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Quand ACTU-tv parle des grands auteurs belges... Michel de Ghelderode Une chronique de Marc Quaghebeur. Un texte de Jean François Foulon

Publié le par christine brunet /aloys

Une rubrique que j’ai particulièrement appréciée dans Actu-TV, c’est celle qui est consacrée depuis quelque temps aux auteurs classiques de Belgique. Lors de la dernière émission, Marc Quaghebeur, le directeur des Archives et Musée de la Littérature (AML) a évoqué Michel de Ghelderode. Cela m’a aussitôt rappelé des souvenirs. Je l’avais découvert il y a longtemps, à une époque où, étudiant et grand adolescent, je me réfugiais sous mes couvertures, dans ma chambre non chauffée, pour lire durant la nuit des auteurs étranges que je ne connaissais pas. Et pour ce qui était de l’étrangeté, avec Ghelderode, j’avais été servi.

De son vrai nom Adémar Martens, cet auteur dramatique est né à Ixelles le 3 avril 1898, de parents flamands (il est mort le 1 avril 1962). Son père, par ailleurs très autoritaire, est employé aux Archives générales du Royaume, et pour des raisons de promotion sociale, il mettra son fils dans des écoles francophones. Sa mère, plutôt superstitieuse, lui racontait souvent des histoires effrayantes, qui ont dû marquer son imaginaire.Le petit Adémar est solitaire et de santé fragile : atteint d’asthme toute sa vie, il aura même le typhus à l’âge de 16 ans. Le fait d’avoir ainsi frôlé la mort aura manifestement une incidence sur son oeuvre. En tout cas cette maladie l’a obligé à arrêter ses études. Il n’en est pas moins passionné par l’histoire et plus particulièrement pour les époques du Moyen Âge, de la Renaissance et de l'Inquisition. Ce n’est sans doute pas un hasard, car l’éducation religieuse qu’il a reçue l’a véritablement terrifié et s’il perd la foi à l'adolescence, il continue à croire aux puissances du mal. Ainsi il dira : « L'existence du diable est certaine, il suffit de regarder autour de soi. Dieu se manifeste rarement. »

Il aime aussi les marionnettes (son père l’emmenait souvent au théâtre royal de Toone) et le monde des foires (celle du Midi à Bruxelles en particulier). Tous ces éléments se retrouveront plus tard dans son œuvre. Son univers est celui d’une Flandre imaginaire, un peu mythique et atemporelle (avec une prédilection toutefois pour le XVIe siècle, celui d'Ulenspiegel, le héros de Charles De Coster). On le sent aussi imprégné par l’atmosphère des tableaux de Bruegel et de Bosch et du coup on retrouvera chez lui de nombreux personnages allégoriques.

Ses premières pièces de théâtre (écrites en français mais traduites en flamand) sont jouées par la compagnie populaire « VlaamscheVolkstooneel ». C’est toutefois à Paris qu’il connaîtra le succès (le public belge des années 30 étant peu réceptif encore aux avant-gardes théâtrales). Il faut insister sur ce succès parisien, dont on n’a pas assez conscience en Belgique. En gros, si Ghelderode est devenu un grand du théâtre, c’est grâce à la France. Son succès a été considérable (il sera joué partout dans le monde, de l’Europe aux USA, sans oublier l’Argentine et le Japon) et il est bon de rappeler, comme le fait Marc Quaghebeur dans la vidéo, que c’est par Beckett et Ionesco qu’il sera supplanté plus tard. Il a donc largement contribué à préparer le théâtre de l’absurde, rôle qui n’est pas négligeable…

A partir de 1939, pourtant, affaibli, il décide de renoncer au théâtre (il écrira cependant encore trois pièces, dont L’Ecole des bouffons) et se consacre à la prose. Ce sera « Sortilèges », un recueil de douze contes qu’on qualifie habituellement de « crépusculaires » ( on y parle de la mort et du péché, le tout baignant dans un décor de brume). 

