Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Christine Brunet a lu "L'homme à tête de taureau et autres poèmes" de Christian Nerdal

Publié le par christine brunet /aloys

Christine Brunet a lu "L'homme à tête de taureau et autres poèmes" de Christian Nerdal

Je pose le recueil poétique de Nikos Leterrier. Mon œil est attiré par une nouvelle couverture très colorée qui m'intrigue, celle de Christian Nerdal. Deux couvertures d'inspiration très différente, sans doute deux univers. Je ne résiste pas longtemps et décide d'ouvrir le petit livre rouge...

(Bon, rien à voir, bien entendu, avec celui de Mao.)

L'illustration me fait penser, je ne sais trop pourquoi, à Picasso...

Je me plonge dans les premiers vers... Je souris : les mots appellent le soleil, la lumière, la chaleur et les instants heureux. Il y a les odeurs de ma Provence, même, des visages fripés aux allures de santons. Il y a l'amour aussi.

Je me laisse bercer par les images, les couleurs et les sons.

Je voyage.

Les sonorités éclaboussent le lecteur, le secouent, l'interpellent.

Mais peu à peu le ciel se trouble comme si la lumière n'était rien sans l'obscurité. Le soir approche. Et sur des essais poétiques de sonorités et de mises en forme, la noirceur, le cauchemar s'installent.

Christine Brunet a lu "L'homme à tête de taureau et autres poèmes" de Christian Nerdal

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

Publié dans Fiche de lecture

Partager cet article
Repost0

L'interview de Kristof pour son "Wasserfall"

Publié le par christine brunet /aloys

L'interview de Kristof pour son "Wasserfall"

Premiers contacts avec Kristof (je ne vous révèlerai pas son véritable nom...) : enjoués, volontaires, amusants. Du coup, je n'ai eu plus qu'une envie : découvrir son univers pour vous le faire découvrir. Il s'est prêté au jeu avec enthousiasme et ses réponses m'ont livré quelques surprises de taille... A vous de juger !

Tu utilises un alias... de consonance russe ? russo-germanique ? je dis cela à cause du titre... D'ailleurs pourquoi ce titre, tiens ?

J’ai éprouvé le besoin de me dédoubler de faire exister matériellement cet autre moi-même, tenu jusqu’alors au secret, sans identité. Transformer mon prénom c’était une façon comme une autre de lui donner vie!

Enfin, j’ai voulu à travers ce prénom transformé ou reconstruit, c’est selon, faire coexister mes origines basques avec les sentiments que j’éprouve pour ma femme qui est Polonaise.

Le K est la première lettre de mon prénom en Basque. Le F final quant à lui, évoque la Pologne.

Pour clore le sujet, j’ajouterai simplement que ce prénom rendu quelque peu plus agressif est aussi plus fort, plus courageux que le prénom initial. C’est un prénom désormais renforcé et tranchant, qui s’arrache

du sol boueux auquel j’adhère en tant qu’homme ordinaire. Autrement dit, porter un masque donne des ailes!

Le titre, Wasserfall, un mot allemand qui veut dire cascade. Pourquoi employer un mot allemand? Je ne parle pas l’allemand. J’ai bien vécu deux ans avec une charmante et sympathique allemande dans ma jeunesse, ce n’est pas pour autant que j’ai pu assimiler la langue de Goethe!

J’ai choisi l’allemand pour stigmatiser la politique Européenne actuelle menée par l’état Allemand, cette politique de grand ordonnateur de nos destinées, de justicier implacable, de nouveau conquérant déguisé en démocrate et du chaos général. Plusieurs titres de mes textes sont en Allemand! Comme des pancartes signalant la prise de possession des lieux, comme la marque de l’occupant !

Enfin cascade parce que cela représente le jaillissement de l’inspiration, c’est une eau en perpétuelle évolution et c’est ainsi que je pense écrire…

Voili voilou très chère!

Proposes-tu aux lecteurs des poèmes ?

