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La fête des voisins, une nouvelle de Louis Delville

Publié le par christine brunet /aloys

 

Petites et grandes histoires

 

 

LA FÊTE DES VOISINS

 

 

Cette année là, Paul et Lili fêtent leurs trente ans de mariage et profitent de la Fête des Voisins pour inviter plusieurs amis et connaissances.

 

"Bonjour Lili, bonjour Paul…

 

- Jean ?, c'est Lili qui réagit la première.

 

- Eh oui, Jean ! Je viens d'emménager dans la rue et j'ai reçu votre petite invitation… Et alors, qu'est-ce que vous devenez ?

 

- Oh, tu sais, nous menons une vie tranquille, j'ai repris la librairie de mes parents, rue saint Étienne. Quant à Paul…

 

- Quant à Paul, il végète comme conducteur de bus à la STU (Société des Transports Urbains)".

 

Paul a répondu machinalement. Jean continue :

 

"Oh moi, je suis devenu prof de langues comme mon père. Je suis célibataire et j'ai toujours bon pied, bon œil.

 

- Tu ne t'es pas marié ? Paul n'a pu retenir la question…

 

- Non, voyons, tu me connais, Paul. J'ai toujours aimé papillonner de filles et filles, je n'ai pas changé !

 

- À l'époque, elles étaient toutes amoureuses de toi, je me souviens. Même Lili ! N'est-ce pas Lili ?

 

- De l'histoire ancienne, Paul. Tu sais combien je t'aime et comme je tiens à toi !" Lili a presque crié…

 

Paul rentre quelques instants dans ma maison, il a entendu que Bijou, son petit caniche blanc aboyait à l'intérieur. Par la fenêtre, il aperçoit Jean et sa femme en grande conversation. Ses vieux démons remontent à la surface… Jean, ce bellâtre aux yeux bleus qui collectionnait les conquêtes féminines. Jean, un élève moyen comme lui, à part que… C'est vrai, il n'a jamais redoublé. Évidemment, un fils de prof, on le laissait passer !

 

À l'époque Lili et Jean avaient eu un flirt passager puis Paul avait osé parler à Lili dont il était secrètement amoureux et Jean était parti vers d'autres amourettes ou peut-être avait-il fait semblant de partir ?

 

"Le salaud, je me souviens encore de son sourire quand je lui ai annoncé que je sortais avec Lili. Plus j'y pense, plus je me dis qu'il ne l'a pas oubliée. Il parade, il s'enflamme, il charme. Ah, si je n'avais pas confiance en Lili…

 

Paul a sursauté, Jean vient de prendre Lili par les épaules et se rapproche d'elle pour lui chuchoter à l'oreille.

 

"S'il continue, je le tue !"

 

Paul est sorti. Lili commente :

 

"Toujours le même, ce brave Jean !

 

- Brave n'est pas le mot qui convient. Tu l'as vu, il t'a tenu. Il t'a dit quoi ?

 

- Rien, de bêtises !

 

- Tu es toujours amoureuse de lui ?

 

- Tu es fou, c'est de l'histoire ancienne !"

 

Jean revient vers eux, un verre dans chaque main.

 

"Santé, les amis ! À nos retrouvailles…"

 

Paul va vers le bar et en revient avec un verre de vin rouge…

 

"À ta santé, Jean ! Et au bon vieux temps !"

 

Jean boit son verre d'une traite…

 

"Encore un petit verre ?

 

- Volontiers, il est bon ce vin !"

