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Ma voisine Isa : une nouvelle de Claude Danze

Publié le par aloys

 

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Ma voisine Isa

Elle m’emmerde! Y’a pas d’autre mot, elle m’emmerde.  J’étais un directeur sans problèmes et il a fallu que ma voisine Isa échoue dans le service dont je préside les destinées.

Il faut vous dire que ma voisine Isa, ce n’est pas n’importe quel phénomène. Elle cultive le chagrin d’amour comme d’autres le géranium ou le pois-de-senteur. Elle a la larme facile et ne cesse de se répandre sur la cruauté du genre humain en général et l’inconstance des mâles en particulier. Déjà du temps où elle faillit se marier, elle ne cessait de déblatérer son futur mari auprès de ses compagnes de cancans, dans les toilettes des dames. La médisance était leur ordinaire, Isa menait la danse, l’infernale sarabande se prolongeait sans vergogne de couloir en couloir.  

Puis ce fut « la rupture, bête et brutale » comme disait  certain Jacques en semblable occurrence. Je lui en ai voulu. A lui, le futur mari en fuite, veux-je dire. Car dès le lendemain matin, elle faisait le siège de mon bureau, étalait dans une réunion, commencée bien avant son arrivée, ses déboires sentimentaux et son féminisme exacerbé tant par la séparation elle-même que  par le public de mon bureau qui malencontreusement lui prêta attention.

De haute lutte, je conquis le droit de poursuivre mon travail, lui promettant, tout en quittant mon bureau pour m’en débarrasser dans le couloir, de lui accorder une oreille plus attentive un peu plus tard. Elle ne manqua pas de profiter de l’occasion pour me rappeler devant tout le monde un vague lien de parenté – dont j’ignorais tout – et l’obligation morale qui m’incombait dès lors de lui porter assistance dans son malheur. Mes très temporaires compagnons d’infortune se regardaient d’un air entendu, prenant contre moi le parti de la pleureuse. Quand on peut taxer son directeur d’inhumanité, pourquoi s’en priver ?

La réunion se termina bientôt. A peine l’avant-dernier eut-il quitté mon bureau, que ma voisine Isa s’y réinstallait d’autorité.

« Tu comprends… » disait-elle à la fin de chacune de ses phrases… Et je prenais l’air neutre du psy confessant une patiente vaguement névrotique, me disant que j’investissais en laissant ainsi libre cours à son inéluctable incontinence verbale. Qu’elle vide son sac et on en serait quitte, elle et moi, avec une demi-journée de travail perdue !

« Tous des salauds ! » disait-elle à chaque fois que sa logorrhée menaçait de se tarir. Vu les cohortes de larmes qui abandonnaient son corps comme les rats un navire en perdition, je me demandais quand son numéro prendrait fin. Aux limites de la déshydratation, sans doute.

Mon capital d’indifférence, authentique puis feinte, s’épuisait en même temps que ma patience. Je rangeais mes papiers avec acharnement pour ne pas passer mes nerfs sur elle.

« Tu comprends, disait-elle, tous les hommes sont des porcs, ils ne pensent qu’à s’envoyer en l’air avec tout ce qui a des nichons… » Et le processus de déshydratation reprenait de plus belle… Ne la sachant pas capable de vulgarité, je fus surpris et cette soudaine attention de ma part la surprit à son tour.

Je lui tendis ma boîte de kleenex, supposant qu’elle avait épuisé la sienne depuis bien longtemps. Elle semblait se remettre, m’adressait un pauvre sourire empreint de gratitude,

tout en séchant ses yeux rougis. Comme quoi, c’est dans les petites choses qu’on trouve la consolation.

Je me disais que, en fin de compte, si elle cessait d’emmerder son monde, ma voisine Isa pourrait être d’agréable compagnie.  A mesure qu’elle se calmait, elle parlait de choses et d’autres, à visage découvert, un peu gênée, laissant paraître par moments comme des lueurs du fond de son âme, somme toute pas si noire.

J’eus envie de l’écouter, de la regarder sans préjugé. Elle me conta sa vie, entre sa mère un peu putain la nuit, un peu sainte-nitouche le jour, son père assez violent, puis tout à fait absent. Sa solitude d’enfant et d’adolescente, livrée à elle-même, sans repères, sans amour peut-être. Somme toute une âme meurtrie, comme on disait dans les romans sentimentaux.

