Quand il referma la porte Lentement, elle lâcha ses cheveux Ce soir elle n’est plus cette autre Qui refuse de se dévoiler Celle qui s’interdit la liberté Courtisane, fille de joie, qu’importe Ce soir elle est vôtre, Et c’est tout ce qu’elle veut.
Brisez mes chaines, De femme trop bien-pensante Prenez les rennes, Je veux être immorale, indécente Soyez la bête qui hante mes rêves Le seigneur au puissant glaive.
Elle a rangé sa virginale blouse Et enfilé une tenue de catin Elle ne sera plus seulement l’épouse, Mais une authentique putain, La gracile andalouse Aux pieds de son souverain.
Dans votre cave humide, Entrainez-moi, effeuillez-moi Je ne veux plus être la timide Mais la coquine qui plait à son roi Regardez-moi, pétrissez-moi Que ma fleur éclose sous vos doigts.
Minuscule matin au lever de soleil orange sur une route mouvementée d’un côté de l’autre.
Les transports pour désigner les allers et venus facilités par les moteurs, empourprés de gens fin prêts - à l’emploi, à la journée - aux allures frôlées, vues, reconnues, sourires non réciproques - actes manqués – adolescents courbés, des enfants enthousiastes, des étudiants - cheminement éternel des étudiants.
Autant de tenues à décortiquer - une esthétique du dévisagement approximatif.
Un baiser sur la joue d’une jeune-fille au hasard des rapprochements en commun - lui, un beau garçon au chignon blond tape-à-l’œil indiscret.
Et les lunettes ? Un syndrome. Un symptôme ? - Un paradigme cardiaque. -
En théorie, par analogie et rêves funambules au-dessus du brouhaha de la foule des tas de ferraille en tas.
Il y a un an, je lisais le premier thriller de Bob Boutique "2401". Bob a récidivé depuis et j'avais hâte de retrouver ses héros hollandais Lieve, souvent nommé la Petite, et Johan, surnommé le Bouledogue.
Bob ne veut pas dévoiler grand-chose de ses romans. Il veut laisser la surprise de la découverte à ses lecteurs (la 4e de couverture est d'ailleurs minimaliste). Mais comment donner envie de lire "Chaos" si on ne peut rien en dire? Le lecteur potentiel a quand même droit à un minimum d'informations, non?
J'essayerai donc de ne pas déplaire à Bob en ne dévoilant que peu de choses.
L'histoire commence au Rijsmuseum d'Amsterdam où un tableau a été volé, un simple tableau, pas très connu, presqu'une croûte ! Pourquoi le voleur s'est-il emparé d'une oeuvre d'art dont il ne pourra pas tiré grand-chose? Et pourquoi ce même voleur a-t-il touché à un autre tableau sans l'emporter si ce n'est pour cacher le vrai motif de ce larcin?
Le jour où on découvre l'identité du voleur, Johan qui vivait bien tranquillement sur un bateau depuis l'enquête précédente (voir "2401") est rappelé d'urgence. Il fera équipe avec "la Petite" Lieve car on ne change pas une équipe qui gagne !
L'enquête les emmènera jusque dans les montagnes en guerre du Yemen où Yohan devra arrêter à temps un massacre sans précédent...
Un livre bien écrit, très bien documenté, qui pourrait choquer certaines personnes, car il remet en question certaines croyances religieuses...
Un roman pas facile (je n'ai pas vraiment tout compris), mais très intéressant sur un thème très actuel...
A lire si vous avez aimé "2401" bien que les deux romans n'ont aucun point commun à part l'équipe d'enquêteurs. A lire même si vous n'avez pas lu "2401" si vous aimez les thrillers et le suspense. A lire si vous connaissez Bob et aimez son style facilement reconnaissable.
Bob (Baudouin) Boutique est un auteur et libraire belge qui vit à Schaerbeek. Bob est un vrai passionné de littérature et d’écriture depuis toujours. Il est spécialisé dans l’écriture de « contes bizarres ». Ses deux recueils de "Contes bizarres I et II" sont d’ailleurs disponibles chez l’éditeur tournaisien Chloe des Lys, dont il est l'un des administrateurs. La plupart de ses livre sont écrits pour êtes lus à haute voix, dans un style proche du langage parlé. L’auteur utilise souvent des belgicismes, du ‘brusseleer’, du flamand et même parfois des mots inventés !
« Le monde des humains est un univers de fous, qui n’est lucide que quelques jours par an. Pendant la période du Carnaval ! » Pourvu d’une imagination débordante, les textes de Bob Boutique inspirent des milliers de gens dans le monde et les scénarios de ses contes font même de l’oeil aux producteurs de cinéma.
Cet article a été co-rédigé avec le site : citation-proverbe.org qui propose de belles citations et des proverbes connus !