 

Les verres succèdent aux verres et Jean boit. Et Paul regarde…

 

Entre ses dents, Paul murmure : "Je me demande si un flacon entier de comprimés pour le cœur va le guérir ? C'est vrai que la médecine fait de réels progrès : Aucun goût et ça se dissout parfaitement même dans le vin rouge…"

 

 Louis Delville

http://louis-quenpensez-vous.blogspot.be/

delvilletete

Publié dans Nouvelle

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Ma jumelle de sang, une nouvelle de Philippe Wolfenberg

Publié le par christine brunet /aloys

 

Les états d'âme de la Lune et du Soleil

Ma jumelle de sang

 

 

Sur le guéridon en acajou, près de la grande baie du salon, dans la céramique blanche d’un diffuseur ouvragé, une bougie exhale ses senteurs mélangées de citron vert et de vanille.

Au pied de la falaise, sur laquelle est accroché le manoir, les vagues, furieuses parce qu’impuissantes à la dompter, s’écrasent sur des écueils affleurants.

Depuis le Chesterfield où elle est occupée à savourer chaque gorgée du verre de limoncello qu’elle tient d’une main nonchalante, elle m’offre la vision de ses beaux yeux de félin qui, en cette fin de jour, à la lumière des flammes dansant dans la cheminée de marbre, ressemblent à deux agates de feu. Le sourire qui flotte sur ses lèvres pulpeuses a, pour elle et pour moi, la même signification : « Tu m’appartiens comme je t’appartiens ».

Alors, je me rappelle notre rencontre.

 

*

 

A l’époque, une sordide affaire de meurtres en série défrayait la chronique. On retrouvait, à intervalles réguliers, des cadavres exsangues abandonnés sur la plage jouxtant la discothèque dont j’étais le propriétaire. L’enquête piétinait. Ce qui ne manquait pas d’intriguer la police, c’était les deux petits orifices dans le cou des victimes… Le médecin légiste n’en démordait pas : ils avaient été pratiqués, disait-il, afin de pomper le sang. On se perdait en conjectures. S’agissait-il de l’œuvre d’un dément, de crimes rituels, d’un trafic ? Un journaliste alla même jusqu’à prétendre – par le biais de son canard – que la ville était, peut-être, devenue le repaire d’une bande de vampires. Un lecteur lui rétorqua que, hormis les politiciens du cru…

Contrairement à mes concitoyens, je ne m’intéressais pas vraiment à cette histoire aux relents surnaturels. Celle-ci, d’ailleurs, loin d’effrayer les clients de mon établissement, semblait, paradoxalement, en augmenter le nombre. Et pourtant, au milieu de cette marée humaine qui, tous les soirs, se trémoussait au son de la new wave et de l’electro body, il m’aurait été difficile de ne pas la remarquer. Depuis un mois, environ, elle passait ses nuits à onduler sensuellement, au milieu de la piste, sous les regards admiratifs des hommes et ceux envieux et assassins des femmes. Toujours habillée de noir, souvent en pantalon et veste, le chemisier entrouvert juste ce qu’il faut, elle paraissait indifférente aux réactions qu’elle suscitait.

 

*

 

Le verre, posé sur la table basse, ne contient plus qu’un fond de limoncello. Dans la cheminée de marbre, les flammes dansent encore. J’ai pris place dans le Chesterfield. Elle s’est allongée et, la tête sur mes genoux, m’observe à travers le voile de ses paupières mi-closes. Un doux sourire hante sa bouche charnue. Je caresse les boucles de sa chevelure aile de corbeau et, ce faisant, lui arrache, de temps à autre, un soupir d’aise. Le citron vert et la vanille se mêlent à son parfum aux essences de mûre sauvage.

Les souvenirs se bousculent de plus belle au portillon de ma mémoire.

 

*

 

Elle délaissait son terrain de jeux peu après minuit. Arrivée seule, elle repartait, invariablement, en compagnie d’un homme… Jamais le même. Avant de sortir, à la manière d’un rituel immuable, elle se retournait : nos regards se croisaient pendant quelques secondes qui avaient un goût d’éternité. Mais pourquoi avait-elle l’air triste alors qu’elle obtenait, chaque fois, ce qu’elle était, apparemment, venue chercher ?

