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Présentation du recueil poétique de Daniel Roualland "Si peu de temps"

Publié le par christine brunet /aloys

Extrait :

La vie traverse l’homme

Sans s’arrêter

 

Biographie :

 Daniel Roualland est né à Nantes en 1946. Il y a enseigné un temps la philosophie. Il a ensuite exercé les métiers de psychosociologue et de sociologue à la Poste, à Poitiers, Rennes, Strasbourg et Paris.

 

Résumé :

191 poèmes courts et 32 longs.

Publié dans présentations

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Véronique Giele nous présente son ouvrage "Le miroir brisé"

Publié le par christine brunet /aloys

 

Biographie

Véronique Giele, née à Ixelles en 1963, diplômée en Arts-Décos.

Artiste peintre, photographe, artisan vitrailliste.

A toujours eu l’écriture pour exutoire.

Résumé du livre « Le miroir brisé » (4ème de couverture)

 

« L’amour rend aveugle ». Sue n’a malheureusement pas échappé à l’adage en tombant sous le charme de Mike, un homme à l’apparence pourtant quelconque mais cultivé et beau parleur. Son pouvoir de séduction a eu raison d’elle et a fait voler en éclats la vie pourtant tranquille qu’elle s’était construite auprès de son mari et de ses trois enfants. En lui offrant enfin l’attention et l’affection dont elle pensait manquer auprès des siens et en lui promettant un avenir plus lumineux, parsemé de voyages et d’aventures, Mike a su gagner l’amour de Sue… Cependant la lune de miel a été de courte durée. Peu à peu, le masque est tombé, laissant Sue désemparée, meurtrie, rabaissée, n’étant plus que l’ombre d’elle-même.

« Le miroir brisé » ou comment un pervers narcissique peut vous amener à devenir totalement une autre personne en vous brisant jusqu’à ne plus savoir du tout qui vous êtes.

 

Court extrait

 

« … Malgré tous ses efforts, toute sa retenue, elle pouvait faire ce qu’elle voulait, il y avait toujours matière à critique ! Tout ce que Mike avait apprécié chez Sue au début de leur relation, lui revenait, méjugé, en pleine figure comme un boomerang. S’il avait aimé sa verve, elle l’insupportait désormais, sa façon élégante de se vêtir l’était trop pour se rendre au boulot, son maquillage, inutile en vacances, proscrit son lipstick surnommé « l’anti-bisous » ; trop encline aux relations d’amitié, trop aimable avec ses clients, trop sociable avec ses collègues, elle était trop ceci, pas assez cela, un vrai plaisir ! … »

Publié dans présentations

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Courte présentatation de son ouvrage "Etrange présence" en attente de référencement par Valérie Dereppe

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

Cet opuscule, Étrange présence, narre la rencontre entre un être de Lumière et son habit de matière, entre le fond et la forme qui revêt ici le surnom de Lou. Lou traverse une crise existentielle et cet être de Lumière -son ange en somme-, va remettre un peu d’ordre dans ses idées, dans ses pensées et, ce faisant, la tirer vers le haut.

 

Extrait :

- Pourquoi me racontes-tu tout ça, pourquoi à moi ?

- Parce que tu m’as appelé et que tu vas l’écrire.

- Je t’ai appelé ? Non mais je rêve ou alors il te manque une plume !

- J’apporte une plume à ton âme pour réapprendre à voler…

Publié dans présentations

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'Un départ sans bagage', un texte signé Carine-Laure Desguin publié dans la revue Aura 96

Publié le par christine brunet /aloys

Un départ sans bagage


 

Edwine de Chartroye et Marie-Chantal de Bassecour, à l’heure du thé, dans le château de cette dernière.

Edwine (déposant sa tasse de thé et s’essuyant délicatement les lèvres).C’est extraordinaire, n’est-ce pas Marie-Chantal ?

Marie-Chantal (rivant le regard tantôt sur son ordinateur tantôt vers son amie). Diantre, je ne décroche pas de toute cette effervescence ! Quelle bonne idée très chère que d’avoir suscité ma curiosité envers une telle richesse, Gontran et moi sommes si seuls parfois dans notre château. De nos jours, les serviteurs sont avares et préfèrent rentrer chez eux le plus tôt possible et les ambiances ici deviennent plates et moroses, vous comprenez. Les soirées d’hiver sont tellement longues devant la grande cheminée en marbre de Campan, hélas éteinte. Mais depuis que nous surfons, chacun de notre côté, je le précise, nous activons nos neurones et de ce fait, chère amie, nous oublions le froid qui envahit nos vieilles pierres. Quelle économie ! Gontran est très heureux de tout cela, je ressens encore de petits frissons qui me secouent le corps mais le froid, ce froid hostile et sans pitié qui vous transperce les os et vous empêche toute réflexion est désormais largement occulté. Mes doigts s’agitent sur le clavier et tout my body se réchauffe. Quelle économie d’énergie ! Gontran vous remercie mille fois ! Thank you very much ! Il aurait aimé vous faire part de sa gratitude de vive voix mais il est retenu, m’a-t-il certifié, par le vicomte de Neuville, une affaire de terres agricoles. Vous savez, les affaires sont les affaires.

