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Nadine Groenecke a lu Nid de vipères de Christine brunet

Publié le par aloys.over-blog.com

nadine groenecke

 

Nils Sheridan est agent secret. Au cours d’une mission qui a mal tourné, il se retrouve entre les mains d’individus qui, après l’avoir torturé et laissé pour mort, jettent son corps en mer du haut d’un hélicoptère. Entraîné aux pires situations, il parvient à regagner la terre ferme et à se dissimuler sur un voilier sur le point de larguer les amarres. A la barre, le commissaire divisionnaire Aloys Seigner qui ne tarde pas à découvrir le passager clandestin, sans vraiment s’en offusquer.  D’Honolulu à Mururoa, un mois va s’écouler pendant lequel l’un et l’autre vont rester sur leurs gardes. Néanmoins, une semaine avant leur arrivée, la jeune femme propose à Nils de se faire passer pour son mari dont elle est sans nouvelles depuis qu’il l’a quittée pour une autre femme. De cette façon, il parvient à regagner Paris en avion sans être inquiété. Une fois dans la capitale, Aloys lui offre même l’hospitalité.

Le livre est épais (485 pages), mais on se laisse tellement prendre par le rythme trépidantCouverture Nid page 1 de l’histoire qu’on arrive à la fin sans même s’en rendre compte. Pas de temps morts, pas de scènes qui s’éternisent, rien que de l’action. On bascule vite d’une situation périlleuse à une autre, tout aussi scabreuse, et on fait le tour de la planète. Bref ça déménage ! Au fil des péripéties, l’auteur nous révèle peu à peu la véritable personnalité de l’énigmatique Aloys. Femme de tête, reconnue unanimement par ses pairs pour ses capacités professionnelles et le sang froid dont elle sait faire preuve dans n’importe quelle situation, le commissaire divisionnaire dissimule pourtant plus d’un secret. Attiré par elle, Nils, le bel Irlandais, finira par les découvrir.

Pour une fois, c’est une femme qui tient la vedette et c’est tant mieux ! Une héroïne des temps modernes qui n’a pas froid aux yeux et qui fait la pige à tous les hommes de son entourage. Tous les détails livrés par Christine Brunet paraissent tellement crédibles qu’on se demande si elle n’a pas été elle-même commissaire ou bien espionne !!!

Je verrais bien une adaptation au grand écran, pour sûr qu’elle enthousiasmerait bon nombre de téléspectateurs. En attendant cette éventualité, il ne faut  pas manquer la lecture de « Nid de vipères ».

 

Nadine Groenecke

nadinegroenecke-auteur.over-blog.com

Publié dans Fiche de lecture

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Un jeu un peu spécial sur Aloys... proposé par Bob Boutique...

Publié le par christine brunet /aloys

http://www.bandbsa.be/contes3/inconnu.gif
Qui sera la nouvelle présentatrice d' ACTU-tv ? Une femme, c'est certain. Une bruxelloise par facilité de déplacement? une auteure de Chloe des Lys ? Une nouvelle tête ? Une jeunette pleine d'ambition ? Une femme à la prestance confirmée ? Vous le découvrirez le dimanche 26 juin à 20h01 ! Les paris sont ouverts. 
Vous voulez en savoir plus sur cette émission un peu... spéciale ?
 
 

Publié dans jeu de la photo

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Bob Boutique a lu "la part d'ombre" d'Alain Magerotte

Publié le par christine brunet /aloys

bobclin

 

 

Je le lui ai dit voici quelques jours, au cours d’une séance de dédicaces et il m’a regardé d’un air ahuri ! Pourtant je maintiens. Il y a un ‘avant’ et un ‘après’ Magerotte. Je veux dire avant ‘la part d’ombre’ et après…

Avant, je connaissais un brave nounours souriant qui enchaînait ses receuils de nouvelles comme des perles sur un fil à coudre, avec une imagination débordante qui fuse dans toutes les directions : le polar, le fantastique, la science-fiction… des histoires courtes, toujours plaisantes, qui se passent souvent aux Etats-Unis (allez savoir pourquoi ?), et qu’on lisait en un quart d’heure dans le train, dans le tram, pour passer le temps, sans crainte de s’ennuyer.

Je notais bien de temps à autre, une petite phrase piquante qui sortait du lot, et donnait à penser que l’auteur était sans doute moins primesautier, que ses histoires ne le laissaient croire. Mais le gaillard cachait bien son jeu et enrobait tout ça d’un humour décapant… le genre « on ne sait jamais très bien quand il cesse de rigoler et quand il commence à dire ce qu’il pense réellement. »

J’achète donc son sixième ou septième bouquin en me disant que je lirais le soir même dans la salle d’attente d’un docteur avec qui j’avais rendez-vous et là… je m’étonne (le bic en l’air, je griffonne toujours dans mes livres).