Quand les journaux et les chaînes de télévision avaient diffusé les photos post mortem des protagonistes involontaires de cette farce macabre, une théorie, aussi logique

que déplaisante, s’était imposée à moi. Surtout lorsque j’avais cru reconnaître certains chevaliers servants de cette jolie brune énigmatique.

 

*

 

Elle s’est endormie. Je la prends dans mes bras. Elle pousse quelques gémissements mais ne se réveille pas. Dans la céramique blanche, la bougie achève de se consumer. A travers la grande baie du salon, j’admire une dernière fois la mer dans laquelle s’écrase le soleil, au milieu de couleurs semblables à celles du métal en fusion. Je dépose mon agréable fardeau dans la douceur satinée des draps. M’aime-t-elle autant que je l’aime ? Je le crois… Sans en avoir aucune certitude.

Les images de cette nuit particulière où ma vie a changé défilent sur l’écran improvisé que forment les rideaux occultant la porte-fenêtre de la chambre.

 

*

 

Les oreilles saturées de new beat, j’avais décidé de rentrer pour profiter, sur la terrasse du château, de l’air tiède de cette merveilleuse soirée d’été et des fragrances du large qui étaient un appel à s’en aller parcourir d’autres univers.

Elle était apparue dans le faisceau lumineux des phares de la Ford Mustang alors que je quittais l’allée qui menait au dancing. Je m’étais arrêté.

* C’est une splendide décapotable… Vous m’emmenez faire un tour ?

* Pourquoi pas ? Montez !

Nous avions roulé longtemps, sur des routes sinueuses, à flanc de falaise. Puis, finalement, sans qu’elle s’y opposa, je l’avais ramenée chez moi. Nous avions fait l’amour avec la frénésie de ceux qui n’attendent plus rien de l’existence et profitent des moindres parcelles de plaisir qu’elle leur octroie quand elle est bien disposée. Cependant, le moment de jouissance passé, elle s’était écroulée sur moi et m’avait fixé de ses prunelles mordorées.

* Tu veux bien devenir mon compagnon éternel ?

* Eternel ?

Elle était restée silencieuse et m’avait souri, découvrant une dentition parfaite où trônaient deux canines démesurées et acérées.

* Tu vas me tuer ? Comme les autres ?

* Non ! Au contraire… Je veux te rendre immortel… Comme moi…

J’avais posé ma main sur sa nuque, guidé son visage jusqu’à mon cou puis ressenti une intense brûlure…

 

*

 

Je me couche à ses côtés. Instinctivement, elle se blottit contre moi. Avant de la rejoindre dans nos rêves maudits, je lui murmure à l’oreille : « Tu m’appartiens comme je t’appartiens, petite sœur… Mon adorable jumelle de sang… »

 

Philippe Wolfenberg

philippewolfenberg.skynetblogs.be

http://www.bandbsa.be/contes3/wolfenbergtete.jpg

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En avril... Sur notre blog et ailleurs !

Publié le par christine brunet /aloys

 

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ANNONCE !

 

Bonjour à toutes et à tous,

Le salon des auteurs de la Maison des Artistes aura lieu les 17 et 18 mai au Waux-Hall en plein centre de Nivelles en même temps que le salon de Printemps des peintres.  Un concours pictural agrémentera le salon, les peintres produiront un tableau en relation avec l’écriture.  Si vous êtes auteur et souhaitez exposer vos livres, je vous demande de nous en faire part le plus rapidement possible par email, nous vous ferons parvenir une fiche d’inscription à nous renvoyer par email ou par la poste.

Amicalement, pour Sylviane,

Ghislaine

 *    

desguin

 

Carine-Laure Desguin et "Charleroi, ville des mots"

 

 

— Qui voilà ! Carine-Laure Desguin ! P’tite mine ma fille ! Alors, parle-moi de « Charleroi, ville des mots » ! Tu as participé à l’événement, comme je te connais…www.lesmots-charleroi.com



— Salut, Christine Brunet http://www.christine-brunet.com/ ! Tu as deviné, j’ai donné de ma sueur !