Edwine. Oui, je comprends. Et donc très chère Marie-Chantal, vous avez trouvé votre bonheur devant cet écran. C’est ainsi que les pauvres survivent, en surfant sur le Net. Ils ne peuvent s’offrir la vraie vie, celle où l’on change de sac Delvaux chaque soir ou presque, lors d’un dîner à la Tour d’Argent, par exemple. Alors les pauvres végètent sur le virtuel, c’est moins cher. Le savez-vous que les pauvres adorent surfer ? Ils voyagent à bon compte….

Marie-Chantal (s’efforçant malgré elle de fermer l’écran de son PC). Oui mais eux ne cessent de se plaindre ! Tandis que moi, je me régale. Si vous saviez tout ce que je lis sur ces réseaux !

Edwine (étonnée). Ah, vous connaissez donc ce qu’on nomme « les réseaux » ?

Marie-Chantal (l’air gêné et se résignant à éteindre son ordinateur). Très chère, on reproche assez souvent à la noblesse de ne pas être proche du peuple. Ce triste fait est désormais de l’histoire ancienne. Pour ma part, je connais tous les soucis de mes voisins les plus démunis.

Edwine (de plus en plus étonnée). C’est affreux ce que vous dites là! Ne vous focalisez pas sur les soucis des pauvres ! Marie-Chantal, pour l’amour du ciel, ne vous méprenez pas !

Marie-Chantal (déterminée dans ses explications). Affreux ? Pensez-vous ! Les pauvres sont comme nous, le saviez-vous ?

Edwine (qui n’en finit pas d’être étonnée). Les pauvres seraient comme nous ? Quelle horreur ! Nous ne sommes quand même pas comme ces gens-là ! Marie-Chantal ! Rassurez-moi !

Marie-Chantal. (sur un ton professoral). Non, je veux dire que leurs soucis sont identiques aux nôtres. Tout comme nous, ils ont des fins de mois difficiles. Se chauffer, se nourrir, se vêtir, tout cela reste un véritable tour de force. Tout comme nous, leur façade tombe en lambeaux et ils connaissent même la mise en place des seaux dans le grenier afin de récolter les eaux qui fuitent de leur toiture. Mais ils sont tellement primaires qu’ils ne pensent même pas à s’en servir le matin pour leur toilette ! Quel gâchis ! Et j’en passe !

Edwine (l’air dubitatif). C’est merveilleux de votre part, Marie-Chantal, de lire toutes ces doléances. Tout cela enrichit votre contribution aux œuvres de bienfaisance, en quelque sorte. Et donc les gens du village dialoguent comme ça, tout de go, avec vous ?

Marie-Chantal. Ah mais sur les réseaux, je ne m’appelle pas Marie-Chantal de Bassecour !

Edwine. Ah non ?

Marie-Chantal. Edwine, c’est vous qui m’aviez initiée aux joies de ce monde virtuel et vous semblez tout découvrir tout à coup !

Edwine. C’est que très chère Marie-Chantal, Charles-Edouard limite mes voyages virtuels…

Marie-Chantal (qui prend l’air malicieux d’une personne très fière d’elle). Ah, si j’écoutais Gontran, je serais moi aussi limitée ! Si Gontran savait que je me connecte aux réseaux, il serait furieux ! J’use donc de subterfuges. J’ai bien accès à ces leçons quotidiennes d’English, oui, oui, mais…

Edwine. Je ne vous comprends pas.

Marie-Chantal. Très chère, croyez-vous que Marie-Chantal de Bassecour serait la bienvenue sur Facebook ? Non, bien sûr ! Sur les réseaux, je me nomme Chantal Poulette !

Edwine. Chantal Poulette ? Et votre photo ? Vous n’avez donc pas intégré une photo à votre profil ?

Marie-Chantal. Cela serait bien trop risqué. Les pauvres ne m’en diraient pas assez, ils ont une certaine retenue devant la noblesse, vous ne l’ignorez pas. Ils nous gratifient de salamalecs ridicules, de fausses belles manières, et j’en passe. Lorsqu’ils s’adressent à Chantal Poulette qui a comme photo de profil une crête de coq, cela les met en confiance et ils étalent alors toutes leurs préoccupations quotidiennes. Cela est très comique.

Edwine (ébahie). Et tout cela est autorisé ? C’est quand même une usurpation d’identité !

Marie-Chantal. Vous connaissez une Chantal Poulette, Edwine ?

Edwine. Non, je viens d’apprendre que c’était vous !

