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Alain Magerotte a lu "Entre chien et loup" de Micheline Boland

Publié le par aloys.over-blog.com

Alain

 


Boland, mal an, Micheline sort son recueil de nouvelles.

 

Waow, une ancienne psy, me dis-je, et dire que je n'ai pas du tout lu Freud ! Comment vais-je m'en sortir ? Je m'imaginais déjà me farcir des phrases du style (même si ce n'est pas vraiment un langage de psy, mais vous allez comprendre pourquoi j'ai choisi ce texte…) : "La réintroduction contradictoire d'une discontinuité non-historique prospective affirme la libération du magma de la procréation dans l'illumination parfaite de la béatitude cosmique exaltée…"

 

Si d'aventure quelqu'un ou quelqu'une tente de me faire parvenir un soupçon d'explication à ce galimatias, il me copiera cent fois : "Je dois cesser de faire le malin devant mes petits camarades." Cette phrase, en effet, ne veut strictement rien dire ! C'est juste le fruit d'un esprit surchauffé, le mien en l'occurrence.

 

Pub ! (Hé !... Y a pas de mal à se faire du bien, d'autant que sur L'ACTU, elle est gratos, merci Bobichounet…) Cette phrase, je l'ai placée dans une des nouvelles que l'on retrouvera dans mon prochain recueil, LA PART D'OMBRE, qui doit sortir à la fin de cette année 2010. Heureusement, le reste n'est pas à l'avenant et coule de source telle l'eau claire… Tout le monde s'en f… ? O.K., mais je préférais le signaler… au cas où cela intéresserait malgré tout l'une ou l'un. Fin de la Pub.

 

NOUVELLES ENTRE CHIEN ET LOUP comporte 19 nouvelles pour le prix de 20,70 €. 1,089 € la nouvelle, c'est donné. Voilà en tout cas un beau cadeau à faire car ce recueil est passionnant de bout en bout. Je ne vous ferai pas languir davantage, passons dès lors en revue ces 19 récits.

 

Une mouche : originale et intéressante complicité entre une femme et une mouche. Rien à voir avec Madame Mouche à beurre (Butterfly, pour les anglophiles). En fait, c'est une veuve éplorée qui trouve du réconfort grâce à la présence d'une mouche. Des liens se tissent (heureusement pour la bêbête que ce n'est pas une toile, sinon…) et la Dame lui donne même un nom : Miche… à la mémoire de son mari qui s'appelait Michel.

 

Et tant pis pour les enculeurs de mouche qui trouveront sûrement à redire quant à la durée (trop longue) de la vie de la mouche Miche. On s'en balance, le but est atteint, et c'est l'essentiel, car, dès le départ, on est à la fois accro et intrigué par cette singulière connivence.

 

Voyage… : Micheline nous décrit avec une précision diabolique (Normal quand on vit avec Devil(le) !… Lucifer, sors de ce corps !) les sentiments par lesquels passe un type qui n'a pas le courage de dire à sa maîtresse, beaucoup plus jeune, que c'est fini entre eux.

 

Les laides : Certains disent, et vont même jusqu'à le chanter, que l'amour ça rend beaux les laids… et bien, noss Micheline nous dresse le portrait d'une laide qui reste laide malgré l'amour qu'elle porte à un homme… marié ! Pire (comme disait Luc…), cet amour ne la rend pas plus belle "à l'intérieur"… car cette laide, telle l'araignée tissant sa toile, tente, petit à petit, de mettre le grappin sur Gaetano (nom du bonhomme)…


Mais, pourquoi LES laides ?… Caramba, y en aurait-il donc plus d'une dans ce récit ?... Affirmatif, la mère de Gaetano n'a pas un physique facile ("plus correct"… on en reparlera…), elle non plus. Il semblerait, heureusement pour lui, qu'elle n'a pas trop déteint sur son "gamin"…

 

Rendez-vous : Un quiproquo… Une arrivée tardive… et tout cela dans un parc, cadre champêtre s'il en est… une balle perdue… qui nous rappelle, malgré les arbres et les petits oiseaux, qu'on vit dans un monde de brutes…

 

Un peu de printemps en hiver… : Une belle histoire d'amour entre des personnes du 3ème âge… touchante l'attitude de ce Gino… vraiment, c'est le genre de type qu'on aimerait avoir comme copain quand on est… célibataire… car il plaît, le bougre ! Il n'y peut rien, c'est comme ça… pauvre petite victime, va !... Un poco Gigi l'Amoroso, no ?...

 

Folie: Bizarre cette Paulette… la sens pas très bien, c'te femme-là… l'aurait dû s'appeler Pas nette…
Consultons la carte, voulez-vous ? Au menu : la vengeance; à déguster tantôt comme un plat qui se mange froid sur un lit d'hôpital (Une vengeance), tantôt comme un plat qui se mange chaud dans un resto (Pour l'amour de Boubou).

 

Alarme ou pas ? : Monique et Arnaud… Harold et Maud à la sauce hennuyère ? ...

 

Une amie véritable : Paraît que l'amitié a un prix… il est assez élevé si l'on se réfère à ce9782874593581_1_75.jpg récit. Le coût du risque en plus et vous obtenez une somme exorbitante…

 

Dernier devoir : Françoise est atteinte d'un cancer. Dès qu'elle a entendu la sentence, elle a su qu'elle allait abréger sa vie, avant que la maladie y mette un terme. Cependant, avant de disparaître, elle échafaude un plan diabolique contre son ex, je ne vous raconte pas l'horreur… non, je ne vous la raconte pas !

