Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

textes

Sur les chemins de Saint-Jacques de Compostelle, un texte de Louis Delville.

Publié le par christine brunet /aloys

 

delvilletete

 

CHANGEMENT DE DÉCOR

Choisissez une image de personnage et une image de lieu et imaginez ce que fait cette personne à cet endroit précis (plus il y a de contradiction entre les deux images, mieux c'est)…

J'ai choisi une photo d'une jeune femme se baignant en bikini dans la mer.

J'ai choisi une photo de coquille Saint-Jacques.


Sur les chemins de Saint-Jacques de Compostelle

 

Qu'allait-elle y faire sur cette route ? Partant de Namur, Jacqueline a suivi les coquilles dorées placées en rue et très vite, les bords de Meuse se sont révélés bien agréables. Le pâle soleil belge lui donnait des ailes et les kilomètres succédaient aux kilomètres. La France était en vue.

 

Les pèlerins qu'elles rencontraient se plaisaient à lui raconter leurs exploits passés mais aussi futurs. La traversée des grandes plaines semblait lui convenir. Elle parcourait en un jour ce que d'autres faisaient en deux ou trois étapes.

 

Un entraînement d'enfer ! Depuis deux ans, elle marchait de plus en plus. Elle en était arrivée à dégoûter tous les compagnons qui voulaient aussi la défier !

 

En moins de trois semaines, Jacqueline était en Espagne !

 

Chaque soir à l'étape elle téléphonait à son ami François, resté en Belgique. Elle lui décrivait les chemins emprunté, les villages traversés et lui, à l'autre bout du fil, prenait consciencieusement note de son récit et le retranscrivait sur son ordinateur.

 

Le dernier soir, elle ne téléphona pas et il commença à s'inquiéter. Peut-être une panne de téléphone, se dit-il pour se rassurer… Le lendemain, toujours rien ce qui commença à inquiéter François.

 

Où était Jacqueline ? La police avertie, on commença les recherches. Pourtant le chemin qu'elle avait dû emprunter était facile et sûr. Quelques témoins l'avaient vue approchant de la basilique. Elle s'était évaporée en quelques minutes.

 

François décida de se rendre sur place en avion et en dépit de ses efforts, il revint en Belgique complètement désespéré par cette disparition.

 

Pendant ce temps-là, au Couvent des Dominicaines Cloîtrées de Saint-Jacques de Compostelle, on préparait l'intronisation de la nouvelle mère supérieure Sœur Jacqueline, venue de Belgique.

 

Louis Delville

http://louis-quenpensez-vous.blogspot.com/

 

http://www.bandbsa.be/contes2/noelouis.jpg

 

Publié dans Textes

Partager cet article
Repost0

Improbable rencontre, Alain Bustin et Marie Claire-George.

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

Alsace-010.jpg

 

 

 

Improbable rencontre

 

M-C georgesOui, improbable rencontre que celle d’Alain Bustin (« Albert ou la quête d’un marathonien ») et de Marie-Claire George  («L’ange gardien »). Car si Alain court la montagne avec plus de fougue qu’à vingt ans, on n’y croise plus souvent Marie-Claire dont l’endurance toute relative n’est plus qu’un souvenir. Alors, comment se fait-il ?...

 

Novembre 2010.

Tournai, un salon du livre un jour de pluie. Deux chaises vides en bout de table, elles sont pour nous. Quelques mots échangés, un courant de sympathie, tout est écrit.

 

Juillet 2011.

Chamonix, la mer de glace un jour de grand soleil. Un seul chemin qui mène au Signal. Promesse tenue, instant magnifié. La montagne nous bénit de sa lumière.

 

- Alain ! Tu n’avais rien exagéré, il n’y a pas de mots pour tant de grandeur !

- Des mots ? La montagne se suffit à elle-même, il suffit d’admirer.

- Je comprends mieux, maintenant, ce que ressent ton Albert à courir les sommets.

- Qui resterait insensible devant tant de perfection majestueuse, la coulée du glacier,  les arêtes enneigées qui nous tirent vers le ciel ? Comment ne pas être interpellé ?

- Toi, tu viens souvent ici.

- Et c’est chaque fois le même bonheur. Le même, et pourtant différent.

- La montagne ne change pas...

- Pas à notre rythme, c’est vrai. Mais notre vie n’est pas figée et c’est pour cela que je la regarde chaque fois d’un œil neuf.

- Explique...

