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"J'ai vu passer...", un poème signé Alfred HERMAN

Publié le par christine brunet /aloys

J'ai vu passer...

 

J'ai vu passer d'étranges visages

A Ostende, un jour de carnaval,

J'ai entendu d'étranges langages,

J'ai vu, d'Ensor, l'affreux festival.

 

J'ai vu cet homme aux longues oreilles,

J'ai vu la femme au nez retroussé,

J'ai vu le gosse aux lippes vermeilles

Sur un singe au regard d'enfoiré.

 

J'ai vu l'homme au masque de squelette,

J'ai vu la femme au masque chinois,

J'ai vu le gosse au masque à sonnettes,

Taquinant Pierrette au frais minois.

 

J'ai vu passer le cortège aux masques,

Comme un régal de saintes horreurs,

Le vent l'éructait dans ses bourrasques,

La mer digérait mal ces clameurs.

 

J'ai vu passer les mêmes visages,

Chaque jour, après le carnaval.

J'ai reconnu les mêmes langages,

Chaque jour, après le festival.

 

La vie est cet étrange cortège

Qui passe devant nous sans arrêt,

Et chacun, dans ce sot cortège,

Fait, de son masque, son vrai portrait…

 

Alfred HERMAN

Publié dans Poésie

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Joël Mespoulède nous propose le second chapitre de son ouvrage "Faune sauvage"

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

CHAPITRE 2

 

 

        Il est maintenant 22h30. La nuit est à nouveau là, je suis assis dans ma voiture et c'est toujours France Inter qui joue. Du jazz, plutôt très bon pour moi qui n'aime pas le jazz. Un type qui joue de sa contrebasse et de sa voix avec une puissance et une virtuosité folles. Major truc ou colonel machin. J'ai déjà oublié le nom...

        Après tout ce silence, reprendre le cours des aventures du quotidien me demande toujours un effort. Ce n'est pas la tentation de Venise mais celle de Jeremiah Johnson. J'ai besoin d'un sas avant de rentrer dans le monde. Pascale sait ça.

        Au début, quand je partais plusieurs jours, avec bivouac et tout ça, au retour j'appelais ma mère. Dix minutes de conversation sur les misères du temps qui passe et les dernières aventures du chat de la voisine et je n'avais plus à craindre aucune pulsion de meurtre envers quiconque venu rompre ma bulle de silence, voisin, ami, compagne ou mieux, enfant. J'étais jeune et impétueux, c'est loin tout ça...

        22h40. Dieu que cette cigarette est bonne.

        La maison est paisible. Tout le monde dort ? Non. Pascale corrige des copies, la musique en sourdine, une tasse sur la table. J'aime quand elle chausse ses lunettes de prof. Le regard se lève, le sourire illumine son visage. Je me penche sur elle pour l'embrasser.

        — Hummm, mon homme des bois...

        — Je pue, j'ai faim, j'ai froid et je suis épuisé. Laisse-moi le temps de me doucher.

        — Dis donc mon gars, c'est toi qui viens me coller tes odeurs de mâle sous le nez. D'ailleurs, je me demande bien comment tu réussis à ne pas faire fuir tes bestioles à l'odorat soi-disant si développé.

        — Je les fais fuir. Par contre ça attire les fées des forêts. Tu sais, celles qui ressemblent à des donzelles de vingt printemps et qui parcourent la montagne court vêtues et sans culotte.

        Je vide la tasse, le thé est encore tiède, pas sucré, mais je découvre soudain que j'ai soif. Je me sers une autre tasse et la vide et encore une autre. La montagne pompe les liquides, assèche les corps.

        — Mon pauvre chéri, c'est pour ça que tu as l'air si fatigué. C'est à cause de la vilaine fée avec ses fesses à l'air.

        — Ah non... Pas vilaine, bien au contraire, très, très gentille avec les hommes des bois...

        Je défais mon sac, range l'objectif, benne les tee-shirts que je consomme dans le temps d'une journée de sortie dans un bac de linge sale qui leur est spécialement dévolu, vide la gourde et la pose sur l'égouttoir tête en bas, achève de remplir le lave-vaisselle des boîtes qui ont contenu mon repas, toutes choses qui avaient le don de l'exaspérer, dans les premiers temps de notre relation... « Est-ce que ça ne peut pas attendre ? » « Non ! C'est bien pour ça que je le fais maintenant ».

        Enfin je peux relier le boîtier à mon ordinateur afin de charger les 150 à 200 images de la journée. Je ferai un premier tri rapide tout à l'heure, après la douche. Pendant que la bécane mouline, je me serre tout contre Pascale.

        — Tu pues, tu colles, tu es globalement d'une saleté repoussante, mais ça ne fait rien, la priorité est de charger les photos de la journée et te frotter à moi.

         — D'abord ce ne sont que des taches de myrtille et d'herbe. Ensuite, le cow-boy solitaire, dès qu'il arrive quelque part, commence toujours par s'occuper de sa monture.

