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L'invité d'Aloys est Philippe Couillaud

Publié le par christine brunet /aloys

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Philippe m'a proposé cette nouvelle lors du concours pour "les petits papiers de Chloé". trop longue, il a dû revoir sa copie... Vous vous souvenez ? Je vous la propose aujourd'hui...             

 

 

 

 Je vous croyais mort, enfin, ce sera pour une autre fois. Mais n’y revenez pas. J’ai horreur des ratés. Vous êtes ici pour réussir brillamment votre passage à l’état réel de mortel. Reprenez-vous, que diable ! Lors du dernier changement de gouvernement, suite à la victoire du F.N.M.L. (le front national de la mort libre) il a été institué une semaine de formation à l’acte de libération suprême.

              Vous n’ignorez pas que notre université depuis une décennie occupe le premier rang de la cause mortifère. J’en veux pour preuve l’inauguration de la plus grande nécropole jamais réalisée jusqu’à présent. Nous avons atteint le seuil du milliard d’inscrits. Le tout obtenu grâce à l’extraordinaire méthode du C.A. (compactage absolu) qui réduit un corps humain à la taille d’une cellule, elle-même confinée avec ses semblables dans des éprouvettes congelées. Nous avons ainsi obtenu la mort éternelle. Vous rendez-vous compte ?

              Pensez au gaspillage lorsque les guerres étaient l’unique moyen d’abattage. Je n’évoquerai pas l’époque du « ARBEIT MACHT FREI » devise infamante et mensongère pour tout être humain conscient du devenir de la chose mortifère.

              Un nouveau faux pas nous obligerait, en fonction des textes déposés dans le tabernacle des trois religions monothéistes habilitées à nous gouverner à procéder au prélèvement de vos deux enfants. Dieu vous regarde, mon cher et vous ne pouvez vous soustraire à son divin désir.

 

Philippe Couillaud


 

Une petit biographie...


Philippe Couillaud vit à Bordeaux où il exerce la profession de travailleur social. Des carnets de bord plus ou moins égarés sont le domicile de son écriture, mode d'expression le plus libre possible. Il lui arrive d'émigrer vers des ateliers d'écriture. Soucieux du monde qui l'entoure et l'interroge, Philippe Couillaud cherche, par l'écriture, à transcrire ses émotions et ses idées. 

 

Son roman, "Une pluie fine et grise", est paru aux éditions du Pierregord en 2011.

Publié dans l'invité d'Aloys

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Femme de rêve... un texte de Karl Chaboum

Publié le par christine brunet /aloys

 

chaboum

 

Femme de rêve : Non merci !

 

Pourquoi toujours chanter :

« Oh! la femme de mes rêves » ?

 

Regardez par exemple ce couple de trisomiques qui se grimacent face à face. Non, ils s’échangent de doux regards, se trouvent beaux.

Cet autre, joueur de soccer, qui tient une naine par la main. Il a tout à coup envie de l’embrasser. Il la monte dans ses bras et y va à la hauteur de ses envies tandis qu’elle trépigne de ses petites jambes.

Et ce veuf âgé qui lorgne la bonne jeunette affairée à son ménage. Lui de se languir sans appât alors que la vieille d’en face soupire après lui depuis que sa femme est morte.

Cette femme, beauté rare, grande vedette, à l’humeur  exécrable, vaniteuse à l’excès, eut un jour un accident d’auto qui la défigura en un instant. Quelques mois plus tard, à se regarder dans le miroir, beauté fatale disparue, mais entendant ses amis la complimenter : « Oh ce que tu es douce ma chérie, tu nous charmes rien qu’à nous écouter. »

 

Cessons de vivre dans des rêves, la loterie du désespoir. La rêvalité est en face de nous, dans nos mains. Si malgré tout, le rêve nous hante, allons dans un parc, étendons-nous sur un banc en dévisageant le ciel : elle apparaîtra et nous caressera… pour finalement, nous bercer dans la balançoire du réel et de l’irréel.

 

À l’attention d’une mentor(2) très déçu(2) d’avoir raté l’occasion de saisir l’étalon ci-dessus pour l’incorporer à son écurie.

 

 

Karl Chaboum

www.motzart.ca


Publié dans Textes

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Pour un ami défunt, un poème de Claude Colson

Publié le par christine brunet /aloys

Pour un ami défunt

 

 

 

Vingt ans durant je l'ai croisé ;
Il est revenu en rêve cette nuit
Où au Cantal des Volcans je suis.
Alors, à lui j'ai repensé.
 
Le colosse au coeur tendre
Qui dès le début m'a aidé
Quand un furieux m'a harcelé,
 
Le bougon, le bourru,
Désagréable parfois, pour cacher l'émotion,
Le fragile, le discret, l'Homme, au fond,
Le bâtisseur aux mains nues.
 
Ce quelque chose en lui de pantagruélique !
Ce géant au regard d'enfant
Lorsqu'un propos, souvent, venait le sidérer :
Oeil pétillant, sourire content, ingénu, attendant que j'explique.
 
Le dévoreur de vie,
L'attentif aux petits,
Avec - bien sûr - ses défauts aussi.
 
Toi, de six ans mon aîné,
Toi qu'on devait aimer
Dès lors qu'on savait te regarder.
 
L'ami, comme je t'ai vu
J'essaie de te dire ici,
Comme dans mon rêve je t'ai perçu aussi.
Toi qui avec d'autres m'a fait moi ;
 
Je crois même que l'interlocuteur cette nuit revu,
Parlant avec moi de lui, eh bien, c'était toi.
 
Il me dit dans mon songe, alors que l'émotion m'étreint :
 
" Son volcan s'est éteint".

 

 

Claude Colson

claude-colson.monsite-orange.fr

Publié dans Poésie

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Ma femme est possédée, une nouvelle d'Alain Magerotte

Publié le par christine brunet /aloys

Alain

 

MA  FEMME  EST  POSSÉDÉE…

 

C’était le 4 juin. Il faisait chaud, très chaud même. Aussi, nous avions décidé, ma femme et moi, de déjeuner sur le balcon. Un parasol nous protégeait des rayons brûlants du soleil. Après le repas, nous nous étions laissé gagner par une douce torpeur favorisée par la digestion et les bonnes senteurs en provenance des jardins avoisinants.

Il devait être près de quinze heures. J’étais affalé sur une chaise pliante, la chemise bâillant sur mon torse blafard. Ma femme, adepte de la bronzette, se prélassait sur un transat. Soudain, de son GSM, retentit le célèbre riff de Satisfaction.  

Confuse, ma femme se leva, me lança un regard furtif avant de se précipiter dans le salon pour prendre la communication.

Poussé par une curiosité inhabituelle, je me penchais par-dessus le parapet. En bas, tout était tranquille et paraissait somnoler. Le temps prenait du bon temps. J’allais déserter de mon poste d’observation quand le manège d’un type attira mon attention. Il faisait les cent pas, un GSM greffé à l’oreille, dans le square situé en face de notre immeuble. Tantôt l’inconnu disparaissait derrière une haie, tantôt il s’en éloignait et regardait de façon ostentatoire dans ma direction.

De mon perchoir, je pouvais juger qu’il était grand, brun et, assez baraqué… il m’était cependant difficile de distinguer ses traits avec précision. Mais était-ce vraiment important ? Non, car je savais l’essentiel en établissant le lien entre cet homme et ma femme.

