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La patate bouquine a lu "2401" de Bob Boutique

Publié le par christine brunet /aloys

http://lapatatebouquine.blogspot.fr/

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La patate bouquine a lu "2401" de Bob Boutique

Je suis face à un gros dilemme. L'auteur fait tout pour laisser un grand mystère autour de son livre. que faire ? Vais-je procéder de la même manière que d'habitude ou faire un exception? C'est en partant de cette idée que j'ai commencé ma chronique.
Donc, je ferais de mon mieux. On verra bien ce qui en sortira...

Un homme, dans le petit village de Chamy va recevoir une lettre anonyme des plus inquiétante. Il est écrit, en résumé qu'une personne détient un secret sur lui et que, pour éviter que celui-ci soit révélé, il doit renvoyer la même lettre à une personne ...

De fil en aiguille, il se passe des choses et nous voilà dans un pays étranger, avec des enquêteurs. Alors, voilà ma question: comment une lettre envoyée dans un village paumé peut avoir tant de conséquences ?


Avis:

Dès que j'ai reçu ce livre, je l'ai commencé, impatiente...
Bilan: 100 pages en une soirée. Moi qui lis très peu de thriller, j'étais complètement plongée dans l'histoire.

L'auteur a une façon d'écrire extraordinaire. La plume est légère et fluide. Pourquoi? Comme il l'explique, il n'y a pas 1 page sans une connerie ou une blague... Et aussi, ayant eu la chance de le rencontrer, j'ai reconnu sa façon d'être... C'est vraiment très drôle d'ailleurs.

J'ai adoré les personnages de ce bouquin. Les personnes de Chamy, les enquêteurs... Ils sont très travaillé et chacun à un petit plus très agréable.

Je ne peux pas parler de l'intrigue, mais je peux vous dire ceci: ce livre vaut la peine d'être lu, il est vraiment super chouette, et est accessible à tout âge.




Extrait:

"Cher monsieur,

Cette lettre va changer votre vie. Prenez-le comme un jeu dangereux auquel vous serez bien obligé de participer...

...Je ne suis qu'un vulgaire corbeau...

...Je suis persuadé(e) que vous connaissez vous aussi, dans ce village, un secret...

... Quelle belle expérience sociologique n'est-ce-pas?

... Je serais très mécontent(e), et m'empresserais de révéler publiquement votre petite exaction...

... Prenez votre mal en patience, comme Jésus sur la Croaaa"

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Si j'étais la vie, je serais... une nouvelle de Marie-Noëlle Fargier

Publié le par christine brunet /aloys

Si j'étais la vie, je serais... une nouvelle de Marie-Noëlle Fargier

Si j'étais la vie, je serais...

En écrivant ce texte, je pensais à ces hommes, ces femmes, ces enfants, dont la seule option pour vivre, est de quitter leur terre. Je pensais aux autres, hommes, femmes, enfants, bien enracinés dans leur terre riche ou moins riche et ayant le privilège de pouvoir y vivre...

Si j'étais la VIE, je serais une grande roue. Oui, une grande roue ! Comme celle qu'on voit dans les grandes villes du monde, qui tourne lentement sur elle-même, avant de vous faire approcher le ciel.

Chacun de nous ( bébé noir, bébé blanc, bébé bien portant, bébé moins bien portant, bébé...) se trouve expulsé sur une nacelle. Comment ? Pourquoi ? Qu'importe ! Chacun de nous, a de multiples réponses, mais pas LA réponse. Et puis, pourquoi cette nacelle et pas une autre ? C'est vrai, certaines sont belles, colorées, très douillettes, d'autres un peu moins, et d'autres carrément moches et inconfortables.

Dans ce dernier cas : celui qui se trouve dans la nacelle sans couleur, sans coussin, attend. Il attend que ses muscles soient assez forts pour sauter et qu'importe la nacelle sur laquelle il tombera. De toute façon ça ne peut pas être pire ! Alors il prend son élan...et saute ! Et pourtant c'est risqué : Imaginez, il doit faire un sacré saut et sans filet ! Mais là, ce n'est même plus une question de choix : il saute et il a une chance de vivre, ou il reste et il meurt à petit feu. Alors au diable les questions !!!