— Tout de suite, les grands mots…Allez, raconte un peu. Enlève ta veste, tu as l’air de mourir de chaud !

— Ben non, justement, je crève de froid !

— Hum, raconte quand même…

— Je reviens de la bibliothèque de l’U.T., l’événement se termine et ma dose d’émotion, je l’ai encore reçue en pleine …face !

 

— Tu nous expliques ou tu attends encore un peu, juste pour nous faire saliver…

— Oh la la, j’ai entendu mes mots qui résonnaient dans l’auditorium de ce grand bâtiment et ils s’éparpillaient sous les notes de « Pays de Charleroi », un très beau moment. Cette compagnie « Arts Nomades », une bande de comédiens, de vrais acteurs. Les habitants de la ville ont déposé des mots, des mots et encore des mots et tous ces mots sont affichés depuis une semaine sur les façades, dans les arbres, partout ! Et cet après-midi, tous ces mots, en chansons…

— Contente alors ?

— Non, peut-être ? Et pour t’embêter, je continue le déroulement du week-end…à l’envers…. ! Donc, tous ces mots en écho dans l’auditorium de l’U.T., c’était voici quelques minutes ! Je revenais tout droit d’une séance de dédicaces, à la bibliothèque Marguerite Yourcenar !

— Un dimanche ?

— Oui ! Une manière comme une autre de découvrir reelax un très bel endroit…Nous étions trois auteurs autour de ce comptoir de dédicace.

— Trois ?

— Ayi Hillah, Marcelle Pâques et Carine-Laure Desguin !

— Bien ! Je vois les photos ! Les lecteurs étaient au rendez-vous !

— Oui ! Télésambre, notre tv locale était présente également et l’interview sera diffusée bientôt !

— Télésambre ? Pour la séance de dédicaces ?

— Oh, il y avait aussi une expo de photos et de textes, dans la salle du Bourgeon ! « Charleroi, ville des mots », cela ne se passe pas uniquement dans le centre ! Inspirées par les photos de Dominique Prime, des photos de sable et de lumière, de vagues et d’océan, Sandra Dulier et moi avons écrit chacune une quinzaine de textes !

http://sandradulier.blogspot.be/

http://www.bourgeon.be/bourgeon.be/BIENVENUE.html

 

http://www.lallatrite.overblog.com



— Intéressant, un partenariat…

— Oui, et quel partenariat ! L’Académie de Musique, des Arts et de la Parole de Marchienne-au-Pont (aca.marchienne@gmail.com) a donné de son temps et de son talent…La directrice, Bernadette Weyers, a tout orchestré…Le spectacle du vendredi soir, un régal. Une bonne dizaine de musiciens et Marc Labye, leur chef d’orchestre, des enfants pour déclamer les poésies…Une heure d’émotion car lorsqu’on est auteur et que l’on entend des enfants qui déclament vos textes, comment pourrait-on ne pas fondre ?

— Pas facile Carine-Laure de déclamer tes textes…

— Les enfants sont des magiciens ! Bravo à Marie Beguin, Antoine Mal et Giulia Mannarino ! Ils ont mis en mouvement huit de mes textes et pour moi, ce fut comme un cadeau ! Je pense que Sandra Dulier a ressenti la même chose que moi lorsqu’elle a entendu les siens.

— Et les photos dans tout ça, perdues ?