 

Il capriccio della fontana : Isabelle vient d'avoir 40 ans. C'est l'année de son divorce et de la perte de son emploi de secrétaire. Mais, c'est aussi l'année d'un héritage suite au décès de son parrain.
Isabelle fréquente assidûment un petit resto italien "Il capriccio di Paolo" et là, elle se laisse aller à rêver d'Italie, de Rome (Ben oui, elle ne va tout de même pas rêver de Francfort et de saucisses…), jusqu'au jour où elle entre en contact avec un homme assis à la table d'à côté. Est-il réel ?... Sort-il de… ? Ici, on touche au fantastique…

 

Rencontre romaine : Rome sous la pluie, Rome sous le soleil. Le charme d'une ville, le charme de ses habitants, plus sympas que fous ! Si cela vous botte, allez-y faire un tour, sinon, tant pis, tenez-vous en à vos gauloiseries…

 

Bienheureux les cœurs purs : Rien ne va plus entre Juliette et Bernard qui n'a rien d'un Roméo. Pas Capulet mais Crapuleux, il assène à une cadence régulière des reproches et des insultes à l'adresse de sa compagne. Le ton monte, aigu, et ce n'est certes pas par la magie d'un voyage en montgolfière (à ne pas confondre avec une personne à défi spécifique hautaine, patience on y vient…) que leur amour reprendra de la hauteur. Bien au contraire, malgré les apparences, ça vole bas… On y arrive enfin… Dans ce récit, on apprend que Juliette a trouvé un emploi de technicienne de surface. Ce politiquement correct m'amuse toujours. Je pense sincèrement qu'il n'y aucun déshonneur à exercer le métier (ingrat) d'ouvrière d'entretien ou de femme de ménage. Perso, je trouve la dénomination "technicienne de surface" assez cynique. En effet, le mot "technicien" suggère une spécialisation, un diplôme… que ne requiert pas l'occupation de femme d'ouvrage. C'est un mal pour un mieux.
D'autres expressions dans le genre foutage de gueule (heu, pardon, dans le genre politiquement correct) ne sont pas piquées des vers non plus :

Un échec : succès différé, Un facteur : préposé aux communications, Un coupe-gorge : quartier sensible, Être expulsé : faire l'objet d'une mesure d'éloignement, Une déportation : transfert de population, Une caissière : hôtesse de caisse, Un terroriste : activiste, Un balayeur de rue : Agent d'entretien, Un handicapé mental : personne à défi spécifique… Et moi, je me demande qui est cette bouche d'évacuation pour aliments digérés (trou de balle) qui nous prend pour des personnes en quête de neurones (cons) ?

 

Attendre : Une rencontre sur Internet, un rendez-vous et puis, l'attente… souvent le meilleur moment… parfois le pire quand l'autre a du retard, beaucoup de retard… tout en finesse, tout en douceur… magnifiquement décrit !…

 

Curieux homme : Toujours vert, le pépère, non ?… Et sûrement pas parce qu'il est écolo… voyez ce que je veux dire… Un homme presque parfait : Virginie tombe amoureuse de Claude, sacristain intérimaire dans la Paroisse. Un sacré sacristain qui a tout pour plaire, tant physiquement que moralement… mais comme rien n'est parfait en ce bas monde, il y a un hic pour Virginie… son minou !... Hé, ho, c'est le nom du chat (un rouquin) de Claude ! Faut savoir que Virginie a la phobie des chats…

 

Un environnement plus sain : Bien que n'ayant point subi de traumatismes durant ma jeunesse… je ne supporte pas le bruit ! Surtout les engins pétaradants ! Cependant jamais au grand jamais (même si l'envie me prenait), je ne lancerais mes deux fifilles, Sally et Betty, à l'assaut de tels olibrius… je ne voudrais pas qu'elles subissent le sort de Marquis et de Jerk !... Brrrr !...

 

Un entêtement comme un autre : Claudine Moureau s'obstine à trouver un lien de parenté entre Antoine Brunchemain et le frère de son époux qui est décédé. Dans le genre tenace, c'est une épée la Claudine…

 

Les personnages de Micheline Boland sont des gens simples, comme vous et moi. Leur vie n'est pas extraordinaire dans le sens premier du terme (qui sort de l'ordinaire). Et pourtant, par la magie de son écriture, Micheline Boland réussit à donner de belles couleurs à ces vies confrontées à des situations courantes.

 

Mme Boland est une des locomotives des Éditions CdL, pas parce qu'elle se prénomme Micheline, mais parce qu'elle possède un incontestable talent de conteuse…

 

 

Alain MAGEROTTE

 


Publié dans Fiche de lecture

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Céline Gierts a lu "La Marie-Thérèse" d'Hugues Draye

Publié le par christine brunet /aloys


http://www.bandbsa.be/contes2/giertstete.jpgMais qui est donc Marie Thérèse ? Marie Thérèse a-t-elle tant de charisme pour que ces quelques mots prononcés distraitement, sans sérieux ou avec médisance intentionnelle bouleverse la journée de José ?


Marie-Thérèse ou l’effet pygmalion : « Apporte moi un peu de considération et je serai meilleur, traite moi comme un moins que rien et je ne te décevrai pas dans ton diagnostic» ? Sommes-nous tous esclaves du regard de l’autre ? 


Qu’est-ce que cette femme représente pour José pour que ces quelques mots prennent tant de pouvoir sur son estime de lui-même et sur sa perception des autres ? Est-il amoureux ? http://www.bandbsa.be/contes2/marietherese.jpgRessemble-t-elle à tous ceux qui l’ont méprisé ou aimé avant elle ? 