Puis, il y a celui qui a atterri dans la nacelle confortable, certes, mais aux couleurs ternes. Alors celui-là regarde d'un œil envieux, celle qui est plus colorée. Il hésite. Il se demande comment construire un pont entre la nacelle qu'il occupe, et celle qu'il convoite, au cas où il serait déçu et souhaiterait revenir. Oui, après tout, les couleurs sont ternes mais sa nacelle est tout de même confortable, et puis elle est assez stable, elle est protégée du vent et son tangage est acceptable. Que faire ? Pourtant ces couleurs l'attirent, des effluves de senteurs agréables lui parviennent quelquefois, et l'enivrent. Mais aura t-il le courage ? S'il tombait....Bon, vaut peut-être mieux rester où il est, et puis il lui reste les parfums pour rêver...

Enfin, il y a celui de la nacelle pleine de couleurs et tellement confortable. D'ailleurs elle est si confortable que celui-là s'y ennuie. Il ne perçoit même pas le balancement, la roue continue à tourner mais il ne s'en rend pas compte. Les couleurs commencent à l'obséder, il aurait envie de noir et blanc, ou carrément de couleurs extraordinaires, des couleurs qui rassembleraient toutes celles des autres nacelles. Comme le premier, il attend que ses muscles soient forts pour partir à la conquête des autres nacelles. Le moment venu, grâce aux multiples coussins dont sa nacelle est dotée, il parvient à créer une passerelle et lorsqu'il est trop désœuvré, il va jeter un œil sur les autres nacelles et se complimente du confort de la sienne....

Puis, la roue tourne...lentement...Soudain, elle arrive, en fin de tour : ALLEZ TOUT LE MONDE DESCEND !!! et chacun descend.

L'homme de la nacelle inconfortable regarde la roue, regarde le soleil, sourit. Celui de la nacelle aux couleurs ternes, regarde une dernière fois celle qu'il désirait et celle qu'il quitte... Celui de la nacelle confortable, remarque, pour la première fois, la couleur du ciel : couleur, qui n'habillait aucune des nacelles, une larme roule sur sa joue.

Marie-Noëlle Fargier

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Jean-François Foulon dans l'Avenir.net

Publié le par christine brunet /aloys

http://www.lavenir.net/cnt/dmf20151019_00721757

http://www.lavenir.net/cnt/dmf20151019_00721757

Jean-François Foulon dans l'Avenir.net

BRAINE-LE-COMTE

L’écriture, sa drogue…

Jean-François Foulon a sorti son premier roman.Mais cela fait des années qu’il se plaît à user de sa plume.Le Brainois qui a fait des études littéraires s’évade en écrivantdes romans mais aussi des nouvelles, de la poésie,…

Jean-François Foulon est originaire des Ardennes. Il a également un peu vécu à Liège et a «abouti» à Braine voici maintenant 23 ans où il apprécie se promener dans le Bois de la Houssière. La lecture, puis l’écriture ont toujours fait partie de sa vie. «Je me vois encore lorsque j’avais 2-3 ans et que l’on me racontait des histoires», se souvient-il. «Cela m’a marqué. Par la suite, j’ai toujours lu énormément. Le besoin de se retrouver de l’autre côté et d’écrire est venu rapidement… » Jean-François a donc toujours beaucoup écrit. «Je dirais juste que j’ai un peu moins usé de ma plume entre 25 et 35 ans». Il n’empêche que ses écrits sont nombreux. Mais, il aura fallu du temps pour qu’une maison d’édition accepte de l’«éditer». C’est chose faite depuis peu avec «Chloé de Lys». C’est ainsi que le Brainois a pu sortir son roman «Obscurité». «Ce roman n’est pas autobiographique mais parle de régions que je connais bien en France étant donné que ma mère est française. Il raconte l’histoire d’une femme qui divorce et part avec ses enfants dans ces lieux. C’est une sorte de voyage. Il y a donc deux aspects dans ce livre: l’histoire mais aussi l’évocation de ces endroits… » Maintenant qu’il a trouvé son «nid», Jean-François Foulon ne s’arrête plus. Dans quelques mois, il sortira en effet un recueil de poésies…

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Christina Prévi et son recueil " Temps d'aventures"

Publié le par christine brunet /aloys

Christina Prévi et son recueil " Temps d'aventures"

Je suis née en 1951 dans l'entité de La Louvière et j'y réside toujours.

Enfance baignée de lecture, éveil et intérêt pour la poésie à l'adolescence durant mes études secondaires (Institut ste Marie).

Mère de trois enfants j'ai travaillé principalement dans le secteur social, je suis à présent une mamie aimant faire la lecture.