— Pffff, ne dis pas des sottises ! Pendant le spectacle, Dominique Prime était aux commandes du projecteur et les photos défilaient au fur et à mesure des textes et des musiques…

— Un véritable son et lumière…

— Moqueuse, Christine Brunet…

— Un peu comme toi, Carine-Laure Desguin ! Cite-moi le nom de tes textes, ça m’intéresse…

— Attends, je zieute le programme concocté par Bernadette Weyers…Ah, voilà…Marie Beguin, Antoine Mal et Giulia Mannarino ont déclamé huit textes… . « Petit », « L’enfant aux yeux de ciel », « Le ballon rouge », « Deux bouteilles à la mer », « Les sept lettres du soleil », « Les pas d’un inconnu », « Y’a des jours comme ça », « Rien de plus beau »…

— Je lis dans le programme  « Dans le port d’Amsterdam »…C’est du plagiat ?

— Tu rigoles ou quoi ? Non ! A l’accordéon, Jos Barrale et au chant, Michelle Didelez. Ils ont interprété d’une façon magistrale cette chanson de Brel ! Une réussite ! Et de plus, la salle du Bourgeon offre une acoustique grandiose !

— Carine-Laure, tes impressions ?

— Oh, comme ça, de tout cœur j’espère que la poésie accompagnera ces enfants tout au long de leurs chemins, c’est le plus important pour moi, la poésie. Que Marie, Antoine et Giulia puisent dans la poésie toute l’énergie nécessaire pour réaliser tous leurs rêves…

— Ce sont tes derniers mots pour « Charleroi, ville des mots » ?

— Oui ! Que Marie Beguin, Antoine Mal et Giulia Mannarino puisent dans la poésie toute l’énergie nécessaire pour réaliser tous leurs rêves…

— A part tout ça, Carine-Laure?

http://carinelauredesguin.over-blog.com/article-a-part-tout-ca-carine-laure-quoi-de-neuf-122722335.html

 

*

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Rappel pour la revue "Les petits papiers de Chloé

 

> Le concours de Chloé : concours de Haïkus. A remettre le 30 avril dernier délai. Votes dès le début du mois de mai.

 

> La phrase de Chloé " Nous aurons le destin que nous aurons mérité" A. Einstein

 

600 caractères, ponctuation comprise. A remettre avant le 31 mai 2014.

*

Auteur à l'honneur !

 

Louis Delville

Carine-Laure Desguin

Henri Puffet

Laurent Dumortier/ Anne-Sophie Malice

Laurence De Troyer

Micheline Boland

Edmée de Xhavée

Victor Lebuis

Christian Van Moer

Bob Boutique :Commandant Danovsky

Emilie Decamp

Philippe Wolfenberg

Claude Colson

Nadine Groenecke

Camille Delnoy

Patrick Decamps

Michel Westrade

 


 


 


 

 

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Musique et peinture, une poésie de Micheline BOLAND

Publié le par christine brunet /aloys

 

humeurs grises, nouvelles noires

 

MUSIQUE ET PEINTURE

 

 

Que mes oreilles entendent

Un concerto de Paganini.

L'odeur des notes est celle de l'air frais,

De l'eau parfumée au jasmin,

Des champs de lavande

Et des effluves de lys.

 

Que mes yeux regardent

Un bassin aux nymphéas de Monet.

Les rondeurs sont celles des flammes,

Des pas de danse du vent,

Des paroles de l'eau vive

Et de l'envol des oiseaux.

 

Que mes oreilles entendent

Une ouverture de Rossini.

Le rythme est chaud comme les rayons du soleil,

Les premiers mots d'amour,

Les retrouvailles joyeuses

Et les couleurs de l'été.

 

Que mes yeux regardent

Un paysage impressionniste de Renoir.

Les nuances sont belles comme des rêves de bonheur,

Des gourmandises d'enfant,

Des fragments de désirs

Et des tendres souvenirs.