Voyage d’un homme au centre de lui-même. Dans sa tourmente et son questionnement, les autres ne peuvent être que des images soumises à son imagination sans fin. José n’ouvre pas réellement sa porte à l’autre, il est trop occupé à se chercher lui-même et à lutter contre les fantômes de son passé.


José témoigne de la fragilité et du questionnement humain, de la vulnérabilité à la parole de l’autre. Une histoire originale en deux versions pour nous rappeler le poids de mots et du regard que l’on porte au monde et sur ceux qui y vivent ou y survivent…

 

 

Céline Gierts

Publié dans Fiche de lecture

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Quelques Haïkus de Micheline Boland en ce jour de Noël... et puis ? Karl Chaboum et Hugues Draye, des textes pour nous surprendre !

Publié le par aloys.over-blog.com

 

boland photo

Quelques haïkus de Micheline pour célébrer la fin de l'année : 


Les rois mages passent
À la lueur des bougies
Audace du rêve

Retourner chez soi
Messe de minuit finie
Une étoile brille

Les bas suspendus
Devant le foyer ouvert
Viens Père Noël !

Parmi les déchets
Les emballages cadeaux
Déguster la bûche

Sur le carrelage
Une boule de Noël
Le chat est passé

Les boules incassables
Le sapin artificiel
Seuls les vœux sont vrais.

Gui porte-bonheur
Attaché au luminaire
Voler un baiser.

 

 

 Micheline Boland


Visitez le site de Micheline : http://homeusers.brutele.be/bolandecrits/
Visitez le blog de Micheline : http://micheline-ecrit.blogspot.com/

 

 

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grosse-camerachaboum.jpg

 

 

Mammarizzou 

 


Sa tactique est différente des pappa.

Elle se maquille en mère portant un gros bébé.

Quand la vedette sort de chez elle, elle se met à pleurer :

« J'ai une crevaison. Je ne peux pas rentrer à la maison. »

Tandis que l’autre cajole l’enfant...

 la mamma prend ses photos, et les planque là.

 

 

 

KARL CHABOUM

http://karlchaboum.blogspot.com/

 

 chaboum

 

 

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H.drayeJOURNAL DE BORD, MERCREDI 17 NOVEMBRE 2010


 
"Tu m'excuses mais je dois aller bosser !", me dit, derrière un grand sourire, une barbe, une casquette, un gars qui a pourtant pris l'initiative (il me connaît, sans doute) de me saluer.
Encore une porte qui s'ouvre pour se refermer ensuite ?
Allez, Hugues, ne le prends pas pour toi !
 
Avenue des Celtes, Etterbeek, un bistro a pris la place d'un ancien, en travaux depuis belle lurette. Endroit select (apparemment). La serveuse, grecque d'origine, lisait un bouquin sur ... l'énergie.
 
Verrai-je ma chérie ce soir ?
 
En langage informatique, j'aim'rais qu'on méclaire sur le sens du mot "podcast".
 
Delphine, qui habite au 18 rue de ..., avec laquelle j'ai repris le train depuis Tournai, me laisse une empreinte ... plus que forte. Son sourire ! Ses longs ch'veux ! Son apparence de fermeté, de dur'té, quand elle écoute, quand elle ne rit plus ! D'accord, je suis déjà pris ... et j'assume, j'assure (la Delphine est aussi prise, sûr'ment). Mais voilà, j'aim'rais la r'voir.
 
Et Catherine, qui, une demi-heure avant que je ne reprenne le train depuis Tournai, dimanche dernier, et qui attendait sa fille qui rev'nait de Louvain-la-Neuve (le train qu'elle attendait avait du r'tard à cause des inondations), qui habite à Villeneuve d'Ascq (près de Lille), avec ses ch'veux courts et frisés ... encore une qui m'a laissé quelques étoiles dans les yeux, dans mon coeur et dans ... (vous m'avez compris). Je pourrais, sur le champ, reprendre une correspondance et filer dans son île, si les circonstances le permettaient. D'accord, encore une fois, je suis déjà pris (et je ne le regrette pas). Et notre Catherine n'est sûr'ment pas le genre de femme qu'on laisse seule !
 
Et N..., avec ses longs cheveux noirs, sa robe noire, son nez de clown, accompagnée de sa fille qui ne termine pas sa glace ... mmmm, je ne dis pas non, non plus ...
 
ET E..., avec sa voix rauque, de vingt-quatre ans ma cadette (je pourrais être son père), qui étudie au Conservatoire, dont le compagnon (avec lequel elle est depuis trois ans) est chanteur ...
 
J'ai bien voyagé le week-end dernier.
 
Je parcoure "Mauvais enfant", un livre "témoignage" de Julie Poncelet. Poignant ! 
  
une écluse, déterminante pour mon retour
les sgraffiths ont d'autres légendes dans d'autres villes
celui qui me sauve

celle que je découvre
 
 Aïe ! Je ne retrouve pas le petit carnet de dessin, sur lequel je tente volontiers quelques ébauches.

 
Nerveusement, je cherche, tandis que deux p'tites vieilles entrent dans le bistrot, et n'attendront sans doute pas trop longtemps, avant de vouloir s'asseoir.


 
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UN QUART D'HEURE AVANT D'ALLER CHANTER

  
Maint'nant ...
 
Le fameux bloc de dessin se trouve probablement à la maison, dans une caisse où je l'ai remis.
 