Marie-Chantal. Eh bien dans ce cas, il n’y a pas d’usurpation d’identité, c’est aussi simple que cela ! Et donc, ce pauvre Gontran est à mille lieues de s’imaginer qui je côtoie. Il serait furieux. Mais j’ai tellement de plaisir à lire tous ces commentaires plus loufoques les uns que les autres. Ah, si vous saviez ce que ces gens-là écrivent. Enfin, écrivent…disons qu’ils… griffouillent… Edwine, c’est pourtant vous qui m’avez initiée à ce monde virtuel. Et vous, que lisez-vous sur le Net ?

Edwine. Oh vous savez, moi…En fait, je m’occupe du courrier de Charles-Edouard, je réponds aux mails de ses différentes sociétés. C’est ainsi que j’ai découvert que certaines de ses sociétés n’étaient que des façades, elles n’existaient pas. Tout comme Chantal Poulette…

Marie-Chantal. Quelle horreur ! Vous travaillez alors ! Je l’ignorais !

Edwine. Travailler, travailler, c’est un bien grand mot. Disons que je classe tous ces mails. Je trie.

Marie-Chantal. Et c’est tout ? C’est si fade tout ça.

Et bla bla bla et bla bla bla.


 

Dans un pavillon de chasse à deux pas du château, Charles-Édouard de Chartroye et Gontran de Bassecour discutent fermement.

Charles-Édouard. Mon cher Gontran, c’est la stricte vérité, j’ai découvert cela par hasard. Je pourrais ouvrir mon ordinateur et me connecter à ce réseau tellement médiocre parce que populaire afin de vous prouver tout cela mais…

Gontran. Je vous crois, je vous crois. Chantal Poulette ! Quel horrible pseudonyme ! Tout mais pas ça ! Que Marie-Chantal se surnomme « Princesse de Noailles », la « du Barry », la « Montespan » à la rigueur, mais Chantal Poulette…Comment est-il possible de choir si bas ?

Charles-Édouard. Je ne vous le fais pas dire !

Gontran. Et que préconisez-vous ? Je me sens tellement désarmé face à cette situation…qui ne peut durer plus longtemps ! Votre Edwine trifouille dans toutes vos affaires administratives et ma Marie-Chantal ridiculise le nom des de Bassecour en se nommant Chantal Poulette ! Poulette ! Quel gâchis ce progrès technologique, quel gâchis !

Charles-Édouard. Il faut que toutes deux, elles quittent le Net, ni l’une ni l’autre ne peuvent continuer ces simagrées ! Et de votre côté, estimez-vous heureux que Marie-Chantal ne s’immisce pas dans vos affaires personnelles…

Gontran. Vous avez raison mon ami. Elles doivent s’éloigner au plus vite de cette planète virtuelle. Dès demain, j’annule abonnements et connexions. Tant pis pour les cours d’anglais, le peuple a assez ri des de Bassecour ! Et vous, cher ami ?

Charles-Édouard. Idem ! Il n’est plus question qu’Edwine décortique toutes mes magouilles administratives. Dès demain, j’annule également abonnements et connexions ! Nos épouses doivent quitter Internet et au diable le monde numérique !

Carine-Laure Desguin

 

Publié dans Textes

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Madeleine de Boysson nous présente son recueil de poésie "Turbulence"

Publié le par christine brunet /aloys

 

Biographie

 

Après une scolarité suivie entièrement par correspondance et une enfance marquée par les voyages, ses parents étant itinérants, Madeleine de Boysson, née en 1996, s’engage de manière professionnelle dans l’exercice de son instrument, le violon et intègre en 2016 l’Ecole Supérieure de Musique et de Danse de Lille préparant à une formation d’interprète et de professeur.

Elle donne aujourd’hui de nombreux concerts de musique de chambre et en orchestre dans le Nord Pas de Calais, la Picardie et aussi en région Parisienne. Parallèlement, elle enseigne le violon en cours particuliers.

La poésie occupe une place déterminante dans sa vie depuis toujours et dans son premier recueil, Turbulence, Madeleine de Boyson nous livre son monde intérieur et les reflets de son regard sur le monde passé et actuel au travers d’une écriture à la fois très claire, mais aussi tourmentée.

 

*

Un recueil de poésie qui traduit l'univers profond et sensible d'une jeune poète musicienne.

 

*

 

Extrait

 

 

Souffle de l'enfance

 

 

Le long flux de la vie coule sans trêve

Les choses passent et je les vois passer

Jamais l'enfance ne m'a paru brève

Autant qu'aujourd'hui.

S'envole et s'échappe la pluie

Comme les baisers.

 

La rive est dangereuse plus que tout

Mais je ne peux rester sur le bateau.

La vie roule et roule au long de ma joue

Je ne peux rien faire

Je la vois couler dans la mer

Comme mes sanglots.

 

Un souffle n'a plus le temps de survivre

Quand un chemin se finit pour toujours.

Un souffle est un regret quand il veut vivre

Il est mon enfance

Et je respire quand j'avance

L'odeur de ses jours.

Publié dans présentations

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Séverine Baaziz nous dévoile le début de son nouveau roman « L’astronaute ». Parution en septembre 2019 !