Elle proposa elle-même de parler d’autre chose, de regagner son propre bureau pour me laisser travailler. Mais j’avais envie qu’elle ne parte pas…Après tout, rien n’était aussi urgent dans les obscures affaires de l’état, qu’une âme en détresse… Nous avons bavardé jusqu’à l’heure de quitter le bureau. Nous avons même éclaté de rire en imaginant la tête que feraient les autres s’ils nous voyaient partir ensemble. Elle était belle quand elle riait !

Nous les avons bravés sans honte. Le même ascenseur nous emporta tous deux vers la sortie et cette demi-minute d’intimité absolue fut source d’une gêne, plutôt d’un trouble partagé. Au lieu de rentrer soigneusement par un chemin différent du mien, elle s’accrocha à mon bras. Je la raccompagnai en voiture, lui souhaitai la bonne soirée, la déposai devant l’entrée de la tour où tous deux nous avions nos appartements, à des étages différents. Je remisai la 607 au parking, passai prendre mon courrier au rez-de-chaussée, repris l’ascenseur, m’affalai aussitôt rentré dans le Chesterfield du salon.

Je la vis passer devant ma fenêtre, les bras en croix, ailes dérisoires d’oiseau mortellement blessé à l’âme, déjà, par sa misérable tragédie : sa vie. Le légiste la fit ramasser presque sans état d’âme, la police n’interrogea presque personne. Elle était morte, ma voisine Isa, dans une indifférence anodine et générale. Je n’eus pas de curiosité.

Ce soir-là, j’ai pensé à la rejoindre, sur le pavé du rez-de-chaussée. Puis, seul comme d’habitude, une nouvelle ride au bord des lèvres, amer comme jamais, je l’ai effacée.

* * *

L’infirmier en pyjamablanc referme doucement la porte de ma chambre sur mon cauchemar. Ou n’est-ce qu’un souvenir?

Et mon neuroleptique préféré m’emmène tout droit vers ma nuit, mon néant.

 

Claude Danze

http://claude-danze.over-blog.fr/

 

 

Publié dans Nouvelle

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"L'amour était dans le buisson"... un poème d'Anne Renault

Publié le par aloys.over-blog.com

anne renault tête

 

L’amour était dans le buisson

Avec tous les oiseaux criards

Il imitait leur ramage

Pour se moquer de moi

Mais je ne l’ai pas entendu.

 

L’amour se cachait

Dans les branches du thym gris

Couleur poussière couleur de terre

Desséchée, craquelée.

Mais dans le soir je n’ai pas vu sa lueur

Bleuâtre et lente

Car je marchais les yeux baissés.

 

L’amour s’est envolé

Dans le ciel de l’été finissant.

Très haut très loin

La Voie Lactée il atteint

Alors il s’est fondu

Dans une constellation inconnue

Et moi qui le cherchais

Parmi les Grandes Etoiles

Je l’ai laissé partir.

 

 

 

Anne Renault

Publié dans Poésie

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Les Auteurs Chloé des lys à la Une...

Publié le par aloys.over-blog.com

"Les âmes noires sont au parfum", un article du journal l'Avenir pour Laurent Roman et son "Parfum Lavande"

 

Laurent-Roman_L-avenir-_20.12.2011.jpg

 

 

*

***

Carine-Laure Desguin et "Rue Baraka" dans "La dépêche de kabylie", http://www.depechedekabylie.com/cuture/94144-jaimerai-que-mes-romans-soient-publies-algerie.html

 

http://www.bandbsa.be/contes3/desguinkabylie.jpg

 

 

*

***

Louis Delville découvre son livre, "De Noé à Louis-Léopold-Victor" en vitrine d'une librairie

 

http://www.bandbsa.be/contes3/delvillelivre.jpg

 

*

*** 

 

Jean Vigne à la Une du site LIMAGINARIA avec son livre "Révélation"  http://limaginaria.com/Fantastique-Revelation.html

 

limaginaria.png

 

*

***

 

Christine Brunet et "Nid de vipères" à la Une du site spécialisé polar "Sang pour sang"

http://sangpoursang-polar.blogspot.com/2011_04_01_archive.html

 

sang.png

 

*

***

 

Un article pour Léo Sani en dédicaces à la maison de la Presse d'Epernon

http://www.bandbsa.be/contes3/saniepernon2.jpg

 

*

***

http://www.bandbsa.be/contes3/candidelibrairie.jpg 

A noter la séance de dédicaces Chloé des lys à la librairie Candide, place Brugman, Bruxelles le 8 mai. Seront présents : Bob Boutique, Gauthier Hiernaux, Alain Magerotte et Georges Roland.