Dans un cas extrême ...
 
J'en ai un autre, déjà.
 
J'aurai p'têt l'opportunité de chanter, rue des Tongres, d'y faire une animation, le sam'di 4 décembre prochain.

Hugues Draye
huguesdraye.over-blog.com


*********************************** A LA UNE **************************

Bibliothèque de Lessines

(Grand Place)

Mercredi 12 janvier 2011 19h30

 

A la rencontre d’un auteur :

 

Jean-Philippe Querton

 

 http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:c7Xy0siilgPexM:http://www.meurs.be/images/publiques/Jean-Philippe_Querton.jpg

 

 

Auteur de romans (Le Poulet aux Olives, Pronunciamiento, Mortelle Praline, L’homme à la Chimay bleue, Les Perdants), de centaines d’aphorismes, il évoquera son actualité, à savoir un livre de cuisine (Trésors de la cuisine du Hainaut) et d’un livre - témoignage à paraître en 2011 : «  La Méthadone m’a tué » 

 

Rencontre avec passionné des mots, discussion autour de l’écriture, de la création littéraire…

 

Une rencontre conviviale à ne pas manquer.

Séance de dédicaces à la fin de la soirée.

 

Renseignements : 068/27.05.20

 

http://jeanphilippequerton.e-monsite.com/

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Barbara Flamand : 1ère partie "Les vertiges de l'innocence", extrait de la nouvelle "La longue vue"

Publié le par aloys.over-blog.com

http://www.bandbsa.be/contes2/flamandtete.jpg
1ère partie "Les vertiges de l'innocence"

Extrait de la nouvelle "La longue vue"


 Je demandai si je pouvais ouvrir la fenêtre arrière pour admirer le parc. En acquiesçant, Madame Martin s’installa devant son piano ; elle me fit entendre quelques gammes puis m’annonça une sonate de Chopin. Les yeux mi-clos, elle se mit à jouer en balançant légèrement le haut du buste. La musique la transportait et l’embellissait, mais ce visage nouveau n’était pas l’expression du bonheur, et peut-être, ne fermait-elle les yeux que pour mieux accorder sa plainte intérieure aux accents mélancoliques de la musique. Je portai mon regard vers le ciel ; l’envolée de ces notes méritait une autre dimension que cette chambre et ses murs, elle aspirait à l’immensité bleue et aux mystères qu’elle recouvrait.


Je regardai alors le parc, sublimé par la magie de la musique, l’étang aux nénuphars, les deux statues à l’entrée de l’allée principale, le petit pavillon mangé par le lierre grimpant... Quelle bonne idée j’avais eue d’emporter la longue-vue !


Je la braquai d’abord sur les statues, deux nymphes pudiques qui ouvraient le chemin vers l’entrée du pavillon, puis sur celui-ci, plus exactement sur la fenêtre que le lierre épargnait encore. D’un coup, la lunette s’emplit des formes rebondies de Mademoiselle Martin, étalée sur un sofa. Le corsage entr’ouvert donnait le champ libre à deux pamplemousses ; une jambe repliée prenait appui sur le sofa d’où l’autre jambe avait glissé. Une main d’homme agenouillé gravissait la pente de ce genou au... fourré, terminus de « la petite bête qui monte ».

Sans lâcher prise, l’inconnu s’étira de côté pour atteindre, par la bouche, un des pamplemousses. Les mains crispées sur la longue-vue, j’étais incapable d’un mouvement ; la sonate de Chopin ne parvenait plus jusqu’à moi, j’avais oublié l’existence de Madame Martin. L’œil dilaté par la stupeur et la curiosité, je n’avais qu’une envie : connaître l’identité de l’homme et ce qu’il allait advenir du pamplemousse qu’il semblait dévorer.

Surprise. Il abandonne le fruit et la partie charnue de Mademoiselle Martin retrouve son volume initial ; il l’abandonne. Pour faire quoi ? Pour déboutonner sa braguette. Se faisant, il se met debout et de profil, me laissant ainsi reconnaître Monsieur Martin Junior. Monsieur Martin junior qui a perdu sa superbe et sort nerveusement de son pantalon un attribut que je ne connaissais qu’aux petits garçons et qui, chez Martin junior prend une dimension surprenante et inquiétante. Pas le moins du monde inquiète, Mademoiselle Martin replie sur son ventre ses deux jambes en les écartant, de sorte que son frère, en se couchant sur elle, trouve la place suffisante pour caser son bâton. Mais qu’en fait-il ? Qu’en fait-il ?

Empourprée, fiévreuse, je ne savais pas que Madame Martin avait cessé de jouer. Et quand j’ai entendu : « Que regardes-tu avec tant d’attention, Poupette ? », mon cœur s’est mis à battre si fort que j’ai cru qu’elle allait l’entendre.

Il fallait retrouver mes esprits et cacher la vérité :
– Je regardais les terrils derrière le parc.
– Tu n’as pas écouté ma musique, toi non plus.
-  Oh si ! m’écriai-je en courant vers elle.
– Tu es rouge comme une pivoine.
 

 Je me reprochais d’avoir peut-être déçu la douce Madame Martin, je répondis : « Il ne fallait pas me dire comme ça que je n’écoutais pas votre musique. Cela m’a peinée ».
– Petite Poupette, dit-elle en m’attirant, tu es sensible, toi. 
 
