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Acte 3 - Texte 3

Publié le par christine brunet /aloys

 

Chérie, incroyable, je n’en reviens pas, je suis sur un petit nuage rose : je suis pressenti pour le Prix !

- Le prix ? Mais quel prix ? Le prix du plus gros menteur de tous les temps ?

- Qu’est-ce que tu racontes encore ? Un menteur, moi ?

- Et ta liaison avec ta secrétaire, hein, ton voyage soi-disant d’affaires à Venise, hein ?

- Oh ! Tu ne vas pas encore revenir avec ça, c’est de l’histoire ancienne ! Tu sais que je n’aime que toi !

- Ouais, bon, ça, il faudra me le prouver ! Alors, t’accouches ? Tu parles de quel prix ?

- Allez, devine, le Prix ! Le Prix le plus prestigieux qui soit, celui qui va me faire connaitre de tous les lecteurs du monde, LE Prix, quoi !

- Ah ! Le Prix Nobel de Littérature ! Bravo, mon chéri !

- Tu te fous de moi, une fois de plus ? Je parle du Goncourt, évidemment ! Le Prix le plus important pour un auteur de langue française !

- Ah oui ! Ça ! Et Ça paie combien, ça ?

- Dix euros…

- Quoi ? Tu sautes comme un cabri parce que tu vas peut-être gagner un prix dont tout le monde se fout qui rapporte dix euros !

- Mais, ma chérie, c’est un chèque symbolique qui est donné au vainqueur. Le Goncourt fait vendre. Prends Hervé Le Tellier, par exemple…

- Connais pas ! Je ne connais qu’un Hervé : Vilard ! Et je pense qu’il n’a jamais obtenu aucun prix, sûrement pas le Goncourt machin, là !

Et Claudine se met à chanter : « Nous n’irons plus jamais où tu m’as dit je t’aime »…

- Bon, je pense que « je t’aime », tu ne me l’as jamais dit ! Tu me disais quoi, avec ton Hervé Goncourt ?

- Tu mélanges tout ! Hervé Le Tellier, l’auteur de « L’anomalie ». Il a vendu un million d’exemplaires de son roman !

- Un million pour une anomalie, ça chiffre ! Tu es sûr de l’avoir, ton fameux prix ?

- Non, je t’ai dit que j’étais pressenti, ça veut dire que mon roman fait partie de la première sélection.

- Ah…bon…freine ton ardeur alors, te connaissant…

- Merci de ta confiance !

- Vous êtes combien, là, dans ta sélection ?

- Quinze !

- Quinze ? Mais, mon pauvre, tu n’as aucune chance !

- Merci encore pour toute la confiance que tu mets en moi et dans mon travail d’écriture !

- Un travail ? On voit bien que c’est pas toi qui nettoies les chiottes au supermarché ! Toi, assis devant ton ordinateur, toute la soirée, sans desserrer les dents, me laissant seule devant la télé…

- La télé et tes émissions insipides !

- Bon, et ça se passe comment, après ?

- On va en éliminer sept. Nous resterons à huit pour la deuxième sélection puis quatre pour la troisième et puis j’aurai le Prix. Ah j’en rêve depuis tant d’années !

- T’aurais pas plutôt pu postuler pour le Prix Nobel de Littérature. Il parait que le gagnant empoche la modique somme de 900 000 euros, mais bon, monsieur fait dans la petite pointure…

- Tu m’énerves à la fin ! Tu verras quand j’aurai le Prix et que tout le monde s’arrachera mon roman, tu changeras ton répertoire !

- Et il parle de quoi, ton merveilleux extraordinaire roman qui va nous rapporter dix euros ?

- D’une femme qui emmerde son mari à longueur de journée ! Salut ! Je vais me coucher…

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Acte 3 - Texte 2

Publié le par christine brunet /aloys

Mademoiselle Gudula von Eiffel descend la rue de son pas ample, sans jamais glisser sur les gros pavés, évitant d’instinct ceux qui se sont inclinés, ceux qui veulent s’échapper. Ses pieds agiles, bien serrés dans des chaussures à lacets, confortables et hideuses, suivent sans faiblir toutes les irrégularités. Sa jupe grise bat ses mollets maigres gainés de coton anthracite. Elle s’arrête devant la vitrine de Le Pétrin d’antan, la boulangerie-pâtisserie qui attire même les gens de la grande ville voisine, des bobos au parler pointu qui aiment tant la vie simple et les produits du terroir, les gens authentiques déconnectés des horreurs du monde. Elle prendra la croustade d’abricots, c’est ça !

