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Texte N°5 concours

Publié le par christine brunet /aloys

CONFIDENCES SECRÈTES…

Cela se passait il y a plus de dix ans, au salon du livre de X. Je m'y étais préparée à cette séance de dédicaces ! J'avais imprimé des signets pastel sur lesquels figuraient d'un côté un de mes poèmes apprécié d'un ami conteur, de l'autre les coordonnées de mon site et de mon blog. J'avais revêtu un nouveau chemisier blanc, un boléro fuchsia et une écharpe en soie assortie.

Après avoir salué Laurent, mon éditeur, j'avais disposé mes livres et des signets sur la table. Tout était en place. Je me suis assise. Il suffisait d'attendre un peu… Et tout s'était passé sans anicroche. J'avais plutôt bien assumé. Dès qu'un visiteur marquait son intérêt pour mes textes, je me levais, j'entamais la conversation. J'avais vendu un premier recueil aux parents d'une petite fille qui avait été attirée par la couverture très colorée et les titres des contes. Je prenais de l'assurance.

Il était aux environs de treize heures lorsque l'homme s'était approché du stand et avait feuilleté mon livre. Il devait avoir la quarantaine. Plutôt grand et robuste, il avait les cheveux châtains coupés court, un visage aux joues roses et des yeux bruns. Il était habillé d'un imperméable "à la Colombo". Je me suis levée, je l'ai salué comme je l'avais fait pour d'autres. J'ai expliqué : "les contes, ce n'est pas seulement pour les enfants, ce n'est pas seulement du merveilleux non plus." Il a eu un sourire énigmatique. Il a dit : "Mes parents sont en vacances en Savoie. Je surveille leur propriété. Ils comptent sur moi. Je m'occupe du parc." Il s'est penché vers moi : "Il ne faut surtout pas dire que je suis seul. Personne ne le sait." Il a ajouté quelques phrases à propos de ses activités de bricolage et de rangement avant de confier : "Je suis parfois violent." Je vis alors que son regard avait changé, que ses joues étaient devenues plus roses.

Mon mari parcourait la foire. Il s'était intéressé à un calligraphe et à diverses activités, mais revenait régulièrement vers le stand. Il m'y photographiait en conversation avec des visiteurs. Lorsque l'homme l'a vu viser et pousser le bouton de son appareil, il s'est approché davantage de moi et a dit d'un air suspicieux : "Je ne veux pas qu'on me photographie. J'ai horreur des photographies…" Dans son ton, la colère et la détermination se mariaient et formaient un cocktail inquiétant. La bulle de sécurité vous connaissez ? Eh bien, elle avait été violée, cette bulle et je n'en menais pas large.

Je me suis souvenue des quatre mots : "Je suis parfois violent". Je me suis reculée un peu en m'évertuant à banaliser les choses. "C'est juste pour avoir des souvenirs… On ne garde que celles où personne ne peut être identifié sauf moi et l'éditeur." L'homme parla encore de la nécessité de ses protéger des intrus, puis s'éloigna après m'avoir assuré qu'il allait repasser.

La grande salle continuait de bourdonner de conversations, mais pour moi tout avait changé. J'avais perdu ma sérénité, ma confiance, Mon imagination prenait le dessus, j'envisageais plusieurs issues et je me sentais impuissante à réagir. Je me suis mise à transpirer. Avait-il emporté un de mes signets ? Ne risquait-il pas de s'en prendre à mon mari ? N'allait-il pas casser notre appareil photo ? Heureusement après quelques minutes, je le vis repasser de l'autre côté de l'allée sans même jeter un coup d'œil au stand de Chloé des Lys. Peu à peu, je retrouvai mon calme.

Le soir, chez des amis, je racontai mon étrange rencontre. Nos amis me demandèrent de décrire l'homme, car, affirmaient-ils, le fils d'un riche industriel de la région avait déjà séjourné en hôpital psychiatrique pour paranoïa ! L'année suivante j'ai revu l'homme à ce même salon. Mais il ne fit que passer et je baissai la tête. Vous comprendrez dès lors pourquoi je reste assez floue à propos de l'endroit où cela est arrivé.