 J’eus les yeux humides, partagée entre la honte de lui mentir et la pitié que j’avais d’elle. Elle m’embrassa. « Je vais aussi regarder les terrils ». Et elle tendit la main vers la lunette d’approche. « Oh non, dis-je, le plus calmement possible, vous seriez déçue, ils sont plus beaux de loin que de près ». Elle me fixa ; son air scrutateur enleva toute mollesse de son visage, puis elle me dit : « Tu as raison, beaucoup de choses sont plus belles de loin que de près ».

Je me demandais si elle avait deviné mais ne devait-elle pas pour deviner, déjà savoir ou pressentir... Cette éventualité me chavira davantage et je hâtai ma sortie. Comme je refermais la porte, je vis Madame Martin se diriger vers la fenêtre, et en même temps, j’entendis Monsieur Martin faire son entrée dans le hall. Je descendis doucement en regardant par-dessus la rampe. Le commandant Martin enlevait ses gants avec précaution, laissant à Jeanne le loisir de l’examiner: 
– Avant de vous présenter chez Madame, dit-elle, voyez si les cheveux que vous portez sur votre uniforme sont bien les vôtres.
– Toujours la même sollicitude de votre part, répondit, avec ironie, l’officier. Croyez que je vous en suis reconnaissant.
 

Il me sembla que je devais faire entendre mes pas afin de prévenir tout autre propos, regrettable devant une présence étrangère à la maison.

Je remontai doucement quelques marches, puis descendit en courant.

Le commandant tourna la tête, me regarda de haut en bas et de bas en haut, sourit légèrement : « Charmante apparition ! Inattendue dans cette triste maison ! », puis, s’adressant à Jeanne : «Quelle est donc cette petite ravissante pleine de promesses ?»
– Si vous étiez plus souvent ici, vous connaîtriez les enfants de la rue ! dit-elle d’un ton bourru. C’est Poupette, voyons !
– Mais bien sûûuûr ! Bonjour, Poupette. La prochaine fois, ne te sauve plus quand je fais mon entrée !
 

Il monta les marches, le buste bien droit et lança encore à l’adresse de Jeanne : « Il y a au moins un père chanceux dans cette stupide rue » ! 

Barbara Flamand

artsrtlettres.ning.com/events/les-vertiges-de-linnocence
www.facebook.com/people/Barbara-Flamand/1296670185

Publié dans Textes

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Lunessences se présente...

Publié le par aloys.over-blog.com

Marie-Ange-Gonzales-Lunessences.png


Passe le temps
 
Premiers cris, premiers pleurs aussi
Tendres années, à regarder s‘enfuir la vie.
Douleurs, peines et pleurs aux quatre saisons dispersées
Attente fertile, passé exorcisé, c’est avec toi que je renais
Saison aux couleurs de feu
Tu me fais vivre intensément
Bien plus fort et encor’mieux
Que mes anciens printemps.
Mais trop vite tu vas me quitter
Et t’enfuir, et me laisser
À l’Hiver et ses fêtes
À l’Hiver et ses tempêtes.
Peupliers enflammés des couleurs de l’Automne
Lèchent le ciel noir mélancolie
Avant qu’au loin ne résonne
L’hallali de ma vie.
Sur mes cheveux la neige se posera,
Trace du temps, de mes peines et de mes joies
Mais dans mes yeux, témoins de mon bonheur
Mon amour sera pour toi, jusqu’à ma dernière heure
Peupliers enflammés des couleurs de l’Automne
Lèchent le ciel noir mélancolie
Pendant qu’au loin résonnent
Les derniers frissons de ma vie.

 
Marie-Ange Gonzales (Lunessences)

 
 
 
Pour la présentation, je ne sais trop quoi vous dire... ce n'est pas si simple de parler de soi, en tant que personne, c'est je crois un peu trop banal. Je vous dirai simplement que je suis une vie qui aimerai partager avec toutes les autres vies, les beautés des émotions et leurs profondeurs. Les regrets et les remords sont douloureux mais nécessaires à la bonne construction des émotions vraies. L'amour la haine, le bonheur et la peine ne vont jamais l'un sans l'autre. 

Lunessences

Publié dans Poésie

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Micheline Boland... une écharpe bleue pour Noël

Publié le par aloys.over-blog.com

boland photo

 

Une écharpe bleue pour Noël

 

 

"Depuis que je joue sous le maillot rouge, je me sens pousser des ailes."

 

Vincent n'en croit pas ses oreilles. Et s'il suffisait, oui, s'il suffisait que sa mère porte une écharpe bleue ou un châle bleu comme celui que porte la Vierge Marie pour changer de comportement !

 

La petite phrase prononcée lors du journal télévisé matinal par Grégory, la nouvelle étoile montante du football national, fait naître en Vincent un grand espoir.

 

En ce 23 décembre, Vincent n'a pas encore fixé son choix pour le cadeau qu'il offrira à sa mère, le jour de Noël. Vincent craint tant de lui déplaire ! Voici que Grégory lui souffle une magnifique idée !

 

La mère de Vincent s'y entend pour le rabrouer. Pour elle, il y a toujours un "mais…" qui gâche le compliment, une grimace qui gâche la marque de tendresse.

 

"Bien sûr, tu as eu 9/10 en mathématiques mais tu écris si mal…"

 

"Bien sûr, tu as rangé correctement ta chambre mais j'ai dû te le rappeler deux fois."

 

Quand il a vu, hier, la Vierge posée dans la crèche de l'église, auprès de la couche où Jésus sera posé la nuit de Noël, Vincent s'est dit que pour elle il n'y avait sûrement jamais de "mais". Jamais de moue réprobatrice face à une trace de confiture aux commissures des lèvres, jamais de sourcils froncés. Vincent a vu le voile bleu de la Vierge. Un bleu tellement doux, un bleu inoubliable.