Elle entre, souriant à Marie-France, toute prise par l’emballage d’une tarte noisettes-rhubarbes sans gluten pour une dame en tenue de dame à la campagne, le tout ultra-griffé et parfaitement repassé, les lèvres turgescentes comme un doughnut qui aurait trop levé. Elle lance un regard tout d’abord indifférent à Gudula, puis à la fois séduit et amusé. On trouve des gens si bizarres encore à la campagne de nos jours, à un jet de pierre de la civilisation, hi hi hi ! On dirait la Baronne Trapp, hi hi hi ! Mademoiselle, pouvez-vous mieux faire gonfler le ruban, voire en ajouter un d’une autre couleur et les mélanger pour faire joli ? Sans vouloir vous déranger bien entendu… Retour à l’observation de Gudula : mais d’où sort-elle, celle-là ? On n’est quand même pas au Bagdad Café, hi hi hi ! Son chapeau, c’est d’un ri-di-cule ! Quand je vais la décrire à Marie-Alvine et Philippa sur le roof top de Gontrand, on aura encore mal partout de rire ! Soit dit en passant, je dois faire attention à mes lèvres et apprendre à rire sous cape… Mademoiselle, quel désastre, le jus a coulé dans l’angle de la boîte, vous pouvez m’en mettre une autre ? Je ne veux pas vous ennuyer, mais je l’apporte à des gens très exigeants, et… Merci, vous êtres vraiment très aimable, quelle différence avec la ville, vous n’avez pas idée de la vie paradisiaque que vous savourez ici… Mais vraiment, d’où sort-elle ? Ce chapeau avec la touffe de poils de sangliers, la plume de faisan et je ne sais trop quoi d’autre comme plumettes, dans ce petit cabochon d’argent… et le chemisier blanc plissoté, oh ciel quand je vais leur raconter ça…  

Gudula attend, droite comme un piquet de barrière. Elle ne les connait que trop bien, ces bobos-ethnologues au jugement bienveillant. Tout le village les connaît. Comme tout le village la connaît : eh oui, elle y est restée à la fin de ses vacances en camp de jeunesse cinquante ans plus tôt, étant tombée amoureuse du petit Léon et des montagnes. A la mort du petit Léon, écrasé en bicyclette par un citadin qui ne s’était pas arrêté, elle était restée. Une fois par an elle retournait dans sa famille et en revenait avec chapeaux, bas, jupes et chemisiers, loden et énergie. Et tout le monde l’aimait, la gentille petite Allemande du petit Léon. Qui n’aurait pas fait de mal à une mouche. Elle cultivait légumes et quelques fruits et, avec une rente de sa famille, vivait sans privations ni luxe.

Elle observe la dame à la campagne, sa casquette de baseball au logo chic, son sac à dos à garnitures de cuir d’autruche, son pantalon training blanc ostensiblement griffé… Avec un clin d’œil à Marie-France, elle détache le cabochon et les plumes du ruban de son chapeau, et libère la plume de faisan dont la tige est en métal. Elle dévisse légèrement l’embout, et puis, dans un geste d’habituée, fait jaillir des gouttes minuscules de son vitriol maison, hop hop hop sur le sac, le haut de la casquette, et l’arrière du training. Puis remet tout en place dans le chapeau, les joues roses d’un amusement croissant. Marie-France aussi a un petit gloussement qui conforte la dame à la campagne dans l’idée qu’ils sont tous un peu givrés, là. Elle franchit la porte, célébrée par la clochette au son pur, et déjà un peu de fumée l’entourant dans la fraicheur du matin, un matin à la campagne…

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Acte 3 concours hors-série : la plume trempée dans le vitriol - Texte 1

Publié le par christine brunet /aloys

 

LE COMITÉ DE LECTURE

 

Johan faisait partie du comité de lecture des éditions Du Silence. Il recevait, ce jour-là, Sébastien, un conteur qui animait à l'occasion des soirées dans un café littéraire et présentait régulièrement des spectacles dans des écoles. 

Sébastien avait écrit des contes et espérait pouvoir vendre des recueils à la suite de ses différentes prestations, ce qui n'aurait bien entendu pas manqué d'intérêt sur le plan financier. Il comptait aussi laisser quelques livres dans les librairies les plus proches des écoles primaires de la ville et de la région ainsi que faire de la publicité pour son ouvrage auprès de syndicats d'enseignants.

Johan s'apprêtait à annoncer à Sébastien que le manuscrit était refusé. Exaspéré par un début de journée marqué par des embouteillages, Johan salua rapidement Sébastien et entra aussitôt dans le vif du sujet.  "Inutile de vous cacher que le comité n'a franchement pas été séduit par votre travail. Vos contes commencent bien, mais la variété n'est pas votre fort !  Chaque fois ou presque c'est la même ritournelle "Il était une fois…" De nombreuses fois également, il y a cette formule "Lune, soleil, lune, soleil " qui marque l'évolution temporelle. Tout cela, c'est redondant, ça alourdit le texte, ça va ennuyer le pauvre lecteur. Franchement, vous ne semblez pas avoir beaucoup travaillé ce manuscrit que vous nous avez présenté. Que de maladresses, que de redites ! Ignorez-vous que les mots petit, grand, méchant, gentil, trembler, heureux,… ont des synonymes ?  Je parle ici de répétitions de mots, mais il y a les répétitions de situations, de circonstances,… Ces répétitions-là ne sont pas mal non plus ! Un pauvre qui cherche à s'enrichir, un animal qui cherche à attirer la sympathie, un prince qui cherche l'amour, un gourmand qui cherche à voler de la nourriture dans une cuisine ! Pour être original, c'est original !" 