 

 

Je retrouve ce style un peu ampoulé, poli, qui vous décrit les situations les plus cocasses comme les pires horreurs avec des mots choisis, un rien vieille France… je reconnais les nombreuses considérations personnelles, souvent très drôles qui émaillent ses récits, mais il y a autre chose….

Les mots sont plus durs, les appartés plus cinglants, le ton plus acide… comme sihttp://www.bandbsa.be/contes3/partombrerecto.jpg derrière le nounours se profilait un homme différent, beaucoup moins sociable, beaucoup moins ‘tout l’monde il est beau, tout l’monde il est gentil’, un homme qui nous explique en filigrane que sans l’écriture il trouverait la vie bien terne, insipide…. Ajoutant même que sans cette évasion, il risquerait de plonger dans la dépression ?

« je le confesse : c’est la voix de l’expérience qui me fait parler de la sorte, ayant vécu, durant la majeure partie de mon existence, en harmonie parfaite parmi ces zombies dont les préoccupations majeures se résument à manger, à boire, à dormir et à ne pas trop se torturer le ciboulot… »

« La lutte pour la survie de mon équilibre mental au sein de cette jungle féroce peuplée de ces ‘beaufs’ m’apparaît aussi ardue, aussi vaine, que le combat mené par Don Quichotte contre les moulins à vent… »

Et puis ce paragraphe horrifiant sur un personnage frappé de tics et de tocs, et obsédé par l’hygiène : « Odilon répugne à se nourrir, sachant que cela l’amènerait à déféquer. Une activité naturelle qui horrifie ce maniaque de la propreté. Hélas quand l’ estomac crie famine, que faire sinon manger ? »

Et ça continue comme ça. On en reçoit plein la gueule ! On est loin des bisounours ou des détectives minables à la recherche de femmes infidèles. Le théâtre de marionnettes de Magerotte est soudain envahi par des poupées sombres et grimaçantes, paranoIaques, shizophrènes, autistes, déjantées et….

J’ADORE.

L’ ‘après’ Magerotte me semble extrêmement prometteur et ce que j’ai lu dans ‘la part d’ombre’ me donne l’impression (mais c’est évidemment très subjectif) qu’ Alain a décidé de casser son carcan d’homme civilisé et conforme pour exploser et libérer sa…. sa quoi ?

Sa colère ? Son ennui ? Sa libido ? L’inanité des choses ?

« ‘Etronnons’ de concert dans un puissant arôme de défécation conservatoire. Nous conjuguons le son et la lumière dans une symphonie de pourfendeurs de bidules… » etc… etc…

Bon, dans ce dernier paragraphe, c’est un personnage de « Beauf blues » qui parle et non Magerotte. Mais ça sort quand même de sa tête, non ? De sa plume ?

Puis enfin, comme perdu, égaré au milieu de ces nouvelles délirantes, un bijou ! ‘La maison’. Dix pages pour évoquer la bâtisse de ses grands parents quelque part au fin fond des Ardennes où il passait avec sa sœurs des vacances ou des séjours inoubliables. Un texte d’une sensibilité rare qui apparaît dans ce livre comme un immense coup de ciel bleu dans la morosité générale. Très curieux, étrange.

Un très très bon livre. Pour moi, son meilleur.

Et je me demande déjà, s’il y aura encore un ‘après’, après cet ’après’….

Pour le reste, c’est comme tous les recueils d’ Alain Magerotte, un livre d’une bonne centaine de pages (10 nouvelles ) avec une couverture en noir et blanc sur laquelle on a oublié de déposer le logo de Chloe des Lys ( ?) et un détail qui m’a un peu énervé… un texte publié avec de larges interlignes. Mais bon sang, qu’ est-ce qui lui a pris ?

Amen

 

Bob Boutique

www.bandbsa.be/contes.htm

Publié dans Fiche de lecture

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Christine Brunet a lu "A un détail près" de Walter Macchi

Publié le par christine brunet /aloys

Photo Christine Brunet

A un détail près, 
Walter Macchi, 
Ed. Chloé des lys, 
ISBN: 978-2-87459-517-2



Je ne lis jamais de romans policiers: la peur d'être déçue, sans doute... sans doute aussi de plagier l'auteur. Alors pourquoi avoir lu "A un détail près"? Je vais être franche... La première de couverture... splendide... euh, la fille aussi... et ensuite le site de l'auteur, www.waltermacchi.com, dépouillé, très pro, très classe...