Publié le par christine brunet /aloys

J’ai beaucoup hésité avant d’écrire ce qui va suivre. Je ne voulais ni choquer, ni déranger, mais dans l’état où je me trouve, je sais que je n’ai plus le choix. C’est maintenant ou il sera trop tard.

Ce matin, j’ai perdu deux dents. Ma vue se trouble. Bientôt mes doigts se mettront à gonfler. J’espère tenir jusqu’au point final, mais une chose est sûre, je vous livrerai tout de ce que j’ai vécu, sans mensonge ni compromission.

Je me dis que de moi, au moins, il restera ça.

 

Voilà, je me lance.

Tout a commencé dans le bureau de Berthier. Mon responsable. Convoqué au micro, j’ai foulé les marches qui me séparaient de lui, avec nonchalance. Je n’espérais plus rien de mon emploi. Pour tout dire, plus rien de la vie.

Affalé sur le siège à roulette, à une longueur de bras de son visage, j’attendais qu’il ouvre la bouche. Le nez me démangeait, chatouillé qu’il était par l’odeur mi-poivrée mi-mentholée de sa peau fraîchement rasée. Soudain, il a souri. A pleines dents.

Il a encore gardé son regard plongé dans le mien un moment, tout en continuant à sourire et, d’un coup, comme piqué par une guêpe, il s’est redressé, a frappé son bureau plein de paperasse du plat de ses deux énormes mains, avant de prononcer la phrase la plus improbable que la vie m’ait donnée à entendre :

Sacré Michel ! C’est votre jour de chance !

Ma femme venait de me quitter. Je vivais dans un minuscule appartement entièrement peint en vert têtard avec cinq cartons, deux valises et quelques centaines de cloportes.

— Ah ?

SACRE MICHEL ! Vous doutez, je le vois bien, vous doutez ! Attendez de savoir ce que la haute autorité vous offre comme perspective.

J’attendis.

— Michel, arrêtez-moi si je me trompe. Vous n’avez pas d’enfant et vous venez de vous séparer. En d’autres termes : aucune obligation familiale ?

— Non.

— TRES TRES BIEN !

Berthier hurlait comme si j’étais sourd. Ses mots ne s’articulaient pas, ils jaillissaient de sa bouche. Si bien que son haleine fétide en devenait insupportable. Des soufflantes de hareng et de persillade. Je n’avais alors qu’une hâte, c’est que tout cela se finisse au plus vite.

— Les espaces exigus ne vous posent pas problème ?

A choisir, je préférais les grands espaces.

Non.

PARFAIT !

Pitié.

Là, Berthier m’annonça ce qui aurait dû me combler de bonheur. Le Graal dans la profession. J’étais sélectionné, nommé, non, désigné à l’unanimité comme l’homme de la situation. Je décollais le lendemain. Félicitations.

Mais j’y pense, j’ai oublié de vous dire : je m’appelle Michel Bracowski, je suis astronaute.

 

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Extrait du roman : Argam par Gérard Le Goff

Publié le par christine brunet /aloys

 

Extrait du roman : Argam par Gérard Le Goff

 

J'étais désormais persuadé que mon intrusion serait bientôt signalée au maître du domaine, osant à peine me demander qui pouvait régner ici. L’hémicycle passé, j'avisai une avenue dallée qui partageait une nouvelle pelouse, délimitée sur son pourtour par des massifs et que dominait encore une ligne de peupliers. Quelques stèles muettes parsemaient les abords de cette voie qui menait sous les murs de la maison de Martha de Hauteville.

Il s'agissait d'un manoir trapu, conçu dans ce goût gothique qu'affectionnent les britanniques. Le corps de bâtiment se présentait flanqué de quatre tours coiffées d’un cône en ardoise. Je localisai celle qui m'apparut endommagée la première fois où je découvris l’extérieur du domaine. Cette tour était dépourvue de toit et sa silhouette écimée s’achevait en crénelures irrégulières. D'imposantes fenêtres à meneaux et des vitraux démesurés trouaient les murs de pierre sombre de la partie principale de l’édifice, que rehaussaient des incrustations de briques rouges. Un imposant palier menait à la porte principale, faite d’un bois massif et sculpté, que surmontait un colossal linteau.

Alors que je détaillais toujours le logis, un couple surgit d'une étroite cavée pratiquée dans un hallier, qui débouchait au pied de la tour ruinée. Ils entretenaient, dans une langue que je ne parvins pas à identifier, un vif dialogue ponctué de rires et d'exclamations. L'homme était affublé d'une somptueuse veste rouge à pans, semée de ramages, d'une culotte et de bas en soie, de souliers à boucles d'argent, d'une perruque poudrée, ornée d'un nœud grenat sur la nuque et d'un tricorne de feutre broché. La femme portait une indescriptible toilette en taffetas vieux rose, que moirait la lumière pourtant faible, tandis que ses cheveux, d'évidence artificiels, tant par leur arrangement qu'en raison de leur couleur argentée, évoquaient une sorte de tiare cerclée de perles sans doute véritables. Un loup de satin noir dissimulait leurs traits, que je devinai cependant défaits et hachurés d'ombre. Ces êtres fantomatiques ne daignèrent pas se rendre compte de ma présence. Par contre, tout occupé à les observer pénétrer dans le manoir, je ne vis ni n'entendis s'approcher derrière moi un nouvel arrivant. Celui-ci m'aborda en ces termes :

— Le temps est le remède souverain.