Par moment, Johan haussait le ton, ricanait, utilisait une gestuelle qui témoignait de son irritation. "Zut, on a d'autres choses à faire que de lire de telles horreurs ! C'est mal présenté, la ponctuation est à revoir, comme la séparation en chapitres", finit-il par dire, avant de pousser un gros soupir.

  Johan tendit un feuillet à Sébastien : "Tout ce que je viens vous expliquer est écrit là noir sur blanc. Vous pourrez le méditer. Allez courage. Quand la sauce ne veut pas prendre il est préférable d'abandonner."  

Johan tendit le manuscrit à Sébastien qui l'accepta en soupirant quant à lui de désespoir.

 Quelques jours plus tard, Sébastien découvrit que tout cela ou presque avait été commenté sur un forum littéraire où il avait proposé certains contes en lecture. Les piqûres de rappel ne lui manqueraient donc pas.

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Concours acte 2 : texte 5 - Dernier texte ! A vous de voter sur ce post jusqu'à ce soir 18h

Publié le par christine brunet /aloys

 

Petit conte à dormir debout

 

  Il était une fois, dans un royaume fort lointain, une princesse bête comme ses pieds.  Du moins était-ce son avis car, pensait-elle, si elle avait été savante peut-être ne se serait-elle pas perdue en explorant le château familial, peut-être ne se serait-elle pas piqué le doigt sur un machin pointu et peut-être, enfin, ne serait-elle pas bêtement couchée sur son lit dans sa robe de soie, les cheveux élégamment disposés sur un coussin de dentelle, le teint pâle et la bouche en cul de poule, tandis qu’elle était plongée dans un profond ennui.

   Bien sûr, la sorcière avait sa part de responsabilité dans l’affaire.  Pourtant, lorsqu’elle était enfant, la petite vieille s’était montré gentille avec elle, lui apprenant des choses amusantes, bien qu’inutiles d’après certains, comme son alphabet, ou lui offrant des cadeaux, dont un livre !   Depuis son lit, la jeune fille dut convenir que la décision de son père de chasser cette petite vieille du royaume n’avait pas été des plus judicieuses, d’autant plus qu’elle n’avait pas très bien compris pourquoi ces deux-là s’étaient disputés…

  Levant les yeux au ciel, elle songea à ses débuts dans son rôle de semi-gisant et à ses premières inquiétudes,  celles qui avaient conduit à cette première question : à quoi ressemblerait le prince qui viendrait la délivrer d’un baiser ?  Quelques temps plus tard, cette pensée avait déjà beaucoup perdu de son charme, d’autant plus que découvrir le nom du mignon petit oiseau qui chantait tous les matins sur le rebord de sa fenêtre, lui paraissait bien plus intéressant.  Ce même pioupiou qui avait attiré son regard vers un rideau si long qu’il bouillonnait au sol, les ombres de ses plis suggérant un dragon.  La petite vieille lui racontait souvent des histoires à propos du fabuleux animal et l’envie d’en découvrir de nouvelles la titillait fortement… tout comme obtenir des explications à ses pourquoi ceci et pourquoi cela, induits par son inactivité forcée.

  Devant ce besoin de savoir, et excédée par ce prince inutile qui n’en finissait plus de se faire attendre, elle émit un jour le souhait d’obtenir des réponses à ses nombreuses questions.  Sitôt la pensée formulée, apparut un double spectral de la petite demoiselle, qui s’en alla parcourir, tel un fantôme, les couloirs d’un château encombré par ses habitants, ankylosés dans une minérale torpeur.

  Sans hésiter le dopplegänger flotta jusqu’à la bibliothèque royale.  L’endroit ne lui était pas inconnu puisque son double physique y était déjà venu ; une fois ; il y a longtemps.  Quand son royal papounet, invité à découvrir les nouvelles acquisitions du bibliothécaire en chef, avait refusé de l’emmener et qu’elle s’y était faufilée en douce.  La punition qui avait suivi, bien que sévère, n’avait pu éclipser l’intérêt qu’avait éveillé cette visite éclair.

  La princesse spectrale se laissa dériver le long des étagères poussiéreuses, lorgnant les livres jusqu’à en trouver un recelant des noms d’oiseaux.  Elle voulait connaître le nom de son petit piaf mélomane et ce n’était pas des considérations, somme toute triviales, comme son manque de pratique en matière de lecture, qui allaient la distraire de sa soif de connaissances.  Elle avait le temps d’apprendre et elle le prendrait !