 

"Maman, je peux aller faire un tour sur le marché ? Je voudrais acheter des images pour ma collection."

 

"D'accord mais ne traîne pas."

 

Arrivé sur le marché, Vincent brûle d'impatience de trouver le foulard ou l'écharpe du même bleu que le vêtement de la Vierge. Soudain, le pouls de Vincent s'accélère. Devant lui, l'objet de sa convoitise, une superbe écharpe en soie bleue d'un prix raisonnable.

 

"Tu as bon goût jeune homme. Celle qui portera cette écharpe, ne pourra qu'être douce." Cette réflexion du marchand attise plus encore l'espoir de Vincent.

 

Le matin de Noël, Vincent offre l'écharpe à sa mère. Miracle, celle-ci le serre contre son cœur, chuchote un "merci, poussin" pareil à celui que Marie devait chuchoter à Jésus.

 

Souvent la mère de Vincent a porté son écharpe, pour réchauffer un pull décolleté, pour agrémenter un polo ou un t-shirt. À chaque fois, Vincent réentendait un "merci, poussin" qui avait la tendresse d'un cantique de Noël et qui manifestait la bienveillance de Marie. Quelque chose de Noël accroché aux "mais" et aux moues de sa mère. Quelque chose qui adoucissait l'ordinaire.

 

 

Micheline Boland

 

http://micheline-ecrit.blogspot.com/

http://homeusers.brutele.be/bolandecrits/

Publié dans Nouvelle

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Hugues Draye se présente...

Publié le par aloys.over-blog.com

H.draye
j'ai édité, jusqu'à présent, cinq bouquins chez Chloé des Lys
 
je suis né à Charleroi, le 19 avril 1962
 
j'écris des chansons, je m'accompagne à la guitare, parfois au piano
je chante dans des cabarets, des salles, dans la rue, dans l'métro, pour des potes, en France, en Belgique, depuis ... 1982; plus de 400 chansons à mon actif; trois CD's autoproduits
 
je travaille, la s'maine, comme facteur (à Ixelles, Bruxelles)
 
en dehors de la chanson, et de l'écriture : je fais de la photo, je me mets un peu au dessin
une autre passion : marcher, randonner
un rêve (encore) : un jour, qui sait, conduire un bateau
quant aux livres édités chez Chloé des Lys:

- BELIER POUR TE SERVIR (2002), recueil de textes de chansons, avec explications concernant les origines des chansons
- FACTEUR, OU VAS-TU ? (2004), roman, fiction, partant de la poste (milieu où je travaille), avec des personnages recrées
- LA MARIE-THERESE (2006), deux nouvelles partant exactement de la même manière, et bifurquant à un moment donné
- CHEMIN FAISANT (2009) : en deux tomes, l'un reprend des textes de chansons, l'autre des nouvelles
.... "BELIER POUR TE SERVIR", premier livre édité chez CHloé des Lys
 
des textes de chansons ... avec un commentaire supplémentaire, lié à l'origine de ces chansons ...

 
un extrait ...
  
LES INTERMEDIAIRES (texte de chanson)
  
Tu les flaires déjà deux cents mètres à la ronde
Ces grands serviteurs acharnés de Monsieur Tout l'Monde
Et si tu ne parviens jamais à cerner leur bord
Z ont pas leur pareil pour alimenter ton décor
  
LES INTERMEDIAIRES
PULLULENT SUR LA TERRE
EN BRAVES CHIENS DE MISERE
ET MOI LE POETE
DU HAUT DE MA PLANETE
JE LEUR SERS DE TROUBLE-FETE ...
  
plus loin, explication de cette chanson ...
  
Cela se passait un jeudi matin sur le marché de Carpentras (France). Je sillonnais les rues ensoleillées bordées d'échoppes.
  
J'avais enfin repéré un petit coin tranquille, sorti ma guitare, installé ma housse par terre, déposé une assiette pour la manche et entamé deux ou trois chansons qu'une dame vint m'aborder sur un ton qui n'était pas spécialement agréable
  
"Je suis désolée, monsieur, mais on ne peut pas jouer ici !" ...

Hugues Draye
huguesdraye.over-blog.com

Publié dans Réflexions

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Karl Chaboum et Hugues Draye dans le Journal de bord... Et A la UNE !

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

chaplin-moustache.jpg

Charlie black voice 


- Charlie, tu es joliment naïf charlatan.

C’est pourquoi ces dames t’aiment tant.

- C’est quoi un stichou ? Jamais entendu.

- Ah ! Ah ! j’t’ai fait parler, mon gaillard, tu n’seras jamais plus muet!

- J’le sais mieux que toi. On m’a enterré en 1977. Cause toujours mon lapin.

 

chaboumKarl CHABOUM

http://karlchaboum.blogspot.com/

 

 

 

 

 

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H.draye

 

Sans contester le sens, la nécessité de l'autorité ...

 
Sans contester les règles de vie et la nécessité des chefs, dans pas mal de cas ...
 
Je n'ai jamais aimé (et je ne suis pas l'seul) une certaine façon d'être ... autoritaire.
 
Les tons froids, les tons cassants, les tons grossiers, les tons impératifs, les tons péremptoires, les tons insultants, les tons sarcastiques, utilisés par mal de chefs (ou d'autres qui se substituent au rôle de chef), parce que la fin justifie les moyens ... alors qu'avec la tendresse, le dialogue, la confiance, l'échange, on peut arriver au même résultat ...
Non !
 
