller de la famille Fasilado, je suis mandaté par les proches de Monsieur Rémy Fasilado pour vous signifier une action en justice. J’ai d’ailleurs l’intention de requérir à votre égard un jugement exemplaire qui fera date dans les annales judiciaires.

Monsieur Rémy Fasilado est décédé peu de temps après son opération. La cause exacte reste à déterminer mais, après analyse, il appert que la bague, sensée le soulager, contenait un puissant analgésique diffusé dans l’organisme par de minuscules orifices.

Si l’expertise démontre la culpabilité de la bague aux vertus magiques, vous serez poursuivi pour : pratique illégale de la médecine, abus de confiance et homicide involontaire.

Dans votre intérêt, je ne peux que vous conseiller vivement de vous mettre en rapport avec un avocat, si vous n’en possédez pas encore.

Je vous prie d’agréer, Monsieur, l’assurance d’une maigrichonne considération.

Maître Th. Anthropofilou.

 

Au Marabout Kise Sisepa Seki Niolo,

Seki Niolo, Je suis dans les tracas jusqu’au cou. Vous m’aviez cependant certifié que, grâce à votre magie, je pourrais me refaire une nouvelle vie, échappant ainsi à la police.

Au lieu de cela, me voilà accusé d’exercice illégal de la médecine, d’abus de confiance et d’homicide involontaire. Vous concéderez aisément que la pilule est dure à avaler…

Je vous avais pourtant parlé d’une rédemption sincère; après avoir supprimé des vies, je désirais en sauver. Résultat de votre travail : je me retrouve dans la peau d’un charlatan, empoisonneur de surcroît !

J’attends de votre part une solution rapide à mes problèmes, sinon je ferai de vous ma prochaine victime.

P. Illabondo.

 

Cher ami,

Tout d’abord, sache que Kise Sisepa Seki Niolo, le grand Marabout, est un authentique sorcier dont les succès, comme les feuilles mortes, se ramassent à la pelle. Ensuite, mon Dieu, quelle colère, mais surtout, quelle ingratitude ! Quand je pense que je t’ai ouvert ma porte et t’ai caché pour que la police, qui cernait les environs, ne te mette pas la main dessus…

Tout juste après ton arrivée, Primo Illabondo, mon voisin de palier, est mort. Coup de pot, il épousait le profil de ton désir que Kise a eu la gentillesse de bien vouloir combler.

J’ai commencé par avoir le réflexe de conserver son esprit avant de t’hypnotiser pour transférer l’âme du défunt dans ton corps puis, Kise s’est débarrassé de la dépouille d’Illabondo en la jetant du toit. Vous aviez la même taille et comme son visage a été réduit en bouillie lors de son atterrissage sur le pavé, la police a pensé que le gisant c’était toi, méconnaissable sur un corps démantibulé, vidé de sa substance spirituelle. Il y avait une cohue indescriptible en bas. Trop contents de mettre fin à une cavale qui durait depuis des mois, les flics ont considéré l’affaire comme terminée. Dorénavant, tu ne pouvais plus nuire à quiconque et… à l’insu de tous, tu pouvais commencer ta nouvelle vie… dans la peau de Primo Illabondo ! L’essentiel était donc atteint.

N’était-ce pas ce que tu voulais : aider les autres plutôt que les détruire ? J’ai peut-être oublié de te le préciser, aussi, je m’empresse de le faire aujourd’hui au moyen de cette lettre, Primo Illabondo était docteur, certes, mais pas n’importe lequel : docteur en sciences occultes, vendeur d’amulettes et… schizophrène ! Ah ! Ah ! Ah ! Je t’ai bien eu, ASSASSIN !

                                                                                  Kise Sisepa Seki Niolo.

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Alternance, un poème de Claude Colson

Publié le par christine brunet /aloys

claude colson-copie-2

 

Alternance


Après les trajets réguliers,
Six mois après - plus léger ? -
Reprendre le même train ;
C'est cette fois un train de juin.