"A un détail près" est un roman policier (ça, je ne vous l'apprends certainement pas), mais1° de couverture A un détail près ce pourrait être un film: des personnages riches et bien campés, des décors originaux (Uccle, Genève, etc.), des détails techniques qui construisent l'assise réaliste du scénario et sa modernité.

Vous savez quoi ? Je l'ai lu en deux heures ! Impossible de lâcher l'histoire. Walter Macchi nous plonge dans l'univers peu connu, finalement, de la mode et de l'argent d'affaires.

Je ne vous dirai rien des péripéties... les derniers chapitres se profilent, on se ronge les sangs, on s'énerve de l'impuissance des héros face à une réalité plus forte qu'eux, et puis...

Non ! Vous n'en saurez pas plus ! Lisez !

Un excellent roman, très moderne, au style fluide, agréable qui mène sans problème les lecteurs par le bout du nez..."

Christine Brunet
www.christine-brunet.com
www.aloys.me
www.passion-creatrice.com

Publié dans Fiche de lecture

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Martine Dillies-Snaet a lu passé composé de Cathy Bonte

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

 

 

MARTINEJ’ai lu « Le passé recomposé » de Cathy Bonte


 

 

            CATHY BONTE  écrit bien, drôlement bien. Je ne peux m’empêcher d’admirer ces gens qui savent faire ce que moi  je n’arrive pas faire : des phrases simples et parfaites. Et ici, j’ai devant moi une  prose divinement  agréable à lire : les phrases  glissent les unes à la suite des autres, sans heurt, sans histoire. Telles les vaguelettes d’un ruisseau d’eau claire, elles passent devant vous et vous, vous  les laissez passer sans essayer de les attraper.  Un style des plus  agréables à lire.

 

             

Durant toute ma lecture, je n’ai  pu m’empêcher – et d’ailleurs je n’ai même pas essayé-   de m’identifier à chacun des personnages du roman. Bien souvent, le lecteur  entre  en symbiose avec un personnage particulier. Ici, l’art de CATHY BONTE  est de nous faire, et ce d’une manière  imperceptible,  endosser l’identité de  chacun de ses personnages. On est tour à tour  une fille révoltée, une mère déçue, un loubard auhttp://idata.over-blog.com/0/51/93/56/couverture_pass__recompos_.jpg cœur d’or, un garçon tendre, un père aimant … et j’en passe. Je n’ai pu m’empêcher d’entrer dans la peau de chacun d’entre eux.

Pourtant j’adhère difficilement  au roman et  cela pour  une question d’âge et non une question d’histoire : cette dernière est réellement bonne.

 

            Pour moi, ce  livre s’adresse surtout à la tranche d’âge 15-25 ans et j’oserai ajouter qu’il ferait mouche dans les écoles techniques et les CEFA. Il est à la portée de tous, tant l’art de l’écriture porté par CATHY BONTE est frais,  simple et, par là,  de haut vol. Comme l’a un jour dit quelqu’un, voici un livre qui  devrait être remboursé par la Sécurité sociale. Il sent bon la fraîcheur et l’optimisme, il force à voir le bon en chacun et donne l’envie d’être heureux.

Oui,  ce roman donne surtout le désir du bonheur, celui de la fraîcheur, du pétillement de la vie. L’histoire du « Passé recomposé » est une histoire qui ne peut que toucher ces jeunes ; ils ne pourront rester indifférents.  De cette lecture, ils n’en ressortiront que meilleurs, que « mieux dans leur peau ». Ils oseront les sentiments, le travail, le partage, la douceur.

 

            CATHY BONTE signe avec « Le passé recomposé », un livre à défendre, à recommander à vos enfants, voire à leur  professeur de français. L’étudier ensemble permettra d’en retirer toute la richesse du cœur qu’il contient.

 

            Le cœur de l’auteur doit être aussi grand que celui qu’elle nous offre avec son second livre. C'est le premier qui  attise maintenant  ma curiosité.

 

 

Martine Dillies-Snaet


http://users.skynet.be/TheDillies/ 

             

           

 

       

Publié dans Fiche de lecture

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L'appartement, une nouvelle de Claude Colson

Publié le par aloys.over-blog.com

claude colson-copie-2

 

L'appartement

 



Désoeuvrée, elle s'approcha du balcon puis rentra  à l'intérieur de l'appartement.

 
Il n'était que 10 heures en ce  matin estival et le soleil cognait déjà bien fort par dessus la montagne. Elle resta là, assise devant la baie vitrée, contemplant le calme absolu de ce dimanche. D'où elle se trouvait, elle ne pouvait voir le bas des pentes et donc aucun humain. Étaient-ils déjà debout du reste ? On était au milieu des vacances. Les seuls mouvements perceptibles étaient ceux des hirondelles qui chassaient en bande, prenant soudain toutes ensemble des virages brusques.