Ensuite, il s’essaie à la radio, où il tient une chronique intitulée « Choses et gens de chez nous ». Malheureusement on est en pleine Occupation et Radio-Bruxelles où il a travaillé a clairement collaboré avec l’occupant. Était-il lui-même proche des idées nazies et rexistes ? Si l’on en croit ce que dit Marc Quaghebeur dans la vidéo, il était surtout un révolté qui contestait tout et il est clair qu’il aura trouvé dans les idées du moment un écho à sa haine de la gauche et de l’anarchie. De là à dire qu’il a ouvertement collaboré, il y a un pas qu’on ne peut franchir. Il sera toutefois révoqué de son poste de fonctionnaire de la commune de Schaerbeek, mais après enquête, cette révocation s’est transformée en une suspension disciplinaire de trois mois (peine finalement légère, comme le souligne Bob Boutique, et qui prouverait qu’il n’était pas foncièrement coupable). Peu après, l'Administration le pensionne pour cause de maladie et il sera finalement réhabilité en 1946. Puis c’est à cette époque que vient son grand succès sur les scènes françaises et internationales dont je viens de parler. Il est publié chez Gallimard et devient un sujet de thèses. Mais Ghelderode, au caractère sombre, conserve au fond de lui une sorte de rancune, notamment pour n’avoir pas pu entrer à l'Académie royale de langue et de littérature françaises.

La fin de sa vie est triste et il meurt le premier avril 1962. Il ignorera toujours qu’on pensait à proposer son nom pour concourir au Nobel de littérature. Mais revenons à son théâtre. Fasciné par les personnages de Charles Quint et de Philippe II, on peut dire que Ghelderode se situe dans les traditions hispanique et anglaise du XVIème siècle. Il est clairement en rupture avec le théâtre français classique et cartésien. Son monde est celui d’un univers étrange, un peu morbide, où la mort, les masques, et les bouffons tiennent une place de choix. C’est un univers flamand et à vrai dire je m’étonne du succès que l’auteur a pu rencontrer en France (on insiste bien dans la vidéo sur cette différence entre l’esprit français, si peu rabelaisien finalement, et le côté « déjanté » de ces écrivains flamands). Si le public parisien a été sensible à l’œuvre de Ghelderode, c’est à mon humble avis par le discours morbide qu’il véhiculait. On était après la guerre et on venait de connaître tant d’horreurs et d’atrocités que ce théâtre qui parlait sans cesse de la mort et qui la mettait en scène dans un décor étrange, farfelu et finalement angoissant (dans la « Balade du grand macabre » la mort apparaît comme un personnage réel, qui chevauche un ivrogne) devait finalement correspondre à la désillusion de la population, qui était revenue de tout et qui ne croyait plus à grand-chose. L’univers macabre et inquiétant de Ghelderode évoquait manifestement quelque chose et son côté grotesque et cruel également.

Pour terminer, voici un petit extrait de Jaïre, histoire de se faire une idée plus concrète du style de Ghelderode et des thèmes qu’il aborde :

Oh dilemme ! Si mon grand, oui, grand chagrin se voit, on dira : le grotesque bonhomme, si peu maître de soi ! Si je le cache, mon chagrin... grand ? Non immense ! On dira : n'a pas de cœur, celui-là ! Entendez : sa fille unique meurt et rien de sa face ne bouge... Oh ! je suis énervé, exaspéré, crevassé, heu, et quoi encore, déchiré, bouleversé... Coulez, mes ampoules, maintenant coulez, je m'en moque. On pleure à tout âge. Je serai soulagé. Et tant pis si je grimace... (Il pleure.) ... Heu !... (Se mouche.) Heu ! (Se mouche.) Ah ! Quel moment unique, terrible, excellent, le moment que l'on souffre !... Sent-on cela dans les naufrages ? Non, je ne vois plus clair... Ces larmes sont noires, c'est l'eau de l'étang noir... Le cygne... ma fillette qui meurt et répond des absurdités aux propos tendres que je lui tiens, qui me repousse lorsque je veux la caresser toute moite. Le canard... il grandit, des mâts lui poussent, il amarre : c'est le bateau vénitien dont je dois surveiller le déchargement au quai du Miroir !... Quelle débâcle !... Mes affaires dans l'eau, l'eau noire et blanche, et mes repas froidis... Et le chien du voisin qui ne cesse de awoûawawoû, comme ils font ça les chiens, et de creuser des trous dans la terre !... Je dis trou ? Oui, trous partout, on entre dans l'existence et on en sort par un trou ! (Furieux.) Non et non et non ! Assez de ça, de tout ça... Tout quoi ? La mort et ses péripéties, les figurants, comme un jeu de théâtre qui dure des jours et des nuits comme des jours ! Et sur­tout le principal, de quelque sobriquet qu'on le nomme, qui rode autour et n'entre pas, comme s'il prenait plai­sir à prolonger notre angoisse. Est-ce donc si difficile à faire mourir, une fillette de seize ans ?