 

Micheline BOLAND

 

 

Extrait de "Au Cœur des Arts" n° spécial 2014

revue "2000 Regards et Auteurs"

micheline-ecrit.blogspot.com

boland photo

Publié dans Poésie

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Mon fils, un poème de Françoise CASTERA

Publié le par christine brunet /aloys

 

contrastes

mon fils

 

 

De tous les hommes que j’ai aimés

tu as été mon préféré

ce cri d’amour que je te lance

fut aussi celui de l’absence

j’aurais dévalé des montagnes

j’aurais traversé les campagnes

j’aurais gravi tous les ravins

je te tendrais toujours la main

 

de tous les hommes que j’ai aimés

tu resteras le préféré

quand tu tendais les bras vers moi

tu t’approchais à petits pas

tu chancelais sur tes gambettes

mais dans ton cœur et dans ta tête

était présent l’amour fusion

cet amour que nous partagions

 

de tous les hommes que j’ai aimés

tu sais lequel j’ai préféré

bébé enfant adolescent

amour passion et violent

amour tendresse illimité.

Enfant-parent, ce fut créé

Ce n’était pas la voix du sang

Mais de l’amour, la voie, l’accent

 

De tous les hommes que j’ai aimés

Tu es encore le préféré

Et je sens que mon temps est clos

et toi, seras-tu là bientôt ?

seras-tu là bientôt pour moi ?

car j’ai peur de mourir sans toi

et sans pouvoir te dire merci

pour tout ce que tu fus - merci

 

Françoise CASTERA

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Un voyage, une poésie de Victor Lebuis

Publié le par christine brunet /aloys

 

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Un Voyage

Extrait du recueil "Parfum du temps qui passe"

à paraître aux Editions Chloé des lys

 

 

Son cœur s’est nécrosé rongé par l’anémie

Et son âme aussitôt entra dans le brouillard

S’il lui vient d’en mourir ce n’est pas un hasard

Le chant de la sirène est une leucémie

 

Et la douleur exquise une rare alchimie

Où se mêlent les goûts d’absinthe et de nectar

En de tièdes reflets incarnats et blafards

Sur des terres en feu et des mers endormies.

 

Il lui semble souvent voyager à l’envers

Et passer longuement de l’été à l’hiver ;

Tel l’oiseau égaré il a laissé sa plume


Aux encres en colère et au bec vermoulu

Ecrire dans le vent, sur l’eau et dans la brume

 

Le goût cyanuré de l’amour absolu.

 


 

Victor Lebuis

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Christine Brunet a lu "La dixième planète" de Gilles Saint-Laurent

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

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Un livre écrit sous pseudo. Vous connaissez tous son auteur, Gilles Saint-Laurent ! Non ? Mais si, voyons... C'est Laurent Dumortier...


Le titre donne le ton... Science-fiction.


Tout commence par une découverte si extraordinaire que la communauté scientifique internationale commence par nier avant de se rendre à l'évidence et réagir. 


Derrière Pluton, une dixième planète !


D'abord de l'ordre de l'intuition, l'observation directe grâce à un super télescope donne la confirmation tant attendue : cet objet stellaire existe bel et bien et, cerise sur le gâteau, semble regorger d'eau !


Une seule option : aller voir de plus près. On dévie une sonde qui parvient à se poser sur la surface, et là... Evidemment, vous n'en saurez pas plus !


Voilà un livre qui se lit à vitesse V en nous proposant le point de vue des scientifiques concernés par le projet. Leur destin sera fabuleux... mais leur voyage sans retour.


Plus le lecteur avance dans l'histoire, plus il doute de l'issue et élabore un écheveau de théories et de possibilités. Mais l'auteur sait surprendre les plus perspicaces... 


Je connaissais les poésies, les nouvelles fantastiques de Laurent Dumortier. Me voilà comblée par la décourverte d'un autre aspect de son univers !



Christine Brunet

wwwchristine-brunet.com

 

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Henri Puffet nous propose un extrait de son roman "La mise entre parenthèses"

Publié le par christine brunet /aloys

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   Le lendemain, vendredi, j’avais à nouveau le feu sacré. Le monde recommençait chaque matin. Petit déjeuner continental et copieux face à l’infini de la mer, calme sous le bleu pâle du ciel. Au seuil du jour neuf comme devant une page blanche et vierge. En paix, j’essayais d’entamer chaque jour en le remplissant de signes positifs et intéressants, libre d’inquiétude. Je n’oubliais pas qu’il était si facile, et si dommage, de gâcher une journée parce qu’elle avait mal commencé, tel un début de page chargé de ratures et de gribouillis.