 
Silencieux aussi, le lent mouvement des télécabines qui se croisaient, les unes partant à l'assaut de la plus proche cime, les autres rentrant sagement à la station. Le tout en boucle incessante.

 
Un éclair furtif attira son attention, derrière les baies du chalet situé en vis à vis.

 
Elle comprit immédiatement : quelqu'un l'observait avec une lunette et venait de la déplacer pour bénéficier d'un meilleur angle de vue.

 
Il était bien tôt et elle portait un simple déshabillé un peu vaporeux. Trentenaire encore,  à l'approche de la quarantaine elle était dans la pleine maturité de sa beauté.

 
Elle sourit intérieurement en rejetant de la main l'un de ses bandeaux noirs qui venait de lui tomber sur l'oeil. Il retomba ; elle résolut de les attacher en arrière d'un chouchou. Elle sourit à nouveau discrètement, s'avisant que le geste des mains jointes derrière la tête projetait avantageusement vers l'avant sa poitrine déjà un peu lourde.

 
Ah, l'indiscret ! Eh bien, il allait en avoir pour son argent, et elle, par la même occasion, allait se faire un petit plaisir.

 

Elle baissa la tête et, comme surprise du soleil qui lui chauffait le buste,  elle fit glisser lentement ses mains de son cou jusqu'à ses seins. Très doucement, feignant la rêverie, elle les entoura, les releva et entreprit de se caresser négligemment.


Ce faisant, elle se demandait qui pouvait bien être la personne qui l'observait ce matin-là. Un homme, sans nul doute. Peut-être un bel hidalgo, un peu oisif, comme elle, et qui la trouvait à son goût, jouant les voyeurs.


Surtout ne pas montrer qu'elle avait remarqué sa présence, le plaisir n'en serait que plus grand. Ah, quel bonheur de parfois titiller l'Interdit !


Tout en accentuant se caresses, elle l'imaginait lui, derrière l'oeilleton de visée, fantasmant tout comme elle, son souffle s'accélérant peu à peu, ses mains indécises, oui... ses mains... Et elle se mit à les penser sur elle, accomplissant ces mêmes gestes qui les portaient imperceptiblement de son torse à son ventre qu'elles frôleraient, passant alors doucement sur le voile délicat. Elle le fit à sa place. Comme pour être plus à l'aise, elle écarta un peu les cuisses. Que pensait-il à ce moment ? Cette interrogation porta son excitation à son comble. Ses mains remontaient centimètre par centimètre et elle frissonna de désir.


   Elle eut juste le temps d'ouvrir grand la bouche et d'écarquiller les yeux quand la balle l'atteignit en plein front, ornant celui-ci d'une petite étoile rouge, lui arrachant tout l'arrière du crâne.

 

 

Claude Colson

claude-colson.monsite-orange.fr

 

Publié dans Nouvelle

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le jeu d'aloys... Mais qui a écrit cette nouvelle ?

Publié le par christine brunet /aloys

L'appartement

 



Désoeuvrée, elle s'approcha du balcon puis rentra  à l'intérieur de l'appartement.

 
Il n'était que 10 heures en ce  matin estival et le soleil cognait déjà bien fort par dessus la montagne. Elle resta là, assise devant la baie vitrée, contemplant le calme absolu de ce dimanche. D'où elle se trouvait, elle ne pouvait voir le bas des pentes et donc aucun humain. Étaient-ils déjà debout du reste ? On était au milieu des vacances. Les seuls mouvements perceptibles étaient ceux des hirondelles qui chassaient en bande, prenant soudain toutes ensemble des virages brusques.

 
Silencieux aussi, le lent mouvement des télécabines qui se croisaient, les unes partant à l'assaut de la plus proche cime, les autres rentrant sagement à la station. Le tout en boucle incessante.

 
Un éclair furtif attira son attention, derrière les baies du chalet situé en vis à vis.

 
Elle comprit immédiatement : quelqu'un l'observait avec une lunette et venait de la déplacer pour bénéficier d'un meilleur angle de vue.

 
Il était bien tôt et elle portait un simple déshabillé un peu vaporeux. Trentenaire encore,  à l'approche de la quarantaine elle était dans la pleine maturité de sa beauté.

 
Elle sourit intérieurement en rejetant de la main l'un de ses bandeaux noirs qui venait de lui tomber sur l'oeil. Il retomba ; elle résolut de les attacher en arrière d'un chouchou. Elle sourit à nouveau discrètement, s'avisant que le geste des mains jointes derrière la tête projetait avantageusement vers l'avant sa poitrine déjà un peu lourde.

