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SUR LE CHEMIN DE L'ATELIER, une poésie signée Louis Delville

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

SUR LE CHEMIN DE L'ATELIER

(Inspiré d'Ithaque poème de Constantin Cavafy – traduit par Jacky Lavauzelle)


 

Lorsque tu viendras ici pour cet atelier

Pense bien à tous les chemins que tu auras empruntés

Chemin semé d'embûches, chemin plat et facile.


 

Peut-être rencontreras-tu ton image dans les yeux d'une autre

Peut-être verras-tu les yeux humides d'un ami

Ou celui plein de compassion de celle dont tu ignorais la vie.


 

Lorsque tu viendras ici pour cet atelier

Pense bien à tous les chemins que tu auras empruntés

Chemin boueux, chemin inconnu et faisant peur.


 

Peut-être rencontreras-tu l'autre sans le savoir

Peut-être observeras-tu que les fleurs poussent aussi entre les pavés

Ou qu'un petit caillou blanc peut prendre vie.


 

Lorsque tu viendras ici pour cet atelier

Pense bien à tous les chemins que tu auras empruntés

Chemin joyeux peuplé de musique, chemin ignoré de tous et dangereux.


 

Peut-être rencontreras-tu enfin celui que tu es vraiment

Peut-être entendras-tu quelqu'un chanter une chanson

Ce qui est sûr, c'est que tu y reviendras même si c'est en rêve


 

La route est là, prends-la sans crainte

Avance, cours, marche, arrête-toi si besoin

Mais n'oublie jamais qui tu es.


 


 

Louis Delville

Blog : http://louis.quenpensez-vous.blogspot.com/

Publié dans Poésie

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INTERVIEW N°1 DE DIDIER FOND POUR "LES SOMNAMBULES"

Publié le par christine brunet /aloys


 

« Ainsi donc, les Somnambules, c’est ton cinquième roman édité chez Chloé des Lys ?

- Le cinquième dans l’ordre de parution, oui. Mais pas dans l’ordre d’écriture. Il va falloir faire une grande remontée dans le temps pour comprendre sa gestation.

C’est-à-dire ?

- Eh bien ce n’est pas le cinquième roman mais le premier que j’ai écrit d’où ces tâtonnements successifs et le temps que j’ai mis à le composer, car il y a eu au moins trois ou quatre versions, de plus en plus longues. La première idée, je dis bien idée, pas le premier jet écrit, je l’ai eue en 1980. C’est en écoutant quelques chansons de Mélina Mercouri que j’ai imaginé non pas la trame mais quelques éléments du futur roman. Mais je n’avais aucune idée sur la façon de les relier entre eux. C’est donc resté à l’état d’idée jusqu’à l’été 1983. J’ai commencé la rédaction sur cette simple trame : la vie d’un groupe de gens dans une ville abandonnée pour x raisons et écrasée par une .chaleur épouvantable. Et j’ai eu la maladresse de mêler à cette trame pas mal d’éléments autobiographiques.

Pourquoi « maladresse » ? Le sujet pouvait s’y prêter.

- Non. Et c’est Léda, l’amie à laquelle je dédie le livre, qui me l’a fait comprendre. Je m’embrouillais dans des détails totalement inutiles et comme j’avançais à l’aveuglette, sans savoir où j’allais car je n’avais pas de trame précise à part celle exposée plus haut, bien trop vague pour permettre un développement intéressant, le récit s’enlisait et s’éternisait. De plus, m’a-t-elle expliqué, ce mélange de presque fantastique, en tous cas étrange, et les remarques sur ma vie personnelle ne passaient pas du tout ou du moins, pas de la façon dont je le concevais. J’avais en fait deux livres en un seul : une autobiographie très ordinaire et un récit intéressant qui, si je le peaufinais et l’approfondissais, pouvait donner un roman passionnant. Je la revois encore tenant entre ses mains les feuilles tapées à la machine (on n’avait pas encore d’ordinateur) et les séparant en deux groupes : l’histoire inventée d’un côté et les éléments personnels de l’autre. Le deuxième tas devait réintégrer le tiroir où je rangeais le manuscrit et le premier être posé sur mon bureau et être relu, corrigé et poursuivi.