   Jusque 2 heures, sur la route 1, j’ai conduit entre l’océan et de hauts massifs mangés par les nuages. Ciel flou. Blanc gris, presque incolore. Côte désertique. Dénuement total. Tout était superbement dépouillé, sable et caillasse. Pas un brin d’herbe, pas un arbuste. Aucun signe de vie, hormis le tournoiement des vautours, planant dans les courants d’air devant les parois des montagnes. Que mangeaient-ils dans ce royaume de pierre ? J’étais sur l’écorce nue de la terre, au bord des vagues vertes et bleues qui répandaient leur écume sur les rivages vides, roulant vers rien du tout.  De loin en loin, balises rappelant la précarité de la vie humaine, de mini monuments funéraires, faits de bric et de broc, ponctuaient les endroits d’anciens accidents mortels.

   Michilla. Un infime bled de cabanes posées des deux côtés d’une de ces infinies lignes droites dans l’hébétude, entre mer et désert, entre le bleu et l’ocre. Des épiceries microscopiques, des gargotes minuscules servant de restaurants pour camionneurs. Je suis entré dans l’une d’elles acheter des bouteilles d’eau. Un gamin suivait un match de football à la télévision. J’avais l’impression de me trouver sur une planète aussi bizarroïde que celles décrites par le Petit Prince de Saint-Exupéry. Par place, les sables du désert s’aventuraient jusqu’aux vagues. Ou bien était-ce le sable des plages qui avait colonisé l’intérieur des terres ? Mais le plus souvent, le rivage s’accolait à des falaises brunes, à des chaos de blocs fantastiques sur lesquels les rouleaux éclataient en geysers d’écume. J’étais en Bretagne. J’étais au Sahara. J’étais dans les fjords de Norvège quand les aplombs se faisaient vertigineux, de pur roc, et que la route sinuait, modeste et humble, au pied de leurs perspectives aériennes. On y voyait, à mi-pente, de vagues nuages fatigués qui semblaient n’avoir plus la force nécessaire pour grimper plus haut, comme des alpinistes vaincus.

   A Tocopilla, quittant la côte, je me suis hissé le long de la route 24 jusqu’au plateau central. Le ciel est soudain devenu bleu, tous les nuages effacés comme de la buée sur une vitre. Le désert le plus aride de la planète, paraît-il. J’avoue que cela m’a fait de l’effet. J’étais sur le trait noir de la route, rectiligne dans le jaune et le gris, sous l’azur. A l’horizon, infiniment loin, je voyais se profiler en dents de scie de ternes montagnes, et, sur la platitude vide, un long train, lourd et lent, laborieuse larve rampant dans un décor lunaire.

 

   Au bout d’une heure, j’ai atteint Maria Elena, un bled paumé collé sur du néant. J’y suis entré faire un tour. Une bourgade d’ouvriers. A proximité, une mine exhalait un nuage opaque de poussière brune, si dense qu’on aurait juré qu’un volcan plat vomissait ses scories. J’ai pénétré dans une petite épicerie. Encore. Acheter n’importe quoi, une boisson, trois pommes, un chocolat. C’est ainsi que je prenais la température des endroits où j’allais. Les gens étaient gentils. Dehors, sonnaient les vagues échos d’une fanfare en train de répéter dans une sorte de salle municipale. Dérision.

 

Henri Puffet

La mise entre parenthèses

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Christine Brunet a lu "Petites et grandes histoires" de Louis Delville

Publié le par christine brunet /aloys

Petites et grandes histoires
Petites et grandes histoires... Voilà le second recueil de nouvelles de Louis Delville que je lis.