En tout cas merci à Actu-TV qui m’a permis de me replonger dans cet univers ghelderodien que j’avais un peu perdu de vue.

J.F Foulon
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Anne-Sophie Malice nous présente "BB12"

Publié le par christine brunet /aloys

 

Biographie


Anne-Sophie Malice...j'aurais choisi Malice en pseudo et viré l'Anne et la Sophie en optant pour Juliette.

Née le 31 décembre en terre montoise... mais l'arrière de la coccinelle bleue ciel des parents aurait été plus rock n'roll.

J'ai marché tard, fait mes dents tard. Pourtant j'ai avancé, en me cassant la figure, pour mieux me relever.

 

Les Beaux-Arts, leurs portes ouvertes à la communication et le non jugement, les autres portes, blindées.Une licence en dessin, je ne touche quasiment plus un feutre.

 

L'écriture, la photo numérique en parfaite amateur, j'aime.

Des bouts de rien, des virées en moto et faire mouche en tir sportif font mon bonheur au quotidien .

 

Je gribouille, avec des traits, des mots et des instants dérobés.

 

 

Résumé

BB12 est dans la même ligne que les deux premiers opus, à savoir que ce sont des textes poétiques, comme dit mon éditeur, Laurent Dumortier. Je ne sais pas si je serai capable un jour de décrire ce que j'écris. Lire c'est se faire une idée directement.


Extrait

 

Décrépitude

 

 

Quoi que l'on ait pu vous raconter,

rien ici ne peut y ressembler.

Les murs du monde se salissent,

le goût de la vérité s'évapore.

 

Quoi que l'on ait pu vous conter,

rien ici ne pourra vous combler.

Le chant des oiseaux est dissonant,

le soleil tend à se dissimuler.

 

Jetez vos souhaits,

contemplez votre innocence,

l'Heureux n'est pas ici.

Publié dans présentations

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Valentine Depinay-Maire nous présente son ouvrage "Mes pas dans les siens"

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

BIOGRAPHIE Valentine DEPINAY-MAIRE

 

Née en 1976, je suis orthophoniste dans un hôpital de jour avec des enfants autistes et pyschotiques en Haute-Savoie.

Titulaire d’une licence de lettres modernes avant d’obtenir mon diplôme d’orthophoniste il y a une dizaine d’années.

J’ai commencé à écrire durant mon adolescence, des poèmes et des nouvelles. C’était ma façon de mieux vivre mon mal être sans embêter personne (à part ceux qui les lisaient).

Je n’ai jamais cessé d’écrire par la suite, en parallèle de ma vie professionnelle et familiale. Passionnée de musique (en particulier de piano), j’écris des textes de chansons.

*****

« Ta main qui passait dans mes cheveux...Une caresse muette avec plein de mots cachés sous tes doigts, cachés dans mes cheveux…Plus fort qu'un baiser sur la joue. Plus fort qu'une étreinte.

 

Tes mains. Celles qui ont porté ma mère. Celles qui caressaient ma joue. Celles qui tenaient souvent un petit carré de chocolat aux noisettes. Celles qui ne m'ont jamais giflé. Celles que je n'ai pas serrées à ton dernier souffle. »

 

Extrait de Mes pas dans les siens, chapitre 1 « tes mains »

 

RESUME DU LIVRE MES PAS DANS LES SIENS

 

« Léa, jeune trentenaire, mère d’un petit garçon, se remet difficilement du départ brutal de son mari. Elle se confie à son grand-père défunt à travers de lingues lettres et reprend peu à peu goût à la vie grâce aux étincelles de ses souvenirs d’enfance. »

 

Publié dans présentations

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Jean-Jacques Manicourt nous présente son nouvel ouvrage "En Langue d'Or"

Publié le par christine brunet /aloys

Courts extraits de « En Langue d’Or »

 

 

Et tu cabanes

Dans ta chantepleure

Une essence vive de Havane

Et les fruits de mon cœur

 

Amoureux effrontés

On écrit l'amour à petits mots

Avec une encre (  ) éhontée

 

Coiffée de ta toque russe

Oh, ma jolie frimousse

Tu vas dans les rues sans us

Élégante, fière et sans frousse

 

Sur le toboggan de ta hanche

Ma main skie

Elle savoure le zakouski

Des plaisirs en avalanche

 

 

 

Biographie

 

Né en 1957 à Roubaix, J-Jacques Manicourt  travaille comme intervenant dans une institution qui reçoit des jeunes sujets en grande souffrance.