 
Ah, l'indiscret ! Eh bien, il allait en avoir pour son argent, et elle, par la même occasion, allait se faire un petit plaisir.

 

Elle baissa la tête et, comme surprise du soleil qui lui chauffait le buste,  elle fit glisser lentement ses mains de son cou jusqu'à ses seins. Très doucement, feignant la rêverie, elle les entoura, les releva et entreprit de se caresser négligemment.


Ce faisant, elle se demandait qui pouvait bien être la personne qui l'observait ce matin-là. Un homme, sans nul doute. Peut-être un bel hidalgo, un peu oisif, comme elle, et qui la trouvait à son goût, jouant les voyeurs.


Surtout ne pas montrer qu'elle avait remarqué sa présence, le plaisir n'en serait que plus grand. Ah, quel bonheur de parfois titiller l'Interdit !


Tout en accentuant se caresses, elle l'imaginait lui, derrière l'oeilleton de visée, fantasmant tout comme elle, son souffle s'accélérant peu à peu, ses mains indécises, oui... ses mains... Et elle se mit à les penser sur elle, accomplissant ces mêmes gestes qui les portaient imperceptiblement de son torse à son ventre qu'elles frôleraient, passant alors doucement sur le voile délicat. Elle le fit à sa place. Comme pour être plus à l'aise, elle écarta un peu les cuisses. Que pensait-il à ce moment ? Cette interrogation porta son excitation à son comble. Ses mains remontaient centimètre par centimètre et elle frissonna de désir.


   Elle eut juste le temps d'ouvrir grand la bouche et d'écarquiller les yeux quand la balle l'atteignit en plein front, ornant celui-ci d'une petite étoile rouge, lui arrachant tout l'arrière du crâne.

 

Publié dans auteur mystère

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Le chien et son homme, une nouvelle d'Alain Magerotte

Publié le par aloys.over-blog.com

Alain


LE  CHIEN  ET  SON  HOMME

 

 

 


Le chien et son homme marchent depuis des heures sur des sentiers escarpés qui échauffent leurs pas lents mais réguliers. De temps à autre, un arbre, ou un arbuste, apporte un peu de fraîcheur en offrant une parcelle d’ombre. Pas une bestiole ailée ne vient bourdonner à leurs oreilles. Les insectes ont disparu d’une région livrée à une chaleur écrasante où le chien et son homme ne foulent qu’herbe sèche, poussière virevoltante et rocaille chauffée à blanc.

Ils marchent ainsi depuis des heures, sans but, avant de chercher, en fin de journée, vaincus par la fatigue, la soif et la faim, un endroit pour se reposer, boire et manger. Le soir tombant n’apporte pas la fraîcheur escomptée. C’est comme si tout s’était détraqué. Le monde ne tourne plus rond, ni même à l’envers… il ne tourne plus du tout.

Soudain, le miracle se produit… une baraque en bois se dresse à l’embranchement de deux chemins semblant ne mener nulle part. De la lumière filtre de dessous la porte.

Le chien et son homme s’approchent. Ils perçoivent des éclats de voix. Le chien aboie, signifiant ainsi son arrivée. Les voix, venant de l’intérieur, se taisent. Le chien lève la tête vers son homme comme pour lui intimer l’ordre d’entrer. L’homme obtempère.

Dans la baraque, un comptoir occupe la moitié de la largeur de la pièce. Derrière, un gros bonhomme y est accoudé. Il fait face à deux clients, un grand costaud et un petit maigre. Quatre tables, entourées chacune de quatre chaises, composent le reste du décor. Des odeurs de bière, de cigarettes et de transpiration se mêlent à l’air chaud, saturé.

Une seule chaise est prise par un type qui semble avoir son compte. La visière d’une casquette cache ses yeux, des gouttes de sueur perlent sur ses joues et coulent dans sa nuque, des auréoles souillent sa chemise. Les mains croisées sur le ventre, la tête dodelinant, il cuve.

Le chien et son homme prennent place à la table voisine. Le chien tire la langue, son homme s’éponge le front au moyen de sa liquette, laissant découvrir un corps plus sec qu’une branche morte. Il fait un signe au gros bonhomme d’apporter à boire. Ce dernier s’ébroue de derrière son comptoir et se dirige vers eux, la démarche lourde, avec une écuelle remplie d’eau et une bouteille de bière.