Top 3 des citations de Bob Boutique
1 - Extrait de son thriller : CHAOS
« Quant à la Petite, elle se laisse guider, confiante en sa bonne étoile comme à l’efficacité de son homme. Car c’est ainsi qu’elle le nomme désormais dans sa petite tête de gamine. Elle l’observe qui avance dans la nuit sans se presser, sans perdre une enjambée, comme un métronome, et pense tout simplement : « C’est mon homme. » Et dire que certains trouvent les femmes compliquées. » (Chaos, Bob Boutique)
2 - Extrait de son livre : 2401
« Les flammèches orange ondulent légèrement et projettent des ombres mouvantes sur un groupe de moines en capuche (appelons-les comme ça) assis au milieu de la salle autour d’une longue table en bois massif sur laquelle six enveloppes attendent les invités(…) Une pendule sonne quelque part. Il est onze heures. »(2401, Bob Boutique)
3 - Extraite de son livre : 2401
“Une vague lumière à l’écume orange s’étale doucement sur les hautes parois rocheuses plongeant dans le même temps le fond de la vallée dans la pénombre.” (2401, Bob Boutique)
Un avant-goût des oeuvres de Bob Boutique Voici les premières couvertures des deux livres cités plus hauts
Voici un extrait du prochain roman à paraître chez Chloé des lys… Une maison, plusieurs générations, et plusieurs secrets. Que seuls les acteurs de ce secret, la maison et le lecteur connaissent. Quel est le pouvoir de ces secrets, s’il en a ? Que deviennent ces amours et ces rires entre les murs ? Floraisons éphémères, saisonnières, éternelles ?
***
Il fait déjà si chaud depuis deux semaines que les lobélias ont fleuri, ainsi que les calcéolaires d’un jaune tigré, qui jettent une note vive.
Christine et Mireille jouent à la dinette dans le fond du jardin, sous la gloriette où le parfum entêtant de la glycine les encercle.
Elle les entend caqueter et rire, parler à leurs poupées, les invitées d’honneur. Belle Jacqueline – la belle poupée de porcelaine aux yeux bleus de verre frangés de longs cils noirs, des rubans de soie et de vrais cheveux blonds coiffés en tire-bouchons - semble faire des chichis et refuser encore un peu de craquelin (Pain brioché constellé de pépites de sucre qu'on trouve dans toutes les régions de Belgique) tout frais, mais par contre consentir à accepter une autre tasse de thé « Prince des mers de Chine » sans sucre et avec un léger nuage de lait, tandis que Micheline, simple poupée de celluloïd, est plus gourmande et redemande de tout.
« Je vous en prie, je vous en prie mesdames, vous êtes nos visiteuses de marque et rien ne peut nous faire plus grand grand plaisir » gazouille Christine en prenant l’accent anglais, qu’elle considère être le sommet de la distinction. « Mais écoutez donc ! Qui sonne à la porte ? Miss Daisy, dear, voudriez-vous aller ouvrir, ça doit être Mademoiselle Poupette qui arrive en retard à cause du trolleybus »…
Anne sourit paresseusement, se divertissant à les voir en pensée tandis qu’elles miment les attitudes des grands avec le minuscule service de plastique jaune et de vraies tranches de craquelin coupées en petites bouchées, ainsi que du jus de pomme pour imiter le thé. Miss Daisy est la servante imaginaire et que l’on devine très stylée, mais bien qu’elle se comporte de manière irréprochable et loin de l’hystérie, parfois elle est priée de se reposer un instant et de s’offrir elle-aussi une tasse de thé pour reprendre ses esprits.
Cette double naissance les avait tous étonnés, d’autant qu’elle n’avait pas pris beaucoup de poids, ce qui avait fait dire à Marco qu’il fallait les tenir à l’œil car une des deux savait se faire toute petite !
Le berceau d’Anne et ses sœurs enfants, retendu de blanc lui aussi en grande urgence, était venu tenir compagnie à celui de Marco, et on avait acheté un second lit à barreaux assorti au premier pour quand le berceau ne suffirait plus…
Ne me demandez pas pourquoi j'ai choisi de lire ce recueil de poésies... Pas la couverture plutôt atone et minimaliste...
Peut-être le contact que j'ai eu avec ce poète lors de son référencement ?
Quoiqu'il en soit, je ne savais pas vraiment à quoi m'attendre, à quel genre de poésie...
Premières pages : une impression forte de masculinité due, peut-être, à la forme des vers, à cette sensation de voyage et de regard omniprésent qui pèse sur les choses comme sur le lecteur.
L'auteur raconte... se raconte, cheminement intérieur, observation de l'autre, introspection de la foi... Mais quelle foi ?
Peu de couleurs, une chape de plomb grise qui ne demande qu'à se refermer sur les sursauts d'espoirs peut-être vains.
