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Publié le par christine brunet /aloys

Des lauriers pour des CDL !

 

marie-claire george

Pour Marie-Claire George,

* à Servon-sur-Vilaine (Bretagne)le 15 mai 2011 : médaille d'argent dans la catégorie "Nouvelles" pour mes nouvelles Libération, Les bigoudis et Celle qui me hantait. Josy Malet-Praud et Sophie Vuillemin ont aussi été récompensées à ce concours.


* à Cavalaire-sur-Mer (Var) : diplôme de finaliste dans la catégorie Francophones pour mon poème Boléro. 

 

desguin

Pour carine-Laure Desguin: diplôme de finaliste dans la catégorie Francophones à Cavalaire-sur-Mer !

 

Préface du sol à l'envers, roman de Carl Trottier

 

preface-trottier.jpg

 


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Un extrait de "l'étoile magique" de Philippe Desterbecq

Publié le par christine brunet /aloys

 

Phil D

 

 

 

Lulu, qui se levait toujours dès la première sonnerie, accourut dans la chambre de son frère.

Lève-toi, il est l’heure pour …

Mais il s’interrompit aussitôt et fit demi-tour.

Où es-tu ? cria-t-il.  Maman ? Tu n’as pas vu Pierrot ?

Je suis ici idiot ! répondit l’aîné.

Lulu ouvrit à nouveau la porte de la chambre.  Son œil scruta les quatre coins de la pièce mais il ne vit rien.

Où te caches-tu ? lança le petit.

Mais je suis ici, juste devant toi ! Tu es aveugle ou quoi ?

Pierrot comprit alors immédiatement la situation.  Il courut vers son miroir mais son image ne s’y refléta pas.

Lulu ?

Maman, j’ai peur ! hurla le petit.

Que se passe-t-il encore ? cria maman de la cuisine.  Dépêchez-vous ou vous serez à nouveau en retard.

Ne bouge pas, dit Pierrot à son frère et surtout, ne dis rien.  Je suis là.  Avance ta main et touche-moi.  Tu me sens ?

Lulu hocha la tête sans ouvrir la bouche.

Je suis invisible, continua l’aîné.  Tu ne peux pas me voir mais je suis bien là et tu peux m’entendre.  C’est l’étoile, tu comprends ? Je lui ai demandé … Allons, ne pleure pas ! J’ai besoin de ton aide.  Tu vas dire à maman que nous n’avons pas faim, qu’il est tard et que nous partons tout de suite.  Dis-lui que je suis déjà sur le chemin et que je t’attends.  Ne lui dis surtout rien d’autre. O.K. ?

Lulu hocha à nouveau la tête sans mot dire.  Il n’était toujours pas rassuré.

Pierrot ne prit même pas la peine d’ôter son pyjama et descendit l’escalier en prenant bien garde de ne pas faire grincer les marches.  Il attendit son frère sur le chemin.

 

Pierrot et son frère arrivèrent à l’école dix minutes après huit heures.

Eh, les copains, vous êtes là ? cria Pierrot.

Ah ! Enfin ! répondit la voix de Jojo.  Nous sommes tous là sauf Luc.  Il a dû lui arriver quelque chose.

Je suis là, répondit celui-ci mais il faut absolument qu’on redevienne visibles.

Tu es fou, intervint le petit Michel.  On n’a pas encore commencé à s’amuser !

Moi si, dit Charles le gros.  Je me suis réveillé très tôt ce matin, il faisait encore noir.  Je me suis levé pour aller aux toilettes et, stupeur, je n’avais plus de corps ! Enfin, je n’avais plus de reflet dans la glace.  Je me suis alors recouvert d’un drap blanc et j’ai réveillé mes frères et sœurs.  C’était la première fois qu’ils voyaient un fantôme.  Ils ont eu la trouille de leur vie ! Ce que je me suis marré ! Je vous jure que je me suis bien vengé de toutes ces années où ils se sont moqués de moi et de mon embonpoint !

Moi, c’est pas si drôle, l’interrompit Luc.  Ma mère, ne me voyant pas dans mon lit ce matin, a averti la police.  Ils ont lancé un avis de recherche.

Mes parents croient à une fugue, dit Fred.  Ils ont dit qu’ils avertiraient la police si je n’étais pas rentré ce soir.

Les miens se disputaient tellement fort qu’ils n’ont rien remarqué, dit Charles le mince.

Ecoutez les gars, on sonne, coupa Jojo.  Il paraît qu’on a un nouveau prof.  Allons lui faire sa fête !

 

Les enfants s’installèrent à leur place. 