Pas exactement, c’est une écriture hybride, c’est de la proésie comme diraient certains. Mais c’est avant tout et cela doit être compris comme tel, un journal de bord, intime parfois, des fragments d’histoires authentiques, vécues. Mais surtout et mis en avant, des messages “modernes” des SOS, des plans de bataille, qui s’insèrent dans la tourmente de la nouvelle préhistoire que nous vivons. Je me sers donc principalement de la poésie comme d’un instrument de combat.

Une parenthèse si tu veux bien : Wasserfall est-il ton premier ouvrage ?

nan nan nan… c’est ma deuxième production. Le premier a été publié en 2010 chez l’Harmattan

sous le titre “ ésotérique” ( je blague) suivant : "la nuit et les spoutniks reviennent toujours".

Chloe Des Lys s’est manifestée trop tard! J’avais signé avec l’Harmattan deux mois plus tôt.

Le directeur de collection était Gérard Augustin, un grand poète et à l’origine mon prof de philo que j’avais en terminal au college du Montcel à Jouy en Josas, une école privée, un internat pour nuls et virés de tous les lycées! Une école de gosses de riches (je m’en exclue car mes parents n’étaient pas si riches que ça et se sont serrés la ceinture pour que je puisse arriver péniblement jusqu’au bac!), de privilégiés! Entre parenthèse, je suis fier que notre école de cancres, puisse se glorifier d’avoir en son sein un prix nobel de littérature!! Héhéhéhé… ce cher Modiano ( je l’adore)

Un bouquin de lui parle de nous “de si braves garçons!” C’est nous! Les braves garçons…. Quelle ironie!

J’y suis resté 5 ans. Quant à Monsieur Augustin il a eu la très mauvaise idée de mourir début 2012. R.I.P

Depuis quand travailles-tu sur Wasserfall ? Tu y parles de quoi, exactement ?

J’ai travaillé dessus durant deux ans! 2011 et 2012.

La nuit, tard, quand je n’étais pas trop crevé après le boulot, jusqu’à pas d’heure, jusqu’au bout de la nuit!

Pas toujours évident mais le besoin était là, omniprésent, l’envie aussi….

C’est une écriture en crise! Ponctuée ici et là d’expérimentations narratives, j’ai tenté des trucs, j’ai bricolé, bidouillé, rafistolé également, j’ai joué les artisans , les ouvriers, j’étais enfin manuel, capable de connecter mon cerveau à mes doigts et de sortir quelque chose qui tienne de temps en temps la route!

Mon crayon (j’écris avec des crayons, jaunes et noirs de préférence, mine un peu grasse et dure à la fois) devient mon outil, je construis, je déconstruis, je taille, je casse aussi…. Hihihi

Ça parle de tout, c’est une sorte de pacte, un pacte avec la vie… c’est aussi le cri discret d’un homme ordinaire, celui que je suis, c’est une cascade d’émotions, de sensations, d’impressions, de plaintes, de gémissements, de joies…..tu me diras , rien de nouveau sous le soleil et tu auras sans doute raison

Mais j’ai eu le sentiment que je pouvais exprimer quelque chose de nouveau , en partant à la racine des mots, et me concentrant sur les ruines de mon monde passé et présent, je me suis dit que je pouvais proposer un travail sorti de nul part qui n’avait rien de préexistant.

Très orgueilleux et prétentieux le bonhomme hein ?

Possible, mais je ne pense pas qu’il faille me voir sous ces aspects. J’ai voulu, je crois, me pardonner en écrivant, d’être humain, parce que j’en ai honte! J’ai honte de ce que je suis , des humains, de ce que nous sommes capables de faire de pire et de cet éternel retour qui nous rend incapable de progresser, d’aller plus haut! C’est de fait un travail de reconstruction, un retour aux sources.

Le surplace, toutes ces duplications s’insupportent ! Le consumérisme m’achève !

Les traditions sont mortes ou plutôt ont été assassinées…l’humanisme n’a plus sa place dans ce monde matérialiste, le monde est répressif, nous sommes tous enfermés, sous contrôle, sous surveillance fichés listés enregistrés…. C’est l’horreur absolue, ma douleur! Et toutes les douleurs autour de moi que j’absorbe comme une éponge…. Tous les jours dans les rues, je vois la misère pousser comme une mauvaise herbe!