 

 

RAPPEL

Le 23 avril, les auteurs bruxellois Chloé des lys seront en dédicaces au

Centre Maritime de Molembeek, 93 rue Vandenboogaerde

Molembeek St-Jean




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Micheline Boland a lu "De temps en temps" de Régine Roquet

Publié le par aloys.over-blog.com

 

boland photo

J'AI LU "DE TEMPS EN TEMPS" DE RÉGINE ROQUET

 

Du suspense, des phrases courtes, une belle écriture, un voyage à travers différentes époques et différents lieux, des "allers-retours entre des mondes", un roman très agréable à lire, voilà ce que nous offre Régine. Un livre de trois cents quarante-cinq pages qui devrait sûrement plaire aux amateurs de science fiction, d'histoires fantastiques mais aussi d'histoires d'amour

 

Un livre qui met les cinq sens en éveil. Voici un extrait qui, tout en étant  exemplatif, vous mettra l'eau à la9782874594724_1_75.jpg bouche :"Il fait une chaleur insupportable; j'étouffe ma tête cogne violemment; j'ai l'impression qu'elle va éclater. Les tambours résonnent très fort. J'ai soif. Une fumée me gratte la gorge. Mes yeux pleurent; je ne parviens pas à les ouvrir. J'entends une litanie et je me laisse bercer ce chant ne m'est pas inconnu. Des odeurs très fortes m'écoeurent. Cela sent la graisse, l'urine, le chien sale, les herbes moisies et les fruits pourris. Je suis dégoûtée. Je ne peux réprimer un haut le cœur" (p.132) 


Je vous en dirai plus quand je l'aurai terminé mais je vous encourage déjà à vous procurer ce livre paru chez CdL.


Historienne, libraire, épouse de libraire et d'historien, Régine est bien connue à Charleroi. En effet, qui n'y connaît la belle librairie ancienne Grandchamps-Fafouille située dans le passage de la Bourse ?

 

 

Micheline Boland

http://micheline-ecrit.blogspot.com/


 


Publié dans Fiche de lecture

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L’acquittement de compère vent, une fable de Claude Danze

Publié le par aloys.over-blog.com

 

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L’acquittement de compère Vent – Fable.

 

De ma fenêtre ouverte arrive un Vent nouveau

Qui d’un souffle inconnu m’apporte sa détresse :

Il vient de détrôner d’un chêne la maîtresse

Et voudrait sans tarder me faire son bourreau.

 

Je lui refuse en clair de lui ôter la vie :

Cela ne sa fait point de condamner un frère.

« Devant un tribunal, je veux qu’on te défère.

Le chêne moribond enverra sa partie. »

 

Notre affaire se joue entre gens d’intention :

Le juge est le Hibou, qui de sa correction

Nous prie de nous taire et d’écouter le Maître :

Le merle Beau Parleur -  il nous faut bien l’admettre –

Tient de la Rhétorique un art de bien parler

Qu’au service des causes il se doit bien d’user.

 

Quand enfin il s’apaise en son manteau de sage,

Que le défilé long de témoins sans crédit,

S’est écoulé enfin du goulot qui s’ouvrit,

Maître Héron s’avance et commence d’usage :

 

« Monsieur le Président et Messieurs les Jurés,

En ce jour mémorable où il revint d’exil,

Comme Dieu le voulut au prix de maints périls,

Notre compère Vent se dut mal mesurer :

Vous ne l’ignorez point qu’il est bien malaisé

De parcourir les airs et d’y être emporté. »

 

« Dans la joie de revoir le pays de ses pères,

Je trouve légitime et même justifié

Qu’un enfant ne se soit qu’infîmement défié

Alors qu’il survola des pays plus austères.

Sans doute oublia-t-il dans son emportement

Qu’un chêne se trouvât en cet emplacement. »

 

« Attardons-nous un brin sur ce que fut le fait.

Notre compère Vent, emporté de liesse

Bouscula sans la voir du chêne la maîtresse.

Il entendit le cri mais le crime était fait.