J'ai participé à des ateliers d'écriture de qualité qui m'ont donné le goût d'écrire.

Ensuite, ateliers artistiques divers: dessin, écriture, couture, théâtre.

J'aime le jardinage et la nature. Peu sportive, j'apprécie la marche, le vélo et la natation, surtout en milieux naturels (rivières, lacs, mers).

J'aime aussi les voyages au sein des pays d'Europe.

Préretraitée, j'anime à présent des séances de lecture vivante en classes de maternelles et pour le 1° degré du primaire.

Premier recueil de contes pour enfants en 2006 chez Chloé des Lys (n'est plus disponible).

"Temps d'aventures" est mon 2° recueil de contes.

Temps d'aventures

Comprend 5 contes qui se passent en des temps et des lieux divers, au travers d'aventures variées.

Ce recueil est destinés à la jeunesse, à partir de 9/10 ans.

Il est donc "tout public" pour ceux dont l'enfant sommeille toujours en eux !

Il contient cinq titres :

--Étrange couvée

--une excursion périlleuse

--Les disparus de vencolin

--L'iguadron de la tour

--Une plage déserte.

Extrait de : Une excursion périlleuse

Ce n’était pas de sa faute si, dès le réveil, il sentait mille picotements dans les mains, les bras, les pieds et le nez. Même sa tête refusait parfois de lui obéir et se mettait à tourner de gauche à droite sans qu’il puisse se contrôler. Ses parents avaient essayé plusieurs traitements sans succès.

Chaque jour, il subissait des réprimandes : «Léo, ne bouge pas tant, quand tu t’habilles», «Léo, doucement avec la porte», «Léo, fais attention au chat», «Léo, tu as cassé la lampe, tu seras puni ! » etc

….

….Léo se recoucha en rêvant à ce végétal aux effets tant rêvés. Il se jura de partir à sa recherche.

Le lendemain matin après le petit déjeuner, entre tartine émiettée, serviette déchirée et lait renversé, Léo partit vers la montagne. Comme il ne retenait ni ses leçons ni les recommandations de sa maman, il nota le nom de la plante, fougérum doréa, dans son petit carnet.

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Didier Fond nous propose un résumé et un extrait de son nouveau roman, La ballade des dames à poussette

Publié le par christine brunet /aloys

Didier Fond nous propose un résumé et un extrait de son nouveau roman, La ballade des dames à poussette

Biographie :

Né à Lyon en 1955, c’est très jeune que Didier Fond s’intéresse aux livres et à l’écriture. Cet intérêt pour la littérature va le pousser vers des études de lettres modernes qui déboucheront sur une carrière d’enseignant de Lettres. Pour prenant qu’il soit, ce métier ne l’empêchera pas d’écrire des romans, d’abord pour son plaisir, puis avec l’intention de les faire publier. C’est ainsi qu’il a déjà édité trois romans chez Chloé des Lys : Grand-père va mourir en 2009, L’Annonciade en 2012 et La Maison-Dieu en 2014. La Ballade des dames à poussette est le quatrième roman publié par Chloé des Lys. Habitant toujours Lyon, il partage son temps entre le lycée où il enseigne et des loisirs centrés essentiellement sur la lecture, l’écriture et la musique.

Résumé du livre :

« Les dames à poussette » ont de l’argent. Elles ne sont pas mariées à Crésus mais leurs époux gagnent extrêmement bien leur vie. Mais gros problème : elles s’ennuient. Comment bien gérer sa vie quand on ne travaille pas et qu’on a des loisirs à ne plus savoir qu’en faire ? Dieu merci, il y a des rencontres prometteuses, même si elles sont très douteuses. Et la vie, tout de suite, devient plus animée. Un peu trop même, à cause des voisins qui ont tendance à se mêler de ce qui ne les regarde pas. Alors, elles sont obligées de passer à la vitesse supérieure et de se débarrasser des gêneurs. C’est un peu embêtant au début, mais finalement, qu’est-ce qu’on s’amuse !...