Alors, j’écris, je grave des slogans, des mots résistants, je me bats avec mes petits mots… avec lesquels j’essaye de retrouver ma nature profonde, de me purifier.

Tu définirais ton style comment ?

Ténébreux, mélancolique, agité, énervé, intuitif, je n’écris pas dans le sens de ce qui plaît! Je m’en contre fiche, ce genre de truc glisse sur moi, mon langage doit être libre, rien ne doit interférer tu vois!

J’essaye cependant de proposer une bonne lisibilité, un développé lent et souple, avec ici et là des chocs et des explosions! (mon côté Basque!!)

Entrons dans le vif du sujet...

Voilà ce que je lis dans la présentation de ton bouquin : "C’est un journal poétique résolument engagé, un itinéraire de vie, des fragments de mon histoire. C’est une écriture résistante, où j’ai tenté de réintroduire l’insoumission au cœur même du discours, une méditation amère sur la condition humaine au 21ème siècle."

=> pourrais-tu me donner un très court aperçu 1/ du côté journal poétique 2/ de ton "écriture résistante" . D'ailleurs, j'aimerais bien que tu m'expliques ce que tu entends par là.

En lisant ces deux phrases, tu donnes l'impression de ne pas te sentir à ta place dans notre société. Vrai ou faux ? Tu m'expliques ?

Je pense avoir répondu plus haut mais je peux le formuler autrement si tu veux et de manière plus concise. Je suis très clairement animé par un idéal révolutionnaire mais asphyxié , tenu en laisse.

D’où tous les tourments qui m’habitent. Je reste passif et à l’écart donc de l’action de l’engagement physique! Mes mots sont mes seules armes! Je me bats avec mes petits moyens!

Je ne suis effectivement pas à ma place dans cette société. J’aime les vieilles idées , je n’aime pas les règles actuelles de ce jeu social qui n’est rien d’autre qu’une supercherie, une imposture!

Je suis hostile à toutes ces croyances imposées, aux contraintes inutiles. Enfin la mort est très présente

dans mon travail. Je suis d’une grande lucidité à ce propos. Il faut dire que mon carnet d’adresse est un cimetière depuis si longtemps! Je sais que tout peut basculer à tout moment. Sans prévenir. En partie à cause de ça! Je me trouve moi-même dans la marge!

*

Écriture résistante; texte en 4ème page de couverture

Place Syntagma (Athènes)

S’il a ce regard sans mélange
Ce visage insensible aux traits absents
S’il respire librement sur la Grand’ place
Avec son cœur d’homme
Il sera mon origine
Gravé dans le marbre des siècles plus jamais vides !
Il sera à l’endroit exact où l’on marche par millions
Chacun de nous sentant en lui
Ce qui ne se marchande pas
S’il s’est tué tremblant
C’était de courage et d’un geste sans concession
Quant à ses derniers mots ils furent une étreinte avec la vie
Un fragment de lutte animale
Offert à la foule traquée
Mais un jour de trop
La colère nous changera
Et notre vengeance sera immortelle !

7 avril 2012

*

Ce texte fait référence au suicide d’un retraité qui a eu lieu en mars 2012 place Syntagma. Il s’est tiré une balle dans la tête et a laissé une lettre traduite en plusieurs langues.. J’étais moi-même, cette année là, à Athènes en février.

*

A présent le côté poétique

Je suis le passager
Je roule sur une langue de lumières
Enveloppé dans la nuit mystérieuse
Devant moi, seul sur la route
Un horizon sommaire de traits blancs
M’invite à voir plus loin
Cette nuit je fais un festin de kilomètres
Et ma vie se limite à cette piste noire
Je suis le passager de la nuit
Venue me chercher après un verre au bar
Je n’ai pas de fille assise à droite
Elle n’avait pas l’esprit à ça !
Filer ainsi la nuit dans la désespérance des heures
Partir sans but précis
Je m’emporte donc seul ni vu ni connu
C’est ma façon à moi de voir l’univers
En commençant par la terre tout un symbole
Rouler vers l’abîme cueillir des frayeurs des fatigues
Aller jusqu’au bout de ce paradis noir malgré tout
Je traverse la surface des choses, des évènements
Vieillis par la vitesse d’une accélération
Je suis le passager qui se coupe de tout
En transit entre l’asphalte et les étoiles

2 août 2012

Comment voit-on ton univers littéraire, ta passion de l'écriture autour de toi ?