- C’est ce que tu as fait ?

- Non, encore une fois. J’ignorais comment continuer, je n’avais pas d’idées. Et surtout, j’étais à une époque de ma vie où je faisais tout pour changer de travail. J’ai repris mes études de lettres, j’ai passé les concours d’enseignement, je suis devenu professeur. Je n’ai pas « oublié » le roman ; simplement il m’était impossible de penser sereinement et efficacement à une suite correcte, j’étais trop accaparé par le but que je m’étais fixé et par mes nouvelles fonctions.

- Et quand as-tu pu enfin reprendre ce récit ?

Partiellement en 1993 ; j’ai retravaillé ce qui était déjà écrit, avancé un peu en me laissant guider par mon imagination et le souvenir des scènes auxquelles j’avais pensé. La même année, pendant un congé maladie, j’ai enfin eu la vision globale de ce que pouvait contenir ce roman et je l’ai achevé d’un trait. Et très fier de moi, je l’ai fait lire à Léda.

- Laisse-moi deviner : elle t’a dit : « c’est nul, copie à refaire »

- Pas de cette façon aussi brutale. Mais bon, ça revenait au même. Surtout, elle m’a expliqué ce qui d’après elle, n’allait pas. Ce n’était pas l’intrigue, ni la langue : la trame était bonne, mais tout était trop rapidement expédié. Pas de description des lieux, des personnages, pas d’approfondissement dans la psychologie de mes héros, une fin certes grandiose mais mal reliée à ce qui précédait. Le lecteur était incapable de se représenter les personnages et donc de s’identifier à eux. Je précise tout de suite que cette fin, je n’ai jamais réussi à la rendre aussi parfaite que je l’aurais voulu, malgré de nombreuses réécritures. Je voyais très bien ce que cela aurait donné, mais impossible de faire coïncider l’imagination avec la réalité. J’ai fini par me contenter de celle du manuscrit.

- Finalement, quand as-tu été « satisfait » du résultat global ?

- Jamais. Je concède à ce roman de très nombreuses qualités, notamment au niveau de la langue que j’ai beaucoup travaillée, mais il reste encore des passages dont je ne suis pas vraiment satisfait, plus de trente ans après, notamment le dialogue final entre Eralda et Axel qui me parait à la fois trop explicite et pas assez. Mais ce que m’a dit Léda m’a fait réfléchir et j’ai ainsi pu décrire en profondeur le cadre dans lequel se déroule l’action et rendre mes personnages beaucoup plus intéressants que les simples silhouettes qu’ils étaient auparavant.

- Et qu’est-ce qui t’a poussé –ou qui – à le présenter chez CDL ?

- J’ai fini par admettre que je ne ferai rien de meilleur en insistant, que j’avais donné tout ce que je pouvais donner. Et puis, honnêtement, je commençais à en avoir assez de ce bouquin que je traînais avec moi depuis des années. J’avais d’autres trames en tête ; je l’ai laissé de côté et j’ai écrit d’autres ouvrages. Et puis un jour, je l’ai relu et, avec du recul, je l’ai trouvé bon. Un peu maladroit par moment mais tout à fait apte à affronter le comité de lecture de CDL. Léda était de mon avis. Alors, j’ai envoyé le manuscrit et j’ai attendu. Et voilà.

- Tu as parlé tout à l’heure de deux chansons qui ont été à l’origine du roman : tu te souviens desquelles ?

- Très peu : les titres ne sont pas restés dans ma mémoire. Je réentends dans ma tête la voix de Mercouri, un peu la musique, mais les paroles, franchement, je les ai pratiquement toutes oubliées. Il y avait une chanson qui parlait d’amis disparus et dont il ne restait que des photos et une autre d’un homme qui affirmait qu’il ne fallait pas perdre espoir, qu’une sorte de « Messie »viendrait nous délivrer ou quelque chose comme ça. J’ai repris cette idée dans la chanson qu’interprète Eralda au cabaret, lors de la soirée. Comme j’étais incapable de pondre des paroles, j’ai simplement donné un très vague aperçu de ce qu’elle disait et j’ai préféré insister sur les sentiments qu’elle faisait naître chez le public.