« Condamnation ou apologie » ? se demandera-t-on. A cette question, l’auteur répond par une pirouette : « Comme il vous plaira ». Toutefois, c’est l’occasion de se plonger dans un roman en apparence délirant, mais qui traite, avec un humour trempé dans le vitriol, de certains faits de société qu’il est, pour certains, très mal vu de torpiller…

Extrait :

PREMIERE DAME

FRANCE

France G. adore son quartier. Vraiment. Elle l’adore. Elle s’y sent à l’aise. On est entre soi, dit-elle ; entre gens de bonne compagnie. Mais quand on lui demande de préciser ce qu’elle entend par « gens de bonne compagnie », elle reste un moment silencieuse, les yeux un peu écarquillés, à la recherche d’une explication qui convaincrait son interlocuteur de la justesse de son affirmation mais cette explication, visiblement, ne se présente pas à son esprit. Alors, en désespoir de cause, elle répond : « mais du même milieu, bien sûr », tout en ayant bien conscience que ce n’est pas vraiment ce qu’elle voulait dire. Et elle ajoute précipitamment : « par exemple, les voisins d’en face, le couple de vieux, ils sont un peu pénibles, mais on s’y fait, à la longue. » Pour France G., la notion de « milieu » se mesure, entre autres, à l’aune de la pénibilité.

Bien entendu, elle est mariée. Le mariage représente la consécration absolue de sa vie de femme. Elle a épousé Serge G. en parfaite connaissance de cause. Elle n’était pas amoureuse folle de lui ; il lui plaisait, sans plus. Mais il était adorable. Et il avait un brillant avenir dans son entreprise. Elle n’a pas été déçue. Et depuis qu’il a eu la promotion tant espérée, son salaire a fait un bond prodigieux, et leur niveau de vie aussi par la même occasion. France a pu réaliser son deuxième rêve après le mariage en blanc : l’achat d’un quatre-quatre. Cette acquisition lui semblait absolument nécessaire dans la mesure où, dans le quartier, tout le monde en avait un. « A part les vieux, bien sûr, chuchote-t-elle pour ne pas être entendue. Leurs revenus sont trop modestes. Elle, elle n’a jamais travaillé… » Et le ton de France laisse supposer qu’il s’agit là d’une grave erreur.

France non plus ne travaille pas. Mais elle a été responsable d’une agence de publicité jusqu’à la naissance de sa fille. Elle insiste toujours sur cette particularité : elle n’est devenue femme au foyer que parce qu’elle désirait pouvoir consacrer tout son temps à son enfant, lequel, par ailleurs, constitue la réalisation du troisième rêve de France G. : devenir mère.

Grâce à la promotion de Serge, ils ont pu faire installer une piscine dans leur jardin. Elle n’est pas très grande, reconnaît France qui ajoute aussitôt que c’est bien suffisant pour leurs soirées barbecue entre ami(e)s.

Marie-Claire N. est une de ces ami(e)s ; France l’invite souvent à passer l’après-midi avec elle, au bord de la piscine ; parfois, après s’être dépensées sur un court de tennis, elles font un petit plongeon dans l’eau froide. France n’est pas méchante, mais elle adore voir à quel point Marie-Claire est bleue d’envie. Le grand malheur de Marie-Claire, c’est de n’avoir pas assez de terrain pour faire creuser une piscine. Et quand elle a su que Sophie D. s’était fait construire une aile supplémentaire à sa villa pour y installer un jacuzzi et un sauna finlandais, elle a failli en mourir de déplaisir. Fort heureusement, Lydia W. a le même problème.

France aime bien Lydia. Elle trouve certes que c’est une parvenue, car elle en a les manières et le côté… comment dire ? Artificiel, voilà. Et un peu vulgaire. Mais c’est une femme charmante et très drôle, affirme France. Et intelligente, c’est sûr. La preuve, c’est qu’elle arrive à prendre suffisamment de distance avec cette catastrophe qu’est l’absence de piscine pour en rire de bon cœur. Et puis, Lydia est toujours vêtue à la dernière mode, comme France, alors que Sophie D. ne sait pas s’habiller et que Marie-Claire s’obstine à n’acheter que du « classique », genre tailleur Chanel. France reconnaît volontiers qu’il faut avoir deux ou trois Chanel dans sa garde-robe pour les sorties importantes ; mais de là à se vautrer dedans… Ce n’est pas encore de leur âge.

France promène sa poussette dans la rue et se dirige vers le jardin des Treilles, à quelques centaines de mètres de sa villa. Elle espère qu’il n’y aura pas trop de monde, elle n’aime pas entendre les piaillements incessants des enfants bruyants et pas toujours bien élevés des immeubles construits de l’autre côté du carrefour. Elle regarde la petite Louise qui sourit béatement dans sa poussette, et se demande un instant comment elle pourra se débrouiller lorsque sa fille sera plus grande. Elle peut toujours la laisser sur la pelouse, derrière la maison ; mais il y a la piscine. Et France n’a pas trop confiance dans les barrières de sécurité qu’ils ont fait poser autour du bassin.