Je n’avais ni la gorge nouée, ni les jambes tremblotantes, et ne présentais aucun autre symptôme que pareille découverte provoque d’ordinaire. J’éprouvais même un sentiment de… satisfaction !

D’une allure détachée, je pénétrais à mon tour dans le salon. Ma femme terminait sa conversation. A ma vue, elle agita la main en guise d’éventail tout en se plaignant de la chaleur à haute voix. Ensuite, dans un flot de paroles dissimulant mal son embarras, ma femme prétendit que c’était sa mère qui venait d’appeler; elle me remettait son bonjour. Sa mère ? Et quoi encore ?...

Nous retournâmes sur le balcon afin de débarrasser la table. Ma femme secoua la nappe par-dessus le parapet. Quatre coups secs… que j’interprétais déjà comme un code échangé avec le grand brun baraqué qui devait toujours être en faction dans le square.

Le soir, à l’heure du dîner, ma femme toucha à peine à son assiette. Elle avait perdu son bon appétit. Un signe qui ne trompait pas. Je fis mine de m’en inquiéter.

« Je vais me dégourdir les jambes, j’ai besoin d’air, soliloqua-t-elle, je ne serai pas longue à revenir. »

Me dégourdir les jambes… mais oui… une fois à l’extérieur, j’imaginais ma femme courant, à en perdre haleine, se jeter dans les bras du grand brun baraqué qui l’avait bel et bien envoûtée.

Ma femme m’entraînait dans la ronde des fallacieux prétextes pour retrouver son amant. Tant qu’elle donnerait le change, je serais coincé et ne pourrais donc me débarrasser d’elle. Comment faire ? Je manquais d’idées et m’armais, dès lors, de patience.

Peut-être qu’un programme à la télé m’inspirerait. Je l’allumai et tombai sur une émission présentée par un type aux allures de gendre idéal. Il y avait un public et des invités mis à l’avant-plan.

Le sujet traité apparaissait sur un bandeau dans le bas de l’écran : Peut-on aimer deux êtres à la fois ?

Pour moi, la réponse était «non» et je n’avais aucune envie d’écouter le vibrant plaidoyer d’une jolie rousse capable, prétendait-elle, de supporter pareille charge émotionnelle. Je zappai et découvris un documentaire animalier où deux cerfs majestueux croisaient les bois pour les beaux yeux d’une biche. Je ne me sentais pas davantage concerné. Mon combat était, bien sûr, ailleurs…

J’entendis que l’on donnait un tour de clé à la porte. J’éteignis aussitôt la télé. Ma femme était de retour. Elle s’assit dans le canapé du salon. Je la sentais tendue et lui proposai de boire quelque chose. Son entrevue avec le grand brun baraqué se serait-elle mal passée ?

« Un café bien serré » répondit-elle.

Ma femme buvait par petites gorgées. Elle avait le regard fuyant. Quand elle déposa sa tasse, elle dit se sentir fatiguée. Elle gagna ensuite la salle de bains. Je demeurai, pensif, dans le salon.

Devais-je encore partager la couche avec ma femme ? Vu le contexte, n’était-ce pas devenu incongru ? Le contexte… le contexte… je n’étais pas censé savoir. Si je décidais brusquement de faire chambre à part, je déclencherais aussitôt une tension. J’ai toujours appréhendé les tensions. Elles sont les prémices de grandes tempêtes qui occasionnent d’inévitables dégâts collatéraux. Or, je voulais en sortir indemne coûte que coûte !

Ma femme sortit de la salle de bains, j’y entrai à mon tour.

Après m’être rafraîchi, je gagnai la chambre. Ma femme était couchée sur son côté droit. Elle me tournait le dos. Elle dormait déjà, du moins le faisait-elle croire, fuyant ainsi les confidences sur l’oreiller. Une occasion manquée.

Le lendemain, le soleil était à nouveau de la partie. Nous prîmes, ma femme et moi, le petit-déjeuner sur le balcon. Je m’étais levé de bonne heure pour aller chercher des croissants. Le square se trouvait sur le chemin de la boulangerie, je l’avais traversé d’un pas alerte. Au retour, je croisais la bigote du dessus qui promenait son chien. Elle m’apprit qu’elle avait surpris ma femme, la veille au soir, en compagnie d’un grand brun baraqué. La sollicitude d’autrui m’épatera toujours.

Elle me parla d’une altercation entre eux. Plutôt contrariant ! Une altercation qui éclata à un endroit qu’elle m’indiqua avec une précision de géomètre. Je pris l’air sous-entendu de celui qui était au courant puis m’excusai de ne pas pouvoir m’attarder, car j’avais beaucoup de choses à faire aujourd’hui.

Tout en trempant mon croissant dans ma tasse de café, les paroles de la bigote du dessus me revinrent en mémoire. Une altercation ! N’était-ce pas exagéré ? Le grand brun baraqué, à n’en point douter, était du genre nerveux, excessif, volubile… ses va-et-vient incessants dans le square en attestaient. Quant à ma femme, étant sous son emprise, elle se mettait au diapason.

Et si la voisine disait vrai ? Je me souvenais que ma femme était rentrée perturbée de son rendez-vous. Je regrettais de ne pas avoir poussé la curiosité plus loin au sujet de l’altercation… à bien y réfléchir, j’étais peut-être la cause de celle-ci... parce que ma femme ne pouvait se résoudre à rayer d’un trait vingt ans de vie commune… pire, parce que ma femme était prête à mener une double vie et tentait d’en imposer l’idée au grand brun baraqué ! Cette idée m’effrayait, me terrorisait même. Je ne pouvais décidemment pas lui faire confiance…    

Je fus tiré de mes réflexions par la sonnerie du GSM de ma femme qui déserta à nouveau le balcon. Les appels se multipliaient; l’insistance grandissait donc et moi, je tournais en rond.

O.K., ma femme était possédée et il n’était pas question d’avoir recours à un exorcisme… suis-je bête, mais si, au contraire ! Comment n’y avais-je pas songé plus tôt ? En parlant d’envoûtement, d’emprise, je tournais lamentablement autour du pot et maintenant voilà que, subitement, je la tenais enfin cette satanée idée, y avait plus qu’à la développer…

Je décidais sur le champ de rencontrer l’un de ces sauveurs d’âmes tourmentées. Bien entendu, je ne croyais pas une seconde aux «vertus» d’une telle démarche.

Je fus reçu dans le bureau d’un homme de foi. L’endroit était spacieux. Un énorme crucifix trônait au centre du mur principal qui me faisait face. De longues tentures rouges encadraient une porte-fenêtre devant laquelle pendaient des rideaux immaculés.

L’homme de foi commença par s’inquiéter de savoir si j’étais croyant. Je lui dis que oui, évidemment. Une croyance activée, précisais-je, par ce qui m’arrivait. Je n’aurais pas dû relever ce détail. Une surenchère enfantine.

L’homme de foi ne sourcilla pas et demeurait de marbre. Il me demanda de raconter mon histoire.

Pendant la relation du récit, l’homme de foi était plongé dans une profonde méditation. Le front soucieux, les yeux plissés et les mains jointes, il m’écouta jusqu’au bout sans m’interrompre.