La première fois, Louis nous régalait d'histoires et de contes pour petits et grands. Cette fois, l'auteur nous propose une série de textes courts, voire très courts (parfois une demi page) écrits, pour la plupart, lors d'ateliers d'écritures. Des improvisations... je dirais plus, des impromptus.

Une balade entre les mots, une ballade d'histoires aux chutes surprenantes, quelques unes fantastiques, certaines amusantes, d'autres noires (je dirais même glauques). Chacun de ces textes est prétexte "à jeux" : jeu de style, traits d'humeur, mots d'humour, comme autant de clins d’œil de l'auteur à ses lecteurs. Un livre qui interpelle autant que sa superbe couverture !
Pas question de vous révéler les thèmes abordés... Lisez, découvrez et jouez !

Juste une question... "Dis, Monsieur l'auteur, tu pourrais pas les faire un tout petit peu plus longues, tes nouvelles ?"

Christine Brunet
www.christine-brunet.com
 

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La bibliothèque de Marchienne... Le plein d'idées !

Publié le par christine brunet /aloys

 

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— Dis, Serge, tu carbures à quoi ? Tu fourmilles d’idées mon p’tit biblio !

Serge se mouche car il vient de choper un rhume et il crève d’envie de rigoler, je le vois bien.

— Tu sais que la bibliothèque est grande, très grande et que les espaces ne manquent pas…Partageons-les ! dit-il en brandissant son mouchoir comme Robin des bois son arc à flèches…

Christina Ruggin débarque, trente secondes en retard, l’imperméable flottant, le sourire aux lèvres, elle vient de passer chez Intérieur privé (je vous en parlerai un de ces jours), un nouvel espace culturel de la ville où les expos se succèdent depuis l’an dernier et c’est Christina (qui en plus d’être notre précieuse collaboratrice pour le salon annuel du livre de Charleroi) qui est un des chefs d’orchestre de ce lieu à présent de plus en plus fréquenté. Oufti, je respire car j’ai encore besoin de vous donner quelques infos !

— Alors les amis, c’est fait, on lance l’idée ! Et les actes ! ajoute notre Christina, élégante et positive.

(Encore un p’ett coup de casquette à Christina Ruggin qui est je le rappelle une collaboratrice précieuse. Anciennement directrice de l’Académie  des Beaux-arts de Châtelet, sa générosité pour le monde culturel s’affiche encore à chaque instant)

Tous les trois, nous regardons ce beau comptoir de la bibliothèque de Marchienne-au-Pont…Entouré de rangées de livres, des trésors pour les grands et les petits…

— Soyons clairs et concis les enfants ! Qui, quoi, que, pourquoi, comment et avec qui ?

Serge et moi, on se regarde, nous sommes un peu fatigués, pas mal de vernissages ces derniers week-ends et de projets amorcés, l’énergie est là mais l’arrivée de notre dynamique Christina nous envoie un solide coup de pied au…, je ne dirai pas le mot, na !

Serge se dévoue….

— Un espace culturel, un comptoir de dédicaces. Des dates sont prévues, les auteurs peuvent dédicacer leurs ouvrages à deux ou à trois…L’idée est d’offrir un parrainage, une première dédicace pour un jeune auteur…

— Et ? allez Serge, continue, tu veux encore ajouter quelque chose, je le vois ! dit Christina, enthousiasmée par ce nouveau projet…

— Oui, je songeais…L’espace est aussi ouvert à tous les acteurs culturels pour un interview, pourquoi pas ?

— Ben oui, pourquoi pas ? ajoutons en chœur Christina et moi…

Intéressés ?

 

Contactez Serge Budahazi, bibliothécaire responsable de la bibliothèque Marguerite Yourcenar de Marchienne. 

 

 

Artcle signé Carine-Laure Desguin

 http://carinelauredesguin.over-blog.com

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