- La montagne, c’est un miroir. Un miroir qui reflète notre propre chemin de vie. NosBustin émotions, nos expériences, nos attentes, nos craintes, nos espoirs... La vie avance, nous voyons les choses différemment mais toujours elle nous offre une nouvelle énergie.

- Elle a pris dans ta vie une place importante.

- Essentielle. Elle fait partie de moi.

- Depuis trop longtemps je n’avais plus grimpé sur de tels sentiers, quel bonheur de m’y retrouver avec toi. Face aux Drus, nous nous retrouvons à notre vraie place. La place que cherche ton Albert dans le roman, la place qu’il trouve.

- Ici, l’évidence est devant toi : tu n’es rien, sauf par le sens que tu donnes à ta vie. Accueille l’instant, suis ton chemin, vis-le.

- C’est la route qui est importante.

- L’écriture aussi est un chemin, tu ne trouves pas ?

9782874595103 1 75- Bien sûr, et c’est un autre bonheur. Là aussi, il faut prendre le temps mais le temps, c’est tellement relatif !

- Et chaque instant porte sa richesse.

- Richesse qui se glisse parfois dans l’écriture...

- A propos, quelque chose en route, Marie-Claire ?

- Tu sais bien : un premier roman dont je viens d’écrire le dernier mot. Le chemin d’une9782874594625 1 75 femme simple et généreuse à travers les hauts et les bas de la vie, sa montagne à elle, en quelque sorte. Et toi , Alain ?

- Un second épisode de la vie d’Albert, le bonhomme nous réserve encore bien des surprises ! J’aimerais terminer le roman avant la fin de l’année. Ecrire, quelle aventure !

- Aventure, c’est bien le mot. Un risque, un hasard, une chance... et d’improbables rencontres !

- Alors, à bientôt, Marie-Claire ?

- Bien sûr... le temps de m’entraîner pour vous suivre, Albert et toi, vers d’autres sommets !

Publié dans Textes

Partager cet article
Repost0

Chez les Maussades, un texte de Georges Roland

Publié le par christine brunet /aloys

 

rolandtete

 

 

Chez les Maussades

Le nationalisme est une maladie infantile.

 C'est la rougeole de l'humanité.

Albert Einstein

 

Maître Tancrède, depuis la jetée de Telle la Vive, fait de grands signes vers le navire de Gothelon. Le roi s'est posté sur la proue de la barge réale, et scrute l'horizon comme un capitaine au long cours. Il porte une main en visière sur le front, et constate que personne d'autre n'est présent pour l'accueillir, que son conseiller. Les Maussades le battent froid depuis qu'il leur a interdit de contre-attaquer les bandits Salibiens qui razziaient leurs villes. On a frôlé l'incident diplomatique. C'est qu'ils tiennent à leur terre, ces gens ! Il l'ont gagnée à la force du poignet, et maintenant qu'ils y sont installés, ce ne sont pas les frasques d'une bande de bandits barbus qui vont les en déloger. De la barbe, les Maussades s'en font pousser avec assez de verve, pour permettre qu'un autre, hein, ne les rase !

De plus, ils n'aiment pas beaucoup se faire rabrouer par autrui, pas même par Gothelon. Afin d'obtenir l'autorisation d'escale chez eux, il a dû promettre de faire célébrer le nouvel an maussade dans tout son royaume, en vouant chaque vendredi saint un cierge amoché (peu importe lequel).

Ce geste n'a pas suffi. Il a encore fallu leur remettre deux générales et un capitaine d'industrie avéré, pour voir dans leurs yeux un soupçon d'aménité.

Forts de ces nouvelles recrues d'élite pour leur armée, ils ont enfin baissé pavillon, et se sont bornés à quelques pieds de nez de belle facture à l'encontre de leurs ennemis. C'était là le moins à leur autoriser.

Gothelon, toutefois, les sent rancuniers. Non contents de cracher dans la main qui avait nourri leur avènement, il jurerait qu'ils lui en veulent encore.

 Sans doute, en guise de protestation, ont-ils décidé de laisser l'allié sudiain se ravitailler chez eux, mais de ne pas lui témoigner de joie excessive lors de son passage. Ce serait bien dans leurs mœurs. Lors de sa croisade, Gothelon avait remarqué chez eux une neutralité affectée, un peu trop condescendante pour être vraiment sincère. Comme pour lui dire : « Nous, si on y va, ce ne sera pas pour des prunes ! ».