Quand j’eus terminé, il demeura prostré durant un moment. Cela ne me dérangeait pas car je n’attendais rien de lui. Il me servirait juste de témoin. Je mis à profit son silence pour affiner le plan qui mûrissait dans mon esprit. Un plan qui me permettrait de recouvrer bientôt une liberté totale…

L’homme de foi sortit de son mutisme en me disant que l’adultère n’était pas encore considéré comme un cas de possession mais, vu le retour en force des croyances et le nombre croissant d’hommes et de femmes trompés, la question était plus qu’à l’ordre du jour dans les hautes sphères religieuses. En attendant, il m’incita à prier très fort et beaucoup. C’était, paraît-il, d’un grand secours moral.         

Je lui demandai de me guider dans le choix des prières et manifestai aussi mon intention de me procurer un livre qui en contiendrait un maximum au cas où je devrais forcer la dose.

Satisfait de ma détermination, l’homme de foi insista encore sur le fait qu’il n’existait pas meilleur remède à mon tourment; que la prière valait tous les antidépresseurs et autres absurdités qu’on faisait gober aux gens. Il ouvrit enfin un tiroir duquel je le vis extraire un épais recueil. Dans celui-ci, ajouta-t-il, je ne trouverais pas mon bonheur, mais retrouverais le bonheur ! La nuance était de taille.

Je remerciais vivement l’homme de foi qui jugea bon de préciser qu’il ne me faisait pas don du recueil mais qu’il me le consentait en prêt… sans intérêt, fit-il, pince-sans-rire.

Je pris congé de l’homme de foi. Sur le chemin du retour, j’effectuai un crochet par la ville. Je connaissais de vue un magasin spécialisé en articles religieux. Il était situé dans une rue piétonnière très fréquentée.    

Je sortis de la boutique flanqué d’un gigantesque crucifix. Profane en la matière, je pensais qu’il y avait une corrélation étroite entre la taille de la croix et la ferveur religieuse de celui qui la possédait.

En entamant les premières marches de la cage d’escalier de l’immeuble, je souhaitais ardemment croiser la bigote du dessus. Je savais qu’elle ne prenait jamais l’ascenseur parce que le toutou souffrait de claustrophobie. J’étais certain que mon chemin de croix lui ferait réviser son jugement à mon sujet; elle qui me considérait comme le dernier des mécréants. Mon vœu fut exaucé et la lueur de compassion saisie dans le regard de la bigote me conforta dans l’idée que je venais de me faire une alliée.

Comme je le supposais, ma femme était absente. Cela m’arrangeait pour mettre mon dispositif en place.

Je commençais par occulter la pièce en fermant les tentures. Ensuite, j’allumais des bougies, toujours utiles en cas de panne d’électricité, que je plaçais autour du fauteuil dans lequel je m’assis; le recueil posé sur l’accoudoir, à portée de la main gauche, et le crucifix maintenu debout, serré entre mes genoux. J’attendis le retour de ma femme, prêt à déclencher une violente crise de mysticisme. Au mieux, prise de peur panique, elle me quitterait sur le champ sans espoir de retour, au pire, je lui assénerais un solide coup de croix sur le crâne. L’homme de foi et la bigote du dessus imploreraient la clémence pour un pauvre pécheur qui, désespéré, quémanda une intervention radicale de Jésus-Christ, notre Seigneur, pour sauver des griffes du démon la femme «qu’il aimait par-dessus tout». Je ferais un bref séjour dans un asile avant de recouvrer la liberté… la vraie, la totale !  

Je fus réveillé en sursaut par les cris de ma femme. En effet, fatigué de l’attendre, je m’étais assoupi, relâchant ma prise sur le crucifix qui chuta, renversant au passage les bougies qui boutèrent le feu au tapis du salon.

 

L’infirmière entra dans la chambre, ma femme sur les talons. La première m’informa qu’elle repasserait après les visites pour prendre ma température puis s’éclipsa. La seconde me baisa le front et, tout en caressant mon bras, me demanda comment je me sentais. Bien, lui répondis-je avant de lui demander ce que je fabriquais dans cette chambre d’hôpital.   

Ma femme m’expliqua alors que j’avais été victime d’une «méchante» insolation suite à une exposition intempestive au soleil. Penché au-dessus du parapet du balcon, je m’étais écroulé d’une pièce. Par chance, je chutai du bon côté. J’aurais pu basculer dans le vide…

Je fus transporté à l’hôpital dans un état proche du coma. Heureusement, j’avais été très bien soigné. Le toubib n’allait d’ailleurs pas tarder à venir faire un topo de la situation. Elle avait à peine terminé sa phrase que le grand brun baraqué fit irruption dans la chambre et se présenta en tant que médecin-chef de l’hôpital !

A cet instant, le GSM de ma femme retentit. Elle s’excusa et sortit pour prendre la communication. Lorsqu’elle réapparut, elle me dit que c’était sa mère qui, pour la énième fois, venait aux nouvelles. Sa mère ?... Et quoi encore ?...

En attendant, j’étais mal et ne savais plus à quel Saint me vouer pour me débarrasser de ma femme !

 

Alain Magerotte

Publié dans Nouvelle

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C'est un soleil, un poème de Carine-Laure Desguin

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

desguin

 

 

C’est un soleil …

 

C’est un soleil, c’est une fleur,

C’est le facteur,

Un matin de printemps,

Annonciateur,

Des pétales de joie,

Des corolles, couronnes

En sucre d’orge,

Des pistils, saveurs

De pain d’épice.

C’est un soleil, c’est un papier

D’amour que des mots

Doux, printaniers,

Tout le long de l’année,

S’avancent entre les feux,

Capricieux, ténébreux,

Et chancellent,

Légers souffles,

Devant les lumières

Roses et belles,

De la bonne nouvelle.

 

 

Carine-Laure Desguin 

carinelauredesguin.over-blog.com

Publié dans Poésie

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Béatrice Bertieaux : La poésie. Un jardin. Pas si grand. Un mouchoir de poche

Publié le par christine brunet /aloys

 

Béatrice Bertieaux était d'accord pour un interview... Je lui ai posé mes questions... J'étais loin de m'attendre à sa réponse...

 

Je vous livre son texte sans rien y ajouter... que le plaisir de le relire encore...

 

 

 

 

http://www.bandbsa.be/contes2/bertieaux2.jpg

 

 

 

 

 

Depuis quand écrivez-vous?

 

Ce pourrait tout aussi bien être hier comme pas encore.  Lorsque j'écris, je suis cette autre.

La Poésie. Un Jardin. Pas si grand. Tout juste. Un mouchoir de poche. Rattrapé au P'tit Bonheur d'un recueil. Au hasard d'allées et venues de paroles. De départs et de retours. De lits de fleurs. De baisers. Du lilas de la glycine. De chardons et d'orties.

 

De peines à en mourir.

 

Ce pourrait tout aussi bien être un cagibi. L'on est la page. Un froncement de sourcils. Des embruns sur la couverture d'un livre.

 

Un songe. Celui d'un autre.

 

Ce pourrait tout aussi bien être. Mon atelier. Des dizaines de carnets éparpillés sous une armoire. Dans quelques tiroirs. Collés au plafond. Derrière un masque. Sur le front de ma poupée. Une boîte de feutres colorés. Des monticules de brouillons surchargés.