Le chien se précipite sur l’écuelle que lui tend le gros bonhomme et se met à laper avec vigueur. Son homme boit la bière au goulot. Il sait, le chien le lui a appris, qu’il faut cesser de boire une fois la soif étanchée. Une leçon simple, facile à retenir… visiblement le type de la table voisine n’a pas une bonne mémoire ou alors… il n’a jamais eu de chien.

Maintenant qu’il a assez bu, le chien s’étire; son homme l’imite. L’animal se met ensuite en chien de fusil pour prendre quelque repos. Son homme veille à ses côtés.

Du comptoir, le grand costaud et le petit maigre observent la scène du coin de l’œil, sans dire un mot. Ce n’est pas tant la canicule que la peur qui les rend muets. Ils devaient se douter pourtant… se douter que c’était par une forte chaleur que viendrait le seul rescapé du massacre, l’ultime survivant de l’holocauste animalière, pour éponger sa soif… parce qu’il y en a toujours un qui passe à travers les mailles du filet, qui échappe au couperet. Or, cela faisait plusieurs jours qu’il faisait chaud, trop chaud, cela faisait plusieurs jours qu’ils espéraient qu’il ne viendrait plus, espérant qu’il n’avait pas survécu. Et voilà que soudain, l’animal se trouve là, bien vivant, à quelques mètres d’eux. Ils sont frappés de surprise… ils n’étaient plus préparés à cette visite.

Le grand costaud et le petit maigre se meuvent sur leur tabouret de façon à tourner le dos au comptoir. Ils regardent le chien avec des yeux d’hommes battus. Des regards qui en disent long sur la détresse d’une humanité en déliquescence. Ils savent que le temps leur est désormais compté. Et ce chien qui les nargue par le fait qu’il est toujours en vie. Cette bête qui sommeille, sous surveillance, qu’en penser ?… Animal sacré ou témoin gênant de la folie destructrice des hommes ?

Le gros bonhomme tranche. Il faut en finir. Le plus vite sera le mieux. Oui, mais si le chien dort lourdement, son homme veille sur lui. Bah, après tout, ce n’est qu’un homme, il suffit de le débaucher… l’attirer en lui promettant qu’il pourra boire sans fin, comme l’autre à la table d’à côté. Que vaut la vie d’un chien contre le plaisir de boire jusqu’à plus soif ?

La partie est loin d’être gagnée cependant. Tout à l’heure, quand le chien a estimé qu’il avait bu assez, son homme avait fait de même… il est bien dressé !

De dessous le comptoir, le gros bonhomme sort des battes de base-ball. Les trois types, armés, s’avancent en direction du chien et de son homme. Malgré la détermination qui les anime, leur progression est lente, car la peur les tenaille. La peur de s’attaquer à quelque chose qui les dépasse… à quelque chose de plus fort qu’eux. Car, jusqu’à présent, pourquoi ce chien a-t-il réussi à échapper à toutes les chasses, à toutes les battues, à toutes les exterminations ? Pourquoi ne bouge-t-il pas alors que le danger s’avance, se précise ? L’animal détient-il une assurance si forte qu’elle lui permet d’attendre le dernier moment pour se jeter à la gorge de l’un d’eux ? Dans ce cas, qui sera la victime ? Personne n’ose prendre les paris. Dès lors, ils s’en retournent près du comptoir où ils se défient l’un l’autre du regard, se reprochant leur couardise réciproque. Ils ne se rendent même plus compte que la vraie lâcheté aurait été de se ruer à trois sur un animal pour le battre à mort. Ces pitoyables humains ont perdu tout repaire, tout sens des valeurs. Existent-ils encore vraiment ? Qui sont-ils dans cette vie qui ne rime plus à rien, dans ce monde paumé… ou plutôt ce monde de paumés où ils errent, triste espèce en voie, elle aussi, de disparition ?

Le chien et son homme semblent soudés l’un à l’autre. Une communion dont ils tirent une force inébranlable. Pour preuve, quand tout à l’heure, les trois types armés se sont avancés, menaçants, l’homme n’a pas bougé et pourtant, il ne dormait pas. C’est assez dire s’ils ont confiance en cette force qui les anime…

Les séparer !… Les séparer équivaudrait à les affaiblir… c’est ce à quoi il faudrait tendre. L’homme finira bien par avoir envie d’aller aux toilettes, il n’y amènera pas l’animal…

Le chien s’éveille. Son homme fait à nouveau signe au gros bonhomme pour qu’il leur apporte à boire. Ce dernier s’exécute. C’est de bon augure pour la suite des événements, pour l’exécution d’un plan conçu dans la précipitation. Mais, après que le chien ait vidé l’écuelle et que son homme ait fait subir un sort identique à la bouteille de bière, les prévisions des trois compères ne se réalisent pas. L’homme n’éprouve pas le besoin de se rendre aux toilettes malgré les deux bouteilles qu’il a bues. Le chien et son homme restent côte à côte.