- Il y a quelque chose qui m’intrigue dans le roman : à aucun moment, le narrateur n’est nommé. Il n’a pas de nom. Je suppose que c’est voulu mais pourquoi ? Et as-tu eu des problèmes avec le nom des autres personnages ?

- Pourquoi un narrateur anonyme ? Honnêtement, je ne sais pas. Je n’arrivais pas à lui trouver un nom qui me satisfasse. Et puis, je me suis dit que ce personnage n’avait pas forcément besoin d’un nom, qu’il pouvait représenter tous les hommes dans sa situation. Mais je ne peux pas être plus précis. Par contre, pour répondre à la deuxième question, oui : donner une identité précise aux autres personnages m’a posé des problèmes : ainsi Louis s’est-il d’abord appelé Michel, puis Bruno : je n’étais pas satisfait de ces deux noms, je les trouvais communs et mon héros me semblait être quelqu’un certes d’ordinaire mais avec une aura tragique (son destin est horrible) qui devenait de plus en plus perceptible au fur et à mesure que le récit avançait. Et puis, j’ai pensé à Louis, prénom à mon avis plus original, surtout moins utilisé. Eralda n’a posé aucun problème, je l’ai trouvé tout de suite en abrégeant le prénom d’Esméralda dans Notre-Dame de Paris. Axel et Raphaël m’ont donné plus de fil à retordre. Ils changeaient de nom au fur et à mesure des différentes versions. Ils ont été d’abord Olivier (Axel) et Renaud (Raphael) : prénoms trop fades, trop courants pour ce qu’ils sont censés être. Je ne me souviens plus des prénoms dont je les ai affublés ensuite ; Axel et Raphael sont venus en dernier : j’ai été séduit par leur consonance et leur côté un peu mystérieux. Mais tout ceci est évidemment très subjectif. Quant aux prénoms des autres personnages, ils avaient moins d’importance : je me suis amusé avec les noms d’Eralda, Mona-Lisa, Arabella, Laura, Elsa : Pierre Benoit avait décidé que le prénom de ses héroïnes commencerait toujours par un A. J’ai voulu faire le contraire, j’ai choisi des prénoms se terminant par A. Ca n’a rien de génial, mais bon… On s’amuse comme on peut.

- Et il y a encore des romans en préparation, qu’on pourra lire un jour ?

- Pas en préparation. Mais j’en ai un certain nombre de côté qui ne demandent qu’à être relus, corrigés, allégés ou développés… et édités !

Publié dans interview

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Christina Previ nous présente son nouvel ouvrage "Itinérance d'un oiseau bleu"

Publié le par christine brunet /aloys

 

Biographie courte

 

Native de la région du Centre, d’origine belgo-italienne.

Études secondaires à L’institut Ste Marie, La Louvière.

Résidant à la louvière.

Mariée, trois enfants, quatre petits-enfants.

Retraitée, mamie conteuse.

Animatrice (lecture vivante - contes) pour - Hainaut Culture Tourisme - depuis 2017.

Participation occasionelle aux concours de contes et nouvelles.

Auteur de plusieurs livres « Jeunesse ».

Ce recueil est le premier à destination du « Tout public ».

 

RESUME

 

Ce livre comprend 7 contes et/ou nouvelles :

En voici les titres :

-Du fond de la clairière

-Une visite inattendue

-Une vieille bassine

-Les grands cabas noirs

-Un œuf de pierre

-Curieux et pas bavard

-Le vent, la voix, la voisine

 

Récits courts de styles différents, reliés par un fil conducteur sous forme d’anecdotiques plumes bleues de l’oiseau mystère…

 

Extrait « Du fond de la clairière »

...

J’étais assise dans cet endroit charmant, non loin d’un vieux chêne, lorsque du fond de la clairière est monté un soupir discret, subtil mais suffisamment audible pour titiller ma curiosité. Je me suis retournée et j’ai aperçu la chaumine en pierre. De l’intérieur, rayonnait une faible clarté, je m’approchai alors, pour mieux discerner cette lueur et en comprendre la provenance.