Publié dans concours

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Texte 4 ma première dédicace

Publié le par christine brunet /aloys

Déjà le vendredi, au travail, je n'étais plus capable de concentration. "Demain", me disais-je, "demain c'est ma première séance de dédicaces : comment cela va-t-il se passer ?". Alors évidemment, au retour à l'appartement, je n'ai plus pensé qu'à ça. La nuit, je n'ai plus pensé qu'à ça. Pas le temps de dormir : mon cerveau, ou plutôt ce qu'il me restait encore de neurones, ne pouvait plus que travailler à ce sujet, et de la manière la plus stérile qu'il soit. Pendant que ma pensée tournait en rond, mon corps dont déjà je ne sais que faire en temps normal se tournait et retournait entre les draps.

"Venez pour neuf heures trente" m'avait dit le libraire. A six heures déjà, j'avais bu deux tasses de café, et depuis le lever du soleil je m'étais posé à peu près quinze fois les mêmes questions : "ai-je commandé assez d'exemplaires ? vais-je trouver l'inspiration pour les innombrables dédicaces qu'on me demandera ?". Ah, boule de cristal, si je t'avais trouvée, si tu existais, capable de me rassurer, de me guider... Mais voilà, pour seules boules de cristal, je n'avais que les yeux de verre de mon écureuil et de mon canard empaillés, vestiges de mon passé laissé dans la commune voisine.

Quelle inconnue, dont l'équation m'est si étrangère, celle qui résulte d'avoir choisi dans mon tout nouveau quartier un libraire de moi tout aussi parfaitement inconnu, simplement parce qu'il avait osé une vitrine d'auteurs belges, et simplement parce que je n'avais pas encore découvert le quartier au-delà de trois cent mètres à la ronde... J'étais entré, avais acheté un magazine et un billet à gratter. Puis, dominant ma timidité, je lui avais parlé de mon livre, tout récemment publié, lui avais parlé de son étalage au travers duquel j'avais reconnu "un homme qui croyait en la littérature de son pays", lui avais proposé, en sorte de complément, de trôner comme un Saint-Nicolas de fin de printemps, dans un coin de sa boutique, sans qu'il eût à investir un cent, pour attirer la foule des lecteurs avides de "petits nouveaux" dans le monde des Grands, et il n'avait, sans doute, simplement pas osé refuser.

Je savais qu'il ouvrait tôt, même le samedi. Neuf heures et demie, c'est une éternité qu'il m'aurait fallu attendre pour les atteindre ; éteindre la lumière, étreindre ma caisse pleine de mes ouvrages et étendre le pas pour rejoindre sa boutique, là était l'unique apaisement possible de mes tensions, la seule issue à mon angoisse. Il était huit heures trente environ lorsque je le vis abasourdi de me voir arrivé tant à l'avance, à une heure où de rares clientes emperruquées et de braves vieux messieurs cachant leur calvitie sortaient quelques pièces de leur porte-monnaie dans l'espoir de millions gagnés le soir même, après que les boules auraient tambouriné durant des tours et des tours dans l'écran de la télé avant de s'évader dans un détour, trop lentement à leur goût mais dévoilant si vite leur numéro pas choisi d'eux...

J'avais l'air fin, ma caisse de livres sous le bras, dans ce réduit où je voyais, du coin de l'œil, la table pliante dans l'angle, au fond, la chaise pliante aussi, derrière encore, proprement coincée, où je sentais que je devrais me faufiler, moi qui n'avais pas épuisé l'hiver dernier les réserves accumulées dans les fesses et le ventre. De nappe, il n'en avait pas plus que moi prévue. La table était par ailleurs si petite qu'une pile de bouquins m'aurait empêché d'apposer correctement les quelques mots dédiés à chacun sur la page vierge qui n'attendait que ça depuis le sortir de l'imprimerie. La pile mise à ma gauche, la page à écrire eût été en porte-à-faux ; mise à ma droite, il m'eût fallu recourir à des contorsions hors de mes compétences pour tracer deux jambages.