Le roulis, la solitude en promiscuité
D'avec ces inconnus suscite les pensées.
Méditation presque sans objet,
Envie surtout de griffer le papier.
Le vert profond des frondaisons
Fonce sur toi en profusion.
Il t'engloutit, presque t'oppresse
Tant il est dru : Cerbère sans laisse.

Le vert aussi de ton vêtement,
Plus vif, plus gai : soulagement.
Mais le convoi entre en tunnel
Et à nouveau l'angoisse ronge-sel.

Enfin lumière, car l'onde il longe
Et l'oeil s'ébat, myriades d'éclats,
S'abreuve aux beautés du songe ;
De "més-humeur" elles sonnent le glas.

Sur le fleuve s'ouvre enfin la perspective
Au voyageur qu'ainsi, toute, elle délivre.
Regard au ciel, bleu absolu,
La joie, l'espoir sont revenus.

 

Claude Colson

claude-colson.monsite-orange.fr

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Un adolescent tellement responsable, une nouvelle de Micheline Boland

Publié le par christine brunet /aloys

 

boland photo

 

UN ADOLESCENT TELLEMENT RESPONSABLE

 

Jonathan était un adolescent de quinze ans auquel son entourage familial et scolaire pouvait sans problème confier des responsabilités. Jonathan fréquentait un mouvement de jeunesse et était très bon élève. Que demander de plus ? Lorsque sa tante Sophie reprit un poste à temps plein, c'était tout naturellement qu'elle demanda à Jonathan de garder son fils Fabrice les mercredis après-midi.

 

Jusque là tout s'était bien passé. Chaque mercredi lorsque Sophie rentrait du travail, les devoirs étaient faits, le goûter avait été pris et Fabrice était ravi des activités proposées par son cousin. Quand il faisait beau, Fabrice se dépensait agréablement en jouant au ballon ou en faisant du vélo. Par mauvais temps, il réalisait avec Jonathan de jolis bricolages. C'est grâce à lui que le gamin avait appris à reconnaître quantité de fleurs, d'arbres, d'oiseaux et à confectionner des nœuds compliqués.

 

Pourtant ce mercredi-là, à son retour, une surprise attendait Sophie ! Fabrice portait quelques sparadraps sur le visage et la cuisine était dans un état assez indescriptible avec des taches jaunes sur les murs et le sol.

 

Jonathan était assis dans un fauteuil. Quant à Fabrice penaud, installé au salon, il regardait un dessin animé ce qui n'était pas vraiment dans ses habitudes.

 

Jonathan était très embarrassé lorsqu'il expliqua ce qui s'était passé. Il avait demandé à Fabrice ce qu'il souhaitait manger pour goûter. Il lui avait proposé une tartine de choco, un bol de soupe, des fruits ou un œuf et des mouillettes. Fabrice avait choisi de manger un œuf. Mal lui en prit ! Jonathan avait cuit l'œuf au four à micro-ondes et lorsqu'il avait délicatement, de la pointe d'un couteau, voulu en ôter une petite calotte, l'œuf avait explosé, blessant légèrement l'enfant et maculant toute la cuisine du sol au plafond ! Il avait soigné le gamin, puis avait essayé de nettoyer du mieux qu'il pouvait. C'était aussi simple que cela.

 

Lorsque son mari, Xavier, rentra à son tour, Sophie lui raconta tout. Xavier ne put retenir un rire. Il faut dire que le grand-père paternel du petit Fabrice produisait des œufs bios et possédait deux poulaillers de cinq mille poules !