 

Un souffle puissant arrêta mon élan, il était chargé d’émanations de sous-bois et de feuilles mortes, ponctué de parfums fleuris, entrecoupé d’effluves d’eau fraîche, d’exhalaison de foin sec, et même de relents de fruits pourris ! Je n’avais encore jamais humé autant de senteurs condensées en si peu d’espace et de temps !

 

Publié dans présentations

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Le n° spécial de la revue "Les petits papiers de Chloé" est sorti !

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

Ça y est !!! La revue est enfin disponible !!! 36 pages sur le monde de l'édition, le livre... Avec la BD incontournable de Bob le Belge, les dessins humoristiques de François Beukels, les illustrations de Fralien... Des nouvelles, les textes gagnants aux concours organisés sur aloys, des chroniques de livres, des poésies... 

Vous retrouverez les plumes de Laurent Dumortier, Carine-Laure Desguin, d'Edmée de Xhavée, Séverine Baaziz, Bob Boutique, Cathie Louvet, Antonia Iliescu, Micheline Boland, Bernadette Gérard-Vroman, Viktoria Laurent-Skrabalova... mais pas seulement !

Notre équipe s'est surpassée pour vous proposer une revue digne de cet anniversaire... 20 ans, ça se fête !! laugh

 

Vous pouvez d'ores et déjà la commander sous format papier sur le site des Editions Chloé des Lys au prix de 6,50€ en cliquant sur le lien suivant revue les petits papiers 

 

Christine Brunet

Publié dans ANNONCES

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Viktoria LAURENT-SKRABALOVA, l'auteur de l'ouvrage "Le Berceau Nommé Mélancolie", voit l'un de ses poèmes publié dans la revue "2000 REGARDS"

Publié le par christine brunet /aloys

Viktoria LAURENT-SKRABALOVA, l'auteur de l'ouvrage "Le Berceau Nommé Mélancolie", voit l'un de ses poèmes publié dans la revue "2000 REGARDS"
Viktoria LAURENT-SKRABALOVA, l'auteur de l'ouvrage "Le Berceau Nommé Mélancolie", voit l'un de ses poèmes publié dans la revue "2000 REGARDS"
Viktoria LAURENT-SKRABALOVA, l'auteur de l'ouvrage "Le Berceau Nommé Mélancolie", voit l'un de ses poèmes publié dans la revue "2000 REGARDS"

Publié dans articles

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Cathie Louvet nous propose un nouvel extrait de son roman historique "de glace et de feu"

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

EXTRAIT DU CHAPITRE 7 :

Harald, captivé par les mouvements du barreur qui maniait avec une grande dextérité le styri, safran latéral, toujours placé à tribord de la coque, s’était glissé à la poupe. Près de lui, Anwind, le pilote, qui connaissait la route comme sa poche, indiquait les écueils à éviter, les passages à emprunter. Une brise légère faisait flotter les cheveux de l’enfant qui se tenait debout, bien campé sur ses deux jambes, regardant dans la même direction que le barreur. Le soleil était encore haut et faisait reluire la mer telle un plat d’étain. Sa main droite protégeant ses yeux des reflets aveuglants, il se retourna et scruta la côte danoise qui s’éloignait de plus en plus jusqu’à ne plus être qu’un petit point dans le lointain. Malgré l’ivresse de l’aventure qui le ravissait, il eut un pincement au cœur, se demandant s’il reverrait un jour sa patrie, la terre de ses ancêtres, là où son père reposait. Au bout d’un moment, il fixa à nouveau son regard devant lui, vers le nord-ouest, appréciant la limpidité du ciel.