Je me suis donc résigné à exposer trois exemplaires, bien à plat sur le devant, côte à côte, montrant ainsi sur leur couvertures six yeux (les miens) qui semblaient épier le chaland, plus un autre livre prêt à recevoir son endossement, sa dédicace cocasse, et enfin la caisse encore presque pleine à mes pieds, tels deux pilons déjà prêts à fouler les invendus.

A dix-huit heures, j'ai quitté mon libraire, le remerciant de m'avoir supporté dans le coin, affamé parce que j'avais oublié de me pourvoir d'un en-cas. Un seul livre dédicacé, je m'en souviendrai toujours je crois, à Julie, une brave dame qui avait toute une vie à me raconter.

Sans doute aurais-je dû, auparavant, m'aviser que l'étalage belge avait pris la poussière...

Publié dans concours

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Texte N°3 concours

Publié le par christine brunet /aloys

Ma première séance de dédicaces

Je suis une mamie, donc plus toute jeune de sa personne, en revanche jeune auteur inexpérimentée et très gaffeuse comme vous pourrez le constater…

Ce mois d’octobre dernier en 2015, suite au référencement de mon recueil de contes, je me retrouve devant mon lot de livres dont je dois faire la promotion… J’ai du mal avec cette idée et je me demande d’ailleurs quoi faire ?

Je retourne sur le forum "Chloé des Lys" pour y relire les conseils. Il y est renseigné, et même fortement conseillé de faire soi-même sa promo.

Connaissant la foire aux livres mensuelle à Le Roeulx, je me propose de contacter l’organisateur de cette manifestation.

Le numéro de téléphonne renseigné a un préfixe 02 et cela me déçoit car j’espérais une proximité qui me permettrait une prompte rencontre en vis-à vis. J'appelle et tombe sur un répondeur sur lequel je laisse un message… une semaine passe et me laisse sans réponse.

Je contacte alors directement le centre culturel par messagerie internet, la secrétaire me confirme qu’il est trop tard pour programmer quoi que ce soit en novembre, ce à quoi je m’attendais.

Nous convenons d’un rendez-vous, faisons connaissance, cernons le sujet et me voilà inscrite pour le dimanche 13 décembre, sachant que cette charmante personne sera mon intermédiaire avec l’organisateur « Mr Injoignable ».

Le Jour J, me voici toute émotionnée à l’idée de ma première séance de dédicaces. Je suis accueillie par le préposé au bar, un employé de centre culturel. Ce monsieur m’indique l’emplacement prévu, répond à mes questions et me donne quelques renseignements utiles.

J’installe mes livres, mes signets et l’affiche. Ensuite, je fais le tour de la salle et je salue un ou l’autre exposant de ma connaissance, car il s’agit également d’une bourse aux livres.

Un homme grand, fort, avec cheveux blancs et barbe en broussaille, me jette à plusieurs reprise un regard interrogateur. Non, me dis-je, ça ne peut pas déjà être le père Noël… il est trop tôt !

Quelque chose le dérange-t-il à mon sujet ? Je me sens observée et le trouve assez impressionant.

Arrive le public, des personne se présentent à mon stand et j’ai la chance de vendre mon premier livre à une mamie qui veut en faire cadeau à sa petite-fille.

Un peu plus tard je commande un café et m’informe au sujet de cet observateur inconnu… Et bien c’est tout simplement l’organisateur du salon !

Honte à moi, car je ne m’étais pas présentée et comment aurais-je pu, ignorant son rôle ? Je file à son stand pour corriger mon impolitesse et lui relate ma tentative ratée de contact par téléphonne…

Il me répond gentiment qu’il rappelle toujours les auteurs qui veulent participer… à condition de lui transmettre un numéro de téléphonne !!!

Et là, un ange passe et je réalise en rougissant que je l’ai appelé de mon poste fixe et que je n’ai effectivement pas laissé de numéro…

Bah, la glace est néanmoins brisée et les choses sont claires.

Je retourne à mon poste j’y fais de nouvelles rencontres, de nouveaux échanges qui me font prendre conscience que si j’ai effectivement offert des signets illustrés et renseigné mes coordonnées lors de la vente de mes deux livres ce matin, j’ai cependant oublié de les dédicacer !!!