Alors, les supputations vont bon train.

« Cet homme-là, c’est le Diable… moi, quand je bois une bière, j’en pisse deux…

- Moi, je dirais que c’est plutôt le chien, le Diable… vous avez vu comme son homme le protège ?

- Ne sont-ce pas les deux ?           

- T’es fou, y a qu’un Dieu, pourquoi y aurait-il deux Diables ?

- Dans ce cas, je vous présente le Diable et son chien…

- Pour ma part, je préfèrerais dire le Diable et son homme… le Diable prend de multiples apparences… dès lors, il peut prendre celle d’un chien…

- Je suis d’accord avec toi… d’ailleurs, on voit bien que c’est lui le maître…

- Ah oui ? A quoi tu vois ça, toi ?

- Qui c’est qu’a dormi pendant que l’autre montait la garde ?… on ne veille qu’un Prince… des Ténèbres ou d’ailleurs…

- On t’a déjà dit que tu ne manquais pas d’imagination ?

- Allons, la vérité saute aux yeux.

- Si je te suis bien… qui que ce soit le Diable… nous sommes en Enfer…

- Possible…                    

- Mais oui… t’as peut-être raison… t’as sûrement raison… cette chaleur suffocante, cette terre brûlée… nous sommes bien entrain de cuire dans le Chaudron Eternel…

- Dis, l’Enfer, tu ne penses pas que c’est nous, les hommes, qui l’avons créé ?

- Tu voudrais dire par là que nous sommes coupables de tous les maux de la terre ?

- Je veux dire par là que Paradis ou Enfer, c’est nous qui le créons par nos agissements… nous sommes les seuls responsables de ce qui nous arrive, en bien ou en mal…

- Dans ce cas, il n’y a ni Dieu, ni Diable…  mais alors, à quoi rime la vie ?

- Ben… à pas grand chose…

- C’est horrible ce que tu dis… retire ça tout de suite !

- Que je le retire ou non, ça ne changera rien…

- Je vais te prouver, moi, que Dieu existe… et sur le champ ! 

- Ah, oui et comment ? Je suis curieux de voir ça… »

Le petit maigre voit sa curiosité rapidement satisfaite… le gros bonhomme lui défonce le crâne d’un violent coup de batte.

« Non mais t’es dingue » hurle le grand costaud, éclaboussé du sang de son compagnon.

« Je… je ne sais pas ce qui m’a pris… c’est… c’est la main de Dieu qui m’a guidé… il… il n’aurait pas dû dire ça… c’est la main de Dieu qui l’a puni… » Le gros bonhomme dépose la batte sur le comptoir et regarde ses mains, hébété. Le grand costaud s’empare de la massue. 

« C’est la faute à ces deux-là, il désigne le chien et son homme, ils ont amené le doute, ici. Je m’en vais leur donner une leçon.

 - Les touche pas, ça risque de porter malheur » s’écrie le gros bonhomme qui, à son tour, s’est armé d’une batte.

« Y pas d’autre moyen pour en sortir vivant » tempête le grand costaud.

Le gros bonhomme s’interpose, l’autre le bouscule. Il s’ensuit alors une terrible bagarre entre les deux hommes. Une bagarre où les têtes se transforment en punching-balls, où les membres se fracassent à grands coups de batte. Au bout du compte, il n’y a que des vaincus. Encore quelques velléités lasses, des coups mous, désordonnés, des coups dans le vide… et, finalement, deux corps meurtris qui s’affalent, brisés, anéantis.

Le chien et son homme ont assisté à la scène sans broncher. Et, toujours sans broncher, une fois les adversaires au tapis, ils se lèvent pour commencer la curée.

Le chien s’attaque au gros bonhomme. Il plante ses crocs puissants dans l’abdomen qu’il déchire, lacère. Il enfouit ensuite son museau dans les entrailles ruisselantes de sang et arrache les tripes sanguinolentes qu’il jette sur le sol où elles s’écrasent dans un plouf de chair molle. Il s’active frénétiquement à déchiqueter les boyaux fumants qu’il engloutit avec gourmandise puis, lape le sang goulûment avant de se remettre avidement à l’absorption des entrailles.

Pendant ce temps, son homme s’occupe du grand costaud en se délectant de ses cuisses et de ses avant-bras, à l’apparence d’appétissants jambonneaux.

Gavés, le chien et son homme abandonnent les corps déchiquetés. Le type, affalé sur la chaise, continue de cuver, épargné du carnage… comme quoi, l’alcool conserve. 