 

Des fourmis travailleuses. Des cahiers qui se feront oublier.

 

 

 

Pourquoi?

 

La Poésie s'enlove par le vent rassurant d'hiver. Ces soirs si froids. Quand la rêverie est si pleine. Quand  l'on est décidément cette autre.

 

 

Ce pourrait tout aussi bien être ces p'tits papiers de comptoir. Le rinforzando des silences. Des lettres rouges écrites sur un poignet. Des p'tits bonshommes maigres dessinés à même la paume pour se souvenir. Se souvenir des petits cœurs. Tous ceux-là s'éclairent à la lueur des bougies, au feu dans l'âtre. Dans ma maison tout là-bas du bord du lac.

 

 

Tu la connais, dis? Cette intimité? C'est ici que je te reçois lorsque tu me lis.

 

 

 

Un déclencheur?

J'écris de long en large. Multitudes insectes de tracés. D'arabesques. De ratures pour ne garder que l'essentiel. Le silence intuitif. Une pensée. Qui déjà n'est plus tout à fait la même. Ni tout à fait une autre.

 

 

 

Des poèmes? Des romans? Des nouvelles?

Ce pourrait tout aussi bien être un souffle. La rive d'une larme. Le bord d'une ligne. Une illusion. Comme un enfant qui sait mais qui fait semblant. Et même qu'à force de faire semblant …


 

Que vous apporte l'écriture?

Une poignée de sourires. Une étreinte de cœurs. Un lien entre étranges étrangers. Ces toujours inconnus. Une ivresse. L'abandon dans sa nudité ardente.

 

 

 

Décrivez-moi votre univers littéraire …

CHRISTIAN BOBIN en grand, en majuscules !!!: "Il n'y a rien dans l'attente, que la vie seule, nue et pauvre. (…) Elle nous apprend que l'amour est impossible et que, devant l'impossible, on ne peut réussir ni échouer, seulement maintenir un désir assez pur pour n'être défait par rien.

 

(…) Et cependant l'on écrit: c'est bien qu'il y a encore quelque chose à donner, mais on ignore ce que c'est. On le donne pour savoir ce que c'est. "(Lettres d'Or)

 

René Char: "J’ai cherché dans mon encre ce qui ne pouvait être quêté: la tache pure au-delà de l’encre souillée."

"N’ayant rien à contempler (cela m’ennuie), je me tends et me détends dans l’encoignure des braises."

"Nous nous unirons sans avoir à nous aborder, à nous prévoir, comme deux pavots font en amour une anémone géante."

 

"Les enfants et les génies savent qu’il n’existe pas de pont. Seulement l’eau qui se laisse traverser."


Cioran: Le Livre des Leurres : "(…) On ne revient pas de la poésie, de la musique et de la mystique à la philosophie. Un poète, un compositeur ou un mystique philosophent seulement dans des moments de fatigue, qui les forcent à revenir à une condition inférieure. (…) "

 

Baudelaire: Les Fleurs du Mal:

"(…) J'entends le crâne à chaque bulle

Prier et gémir:

- Ce jeu féroce et ridicule,

Quand doit-il finir?"

 

Arthur Rimbaud et ses Illuminations

"Veillées – C'est le repos éclairé, ni fièvre, ni langueur, sur le lit ou sur le pré. C'est l'ami ni ardent ni faible. L'ami. C'est l'aimée ni tourmentante ni tourmentée. L'aimée. L'air et le monde point cherchés. La vie.

Etait-ce donc ceci?

Et le rêve fraichit."

 

"Angoisse – (…) Rouler aux blessures, par l'air lassant et la mer; aux supplices, par le silence des eaux et de l'air meurtriers; aux tortures qui rient, dans leur silence atrocement houleux."

 

 

 

Et puis, tant et tant que je ne puis tous les citer … Le Livre du Saphir de Gilbert Sinoué, le Petit Prince d'Antoine de Saint-Exupéry, …  Styron, Whitman, Fante,  …

 

 

 

A ce jour, rien ne nous permet de dire que l'univers soit, soit fini, soit infini ….

 

 


 

Béatrice BERTIEAUX

 

http://beillaboheme.blogspot.com/

 

 

Publié dans interview

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Terreurs nocturnes, une nouvelle d'Adam Gray - partie 3

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

PHOTO pour 4me de COUVERTURE (ADAM GRAY)

 

 

Terreurs Nocturnes…

 

« Plains ceux qui ont peur car ils créent leurs propres terreurs. »

 

(Stephen King)

 

Part III

 

Élizabeth n’avait su descendre du lit. Réagir… Protéger Luke. Qu’eût-elle pu faire, de toute manière ? Qu’eût-elle pu faire ?… Choquée, en pleurs, elle se sentit deux fois plus coupable de penser : « Comment me protéger, MOI, maintenant ? »

Le tisonnier…

Elle s’élança, mais une gifle magistrale la fit retomber sur le matelas. Elle frotta sa joue endolorie.

Des doigts se frayèrent un chemin dans sa chevelure.

Elle poussa un cri, faisant volte-face.

Un index, un majeur et un annulaire glissèrent sur ses lèvres.

Elle bondit, cherchant les yeux jaunes tout autour d’elle, et s’empara du tisonnier. Elle fendit l’air avec.

L’arme lui fut arrachée des mains… Elle la regarda se plier avant d’être jetée au sol, et poussée sous le lit.

– Notre Père, qui êtes aux cieux, que votre nom soit sanctifié, que votre règne arrive, que votre volonté soit faite sur la Terre comme au Ciel, ânonna-t-elle. Délivrez-nous du…

TOC ! TOC ! TOC ! encore une fois… Et bien plus fort.

– Délivrez-nous du !…

Le tambourinage contre les murs reprit… Bien plus fort. Et bien plus vite.

– Délivrez-nous du MAL !!! hurla-t-elle.

Elle sentit alors deux mains glacées se poser sur ses hanches et le corps d’un homme, assurément… se coller contre son bassin. Une langue lécha son visage. À son oreille, on lui susurra de nouveau : « Tu vas crever, connasse… »

La jeune veuve se rua sur la porte, l’ouvrit vivement et se mit à courir aussi vite que possible. Au bout d’une dizaine de minutes, elle s’arrêta un instant et s’adossa à un arbre pour reprendre son souffle. Elle se retourna… tout doucement.

 

Les yeux jaunes étaient là…

TOUJOURS !

Élizabeth se remit à courir, mais elle était épuisée…

Son corps heurta violemment une masse jaillie de nulle part. Elle s’écroula.

 

Dans son rêve, elle se revit petite fille. Elle était en colonies de vacances dans les Alpes du Sud. C’était, d’ailleurs, ses toutes premières vacances sans ses parents. Bien sûr, elle avait été très malheureuse, le jour du départ… mais il y avait ce garçon, dont elle était follement amoureuse. Quel était son nom, déjà ? Ah ! Oui ! James… Ses parents étaient anglais.

Un soir, James la mit au défi de passer la nuit dehors, toute seule, et que, si elle le faisait, plus tard, ils se marieraient. La petite Élizabeth, croyant encore aux contes de fées, prit son courage à deux mains et obéit au jeune garçon infatué.