Il consacre le reste de son temps à lire bien entendu, écrire quand le désir le titille, et depuis peu, à traduire les textes anciens en hiéroglyphes.

Jean-Jacques Manicourt réside désormais là où l’amour l’a retenu.

 

Résumé

Textes courts sur lesquels voguent au gré des  trouvailles : l’errance et la légèreté des sentiments le plus souvent arrimées  à la » Belle Rencontre ».

Publié dans présentations

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Micheline Boland nous propose la seconde partie de sa nouvelle "La folie de Marguerite"

Publié le par christine brunet /aloys

(...)

Quatorze février. Axel a vingt ans. Il n'est pas riche. Pour payer ses études d'accoucheur, il travaille au noir. En ce jour de fête, il a envie d'offrir un cadeau à Luce, la jeune fleuriste.

Luce travaille à deux pas de l'école d'infirmiers. Chaque fois qu'Axel passe devant la boutique, il s'arrête jusqu'à ce que Luce le remarque. Quand leurs regards se croisent, de la main, Axel envoie un baiser à Luce qui en retour lui adresse un sourire.

Axel et Luce se connaissent depuis le jardin d'enfants. Elle l'a toujours fasciné. Ses boucles rousses et sa douceur le touchent. Luce n'est pas comme les autres filles. Déjà enfant, elle faisait un joli bouquet avec deux marguerites et quelques pissenlits. À douze ans, Luce est entrée dans une école d'horticulture. Axel la voit de moins en moins, au hasard d'un passage au centre-ville.

À présent, Luce travaille chez "Capri fleurs" et Axel, qui vient de connaître une déception sentimentale, se sent seul. Il se remet à rêver d'une relation amoureuse avec Luce. Le quatorze février à seize heures, il entre dans le magasin et commande quatre gerberas rouges. Luce prépare le bouquet. Le geste tremblant, la voix cassée, Axel le lui offre et Luce remercie. Leurs yeux sont brillants, leurs mains se touchent. Luce emmène Axel vers l'arrière-boutique. Elle lui montre du doigt une affiche qui explique le langage des fleurs. Elle dit : "Sais-tu que le gerbera signifie amour profond, tendre sentiment ?" Axel rougit. Il répond : "J'ai bien choisi alors…" et lui propose d'aller boire un café dans le bistro tout à côté. Il attendra là que Luce ait terminé son boulot.
Pour ces ceux-là, le gerbera a dit vrai. De rendez-vous en rendez-vous, ils tisseront la toile d'un amour fou. Ensemble, ils parcourront le monde de Capri à Venise, du Cap Nord à Zanzibar.
 

"C'est bien un style de journaliste. Des phrases courtes, une entrée en matière précise. J'adore", commenta Thérèse.

"Encore une bleuette ! Et puis il manque le mot folie !" lâcha Julien avant de commencer à lire avec lenteur sans même y avoir été invité : À seize ans, on a toutes les audaces ! Je le sentais ému, sa voix tremblait, mais il prit progressivement de l'assurance :

Mon père fêtait son anniversaire. Assis sur l'herbe, je jouais sur ma tablette. Mes deux grandes cousines bavardaient au jardin. Elles ne prêtaient guère attention à moi. Leurs rires m'attirèrent. Je levai la tête : Léa avait cueilli une marguerite et l'effeuillait. "Il m'aime, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout." Elle répéta l'opération, lorsqu'il ne resta qu'un pétale, elle dit : "à la folie".

Je baissai la tête. Sylvie rit : "C'est normal que ce soit à la folie puisque Sébastien est fou."

Sébastien est le fils de ma belle-mère. Il a dix-neuf ans comme moi. Si je suis calme et classique, Sébastien est excentrique et imprévisible. Tantôt il est extraverti, tantôt renfermé et solitaire. Ma belle-mère affirme qu'il est bipolaire.

Piercings, tatouages, Sébastien a un look particulier. Il sort et dépense beaucoup, puis quelques semaines après, il se montre avare et reste cloîtré dans sa chambre. Dans ses périodes de mélancolie, il lui est même arrivé de se scarifier le bras. Son père est parti quand il avait trois ans et on ne l'a jamais revu. Ce traumatisme et le manque d'amour paternel seraient, paraît-il, à l'origine des problèmes de Sébastien.