  Si les débuts furent un peu ardus, rapidement, sa lecture devint fluide et si elle ne comprit pas toujours tout ce qu’elle lisait, elle en saisit, malgré tout, l’essentiel.  Au fil du temps, de ses lectures et de ses progrès, elle découvrit que le monde était bien plus vaste que la salle du trône et que ses pieds, finalement, étaient moins bêtes qu’ils n’en avaient l’air.  Enfin, un matin, le double disparut.  Aussitôt, emplie de toute la sagesse du royaume, la princesse s’éveilla, annulant par là même le sortilège qui engourdissait le château.

  La vie reprit, bien plus intéressante n’en déplaise à papounet.

  Puis, un jour, survint enfin le prince qui, non content d’arriver en retard, décréta que contrairement à sa tournure, l’esprit de la belle ne lui plaisait guère.  Fort amusée, la demoiselle reconduisit le déçu vers la sortie et s’en alla prendre le thé chez sa vieille amie la sorcière.

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Concours acte 2 : texte 4

Publié le par christine brunet /aloys

Il était un foin

 

   Il était un foin (ceci est un conte écologique donc ça commence par il était un foin) dans une contrée proche de la forêt bip bip (le nom de cette forêt est encore un secret en ce début d’histoire) une poignée d’humanoïdes ressemblant comme deux gouttes d’eau à des playmobils. Cependant, ce n’étaient pas des playmobils. À cause des deux gouttes d’eau tout d’abord et ensuite parce que ces créatures auraient intégré ce qu’on appelle une conscience. Mais oui, mais oui .., tout arrive dans les contes, surtout les écologiques. Toute la journée, ces Youplaboums (désolée, je n’ai trouvé que ce mot prospère et chevaleresque pour nommer mes créatures) rigolaient comme des baleines et se marraient pour un rien (mais alors là, vraiment un rien) lorsqu’ils divaguaient (pour éviter le verbe vaquer qui m’emmerde depuis toujours) à la chasse aux pipallons, à la pêche aux druides et à la cueillette aux pichamgrognons. J’arrête les parenthèses, ça m’emmerde aussi. Les Youplaboums se cracottaient parfois entre eux car ils étaient contregenrés et nonbinarisés, une chance de plus pour eux. Tout baignait gravos jusqu’au jour où un Youplaboum se ballotant dans la forêt bip bip écarquilla ses ouilles et resta biche baille. Là, à quelques mitres de lui, des pichamgrognons hurlaient de crève-cœur. Kwè ? demanda le Youplaboum ? On nous arrache nos arbres ! mycosirent les pichamgrognons, tous pour un et un pour tous, en chœur donc. Et kwè ? poursuivit le Youplaboum qui voulait ramener sa quête à toute berzingue (cette expression me plie en deux). Oui, je suis une menteuse, j’ai redessiné une parenthèse. Alors le plus chapeauté des pichamgrognons expliquationna en sifflotant ces trémolos : « Les zigues du castel d’à côté se la pètent, ils déracinent nos arbres et les transportent dans les souterrains du castel. Ceci est la districte vérité ! » Et kwè ? s’enkysta de nouveau le Youplaboum. Le plus chapeauté des pichamgrognons aligna ces mots : « Alors harnachés de nos herbes folles nous les avons épitationné pendant des plombes. Ces zigues décorçaient nos arbres, émulsionnaient les morceaux, leur foutaient des torgnoles jusqu’à ce qu’ils se transforment en lamelles gluantes et dégueulasses. Ensuite le Saignant du castel passe-murailla et magitionna les lamelles. Il se cloisonna et puis turlucotta ses zigues. Alors là, depuis une touraille du castel, il tripota les lamelles d’avant en arrière. Et carabistouilla, carabistouilla, carabistouilla pendant des messes. Le Saignant du castel appella ça lire » Lire ? requiema le Youplaboum abasourdi par toutes ces croquignoleries. Et ses lamelles, le Saignant appella ça des livres. Livres ? requiema double le Youplaboum rerabasourdi. Massacrationner nos arbres, tout ça pour lire ! Et lire … c’est kwè, lire ? Lire !

   Le Youplaboum suça son pouce et cogita au plus haut de son maximum. Il culbuta jusqu’aux autres Youplaboums et ribouldingua tout ça. Kidnappons le Saignant du castel ! éjecta un Youplaboum récalcitré. Émulsionner nos écorces, c’est pompeux ! éjacula un autre. Basta ! s’éveilla le plus minus des Youplaboums. Dans deux cent trente-deux demi-lunes, il y aura, au turban d’une enfilade, des écrans désoleillés avec des lettres dessus éparpillées dans tous les sens. Cela s’appellera des mots, des phrases, et puis des histoires. Et abracadabran, les livres numér-riques magiqueront. Non ! s’esclaffouillirent les Youplaboums. Ben si ! souligna le plus minus d’entre eux. Alors, surgissa-t-il, épions nos arbres, cela vitessera plus vite l’arrivée du numér-rique et ces soi-disant écrans d’enfumés. Et, d’ici là-bas, apprenons l’alpha-bêta entre les cueillettes de pichamgrognons et les chasses aux pipallons ! Réveillationnez-vous les Youplaboums, et levez-vous debout pour narrationner cette historiette à roupiller couché !