La petite flotte avait atteint le large et s’ébrouait sans entrave. Elle dansait au milieu des vagues et des oiseaux marins. Harald sentit alors tout son être se pénétrer de cet intense sentiment de liberté que procurent les voyages en mer. Ce jour-là, tout comme Eryndr, il comprit que cette attirance était bien plus forte, plus puissante que tout amour humaine, il le comprit et pardonna. Il sut que son destin se trouvait là, sur un navire, chevauchant les mers en une quête éternelle dans l’espoir d’assouvir cette soif d’absolu, cette recherche de son être intérieur, solidement ancrée au fond de ses entrailles.bateau viking 2

En fin d’après-midi, le vent se leva. Les vagues se creusèrent. Les passagers prirent leur repas puis s’installèrent pour la nuit. Les membres de l’équipage mangeraient plus tard dans la soirée, en fonction des occupations de chacun. A la tombée de la nuit, Brikarnef répartit les tours de garde. Il resta attentif à la marche de la flottille car le vent fraîchissait toujours et la vitesse des navires était à son maximum, compte tenu de leur charge. Les rudes toiles renforcées de lanières de peau faisaient grincer les écoutes de cuir tressé sous la pression du vent. Les rameurs se reposaient. Certains mangeaient, d’autres jouaient aux dés. Harald regardait le mât qui, bien calé dans son évidement, semblait d’une solidité à toute épreuve. Les autres membres de l’équipage prirent leur poste pour la nuit.

Le capitaine donna l’ordre de fixer les tentes, toiles de laine grossière renforcées de cuir et doublées de bure afin que les passagers puissent dormir, chaudement enveloppés dans des couvertures en peau de renne . Les tentes étaient de la même fabrication que la voile et pouvaient, le cas échéant, la remplacer. Les hommes la tendirent au milieu du navire sur son armature en bois constituée de deux paires de montants dont les extrémités se croisaient et s’ornaient en leur sommet de têtes d’animaux sculptées. Elle lui donnait une forme de toit évasé qu’on arrimait solidement aux couples et aux taquets. Son sommet ne dépassait guère la hauteur des boucliers au-dessus des platsbords, afin qu’elle ne gênât ni la navigation, ni la vision du pilote et ne donnât pas prise au vent .A l’arrière et sur la droite du knorr, il pouvait aisément voir l’horizon et toujours distinguer le cou du dragon dont la tête ricanante, artistement sculptée elle aussi, se dressait haute et fière au-dessus des flots, dominant à la fois le navire et l’océan. Sous la toile, il fallait se courber et on y restait assis ou couché, mais avec un peu skye 5d’ingéniosité, Frida en fit un lieu de repos confortable. On alluma des feux et on resserra la surveillance, doublant les hommes de proue et les flancs-gardes. Les barreurs des cinq knorrs observèrent alors les sévères consignes de pleine mer : garder le cap, les distances et le contact avec le bateau de devant comme avec celui de derrière. Brikarnef fit réduire la voile pour la nuit. La flottille aborda les Orcades au matin. Le capitaine y avait prévu une courte escale pour écouler une partie de sa marchandise. Grâce aux hauts fonds qui entouraient l’archipel, les navires purent jeter l’ancre dans une baie abritée où poussaient quantité d’algues géantes, près de la côte de l’île la plus méridionale, à l’entrée du détroit de Pentland, au large de la côte écossaise. Pas d’arbres en ces lieux sans cesse battus par les vents. Sur les collines verdoyantes, on apercevait seulement des moutons blancs, disséminés çà et là, paissant en toute liberté. Une clarté particulière, reflétée par l’océan, donnait au paysage habituellement austère une agréable douceur. La brise marine faisait frissonner les bruyères.

Publié dans l'invité d'Aloys, extraits

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Aura 99 est sortie. Carine-Laure Desguin y propose un texte "Inscription"

Publié le par christine brunet /aloys

 

Carine-Laure, Aura 99 vient de sortir. Avec un thème spécifique, comme d’habitude ?

Oui, on attend cette revue trimestrielle avec impatience. À chaque fois, il y a un thème différent. Cette fois il s’agissait d’écrire un thème en écho avec « La Porte ». Un thème à grande ouverture...

Ce sont des textes poétiques ?

Pas nécessairement. Le comité reste ouvert à tous les genres littéraires. Pour ma part et je le dis à chaque fois, c’est l’occasion de me frotter à des styles que je n’aborde pas habituellement, je m’essaie, je tâtonne. Cette revue est un petit laboratoire fabuleux. Il y a des textes théâtraux, de la poésie en prose ou en vers. Et c’est très beau, cette diversité.