"Il y a être autoritaire et avoir autorité", dirait ma chérie.
 
Je m'en rappelle encore ...
 
De ces instituteurs qui traitaient les élèves de "bébés", de "paysans", en leur tirant les oreilles, en leur balançant les frotteurs à la gueule, en les giflant, en les fichant à g'noux sur l'estrade ...
 
De ma mère qui criait, ou déclenchait des drames épouvantables, parce qu'on n'avait pas rangé les couverts dans le bon tiroir, parce qu'on n'avait pas nettoyé l'assiette du chat dans les cinq minutes qui suivaient l'instant où elle l'avait "demandé" ...
 
De ces condisciples, en primaire, oui ces gars de mon âge, qui bénéficiaient de la confiance de l'instit', qui parlaient comme l'instit' ...
 
De ces chefs de table, au réfectoire, quand j'étais en primaire (au Collège du Sacré Coeur, à Charleroi, chez les jésuites) ...
De celui qui était en 6ème primaire, quand j'étais en 1ère ... celui à qui je disais "stop" quand il versait la bière de table dans mon verre et qui persistait à remplir mon verre à ras bord ... et qui m'obligeait, sans gentillesse, à terminer mon verre ...
 
De mon frère (deux ans plus jeune que moi), à qui on donnait l'argent de poche, parce qu'il avait (plus que moi) le sens des ... réalités ... et qui avait travaillé dans des restos, dans des hôtels, dès l'âge de 15 ans ... et qui faisait des spaghettis, lorsque, le sam'di après-midi, quand mes parents étaient partis ...
Et qui me menait la vie dure, qui m'engueulait au moment de faire la vaisselle ... parce que je n'allais pas assez vite (alors que je f'sais ce que je pouvais) ... et qui argumentait : "le jour où tu travaill'ras pour un patron !"
 
La liste est longue.
 
Ce genre de rapports de pouvoir, en sous-main, en catimini ...
 
Ca se vérifie aussi à l'âge adulte.
 
Au boulot, hier matin ...
 
J'avais encore au moins cinq bacs de lettres à trier, à jeter. Du reliquat. Des lettres datant de deux jours, parfois.
On m'avait promis de l'aide, mais ... pas assez de personnel.
 
Final'ment, Patrick, un collègue se décide à trier trois de mes bacs.
 
Ce s'rait si simple si ça s'arrêtait là.
 
Mais non !
 
A un moment donné, le Patrick arrive vers moi avec deux "Femmes d'aujourd'hui", datant de la s'maine dernière.
 
"Tu les portes aujourd'hui !", me dit-il, sur un ton affirmatif.
 
Or, la chef m'avait bien spécifié : "Tu portes d'abord ce qui date d'aujourd'hui.
"Et pour le reste ?", avais-je demandé.
"Tu fais ce que tu peux"
 
Ce n'est pas tombé dans l'oreille d'un sourd. J'ai, donc, commencer à classer mon courrier, selon les priorités ... et sans m'arrêter (je connais des collègues qui s'arrêtent volontiers pour descendre sur le quai et fumer leur cigarette ... je ne les critique même pas).
 
Deux de mes collègues, délégués syndicaux, ayant pu remarquer le nombre "trop" consistant de bacs qui me restaient à assumer (tout seul) m'ont dit :
"Désolé, Hugues, y a une heure où les surcharges doivent être parties ... le reste, tu le laisses ... on ne peut rien te faire"
 
Cinq minutes plus tard ...
 
Le Patrick, qui m'aide à séparer, trois bacs, revient à la charge avec ses deux "Femmes d'Aujourd'hui" de la s'maine dernière ... qu'il faut à tout prix porter.
Je me surprends à répondre : "non !"
"Enfin, ce n'est pas pour deux !", insiste-t-il.
"C'est une question de principe !", je réponds ... pour ne pas (encore) me laisser saturer davantage.
 
Cinq minutes plus tard ...
 
 "Hugues !"
 
Le Patrick revient à la charge. Ce n'est pas un timbre de voix que j'entends, que je reçois, mais ... une détonation.
Déjà ... trier le courrier, classer les abonn'ments, sans arrêt, sans relâche, durant presque quatre heures d'affilée, c'est toute une énergie (physique) qui s'amenuise, qu'on perd.
Alors ...
Une voix qui gueule, ça vous achève !
 
"Hugues !"
 
Il n'arrête pas.
 
"Hugues ! Un bac vide !"
 
Presque pas militaire, le zouave !
Sous prétexte qu'il me rend service ?
 
"Hugues ! Un bac vide !"
 
Et rebelote ...
 
Il n'est pas fichu de voir que je bosse, que j'ai b'soin qu'on me fiche la paix, que j'ai b'soin de toutes mes plumes pour voler, que j'ai b'soin du minimum de concentration (qu'il me reste encore) pour arriver à mes fins?
Est-ce trop pour lui que de se lever et de prendre deux bacs vides ? Y en a tout plein à côté de lui.
 
"Hugues ! Allez, un bac vide !"
 
Je suis trop KO pour résister. Je tremble, même. Je m'arrête, je respire. Et je finis par lui porter ... ses deux bacs vixdes, c'est (encore) plus simple.
 
Et il revient (pour la énième fois) à la charge avec les deux "Femmes d'Aujourd'hui" de la s'maine dernière, qu'il faut à tout prix porter.
 