Mes enfants, je m’appelle Monsieur Cournebuche, dit l’instituteur étirant légèrement les lèvres du côté droit ; je suis le remplaçant de Monsieur Ansiau.

Monsieur Tournebouche ? lança Marco qui se trouvait à l’extrême droite de la classe.

Des rires commencèrent à fuser.

Silence ! tonna le nouvel enseignant.  Je vous prie de lever le doigt pour demander la parole.  Et je rectifie, je m’appelle Monsieur Cour-ne-buche, articula-t-il.  Qui a parlé ?

Tous les regards se tournèrent vers le côté droit du local mais personne n’était assis de ce côté-là.

Monsieur Tournebouche ? lança Fred assis à l’extrême gauche de la classe.

Les regards se tournèrent de ce côté.  Mais là encore, ils ne rencontrèrent que le vide.

Qui a parlé ? demanda l’instituteur rouge de colère.

Aïe ! cria Géraldine, la fille assise au premier banc.

Que se passe-t-il mademoiselle ?

On m’a pincée, monsieur !

Petite sotte ! Comment pouvez-vous donc dire une chose pareille ? Il n’y a personne à côté de vous.  Si c’est pour distraire vos camarades, je vous préviens que …

Il ne put terminer sa phrase.  Une craie venait d’atterrir sur son bureau.

Qui a lancé ce projectile ? demanda-t-il.

Cette craie a bougé toute seule, monsieur, dit Géraldine.  Je l’ai vue se déplacer.  Elle était dans la rainure du tableau.  Tout à coup, elle s’est soulevée et … Regardez !

Géraldine montrait du doigt le frotteur qui se soulevait lentement.

Monsieur Cournebuche se retourna et vit le frotteur tomber sur le sol.

Ce frotteur était mal placé, c’est tout ! dit l’enseignant intrigué.

Mais je vous assure qu’il s’est soulevé ! répondit Géraldine.

Je l’ai vu aussi, dit Julien, le frère jumeau de Géraldine.  Nous sommes dans une école hantée.  Vous ne le saviez pas ?

Taisez-vous, je ne crois pas aux …

A ce moment, toutes les lampes s’allumèrent et s’éteignirent d’un coup.

C’est un faux contact, assura Monsieur Counebuche.  N’ayez aucune crainte !

Il fut interrompu par un cri.  C’était Lucie, la première de classe, la plus sage et la plus attentive, qui se débattait avec un agresseur invisible.  Celui-ci lui défaisait son chignon si bien placé sur sa tête.

Mais que faites-vous mademoiselle ? demanda l’instituteur.

Mais je vous assure, monsieur, que …

Et elle tomba dans les pommes.  Monsieur Cournebuche se précipita pour la relever mais, au moment où il fit le premier pas, un pied invisible le fit trébucher et il s’étala de tout son long.  Les rires retentirent dans toute la classe.

L’instituteur se releva et se planta devant le tableau.  Tout rentra dans l’ordre.  Monsieur Cournebuche commença sa leçon.  Il prit une craie, écrivit au tableau mais, au fur et à mesure qu’il copiait, ses écrits s’effaçaient.  Il n’avait pas le temps d’écrire une ligne complète que celle-ci disparaissait mystérieusement.

Le pauvre homme ne se laissa pas démonter.  Il était décidé à percer le mystère.

Prenez votre cahier de dictées et copiez : « L’automne.  L’automne est ma saison préférée, … ».

A ce moment, la porte extérieure s’ouvrit toute grande ; un vent froid s’engouffra dans la classe, amenant avec lui une grande quantité de feuilles mortes qui recouvrirent quelques bancs.

C’est l’automne qui entre, cria une voix venant de la cour.

L’instituteur se précipita dehors mais il ne vit pas une âme.  La porte claqua dans un grand fracas et des forces invisibles la maintenaient fermée.  Il avait beau pousser de toutes ses forces, elle ne cédait pas.  Tout à coup, il entendit une voix qui disait : « Lâchez tout ! ». La porte s’ouvrit d’un coup et Monsieur Cournebuche se retrouva le visage contre terre…

 

 

 

Philippe Desterbecq

philippedester.canalblog.com

philibertphotos.over-blog.com

 

http://www.bandbsa.be/contes2/etoilemagiquerecto.jpg

 

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Journal de bord... Hugues Draye...

Publié le par aloys.over-blog.com

H.draye

 

 journal de bord, mardi 19 avril 2011
 
Namur.
 
J'ai passé la nuit à l'hôtel. Oui oui oui.
 