Je lis le titre de ton texte : L’inscription. Je parcours cette « inscription ». Dis donc, tu fais pas dans la dentelle, Carine-Laure.

Ah, je ne suis pas née à Bruges, je suis née à Binche. Sans doute ai-je reçu une orange sur le crâne dès ma naissance.

Je ne peux m’empêcher de livrer aux internautes un extrait de ton texte, ok.

J’aurais pu bifurquer vers Moi y’avoir tabassé le mec qui m’a demandé sur un ton autoritaire de rentrer mes pieds dans mes baskets…

J’ai rien dit, j’ai acté, trop chaud pour m’exciter. J’ai même fermé mon smart, inutile d’éveiller des soupçons, tu vois ?

Il faut tout essayer n’est-ce pas ?

Ah, Carine-Laure, tu ne nous épargnes rien. Ce texte m’étonne quand même. Tu mutes, Carine-Laure, tu mutes.

Evolution.

Si tu le dis…Je vois que la revue comprend cinquante-huit textes, un fameux trousseau de clé.

Et pas mal de noms connus, comme toujours. Christian Nerdal, Thierry Thirionet (à qui l’on doit aussi les très belles couvertures de la revue), Gisèle Hanneuse, Annie Préaux, Laurence Amaury, Martine Rouhart, Serge Guérit, etc. J’ajoute que pour ceux qui seraient intéressés par la revue Aura, il suffit de contacter la présidente du Cercle Clair de Luth, Gisèle Hanneuse hangi91521@hotmail.com

Carine-Laure, tu es très occupée pour le moment ?

Deux livres qui sortent en même temps, oui, c’est du boulot !

Lien vers le livre A chaos, chaos et demi :

http://carineldesguin.canalblog.com/pages/a-chaos--chaos-et-demi--editions-la-p-tite-helene--2018/36963717.html

Lien vers le Salon du Livre de Charleroi, séance de dédicace des deux derniers livres :

http://carineldesguin.canalblog.com/archives/2018/12/10/36932817.html

Carine-Laure Desguin sera en dédicace à Mons en mars 2019, bientôt des infos.

 

 

Publié dans ANNONCES

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Maryline Marnas a lu et chroniqué pour le blog "les lectures de Maryline" Non Nobis Domine, le 3e thriller de Christine Brunet

Publié le par christine brunet /aloys

http://leslecturesdemaryline.eklablog.com/non-nobis-domine-a155370080

http://leslecturesdemaryline.eklablog.com/non-nobis-domine-a155370080

 

 

Résumé de l'éditeur :

Un jeu en marge des règles, une fausse donne qui mènera les protagonistes à une fin programmée. Un jeu banal qui tourne au cauchemar, une course poursuite effrénée entre Auvergne et Cantal, les moyens scientifiques du XXIe siècle au service dune légende... Le trésor des Templiers est-il, enfin, à portée de main ? La piste est brûlante, les appétits se déchaînent. Un thriller qui pousse les héros dans leurs retranchements et dévoile les travers peu reluisants de l’âme humaine.

 

 

Mon avis :

Je retrouve ici avec grand plaisir Axelle, l'héroïne dans "Nid de vipères" et "Dégâts collatéraux", ainsi que son acolyte Sheridan. Celui-ci est remonté dans mon estime, je l'ai trouvé vraiment parfait dans cet opus. Quant à Axelle, elle est égale à elle-même, sûre d'elle, un peu arrogante, un peu trop parfaite pour moi... Il lui arrive toujours des choses incroyables alors qu'elle a un fils et qu'elle ne se pose pas de questions sur sa vie. Elle fonce tête baissée dès qu'il y a de l'action. Alors, c'est un avantage pour son boulot car elle réussit du coup à éclaircir des enquêtes et mener son équipe au bout pour un résultat positif, mais elle se met sans cesse en danger en oubliant parfois qu'elle a une famille. Bref, je ne l'aime pas beaucoup.
 