 

Dans mon entourage, un cercle restreint, soit une dizaine de personnes tout au plus, tout le monde sait que j'ai comme un grain de folie. Mon niveau de démence est pour l'heure encore supportable donc j'ai encore des amis !!! et amies !

Après l'effet de surprise créé par la sortie du premier livre !! je n'avais parlé à personne ( en dehors de ma femme) de ma passion pour l'écriture, mes proches ont affiché une certaine curiosité ce n'est pas à proprement parler un fan club  mais ils attendent de connaître mes nouvelles aventures !

J'ai un ami banquier qui depuis me traite de communard et moi en retour, je le traite d'infâme banquier ! forcément

mon meilleur ami qui a pris la peine de me lire s'est fait violence et a lu mon deuxième opus d'une seule traite ! 

Ma chérie, ma reine des neiges, quant à elle, supporte comme elle peut la situation. je crois que notre relation de couple en souffre mais modérément. Elle est artiste peintre et sait ce que veut dire le besoin de s'isoler, de ne pas être dérangé etc.... mais bon !  il y a quand même des frustrations... sans doute des deux côtés ! elle est vraiment très chouette avec moi ! pas de pressions, pas de chantage, elle me ménage un espace de liberté sachant qu'il ne porte que sur l'écriture. 

 

Et puis de récents amis ou relations amicales qui via facebook alors qu'ils ne savaient rien de rien, ont découvert là, à la sortie du deuxième livre, mon univers bien sombre, mon regard torturé ! cela a été une vraie surprise avec quelques retours gentils.

Par chance, certains d'entre eux me connaissent dans la vie réelle et savent que je passe mon temps à rire de tout et de rien. Mais il est vrai aussi que l'homme de la vie réelle, celui qui marche qui parle et qui communique n'a pas grand chose à voir avec l'autre qui écrit ! ils m'acceptent tel que je suis!!  et ils ont fait copain copain avec Kristof  héhéhé....ils sont cools dans le fond !

Tu as sans doute constaté que j'ai besoin des deux Christophe pour vivre! l'un apporte le matériel et l'autre l'exploite! 

Mon père a été surpris lors de la parution du deuxième livre.  Il n'a pas dit grand chose. il a juste dit qu'il trouvait mon " opuscule intéressant" ce qui est un énorme compliment dans la bouche de mon père!!

quand à ma petite maman elle ne parvient plus à lire vraiment. Elle sait.... donc tout va bien! ma fille me soutient ! 

 

Merci pour toutes ces précisions qui m'ont vraiment donné envie de découvrir ton univers !

 
Christine Brunet
 
www.christine-brunet.com
 

 

 

Publié dans interview

Partager cet article
Repost0

Christine Brunet a lu "Le temps d'exister avant le froid" de Nikos Leterrier

Publié le par christine brunet /aloys

Christine Brunet a lu "Le temps d'exister avant le froid" de Nikos Leterrier

Une fois de plus, j'ai cédé à l'appel de la couverture de ce recueil de poésies : un appel irrésistible de l'imaginaire.

Je le ferme encore un peu dans mon voyage au cœur de mes cauchemars. Je frissonne de froid et je comprends à présent la signification de la première de couverture...

De magnifiques dessins illustrent les poèmes et les chansons, miroirs de l'univers que nous propose Nikos Leterrier.

La vie a abandonné le poète, le plongeant dans les affres du regret de ce qui a été, dans l'enfer de la solitude, de l'oubli, de la peur. Des flashes illuminent brillamment mais trop brièvement l'obscurité rampante et tentaculaire qui a infiltré insidieusement la pensée du lecteur.