Tout en marchant, elle se livre à un exercice appelé communément, et parfois faussement, la réflexion. Elle pense qu’elle n’a rien à faire de l’après-midi et que ça l’ennuie. D’habitude, elle est surbookée, pire encore que lorsqu’elle travaillait. Serge prétend en plaisantant qu’elle ne sait pas s’organiser. Il suffit de programmer les courses un autre jour que le shopping, le coiffeur et le bridge. Ses moqueries irritent France. On voit bien que ce n’est pas lui qui passe ses journées à la maison avec pour seule compagnie un bébé braillard ! Elle n’ose cependant rien dire parce que c’est elle qui a insisté pour qu’ils fassent un enfant. Serge n’était pas vraiment tenté par l’aventure. Mais ils étaient les seuls couples de leur petit cénacle à ne point en avoir ; de quoi avaient-ils l’air ? Un couple sans enfant, cela fait jaser. Un célibataire, au moins on peut l’étiqueter sans problème. Un ménage seul, c’est bizarre, et il vaut mieux éviter la bizarrerie dans ce monde-là. A moins d’être homo. Ils ont tous des amis gays, qui sont adorables. Et puis, c’est tellement bien de montrer qu’on ne craint pas les différences, les vraies, entendons-nous bien… Surtout celle-là, parce que finalement, avec les gays, se dit France, on ne risque rien.

Le jardin des Treilles se profile à l’horizon. Quelle chance ! Apparemment, il n’y a personne. A propos de gays, France se souvient tout à coup du conseil que Domi, son coiffeur, lui a donné alors qu’elle cherchait désespérément un cadeau pour Serge dont c’était bientôt l’anniversaire. Une excellente idée : offrir un saut en parachute à son mari, c’est à la fois original et très couru. Serge n’est pas un adepte des sports extrêmes mais il a adoré. Et on dira ce qu’on voudra, mais c’est quand même moins commun qu’un saut à l’élastique du haut d’un pont. Et nettement plus cher.

Mais France s’ennuie. Même en jouant au bridge, même en papotant avec les amies pendant les afternoon tea, même en recevant les collègues de Serge ou son directeur général. La femme de ce dernier est charmante. Serge prétend qu’elle se caricature elle-même. C’est méchant, et faux. France la trouve adorable, et pas plus caricaturale qu’elle qui ne l’est absolument pas. Elle est bien dans sa peau, bien dans son milieu. Serge a parfois de ces idées, vraiment !...

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Méandres, le recueil de Salvatore Gucciardo chroniqué par Eric Allard

Publié le par christine brunet /aloys

http://lesbellesphrases.skynetblogs.be/

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Méandres, le recueil de Salvatore Gucciardo chroniqué par Eric Allard

Les Belles Phrases

Textes courts, Poésie et chanson, Plaisir de la lecture… Un blog d’Éric Allard

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24/07/2015

MÉANDRES de Salvatore GUCCIARDO

L’art, l’âme et la lumière

Alchimie spirituelle, métaphysique de l’être, théorie de l'évolution de Teilhard de Chardin... sont quelques-unes des philosophies ou disciplines auxquelles Méandres emprunte des éléments pour déployer son univers poétique. Le recueil alterne une narration poétique en prose (en caractères romains) avec des parties versifiées (en italique), telles des chants portées par diverses voix Il est formé de sept sections : L’alpha, Apocalypse, Abysses, Les feux de la torpeur, Collage, Omega et Révélation.

Dans L’alpha, on assiste au chaos originel où matière et esprit sont confondus, où l’indistinction domine, où les choses de l’âme ne sont pas clairement identifiées par défaut de lumière spirituelle. Tout n’est que vision entremêlée et sons désaccordés. Une baleine blanche va figurer le lien entre le monde abyssal et le monde visible.

Dans Apocalypse, le monde festoie, jouissant de tous ses sens à profusion mais dans l’ignorance de l’Etre. Nous sommes les otages de quelques chimères, lit-on.

Le retable d'Issenheim Grünewald est avancé pour introduire la figure d’un Christ martyr et salvateur au Jardin des Oliviers. Il s’agit d’une image emblématique de la vision apocalyptique marquée par la lourdeur des âmes.