L'émission, sur Vivacité, avec Jany Paquay (l'animatrice) et David Delrée (qui l'accompagnait), où j'avais été invité, s'est bien déroulée. Bonne humeur. Verres de vin. Alex à la technique. Et du beau monde, parmi les artistes convoqués, sur le plateau : Daniel "Brusselle" Degimbe, Albert Roulive, Véronique Laurent, Sonia Letecheur, Pascal Hermans et un responsable du festival du rire de Bierges (j'ai oublié son nom).
 
Préalablement ...
 
Soleil aidant ...
 
En cherchant, autour de 19 heures, le chemin menant à la maison de la radio (j'avais cru entendre que c'était pas loin de la gare), j'étais tombé, juste en sortant d'une gal'rie, nez à nez avec la charmante ... Véronique Laurent, gentille flûtiste hors pair, talentueuse auteur de chansons. Elle prenait un pot à une terrasse et discutait avec un autre gars. Vous l'aurez deviné : elle se rendait au même endroit que moi. Nous avions encore quarante minutes (de répit, de batt'ment) devant nous. Le gars, à la terrasse, était lui-même un musicien et ... disc-jockey.
 
Juste avant l'émission, le ton, la couleur étaient donnés.
 
La rue de Fer et la rue Golenveaux auront vu deux compères musicaux (Véronique et Hugues) marcher à toutes jambes vers les bâtiments de la radio. La copine, ayant faim (on la comprend), s'était ach'tée (on la comprend), en dernière minute, un p'tit plat chaud bien adapté.
 
Hi hi hi.
 
Tout un plateau à la radio, disais-je ...
 
L'un qui raconte un sketch sur les toilettes, l'autre qui évoque les divers patois bruxellois, un troisième qui évoque le futur festival du rire de Bierges (en l'honneur de Jempy, humoriste connu dans le milieu), un autre qui chante une chanson qui rappelle musical'ment Brassens, la pote Véronique qui joue de la flûte (au casque, elle entend le reste du morceau et l'ensemble passe sur radio) ...
 
Quand ce fut mon intervention, en chanson ...
 
D'abord, le wallon fut à l'honneur. Jany Paquay m'a demandé de lui rechanter "LA MARIE", ma seule trouvaille en patois ... belge (oui, les influences du pays de Charleroi, par certains mots, les influences des Ardennes, par d'autres mots, ainsi que d'autres locutions "wallonisantes" de mon crû que j'ai délibérément du ajouter). J'avais déjà eu l'occasion, en 1992, d'interpréter, pour une télé locale, dans la cour du Palais des Expositions, à Charleroi, cette chanson (Jany était déjà à la base de cette initiative).
 
D'un invité à l'autre, le temps d'une intervention, on changeait de place.
 
Dans la bonne humeur, la chaise musicale avait son mot à dire.
 
Quand ce fut ma deuxième intervention, en chanson ...
 
On a du couper à la moitié du morceau. Fallait tenir compte du minutage. Faut rester pro, en radio. Faut dire, aussi : mon amie Véronique, qui se faisait un plaisir de m'accompagner à la flûte, était, quand c'était mon tour de démarrer ma chanson, dans la pièce à côté (en train de répéter), et j'ai passé, au micro, trente secondes (de joie) à l'app'ler (comme si c'était prévu dans la chanson).
 
Vivent les imprévus charmants, croustillants, inoubliables et ... pleins de tendresse !
 
Trois quarts d'heure plus tard ... quand ce fut ma troisième intervention, en chanson ...
 
J'en ai profité pour reprendre les deux derniers couplets de la chanson ... déjà entamée, précédemment. Avec, toujours, Véronique à la flûte. Que du bonheur !
 
L'émission terminée ...
 
David (le co-présentateur) nous a ram'nés, Véronique et moi, en voiture, à la gare.
La pote repartait sur Liège.
Quant à moi, le train repartait vers ... 22 heures 50. J'avais pris soin de vérifier, la veille, les horaires sur Internet.
 
Tout roulait, donc.
 
Et voilà que ... je consulte les panneaux. Je m'aperçois que ... le dernier train pour Bruxelles est parti, y a dix minutes. Internet m'a-t-il donné de fausses infos ? Ai-je mal regardé, la veille ?
 
Véronique s'en f'sait pour moi. J'en étais ... touché.
 