   Depuis ce jour-là, les Youplaboums se transformèrent en créatures genrées et binarisées.

   Et le nom de cette forêt bip bip ? demanderons les plus attentifs d’entre fous. Alors là, faudra attendre la fin de cette histoire, réponds-je. Gloups.

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Concours acte 2. Texte 3

Publié le par christine brunet /aloys

La machine enchantée

 

  Je galopai parmi les fougères sans me retourner.  Franchement, je n’avais pas envie de voir de plus près le grand type en peau de bête qui me poursuivait un tibia à la main.  Le sous-bois touffu était une vraie plaie pour qui devait s’y déplacer rapidement et je fus soulagée lorsque je reconnu le bosquet où m’attendait Lec.  Sa coque aux rivets rutilants, masquée sous un bouclier d’invisibilité, se révéla à mon approche.  La porte s’ouvrit et l’intérieur s’illumina.

  ‒ Comment s’est passée la visite ? demanda une voix désincarnée.

  ‒ Très intéressante.  La préhistoire n’est pas de tout repos, mais elle a son charme, répondis-je en observant sur l’écran principal mon poursuivant s’arrêter, ébahi par ma soudaine disparition.

  ‒ Quelle est la prochaine destination ?

  ‒ Il semblerait qu’il se passe des choses intéressantes au royaume de Moab.

  ‒ Destination enregistrée.

  Toujours aussi efficace Lec m’emmena rapidement sur les lieux où j’assistai à de nombreux drames.

  ‒ Non de…

  Je fermai mon clapet.   Ce n’était vraiment pas le moment de blasphémer alors que je m’attardais dans un monde où les dieux se divertissaient du malheur des hommes soumis aux malices du destin.

  À mon retour, j’informai Lec de ma soudaine envie de visiter l’Angleterre d’un vingtième siècle naissant et il me déposa dans un dix-neuvième mourant où je me faufilai pour assister à une farandole d’évènements qui m’embarquèrent, finalement, à bord d’un paquebot dont le nom rimait avec panique.  Loin de me rebuter, l’expérience me donna envie de visiter des lieux bien plus dangereux encore et quand Lec m’annonça la découverte de nouveaux mondes extérieurs, je trépignai d’impatience.  En attendant, je me contentai de flâner dans quelque jardin aux senteurs de rose en songeant avec nostalgie aux mondes extérieurs visités dans mon enfance.

  Mais l’enfance était loin et Lec me réservait tout autre chose…

  Au cours de mes pérégrinations je dus garer mes fesses pour éviter sortilèges, coups d’épées, et attaques d’esprits puissants, qui cherchaient à m’entraîner dans des combats épiques parmi des paysages grandioses, d’inquiétants châteaux et de sombres forêts.  Je dus louvoyer dans l’espace, parmi les mailles fines d’un univers aussi froid que sa politique, crapahuter sur des mondes étranges, face à de nouvelles espèces, et vagabonder sur des mondes tout en ombre et lumière.  J’en abandonnai quelques uns ‒ très peu ‒ trop ennuyeux pour ma soif d’aventure et m’attardai sur le plus farfelu.  J’en évitai d’autres aussi, ennuyée par les ahurissantes considérations pseudo-psychanalytiques de l’autorité me les ayant imposés, pour me replonger avec bonheur dans les mondes qui me plaisaient.

  Jusqu’à cette pause ; involontaire et mélancolique.

  Le temps passa, puis Lec m’attira à nouveau, m’appâtant avec ses mystères tout en dissimulant les secrets complexes qu’il gardait en son sein, comme un trésor à découvrir.  Pour dissiper ma tristesse il ouvrit la porte sur de nouveaux mondes d’aventures palpitantes.  Dans son sillage s’illuminèrent le Japon moderne et la Chine ancestrale, se découvrirent les noirs secrets de l’Angleterre du moyen-âge, s’esclaffa la France du dix-huitième, frémit celle du dix-neuvième, se démontèrent les arcanes du vingtième et se dévoilèrent des mondes inconnus jusqu’alors.  Un sillage qui donna un sens à ce qui en avait peu, ou pas, ranimant une flamme en veille.

  Lectio, la magicienne du voyage.  S’en servir n’est pas difficile pour qui sait s’y prendre.  Ouvrir, tourner… commence alors une traversée du temps, de l’espace, de l’imaginaire.

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Concours texte 2 : un conte à dormir debout

Publié le par christine brunet /aloys

Je ne sais plus quand j’ai attrapé cette maladie : j’achète des livres sans arrêt ! Je les entasse dans ma bibliothèque et je les oublie pendant des mois voire des années.