Elle eut la peur de sa vie quand, par mégarde, elle dérangea un Grand-duc aux aguets. Le rapace lui fit savoir son mécontentement en secouant ses grandes ailes ! Et jamais, jamais !… elle n’oublia ces yeux orangés.

Ces yeux jaunes…

 

Quant à James, des années plus tard, elle le retrouva sur un réseau social, racontant, sur sa page, son alcoolisme et son désespoir d’avoir été plaqué… par son mec. « Bien fait, connard ! » s’était-elle écriée, refusant, par ailleurs, sa demande d’ajout à ses amis.

 

Tout tourbillonnait. Il y avait des bruits indistincts. Peut-être métalliques. De très fortes odeurs d’épices, dans l’air, pénétraient ses narines. Ses yeux refusaient de s’ouvrir mais quand, enfin, elle se réveilla, tout son corps était endolori et son crâne comme dans un étau.

Peu à peu, sa vision s’éclaircit. Il lui sembla reconnaître la silhouette d’un homme… affairé à cuisiner, apparemment. Et marmonnant. Elle était assise sur un rocking-chair, une couverture posée sur les genoux, dans un intérieur plutôt similaire à celui qu’elle avait réussi à fuir.

L’homme portait une vieille salopette et un tee-shirt maculés.

– Où est-c’que je suis ? demanda-t-elle timidement.

L’homme se retourna ; il tenait un hachoir à la main. Élizabeth eut un sursaut – un double sursaut, en fait… en découvrant le visage atrocement défiguré de son hôte.

Il pivota vers le coin cuisine pour planter le hachoir dans ce qui semblait être une planche à découper la viande puis, d’un geste bourru, il invita la jeune femme à venir s’asseoir à sa table. Elle hésita, dissimulant sa terreur. Mais, pensant avoir affaire à un dangereux psychopathe – et qu’elle devait, à tout prix, gagner du temps –, elle obéit.

L’homme vint déposer une assiette et des couverts devant Élizabeth, puis lui servit une mixture fort peu appétissante, qui ressemblait à un ragoût.

– Vous, manger ça, fit l’homme en poussant l’assiette.

– Je n’ai pas très faim, en vérité, mentit-elle. Mais si vous avez un peu d’eau…

L’homme au triste faciès haussa les épaules, alla chercher un broc, un verre, et le remplit presque à ras bord. Après quoi, il s’assit et se mit à manger.

Tout en buvant avec empressement, Élizabeth tourna la tête et aperçut des restes d’animaux entassés dans des bassines. Cette viande devait être pourrie depuis des jours et des jours. Elle en eut un haut-le-cœur ! Et reposa son verre vide.

– Encore ? demanda-t-il.

Mais elle déclina sa proposition très poliment.

 

Observant l’homme mastiquer depuis quelques minutes, elle remarqua un chapelet autour de son cou.

– Vous êtes croyant ? demanda-t-elle avec précaution. Votre chapelet… Je me demandais…

Il s’arrêta de manger, la considéra comme si elle se moquait de lui.

– Bois, mauvais ! s’écria-t-il. Esprits, pas bons. Ça ! Protection.

– C’est très joli, dit-elle, s’efforçant de paraître cordiale, commençant à se demander si elle n’avait pas plutôt affaire à un simple d’esprit qu’à un dégénéré consanguin.

– Vous, gentille, dit-il en se remettant à savourer son plat.

– Je peux le voir ? osa-t-elle.

– Voir ça ? s’enquit-il en touchant son chapelet.

– S’il vous plaît, oui. Il est vraiment magnifique.

L’homme hésita, une expression de peur lui creusant le visage.

– Non ? Vous ne voulez pas ? insista-t-elle. Je ne vais pas le casser…

– Mais une seconde, alors, hein ? Gri-gri, mien. Moi, besoin !

Il ôta alors son amulette et la poussa jusqu’à Élizabeth, qui passa l’objet autour de son cou.

– Vous très jolie avec gri-gri mien, déclara-t-il très naïvement. Moi, avoir autre, quelque part dans maison. Vous, vouloir, autre ?

– Vraiment ? Vous êtes sûr ? s’étonna-t-elle.

– Falloir protection à vous, contre dé…

 

S’il avait pu finir sa phrase, l’homme aurait prononcé le mot « démon ».

 

TOC ! TOC ! TOC ! entendit-on à la place.

 

Élizabeth se raidit, les yeux exorbités. Son hôte se mit à hurler de terreur et alla se cacher derrière un rideau pour placard tout déchiré.

Le bouton de porte tourna tout doucement… Élizabeth se réfugia sous la table… La porte s’ouvrit. La jeune femme sentit quelque chose de froid la frôler, tourner autour d’elle et… hésiter, très longuement.

 

L’entité se désintéressa finalement de Beth et se saisit du pauvre homme, bien mal inspiré de s’être ainsi séparé de son gri-gri…

Entraîné à l’extérieur, hurlant dans les ténèbres, il disparut. Exactement comme Luke.

 

Élizabeth resta là un moment. Sans bouger.

Serrant très fort le chapelet contre sa poitrine, elle se décida à quitter la cabane et marcha loin… Très loin. Aussi loin que ses pieds le supportèrent.

Au petit matin, elle s’évanouit sur le bord d’une route.

Mais, par chance, un automobiliste aperçut le corps.

 

Après l’avoir correctement installée à son bord et ceinturée, il prit la direction de l’hôpital le plus proche.

 

Élizabeth regardait la route sinuer devant elle, mais sans la voir vraiment… Elle n’éprouvait plus rien. Penser à Luke ne la faisait même plus souffrir. Elle avait la vie entière pour le pleurer. Elle était vivante.

Vivante.

– Je vous remercie, dit-elle enfin à l’automobiliste qui l’avait ramassée, lui évitant, ainsi, de se faire écraser comme un vulgaire hérisson.

Elle tourna la tête sur la gauche et le répéta : « Merci. »

L’homme au volant se mit à grogner et baver. Il s’abattit sur la jeune femme et mordit dans la chair tendre de son cou.

C’était Luke. Le malheureux était devenu un zombie.

 

– NOOONNNNNN !!!!!! hurla-t-elle en se réveillant, frappant l’air avec ses poings et tapant des pieds sur le tapis.

– Holà ! Tout doux ma petite dame, dit l’automobiliste. Vous avez dû faire un cauchemar… Ça va ? Ça va aller ?

– Si ça va aller ? Si ça va aller !?! s’impatienta-t-elle.

– Calmez-vous, O.K. ? Je ne vous veux aucun mal, moi. Je vous ai trouvée sur le bord de la route, pas très loin du Château de la Baume ; vous connaissez ? Là, je vous conduis à l’hôpital. Vous vous êtes bagarrée avec votre homme, pas vrai ? Vous murmuriez : « Luke » quand je vous ai assise dans mon véhicule.

– L’hôpital ? Non ! Pas l’hôpital. Conduisez-moi au poste de police le plus proche. S’il vous plaît…

– La police, hein ? Bon. O.K. Va pour la police…

Il se tut, se demandant s’il n’avait pas ramassé une Catherine Tramell.