 

Micheline Boland

 


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Extrait du roman "Orages" de Céline Gierts

Publié le par christine brunet /aloys

 

giertstete

 

"Il est des vies, que la surprise a désertées depuis longtemps. Où les jours coulent sans saveur, à peine tièdes.  Même la douleur a fui ces âmes tant appliquées à mimer la danse absurde de l’existence sans but. Elle faisait partie de ces êtres-là, à qui quelqu’un manque pour toujours…

 

Elle observait depuis longtemps sa vie, plus qu’elle ne la vivait. Lorsque la mort nousorages ( cover ) vole notre raison d’être, lorsqu’elle bafoue le ciment de notre existence, tout en laissant des amarres qui nous empêchent de fuir, des responsabilités que personne ne peut prendre à notre place, seule la sauvegarde de l’illusion peut nous maintenir à flots…

 

Elle s’y appliquait depuis plusieurs années comme une coquille vide qui erre dans un monde flou, tentant de continuer son chemin sans qu’on la remarque, en attendant secrètement, la fin du spectacle qu’elle n’avait pas choisi… 

 

Mais l’attente est la petite étincelle de l’espoir.

 

Si le cœur peut encore battre sous un regard,

Si un sourire d’ange peut encore l’émerveiller,

Si des larmes peuvent encore couler,

Cette âme n’est pas tout à fait morte, elle attend pour reprendre son envol….un jour…."

 

 

Céline Gierts

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Gauthier Hiernaux: les extrêmes nourrissent mes récits...

Publié le par christine brunet /aloys

banner-gauthier-hiernaux.jpg

 

Superbe bannière qui me rappelle mes livres d'Histoire... je vais sur son site...

 

Trois livres publiés chez Chloé des lys... et un univers que je découvre peu à peu avec étonnement...

 

Choisir le genre du fantastique plutôt que celui bien réel qui nous entoure, recréer à son gré, inventer à partir d'une réalité recomposée... Pas simple...  

 

Avec Gauthier Hiernaux, j'ai tenté de comprendre de processus qui mène à cet autre monde... à une autre réalité... qui pourrait, pourquoi pas, être la nôtre... dans une autre dimension.Couv_Livre-Triangle2.gif


 Depuis quand écrivez-vous et pourquoi? Une envie soudaine, immodérée, longuement mûrie...?

J’ai envie de dire « depuis toujours » mais j’écris véritablement depuis mon adolescence.

A quinze ans, je commence à raconter la carrière d’un jeune noir dans la Mafia de Chicago dans les années 30. La saga, baptisée Torpedo Black Man, est constituée de quatre tomes dont le dernier n’a jamais été achevé.

Au début des années 90, je change de veine et écris un thriller en huis-clos (Le Maître du Sourire). Ce premier livre, j’ose l’envoyer à une maison d’édition. Je n’obtiendrai qu’un refus poli qui m’échaudera pour quelques années.
C’est au cours de l’année 95 que commence à germer dans mon esprit le monde de la Nouvelle Ere.

Nourri de mes cours de religion romaine, de la grande Histoire, d’histoire de l’art et de littérature européenne, je façonne un univers qui connaîtra plusieurs évolutions et plusieurs supports. Avec le home--gauthier-hiernaux.jpgtalentueux dessinateur Olivier Mangin (Intox, L’Ultime Chimère chez Glénat), je propose dix planches de bande dessinée aux éditeurs français Delcourt et Glénat. Le projet, initialement intitulé Les Terres de Babell n’est finalement pas accepté car « trop ambitieux pour des jeunes qui débutent » (.sic). Je décide donc de faire cavalier seul en réécrivant totalement Les Terres de Babell et en en faisant deux romans :L’homme sans chiourme et Le Dieu unique.

Ces ouvrages décrivent la déchéance d’un Empire totalitaire qui s’écroule sous son propre poids.

Mais en clôturant ce récit, je me suis dit que j’avais envie de raconter la genèse de ce monde et surtout, de peindre par petites touches, à la manière d’un impressionniste, les éléments annonciateurs de sa déchéance. Une dizaine d’années plus tard, je suis fier du résultat.

Depuis, j’ai écrit quatre mini-récits, un recueil de nouvelle et un thriller fantastique.

 

Comment écrivez-vous ? sans parvenir à vous arrêter, d'un seul jet, l'estomac noué? Travaillez-vous longuement vos textes? peut-être n'aimez-vous pas vous relire? (Utilisez-vous encore le stylo ?)