Ces gens sont redoutables d'efficacité. Sur le terrain comme en affaires, d'ailleurs. Parce que, pour parvenir à lui piquer ses deux meilleures générales, et à lui faire allumer un cierge chaque année à date fixe, lui, le roi incontesté, il faut être gonflé à l'hélium ! Et c'est encore Gothelon qui doit dire merci. Un comble, pour un souverain de sa prestance !

Accroché à l'étai de la voile maintenant amenée, le roi regarde le Fleuve au loin.

Il a d'autres préoccupations que les témoignages d'amitié des Maussades. Ce que va lui dire Tancrède est d'une importance bien plus grande. Si ce Benoît de malheur a refusé, qui va-t-il bien pouvoir présenter à Éléonore ? De plus, ce sera la preuve que le contrôle du territoire des Montagnes lui échappe. Ça, ce serait la mauvaise nouvelle ! La flambée des prix qui résulterait d'une rupture des échanges économiques privilégiés signifierait la fin de la félicité des Sudiains, et le fiasco de sa politique. Peu réjouissant, tout ça. Mais ce ne sont que des conjectures calamiteuses.

Il est le premier à emprunter l'échelle de coupée pour rejoindre l'espion sur le quai. Tancrède se précipite à sa rencontre, et se prosterne, mais le roi n'a que faire du protocole :

Et Benoît ? Est-il disposé à épouser ma nièce ?

Tancrède se penche sur l'épaule du roi, et lui murmure :

Je vous en prie, majesté, plus bas. Ne citez pas de nom. Même les planches de ce quai sont truffées de capteurs. Il vaudrait mieux s'éloigner.

Puis, à la cantonade, sur un ton jovial et respectueux :

Puis-je vous inviter à prendre une collation chez mon excellent ami Kopek du Rouge Écu, qui habite à deux pas et sera ravi de vous nourrir ?

Gothelon, un peu déconcerté par cet accueil, regarde pensivement les poutres massives du quai. Des capteurs ? Sous ses pieds ? Avec des espions maussades à l'autre bout du fil (s'il y en a un) ? Chacune de ses paroles enregistrées, manipulées, divulguées, extrapolées, passées en boucle sur Internet ? Il y a des caméras, aussi ? Peut-être passe-t-il en temps réel sur la deuxième chaîne !

Il rentre la tête dans les épaules, et suit d'un pas lourd, le chemin que lui ouvre son espion favori. Au passage, il fait signe à ses chevaliers toujours embarqués, de l'attendre et de se trouver une occupation jusqu'à son retour. D'un bloc, les paladins se retournent, avisent quelques jeunes filles qui étendent leur linge sur une drisse, entre le mât et le bordage, et se ruent à l'assaut avec des cris de veneurs.

La maison de maître Kopek n'a rien d'une masure. Elle doit être cotée en Bourse, tellement elle en impose. Soixante hectares de vignes sur un coteau calcaro-crayeux exposé au sud-ouest, une oliveraie avec première presse à froid incorporée, entourant une demeure de caractère digne d'un château du bord de l'Ais1, c'est la retraite du bon dieu en pays de Cocagne. Château l'Ange et l'Usse, si vous voyez.

Le propriétaire accueille ses hôtes avec onction, se frottant les mains comme un jésuite. Ce geste n'échappe pas à Gothelon, et ne manque pas de l'inquiéter. Qu'est-ce que c'est que ce rastaquouère ? Un espion ? Tancrède est-il en train de me doubler ? J'aurais dû amener au moins un évêque et un mire, histoire de me garantir des témoins.

Le sourire mielleux de maître Kopek ressemble à une tranche de pastèque : juteux, rose perlé de petites dents blanches et jaunes, et ourlé de deux lèvres verdâtres.

Heureux de vous rencontrer, monseigneur, s'incline-t-il. Soyez le bienvenu dans ma modeste demeure.

Modeste, modeste, siffle le roi, c'est vous qui le dites, mon vieux ! Vous m'en mettrez une douzaine de pareilles, pour loger mes concubines. Pas vrai, Tancrède ?

Puis-je vous offrir un rafraîchissement, s'enquiert Kopek, je viens d'acquérir une bonbonne de bourbon bourbé provenant des îles. Un nectar. Vous aussi, Tancrède ?

  Non, non, arrête du geste Gothelon, Tancrède ne boit pas. Il reste sobre.