 

Un an plus tard…

 

Élizabeth rentra chez elle. Sa nouvelle séance chez le psy l’avait épuisée. S’immerger, encore une fois, comme bien des années auparavant, dans ses mauvais souvenirs de vacances dans les Alpes du Sud… Répéter, encore. Toujours la même chose…

À force d’hypnose – mais en réalité, elle s’en persuadait elle-même –, le Docteur Turner finit par convaincre Élizabeth qu’il n’y avait pas d’yeux jaunes, dans les ténèbres… Sinon ceux d’un hibou. Que ce fut elle, en fait, mais sans penser à mal, bien évidemment, qui contamina Luke, lui-même ancienne victime de terreurs nocturnes, avec cette histoire dans les Alpes.

Il n’y avait donc ni spectres ni morts-vivants…

Ni croquemitaine.

Son défunt mari, car la PTS l’avait finalement retrouvé quelques jours après le signalement de sa disparition par son épouse, avait été, et « rien que cela », au mauvais endroit au mauvais moment… Un serial killer se dissimulait à l’endroit précis où ils avaient décidé, l’an dernier, de passer leur week-end. Tout le reste n’était qu’affabulations. Un tour de passe-passe du cerveau pour ne pas affronter la réalité…

 

Élizabeth alluma son ordinateur afin de consulter ses courriels. Il y en avait un de son amie Susan – anciennement adepte, entre autres, de la fameuse planche de Ouija.

 

Liz, toujours O.K. pour ce soir ? Tu n’as pas répondu à mes messages, garce ! Bon, dis-moi, je suis allée acheter le dernier Twilight… On va passer la soirée à fantasmer, devine… sur le beau EDWARRRD !!!!!! À poil, de préférence ! Ouais, j’suis folle, je sais, mais il est trop beau ! ARGH !!!!!! Je serai chez toi vers vingt heures. Prépare le popcorn ! Salé ! Et, Liz, et là je suis sérieuse… suis un peu mes conseils et écoute ta psy, d’accord ? À force de crier au loup, les conneries, ça arrive… Tu le sais ce qui s’est passé la dernière fois que j’ai voulu faire ma belle avec mon Ouija, hein ?… C’est comme les maladies… À force d’y penser, ben tu peux finir par te les déclencher ! Capito ? Allez, @ toute ! Sue

 

P.S. : Bella est une salope !!!!!!

 

Élizabeth, un demi-sourire aux lèvres, abandonna son ordinateur et se rendit dans la salle de bains. Elle ôta ses chaussures, sa robe, ses sous-vêtements, puis se fit couler un bain, n’oubliant pas d’y ajouter quelques perles parfum « Thé Vert Citron » de chez SEPHORA.

Sue ne serait pas là avant une heure trente ; elle avait tout le temps de se relaxer… Et préparer le pop-corn. Salé !

Elle se laissa glisser dans la baignoire. Quel délice…

 

Le téléphone sonna. Le répondeur se mit en route. Élizabeth tendit l’oreille ; c’était Susan : « Liz, c’est moi. T’es où ? Je suis en route. Dis-moi, t’as fait tomber ton chapelet dans ma voiture, hier soir, en cherchant tes clés dans ton sac. Je viens de m’en rendre compte. Liz ? T’es où ? Dans ton bain ? J’espère que le pop-corn est prêt ! »

 

Élizabeth écoutait, blanche comme un linge…

Jamais, depuis, elle ne s’était séparée de son chapelet. Qu’elle le portât autour de son cou ou qu’il restât dans son sac, elle ne s’en séparait… jamais.

 

– Notre Père, qui êtes aux cieux, que votre no… commença-t-elle.

 

Très prestement, quelque chose happa la jeune femme, qui disparut sous l’eau… dans sa propre baignoire.

Dans la glace de la pharmacie entrouverte, les deux yeux jaunes, satisfaits, regardaient les bulles remonter à la surface…

 

FIN

 

 

Adam Gray

 

 

 

 

Attention ! Adam va nous proposer dans un prochain post une fin alternative... A déguster !!!!

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Une mouche, une nouvelle de Micheline Boland

Publié le par christine brunet /aloys

UNE MOUCHE

 

C’était peu après le décès de mon mari. J’avais le cœur gros. J’avais perdu le sommeil et l’appétit. J’étais devenue une vraie larve. J’errais dans la maison comme une âme en peine. Je restais prostrée des heures devant la chère photo. Il m’arrivait d’avoir des crises de larmes comparables à de longs fous rires, c’est-à-dire quasiment inextinguibles. C’est au terme d’une de ces crises que cet après-midi-là, je l’ai vue pour la première fois. Elle était posée sur ma main droite.

 

C’était une mouche, légèrement bleutée. Elle avait des yeux dorés. Je crois bien qu’elle avait pleuré elle aussi car je vis sur ma peau une minuscule flaque blanchâtre. Elle me regardait et j’éprouvai une grande joie, ce type de joie qui naît à chaque grande rencontre.

 

Un marchand de glace ambulant passait dans la rue. Sa camionnette diffusait un air de ‘la veuve joyeuse’. Un frisson m’a parcourue. Je suis allée voir à la fenêtre. Le véhicule était arrêté quasiment en face de chez moi. Des enfants achetaient des cornets. J’ai décidé de sortir et d’en acheter un. Cela faisait des lustres que je n’avais plus mangé un cornet de crème glacée ! Comme s’il y avait un âge pour cette gourmandise ! Je m’en suis délectée, tout comme la mouche s’est délectée de quelques gouttes de lait qui avaient ruisselé le long de mes doigts. Enfin, je m’étais fait plaisir. J’ai retrouvé une espèce de volupté pareille à celle que j’éprouvais quand, avec mon époux, nous allions déguster une dame blanche à la terrasse du salon de thé de la place communale.

 

Dans la soirée, j’ai allumé le téléviseur. J’ai suivi un feuilleton policier. Miracle, j’arrivais à me concentrer, je retenais les noms des personnages, je suivais le fil conducteur de l’histoire. Durant la plage publicitaire, la mouche a tournoyé autour de mon visage. Elle me parlait ! Oh, elle ne disait pas des choses extraordinaires, elle commentait les pubs comme le faisait jadis mon époux.

 

"Le dernier modèle, le meilleur. On veut nous faire croire que les autres ne valent plus rien. Nous faire dépenser, voilà le seul objectif de cette mise en scène. Des milliers d’euros qu’on pourrait consacrer à sauver des vies. Des talents artistiques sacrifiés sur l’autel du commerce !"

 

Oui, la mouche parlait. Oui, la mouche partageait certains points de vue de mon mari !

 

Elle frôlait aussi mes cheveux, mes tempes, mes oreilles, mon menton, mon cou. Des frôlements qui étaient autant de caresses. Je frémissais de bonheur. Mon cœur battait à tout rompre. Une telle douceur, un tel raffinement, une telle connaissance de la sensibilité féminine ! Le chemin de l’extase quoi !

 

Quand je suis montée me coucher, la mouche m’a précédée dans l’escalier. J’ai fait ma toilette. Lorsque je suis entrée dans la chambre, elle m’attendait sur la table de nuit. Je lui ai souhaité une bonne nuit. J’ai éteint la lumière. Je me suis assoupie au rythme d’une berceuse, sa berceuse.