J’écris quand je peux surtout. Directement en word.

Mon travail et ma vie de famille ne me permettent pas autant de libertés que je le souhaiterais. D’ailleurs, en profiterais-je autant si je ne faisais que cela ? Je ne le pense pas…

Et puis, je ne suis pas le genre d’auteur à me dire : Allez, j’allume la bécane et j’écris 2 heures ou 5 pages. Il faut une mise en condition, il faut l’inspiration et les circonstances. C’est une délicate alchimie qui peut, malheureusement, m’interdire d’écrire pendant des jours et des jours.

Par contre, je n’écris jamais mieux qu’au restaurant. Je devrais peut-être un jour en faire mention dans mes remerciements…Couverture Rêve Maximilien

 

En ce qui concerne la relecture des textes, voici comment je procède : j’écris, sans presque me relire. Je laisse les personnages vivre leur vie.

Généralement, je n’ai pas de plan de lecture, juste les grandes lignes de l’histoire. Au début, j’en réalisais mais je m’en éloignais tellement que j’ai fini par laisser tomber.

Par contre, je me suis baladé un certain temps avec un grand cahier ATOMA où je collectais toutes sortes de renseignements. J’ai fini par retaper mes notes mais je ne les consulte plus. Peut-être devrais-je un jour les placer sur mon blog…   

Quoiqu’il en soit, Lorsque j’ai achevé le premier jet de mon roman, je laisse décanter. Six mois, un an, parfois davantage.

J’ajuste à nouveau lorsque mes premiers correcteurs ont fait leurs remarques.

 

Où puisez-vous votre inspiration ?
J’imagine être pareil à d’autres auteurs. La vie m’inspire. Le malheur également… Il suffit de regarder les journaux pour être inspiré.

Mais au-delà de toute chose, ce sont les manipulations dont est capable le pouvoir quand le besoin s’en fait sentir qui me fascinent. J’en parle beaucoup dans mes bouquins (Le Saint-Canal, les Frères de la Censure et, dans mes derniers romans : le Grand Penseur,…). J’aime aussi les mouvements de résistance indépendants ou organisés face aux tyrannies ainsi que les réseaux clandestins. Ce seront d’ailleurs les sujets de mon prochain bouquin envoyé en avril chez mon éditeur.

Les personnages en demi-teinte m’attirent également. Je pense notamment à Larsen Voltine dans mes deux premiers livres ou Archiabald Von Espen dans ‘Le Triangle sous le sable’. Je n’apprécie ni les héros ni les super-vilains, ceux qui n’ont jamais de doutes et réussissent tout du premier coup.

 

gauthierhiernauxPourquoi avoir choisi de recréer un monde ?

J’ai tenté de recréer un monde pour deux raisons. La première et la plus évidente est que le procédé m’attire. Si j’avais les pieds plus ancrés dans le réel, j’aurais fait un polar traditionnel.

La seconde, plus pratique, est que cela me laisse une énorme liberté par rapport aux faits et à l’histoire. Cela ne m’empêche évidemment pas de mêler des événements de notre monde à celui de la Nouvelle Ere. Au fil des dix tomes, le lecteur pourra être témoin de la redécouverte des Amériques, d’un nouveau massacre de la Saint-Barthélemy, de la Blitzkrieg ou de la Prohibition. 

 

Que vous apporte l'écriture ?

Je pense que celui qui crée, quels que soient son sexe, son milieu ou sa nationalité le faithttp://www.bandbsa.be/contes2/tribusilencieuse.jpg pour les mêmes raisons : le besoin de se confier à une feuille blanche ou de se défouler.

Pour ma part, j’ai commencé à écrire parce qu’enfant, je ne me sentais pas à l’aise avec les autres. On a plein de frustrations tout au long de sa vie mais j’ai l’impression qu’elles se cristallisent à l’adolescence.

Aujourd’hui, les choses ont changé, naturellement. J’écris certes pour mon plaisir mais, depuis que je suis publié chez Chloé des Lys, pour les autres également.