Le monde reste dévasté. Mais l’être cherche une issue… L’espérance demeure !

Dans Abysses, l’âme est nue et va conduire aux profondeurs insondables de l’être pour approcher le mystère invisible tapi au fond de l’inconscient.

Dans Les feux de la torpeur, on recherche un grain de lumière de même qu’on est à l’affût d’un messie qui emporterait l’homme et la femme vers les hauteurs.

L’entreprise est hasardeuse et ardue, elle prend la forme d’un labyrinthe en forme de poulpe aux nombreux tentacules.

Pour aboutir, elle devra engranger l’expérience humaine sur plusieurs générations en visant la concorde au-delà des divergences et en tirant toute son énergie d'une force cosmique. Je vis à l’intérieur d’un arbre qui a 2OO 000 ans d’existence, ses racines alimentent mon âme.

Dans Collage, on fixe les contours des formes de leurs volumes avant de les coller dans un esprit de cohérence en harmonisant les couleurs. C’est l’idée de l’Artiste organisateur du chaos en cosmos sur la grande toile de

l’univers. L’homme n’est pas absent du tableau. Il est peint debout, face à la mer.

Dans Oméga, la nuit a fait place au jour, à la pleine lumière. Le palais dédaléen est à présent une demeure accueillante. C’est le règne de l’aurore source de vie et de joie.

Dans Révélation, on est dans l’Olympe, la demeure des êtres célestes où un être plus lumineux que les autres est révélé. Le narrateur assistant à ce spectacle pense à tous les humains encore dans l’obscurité, à la dérive ou consacrant leur vie à des plaisirs éphémères, servant aveuglément un dieu de la consommation… Il connaît une sorte de grâce, de félicité, qui lui fait dire :

Notre moi profond existait pour s’élever vers les hauteurs, pour communier avec les sphères…

Habile dispositif ouvert à plusieurs interprétations, Méandres ne s’apprivoise pas en une seule lecture et se complète des peintures de l’artiste (au nombre de quatre) qui accompagnent ce parcours pour donner une vision de la condition humaine et cosmique qui a à voir avec l’art, l’âme et la lumière et à laquelle chacun donnera l’interprétation qu’il veut selon son vécu, ses références artistiques et culturelles. Un second recueil (après Lyrisme cosmique en 2011) qui nous fait entrer plus avant dans l’univers si singulier de l’artiste avant tout poète, des mots et des images.

Éric Allard

Le recueil bilingue est préfacé par Joseph Bodson. La seconde partie contient la traduction en italien par Maria Teresa Epifani Furno.

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Une poésie de Laurent Dumortier dans la revue Bleu d'encre

Publié le par christine brunet /aloys

http://gsl.skynetblogs.be/archive/2015/09/07/publication-dans-la-revue-bleu-d-encre-8495937.html

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Une poésie de Laurent Dumortier dans la revue Bleu d'encre

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Patrick Beaucamps nous propose un poème extrait de son nouveau recueil "Quand les vagues se retirent"

Publié le par christine brunet /aloys

Patrick Beaucamps nous propose un poème extrait de son nouveau recueil "Quand les vagues se retirent"

Le bain

C’est à ce moment-là

que le week-end débutait.

Encrassé de graisse et d’encre,

mon père rentrait du boulot.

Dans sa mallette,

les chutes d’une bande-dessinée.

Mal reliées ou mal rognées,

les patrons acceptaient

que les ouvriers les emportent.

Je les lisais sur les toilettes pendant

que mon paternel prenait son bain.

L’émail crasseux.

L’eau noirâtre.

Mon père se frictionnant

malgré ses courbatures.

Je me souviens de ça !

Un petit bout de mémoire

qui resurgit

et s’écoule par le siphon.

Patrick Beaucamps

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Sophie Vuillemin nous présente son nouvel ouvrage "L'histoire entre nous n'est pas terminée"

Publié le par christine brunet /aloys

Sophie Vuillemin nous présente son nouvel ouvrage "L'histoire entre nous n'est pas terminée"

Ce deuxième roman fut une sacrée aventure. Peut-être parce que je touchais à un sujet plus personnel qu'avec C'est quoi ton stage ? (Editions Chloé des Lys), probablement parce que je voulais progresser dans mon écriture, essayer un style plus poétique, des descriptions plus fouillées, faire de la mer et du vent des éléments essentiels au récit, planter un décor naturel... Finalement, quand je liste les défis à relever, c'est un miracle que je sois allée au bout de l'écriture !