Et personne ne m’a rien demandé !

Me voici donc la reine de la dédicace qui, pour sa première séance officielle, a finalement réussi à n’en faire aucune !

En revanche, un projet "d’animation famille" avec lecture de contes est prévu pour un dimanche après-midi du printemps prochain, la matinée se solde donc par du positif !

L’aventure aura donc été instructive et j’espère dorénavant me souvenir que lors d’une séance de dédicaces et bien il est permis et même conseillé d'en rédiger.

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TEXTE 2 concours "ma première dédicace"

Publié le par christine brunet /aloys

Première fois

5h30 du matin, un vendredi. Je n'ai pas réussi à dormir, trop de stress. Je suis remontée comme un coucou.

Dans quelques heures à peine, quatre pour être précise, je dois être à pied d’œuvre à la librairie d'un Auchan dans le sud de la région parisienne. J'ai sorti mon bouquin à peine un mois auparavant. J'en suis fière, c'est certain, mais mon nom est loin de faire les têtes d'affiche... D'ailleurs, à part mes amis et ce responsable de rayon, qui sait qu'il est désormais dans les bacs? Personne, c'est une évidence.

J'ai été invitée par l'entremise de mon éditeur. Mais je dois avouer que je ne connais pas les lieux : je n'y ai jamais mis les pieds. Lorsque j'ai reçu l'appel du libraire, j'ai accepté immédiatement sans regarder la carte... Devant un petit déjeuner que j'ai bien du mal à avaler, je regarde ma montre et me décide enfin à prendre la voiture. Il est 6h45... Un rapide calcul : le GPS annonce une heure de trajet, ça fait 7h45, on va dire 8h00. Je serai à l'heure.

L'ordinateur me guide : je traverse la ville peu encombrée encore et je passe sur l'autoroute. Tout va bien. Il pleut, je ne connais pas le chemin : je roule un œil sur l'écran du "Tom-tom", un œil sur la route et sur le compteur de vitesse parce qu'il paraît que le trajet est truffé de radars. L'autoroute du soleil... La voix féminine de l'appareil me demande de prendre la bretelle, à droite... J'obéis... Bouchon.

Un frisson remonte le long de ma colonne vertébrale... Mon cœur bondit tandis qu'un petit point rouge s'affiche sur l'écran de mon guide : retard, 30 mn ! La voiture devant moi ne bouge pas d'un iota et je découvre, affolée, un flot ininterrompu de véhicules qui semblent stationnés là pour la journée.

Que faire ? Ma seule chance, contourner le bouchon. A la prochaine sortie, je tente le coup même si je n'ai aucun sens de l'orientation ! Pas le choix ! 1/4 d'heure plus tard, je m'extrais enfin du trafic, la gorge douloureuse tant je suis angoissée. Mais le GPS n'est pas de cet avis : il me demande de faire demi-tour alors que je dois rouler... Et je roule, paniquée, en constatant que désormais, l'heure d'arrivée affichée dans le coin à droite est 9h33 !

Derrière moi, devant moi, des voitures agglutinées et la voix agaçante qui répète sans se lasser un "Faites demi-tour dès que possible !" qui me donne envie de hurler. Essayez de faire demi-tour sur une autoroute, vous ! Les kilomètres filent, pas de sortie... Je dois prévenir le libraire d'autant que la personne qui m'a obtenu la dédicace m'attend également. Le numéro de téléphone ? Aucune idée ! Tentez de consulter les pages jaunes en roulant, la panique au ventre : impossible, je vous le garantis ! Tant pis, je continue à rouler, butée, mâchoire contractée.

9h45 : je me gare enfin sur le parking de l'hyper plein à craquer. J'ai les jambes en coton et les mains moites. Que doivent penser les deux hommes qui m'attendent ? Je montre mon sac à l'entrée en bredouillant un truc inintelligible au vigile qui me regarde de travers, je lève la tête et... je découvre une affiche grandeur nature avec ma tête, la première de couverture de mon bouquin en plein milieu de l'allée centrale. Sur le côté, une table avec quelques exemplaires mais derrière, un présentoir surchargé de piles de livres…mes livres ! Il y en a une montagne ! Devant, deux hommes discutent puis se tournent vers moi en croisant les bras, le regard sévère... Je suis foutue... Je n'ai plus qu'une envie, fuir !