De temps en temps, j’en sors un de son rayonnage et je le lis. En fait, je m’adonne à cet acte solitaire tous les jours, mais ma pile de livres à lire est tellement impressionnante que jamais elle ne diminue. Il ne se passe pas une semaine où un livre ou deux viennent rejoindre la pile déjà chancelante de bouquins en attente de lecture. Comme j’en achète plus que ce que je peux lire sur une semaine, les derniers arrivés ne trouvent plus de place dans les rayonnages et sont rangés en piles au-dessus du meuble, prêts à atteindre le plafond.

Il m’arrive de sortir un roman de son emplacement et de me demander ce qu’il faisait là. Je n’ai aucun souvenir de l’avoir acheté ou de l’avoir reçu en cadeau. Parfois, le bouquin ne fait même pas partie de mon genre de prédilection.

Ces derniers temps, cela m’est arrivé plusieurs fois. J’en ai parlé à ma femme qui m’a répété, une fois de plus, qu’elle n’y était pour rien ! Il ne lui viendrait pas à l’idée de m’acheter un livre alors que je n’arriverai jamais à lire tous ceux que j’ai en stock !

J’ai donc décidé d’en avoir le cœur net. Pas de femme de ménage chez moi qui me ferait une surprise, pas de copains en vacances à la maison, pas d’enfants de retour au bercail ; il devait se passer quelque chose d’extraordinaire.

Une nuit, j’ai décidé, au grand dam de ma femme, de dormir dans l’ancienne chambre de mon fils, pièce que j’ai transformée, dès son départ de la maison, en bibliothèque. J’ai placé un matelas par terre et je me suis couché après avoir branché une petite veilleuse qui me permettait de voir des ombres.

J’ai fini par m’assoupir. Dans mon sommeil, j’ai cru entendre un bruit qui m’a réveillé. Les yeux encore à moitié fermés, j’ai aperçu un petit bonhomme haut comme trop pommes qui s’enfuyait. Je me suis levé précipitamment ; j’ai failli tomber en me prenant un pied dans la carpette et je suis arrivé trop tard sur le palier. Le petit être avait disparu ! Par où était-il passé ? Aucune porte n’était ouverte ; les volets étaient fermés empêchant tout intrus de rentrer dans la maison, mais aussi d’en sortir. J’ai cru avoir rêvé.

J’ai allumé le plafonnier et je me suis recouché sur le matelas. Tout à coup, mon œil a été attiré par un livre à la couverture rouge. J’étais sûr qu’il n’était pas là quelques minutes plus tôt ! Je me suis relevé ; j’ai pris le bouquin et j’ai lu le titre « Le seigneur des anneaux, l’intégrale ». Je n’ai jamais lu Tolkien contrairement à mon fils. J’ai donc pensé que ce livre était un oubli de sa part et que je ne l’avais jamais remarqué perdu au milieu de centaines d’autres bouquins.

Le lendemain, j’ai fâché très fort mon épouse en me recouchant dans la bibliothèque. Cette fois, j’ai gardé les yeux ouverts plus longtemps et j’ai nettement vu un petit être, un lutin sans doute, déposer sur une étagère un livre à la couverture noire. Ebahi, je n’ai pas osé bouger avant qu’il ne disparaisse de ma vue. Je me suis ensuite levé pour prendre ce fameux bouquin intitulé « Depuis l’au-delà » de Bernard Werber. De cet auteur, j’ai lu « Les fourmis », un livre que je n’ai pas aimé du tout et donc, il n’était pas possible que j’aie eu une hallucination et que j’aie, moi-même acheté ce bouquin !

Ce phénomène s’est reproduit plusieurs nuits de suite. J’ai tenté d’appréhender mon farfadet libraire, mais jamais je n’ai réussi à attraper ne fut-ce que le bout de son chapeau.

Aujourd’hui encore, ma femme pense que je délire, mais je suis la preuve vivante que les contes à dormir debout, ça existe !

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"Fureur le lire, fureur d'écrire": concours 2. Texte 1

Publié le par christine brunet /aloys

LA PASSION DU PRINCE

 

On raconte que jadis le prince héritier d'un petit royaume prospère était un jeune homme qui refusait de consacrer la majorité de son temps de loisirs à autre chose qu'à la lecture.

"Fils, ne te contente pas d'être présent lors des mariages, funérailles, fête nationale, cérémonies annuelles et traditionnelles. Consacre du temps à faire davantage de sport, à m'assister lors d'inaugurations, à nous accompagner ta mère et moi lors de concerts et de spectacles, à participer davantage à des bals et des festins. Tu y côtoieras de jolies princesses, tu pourras y rencontrer celle qui sera ta bien-aimée", conseilla le roi.

"Père, tout ce qu'il est bon de savoir pour réussir sa vie n'est-il pas contenu dans les livres ? Je veux donc d'abord lire ce qui se trouve dans votre remarquable bibliothèque avant de me consacrer à d'autres choses moins essentielles selon moi", répondit le prince.