L'Histoire entre nous n'est pas terminée, qui parait actuellement, se passe à Quiberon, près de la Côte Sauvage. Nina, quatorze ans, partage sa vie entre un amour secret, un petit frère craquant, une copine excentrique et une mère malade. Un matin d'hiver, sa mère s'éteint et la jeune fille doit faire face à la séparation. S'instaure alors un dialogue d'amour entre mère et fille.

Un extrait :

Je me souviens du sable grattant l'élastique du maillot, le poids du bébé au creux de mes bras. Mon corps entier occupé à protéger son crâne d'oisillon des rayons du soleil.

La chaleur coulait dans mon dos.

La voix de Nina portée par le vent.

Sillons de larmes sur ses joues.

Le dos musclé de Philippe lorsqu'il la soulevait jusqu'à l'annexe.

Les vagues s'arrondissaient comme les ventres des femmes et roulaient, vertes et grises, sur les coquillages. La lumière fendait l'océan de rayons clairs et dans la blancheur, je suis entrée. Je suis la mer, je souffle le vent, j'ondule dans l'écume.

Au loin, le canot se dandinait, amarré à l'arrière du voilier.

De notre amour sont nés deux petits brouillons d'hommes. Toujours, je les regarderai.

Sophie Vuillemin

http://sophievuillemin.wordpress.com

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Elle, une nouvelle en deux partie écrite à la façon de Marguerite Duras... signée Alexandra Coenraets

Publié le par christine brunet /aloys

Elle, une nouvelle en deux partie écrite à la façon de Marguerite Duras... signée Alexandra Coenraets

Deuxième Partie

Elle fume une cigarette après la douche.

Ils ne se parlent pas. Pas un mot. Evidemment. De toute façon, ils l’ont pénétrée, elle a joui de leurs caresses, éprouvé le plaisir de leur en donner, mais c’est eux que son regard a pénétrés. Jusqu’à les faire vaciller. De toute façon, il ne faut pas discuter avec elle. D’un accord tacite, ils quittent la chambre au lever du jour, s’éclipsent sur la pointe des pieds, leurs contours se diluent dans l’atmosphère bleutée. Ils s’abstiennent de la questionner sur quoi que ce soit, repartent comme ils sont venus, sans avoir percé le mystère, son mystère à elle, et donc inlassablement, ils reviennent. Elle laisse entrer.

Elle écrit.

Voilà, elle écrit.

Elle a espéré que les mots surgissent, ils sont là. Elle ne griffonne pas d’habitude, elle préfère l’ordinateur. Elle s’est munie d’un cahier, les mots ont suivi. Des mots qui disent les morts qu’elle tait depuis longtemps. Les morts de son âme, succédant aux blessures, les morsures du cœur, enfouies dans la terre. Ils ressortent. Elle ignore combien de temps ça prendra, quel sera le temps de l’écriture, peu importe.

C’est le matin. Très tôt. Le soleil n’est pas encore haut, le ciel embrumé s’offre à ses couleurs, doucement. L’atmosphère se veut délicate comme un secret chuchoté au creux de l’oreille. Elle est vaporeuse.

Plus tard.

Elle a pris sa vieille machine à écrire, une Hermès Baby de 1963. Un bel objet Vintage qui lui vient de sa mère. Les touches vert menthe sont encore en bon état. La typographie est nette, l’ensemble fonctionne. Sa mère était journaliste dans un grand quotidien. Elle la vénérait. D'ailleurs, c'était trop. Son ombre a toujours plané sur sa vie à elle, la condamnant à l'insupportable imperfection de ne pas être elle. Sa mère.

Sa mère l'appelait Baby. C'était à la mode, à l'époque, le surnom anglophone. On se donnait du Darling et du Honey à tout-va. Ça faisait chic.

Elle caresse d’un geste raffiné la surface du vieux modèle, la sensation se fait soyeuse au toucher. Elle l’empoigne avec fermeté, le range dans son étui d'époque en cuir brun, à l’odeur du temps écoulé, une odeur de poussière bien installée. Elle s’en va défier les éléments, elle écrira face à l’eau. Le temps est doux, le ciel bleu clair parsemé de nuages blancs, ronds et moelleux. Avenants.

Sa démarche se teinte d'une lenteur plus sensuelle, son corps trahit par réminiscences les soubresauts de ses nuits.