Tout en me demandant à quel mal il faisait ainsi allusion, je fis face à cet intervenant si discret, et découvris alors l'une des créatures les plus extravagantes qu'il m'ait été donné de rencontrer dans mon existence. Malgré son manteau noir à la coupe stricte et en dépit de sa voix toujours plaintive, comme déformée par l'abus des trémolos, l'homme-caniche me fit plus d'une fois sourire. Ne constituait-il pas un irrésistible composé de pathétique et de grotesque avec cette face un peu écrasée, envahie de poils bouclés et soyeux, parmi lesquels luisaient des yeux en permanence humides au-dessus d'un nez qui prit l'apparence d'une pelote de cuir ?

— Même la plus profonde des peines, l'humiliation la plus insensée, la blessure cruelle, l'amour véritable, rien ne résiste à son salutaire travail d'usure.

— Où sommes-nous ? ai-je alors osé demander.

— Qui sommes-nous ? se permit-il de répondre, avant de se fendre d'un étonnant sourire.

J'aurais pu m'inquiéter, il est vrai, de la qualité de ce sourire.

L'être que j'avais surnommé l'homme-caniche ne paraissait plus vouloir me quitter. Volubile, il s'exprimait dans un français correct mais usait de phrases tronquées. Sans doute me supposait-il assez subtil pour combler les lacunes de son discours.

— Voyez-vous, j'ai trop souffert de l'immonde pitié des uns comme de la méprisable moquerie des autres. Vous ne trouverez personne qui ait pu, comme moi-même, ressentir jusqu'au tréfonds la terrible déchirure occasionnée par le rire d'une femme. L'écuyère! La ballerine!... Oh! Si forte cependant... Ce fut au cours d'une nuit sans lune que la foudre embrasa les écuries. Sans une hésitation, elle pénétra la fournaise afin de délivrer les bêtes entravées. Il ne convient pas de l'en blâmer. Ni de la plaindre. Elle n'aura connu que leur amitié crédule. Il fallait la voir rayonner lorsqu'elle recevait dans ses paumes tendues l'offrande de leur souffle...

Je n'ai pas souhaité l'interrompre. J'appris ainsi son histoire. Sans doute agréa-t-il ma compagnie puisqu'il se proposa comme guide pour une visite du manoir. Je lui ai aussitôt demandé d'où provenait la musique que l'on entendait parfois. Il grimaça un sourire. Ce rictus indéchiffrable le dispensa plus d'une fois de répondre à mes questions.

Une fois le palier gravi et l’impressionnante porte d’entrée franchie, nous entrâmes dans une salle si vaste que le bâtiment tout entier ne pouvait l'abriter. Ces distorsions de l'espace ne me surprenaient déjà plus. Je subodorais aussi que la temporalité, en ces lieux, n'obéissait pas aux mêmes lois que celles de notre univers supposé réel. En effet, après ma descente de l'escalier de bois pourri, j'avais pris la peine de consulter ma montre. Une demi-heure s'était écoulée depuis que la grille du domaine s'était refermée derrière moi alors que je pensais avoir déjà dilapidé plus du triple de cette durée au cours de mes pérégrinations.

La décoration de la pièce hors normes où nous nous trouvions ne ressemblait à rien de ce qui pouvait se pratiquer d'ordinaire. Du lointain plafond à caissons tombaient des lustres inouïs, sortes de dragons de métal vomissant des volutes de cristal, que retenaient des chaînes ouvragées. Les murs, tendus de tissu pourpre, semblaient zébrés, à intervalle régulier, par les flammes dorées d'appliques baroques. D'immenses tableaux proposaient des visions récurrentes d’incendies, plus extravagantes les unes que les autres. D'épaisses tentures, couleur de cendre, drapaient les embrasures. Le plancher semblait fait d'onyx tant le noir qui teignait son bois étincelait. Les abondantes sources lumineuses de ce lieu ne diffusaient pourtant qu'une clarté douteuse, comparable aux reflets estompés d'un crépuscule hâtif d'automne, si bien que l'on devinait à peine, dans les encoignures envahies par la pénombre, de lourds meubles ciselés, dont la ténébreuse apparence évoquait celle d'épaves à demi consumées. Au beau milieu de ce salon démentiel, sur une estrade, les musiciens en frac d'un quatuor à cordes demeuraient figés dans la posture attendue qu'exigeait la pratique de leur instrument respectif, victimes d'on ne savait quel enchantement.