 

Depuis ce jour-là, nous avons cohabité en parfaite intelligence. Je cuisinais, je tricotais, je crochetais, je brodais, je nettoyais en parlant à Miche. Oui, je l’avais baptisée Miche, une sonorité proche de Michel, le prénom de mon défunt mari.

 

Miche m’écoutait j’en suis certaine… Bien sûr, je lui disais : merci, s’il te plaît, bonjour, bon appétit, bonsoir, excuse-moi, comme je l’aurais dit à une amie. Mais plus encore je me confiais à elle. Je lui disais : "Pourquoi est-il parti si tôt, avant d’avoir terminé sa dernière toile ? Pourquoi n’a-t-il pu rien faire pour éviter le conducteur fantôme ?" ou encore "Comme je regrette de ne pas lui avoir préparé davantage ses petits plats préférés, de ne pas lui avoir massé le dos plus souvent…"

 

Miche restait immobile près de moi, posée sur l’accoudoir de mon fauteuil, sur l’appui de fenêtre ou sur le pouf. Pour me rassurer, elle murmurait le plus souvent : "Tu as fait du mieux que tu pouvais en fonction de tes obligations, de ton travail. Il savait combien tu l’aimais. Pense à tous les souvenirs que tu gardes de lui, à tous vos moments. Tout le monde n’a pas la chance de vivre une telle complicité."

 

Il y eut tous ces mois partagés avec Miche, toutes ces confidences, toute son écoute, toutes ses caresses. Il y eut tout ce bonheur de vivre à deux, de manger ensemble, de rire et de pleurer ensemble, de dormir côte à côte.

 

Miche m’accompagnait au cimetière, à l’atelier de broderie, au restaurant, à l’église, au magasin, chez le coiffeur, chez le médecin, en visite chez des parents ou chez des amis. Elle savait se montrer discrète, demeurer muette des heures durant sur le rebord de mon sac à main. Un coup d’œil vers elle et je retrouvais ma bonne humeur. Nous avions trouvé notre vitesse de croisière. Nous avions créé nos habitudes, comme un vieux couple.

 

Oui, je dois reconnaître qu’en peu de temps, j’avais renoué avec mon entrain, ma joie de vivre, mon affabilité.

 

Miche aussi avait changé ! Ses deux petites ailes avaient pris des reflets rosés. Elle avait grossi, elle volait de moins en moins volontiers, elle parlait et chantait de plus en plus, de mieux en mieux.

 

J’ai téléphoné chez différents vétérinaires de la région mais aucun n’a pu me renseigner sur l’origine du changement de coloration des ailes de Miche. Un d’entre eux m’a suggéré de consulter son frère qui était psychiatre. Comme si la maladie de Miche avait pu avoir une origine psychologique. Bientôt, vous verrez, on finira par attribuer une origine psychique à toutes les maladies des bêtes et des hommes !

 

J’ai entrepris quelques recherches en bibliothèque et sur Internet. Sans succès.

 

L’état de Miche ne s’aggravant pas, j’ai arrêté mes consultations téléphoniques et mes recherches. C’était du temps, de l’énergie et de l’argent gaspillés.

 

Un vendredi, Miche m’a accompagnée à l’enterrement de notre ancien bourgmestre. Elle était posée sur la lanière de mon sac. Le cameraman de la télévision locale filmait Jeannine, l’épouse du défunt. Cette femme, que son mari avait pourtant trompée de nombreuses fois, sanglotait sans aucune retenue. Elle levait de temps à autre la tête comme pour observer l’assemblée puis se courbant de nouveau, elle pleurait en émettant des sons gutturaux. On aurait dit une pleureuse grassement payée ou une mauvaise tragédienne. Miche, ma brave Miche, a fait ce que son cœur lui dictait. Je l’ai vue s’envoler et se poser sur le bras de la veuve !

 

Je n’ai pas crié. J’ai accepté l’inévitable, le départ de Miche ! Lorsque j’ai présenté mes condoléances à la femme, j’ai remarqué que Miche avait repris sa coloration bleutée. Une métamorphose ultra rapide. J’ai regardé Miche, j’ai murmuré : "Adieu…" et personne n’y a pris garde.

 

Un nouveau deuil pour moi ! Une nouvelle solitude ! Je passais des nuits à me tourner et à me retourner dans mon lit. Je picorais dans mon assiette. Je devais me forcer à sortir et à faire le ménage. J’allais très épisodiquement à l’atelier de broderie. J’avais perdu le sens de la lutte. Aux orties, mon projet de créer une société de protection des mouches ! Je pleurais face à la photo de mon cher époux en regrettant de ne pas avoir pris le moindre cliché de cette chère Miche. Quelle imprévoyance ! Comment n’avais-je pas pensé qu’elle aurait pu être écrasée, prise dans une toile d’araignée ou suivre un beau diptère !

 

Les jours passaient. J’envisageai d’adopter un chien, un oiseau parleur, un cobaye ou un chat… Mais que faire de lui lorsque j’irais rejoindre ma sœur, pour deux ou trois semaines, dans le Midi ?

 

Un soir, sur l’étendue brillante du marbre noir de la table de salon, je l’ai vu… Il restait sans bouger, sans émettre le plus petit son. C’était un élégant moustique, frêle, sympathique. Il me dévisageait avec compassion. J’avais envie de lui parler mais je me suis retenue. On ne sait jamais qui on a vraiment en face de soi n’est-ce pas ?

 

Je l’ai observé. Un œil sur l’écran de télévision, un œil sur lui. J’ai entendu son "bonsoir" Un son aigrelet, une voix de femme. J’ai répondu "salut l’ami".

 

Il est venu s’installer sur mon avant-bras. J’ai ressenti un délicat chatouillement.

 

J’ai dit : "Sois le bienvenu…"

 

Les premiers temps, il s’est contenté de m’accompagner partout où j’allais. Il se manifestait peu. Il était plutôt taiseux mais il musait divinement ! Le soir, il adorait danser, danser encore et encore en fredonnant des mélopées. Je l’ai appelé "Mimi" parce que cela me rappelait à la fois les prénoms de mon mari et de Miche.

 

Je l’ai photographié dans différentes postures, aussi bien en vol qu’au repos, sur fond de papier peint grenat et sur fond de tentures vertes.

 

À présent je vis donc avec Mimi, un moustique qui me fait des papouilles à n’en plus finir, qui chante et danse pour moi seule ! Je ne me lasse pas de ses chatouillis bien que je me demande s’ils ne sont responsables des carences en minéraux détectées lors de ma dernière prise de sang !

 

Mimi prend de l’embonpoint et une coloration rouge. J’ai hésité. Maintenant, ma décision est irrévocable. Jamais, je ne contacterai un de ces vétérinaires qui n’y connaissent pas grand-chose en pathologie des petits insectes mais ne l’avoueraient jamais !

 

Hier, lors du vernissage de l’exposition rétrospective des œuvres de mon mari, j’ai revu Jeannine. Elle portait une attelle à la main droite. Je me suis approchée d’elle. Je l’ai saluée. J’ai demandé : "Vous avez eu un petit accident ?" Elle m’a répondu, le regard noir : "Je me suis fracturé trois doigts en tentant d’écraser une mouche qui ne me quittait plus. Un mouvement incontrôlé. Dans l’opération, j’ai cassé un joli vase en opaline et j’ai griffé le dessus de ma commode en marqueterie."