Elle avance.

S'approche, se rapproche, sent l'air du large se préciser. Elle respire. Ouvre le buste, emplit ses poumons d'une profonde inspiration, expire pour rejeter l'excès de tensions. Elle recommence. Plusieurs minutes. Le rythme trouve sa régularité.

Elle porte une fine robe blanche en lin d'une longueur qui s'arrête aux chevilles ; la découpe est droite, les épaules à découvert. Elle en voile la nudité d'un châle en coton crocheté, non par pudeur, c'est juste une robe qui s'accommode peu de la fin de l'été. L’échancrure du décolleté lui épouse adéquatement la forme des seins, le tissu léger glisse sur leurs courbes bien dessinées, mises en valeur avec ce qu'il faut d'élégance. Un foulard négligemment noué autour du cou protège ses cheveux blond vénitien des coups de vent intrusifs, et de larges lunettes fumées lui mangent le visage. Les yeux sont à l'abri du soleil et d’autrui.

Elle semble sortie d’une époque révolue, d’un film en noir et blanc, peut-être. On dirait sa mère, presque, en la voyant de loin. Mince silhouette diaphane. Ethérée. Secrète.

Louve.

Libre ?

Sa mère vient de mourir.

Elle voulait fuir l'atmosphère pesante du deuil à faire. Elle est venue là pour écrire. Et pour fuir.

Libre ? Elle et sa mère ont fini de se confondre, se dit-elle. Jamais plus interchangeables, entièrement dissociées, il n'y aura plus d’erreur sur la personne, pense-t-elle.

Erreur.

Elle ne sera plus une erreur, jamais plus.

Comment va ta mère ? Et ta mère, quelle femme admirable et respectée...Tu lui ressembles tant.

Sempiternels commentaires sans cesse répétés…A leur évocation, voilà qu'elle fulmine. Son corps fluide et gracieux, qui subtilement suivait le vent, soudain se tend.

La main tremble, le poing se serre un instant, d’un geste automatique. Les mâchoires se contractent discrètement. Au fond, elle la détestait. Elle a tenté de s’affirmer, se construire, s’en est pas mal tirée, elle écrit, elle publie. Quelques livres au succès certain.

L’ombre maternelle continuait de planer. Sa mère. Toujours gentille, toujours aimable, toujours respectueuse des autres, trop même, trop. Etouffante. Jusqu’au bout.

Elle restait son « Baby ». Sa poupée, sans doute.

Une larme s’échappe de son œil noir, dévale lentement le long de ses joues, une seule, si rare et dont nul n’est témoin cette fois, excepté la nature, dans laquelle elle se fond. L'air n'en fait qu'une bouchée, cette unique larme s’y engouffre, repartie d’elle-même sans laisser de trace.

Elle est heureuse, en fait.

Pour la première fois de sa vie, elle l’est vraiment. Elle est heureuse de la mort de sa mère.

Un sourire imprévu la capture à présent, se déploie sur son visage, déforme ses lèvres rehaussées de rouge, lui emplit les yeux sans qu’elle le veuille, elle ne contrôle plus. Et regarde la mer, d’un calme apaisant. A cette eau chauffée par le soleil de midi, que rien ne perturbe, elle laisse ses états d’âme, lâche, desserre l’étau, tandis que d’une main, elle tient toujours fermement l’étui contenant la Hermès Baby. De 1963.

Trop de non-dits, trop de révoltes rentrées, depuis trop longtemps pour qu'elles aient pu s'exprimer, si ce n’est de manière détournée, dans ses livres, dont le propos ne semblait jamais compris par l’intéressée. Elle en venait à déceler un soupçon de mépris dans la voix de sa mère, lorsque celle-ci l’abreuvait de compliments, la félicitait à outrance de ses réussites.

Dose létale.

Poison mortel.

Elle a glissé quatre-vingt grammes d'arsenic dans le verre de vin du soir de sa génitrice.

Après une semaine de douleurs intenses, la mère s'est écroulée.

Elle l'a tuée.

Sur le sable doré, elle ouvre une page blanche. Face à l'eau qui diffuse ses reflets brillants comme la pierre d’opale, dans sa robe de lin blanc, le visage illuminé, le sien, unique, délesté d'un poids, les traits lisses, apaisés, elle est heureuse.

Pour la première fois de sa vie, elle l'est vraiment.

Alexandra Coenraets

Publié dans Nouvelle

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