Auprès du moribond il s’affaira, en vain :

Le chêne séculaire avait perdu la main. »

 

« Qui peut-on accuser dans l’affaire présente ?

L’exil de notre Vent ? La joie de la détente ?

L’effort du dernier bond, la présence du chêne ?

Ou… du merle Parleur l’ineffable rengaine ?

Car s’il siffle beaucoup, il ne parle que trop,

Comme à son habitude il dissipait les mots. »

 

Vous avez étourdi notre compère Vent

Qui avait oublié depuis aussi longtemps

Que les mots quelquefois sont de fâcheux trompeurs.

A vous, mes chers Jurés, d’être de beaux jugeurs.

 

 

 

 

Claude Danze

http://claude-danze.over-blog.fr/

Publié dans Poésie

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Martine Dillies-Snaet : j'ai lu "Cinq pages" de Josette Lambreth

Publié le par aloys.over-blog.com

MARTINE

 

 

 

 

J’ai lu « Cinq pages » de Josette Lambreth


 

 

 

Mais vous racontô toudis l’même chose ! Allo donc mett cauffer l’eau dans l’marabout !

Réminiscences.

 

Des mots qui me chantent à l’oreille tandis que je ferme le livre de JOSETTE LAMBRETH. Des mots échangés entre mes  grands-parents. Une petite chamaillerie comme il y  en a dans tous les couples. Petite fille,  je restais sagement  immobile sur le pas de la porte de leur cuisine. J’adorais leurs échanges « un peu colorés ». Je restais cachée car, devant moi, le français était de rigueur.

Tendresse.

 

            L’histoire de ces cinq pages n’est qu’un prétexte à l’histoire du vécu ancien. « Le bon vieux temps » des grands-parents était-il si bon que cela ? Mais qu’ont-ils donc vécu que nous ne connaissons pas ? Que la jeunessehttp://www.bandbsa.be/contes2/5-pages.jpg ne connaît pas ?

- Tout !

Tout ! De la lessive, avec ses odeurs particulières, qui durait trois jours à l’eau chaude à la vaisselle sans détergent que l’on versait dans l’auge des cochons,

des seaux d’eau à aller chercher au fond du jardin au cabinet à planche de l’autre côté de la cour,

des robes que l’on arrangeait pour la petite sœur aux kilomètres parcourus pour se rendre en classe,

du repassage des chemises amidonnées à l’arrivée de la première automobile,

de…

Souvenir des dires.

 

            J’ai eu la chance de beaucoup parler avec mes grands-parents. De savoir beaucoup écouter surtout.  Sans cesse, ils me  racontaient leur vie d’avant. Ma mère a pris la relève de manière à ce que je puisse me rendre compte de la facilité de la vie d’aujourd’hui. J’ai vécu dans les dires du passé, dans leurs histoires, leurs blagues, leurs rires, les messes obligatoires, l’estaminet des hommes. Et je retrouve une foule de choses dans le livre de JOSETTE LAMBRETH.

Dans un style plaisant à lire, ce livre  a le mérite de nous rappeler la vie d’autrefois et de raconter à ceux qui l’ignorent encore comment ont vécu nos parents et grands-parents. L’auteur a pris son bâton de pèlerin  pour que les enfants n’oublient pas. N’est-il point là aussi  le rôle du livre ? JOSETTE LAMBRETH nous offre ce qu’il y a de plus solide dans une vie : ses racines.

Les anciens prendront plaisir à revivre leurs années « d’avant » quant aux jeunes, au travers d’une histoire de punition, ils découvriront la vie de leurs aînés.

 

            Moi,  tandis que je tourne la dernière page, je ferme les yeux. Et je me souviens… Suis-je donc déjà si vieille que ça ?

Non ! Mais je me souviens d’eux.

Merci Josette.

 

  Martine Dillies-Snaet

http://users.skynet.be/TheDillies/

 

            

 

 


Publié dans Fiche de lecture

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Carine-Laure Desguin a lu "Beffrois, racines de pierre" de Martine Dillies-Snaet

Publié le par aloys.over-blog.com

desguinJ’ai lu et aimé    Beffrois, racines de pierres

                          Editions Chloé des lys

                          ISBN 978-2-87459-217-1  (2007)

                          94 pages

 

 

Commenter Beffrois, racines de pierres, de Martine Dillies- Snaet, n’est-ce pas, de ma part, un rien prétentieux ? Oserai-je, n’oserai-je pas ?