Très curieus'ment, je ne m'en f'sais pas. Les effluves du vin, dégusté à la radio, m'emm'nait vers les hauteurs de l'Himalaya (ou du Mont Tout Blanc).
Le gars, à Etterbeek, qui, quelques heures avant, avait failli me balancer une trempe parce que, selon lui, je voulais ... coucher avec sa femme, c'était loin loin loin loin ...
La frangine qui, paraît-il, me considère comme un hypocrite parce qu'un jour elle m'aurait dit que "son père est un salaud" et que je lui aurais répondu "c'est ton point de vue" et que (selon elle) je ne sais pas "voir les choses en face", c'était loin loin loin loin ...
Oui,  dans notre vaste monde, y a des êtres "attachants" (ou ... à qui notre coeur ne peut s'empêcher de s'attacher) qui, dans le dédale du quotidien, nous essoufflent, nous esquintent, nous flanquent la corde au cou, nous culpabilisent, nous mettent le grappin d'ssus, nous bousillent, nous tuent à p'tits feux ...
Mais ...
La contrepartie "positive", la compensation, en sens contraire, brille tout autant.
Après une superbe émission, je me suis dit : Jany Paquay est attachante, David Delrée est attachant, SOnia Letecheur et Albert Roulive sont attachants, Daniel "Brusselle" Degimbe est attachant, Pascal Hermans (et sa copine) sont attachants, Alex le technicien est attachant, Véronique Laurent est attachante, le gars du festival de Bierges est attachant et celui que ma distraction oubliera p'têt est attachant, lui aussi. Et ... tous ceux que je cite sont loin de répondre, à ce qu'il me semble, aux abonnés absents.
 
J'ai donc raccompagné Véronique jusqu'à son train.
 
Quant à moi, dans l'histoire ...
 
Au pire, je marcherais dans les rues de Namur jusque 4 heures 11 (heure du premier train pour Bruxelles). Sous un ciel étoilé. Les bistrots ne manqu'raient pas. Les rencontres charmantes, non plus. Quand on se sent protégé, que peut-il nous arriver ?
 
En quittant la gare ...
 
Je tombe nez à nez avec ... l'Hôtel de Flandre, où je me suis déjà attardé dans des périodes de ma vie ... difficiles. Hugues, le temps fait son temps, la vie te sourit. Je n'hésite pas. Je fonce. Je pousse la porte (de l'hôtel). Je prends la chambre ... 408. 85 euros la nuit, petit déjeuner compris. OK, c'est pas donné. "T'as rien d'autre à faire que de jeter l'argent par la fenêtre ?", me dira-t-on. Je vous boxe, je vous emmerde, voies fantômatiques. Au prix où je fais attention, chaque jour à l'argent que je gagne, au prix où, franc par franc, sou par sou, je mets chaque jour un peu d'côté, sans trop me mettre en péril (je suis même ... comptable), j'ai quand même le droit de me réjouir, quand les nécessités de dernière minutent m'offrent des facilités.
 
Ce matin, en me réveillant, vers six heures et d'mie (déjà) ...
 
La gare de Namur, de l'autre côté de la fenêtre, éclairée sous un ciel encore bleu foncé, était très très belle.
 
Neuf heures.
 
Le train, dans lequel j'écris, a dépassé Ottignies.
 
Quand je rentre à la maison ...
 
Je prends un bain. Je file au "Colruyt" ach'ter, au moins, des assiettes et des verres en carton.
 
Vers seize heures, ma quarante-neuvième année entame son tour d'horizon.
 
Vers quatorze heures, si ça tombe, les premiers invités lanc'ront, au rez-de-chaussée de l'immeuble où j'habite, les premiers coups de sonnette attendus.

 

Hugues Draye

www.myspace.com/huguesdraye

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MÉTAMORPHOSE DE CLOCHE (Conte de Pâques) de Micheline Boland

Publié le par aloys.over-blog.com

 

boland photo

 

MÉTAMORPHOSE DE CLOCHE (Conte de Pâques)

 

Madeleine est une vieille cloche, lasse de la monotonie de sa vie, fatiguée d'avoir tant et tant sonné. Ce Jeudi saint à l'aube, elle s'apprête pourtant pour son grand voyage annuel. Elle se dit et se redit qu'elle va accomplir un travail merveilleux, que, de son voyage, dépend la joie de nombreux enfants. Cette sorte d'encouragement qu'elle se donne, elle en a bien besoin.

 

Madeleine frissonne. Elle regarde les belles prairies au loin. Elle les survolera en compagnie de Marie et de Julie. Il lui semble que déjà les forces et le souffle lui font défaut. Elle se sent si faible face à l'ampleur de la tâche.

 

Et puis, les habitudes étant ce qu'elles sont, Madeleine suit Marie et Julie. Elle compte sur le vent pour l'épauler, elle compte aussi sur la compagnie des deux autres pour aller de l'avant.