À ma mine déconfite, ils se mettent à rire. J'ai droit, à chaud, à une photo pour immortaliser l’instant et je m'assois la gorge sèche : qu'est-ce qui lui a pris d'en commander autant ? Si j'en dédicace 1 ou 2... Et le libraire qui me dit, pince sans rire, que j'ai intérêt à tout vendre ! C'est un cauchemar... Je vais me réveiller... Sûrement...

Ils s'éclipsent. Je prends un stylo et je me lève à la recherche désespérée du premier lecteur qui aura pitié de moi...

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TEXTE 1 concours "ma première dédicace"

Publié le par christine brunet /aloys

Séance de dédicaces

Ils m’ont placée juste devant les toilettes, en me disant qu’au moins on me verrait de loin et que je ne serais pas sur le chemin des chariots. Je me suis imaginée sur la piste de Santa Fe avec un défilé de chariots bâchés suivis de vaches et chevaux, et moi assise à l’ombre d’un cactus, attendant de vendre ma biographie de Kit Carson.

Mon livre, mon premier-né encore relié à moi par un cordon maternel, est dressé sur un présentoir, comme un brave petit soldat dans sa guérite. Rien encore comme article de presse pour appuyer le sérieux de mon travail. Pire encore… l’affiche que le supermarché a imprimée pour déplacer les lecteurs mentionne qu’il s’agit de mon tout premier livre, et ils ont choisi une photo de moi dans mon album Facebook, j’y ai 25 ans, une robe hippie et une monstrueuse fleur d’hibiscus dans les cheveux.

Une dame myope et pressée m’a déposé 50 centimes sur la table avant de pousser la porte étiquetée « Dames », me reprochant peinée « oh, vous n’avez pas une petite assiette ? ». Le gérant du supermarché passe de temps à autre avec l’air d’un souteneur qui vérifie le compteur, me souriant d’un air tout va bien dans mon monde en redressant le menton avant de retourner aux choses sérieuses.

Un homme âgé s’approche… enfin, il doit avoir mon âge mais je trouve que lui le porte mal avec ses rares cheveux blancs teints en blond Barbie noués derrière la nuque, comme une queue de rat blond qu’on lui aurait greffée. Il fait aussi trop de banc solaire et est tacheté comme une banane agonisante. Il regarde l’affiche devant ma table, fronce les sourcils, s’approche, enlève et remet ses lunettes, inspecte la hippie et puis moi, la bourgeoise respectable que je suis devenue, et sa bouche se contorsionne pour exprimer le doute. « Vous tenez le fortin pour votre fille ? ». Il expose des dents récemment blanchies et si régulières que je frissonne comme si la mort elle-même me souriait. Il prend mon livre chéri dans sa vieille main tannée, et me demande, d’un air qu’il croit absolument charmeur « Si je vous les achète tous… viendrait-elle me les dédicacer à domicile ? »

Je lui offre mon air le plus bourge, avec élégance mais la saine distance que l’on met entre soi et un homme trop séduisant pour que la tentation ne fasse aucun dommage, et sans sourciller lui dis : « Mais naturellement, elle s’en fera un plaisir ! Il est rare de rencontrer un lecteur qui d’emblée sait identifier la bonne écriture… donnez-moi donc votre adresse et votre numéro de GSM par précaution, voici le sien d’ailleurs » et je lui griffonne un numéro sorti de mon imagination que la sienne le fait empocher avec la vivacité d’une langue de caméléon.

Il s’éloigne et revient avec un chariot non bâché, et le remplit, avec un clin d’œil complice, de la quarantaine d’exemplaires de mon tout premier livre.

Comment a marché votre première séance de dédicaces ? J’ai tout vendu en une heure !

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Christine Brunet a lu "A l'ombre des désirs" de Jeanne R.

Publié le par christine brunet /aloys

Christine Brunet a lu "A l'ombre des désirs" de Jeanne R.