Le prince lisait, tout ce qui lui tombait sous la main et l'on sait que des livres il y en avait tant et plus dans le palais royal. Il avait donc du pain sur la planche ! Il ne lisait pas que des ouvrages d'histoire, de sciences, de philosophie, non il lisait aussi des romans de peu de valeur ou des livres de cuisine. "Chaque auteur écrit pour être lu", justifiait-il lorsqu'on l'interpellait.

Printemps, été, automne, hiver, printemps, été, automne, hiver,… Les saisons passaient. Le prince vieillissait, il n'avait toujours pas trouvé son âme sœur. Son jeune frère et ses deux jeunes sœurs s'étaient mariés, avaient une progéniture, mais cela n'empêchait pas le roi de s'inquiéter, les ministres et d'humbles citoyens de s'inquiéter aussi, car le prince ne modifiait en rien ses habitudes.

Le prince allait atteindre ses trente-neuf ans lorsque la reine suggéra à son époux de créer un prix littéraire ouvert uniquement à des jeunes femmes célibataires triées sur le volet, compatriotes érudites et nobles ainsi que princesses étrangères. Des manuscrits affluèrent. Il y avait parmi eux des manuscrits de plusieurs centaines de pages, quasiment aussi épais que la Bible. Le prince les lut tous. Bien qu'il avait été annoncé qu'un jury constitué des plus renommés écrivains du royaume attribuerait le prix après une longue concertation, ce fut le prince qui décréta que la plume d'or serait attribuée à l'ouvrage "Les sagesses du cœur", écrite par une jeune demoiselle qui ne se plaisait elle aussi qu'à lire et qui vivait dans une région champêtre du pays. C'était une œuvre poétique d'une petite centaine de pages agrémentée de pastels délicats. La jeune fille avait une voix douce et se fit un plaisir de lire son œuvre au prince.

Le prince fut conquis. Il l'épousa quand il célébra ses quarante ans, mais il renonça à assurer la succession de son père. Son jeune frère devint ainsi prince héritier et tout le monde dans le pays applaudit, dit-on, en prenant connaissance de sa décision.  

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Acte 3 de notre concours "La fureur de lire, la fureur d'écrire" : "la plume trempée dans le vitriol"

Publié le par christine brunet /aloys

RAPPEL : nous organisons un concours en 4 actes pour un 4e hors série de la revue "Les petits papiers de Chloé"!

Sujet général : "Fureur de lire, fureur d'écrire".

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L'ACTE 3 : " Plume trempée dans le vitriol"

Date d'envoi : 1er avril 2025

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ET Chloé a dit : "Sur le métier d'écrivain, remettrez 100 fois votre ouvrage"

600 caractères, ponctuation non comprise -

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L’étrange chapelle de Donstiennes-le-Château, 2e partie ! Une nouvelle signée Carine-Laure Desguin

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

Quelques heures plus tard, l’intense lumière du jour perçait à travers les vitraux. Cette clarté nous éveilla. « Allez fiston, debout ! la journée sera longue. Promenade dans les bois, pêche, chasse, tout ce que tu veux, je lui dis tout en m’étirant car je sentais que j’étais encore tellement engourdi, mais alors là, tellement engourdi. Mes membres restaient presque morts. 

  • T’es sans pitié hein toi, p’pa.
  • Venir jusqu’ici, c’était ton idée. Donc, au boulot ! »

  On s’est levés en même temps, Steven et moi. Et sans dire le moindre mot, nos regards se sont croisés. Nous n’en croyions pas nos yeux. Le soir, nous nous étions endormis dans une soi-disant chapelle. Un lieu tombé en ruines, rempli de poussières. Les murs tenaient à peine debout et aucun objet de culte n’était exposé. Là, nous sommes restés muets durant plusieurs minutes. Nous avons fait plusieurs tours sur nous-mêmes afin de scruter chaque recoin de cette chapelle qui, depuis la veille, s’était métamorphosée. « Steven, tu vois ce que je vois ? je lui lâché sur un ton angoissé.

  • Appelle-moi Béranger ! me répondit-il d’une voix métallique.
  • Béranger ?
  • Oui, Béranger ! insista-t-il.
  • Mais pourquoi donc ? Que se passe-t-il dans ta tête, Steven ? Steven ? »

  J’ai alors scruté le visage de mon fils. Blanc de blanc. Comme si tout à coup, il était devenu exsangue. Ses yeux paraissaient vides, son regard était à présent hagard. Il allait s’évanouir, ses jambes fléchissaient. J’ai eu le réflexe de faire un pas, de retenir le corps de mon fils qui à ce moment-là tombait et, tout en le retenant, je l’ai secoué de toute mes forces en hurlant, Steven, Steven, reviens ici ! Mais trop tard, Steven s’écroula sur les dalles froides et humides de cette chapelle de merde, inconscient. Je l’ai pris dans mes bras tout en criant son prénom, Steven, Steven, reviens, reviens ! Quelques secondes plus tard, il a ouvert les yeux et m’a souri. « Oh p’pa, quel voyage !