 

Chaque kilomètre parcouru est une victoire sur elle-même ! Madeleine souffre de plus en plus. Quel dur labeur ! Quel pauvre destin ! 

 

Aller à Rome a été pénible. En revenir l'est plus encore. Madeleine est chargée de sujets en chocolat, elle pèse lourd, elle avance à grand-peine. Et puis en survolant les Alpes, exténuée, elle abandonne. Elle se laisse choir dans un pré près d'une ferme. Elle s'y assoupit. Le sommeil ne la quittera pas de sitôt…

 

Le lendemain, des paysans la découvrent. Madeleine est en mauvais état. Ses flancs sont fêlés. Les chocolats sont épars tout autour d'elle.

 

"On va la faire fondre. Avec son bronze, on fera de petites clarines pour nos vaches !"

 

Ce qui est dit par le fermier, est réalisé dans les mois qui suivent…

 

Au printemps suivant, dans les alpages certaines vaches portent au cou un peu de l'âme de Madeleine. Quand leurs cloches tintent, la sonorité rappelle celle que faisait Madeleine dans un clocher d'un petit village du nord.

 

Madeleine n'est plus que ce qu'elle était. Pourtant, elle continue à vivre dans ces tintements particuliers qui meublent le silence de la montagne.

 

 

 

Micheline Boland

homeusers.brutele.be/bolandecrits


Publié dans Nouvelle

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Nadine Groenecke a lu Nid de vipères de Christine brunet

Publié le par aloys.over-blog.com

nadine groenecke

 

Nils Sheridan est agent secret. Au cours d’une mission qui a mal tourné, il se retrouve entre les mains d’individus qui, après l’avoir torturé et laissé pour mort, jettent son corps en mer du haut d’un hélicoptère. Entraîné aux pires situations, il parvient à regagner la terre ferme et à se dissimuler sur un voilier sur le point de larguer les amarres. A la barre, le commissaire divisionnaire Aloys Seigner qui ne tarde pas à découvrir le passager clandestin, sans vraiment s’en offusquer.  D’Honolulu à Mururoa, un mois va s’écouler pendant lequel l’un et l’autre vont rester sur leurs gardes. Néanmoins, une semaine avant leur arrivée, la jeune femme propose à Nils de se faire passer pour son mari dont elle est sans nouvelles depuis qu’il l’a quittée pour une autre femme. De cette façon, il parvient à regagner Paris en avion sans être inquiété. Une fois dans la capitale, Aloys lui offre même l’hospitalité.

Le livre est épais (485 pages), mais on se laisse tellement prendre par le rythme trépidantCouverture Nid page 1 de l’histoire qu’on arrive à la fin sans même s’en rendre compte. Pas de temps morts, pas de scènes qui s’éternisent, rien que de l’action. On bascule vite d’une situation périlleuse à une autre, tout aussi scabreuse, et on fait le tour de la planète. Bref ça déménage ! Au fil des péripéties, l’auteur nous révèle peu à peu la véritable personnalité de l’énigmatique Aloys. Femme de tête, reconnue unanimement par ses pairs pour ses capacités professionnelles et le sang froid dont elle sait faire preuve dans n’importe quelle situation, le commissaire divisionnaire dissimule pourtant plus d’un secret. Attiré par elle, Nils, le bel Irlandais, finira par les découvrir.

Pour une fois, c’est une femme qui tient la vedette et c’est tant mieux ! Une héroïne des temps modernes qui n’a pas froid aux yeux et qui fait la pige à tous les hommes de son entourage. Tous les détails livrés par Christine Brunet paraissent tellement crédibles qu’on se demande si elle n’a pas été elle-même commissaire ou bien espionne !!!

Je verrais bien une adaptation au grand écran, pour sûr qu’elle enthousiasmerait bon nombre de téléspectateurs. En attendant cette éventualité, il ne faut  pas manquer la lecture de « Nid de vipères ».

 

Nadine Groenecke

nadinegroenecke-auteur.over-blog.com

Publié dans Fiche de lecture

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Un jeu un peu spécial sur Aloys... proposé par Bob Boutique...

Publié le par christine brunet /aloys

http://www.bandbsa.be/contes3/inconnu.gif
Qui sera la nouvelle présentatrice d' ACTU-tv ? Une femme, c'est certain. Une bruxelloise par facilité de déplacement? une auteure de Chloe des Lys ? Une nouvelle tête ? Une jeunette pleine d'ambition ? Une femme à la prestance confirmée ? Vous le découvrirez le dimanche 26 juin à 20h01 ! Les paris sont ouverts. 
Vous voulez en savoir plus sur cette émission un peu... spéciale ?
 