Et je lui oppose (encore) résistance ... sans broncher.
 
Et il finit par me balancer : "t'as la vie facile, toi !"
 
Oui, Patrick !
 
Et ce matin (la nuit porte conseil), quand je suis arrivé sur ma place ...
 
J'arrivais à peine à me faufiler.
 
Le Patrick, ce gugus notoire (pas méchant, final'ment ... juste grande gueule, éparpillait, comme d'habitude, ses bacs vides à proximité de mes bacs pleins.
 
Heureus'ment (pour moi) : j'ai bien dormi, entre temps.

Hugues Draye
huguedraye.over-blog.com


***************************** A LA UNE **************************************

nadine groeneckeL'association ADILL (Associa-tion de Défense et Illustration des Littératures en Lorrai-ne) vient de décerner le prix Victor Hugo à Trop-plein, son premier ouvrage. Ce prix récompense chaque année un auteur lorrain autoédité ou publié par une petite maisonphoto couverture nad d'édition. 

 

Un énorme bravo !

 

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le-bibliothecaire.pngAvis... Dans le dernier numéro du bibliothécaire (nov-déc), des articles pour les auteurs CDL suivants : 

- Marcel Baraffe pour "Ultiméa", 
- Catherine Boy pour "Marc, si tu savais", 
- Alain Bustin pour "Albert ou la quête d'un marathonien", 
- Hugues Draye pour "chemin faisant", 
- Nathalie Marcon pour "le château imaginaire",
- le collectif "révolutions" CDL, 
- Georges Roland pour "c'est le brol aux marolles",
- Léo Sani pour "Amours et manigances", 
- Jean Vigne pour "Pensées noires".
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Psyché, l'autre face... Un poème de Patricia Lhommais

Publié le par aloys.over-blog.com


http://www.bandbsa.be/contes2/lhommaistete.jpg 

Psyché, l'autre face


 

Son regard dénué de rêves

Contemple mon ego décentré.

Juste et glacial, il m'observe

Et dresse adroitement mon autoportrait.

 

Je devine à l'ombre de son œil noir

Ma laideur et ma démence.

A ma personne il fait miroir.

Humblement je reçois l'offense.

 

Je ne peux plus croiser cet œil,

Reflet de mon ego désenchanté.

De mes effrois je fais le deuil.

Ma torpeur est ensanglantée.

 

Il est le psyché de ma difformité,

Moi, méprisable et hideuse.

Chaque fois en lui je renais.

Ses mains sont de ma vie les meneuses.

 

Je suis le festival de l'horreur.

L'œil rivé sur moi me cingle,

Me rappelle que je ne suis qu'un leurre.

Enfin, il trouve la faille et l'épingle.

 

Et moi, dans un état psychédélique,

Je n'ose faire face à ce regard

Qui mon surmoi écosse et décortique.

Je reste prostrée, les yeux hagards.

 

 

Il me semble que tout à coup j'avorte

D'un passé dont il ferme la porte.

Je suis là, anesthésiée, l'âme épurée

D'un abcès jusque là surinfecté.

 

Je crache ce venin qui étrique ma gorge.

Mathématiquement l'œil éventre le kyste.

Soudain j'aime le regard de mon psychanalyste.

Et ma stupeur se désengorge.

 

 

Patricia Lhommais

patricialhommais.20six.fr

 

Publié dans Poésie

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Gauthier Hiernaux a lu "L'homme à la Chimay bleue" de Jean-Philippe Querton

Publié le par christine brunet /aloys

gauthier hiernaux2La mort par la Grande Bleue

 

«Ma décision était irrévocable, définitive et sans appel, je voulais me noyer dans la trappiste et en mourir. » C'est par cette phrase, terrible et irrévocable comme la sentence d'une peine capitale, une accroche qui fiche un sacré froid dans le dos, que Jean-Philippe Querton, nous ouvre la porte de son roman « L'homme à la Chimay bleue». 

 

Boire jusqu'à ce que mort s'ensuive. jamais tentative de suicide n'aura été, pour moi, si passionnante, non que je sois un fervent partisan de cette mise à mort programmée mais Jean-Philippe Querton a réellement le don d'entrainer son lecteur - que dis-je ? de l'incorporer à son récit !

 

J'ai lu deux fois « L'homme à la Chimay bleue ». La première, il y a plusieurs années tout simplement parce que j'avais lu un article élogieux à son endroit. J'avais été on ne peut plus d'accord avec le critique. Quelques années plus tard, décidé à rédiger moi-même une fiche de lecture, je m'y suis réattelé avec le plaisir de celui qui revient sur les lieux de belles vacances.

 

Je me souvenais des grandes lignes du récit mais les détails me sont revenus avec plus de force.

 

On ne peut pas rester indifférent face au destin du héros. D'abord parce que Jean-Philippe Querton a rendu le personnage extrêmement attachant dans sa déchéance (on comprend, qu'en sus de la maladie, c'est la mort de sa fille qui le pousse à se noyer dans la 'bleue') mais, enhttp://www.bandbsa.be/contes/chloe/chimay.jpg plus, parce qu'on sait que le sort de l'individu est réglé depuis le début. Les péripéties ne serviront qu'à retarder l'inéluctable.

 

Je ne saurais trop conseiller la lecture de cet ouvrage qui prend aux tripes et vous laisse sur le carreau assoiffé.

 

Assoiffé de vie. 


Gauthier HIERNAUX

http://www.grandeuretdecadence.wordpress.com/

 

Publié dans Fiche de lecture

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