  • Mais enfin Steven, qu’as-tu eu ? J’ai eu la peur de ma vie !
  • T’inquiète, p’pa, on sera très bien, ici, dit-il en se relevant.
  • Ici ? Tu rigoles ou quoi ? J’ai cru un instant que tu mourrais ! On sort d’ici, on monte dans la bagnole et on fout le camp de ces bois, crois-moi ! Allez hop ! »

  Illico, nous avons rassemblé notre matériel de couchage. Et, après avoir bu quelques gorgées d’eau à nos bouteilles respectives, nous avons jeté un regard circulaire afin d’être certains de n’avoir rien oublié. Et nous sommes sortis de cette chapelle. Là, une fois le porche franchi, nous nous sommes retrouvés à l’intérieur d’une immense demeure, un château. « Ah voilà, c’est bien ça, nous sommes dans le château, s’exclama mon fils ressuscité. Je me souviens …

  • Steven, c’est quoi tout ce cirque, où sommes-nous ?
  • P’pa, je pense que nous avons fait un saut dans le temps !
  • Un saut dans le temps ? Et c’est tout l’effet que ça te fait ? Nous faisons partie des disparus peut-être ?
  • Regarde, p’pa. Là, en bas, derrière la longue table en bois, tu vois ce que je vois ?
  • Un curé en soutane qui étend des parchemins usés sur un tapis qui a beaucoup vécu ?
  • Oui, exactement. Je crois connaître le nom du curé !
  • Steven, je n’en ai rien à foutre du curé, de sa soutane, et de sa chapelle. Je veux sortir de ce château, grimper dans ma bagnole et retourner au plus vite chez moi. Avec toi !
  • P’pa, ça ne sera pas si simple. Le curé, c’est Béranger Saunière !
  • Je m’en balance de ce Béranger Saunière !
  • Ce nom ne te dit rien ?
  • Rien du tout ! je lui rétorquai tout en me penchant à la rambarde de cet espèce de perron qui s’ouvre sur l’étage du bas, là où se penche le curé qui étudie à la loupe les parchemins.
  • Béranger Saunière ? Renne-le-Château ? Le fabuleux trésor et les mystères qui l’entourent. Je sais ce qu’il se passe, p’pa.
  • Il se passe que nous partons, fiston, et vite !
  • P’pa, nous sommes en 1900 ou quelque chose comme ça. Il y a donc bien un vortex dans cette chapelle. Nous avons fait un écart dans le temps et dans l’espace. C’est de l’hyper-physique, ça peut s’expliquer, m’annonça-t-il, tout de go.
  • Mais je m’en fous de ton hyper-physique, je veux revoir ta mère ! Et d’ailleurs, je vais lui dire deux mots à ce curé !
  • Inutile, p’pa, il ne nous verra pas et ne nous entendra pas non plus. Pour lui, nous ne sommes que des fantômes. Du futur …
  • Ben tu en connais des choses, toi, tout à coup !
  • Tout était dans le livre, p’pa. Tout me revient si clairement. Nous sommes manipulés. Des entités jouent avec le temps. Et se moquent de nous. Tout cela est donc véridique. Je n’en reviens pas moi-même. Si tu comprends, nous avons changé de ligne temporelle.
  • Et tous ces disparus dont tu me parlais. Ils sont dans ce château ?
  • Impossible de te le confirmer. Le vortex de la chapelle n’amène pas forcément tout le monde au même endroit. Cette histoire de Renne-le-Château me passionne, ce qui explique notre présence dans le château de l’Abbé Béranger Saunière.
  • On peut peut-être descendre et parler à ce curé ?
  • Pas question ! Mieux vaut rester tranquillos !
  • Et si on rentrait dans la chapelle ?
  • Ça, c’est une bonne idée, p’pa. »

Sur le chemin du retour, pas un mot ou presque. C’est moi qui ai brisé le silence. « Alors, fiston, satisfait ?

  • Dans un sens, oui. Ces phénomènes de voyage dans le temps et tout ça, existent vraiment. C’est pas du pipeau. Le vortex est bien là.
  • Ouais, un vortex pour l’aller … et aussi pour le retour ! Ce serait donc cette chapelle qui provoquerait ces voyages dans le temps. On le dit à ta mère ou on garde ça pour nous ?
  • Ben, mieux vaut garder cette histoire pour nous. Sinon, plus jamais m’man ne nous laissera seuls.
  • Ah parce que tu crois que je retournerais le week-end prochain dans ce bled paranormal ? »

  Arrivés à la maison, ma femme nous attendait. En pleurs. « Mais enfin où étiez-vous ? Cela fait quatre jours que j’essaie de vous appeler sur vos GSM ! Je suis morte de peur !

  • Quatre jours ? j’ai dit, mine de rien.
  • M’man, désolé, nous étions …
  • Entre hommes, au milieu des bois ! j’ai répondu, tout sourire. »

 

 

Carine-Laure Desguin

http://carineldesguin.canalblog.com

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