Tancrède en reste plutôt sombre. Un petit coup de bourbon millésimé ne lui fait pas peur. Tant pis : il se rabat sur un jus d'olives dont il dissipe la viscosité par un trait de moût de raisin.

Je vous retiens à déjeuner, décrète le maître des lieux. J'ai réceptionné ce matin un arrivage de carpes du Fleuve, encore toutes frétillantes. Farcies à la purée d'avocats de Telle la Vive, c'est un régal, tant pour les yeux que pour le palais. Je donne des ordres de ce pas.

Gothelon, un peu dépassé par les évènements, se penche vers Tancrède :

On peut se fier à lui ?

J'en réponds comme de moi-même, assure Tancrède, la langue un peu empâtée de jus d'olives. Il est mon principal informateur ici. Il doit toute sa fortune aux largesses du Comité.

Je me disais aussi ! En somme, je suis chez moi, dans cette propriété.

Exactement, seigneur Gothelon, vous êtes chez vous.

Des micros ? Des capteurs ? Des caméras ? s'inquiète le roi avec un regard circulaire.

– N'ayez aucune crainte. Ici, tout est net. Les caméras sont les nôtres.

 

(extrait de « Le coup du clerc François » éditions Chloé des Lys)

1Petite rivière à truites prisée par les bourges

 

Georges Roland

www.georges-roland.com

Publié dans Textes

Partager cet article
Repost0

Femme de rêve... un texte de Karl Chaboum

Publié le par christine brunet /aloys

 

chaboum

 

Femme de rêve : Non merci !

 

Pourquoi toujours chanter :

« Oh! la femme de mes rêves » ?

 

Regardez par exemple ce couple de trisomiques qui se grimacent face à face. Non, ils s’échangent de doux regards, se trouvent beaux.

Cet autre, joueur de soccer, qui tient une naine par la main. Il a tout à coup envie de l’embrasser. Il la monte dans ses bras et y va à la hauteur de ses envies tandis qu’elle trépigne de ses petites jambes.

Et ce veuf âgé qui lorgne la bonne jeunette affairée à son ménage. Lui de se languir sans appât alors que la vieille d’en face soupire après lui depuis que sa femme est morte.

Cette femme, beauté rare, grande vedette, à l’humeur  exécrable, vaniteuse à l’excès, eut un jour un accident d’auto qui la défigura en un instant. Quelques mois plus tard, à se regarder dans le miroir, beauté fatale disparue, mais entendant ses amis la complimenter : « Oh ce que tu es douce ma chérie, tu nous charmes rien qu’à nous écouter. »

 

Cessons de vivre dans des rêves, la loterie du désespoir. La rêvalité est en face de nous, dans nos mains. Si malgré tout, le rêve nous hante, allons dans un parc, étendons-nous sur un banc en dévisageant le ciel : elle apparaîtra et nous caressera… pour finalement, nous bercer dans la balançoire du réel et de l’irréel.

 

À l’attention d’une mentor(2) très déçu(2) d’avoir raté l’occasion de saisir l’étalon ci-dessus pour l’incorporer à son écurie.

 

 

Karl Chaboum

www.motzart.ca


Publié dans Textes

Partager cet article
Repost0

La montagne, au Gaschney, un texte de Claude Colson

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

claude colson-copie-2

 

La montagne, au Gaschney

 


  Un peu plus de dix heures, ce matin de juillet. À 1000 m, sur ce col des Vosges jouxtant le petit Hohneck, le frimas de la nuit n'a pas encore complètement lâché malgré le soleil généreux en apparence. Il faut dire que le ciel ( NDLR : la photo est prise à un autre moment) est chargé de lourds cumulus offrant toute la palette du blanc lumineux au gris sombre.

 
Au milieu quelques trouées de bleu. L'ensemble de ces nues glisse lentement vers la droite, au gré d'Éole.

 
Au premier plan la prairie vallonne doucement, couverte çà et là de gros rochers dont le gris prend au soleil des reflets d'ardoise. les taches jaunes des boutons d'or (?) font un collier à l"'herbe sèche, derrière, ornée de nuances mauves. Bientôt c'est la première haie des sapins, montant à l'assaut du vallon.


  Le soleil qui en frappe uniquement la première moitié éclaircit quelque peu le vert bouteille. On dirait le sourire d'un hémiplégique.


Au delà, c'est le creux, invisible, et plus loin l'autre versant, éclairé lui aussi, où les arbres de la forêt dense paraissent minuscules. Ils se serrent peureusement.