 

Publié dans jeu de la photo

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Bob Boutique a lu "la part d'ombre" d'Alain Magerotte

Publié le par christine brunet /aloys

bobclin

 

 

Je le lui ai dit voici quelques jours, au cours d’une séance de dédicaces et il m’a regardé d’un air ahuri ! Pourtant je maintiens. Il y a un ‘avant’ et un ‘après’ Magerotte. Je veux dire avant ‘la part d’ombre’ et après…

Avant, je connaissais un brave nounours souriant qui enchaînait ses receuils de nouvelles comme des perles sur un fil à coudre, avec une imagination débordante qui fuse dans toutes les directions : le polar, le fantastique, la science-fiction… des histoires courtes, toujours plaisantes, qui se passent souvent aux Etats-Unis (allez savoir pourquoi ?), et qu’on lisait en un quart d’heure dans le train, dans le tram, pour passer le temps, sans crainte de s’ennuyer.

Je notais bien de temps à autre, une petite phrase piquante qui sortait du lot, et donnait à penser que l’auteur était sans doute moins primesautier, que ses histoires ne le laissaient croire. Mais le gaillard cachait bien son jeu et enrobait tout ça d’un humour décapant… le genre « on ne sait jamais très bien quand il cesse de rigoler et quand il commence à dire ce qu’il pense réellement. »

J’achète donc son sixième ou septième bouquin en me disant que je lirais le soir même dans la salle d’attente d’un docteur avec qui j’avais rendez-vous et là… je m’étonne (le bic en l’air, je griffonne toujours dans mes livres).

 

 

Je retrouve ce style un peu ampoulé, poli, qui vous décrit les situations les plus cocasses comme les pires horreurs avec des mots choisis, un rien vieille France… je reconnais les nombreuses considérations personnelles, souvent très drôles qui émaillent ses récits, mais il y a autre chose….

Les mots sont plus durs, les appartés plus cinglants, le ton plus acide… comme sihttp://www.bandbsa.be/contes3/partombrerecto.jpg derrière le nounours se profilait un homme différent, beaucoup moins sociable, beaucoup moins ‘tout l’monde il est beau, tout l’monde il est gentil’, un homme qui nous explique en filigrane que sans l’écriture il trouverait la vie bien terne, insipide…. Ajoutant même que sans cette évasion, il risquerait de plonger dans la dépression ?

« je le confesse : c’est la voix de l’expérience qui me fait parler de la sorte, ayant vécu, durant la majeure partie de mon existence, en harmonie parfaite parmi ces zombies dont les préoccupations majeures se résument à manger, à boire, à dormir et à ne pas trop se torturer le ciboulot… »

« La lutte pour la survie de mon équilibre mental au sein de cette jungle féroce peuplée de ces ‘beaufs’ m’apparaît aussi ardue, aussi vaine, que le combat mené par Don Quichotte contre les moulins à vent… »

Et puis ce paragraphe horrifiant sur un personnage frappé de tics et de tocs, et obsédé par l’hygiène : « Odilon répugne à se nourrir, sachant que cela l’amènerait à déféquer. Une activité naturelle qui horrifie ce maniaque de la propreté. Hélas quand l’ estomac crie famine, que faire sinon manger ? »

Et ça continue comme ça. On en reçoit plein la gueule ! On est loin des bisounours ou des détectives minables à la recherche de femmes infidèles. Le théâtre de marionnettes de Magerotte est soudain envahi par des poupées sombres et grimaçantes, paranoIaques, shizophrènes, autistes, déjantées et….

J’ADORE.

L’ ‘après’ Magerotte me semble extrêmement prometteur et ce que j’ai lu dans ‘la part d’ombre’ me donne l’impression (mais c’est évidemment très subjectif) qu’ Alain a décidé de casser son carcan d’homme civilisé et conforme pour exploser et libérer sa…. sa quoi ?

Sa colère ? Son ennui ? Sa libido ? L’inanité des choses ?

« ‘Etronnons’ de concert dans un puissant arôme de défécation conservatoire. Nous conjuguons le son et la lumière dans une symphonie de pourfendeurs de bidules… » etc… etc…

Bon, dans ce dernier paragraphe, c’est un personnage de « Beauf blues » qui parle et non Magerotte. Mais ça sort quand même de sa tête, non ? De sa plume ?