Le chien et son homme quittent les lieux pour reprendre la route. Ils marcheront ainsi dans la nuit chaude et poursuivront leur marche tout le jour suivant, n’ayant qu’un but, celui de trouver un endroit, le soir tombant, pour se reposer, boire et manger. Car, dans ce monde qui ne tourne plus, pour subsister, le chien et son homme comptent sur les croyances ancestrales qui ont la vie dure…

 

 

 

Alain Magerotte

Extrait du recueil "Le démon de la solitude", Ed. Chloé des lys

Publié dans Nouvelle

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Délivrance, un poème de Jean-Yves Le Dorze

Publié le par aloys.over-blog.com

 
 http://www.bandbsa.be/contes2/ledorzetete.jpg
 
 Délivrance, un poème(inédit)

De quelque part
La terre
D'où trempé de force
Vient-il
D'un fond de mer
Ou du côté de l'aride mont?

Puis un regard
Enclavé en son œil
Un air de bleu
Et il manque à l'espace du ciel

J'ai tout pris
A l'air insurgé
Debout sur l'arête du froid
Et les mains caressant
L'idée d'un départ
Pas... dans la clarté de l'aube

Et encore plus...Encore
De la lumière
Me donne...
Le poème

Et la montagne
Me laissant dans
Les yeux du Monde.

Jean-Yves Le DORZE

"Le Cri des Encres", en attente de référencement

Publié dans Poésie

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Philippe Desterbecq a lu de l'autre côté de la rivière, Sybilla, d'Edmée de Xhavée

Publié le par aloys.over-blog.com

 

Phil D

 

 

"De l'autre côté de la rivière", c'est une chanson de Gilbert Bécaud. Ajoutez-lui un prénom "Sybilla" et vous aurez un très bon livre d'Edmée de Xhavée.

  Voilà déjà un bon moment que je connais Edmée. Nous nous sommes rencontrés par blogs interposés. Elle venait de publier "Les Romanichels" que je me suis empressé d'acheter et de lire.

Un peu moins de deux ans plus tard, je retrouve Edmée avec son nouveau bouquin "De l'autre côté de la rivière, Sybilla".

La couverture m'attire; je lis à peine le résumé, je n'hésite pas et je commande le livre chez Chloé des Lys.

Sitôt reçu, je commence sa lecture, sûr de l'effet qu'il produira sur moi. Les lecteurs du bloghttp://www.bandbsa.be/contes3/rivieresybilla.jpg d'Edmée savent ce que je veux dire. Sa littérature nous accroche et nous vivons avec elle les différentes aventures qu'elle nous relate, aventures qui sont souvent des pages de vie, d'une vie riche en rencontres et en découvertes.

Ce que je ne savais pas en lisant ce bouquin, c'est qu'il me plairait plus encore que "Les Romanichels".

"De l'autre côté de la rivière, Sybilla" est un très bon bouquin, impossible d'en douter! 

Emma et Jean, deux enfants au passé douloureux, ont grandi et ouvrent un restaurant. Lors de son inauguration, ils invitent tous ceux qui ont compté dans leur vie : ceux qui ont été bons pour eux, comme ceux qui les ont blessés dans leur existence car les épreuves font grandir, pas vrai?

Et ils se souviennent de leur parcours, de leurs joies, de leurs tristesses, ... Les invités font l'objet de souvenirs. Edmée nous invite à parcourir leurs existences, à découvrir leur caractère, à s'interroger sur leurs actions et peut-être même à les comprendre quand ils agissent mal.

En filigrane, on découvre Sybilla, l'ancienne gouvernante des enfants, qui est une narratrice tout à fait particulière de ces faits de vie. Plusieurs fois, je me suis demandé comment elle pouvait connaitre tous ces personnages aussi bien, leurs faits et gestes, leurs sentiments. Ca me semblait impossible et le roman n'en était pas tout à fait crédible. Je me suis même dit qu'Edmée aurait dû choisir un narrateur extérieur à l'histoire.  Puis, j'ai compris car, de là où elle se trouve, elle voit tout, elle sait tout.

Je ne vous en dirai pas plus pour ne pas trop dévoiler l'intrigue. N'hésitez pas, frottez-vous à la plume d'Edmée, rencontrez Sybilla, Emma, Jean, leur famille et leurs amis. Vous ne pourrez passer qu'un agréable moment.

J'espère, Edmée, que tu nous prépares un troisième roman dans lequel nous pourrons plonger avec autant de délectation.

 

 

Philippe Desterbecq

philibertphotos.over-blog.com

philippedester.canalblog.com

 

Publié dans Fiche de lecture

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