Levons les yeux un peu encore et ce sont les chaumes, jaune paille déchiré par endroits du sombre de sapins isolés. Enfin, juste sous le ciel, les croupes des ballons vosgiens.
Complètement à ma gauche, dans l'obscurité des bois, la montée vers la Schlucht, visible cependant.


  Et voici que le paysage s'anime : déboulant du même côté mais à mon niveau, le ding-ding de clarines annonce le défilé - à la queue leu-leu - d'une troupe de belles vaches locales, oblongues, têtes blanches, corps noirs surmontés tout le long du dos d'un large galon blanc. Deux veaux marron ferment la marche.


Le tintement des sonnailles s'éloigne presque aussitôt. Je lève les yeux de mon écrit, les bêtes sont passées. Je peux à nouveau m'évader vers les crêtes surmontées de la chevelure des épicéas, en brosse clairsemée.


À l'horizon , la ligne bleue d'autres ballons.


  Il fait bon voir ou revoir ces merveilles, dans le silence épais bien vite revenu.

 

 

Claude Colson

claude-colson.monsite-orange.fr

Publié dans Textes

Partager cet article
Repost0

L'étranger du square, un texte de Louis Delville

Publié le par christine brunet /aloys

 

delvilletete

 

L'ÉTRANGER DU SQUARE

Il ou elle est assis(e) sur un banc. Pas d'ici. Mais d'où ? Il ou elle paraît un peu perdu(e).

Vous l'observez du coin de l'œil. Et alors ?

 

Le vieil homme s'est assis là, il semble somnoler et pourtant à chaque bruit, à chaque passage, il a observé, il a écouté.

 

Un chien est venu près de lui. Un de ces chiens sans race qui traîne ses puces dans les jardins publics à la recherche d'un peu de nourriture ou d'une hypothétique caresse.

 

L'homme a probablement tendu la main, le chien s'est approché prudemment puis est venu se frotter contre la jambe du vieil homme. Déjà, ils semblaient amis, la main s'était attardée sur la tête de l'animal.

 

Pendant de longs moments, ils sont restés ainsi, liés par cette caresse. Le chien s'est assis et a posé la tête sur les genoux de l'homme avant d'oser y mettre une patte puis deux.

 

Le contact s'est fait plus intime. Maintenant, le chien est couché sur le vieil homme. Ils semblent ne plus former qu'un seul et même personnage étrange à tête d'homme et à pattes de chien : Le symbole même de l'amitié et de la connivence...

 

Tout le monde n'a d'yeux que pour eux. Pourtant personne n'ose s'avancer plus près. Il y a bien deux ou trois touristes qui osent une photo mais en faisant attention à ne pas troubler leur doux repos.

 

Le guide s'éloigne à pas feutrés, le groupe suit.

 

"Et maintenant, Mesdames et Messieurs, après "le dresseur de chien" de Rodin, nous passons à la statue suivante, "Hercules et Apollon"…

 

Le lendemain, en repassant par ce jardin public rempli de statues, j'ai revu Héraclès, Apollon et bien d'autres. À la place du banc et de l'étrange couple de bronze représentant un guerrier grec et son compagnon à quatre pattes, il n'y avait qu'une pancarte : "Les chiens doivent être tenus en laisse".

 

Louis Delville

louis-quenpensez-vous.blogspot.com

 

Publié dans Textes

Partager cet article
Repost0

Reflexions tout à trac, "De l'amour" un texte de Claude Colson

Publié le par christine brunet /aloys

 

claude colson-copie-2

De l'amour


         
           Les êtres passent sur cette terre et accomplissent tous, selon les moyens qu'ils en ont, ce qu'ils croient avoir à faire ou ce qu'il leur est assigné de faire par on ne sait quelle entité.

 
Ils passent et d'autres prennent la relève, marchant dans leurs pas.

 
            Mais ce qui aura le plus illuminé leur parcours, c'est l'amour.


L'amour comme besoin de sortir de soi, besoin éternel de transcendance ; partant, aussi besoin d'échange : je veux rendre heureux celle ou celui qui me rend heureux.


            C'est une étrange force qui traverse ainsi les générations, renaît en d'autres mais peut aussi renaître en soi sitôt qu'elle a disparu.


finalement elle ne fait que montrer notre incomplétude, celle-là même dont elle procède. Le désir d'être ou d'avoir ce qu'on n'est ou n'a pas engendrerait donc l'amour. Une pulsion d'abord egocentrée mais susceptible d'ouverture à l'autre.