Deux vers me semblent représentatifs de ce recueil même s'ils sont forcément restrictifs

" Je saigne ma pensée en mots et en images

Le plus souvent dans la pénombre et le silence (...) ". (Vivre ou le jeu dangereux du regard, p 37)

Un univers poétique qui m'a interpelée et m'a tirée vers le côté obscur de l'âme humaine.

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

Publié dans Fiche de lecture

Partager cet article
Repost0

Présentation du nouveau roman d'Edmée de Xavée, Villa Philadelphie

Publié le par christine brunet /aloys

Présentation du nouveau roman d'Edmée de Xavée, Villa Philadelphie

Biographie :

Née en 1948 à Verviers dans une société en déclin : les années de prospérité industrielle touchent à leur fin, ainsi que le règne des magnats locaux. L’argent change de mains, courtisans et courtisés de visage, les grosses maisons de maîtres sont divisées en appartements ou s’effondrent sous les coups des démolisseurs, le chaos fauche un monde sous ses yeux – qui ne s’en effrayent guère. Mais quelle provende d’inspiration ! L’arrogance, le courage, les arrangements mesquins, les chutes aux enfers et les revanches, les nouveaux riches et les nouveaux pauvres, la douceur du monde d’avant et celle, aussi, du monde d’après.

Ce fut toutefois un écolage long et souvent douloureux, qui lui fit prendre plus d’une fois la route de l’exode : des années passées à Aix-en-Provence où elle fit des santons puis fut étalagiste dans un magasin, d’autres en Italie sous le déguisement d’enseignante de français dans une école de traducteurs, et un bon morceau de vie vécu aux USA dans le rôle de gérante d’imprimerie et puis d’assistante d’un conseiller financier ont complété le tiroir aux inspirations et souvenirs, avant le retour au berceau…

C’est aux USA qu’elle a vraiment commencé à écrire. Elle tient un blog depuis 2007 à raison d’un article par semaine.

Résumé

Villa Philadelphie Edmée De Xhavée

Aimée et Richard, un mariage que raison et amour ont nourri de bonheur. Et voici que l’on prépare les doubles noces de leurs deux filles : Rosalie est l’impatiente fiancée d’Antoine Delbrassine et Evelyne, avec moins d’enthousiasme, celle d’Edouard du Lyncé. Et si ce double évènement semble, aux yeux des parents, mettre en évidence une affectueuse complicité entre les deux sœurs, la vérité est bien autre. Et ne pourra qu’émerger peu à peu, au cours de ces 40 années passées en étrange voisinage dans la « Villa Philadelphie », deux maisons jumelles destinées à garder les sœurs unies dans leurs vies de femmes…

C’est qu’elles vont changer, Rosalie et Evelyne…

Court Extrait

Rosalie s’empara prestement du cœur indécis d’Antoine Delbrassine, beau jeune homme de trente ans, fils d’un célèbre avocat de la capitale qui venait lui-même d’ouvrir un bureau d’avocats à Verviers, non loin de Dolheux-Mesnil et Casteau.

A vrai dire… elle en détourna le cœur, car c’est sur Éveline qu’il avait d’abord posé les yeux lors d’une garden-party organisée par une de ses tantes. Elle l’avait séduit, suggérant à son imagination, de façon délicieuse, l’idée d’un tableau préraphaélite, avec cet air un peu rêveur qui donnait envie de l’entourer d’une tendre protection. La marée rose qui avait envahi ses joues alors qu’il lui parlait, et le frémissement séduisant qui avait couru sur ses lèvres lui avaient révélé une jeune fille peu assurée encore, mais habitée d’une braise aux reflets incandescents qui ne demandait qu’à s’enflammer. Mais Rosalie était venue à la rescousse de sa jeune sœur, s’interposant et répondant pour elle avec brio, effaçant ses hésitations par ses propres rires pleins de gaieté, détournant l’attention sur elle-même… et il ignora toujours qu’elle avait sifflé entre les dents, tapotant le poignet de sa cadette avec son éventail fermé Je suis l’aînée, c’est pour moi.