Ne pas commenter ces 94 pages, des pages grandes d’infini, humaines de sang, des pages sur lesquelles dégoulinent des sueurs, des larmes, des bruits de canon, des assauts de liberté, taire tout cela après l’avoir senti vivre en moi, ce serait petit, tellement petit.

 

Alors, pour me rassurer et me donner une claque, j’ai imaginé l’auteure. Photographiant ces montagnes de pierres que sont ces beffrois, lisant et relisant l’histoire de ces villes courageuses, se fondant dans les labeurs innommables de mille et mille journées de guerre, de béton, de froid, Martine Dillies-Snaet , dans son parcours initiatique, a ressenti tout cela, c’est à n’en pas douter.

 

De chaque beffroi jaillit l’histoire d’une ville, des âmes qui l’entourent et de celles qui l’ont construit. Avec des mots de magie, justes et droits comme un rempart ; des mots suspendus entre la terre et le ciel. Avec aussi, des photos.

De Dunkerque à Douai, en passant par Lille, Cambrai, Béthune, Amiens, les griffes de l’auteure ont façonné sur le papier toutes la grandeur de ces édifices, certes, mais elles ont fait saigner de ces vieilles pierres tout le sang que peuvent contenir les gouffres des non-dits et les remparts de l’histoire des hommes.

 

Mais comment donc, Martine Dillies-Snaet, avez-vous en seulement 94 pages, transpiré autant de vérités, de détails architecturaux, deM. Dillies-Snaet Beffrois, racines de pierre silences, de chagrins, de luttes  des peuples ? Et tout cela sans lasser le lecteur ! Que du contraire !

 

A Arras, on lève la tête, contemplant cette tour gothique, on aperçoit le lion, on entend les canons, on entend les bombes. Et déjà les cloches sonnent, à Béthune…

 

Ce ne sont pas des tours, ce sont des hommes, ce sont des femmes. Ce ne sont pas des pierres, ce sont des mains. Ce sont des montagnes de chair immortelle.

 

On entend les prières, les pas des hommes, les rues commerçantes, les tempêtes,   les carillons. On entend le claquement des drapeaux, qui hurlent les libertés.

On croise un corsaire et puis, juste avant d’éteindre les feux et les tambours de ces  villes envoûtantes, on s’arrête juste là, à l’baraque à frites de Dany Boon !

 

Ce livre n’est pas un livre triste. C’est un livre vrai. Sur son autel, des poésies hautes, libres, et colorées.

 

Le plus souvent, les livres que je lis, je les donne, je leur offre une autre vie. Celui-ci, je le garde. Et si vous n’avez pas compris pourquoi…

 

 

 

Carine-Laure Desguin

http://carinelauredesguin.over-blog.com

 

Publié dans Fiche de lecture

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Nouveau jeu sur Aloys... Qui est l'auteur de cette nouvelle ???

Publié le par christine brunet /aloys

 

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FLORENCE, MA SECONDE VILLE

 

Je devais avoir treize ou quatorze ans, lors de mon premier voyage à Florence. Dès mon arrivée, j'ai été conquise par la luminosité unique de la région. Certes, le soleil ne brillait pas plus là qu'ailleurs et mon jeune âge devait y être pour quelque chose puisque le second jour, alors que je déambulais dans les couloirs de la Galleria degli Uffizi à la recherche de ma mère, j'ai été aussi éblouie par un tableau dont le seul nom me faisait rêver : la sensuelle Venere di Urbino du Titien.

 

Voir ainsi la nudité parfaite d'une femme était pour moi une révélation de ce que j'allais devenir. Si Vénus pouvait ainsi se prélasser sur son lit, pourquoi pas moi dans quelques années ? Ce n'était guère l'habitude dans la famille d'aborder ce genre de sujet et je me gardai bien d'en parler à ma mère que j'avais enfin retrouvée au détour d'un couloir…

 

Le même jour, une autre révélation me fut donc offerte, les pâtes cuites al dente ! Des pâtes aux formes et aux goûts si variés, le parmiggiano au goût fort, bien différent du fromage râpé de Belgique.

 

À la maison, nous mangions traditionnellement des pâtes le jeudi. Des macaronis Soubry au jambon et fromage dans lesquels la brave Simone, cuisinière engagée par mon père, mélangeait une petite boîte de purée de tomates. Je trouvais ça excellent et jamais je n'avais imaginé que la cuisine italienne était à des lieues de celle de Simone.