J'ai rencontré Jeanne R., l'auteur, lors d'un interview pour Actu-tv (voir la séquence après la chronique). A l'époque, je n'avais pas encore lu son roman... Voilà, lacune comblée... Il est lu en gardant à l'esprit les explications de l'auteur, ses remarques, son univers... parce que cet auteur évolue dans un univers baroque dont elle se nourrit et nourrit ses personnages.

"A l'ombre des désirs" nous propose une rencontre, celle de Louise, un personnage hors du temps mis face à ses contradictions, face à ses questionnements sur l'existence.

Les jours passent... J'ai lu ce texte il y a plus d'un mois à présent. J'aime voir ce qu'il me reste d'un roman (quel qu'il soit) au fil du temps. Louise s'est effacée mais les questions subsistent. Louise n'est plus qu'un prétexte, une pensée qui papillonne autour de notions qui interpellent l'Humain que nous sommes.

Louise affamée de vérités, se heurte à sa faim inextinguible, insatiable.

Pour avoir rencontré Jeanne R., Louise me semble être son reflet avec cette façon enthousiaste de s'envoler avec les mots et les idées. D'ailleurs, par moment, l'auteur passionnée de sens, - comme Louise -, semble faire l'amour aux mots. Amour/Amitié, amour courtois, amour charnel, désir d'une quête de quelque chose qui n'existe pas ? Louise s'envole au fil de ses pensées à l'image de cette phrase pour moi emblématique :

" De digressions en digressions, ses pensées voltigeaient comme les ailes de l'oiseau en plein ciel, ivre de soleil" (P35).

Le style ? Je dirais qu'il a un côté désuet, atypique pour de la littérature contemporaine.

Je ne parlerais pas de style "classique" parce que pour moi, un style "classique" est un style littéraire, plus 20e, porté par des auteurs comme Gracq, Camus voire Sartre par exemple. Jeanne R. ne colle pas à cette structure stylistique, loin s'en faut. Elle propose aux lecteurs une écriture plus "19e", cohérente avec son texte.

Néanmoins, attention, je ne crois pas que parler d'un style désuet soit un point négatif... Je crois que son style colle tout simplement à son univers. On peut adhérer ou pas, comme on peut adhérer ou non à son texte. C'est un tout, c'est simple.

Alors l'histoire ?

Je n'ai envie ni de parler plus de Louise si même du sujet du roman : il faudra lire !

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

Christine Brunet a lu "A l'ombre des désirs" de Jeanne R.Christine Brunet a lu "A l'ombre des désirs" de Jeanne R.Christine Brunet a lu "A l'ombre des désirs" de Jeanne R.

Publié dans Fiche de lecture

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Présentation du nouveau livre de Jean-François Foulon, Le temps de l'errance

Publié le par christine brunet /aloys

Présentation du nouveau livre de Jean-François Foulon, Le temps de l'errance

COURTE BIOGRAPHIE :

Jean-François Foulon est né en 1960 au cœur de l’Ardenne, d’un père belge et d’une mère française. Licencié en philologie romane (université de Liège), il travaille à Bruxelles dans le secteur public mais vit en Wallonie (actuellement dans le Hainaut, mais il a habité longtemps à Liège). Passionné de lecture et d’écriture, il a collaboré à différentes revues littéraires comme Le Journal de la Culture, La Presse Littéraire et Le Magazine des Livres. « Obscurité », son premier roman, a été publié en 2015 aux éditions Chloé des lys. « Le temps de l’errance », un recueil de poésie, est sorti en 2016 chez le même éditeur.

RÉSUMÉ DU LIVRE

Les poèmes que l’on découvre ici, remplis d’émotion et de nostalgie, portent le lecteur comme une vague lente et puissante. Certains textes nous conduisent dans des îles lointaines, à la recherche d’un ailleurs aussi impossible qu’improbable, tandis que d’autres décrivent des lieux qui nous sont proches (un village, une rivière…), pour en révéler les secrets oubliés. Parfois, c’est la destinée de l’homme à travers son histoire qui est abordée, mais toujours on revient au temps personnel, celui où tout un chacun se reconnaît. On parle alors de l’enfance, de la passion amoureuse, ou du temps qui fuit. Les femmes que l’on a aimées s’en sont allées, nous laissant des souvenirs empreints de nostalgie. Mais ces souvenirs, même s’ils sont parfois un peu tristes, ont pourtant quelque chose d’apaisant, sans qu’on sache si c’est dû au regard tendre du poète ou à la musicalité incomparable de sa langue.