(Villa Philadelphie – Edmée De Xhavée)

Publié dans présentations

Partager cet article
Repost0

Sébastien Quagebeur nous propose trois poésies

Publié le par christine brunet /aloys

Sébastien Quagebeur nous propose trois poésies

Le critique de nuit

Je suis le conteur du rififi

du vice

du chemin des dames

le critique de nuit

Comment vivez-vous ?

Je me débrouille invariablement

si discret de ratures

le toucher de l'étreinte

variations de derrière

l’inexorable traque

la sonorité des couleurs

évanescente

chevauche l'art vague

sur tous les fronts

*

***

Paris

Paris papilles

Paris pastèque

Paris poésie

par le bout du nez

Paris Pistaches

Paris questionne

Paris à la loupe

Paris Fragile

La pierre de Paris

Le baobab à place d’Italie !

*

***

Noce

Je rêve

tu souris

à l'appel

de la forêt

la grâce

les volcans se réveillent

les noces rebelles

des algues dans les limbes

Publié dans Poésie

Partager cet article
Repost0

Dans le n°29 de la revue N47, Patrick Beaucamps est à l'honneur

Publié le par christine brunet /aloys

Dans le n°29 de la revue N47, Patrick Beaucamps est à l'honneur
Dans le n°29 de la revue N47, Patrick Beaucamps est à l'honneur
Dans le n°29 de la revue N47, Patrick Beaucamps est à l'honneur
Dans le n°29 de la revue N47, Patrick Beaucamps est à l'honneur

http://cadependdesjours.com/2016/03/12/revue-n47-numero-29/

Il nous faut lire et relire des revues de poésie, inlassablement, obstinément je dirais, pour voir que le mot tient encore au bout de la vie, qu’il va pour tout réinventer et tout redire, pour tout critiquer, combattre, jouter un quelconque adversaire, pointer, assembler, secourir, aimer, rêver, etc. Il faudrait faire de la vie, de notre vie, l’assemblage harmonieux de toutes les revues possibles. Cela serait des plus poétiques, ce serait le réinvestissement de la poïesis dans le monde moderne par le Verbe.

Le numéro 29 de la revue N47 n’est qu’un fragment de ce possible, une ouverture à plusieurs entrées sur le multiple avec, en premier lieu, un hommage au poète palestinien Ashraf Fayad qui a été condamné à mort en Arabie Saoudite pour le motif d’apostasie. S’ensuivent les pages Pleins formats où trois poètes sont mis en lumière, Myriam Eck, Marcel Migozzi et Michel Thicon, accompagnés de photos de Michel Durigneux. La rubrique Plurielles offre le privilège de découvrir une quinzaine de poètes dont Thierry le Pennec, auteur de Un pays très près du ciel (2005) ou encore Patrick Beaucamps dont l’œuvre intimiste honore les éditions Chloé des Lys.

Le Cahier plastique fait place à Valérie Linder et ses illustrations (allez voir son très beau livre Une eau sans bord (2016) en collaboration avec Amandine Marembert aux éditions Frau), Sentiers traite de la question du blanc, de l’espace du vide, du silence du poème, de ce qui est entre les mots, au travers du questionnement de plusieurs poètes sur le sujet dont Matthieu Gosztola ou Jean-Patrice Courtois. La revue se termine enfin par des Notes de lecture de la part du comité rédactionnel, toujours utile pour se mettre au courant des derniers livres pertinents récemment parus.

Publié dans articles

Partager cet article
Repost0

François Foulon dans l'avenir.net

Publié le par christine brunet /aloys

François Foulon dans l'avenir.net
François Foulon dans l'avenir.net

Après le roman, la poésie

Jean-François Foulon est né en 1960 au cœur de l’Ardenne. Licencié en philologie romane (université de Liège), il travaille à Bruxelles dans le secteur public mais vit à Braine-le-Comte.