J'ai vraiment apprécié cette plume franche et la sensation qu'elle fait naître et perdurer chez le lecteur. Une belle découverte !
Huit nouvelles pour une multitude de destins. Vies de femmes, d'épouses, de fiancées ou de mal aimées, caractères bien trempés ou soumis, autant de personnages qui, à un moment précis, se livrent.
Les secrets sont enfin éventés, les certitudes s'effritent. Le temps omniprésent, implacable, a fait son oeuvre pour le meilleur et bien souvent pour le pire.
La plume alerte et précise d'Edmée de Xhavée croque littéralement ces instants où tout bascule, expose les destins cachés en plein soleil. Le lecteur devient voyeur, se rassasie des indignités et des trahisons des uns ou des autres. Il voyage, certes géographiquement (un peu), mais surtout temporellement, entre ce qui fut, ce qui a été et ce qui est (un présent qui n'est pas forcément le nôtre).
Regards de femmes sur une société pas toujours bienveillante, chroniques familiales, destinée implacable qui suit des voies souvent obscures, de temps à autre seulement heureuses.
Les héroïnes proposées pourraient être une collègue de travail, une soeur, une cousine tant elles sont vraies et les situations criantes de vérité.
Etrange sensation qui nous propulse sur 245 pages au coeur de l'humain.
Alfred Herman est né à Tirlemont, le 15 juillet 1922. Belgo-suisse, il habite 21, Boulevard de la Forêt, CH 1009 Pully.
Ses débuts littéraires remontent à 1938. Il écrit ses premiers poèmes. Résistant de 1940 à 1945, secouriste Croix-Rouge avec médaille d’argent pour services éminents rendus au pays, il a fait un bref séjour en prison de la Gestapo. Il est pharmacien depuis 1947 et poursuit son envol littéraire. Né en région alors bilingue d’un père wallon, il garde ce sang en ses veines, d’où sa culture, essentiellement française comme sa langue maternelle, son éducation, ses études. De là ces brimades flamandes hostiles, par les cris « Walen buiten » (Wallons dehors). Il voudrait retourner à Liège où il habitait en 1930, mais ne trouvant de pharmacie en Wallonie, il aboutit à Lausanne comme pharmacien au CHUV. Son premier recueil paraît en 1961 et il termine le 33ème. Il écrit des nouvelles, des méditations, des études comme celles sur l’ésotérisme du gothique sacré, celles sur les pièges de sa langue française qu’il défend avec ardeur.
Il accumule médailles de bronze, argent, vermeil et or, nombreux trophées et autres distinctions honorifiques.
On a souvent cité le parcours exceptionnel de ce pharmacien-poète dont la vie fut si bien remplie et dont le palmarès est vraiment remarquable et réellement hors du commun.
De plus tous ces textes, poèmes ou prose, sont porteurs de très importants messages en langue clair mais souvent voilé, un apport d’une certaine lumière en un monde plongé dans les ténèbres.
Quand on lit ces longues laisses en vers réguliers, on a souvent l’impression de lire du Lamartine et du Victor Hugo lorsque le poète se fâche. On a dit qu’il faisait le pont entre Verlaine et Verhaeren. Le poète apporte une vision d’ensemble avec le reflet des climats d’une âme sensible aux décors de la vie et des existences spirituelles et métaphysiques.
C’est une poésie de proximité qui s’élève jusqu’à l’épopée. Il existe donc encore un vrai poète lyrique digne de tous les grands poètes lyriques anciens.
Accroche
Pourquoi tel recueil après 45 ans en Suisse ?
Avec l’âge et la méditation sur la vie et sur ses alea, Alfred HERMAN a tenté de renouer avec ses racines et surtout avec ces souvenirs perdus au fils des temps. Loin du berceau de sa famille, cette région de Liège, Aubin et Dalhem, il songe à tous ces temps passés, à la Meuse, à l’Amblève, aux Ardennes comme à cette Mer du Nord.
Surgissent aussi des sujets touchant à des moments capitaux en leur essence par une influence sur son départ, et surgissent alors cette sensation d’avoir perdu ce qu’il avait de capital : sa Liberté.
Il revoit des scènes de son jeune temps, des scènes typiques du folklore, et toutes ces visions se mêlent et s’incrustent dans une vision pittoresque de son Pays natal qui plonge en son cœur comme l’ancre du navire s’incruste en la tourbe pour que s’arrête le navire. Un cœur, un navire nommé : MA BELGIQUE.
Il y eut certes ces mouvements flamingants dont il a souffert, car c’était pour Alfred Herman une atteinte à sa langue française dont il s’est toujours fait acharné défenseur par tous moyens depuis l’âge de 15 ans. Mais il part du principe que flamand et wallon ne sont que des prénoms, Belge est le nom de famille. Il aimait cette parole d’Émile Verhaeren.
Et souvent il croit entendre chanter au loin ce Coq Wallon…