      — Dis-donc, cow-boy solitaire, tu compares qui à ta plus belle conquête ?

        — À travers le cheval, c'est l'outil de travail que j'évoque... Mais dites-moi, chère madame, quelle impudeur ! Et si votre fille venait à surgir.

        — Hummm... Elle dort chez sa grande copine Julie...

        — Et ça ne vous fait rien de vous frotter à un type tout puant ?

        — D'abord je ne me frotte pas à un type, je me frotte à toi. Et puis juste avant que tu n'arrives, je me disais que j'aurais bien pris une douche.

Publié dans Textes, présentations

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Thierry-Marie Delaunoy présentera son dernier roman les 25 et 26 novembre à Mon's Livre...

Publié le par christine brunet /aloys

 
 
Une étrange blonde méditant dans un parc, un auteur quelque peu esseulé qui s'y balade, une jeune mère célibataire de trois enfants contemplant la nature, un vieux photographe discret les photographiant...Ainsi démarre "Auprès de ma blonde", le sixième roman de Thierry-Marie Delaunois, un drame psychologique contemporain aux accents de tragédie antique, qui mènera son lecteur et ses personnages fort loin.
 

Auteur de huit publications dont deux recueils, Thierry-Marie Delaunois également chroniqueur sur son site notamment et membre de l'Association des Ecrivains Belges de langue française, sera en dédicaces les 25 et 26 novembre prochain à Mon's Livre avec une présentation publique de son roman le samedi après-midi dans la salle de conférence prévue à cet effet. Anecdotes, humour, profondeur, convivialité, venez l'écouter! Les détails de l'événement? Sous peu !

 

Un extrait !!!

"Dans sa fuite, elle l'entendit; elle n'était pas assez éloignée. Maudite, elle? Si c'était vrai? Et que lui restait-il à présent? Curieusement elle ne regrettait rien, la raison: elle était au-delà. Au-delà de toutes ces foutues règles qui régissent ce monde réellement stupide, les règles, les lois, l'éthique... Quoi d'autre encore? La morale? Elle n'avait pas entièrement perdu sa faculté de penser, lui semblait-il, les dernières paroles d'André tourbillonnant en elle. A l'intérieur de son cerveau. Maudite,elle? Hélène progressait mécaniquement sous les arbres, le pas lent; le temps ne semblait plus avoir de prise sur elle. Sa rivale avait-elle rendu l'âme? Elle avait visé cet endroit précis dont on disait qu'il était le point le plus faible de l'organe. Le point critique..."

Publié dans articles, ANNONCES

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Albert Niko nous propose un court poème...

Publié le par christine brunet /aloys

 

Vers le Dakota

 

Le sens réside dans une brouette.

Ou dans la manière qu’à cet homme de tenir sa brouette, et ce qu’il reste du jour est ce qu’il en rapporte.

Le sens réside dans un paquet de riz crevé.

Et cette mouche décrivant une même boucle autour d’une ampoule.

C’est une vieille femme que tu n’as jamais vue sans son chien, sans son gilet rose, sans autre image d’elle-même qu’une vieille dame sortant son chien et qui, rendue en haut de la côte, a toujours ce regard pour la fuite des jours vers le Dakota.

Dix fois par jour.

C’est un bus qui s’éloigne, un train qui t’arrive et que tu prends juste parce qu’il n’a jamais été question qu’il en soit autrement.

Et, tournant la tête, tu rencontres ces deux seules chaussettes noires pendant du séchoir, ainsi qu’une batterie de pommes qui jamais ne rêvent d’une autre vie.

Et tout ce que tu peux voir au-delà, de ta fenêtre – les maisons, les voitures garées, toutes ces petites créatures qu’un soleil aveugle affole – est mort en apparaissant.

 

Albert Niko

Publié dans Poésie

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Le blog "Au fil des pages" a chroniqué "Jardiner avec les étoiles" de François Noul

Publié le par christine brunet /aloys

http://au-fil-des-pages477.blogspot.fr/search?q=jardiner+avec+les+%C3%A9toiles

http://au-fil-des-pages477.blogspot.fr/search?q=jardiner+avec+les+%C3%A9toiles

 

 
Résumé: Louis est décédé. Il est aujourd'hui jardinier des étoiles au service du divin et des galaxies. Toutefois, dès qu'il a le temps entre deux plantations célestes, il vient rendre visite à son épouse dans sa chaumière. Ils parlent ensemble de la pluie et du beau temps, et des souvenirs de leur belle vie.