Puis enfin, comme perdu, égaré au milieu de ces nouvelles délirantes, un bijou ! ‘La maison’. Dix pages pour évoquer la bâtisse de ses grands parents quelque part au fin fond des Ardennes où il passait avec sa sœurs des vacances ou des séjours inoubliables. Un texte d’une sensibilité rare qui apparaît dans ce livre comme un immense coup de ciel bleu dans la morosité générale. Très curieux, étrange.

Un très très bon livre. Pour moi, son meilleur.

Et je me demande déjà, s’il y aura encore un ‘après’, après cet ’après’….

Pour le reste, c’est comme tous les recueils d’ Alain Magerotte, un livre d’une bonne centaine de pages (10 nouvelles ) avec une couverture en noir et blanc sur laquelle on a oublié de déposer le logo de Chloe des Lys ( ?) et un détail qui m’a un peu énervé… un texte publié avec de larges interlignes. Mais bon sang, qu’ est-ce qui lui a pris ?

Amen

 

Bob Boutique

www.bandbsa.be/contes.htm

Publié dans Fiche de lecture

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Christine Brunet a lu "A un détail près" de Walter Macchi

Publié le par christine brunet /aloys

Photo Christine Brunet

A un détail près, 
Walter Macchi, 
Ed. Chloé des lys, 
ISBN: 978-2-87459-517-2



Je ne lis jamais de romans policiers: la peur d'être déçue, sans doute... sans doute aussi de plagier l'auteur. Alors pourquoi avoir lu "A un détail près"? Je vais être franche... La première de couverture... splendide... euh, la fille aussi... et ensuite le site de l'auteur, www.waltermacchi.com, dépouillé, très pro, très classe...

"A un détail près" est un roman policier (ça, je ne vous l'apprends certainement pas), mais1° de couverture A un détail près ce pourrait être un film: des personnages riches et bien campés, des décors originaux (Uccle, Genève, etc.), des détails techniques qui construisent l'assise réaliste du scénario et sa modernité.

Vous savez quoi ? Je l'ai lu en deux heures ! Impossible de lâcher l'histoire. Walter Macchi nous plonge dans l'univers peu connu, finalement, de la mode et de l'argent d'affaires.

Je ne vous dirai rien des péripéties... les derniers chapitres se profilent, on se ronge les sangs, on s'énerve de l'impuissance des héros face à une réalité plus forte qu'eux, et puis...

Non ! Vous n'en saurez pas plus ! Lisez !

Un excellent roman, très moderne, au style fluide, agréable qui mène sans problème les lecteurs par le bout du nez..."

Christine Brunet
www.christine-brunet.com
www.aloys.me
www.passion-creatrice.com

Publié dans Fiche de lecture

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Martine Dillies-Snaet a lu passé composé de Cathy Bonte

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

 

 

MARTINEJ’ai lu « Le passé recomposé » de Cathy Bonte


 

 

            CATHY BONTE  écrit bien, drôlement bien. Je ne peux m’empêcher d’admirer ces gens qui savent faire ce que moi  je n’arrive pas faire : des phrases simples et parfaites. Et ici, j’ai devant moi une  prose divinement  agréable à lire : les phrases  glissent les unes à la suite des autres, sans heurt, sans histoire. Telles les vaguelettes d’un ruisseau d’eau claire, elles passent devant vous et vous, vous  les laissez passer sans essayer de les attraper.  Un style des plus  agréables à lire.

 

             

Durant toute ma lecture, je n’ai  pu m’empêcher – et d’ailleurs je n’ai même pas essayé-   de m’identifier à chacun des personnages du roman. Bien souvent, le lecteur  entre  en symbiose avec un personnage particulier. Ici, l’art de CATHY BONTE  est de nous faire, et ce d’une manière  imperceptible,  endosser l’identité de  chacun de ses personnages. On est tour à tour  une fille révoltée, une mère déçue, un loubard auhttp://idata.over-blog.com/0/51/93/56/couverture_pass__recompos_.jpg cœur d’or, un garçon tendre, un père aimant … et j’en passe. Je n’ai pu m’empêcher d’entrer dans la peau de chacun d’entre eux.

Pourtant j’adhère difficilement  au roman et  cela pour  une question d’âge et non une question d’histoire : cette dernière est réellement bonne.

 

            Pour moi, ce  livre s’adresse surtout à la tranche d’âge 15-25 ans et j’oserai ajouter qu’il ferait mouche dans les écoles techniques et les CEFA. Il est à la portée de tous, tant l’art de l’écriture porté par CATHY BONTE est frais,  simple et, par là,  de haut vol. Comme l’a un jour dit quelqu’un, voici un livre qui  devrait être remboursé par la Sécurité sociale. Il sent bon la fraîcheur et l’optimisme, il force à voir le bon en chacun et donne l’envie d’être heureux.