Avec le temps on la maîtrise d'autant mieux qu'on la connaît davantage, mais toujours en partie seulement, tant sa puissance est indomptable.


Il faut imaginer le mourant amoureux

 

Claude Colson

claude-colson.monsite-orange.fr

Publié dans Textes

Partager cet article
Repost0

Quelle chute, mes enfants! un texte... enfin une blague... enfin, c'est de Bob... Bob Boutique, hein!

Publié le par christine brunet /aloys

 

bobclin

 

 

Quelle chute mes enfants !

 



C’est l’histoire d’un mec tellement quelconque qu’on se demande pourquoi on raconte son histoire ! C’est vrai ça… il ne ressemble à rien, dit oui à tout le monde et n’a pas d’autre avis que le copier/coller du gars qui vient de lui parler. Et comme ce dernier est lui-même intégralement quelconque…

Bon. C’est donc l’histoire d’un mec sans intérêt… et encore ! S’il était vraiment tout à fait nul, limite vide cérébral etcétera… on pourrait s’interroger et donc s’y intéresser. Même pas. Il connaît les résultats de foot et rigole au bon endroit quand on raconte une blague.

Celle-ci par exemple, celle que je vous raconte à l’instant. Vous pouvez être sûr qu’il la comprendra. Il essaiera de la raconter à quelqu’un d’autre qui n’y comprendra strictement rien, mais ça, c’est une autre histoire. C’est parce qu’il ne sait pas raconter. Faut pas croire, c’est un talent…

 Moi j’avais un pote (Marcel je crois ou…Maurice, je ne sais plus très bien, car ça remonte), hé bien il était incapable, mais alors là incapable de chez incapable, de vous raconter une blague. On souffrait pour lui quand il commençait…

Mais pourquoi je vous dit ça ?

Ha oui. Mon histoire.

Hé bien, c’est l’histoire d’un mec… s’ cusez, mais rien que d’y penser, je dois rigoler. La chute, oui surtout la chute ! Impayable.

On se demande où ils vont les chercher. Parce que (enfin, réfléchissez…) il doit quand même il y avoir des mecs qui les inventent ces histoires. Elles ne naissent pas toutes seules ? Cette chute mes enfants, quand le gars…

Non, attendez. Commençons par le commencement.

C’est donc l’histoire d’un mec…

Téléphone.

Pas grave. Je continuerai demain.

 

 

Bob Boutique

www.bandbsa.be/contes.htm

Publié dans Textes

Partager cet article
Repost0

Hein, promptes-tu... un impromptu de Carl Du Toit

Publié le par christine brunet /aloys

  

 

train-avion.jpg

 

 

 

         Option A :


Ça m’a fait plaisir de te rencontrer. Je pars avec de beaux  souvenirs de ton pays.

Moi aussi tu sais. C’est différent de s’écrire. Quand vas-tu revenir ?

Dans quelques années peut-être. On ne sait jamais avec la vie.

Ah bon… Alors, ne manque pas ton avion pour moi.

Bon, un petit câlin c’est permis ?

Deux si tu veux, on est amis.

J’entends l’annonce, je dois y aller.

Hé, c’est ça, bon été.

Toi aussi…

_____________

Option B :


Ça m’a fait plaisir de te rencontrer. Je pars avec de beaux  souvenirs de ton pays.

Moi aussi tu sais. C’est différent de s’écrire. Avant que tu partes, j’ai une surprise pour toi. Ferme les yeux et laisse-moi te mettre un bandeau.

Is roulèrent vingt minutes, arrivèrent à une gare.

Nous sommes arrivés. Ouvre les yeux.

Un train ! Mais… mon avion ?

Je t’ai écrit qu’on improviserait mais ce n’est pas mon style. Ce train est pour nous, rien que pour nous deux. Nous pourrons courir, chanter, danser, nous reposer. J’ai acheté le train… aller seulement.

_______________


Conclusion :


L’histoire ne dit pas quelle option il prit.

Le train fuyait à l’horizon, sans qu’on put savoir s’il restait quelqu’un au quai.

 

 

Carl du Toit

 

 

Publié dans Textes

Partager cet article
Repost0

Synopsys du roman de Thierry Delvaux "Sur le chemin de Toiano"

Publié le par christine brunet /aloys

 

http://www.bandbsa.be/contes2/delvauxthierry.jpg

 

 

« Sur le chemin de Toiano » est à la fois un roman historique, un roman sentimental et une intrigue criminelle.