— Ils interprètent le silence, commenta l'homme-caniche avec sobriété.

Il me conduisit ensuite devant un haut miroir, monté sur un châssis à pivots et serti dans un cadre orné de motifs compliqués, à la manière d'une monstrueuse psyché. Cet objet encombrant me parut occuper un emplacement incongru. Il trônait en effet devant une série de sièges disposés à dessein en arc de cercle à l'entrée d'une galerie débouchant dans la pièce principale, que nous venions de traverser. Une lumière rougeâtre, que versait un vitrail haut perché, évoquait une flaque irrégulière s'étalant devant cet arrangement inattendu. Néanmoins, je n'ai manifesté aucune surprise. Même lorsque mon guide liquéfia le verre du miroir d'un seul geste obscène.

— Si vous voulez bien me suivre...

Comment avions nous pu pénétrer sans transition dans cette chambre nue, au plancher circulaire et sans aucune issue ? Il ne m'en souvient guère. Là, gisaient les pires anomalies humaines qui se pussent concevoir, affalées à même le sol. Malgré moi, je fus parcouru par un long frisson de dégoût et d'effroi.

Tous insistèrent pour me raconter leur histoire. Je pourrais désormais vous révéler les pensées secrètes qui tourmentent la femme-serpent, dont le corps est recouvert d'ignobles squames. Je pourrais vous donner une idée du sens de l'humour démoniaque de l'homme-à-deux-têtes, qui porte sur le front, telle une bosse, la figure avortée d'un improbable jumeau. Je pourrais encore passer en revue les pitoyables délires des siamois, ou énoncer quelques-uns des innombrables syllogismes que ressasse avec délectation l'homme-caoutchouc, las de se planter des clous dans la poitrine. Je pourrais aussi relater l'amour impossible du cyclope pour la fille-de-verre et comment il la brisa dès leur première étreinte. Je pourrais vanter la patience de la naine à barbe qui endura tant de quolibets, la sagesse de l'homme-pierre qui apprécie chaque instant de l'existence malgré la calcification qui le gagne, l'altruisme de la momie qui perd régulièrement un peu de sa chair pourrie et plaint les autres, la roublardise de l'hermaphrodite peu avare de mignardises, la vaine déférence de l'hydrocéphale se déclinant en couinements apeurés. Je pourrais évoquer enfin les chagrins de l'homme-le-plus-gros-du-monde, en qui je crus voir une larve géante tant sa masse blanchâtre m'apparut composée d'anneaux considérables, gainés d'une peau distendue et translucide, entés de membres grêles et d'une tête réduite. Je les ai tous écoutés avec respect, malgré le sentiment de répulsion qu'ils m'inspiraient. Jamais ils ne manifestèrent à mon égard une quelconque hostilité.

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"Transparente", un texte signé Carine-Laure Desguin publié dans la revue Aura 96

Publié le par christine brunet /aloys

Transparente


 


 

Le flic qui m’a reçue ce matin-là avait une tronche de déterré, un teint grisâtre, des yeux cernés et une barbe d’au moins trois jours. Sur le bureau derrière lui, des tas de dossiers ouverts, des photos qui s’éparpillaient, des visages d’hommes et de femmes, d’enfants aussi. On pouvait s’attendre à des photos de cadavres déchiquetés comme dans les feuilletons policiers mais non, ce n’est pas ça que j’entrevoyais et sur les murs, rien n’était épinglé, aucune photo, pas de noms avec des flèches qui partaient dans tous les sens. Je n’osais trop attarder mon regard sur tout ça mais c’était plus fort que moi, je n’arrivais pas à décrocher. Et puis l’air naze de ce type n’a pas captivé mon attention dès le départ, il avait un tel air absent, une partie de lui était dans ses enquêtes en cours, j’ai supposé. Parce qu’il se sentait comme obligé de s’occuper de moi, il m’a demandé ce qui m’amenait là, mon collègue m’a dit que ce n’était pas vraiment une plainte, n’est-ce pas madame…, madame Blaise, c’est bien ça ?

Oui, Blaise, c’est bien mon nom, en effet. Bien que je ne sois pas ici pour déposer une plainte je ne dois pas non plus vous faire part de félicitations ou de remerciements.

Le flic referma alors un dossier, une farde bleue qui était sur le bureau qui nous séparait, lui et moi. Il se retourna, prit conscience de tout ce foutoir sur le bureau derrière lui mais, après avoir rivé son regard au mien, il se retint de refermer toutes ses fardes grandes ouvertes. Sans doute m’avait-il jugée, j’avais l’air d’une innocente ou celui d’une femme trop bête, ou pas assez curieuse, voilà tout. Ou pire encore, une femme qui avait patienté pendant deux heures assise sur une chaise bancale dans un couloir plongé dans une pénombre perpétuelle et exempt de toute chaleur humaine, ça supportait pas mal de choses. Alors une telle femme n’avait pas la capacité d’établir des liens entre une telle photo et une autre, et surtout de relier tout ça à cette affaire dont tous les habitants de Mons parlaient en ce moment, « l’affaire des suicidés ».