Concernant l'histoire, encore un grand bravo à l'auteur! Ce thriller est vraiment génial et je l'ai terminé en une journée tellement j'étais plongée dans l'action! Ça bouge sans arrêt, il y a du suspense à chaque page, on ne se doute de rien, on comprend au fur et à mesure des lignes et des pages qui défilent à une allure folle! Les chapitres ne sont pas trop longs ce qui nous permet de souffler de temps en temps pour nous remettre de nos émotions.

Axelle et Sean forment un très bon duo d'enquêteurs, ils sont complémentaires et se comprennent parfaitement, même sans se parler. Alors bon, c'est le cas du côté professionnel mais côté vie privée, ces deux-là se cherchent et se retrouvent sans cesse, un vrai feuilleton hollywoodien! Mais on sent bien qu'ils sont faits l'un pour l'autre!

Le titre a été long à se faire comprendre mais j'ai adoré suivre cette chasse au trésor plutôt sanglante. L'auteur s'est bien documentée, on dirait qu'elle est de la région et qu'elle connait par cœur les faits et légendes de ce côté de la France : l'Auvergne. Un peu d'histoire ne fait pas de mal! Quand on dit qu'on voyage lors de nos lectures, alors là, c'est le cas pour moi, ne connaissant pas du tout ce coin.

Un thriller bourré de rebondissements, de course-poursuites, de morts, de blessés... Bref, tout ce que j'aime! Du suspense du début à la fin! Une auteur à absolument découvrir, tant pour son écriture que pour sa gentillesse et son sourire!

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Christine Brunet a lu "BLUFF", le dernier thriller de Bob Boutique

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

Après "2401" et "Chaos", "Bluff" est le troisième volet de la trilogie qui met en scène Johan et Lieve dits "Le Bouledogue et la Petite". Nous avons appris à les aimer et je peux vous dire que pour ce thriller, aucun des deux ne va échapper à la furie de l'action ! On frémit (Lieve est une vraie casse-cou), on s'étonne de découvrir ces flics hollandais et cette société qui nous est si peu familière. Les descriptions (souvent poétiques) nous projettent dans de magnifiques paysages criant de vérité.

L'auteur signe là un thriller palpitant, très original qui allie voyage, aventure, enquête et documentation. Plus que jamais, le style est celui du conte avec anglicismes, belgicismes, flamand. Il s'amuse avec le lecteur, le prend à témoin... Inimitable !

Cette fois, il aborde un sujet des plus... sensibles et diablement actuel qui ne laisse pas indifférent et qui, d'ailleurs, m'a fait bondir !

Lequel ? Hum, faudra lire !

J'ai terminé le roman partagée entre enthousiasme et agacement.  Et puis je l'ai relu, ce malaise toujours accroché à moi comme une seconde peau. 

C'est alors que j'ai compris : d'accord, pas d'accord, mais quelle importance ! Il ne s'agit que... d'une histoire, une fiction ! Je me suis tant approprié les personnages, je me suis tant investie dans le déroulé de cette affaire que cet aspect essentiel s'est effacé au fil des lignes. Et c'est là tout le génie de Bob Boutique ! 

Malheureusement, la trilogie se termine avec cet opus et les trois mots définitifs "FIN DE FIN"... J'aurais tant aimé retrouver encore cette équipe de choc dans de nouvelles aventures ! 

Bob ??? Écouterais-tu la pauvre lectrice que je suis pour nous proposer, un de ses quatre, une nouvelle enquête du Bouledogue et de la Petite ? 

Coup de coeur ! 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

SI VOUS SOUHAITEZ COMMANDER CE THRILLER, UNE SEULE ADRESSE MAIL :

pascaline.boudaoud@gmail.com

 

Publié dans avis de blogs, video

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Didier Fond nous propose un extrait de son nouveau roman "Somnambules"

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

A ces questions non plus, je ne peux pas répondre. Il a raison. Rien, avant son retour, ne me retenait ici. Et même aujourd’hui, absolument personne ne se soucie de ce que je fais. Que je décide sur l’heure de partir, qui donc se mettra en travers de ma route ? Eux ? Ils n’en ont pas les moyens. Lui ? Il n’est pas un obstacle. Il ne me demande rien et je ne lui dois rien. Mais sa présence est un si bon prétexte pour ne rien tenter, une si bonne excuse à ma faiblesse…