EXTRAITS DU LIVRE

Souvenir

Je ne me souviens plus où nous nous sommes rencontrés,

Ni de quel pays tu venais.

Je n’ai jamais rien su ni de ton enfance ni de ta famille.

J’ai même oublié ton nom.

Mais j’ai gardé au fond de moi la tendresse de tes caresses,

L’odeur de ta peau et la douceur de ton regard.

Je te reconnaîtrais entre toutes.

Les îles

Tous les jours il regardait la mer et les vagues infinies.

Tous les jours il contemplait l’horizon et les bateaux qui voguaient vers des îles inconnues, des îles dont personne, jamais, ne revenait.

Tous les jours, du haut des falaises, il respirait les vents du large, chargés d’embruns salés et de saveurs épicées.

Alors il croyait voir d’immenses plages dorées où des enfants nus jouaient sous les soleils des tropiques. Derrière les grandes dunes blondes s’étendaient des forêts incroyables, où, depuis mille ans, des arbres exotiques embaumaient l’air de parfums troublants et poivrés. Parfois, il lui semblait apercevoir, couchées dans des pirogues noires, des femmes dolentes et lascives qui évoquaient Gauguin. Plus loin, dans des cases de palmes, leurs sœurs donnaient de l’amour à des guerriers féroces venus oublier, sous leurs caresses tendres, les blessures des combats.

Et lui restait là, sur la falaise, contemplant les nuages en déroute qui traversaient le ciel, s’imaginant parfois que c’étaient là les voiles d’un immense bateau en partance pour ces îles dont personne jamais ne revenait.

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Le blog "Livres & Co" chronique 2401 de Bob Boutique

Publié le par christine brunet /aloys

http://livres.and.co.free.fr/index.php/2016/02/2401-bob-boutique/

http://livres.and.co.free.fr/index.php/2016/02/2401-bob-boutique/

Le blog "Livres & Co" chronique 2401 de Bob Boutique

Titre étrange et assez peu parlant….Policier/thriller : c’est ce qui figure sur la couverture. Une 4ème de couverture sans résumé, l’auteur refuse de le faire…

On se lance donc dans la lecture de ce roman avec perplexité mais intérêt pour moi qui avais déjà lu Les 10 petites négresses.

Si l’auteur refuse de résumer le livre, il va sans dire que je ne le ferai pas non plus.

Ce que j’ai beaucoup apprécié dans ce bouquin c’est que les personnages paraissent proches du lecteur: l’intrigue se déroule en Belgique, Suisse et Hollande, assez près de nous finalement. Les personnages principaux sont presque ordinaires: ni parfaits ni totalement imparfaits, juste humains!

A la lecture du livre, on a l’impression que l’auteur nous raconte l’histoire comme s’il était à côté de nous et qu’il s’adressait à nous directement, ce qu’il fait parfois d’ailleurs! Pour être plus claire, on a l’impression que Bob Boutique écrit comme il nous parlerait et cette proximité avec l’auteur fait qu’on lit le livre très facilement et avec plaisir. Ce livre est plein d’humour mais reste un roman policier.

Je n’irai pas jusqu’à dire thriller: certes, il y a bien la touche d’angoisse nécessaire au genre mais, et c’est plutôt agréable, pas de violence inutile, pas de scènes « gores ».

Bref, un très bon moment de lecture…

Ma note: 3/4

Publié dans avis de blogs

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Le blog "Univers livresques" a lu "Contes bizarres 1 de Bob Boutique

Publié le par christine brunet /aloys

http://univers-livresques.eklablog.com/contes-bizarres-1-a122771730

http://univers-livresques.eklablog.com/contes-bizarres-1-a122771730

Le blog "Univers livresques" a lu "Contes bizarres 1 de Bob Boutique

Résumé de l'éditeur :

Ces contes sont écrits comme des scénarios de films, pour être lus à voix haute, dans un style proche du langage parlé. Avec des belgicismes, du "brusselleer", du flamand et même parfois des mots inventés!