 

Notre chambre avec terrasse donnait sur l'Arno qui, en ces premiers jours d'avril, était tumultueux comme un torrent de montagne. La chaîne des Apennins avoisinante commençaient montrer des taches vertes annonciatrices du printemps. Le ciel limpide se couvrait parfois rapidement de nuages gris et menaçants qui disparaissaient aussi vite qu'ils étaient arrivés ! Et toujours cette lumière unique que je n'ai jamais vue que là, à part peut-être durant l'été indien d'Amérique du nord que j'ai découvert bien plus tard.

 

Il y avait donc ces découvertes mais surtout le sourire des employés de l'hôtel. Certains, les plus jeunes, se montraient empressés à nous aider, à anticiper nos demandes ou même à nous proposer leurs services pour une visite de la ville, ce que nous avons toujours refusé. Les plus âgés, obséquieux parfois, se contentaient de faire leur service, parlant sûrement de nous entre eux tout en jetant des regards attentifs sur nos cheveux blonds et nos vêtements pas du tout "italiens". Lorsqu'ils ont appris que nous étions belges, leur attitude a changé du tout au tout. Certains nous ont montrés des photos, qui d'un oncle mineur près de Liège ou qui d'un frère parti travailler là-bas, en Belgique. Nous étions devenues les idoles de tout ce petit peuple !

 

La guerre n'avait pas laissé trop de traces. Quelle ne fut pas d'ailleurs notre surprise d'apprendre que la libération de Florence avait eu lieu en même temps que celle de nos villes. Un point commun de plus !

 

Florence restera pour moi, une ville de découverte, où les œuvres sublimes des peintres italiens rejoignent la fierté des bâtiments et l'éclat lumineux du ciel.

 

C'est à la fin de notre séjour que j'ai fait la connaissance de Salvatore, guide au Couvent San Marco. C'est là qu'il m'a fait découvrir les œuvres de Fra Angelico et les fresques dans les cellules des moines.

 

Ah, Salvatore et son charmant accent, Salvatore et son rire communicatif, Salvatore et ses grands gestes qui ponctuaient tout son discours. Maman nous avait laissé pratiquement en tête-à-tête pour aller admirer l'Annonciation à Marie et Salvatore m'avait emmené dans le cloître bien désert ce jour-là !

 

Il est resté deux jours à guetter notre passage, en vain. Alors, n'y tenant plus, il est arrivé le dernier soir à l'hôtel dont, dans ma naïveté, j'avais révélé le nom. Il est entré dans la salle à manger, s'est approché de notre table, nous a salué et a très cérémonieusement demandé ma main à ma mère qui lui a rit au nez ! Il est reparti comme un voleur et nous ne nous sommes jamais revus !

 

Les valises faites, le lendemain, nous avons repris le train vers la Belgique et son printemps humide et frais. Je me souviens du ciel bas qui nous attendait à la gare de Bruxelles. Mon père nous attendait à la sortie et avait, pour l'occasion, la voiture de son patron avec son chauffeur en livrée, s'il vous plaît ! Les deux femmes de sa vie valaient bien cet accueil, avait-il déclaré à ma mère !

 

Je me souviens encore de ce voyage initiatique comme celui qui m'a fait découvrir une ville superbe et où je suis retournée moultes fois. Salvatore avait disparu mais la lumière de Florence était toujours bien présente.

 

Florence où j'ai connu mes premiers émois amoureux, mais aussi où j'ai découvert la Vespa, les pâtes, les vraies et ce cappuccino qui reste pour moi la meilleure chose qui soit.

 

 

Louis Delville

louis-quenpensez-vous.blogspot.com

Publié dans auteur mystère

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Qui est l'auteur de cette nouvelle ? A vous de me le dire...

Publié le par christine brunet /aloys

point d'interrogationFLORENCE, MA SECONDE VILLE

 

 


 

Je devais avoir treize ou quatorze ans, lors de mon premier voyage à Florence. Dès mon arrivée, j'ai été conquise par la luminosité unique de la région. Certes, le soleil ne brillait pas plus là qu'ailleurs et mon jeune âge devait y être pour quelque chose puisque le second jour, alors que je déambulais dans les couloirs de la Galleria degli Uffizi à la recherche de ma mère, j'ai été aussi éblouie par un tableau dont le seul nom me faisait rêver : la sensuelle Venere di Urbino du Titien.