Alors madame Blaise, je vous écoute.

Tout en disant ces trois mots, je vous écoute, il a sorti d’un tiroir une feuille blanche format A4, et il a pris un stylo. Il a écrit madame Blaise en haut à gauche et il a relevé la tête, tout en plongeant son regard vers le mien pour la toute première fois. Car depuis que j’étais entrée dans son local après avoir été annoncée sur un ton presque ironique par un de ses collègues, il ne m’avait pas regardée, ça je me le rappelle très bien. Alors madame Blaise, je vous écoute. J’ai essayé de rassembler mes esprits afin que mes propos soient énoncés le plus clairement possible mais tout ça, ce manque d’égard envers moi, cet entretien qui était pris à la légère, tout ça, ça faisait comme une grosse pelote de laine piquée de trente-six mille aiguilles, et ça me lacérait jusqu’au plus profond de moi.

Madame Blaise ? Cet homme, le meurtrier de mon mari, j’ai crû le voir rôder autour de la maison, j’ai dit en laissant un blanc de plusieurs secondes entre chaque proposition. Madame Blaise, vous dites : j’ai crû. Vous n’êtes donc pas certaine ? C’était le soir, la nuit, très tôt le matin ? Êtes-vous seule à l’avoir vu ? Réfléchissez bien, madame Blaise, car vos accusations peuvent peser très lourd…Pourquoi ne pas l’avoir pris en photo puisque vous, vous étiez chez vous, n’est-ce pas ? Soyez plus précise, madame Blaise, s’il vous plaît, madame Blaise …Ce n’était pas la première fois que je venais me plaindre d’avoir vu le meurtrier de mon mari et je me doutais que je n’étais pas prise au sérieux. Ne puis-je donc pas bénéficier d’une surveillance ? Les patrouilles de police ne pourraient pas s’attarder devant chez moi ? C’est vers la tombée de la nuit que j’aperçois ce type. Il me semble qu’il descend d’un bus avant de marcher jusque ma maison, les horaires correspondent. Il s’appuie contre le mur d’en face, allume une cigarette et reste comme ça pendant plusieurs minutes, le temps d’en fumer une, je suppose. Tout correspond, la taille de cet homme, son allure, sa démarche lorsqu’il retourne en direction de l’arrêt du bus, tout je vous dis, tout correspond. Même le chapeau. Car cela doit être noté dans le dossier, il portait un chapeau, le soir où mon mari fut retrouvé lâchement assassiné dans le garage, au moment où il sortait de sa voiture. J’ai peur vous comprenez, j’ai peur. Le mobile du crime n’a jamais été découvert, mon mari était un homme sans histoire, d’après moi. Alors je ne comprends pas pourquoi cet individu s’obstine.

Madame Blaise, cela fait plus de dix ans que votre mari a été assassiné, l’affaire est classée, vous comprenez ? Pourquoi voudriez-vous qu’un meurtrier revienne chaque mois et ce pendant dix ans sur les lieux du crime ? Afin de se faire intercepter par la police ? Des collègues sont restés devant chez vous des soirées entières et jamais ils n’ont vu un type répondant au signalement que vous nous donnez, jamais, madame Blaise, jamais. Alors je lui ai répondu que c’était normal, qu’une voiture de police garée devant chez moi attirait l’attention et que le meurtrier ne descendait pas du bus lorsqu’il voyait un tel véhicule. Le téléphone a sonné au moment où j’allais donner d’autres renseignements et le flic a commencé une conversation avec son interlocuteur. Non, il n’en avait plus pour longtemps au bureau. Oui, il serait sur la place du Parc dans une trentaine de minutes, on pouvait donc lui réserver une place au café de La Fontaine, il n’attendait que ça, se détendre enfin et oublier le boulot, il en avait bien besoin. Il voulait à tout prix oublier toutes ces conneries qu’on venait lui raconter et qu’il était obligé de noter et de répertorier, et que tout cela, c’était pire que le Mundaneum, tous ces dossiers qui s’entassaient. Il a même ajouté qu’il espérait que les ravioli soient aussi bien épicés que la semaine dernière, c’était si rare des ravioli cuisinés à la façon de sa nonna, elle épiçait tellement bien la farce des ravioli, sa nonna, ni trop, ni trop peu.

J’avais donc attendu plus d’une heure dans un couloir qui ressemblait à un hall de gare, avec des gens qui passaient et repassaient avec une telle indifférence que j’avais l’impression d’être transparente et j’étais ici dans ce bureau, face à un flic qui se foutait pas mal de ce que j’avais vu, qui n’en n’avait rien à cirer de mes craintes. Non, ce qu’il espérait, c’était que les ravioli du café de La Fontaine soient aussi bien épicés que ceux de sa nonna. Un de ses collègues pénétra dans le local sans même frapper, il avait l’air contrarié. Il dit qu’il y avait une réunion importante au local 212 et que le boss l’attendait. Il a lu d’un air dépité « ko » sur le postit affiché sur la machine à café et il est sorti. Allez madame Blaise, ne vous tracassez pas, il se fatiguera vite, ce bonhomme. Voilà ce que le flic me dit tout en chiffonnant la feuille A4 sur laquelle il avait noté mon nom en haut à gauche, madame Blaise.