 

Mon avis: truculent, tendre, doux, paisible et comique à la fois...
Ce recueil de petits récits retraçant les petites aventures de Louis, de Virgile, du coq Arsène et bien d'autres personnages est vraiment bien écrit.
Des expressions en wallon parsèment les pages, et retrouver ces mots bien de chez moi au détour d'une phrase m'a vraiment plu au plus haut point! Les spécialités culinaires (ces fameuses couilles de suisse qui, moi, me font saliver rien que d'y penser) décrites me sont savoureuses au possible.
J'avais lu il y a quelques années la série de livre de Toine Culot, d'Arthur Masson. J'avais adoré. Eh bien, j'ai adoré tout autant le voyage fait dans le livre François Noul.
Je n'ai rien trouvé à retirer. Par contre, une très belle leçon de vie fait son apparition peu à peu: ce monde d'aujourd'hui qui court, court, court, ne prend plus le temps d'apprécier de petits plaisirs, et c'est bien dommage.
Me voila donc avec un livre que je pourrai conseiller quand il s'agira de faire découvrir les campagnes bien de chez nous.
Points attribués: 8/10
Je remercie la maison d'édition Chloé des Lys pour cette lecture à l'odeur de terroir belge.

Publié dans avis de blogs

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Christine Brunet a lu "Nouveaux contes en stock" de Micheline Boland

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

 

"Il était une fois..."

J'adore cette phrase, je crois que vous connaissez à le savoir !

Micheline Boland, "serial auteur", nous propose un nouveau recueil de contes : près de 80 ! Courts voire très courts regroupés par thème : histoires de peurs, histoires de petits chemins, contes de Noël, histoires de nourriture, histoires de plaisirs sucrés et histoires de moments magiques...

Autant de nouvelles imprégnées de fraîcheur qui amènent le lecteur malgré lui à tourner les pages et à se plonger, encore et encore, dans ces histoires douces amères avec gourmandise.

Délicieux moments de tendresse ou de méchanceté qui, toujours, se terminent "bien", un peu comme si l'auteur refusait de laisser gagner la noirceur.

Instants légers, pétillants, enfantins, gourmands, des pages qui forcent le sourire et même la bonne humeur. 

Cela faisait quelque temps que je n'avais pas goûter à l'écriture de Micheline Boland et je dois avouer que je me suis régalée !

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

 

 

Publié dans Fiche de lecture

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Fiches de diffusion des nouveaux ouvrages parus aux Editions Chloé des Lys

Publié le par christine brunet /aloys

Fiches de diffusion des nouveaux ouvrages parus aux Editions Chloé des Lys
Fiches de diffusion des nouveaux ouvrages parus aux Editions Chloé des Lys
Fiches de diffusion des nouveaux ouvrages parus aux Editions Chloé des Lys
Fiches de diffusion des nouveaux ouvrages parus aux Editions Chloé des Lys
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Fiches de diffusion des nouveaux ouvrages parus aux Editions Chloé des Lys
Fiches de diffusion des nouveaux ouvrages parus aux Editions Chloé des Lys

Publié dans fiche auteur

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Salvatore Gucciardo dans l'Avenir

Publié le par christine brunet /aloys

Salvatore Gucciardo dans l'Avenir
Salvatore Gucciardo dans l'Avenir

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Léo Peiller nous présente son roman "Les petits chiens ne fument pas"

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

Biographie

 

 

Léo Peiller est né en Savoie en 1975.

 

Il vit actuellement près de Lyon, où il travaille comme serveur dans un restaurant.

 

 

Résumé

 

Le jour où Geoffrey accepte de rendre service à Younès et de jouer pour lui les détectives privés chez une professeur de russe, il ne sait pas vraiment ce qu'il est censé découvrir. C'est ce qu'il était loin de chercher qu'il va trouver, et c'est bien plus que quelques mots de russe qu'il va finir par apprendre.

 

 

Extrait

 

 

Pour faire partie de cette catégorie, je sais que les lâches ont peur de presque tout. Cet aspect de leur personnalité les pousse à mettre en place des stratégies plus ou moins ingénieuses pour traverser la vie sans se rendre trop malades. Mais en y réfléchissant bien, les lâches ne sont pas les seuls à élaborer des moyens de survie qui peuvent paraître saugrenus ou décalés vus de l’extérieur. La vie peut être compliquée pour tout le monde. C’est pour ça que les gens font des tas de trucs pour la supporter : passer cinq heures par jour à faire de la danse classique, aller à la pêche tous les dimanches, dépenser sans compter son temps et son argent pour tuner sa bagnole, fumer du crack, suivre Dany Brillant dans toutes ses tournées… Finalement, ce que je fais n’est pas plus bizarre, et des tas de gens le font. Et entre mes élans d’euphorie et de drame, je me rends bien compte que des tas de petits moments justifient tous les autres.

 

 

Les petits chiens ne fument pas est son premier roman.

Publié dans présentations

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Albert Niko nous propose cinq nouvelles apparitions

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

Les fourmis dévalant du quignon de pain que s’octroie le chien

 

***

 

Les klaxons incessants d’un mariage : à mon tour j’aboierais si j’étais chien

 

***

 

Passée l’averse, il commence à pleuvoir sous l’arbre

 

***

 

Le sentier qui part à l’embranchement – ce sentiment

 

***

 

Le chien me regarde quand lui regarde son chien

 

Albert Niko

Publié dans Poésie

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