 

Voir ainsi la nudité parfaite d'une femme était pour moi une révélation de ce que j'allais devenir. Si Vénus pouvait ainsi se prélasser sur son lit, pourquoi pas moi dans quelques années ? Ce n'était guère l'habitude dans la famille d'aborder ce genre de sujet et je me gardai bien d'en parler à ma mère que j'avais enfin retrouvée au détour d'un couloir…

 

Le même jour, une autre révélation me fut donc offerte, les pâtes cuites al dente ! Des pâtes aux formes et aux goûts si variés, le parmiggiano au goût fort, bien différent du fromage râpé de Belgique.

 

À la maison, nous mangions traditionnellement des pâtes le jeudi. Des macaronis Soubry au jambon et fromage dans lesquels la brave Simone, cuisinière engagée par mon père, mélangeait une petite boîte de purée de tomates. Je trouvais ça excellent et jamais je n'avais imaginé que la cuisine italienne était à des lieues de celle de Simone.

 

Notre chambre avec terrasse donnait sur l'Arno qui, en ces premiers jours d'avril, était tumultueux comme un torrent de montagne. La chaîne des Apennins avoisinante commençaient montrer des taches vertes annonciatrices du printemps. Le ciel limpide se couvrait parfois rapidement de nuages gris et menaçants qui disparaissaient aussi vite qu'ils étaient arrivés ! Et toujours cette lumière unique que je n'ai jamais vue que là, à part peut-être durant l'été indien d'Amérique du nord que j'ai découvert bien plus tard.

 

Il y avait donc ces découvertes mais surtout le sourire des employés de l'hôtel. Certains, les plus jeunes, se montraient empressés à nous aider, à anticiper nos demandes ou même à nous proposer leurs services pour une visite de la ville, ce que nous avons toujours refusé. Les plus âgés, obséquieux parfois, se contentaient de faire leur service, parlant sûrement de nous entre eux tout en jetant des regards attentifs sur nos cheveux blonds et nos vêtements pas du tout "italiens". Lorsqu'ils ont appris que nous étions belges, leur attitude a changé du tout au tout. Certains nous ont montrés des photos, qui d'un oncle mineur près de Liège ou qui d'un frère parti travailler là-bas, en Belgique. Nous étions devenues les idoles de tout ce petit peuple !

 

La guerre n'avait pas laissé trop de traces. Quelle ne fut pas d'ailleurs notre surprise d'apprendre que la libération de Florence avait eu lieu en même temps que celle de nos villes. Un point commun de plus !

 

Florence restera pour moi, une ville de découverte, où les œuvres sublimes des peintres italiens rejoignent la fierté des bâtiments et l'éclat lumineux du ciel.

 

C'est à la fin de notre séjour que j'ai fait la connaissance de Salvatore, guide au Couvent San Marco. C'est là qu'il m'a fait découvrir les œuvres de Fra Angelico et les fresques dans les cellules des moines.

 

Ah, Salvatore et son charmant accent, Salvatore et son rire communicatif, Salvatore et ses grands gestes qui ponctuaient tout son discours. Maman nous avait laissé pratiquement en tête-à-tête pour aller admirer l'Annonciation à Marie et Salvatore m'avait emmené dans le cloître bien désert ce jour-là !

 

Il est resté deux jours à guetter notre passage, en vain. Alors, n'y tenant plus, il est arrivé le dernier soir à l'hôtel dont, dans ma naïveté, j'avais révélé le nom. Il est entré dans la salle à manger, s'est approché de notre table, nous a salué et a très cérémonieusement demandé ma main à ma mère qui lui a rit au nez ! Il est reparti comme un voleur et nous ne nous sommes jamais revus !

 

Les valises faites, le lendemain, nous avons repris le train vers la Belgique et son printemps humide et frais. Je me souviens du ciel bas qui nous attendait à la gare de Bruxelles. Mon père nous attendait à la sortie et avait, pour l'occasion, la voiture de son patron avec son chauffeur en livrée, s'il vous plaît ! Les deux femmes de sa vie valaient bien cet accueil, avait-il déclaré à ma mère !