Je suis dans l’attente des commentaires ou réactions de mes premiers lecteurs. Je me demande comment ils vont réagir, s’ils vont rire ou s’ils vont se poser des questions. Le ‘must’ évidemment est quand ils me demandent : « A quand le prochain tome ? »

Plus de frustrations donc mais une furieuse envie de partager.

 

http://www.bandbsa.be/contes2/lanovolitzarecto.jpgA vous lire, j'ai l'impression que vous avez du mal à poser le point final d'une histoire. Vrai? Faux?
Oui et non. Je m’attache certes aux personnages mais je ne pense pas qu’on puisse affirmer que je m’attache à mon histoire. A mon univers par contre… Car si celui-ci reste identique, les héros ne sont jamais les mêmes. Les histoires, même si elles ont un lien entre elles, peuvent tout à fait être lues séparément.

En outre, j’ai écrit bien d’autres choses depuis : un thriller fantastique, un recueil de nouvelles et quelques mini-récits.

 

Vous n'aimez pas les extrêmes... Pourquoi?
Ce n’est pas que je n’aime pas les extrêmes, que du contraire, ils nourrissent mes récits. L’Empire de la Nouvelle Ere n’en est-il pas un ? Si le système n’avait pas été perverti, il n’aurait pas pu donner lieu à mes histoires. Car un extrême en attire toujours un autre. Des systèmes forts, répressifs, naissent toujours des mouvements contestataires. De la « cuisse » de l’Empire sont nés les Enfants de Jafez présents dans « Le Triangle sous le sable » ou Babel Céleste que le lecteur pourra découvrir dans les derniers tomes.
Mais dans la vie, c’est vrai que je ne les apprécie guère. Surtout les extrêmes liés aux croyances religieuses.


Couv Livre Saon copieEst-ce que, selon vous, votre écriture a évolué au fil du temps au gré des aléas de votre vie?
Bien entendu. Lorsque je relis ce que j’ai écrit des années plus tôt, je suis toujours étonné… et pas toujours positivement.
Je pense que le style d’un auteur varie avec le temps, se bonifie au mieux. Je n’oserais plus faire lire mes écrits de jeunesse.

  
Comment décririez-vous votre rapport avec vos personnages? Sont-ils très différents de vous? 
Les principaux traits de caractère de mes personnages sont façonnés avec des bouts de moi mais également des gens qui m’entourent. Des gens que j’apprécie ou non, tout dépend de ce à quoi on veut aboutir.
Le reste est constitué de fragments volés à des personnages de l’histoire ou de l’actualité.
Ces morceaux mis bout à bout constituent un personnage qui, s’il est viable, acquiert au fil du récit, une véritable personnalité. Je me rends vite compte si l’un d’entre eux sonne creux. C’est alors que j’ai mal joué au Dr Frankenstein…



 

 

Un long processus de maturation, de réflexion sur notre société... Des fragments de vie volés ici ou là pour créer un univers à part entière, fort de sa structure sociale, de ses luttes, de ses personnages construits à partir d'une matière disparate pour devenir uniques... Un monde différent qui amène la réflexion par des routes détournées mais bien tracées... Le "fantastique" propice à véhiculer la critique sociale ou culturelle? Sans aucune doute...


Je ne lui ai pas posé la question, mais... En spectateur critique des événements qui ont secoué et secouent encore notre civilisation, Gauthier Hiernaux se considère-t-il comme un auteur "engagé" ?

 

Quelle que soit sa réponse, c'est en se plongeant dans les travers de cetEmpire que le lecteur trouvera, s'il ouvre son esprit, matière à réflexion.

 

http://grandeuretdecadence.files.wordpress.com/2010/05/gedene.jpg?w=491&h=85

Retrouvez Gauthier Hiernaux et son univers sur son sitewww.grandeuretdecadence.wordpress.com

Publié dans interview

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Les musiciens sont là... un poème de Carine-Laure Desguin

Publié le par christine brunet /aloys

desguin

 

    Les musiciens sont là ... 