Onze histoires qui démarrent dans le banal, continuent dans le bizarre, pour déraper enfin dans le n'importe quoi... l'enfer ou le purgatoire? Jamais le paradis, car il n'existe pas. Le monde des humains est un univers de fous, qui n'est lucide que quelques jours par an. Pendant la période du carnaval.

L'avis de Maryline

J'avais déjà lu "2401" du même auteur et j'avais beaucoup aimé. Du coup, il a eu la gentillesse de m'envoyer ses contes bizarres, un autres genre, mais toujours aussi bien!

Je ne savais pas trop dans quelle catégorie placer ces contes. Ce sont des contes car ils commencent tous par "Il était une fois", mais ce sont aussi des petites nouvelles sans lien les unes aux autres, mais également des histoires drôles, des sortes de faits divers comme on pourrait en lire dans les journaux...

Le titre est bien trouvé, en effet, il se passe des choses bizarres dans chacun des contes, mais c'est surtout les fins qui sont farfelues, folles (je me demande même si l'auteur ne l'est pas lui-même!!), touchantes parfois, ou bien même tristes... Mais où est-il allé chercher tout ça???

J'ai vraiment adoré lire chacun de ces contes, ils ont tous un petit quelque chose qui attire, qui donne le frisson, qui angoisse... Et les fins sont tellement imprévisibles! Par contre, certaines m'ont laissée sur ma faim!

Chaque conte commence par une illustration, et bravo aux auteurs de ces dernière, elles sont super!

Je pense que l'auteur est un brin sadique, ou bien même fou, ou même qu'ils sont plusieurs dans sa tête, je ne sais pas... Mais ces contes sont fantastiques, les mots inventés, le flamand, le belgicisme, et tous ces mots bizarres m'ont ravie. J'ai pris un réel plaisir à lire ce livre et je ne compte pas en rester là, je lirai les contes bizarres 2!

Merci vraiment à l'auteur qui m'a permis de passer un agréable moment.

Par contre, je n'aime pas trop la couverture...

Publié dans Fiche de lecture

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Marie-Noëlle Fargier a lu Dégâts collatéraux de Christine Brunet

Publié le par christine brunet /aloys

Marie-Noëlle Fargier a lu Dégâts collatéraux de Christine Brunet

Je commence "dégâts collatéraux" et "le dragon bleu". D'emblée les personnages sont là. Les dialogues se composent de questions. Le style est franc, presque tranchant, des phrases courtes. Je continue, découvre l'univers en total connivence avec le langage des personnages. Rapidement, une énigme est mise en place. Je m'aventure avec le personnage principal, une femme, Axelle, d'une nature hors du commun, dans ses déplacements et cette enquête qui évolue sans cesse. Axelle est le personnage clé, et quel personnage ! A elle seule, elle est déjà une énigme. Je pénètre dans ce milieu, celui des réseaux secrets, du banditisme. Cependant ce milieu n'est pas que cela, car l'auteur tout au long de l'histoire, a su décrire ses personnages avec tant de réalisme, dans une fidélité psychologique et avec le piment de la vie réelle, que j'avale tous les rebondissements pourtant multiples et saisissants. Christine Brunet, d'une façon naturelle, parvient même à aboutir à un univers qui me rappelle celui de "Dan Brown", avec une évidence surprenante et du coup combien crédible.

Ce qui m'a agréablement interpellée est l'existence de liens entre les personnages, l'énigme et la finalité. Ces liens sont renforcés, comme je le dis précédemment, par les données psychologiques des personnages, mais aussi par la description que je qualifierais de "professionnelle" de ce milieu particulier, et enfin par le dénouement qui donne toutes les réponses.

Christine Brunet offre au lecteur un attachement certain à ses personnages que j'ai déjà hâte de retrouver.

Marie-Noëlle Fargier

Marie-Noëlle Fargier a lu Dégâts collatéraux de Christine Brunet

Marie-Noëlle FARGIER

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