 

Je me souviens encore de ce voyage initiatique comme celui qui m'a fait découvrir une ville superbe et où je suis retournée moultes fois. Salvatore avait disparu mais la lumière de Florence était toujours bien présente.

 

Florence où j'ai connu mes premiers émois amoureux, mais aussi où j'ai découvert la Vespa, les pâtes, les vraies et ce cappuccino qui reste pour moi la meilleure chose qui soit.

 

 

Alors, qui est l'auteur de cette nouvelle ??? 

Publié dans auteur mystère

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KATE MILIE a lu "Nouvelles à fleur de peau" de Micheline Boland

Publié le par aloys.over-blog.com

http://www.bandbsa.be/contes/katemillie.jpgJ’ai lu « Nouvelles à fleur de peau » de Micheline Boland

 

Je suis entrée dans l’univers bolandier à pas de loup… En me disant : « Moi, elle ne m’aura pas ». Cathy Bonté, dans sa note de lecture, avait écrit  « Ah Elle m’a bien eue la petite dame ». Celle que l’on surnomme « la petite dame à la sacoche » a une fameuse connaissance de l’âme humaine, elle a été psy. Et elle ne fait qu’écrire, écrire, écrire. Son sujet de prédilection ? L’âme humaine bien évidemment. Dans son monde, rien n’est « blanc » ou « noir ». Dans son monde, le « bien » et le « mal » ne sont que les deux facettes de cette grosse farce qu’est la vie. Ses personnages ? Des Monsieur et Madame tout-le-monde plongés dans la banalité du quotidien. Leurs vies sont tranquilles, leurs rêves sages, leurs aspirations parfois un peu désuètes. Mais un jour, un grain de sable surgit et…

 

Elle m’a eue. J’ai dévoré ses 21 nouvelles en sursautant et me questionnant, là où elle le voulait.

 

J’ai commencé par « Statue » : Un jeune couple achète une vieille maison à retaper. La statue d’un beau jeune homme trône dans le jardin. Que c’est romantique ! Romantique ? Méfiez-vous des statues chez Boland.

J’ai enchaîné avec « La porte » : De paisibles vacances aux Baléares. Delphine découvre une vieille demeure abandonnée, coup de cœur, elle ne peut s’empêcher de la visiter… Un cri jaillit : « Tus manos, tus manos », « Ha muerto ». Mais il n’y pas personne dans cette maison ! Si, une poupée cassée et un nounours sans mains dont on a cousu à gros points ce qui restait de bras…

J’ai poursuivi avec « Rencontre de vacances » : Ah Internet ! Ah les relations virtuelles ! Mais rien de tel qu’une rencontre en vrai, n’est-ce pas ? « Je prends la photo de Marie dans mon portefeuille, cette photo que j’ai imprimée hier soir après avoir fermé ma valise ». Quoi, la narratrice part carrément en vacances chez sa correspondante ? Pas très prudent. Quelques pages plus loin : « J’ai peur », « Je découvre que je ne connais rien de cette femme »...

« Une saison en enfer » : Un après-midi pluvieux, une bibliothèque, la découverte d’un tout vieux livre de Rimbaud illustré par un dessin de Verlaine. La lectrice laisse choir le livre dans le sceau d’eau de la femme de ménage ! Consternation. « Je le remplacerai, n’ayez crainte ! ». Vite,M Boland Nouvelles à fleur de peau la bouquinerie de la ville : Ouf, « Il » est là ! Un petit café s’impose. « Lorsque je veux payer la note, je m’aperçois que le livre a disparu ». Au voleur ! Pauvre lectrice, nous ne sommes qu’à la moitié de la nouvelle.

« Canicule ». Un dimanche d’été. La veille, « Ils » ont fêté leurs vingt ans de mariage. C’est le bazar dans la cuisine, il fait si chaud, il faut ranger, tiens, un reste de gin fizz… Et hop, des glaçons, délicieux ! Marrant cet apéro improvisé. Un apéro à la place du p’tit-déj ? Oui et alors ? Cette cuisine est sale. Quelle chaleur ! On étouffe. On étouffe. On étouffe. « Il » : « Tu bois de l’alcool à cette heure ? », « Mais tu pues l’alcool… » (…) Sur la table traîne un couteau. La narratrice le saisit. Pour le ranger ?

 

 

Une note de lecture de Kate Milie

http://kate-milie.skynetblogs.be/

Publié dans Fiche de lecture

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