 

Ouvrez vos portes vos fenêtres et vos coeurs,

Laissez-vous valser aux fleurs tambourinantes;

Les pétales sont des guitares, les pistils, des harmonicas.

On les attend, ils viennent de bateaux, d'avions, d'ascenseurs,

Oubliant en chemin des douleurs larmoyantes.

Le printemps revient, les musiciens sont là !

 

C'est Bourbon Street dans chaque ville,

Le blues, le jazz, le ragtime, le cajun

Eclaboussent les façades et les champs,

Les cours de récréations et les pistes d'atterrissage.

On chante et on danse les uns

Contre les autres, avec comme seul habit,

Des musiques de toutes les couleurs.

Dans le ciel, pas d'orage, les oiseaux de passage

Se dénotent, ils s'élancent.

 

Du rap et du slam à chaque coin de rues

Décompressent les vivants et habillent d'un sourire

Ceux qui soufflent les notes.

La musique, espéranto du monde,

Se solfège de partout, sans retenue.

Elle éclate ses couleurs de New-York jusqu'à Londres,

Elle éponge la fatigue, elle stimule les désirs.

Elle se love, elle se glisse dans les huttes, les roulottes,

Et elle chante aux enfants les éclats de ses rires.

 

Partout dans le monde,

A Paris, à Ljubljana,

Les musiciens sont là !

 

 

 

Carine-Laure Desguin

carinelauredesguin.over-blog.com



Publié dans Poésie

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Walter Macchi a lu Nid de vipères de Christine Brunet

Publié le par christine brunet /aloys

Photo macchi

 

Walter Macchi a lu Nid de vipères

 

Son site: http://www.waltermacchi.com

 

 

Début avril. Je viens de déménager, ne suis pas encore tout à fait installé dans mon nouvel appartement quand le livre de Christine arrive dans ma boîte aux lettres. C'est un des premiers courriers, un présage peut-être…

 

Un enfant, le boulot, des milliers de choses à faire, un tas de formalité à remplir, le livre que je dépose sur une pile de cartons en attente au milieu du salon. Une semaine passe. Les jours s'écoulent comme une course sans fin. Finalement le weekend pour mettre un peu d'ordre dans ce capharnaüm, je range toute la journée. Lorsque le soir arrive, je m'attaque à ses foutues caisses.

 

Je saisis ce Nid de Vipères un peu volumineux mais à la couverture trèsCouverture Nid page 1 réussie. Je l'ouvre pour y jeter un œil tout en grignotant un sandwich, lis les premières pages, fais la connaissance du Commissaire divisionnaire Aloys Seigner, termine le premier chapitre, puis le second. La nuit tombe…

 

Ma première impression :  c'est pas bon ! Non, ce terme est mal choisi. c'est tout simplement excellent !

 

Maintenant que je l'ai terminé, ou plutôt dévoré, je peux vous dire que l'intrigue de ce polar qui flirte avec le roman d'espionnage est particulièrement bien ficelée, le rythme soutenu, les dialogues bien construits. Les voyages à travers le monde nous emmènent sur les traces d'une héroïne particulièrement attachante, les personnages plus vrais que nature ont du corps, ils sont froids et cruels par moments, dérangeants à d'autres, le scénario est plein de rebondissements et la fin tout à fait étonnante. Après avoir tourné la dernière page, j'ai regretté que le livre soit déjà fini. En deux mots, une perle !

 

Avec Nid de Vipères, j'ai eu l'impression de renouer avec la grande tradition du polar à la française, avec une touche de Brunet et un style bien particulier en plus. Du grand art.

 

Pour un premier roman publié, c'est un coup de maitre et il y a fort à parier que ce ne sera pas le dernier et qu'on entendra bien vite parler d'Aloys Seigner.

 

Je conclurais en disant que les caisses trônent toujours dans mon salon…

 


Walter Macchi

WWW.waltermacchi.com

 

 

Publié dans Fiche de lecture

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