 

J’ai poursuivi : "Et la mouche ?"

 

Elle a ri. Elle a dit : "La mouche je ne l’ai plus vue."

 

J’ai insisté : "Elle est morte ?"

 

Elle a répondu : "Que m’importe ?"

 

Puis, elle s’est empressée de s’éloigner de moi.

 

Pour me résumer, j’ai vécu avec Michel un homme charmant, un artiste, décédé dans un accident de voiture. J’ai vécu ensuite avec Miche, une mouche compatissante et je vis actuellement avec Mimi, un moustique très sensuel…

 

 

Extrait de "Nouvelles entre chien et loup", chez Chloé des Lys

Micheline Boland

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micheline-ecrit.blogspot.com

 

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Des odeurs dans ma vie, une nouvelle de Micheline Boland

Publié le par christine brunet /aloys

 

boland photo

 

 

DES ODEURS DANS MA VIE

 

5 ans : Ah l'odeur de "cuir de Russie". Tante Nelly avait reçu le joli flacon d'une patiente hospitalisée dans son service. Elle l'avait donné à Maman. Il est vrai que ce parfum à la senteur entêtante ne devait guère convenir à une jeune fille de vingt-deux ans ! Maman l'avait rangé dans sa chambre, plus précisément dans sa garde-robe. Ce qui m'attirait, c'était l'odeur si particulière (style patchouli) mais surtout la beauté du flacon en verre orné de dorures et, plus encore, le bouchon d'émeri que Maman promenait derrière ses oreilles et sur ses poignets les jours de fête. Quelle fragrance capiteuse restait dans son sillage ! C'était autre chose que l'eau de Cologne utilisée quand j'étais un peu souffrante ou employée tellement volontiers par bonne-maman. Parfois, j'avais la tentation d'aller ouvrir le flacon. Une tentation à laquelle je ne résistais pas, bien sûr mais qui ne passait pas inaperçue. Maman me grondait gentiment parce qu'elle savait avec quel soin je manipulais l'objet.

 

23 ans : L'odeur de gaufre qui me happe dès que j'ouvre la porte d'entrée de la maison un dimanche de printemps. Je suis allée au cinéma à Namur, il est peut-être 17 heures quand je reviens chez moi. Il y a l'odeur mais aussi les bruits de voix, les rires. Mon cousin Jean-Marie vient de se marier plus tôt que prévu vu le stade avancé du cancer du poumon de son beau-père. La maison qui doit les abriter est encore en travaux et mes parents ont proposé au jeune couple d'occuper un deux-pièces cuisine aménagé au premier étage de la grosse villa que nous occupons. Ce dimanche-là, mon cousin et sa femme reçoivent un couple d'amis. Maman a invité tout le monde dans sa grande cuisine, elle a préparé des gaufres de Bruxelles accompagnées de crème fraîche et de café. J'ai d'abord l'impression de tomber un peu comme un cheveu dans la soupe. Mais bien vite, je me mêle à la conversation et aide au service. Un beau dimanche, d'excellentes gaufres suivies d'une soirée amusante. Seul Papa reste un peu hors jeu, il continue de lire dans le salon jusqu'à ce qu'on l'appelle pour passer à table, puis le repas terminé, il regagne son fauteuil.

 

24 ans : Mademoiselle de Nina Ricci. Pour le mariage de mes amis Marie-Ange et Jean-Pierre, je me suis parfumée avec un échantillon de Mademoiselle de Nina Ricci. Ce sera une fameuse découverte. Quelle bonne compagnie, fraîche, florale, mais aussi assez verte, m'offre cette eau de toilette ! Combien de flacons achèterais-je de ce jus ? Nul ne le sait mais ils ne se comptent sûrement pas sur les doigts des deux mains ! Louis adore aussi cette fragrance. Nous achèterons le dernier stock disponible à l'Inno de Liège, il y a plus de trente ans.

 

36 ans : Juin, l'odeur de lys dans notre jardin. Une découverte si inattendue pour ce premier été passé dans la maison que nous avons acheté. Ils ont peut-être survécu vingt ans les bulbes des lys. À présent l'été, des œillets embaument au jardin. Louis en avait ramené une toute petite touffe offerte par une collègue.

 

45 ans : J'avais acheté une eau de toilette "Bic" Elle me plaisait bien. La première fois que je l'ai portée, nous sommes allés visiter quelqu'un à l'hôpital. Mauvais ancrage pour ce parfum que je n'ai plus guère utilisé. À peu près à la même époque découverte de Diorissimo (oh cette senteur de muguet), puis de Poême de Lancôme (un parfum floral - un flacon gagné lors d'un concours de poésie d'amour) : À ces deux parfums je suis encore fidèle !

 

Petite enfance : Odeur d'éther chez mon grand-père qui est infirmier et secouriste dans un charbonnage. Des ouvriers de la cité voisine viennent se faire soigner chez lui. À ces occasions la salle à manger devient cabinet de soins. Je ne souviens pas d'avoir entendu un cri, d'avoir vu une seule blessure mais cette odeur est restée associée pour moi aux piqûres, aux hôpitaux, à la douleur physique, à la maladie, à la mort. Uniquement des associations négatives.

 

Tant d'odeurs habitent mon univers : Odeur de potage au cerfeuil flottant dans la maison des frères à Jumet, odeur de volaille rôtie chez bonne-maman, odeur obsédante de foie gras chaud ou de choux cuisinés chez nous, odeur de cuisine à me couper l'appétit dans un bel hôtel au Grand-Duché de Luxembourg, odeur de barbecue provenant du restaurant grec près de la maison communale de Mont-sur-Marchienne, odeur de Déclaration de Cartier ou de Signoricci (des eaux de toilette pour homme qui ont une tenue parfaite), odeur de craie des classes de mon enfance, odeur de poudre de riz de Maman, odeur de lessive chez Tante Maria…

 

 

Micheline Boland

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Christine Brunet a lu "Tous les crimes sont dans la nature" d'Alain Magerotte

Publié le par christine brunet /aloys

Photo Christine Brunet

 

"De celui de lèse-majesté à celui de lèse mémère, Tous les crimes sont dans la nature"...

 

Curieuse entrée en matière, non ? 

Mais quelques mots reflets de ce livre qui oscille en permanence entre nouvelles policièreshttp://www.mabiblio.be/wp-content/uploads/2009/02/Scan%20cover%20Magerotte004%282%29.jpg et fantastiques. Des personnages forcément atypiques qui collent à leur patronyme. Des situations qui racolent le lecteur et qui l'emmènent où ? Ben vers l'improbable, le surprenant, le terrifiant, l'incroyable... les qualificatifs ne manquent pas...

Non, un autre me vient à l'esprit... le soulagement. 

 

Soulagée pourquoi ? Pas parce qu'enfin, j'ai terminé le bouquin, non... mais parce que, vous le croirez ou pas, certaines histoires se terminent bien...

 

Toutes ? Quand même pas... mais l'humour est omniprésent, noir... ou gris...

 

Un style impeccable capable de faire passer toute la palette des émotions, des situations.

 

Une atmosphère omniprésente à déguster !

 

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

 

www.passion-creatrice.com

www.aloys.me

 

Publié dans Fiche de lecture

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