 

Oui, je suis resté. Pas un seul instant, je n’ai songé à déserter une seconde fois la ville. Mon premier départ ne m’avait pas mené bien loin. Je pensais alors que je n’avais pas le choix, que ma survie dépendait de mes facultés d’adaptation à l’univers chaotique de l’extérieur. Je ne voulais plus rester dans la ville, assister à son agonie ; le spectacle de ses derniers soubresauts m’était insupportable. Un matin, à mon tour, je m’étais jeté sur les routes. Il était temps. Au fracas des cris avait succédé une rumeur de plus en plus ténue, et la vague de silence, descendue des collines, s’était lentement infiltrée dans les artères, étouffant les uns après les autres les centres vitaux, ensevelissant sous une chape éternelle l’ultime étincelle de vie. Je savais ce que j’attendais de ce départ : la vie avait déserté la ville, je devais la chercher ailleurs, n’importe où, sous d’autres cieux, proches, éloignés, je n’en savais rien. J’ai marché, marché, sans but précis, sous un soleil de plomb, J’ai contemplé, incrédule d’abord, puis envahi par un effroi monstrueux, ce que m’offrait l’extérieur : le désert, le vide absolu. J’ai compris alors que tout était inutile. Le silence avait été plus rapide que moi, il m’avait devancé, étendant son empire jusqu’aux lointaines montagnes qui barraient l’horizon. Il ne m’avait épargné que pour me permettre de contempler ma défaite, et il ricanait près de moi, me glissait à l’oreille que tous mes efforts étaient vains. Je pouvais bien me tourner de tous côtés, revenir, continuer, aller à droite, à gauche, je le trouverais toujours sur ma route, impitoyable, monstrueux. J’étais son jouet ; ce que j’avais cru être mon ultime sursaut de volonté n’était en fait que mon premier geste de soumission. Il ne me restait rien, sinon la certitude, aveuglante, qu’il n’y avait plus rien à chercher.

 

Un vent violent a tout à coup balayé la plaine, me jetant au visage la poussière de la route, m’obligeant à fermer un instant les yeux et à me détourner. Devant moi, plat, monotone, mais paré de toutes les séductions de la résignation, s’étalait le chemin du retour. Le silence et le vent m’ont enveloppé, m’ont chuchoté des mots que mon esprit se refusait à comprendre, et à la douceur insidieuse de l’un s’ajoutait la force pressante de l’autre. Je me suis senti poussé sur la route, en direction de la ville. Ma seule chance de salut, c’était d’obéir à l’instinct, de revenir chez moi, là où tout avait commencé et où, un jour, tout s’achèverait.

 

Et puis, cette ville était mienne. J’y étais né, j’y avais grandi. Mes racines étaient là, enfouies sous les pavés disjoints et brûlés par ce soleil de fin du monde. Nulle part ailleurs je n’aurais pu trouver meilleur refuge. Il le sait bien pourquoi nous nous sommes retrouvés tous deux au même endroit. Il m’arrive parfois de me sentir étranger dans ma propre ville ; je ne reconnais plus son visage. Ses rues vides, ses collines immobiles, ses quais silencieux appartiennent à un autre monde, presque à une autre dimension. Mais je me sentirais bien plus perdu s’il me fallait la quitter une seconde fois et essayer de vivre ailleurs, sous un ciel inconnu, entre des murs plus hostiles que ceux qui nous entourent et qui, eux, ne sont qu’indifférents à notre malheur. Ce décor tant contemplé, aimé et regretté est tout ce qui nous reste de notre passé. Il est tellement plus facile de se taire, de ne rien faire, d’attendre, tout simplement, avec nos souvenirs et notre angoisse pour nous faire prendre patience. Nous voulons à tout prix survivre, mais c’est pour mieux pouvoir effacer derrière nous toute trace de notre existence. Un jour, cette absurdité prendra fin. Il nous faudra bien mourir ; que ce soit chez nous, parmi les reliques de ce qui fut notre passé.

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