Oui,  ce roman donne surtout le désir du bonheur, celui de la fraîcheur, du pétillement de la vie. L’histoire du « Passé recomposé » est une histoire qui ne peut que toucher ces jeunes ; ils ne pourront rester indifférents.  De cette lecture, ils n’en ressortiront que meilleurs, que « mieux dans leur peau ». Ils oseront les sentiments, le travail, le partage, la douceur.

 

            CATHY BONTE signe avec « Le passé recomposé », un livre à défendre, à recommander à vos enfants, voire à leur  professeur de français. L’étudier ensemble permettra d’en retirer toute la richesse du cœur qu’il contient.

 

            Le cœur de l’auteur doit être aussi grand que celui qu’elle nous offre avec son second livre. C'est le premier qui  attise maintenant  ma curiosité.

 

 

Martine Dillies-Snaet


http://users.skynet.be/TheDillies/ 

             

           

 

       

Publié dans Fiche de lecture

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L'appartement, une nouvelle de Claude Colson

Publié le par aloys.over-blog.com

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L'appartement

 



Désoeuvrée, elle s'approcha du balcon puis rentra  à l'intérieur de l'appartement.

 
Il n'était que 10 heures en ce  matin estival et le soleil cognait déjà bien fort par dessus la montagne. Elle resta là, assise devant la baie vitrée, contemplant le calme absolu de ce dimanche. D'où elle se trouvait, elle ne pouvait voir le bas des pentes et donc aucun humain. Étaient-ils déjà debout du reste ? On était au milieu des vacances. Les seuls mouvements perceptibles étaient ceux des hirondelles qui chassaient en bande, prenant soudain toutes ensemble des virages brusques.

 
Silencieux aussi, le lent mouvement des télécabines qui se croisaient, les unes partant à l'assaut de la plus proche cime, les autres rentrant sagement à la station. Le tout en boucle incessante.

 
Un éclair furtif attira son attention, derrière les baies du chalet situé en vis à vis.

 
Elle comprit immédiatement : quelqu'un l'observait avec une lunette et venait de la déplacer pour bénéficier d'un meilleur angle de vue.

 
Il était bien tôt et elle portait un simple déshabillé un peu vaporeux. Trentenaire encore,  à l'approche de la quarantaine elle était dans la pleine maturité de sa beauté.

 
Elle sourit intérieurement en rejetant de la main l'un de ses bandeaux noirs qui venait de lui tomber sur l'oeil. Il retomba ; elle résolut de les attacher en arrière d'un chouchou. Elle sourit à nouveau discrètement, s'avisant que le geste des mains jointes derrière la tête projetait avantageusement vers l'avant sa poitrine déjà un peu lourde.

 
Ah, l'indiscret ! Eh bien, il allait en avoir pour son argent, et elle, par la même occasion, allait se faire un petit plaisir.

 

Elle baissa la tête et, comme surprise du soleil qui lui chauffait le buste,  elle fit glisser lentement ses mains de son cou jusqu'à ses seins. Très doucement, feignant la rêverie, elle les entoura, les releva et entreprit de se caresser négligemment.


Ce faisant, elle se demandait qui pouvait bien être la personne qui l'observait ce matin-là. Un homme, sans nul doute. Peut-être un bel hidalgo, un peu oisif, comme elle, et qui la trouvait à son goût, jouant les voyeurs.


Surtout ne pas montrer qu'elle avait remarqué sa présence, le plaisir n'en serait que plus grand. Ah, quel bonheur de parfois titiller l'Interdit !


Tout en accentuant se caresses, elle l'imaginait lui, derrière l'oeilleton de visée, fantasmant tout comme elle, son souffle s'accélérant peu à peu, ses mains indécises, oui... ses mains... Et elle se mit à les penser sur elle, accomplissant ces mêmes gestes qui les portaient imperceptiblement de son torse à son ventre qu'elles frôleraient, passant alors doucement sur le voile délicat. Elle le fit à sa place. Comme pour être plus à l'aise, elle écarta un peu les cuisses. Que pensait-il à ce moment ? Cette interrogation porta son excitation à son comble. Ses mains remontaient centimètre par centimètre et elle frissonna de désir.


   Elle eut juste le temps d'ouvrir grand la bouche et d'écarquiller les yeux quand la balle l'atteignit en plein front, ornant celui-ci d'une petite étoile rouge, lui arrachant tout l'arrière du crâne.

 

 

Claude Colson

claude-colson.monsite-orange.fr

 

Publié dans Nouvelle

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