Tout en se levant, il jeta la feuille dans la poubelle et s’excusa, on l’attendait au local 212. Une réunion importante. Mais je ne vous apprends rien, vous avez entendu ce que vient de me dire mon collègue, n’est-ce pas madame Blaise ? Je n’ai pas répondu, je n’ai rien dit, même pas un au revoir ou quelque chose comme ça.

 

Carine-Laure Desguin

 

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« Le petit recueil de nouvelles grises » signé Noémie Lariven Franceschi 

Publié le par christine brunet /aloys

« Le petit recueil de nouvelles grises » Noémie Lariven Franceschi 

Présentation de l’auteur : Je m’appelle Noémie, je suis née en 1988 et je vis sur l’île de beauté en Corse. Anciennement vendeuse de livres, je suis une serial lectrice,  passionnée de thrillers et de livres d’épouvante. Mes références sont Karine Giebel, Jacques Expert, Cédric Sire et Stephen King. En février 2018 a germé dans mon esprit une mini nouvelle et les 44 autres ont suivi très naturellement. C’est lorsque ma boutique a fermé que l’idée de publier ce petit recueil m’est venue. Ce sont mes premiers écrits mais ce ne seront pas les derniers. 

 

 

Présentation du livre: Il s’agit d’un recueil de courtes nouvelles dans un esprit plutôt sombre, c’est pourquoi je les ai nommées « les nouvelles grises ».  Elles sont toutes très différentes. J’ai tenté d’en faire suinter de l’émotion et de la surprise. J’ai pris beaucoup de plaisir à les écrire et j’espère de tout mon cœur que vous aurez le même plaisir à les lire. 

 

 

Résumé du livre: A tous ceux qui n'ont pas le temps de lire, à ceux qui s'endorment dès le deuxième chapitre, à ceux qui ont la flemme de commencer un pavé de sept cents pages, mais qui ont envie d'une dose de frisson, je vous présente ce petit recueil de nouvelles grises mais désaltérantes.

 

Vous y trouverez des personnages très différents à chaque page, des situations du quotidien qui basculent dans l'horreur en un clin d'oeil, des histoires courtes et sombres qui vous feront relativiser quant à vos petits soucis. Je vous souhaite une bonne lecture et de jolis rêves.

 

 

Extrait du livre: "Vous direz que je suis cinglé, dangereux, fou, un monstre. Oui vous devez avoir raison. Depuis que je suis enfant, je suis fasciné et même en admiration face à la douleur, j'aime faire souffrir, faire saigner. Infliger la douleur... Petit, c'était les animaux, Dieu seul sait combien j'en ai écorché. Plus tard, à l'adolescence, dès que j'en avais l'occasion, c'était ma petite sœur... »

Publié dans présentations

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"J'ai peur de vos sourires moqueurs…", une nouvelle signée Louis Delville

Publié le par christine brunet /aloys

J'ai peur de vos sourires moqueurs…


 

J'ai peur de vous raconter cette histoire… On va encore dire que je l'ai inventée et pourtant c'est la vérité !

Il y a quelques années, lorsque j'étais petit, j'ai rencontré des Martiens! Vous voyez, vous commencez déjà à sourire. J'en ai marre de ces gens qui ne me croient pas !

L'après-midi du 24 décembre 1900 et quelques, je regardais par la fenêtre pendant que ma mère faisait des bouquettes. Eh voilà, on sourit encore, on ne connaît pas un mot typiquement liégeois et on rit bêtement !

La bouquette est un genre de crêpe à la farine de sarrasin agrémentée de raisins de Corinthe macérés dans le genièvre. Il neigeait doucement et la maison embaumait. On avait fait les courses la semaine précédente et le cuissot de sanglier attendait sagement au réfrigérateur. Maman avait trouvé une recette de sanglier au chocolat à préparer pour le réveillon. Encore ces sourires moqueurs ! Oui, ça existe une recette de sanglier au chocolat !

Depuis la veille, la viande marinait… Le foie gras était déjà coupé en belles tranches et Papa avait ouvert une bouteille de ce vin fabriqué à base de grains de raisins pourris. Je vois que vous vous marrez mais il existe vraiment, ce vin, le Sauternes ! Attendez d'en avoir goûté avant de critiquer !

Je crois que je vais m'arrêter de vous raconter cette histoire, j'avais bien raison d'avoir peur de la commencer. Vous ne croyez pas des choses vraies, alors comment voulez-vous croire à mon histoire de Martiens ?


 


 

Louis Delville

Publié dans Nouvelle

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