Passionné de lecture et d’écriture, il a collaboré à différentes revues littéraires comme «Le Journal de la Culture», «La Presse Littéraire et Le Magazine des Livres». «Obscurité», son premier roman, a été publié en 2015 aux éditions Chloé des Lys. Désormais, son actualité c’est «Le temps de l’errance», un recueil de poésies, sorti en 2016 chez le même éditeur. En voici un extrait sur le souvenir: «Je ne me souviens plus où nous nous sommes rencontrés. Ni de quel pays tu venais. Je n’ai jamais rien su ni de ton enfance ni de ta famille. J’ai même oublié ton nom. Mais j’ai gardé au fond de moi la tendresse de tes caresses, L’odeur de ta peau et la douceur de ton regard. Je te reconnaîtrais entre toutes. »

Publié dans articles

Partager cet article
Repost0

Christine Brunet a lu "Temps d'aventures" de Christina Previ

Publié le par christine brunet /aloys

Christine Brunet a lu "Temps d'aventures" de Christina Previ

Christina Previ nous propose avec "Temps d'aventures" cinq contes pour enfants, cinq histoires courtes illustrées que j'aurais tant aimé voir en couleur !

Imaginez... C'est le soir au coin du feu... Vous êtes un enfant... Pas bien grand, 5 ou 6 ans à peine. Pelotonné sur le vaste divan contre votre grand-mère ou votre grand-père, vous luttez contre le sommeil : vous attendez avec impatience l'instant où l'un ou l'autre prendra un livre de contes, l'ouvrira et... vous emportera dans un univers imaginaire qui vous fera frissonner de peur puis de bonheur.

Ce petit recueil propose exactement cela... Retour à l'enfance, aux contes merveilleux, aux rencontres effrayantes prélude aux câlins si tendres et si rassurants.

Entre héros traditionnels et héros modernes, cinq histoires à mettre entre les mains des enfants rêveurs... Je gage qu'ils se laisseront emporter par le courageux Léo, vibreront face au dragon bleu, frissonneront en entrant dans la forêt maudite... Merci, Christina, pour ce retour à l'enfance !

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

Publié dans Fiche de lecture

Partager cet article
Repost0

Le blog interligne a chroniqué le nouveau roman d'Edmée de Xhavée "Villa Philadelphie"

Publié le par christine brunet /aloys

Le blog interligne a chroniqué le nouveau roman d'Edmée de Xhavée "Villa Philadelphie"

Nous le savions depuis ses tous premiers ouvrages, roman ou nouvelle, Edmée de Xhavée est une conteuse qui se plaît à remonter le temps, à réveiller les belles au bois dormant assoupies dans les replis de sa mémoire, figures d’un passé que les photos familiales, les souvenirs de ses proches lui ont révélées. C’est, par conséquent, un monde à jamais disparu que notre auteure ressuscite dans ce roman qui nous parle de la vie d’une famille, de ses joies, ses peines, ses enchantements mais également de ses larmes et ses secrets, secrets évoqués d’une plume lisse et incisive, sans fioritures, par phrases courtes, obéissant à l’unité de lieu – tout se passe en Wallonie – à défaut de l’unité de temps, puisque l’histoire se déroule entre les années 1920 et 1960. Une tranche d’existence qui s’éveille au cours des années folles, au lendemain d’une guerre qui avait meurtri une partie de l’Europe, et s’achève durant les années 60 alors que se lève sur le monde une modernité qui entend bien changer le visage des choses.

Dans cet entre-deux, et au cœur d’une demeure cossue, une famille va écouler son présent composé de grandes joies, de nombreuses fêtes, d’alliances arrangées, de naissances, soit un quotidien presqu’ordinaire si ce n’est qu’il est vécu dans un écrin raffiné empli de jolis objets et constitué de rites immuables. Malgré cette aisance, les deux sœurs, Rosalie et Eveline, qui tiennent les rôles principaux, feront en sorte que l’actualité soit aussi malmenée que possible, que l’existence ne parvienne jamais à être le long fleuve tranquille que leurs parents avaient souhaité pour elles. D’affrontements en ruptures, d’espérances en désillusions, elles mèneront des vies parallèles sans parvenir à créer l’harmonie tant espérée par leur mère.