Xavier Feraud, célèbre écrivain et journaliste, se remet en question, parcourant la Toscane à l’aventure.


Intrigué par une inscription sur la route, il s’engage sur un petit sentier qui le conduit tout droit vers Toiano, un minuscule village abandonné,
deux rangées de maisons en ruine. L’endroit est mort, désert.


Xavier, déçu, n’y reste que très peu de temps. Qu’y a-t-il d’autre à voir en somme que cette somptueuse vue sur les vignobles et les oliveraies ?

Deux kilomètres plus loin, il traverse un petit bois, sombre et sinistre.


À mi-chemin, une stèle funéraire attire son attention. Une inscription y rappelle l’assassinat en 1947 de Chiara, une jeune et jolie paysanne de vingt-deux ans. Une photo, le portrait de la jeune femme, le marque et le trouble profondément.

Xavier fait la rencontre de Paolo, un vieil homme acariâtre qui a très bien connu Chiara.
Non seulement elle était son amie d’enfance, mais aussi celle qu’il n’a jamais cessé d’aimer.


Xavier propose à Paolo de le reconduire chez lui. Ce dernier lui offre l’hospitalité pour lui raconter la formidable – mais terrible – histoire de Chiara Contini.

Xavier va aussi croiser le chemin de Manuela, une jeune et jolie doctoresse en quête d’une vérité douloureuse. Qui est-elle vraiment ? Quels sont ses liens avec « l’affaire Contini » ? Pourquoi tant de haine à l’encontre de Paolo ?

À propos de Chiara et de l’Histoire…


1935. Chiara a dix ans. Elle vit avec ses parents, Maria et Alfonso, à Toiano, sympathique petit village d’une vingtaine d’habitants trônant fièrement sur une colline toscane.

 
L'Italie est alors dirigée d’une main de fer par Benito Mussolini, le Duce.

 
Chiara et Paolo sont amis, malgré les différences d’opinions politiques qui opposent leurs familles.

 
Le fascisme de Mussolini règne en maître sur l’Italie.


Xavier découvre la forte personnalité de la fillette qui
grandit dans un climat difficile oùhttp://www.bandbsa.be/contes3/chemintoianorecto.jpg l’endoctrinement des jeunesses italiennes se pratique comme une véritable religion. Elle fait pourtant preuve d’une grande maturité de caractère et de courage en essayant de convaincre son ami Paolo que les idées du Duce et de ses sbires ne sont pas les bonnes.
1939. La guerre éclate.


Les juifs, les communistes, les antifascistes sont poursuivis, persécutés.
Le Grand Conseil fasciste confirme l’alliance des pays de l’Axe.
L’Italie est encore, pour l’instant, non-belligérante.


Pour les Toscans, l’été 1939 touche lentement à sa fin dans la douceur et la sérénité…
Chiara passe, sans le savoir, son dernier Noël avec son père qu’elle adore et admire par-dessus tout.


Le 10 juin 1940, l’Italie déclare à son tour la guerre à la France et à la Grande-Bretagne. Jalousant Hitler, Mussolini veut aussi sa part du gâteau.


Le 12 juin, les hommes de Toiano sont mobilisés et quittent leurs familles.
Parmi eux, Alfonso, le père de Chiara, et Paolo…

 
Pour Chiara, c’est un déchirement de les voir partir. Elle pense à son père qui va devoir se battre dans une armée amie des Allemands, à l’encontre de ses opinions.

 
Juillet 1943, rupture de l’Axe. Mussolini, mis en minorité, est destitué par le roi et arrêté.
Septembre 1943, capitulation sans condition de l’Italie et débarquement allié sur la péninsule italienne.

 
Des combats violents, une progression pénible des soldats face aux terrifiantes lignes de défense allemandes...


Les Allemands se sentent trahis par l’Italie, occupent le pays et se vengent. Toiano n’échappe pas à la règle.


Janvier 1944, opération Shingle, les Alliés débarquent à Anzio, au sud de Rome.
La Toscane, c'est encore loin de Naples et d’Anzio et pourtant...


La liberté se rapproche lentement, trop lentement.


Chiara va alors devoir faire un choix, fidèle à ses convictions et à celles de ses parents... 

 

 

Thierry Delvaux

 

Publié dans Textes

Partager cet article
Repost0