« Les deux sœurs se rendaient régulièrement avec leurs fiancés à leur futur logis, pour contrôler l’avancée des travaux de la double maison que Richard avait tenu à orner, sur la façade, d’une plaque où, emprisonnées par une frise de roses en mosaïque, des lettres dorées annonçaient : Villa Philadelphie. L’amour de deux sœurs ne méritait-il pas d’être mis en évidence, d’avoir son propre temple » - avait-il expliqué avec fierté. »

Edmée de Xhavée, qui connait bien le cœur féminin, nous brosse des portraits contrastés, fouillant l’inconscient de chacune, leurs aspirations et leurs refoulements, leurs attirances et leurs dégoûts, leurs plaisirs et leurs amertumes. Ce sont, par ailleurs, des portraits très intimes qu’elle propose et dévoile, nous entrainant à sa suite dans les méandres de ces cœurs qui se cherchent sans jamais se trouver. Jolie plongée dans les rumeurs intérieures.

Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE

Publié dans avis de blogs

Partager cet article
Repost0

Rolande Michel a lu "La bukinê d'Anna" de Marie-Noëlle Fargier

Publié le par christine brunet /aloys

Rolande Michel a lu "La bukinê d'Anna" de Marie-Noëlle Fargier

Dans un style empreint de poésie, Marie-Noëlle Fargier nous oblige à remonter le temps. Son amour de la nature et du passé se confondent et suintent à travers les mots, tout simplement, comme une source claire à laquelle notre imagination se désaltère avec plaisir.

Il était une fois…, il y a des siècles, un lieu appelé « Le Crouzas »…

L’auteur nous y entraîne, de chibotte en chibotte, à la découverte de deux mondes différents.

Quand l’histoire commence, Belenda, la guérisseuse, vient de mourir en donnant le jour à Matobe, une enfant aveugle, fruit d’amours clandestines. Le peuple auquel elle appartient est dirigé par des hommes avides de pouvoir qui prétendent appliquer les lois de dieux cruels. Sans la moindre pitié, ils condamnent à mort tout être différent.

Ainsi, si ses sœurs ne décidaient pas de la cacher de l’autre côté du fleuve, Matobe serait condamnée à mourir. Varna l’emmène dans la forêt de l’Ombre où Matobe grandit, à l’abri de la haine et en communion profonde avec la nature. Grâce à la bukinê de sa soeur, une sorte de coquillage qui émet des sons, Inanna reste en contact avec elles.

Hasard ou signe du destin ? Matobe croise un jour la route de Ghanan. C’est son père. Il est le chef d’une tribu où des gens pacifiques, résolument anti violents et respectueux de la nature, honorent un seul dieu. L’amour et le partage sont leurs seules richesses.

Matobe emmène ses sœurs dans cette tribu. Peu à peu, les deux peuples apprennent à se connaître. Au fil des échanges, les mentalités changent, des liens se tissent, des amours naissent.

Devenue inutile, la bukinê tombe et est emportée par le courant du fleuve.

Quelques siècles plus tard, un peu comme si l’histoire se répétait, nous retrouvons trois sœurs. Anna vient de donner un récital dans un château qui surplombe la Loire. Comme pour remercier le Ciel, elle porte à ses lèvres le talisman qui ne la quitte jamais, une bukinê que son grand-père à trouvée, il y a très longtemps, au pied d’une chibotte. L’écho reste silencieux et seule une colombe lui répond….

Au-delà de ses qualités et de la poésie qui s’en dégage, ce livre est aussi porteur de messages d’amour et de tolérance. Véritables sources de richesse, l’écoute de l’autre, la communication ouvrent les cœurs et les esprits et gomment les différences.

Le temps existe-t-il ? Les événements sont-ils amenés à se répéter, un peu comme s’ils étaient les éléments d’une roue qui n’en finirait pas de tourner ? En prenant conscience de ces messages que je crois éternels, ce sont des questions que pourraient se poser les lecteurs.

Rolande Michel

Rolande Michel a lu "La bukinê d'Anna" de Marie-Noëlle FargierRolande Michel a lu "La bukinê d'Anna" de Marie-Noëlle Fargier

Publié dans Fiche de lecture

Partager cet article
Repost0