Deux mois après que j'aie surpris la conversation entre mes cousines, Léa et Sébastien s'affichent ensemble aussi bien à un concert rock qu'à une fête de famille et au cinéma. Quelques semaines après, lors du repas du soir, Sébastien quitte brutalement la table. Ma belle-mère explique qu'il est sûrement déprimé par sa rupture avec Léa et qu'il faudra être compréhensif avec lui pour l'aider à remonter la pente.

Des jours durant, Sébastien sèche les cours. Ma belle-mère et mon père lui conseillent de revoir son psychiatre. Sébastien finit par accepter. Cela ne l'empêchera pas de tuer le caniche de Léa d'un coup de carabine, puis de retourner l'arme contre lui.

"On sent que c'est écrit par un jeune" dit Thérèse.

"J'aime beaucoup, il y a de l'action, de l'humour."

"Oui, chouette" compléta Marie-Paule.

Pierre intervint "Je peux lire ? C'est tout différent. Ce sont des haïkus, de la poésie de style japonais. J'ai l'impression que chacun pourra s'y retrouver."

Je questionnai : "Plus de commentaire ?" Il n'y eut aucune réaction et d'un geste de la main je donnai la parole à Pierre :

Rite de printemps

Ô amour, ô solitude

~ Effeuiller ses rêves

 

Folie d'amour

La marguerite et quoi d'autre ?

~ Toujours ou peut-être ?

 

Effeuiller encore

Même pour la marguerite

L'amour est folie

 

Parfois la folie

Se lit dans la marguerite

~ Et la solitude ?


 

Ah cet amour fou !

Dans le vase la marguerite

N'est que solitude


"Très spécial", jugea Madeleine.

Les remarques furent fort sobres à l'image des haïkus.

"De l'émotion, de la réflexion, différent de tout ce qu'on a entendu". …

Madeleine conclut : "Je crois que mon tour est venu. Ce n'est pas de la poésie, mais tout est vrai dans cette histoire. Voilà !
 

 

Jean a soixante-dix ans. Il est veuf depuis deux ans. France, son amour de jeunesse, est décédée d'un arrêt cardiaque après quarante années d'un bonheur sans tache. Inquiète de voir son père seul et anéanti, Anne, sa fille, le convainc de participer à un speed dating.

Jean accepte, mais se demande comment lui, d'habitude si lent à prendre une décision, pourra effectuer un choix. C'est la jupe fleurie d'Anne qui lui donne l'idée d'un critère de sélection. Il ne répondra positivement qu'aux dames qui porteront un vêtement peu ou prou fleuri.

Le jour "J", Jean avale un petit verre de porto avant de se rendre à la salle. Parmi les candidates, il en retient une, Marguerite. Le col du chemisier de cette dame est brodé de deux roses rouges. Elle ressemble à France. Petite et mince, elle a les cheveux blonds et de beaux yeux bleus. Heureux hasard, il lui plaît. Ils se revoient, ils courent les casinos, les discothèques et les restaurants. Ils sont redevenus jeunes, ils sont comme fous.

Après une descente dans l'enfer du jeu, Jean et Marguerite se retrouvent presque sans le sou. C'est alors qu'Anne obtient une mise sous tutelle de son père et que Marguerite se voit contrainte d'aller vivre chez un frère. Jusqu'à la fin de sa vie, Jean resta emmuré dans les regrets ne se confiant qu'au chat avec lequel il se décida à partager sa solitude.

Visiblement bouleversée, Madeleine se mit à bafouiller : "C'est vraiment mon histoire que je viens de lire. J'ai changé les prénoms. C'est tout."

"Peut-être bien, mais il n'y pas le mot folie", dit Lionel.

Marie-Paule qui ne semblait pas avoir entendu la réflexion de Lionel fit : "Eh bien, pour une drôle d'histoire, c'est une drôle d'histoire".

Madeleine expliqua : "Oui, maintenant, je suis seule et ma vie est difficile. Mon Jean à moi s'appelait Georges et il vient de mourir. Mon frère et ma belle-sœur me reprochent notre comportement à Georges et à moi. Ils surveillent mes moindres dépenses. Ils me traitent de folle. Mais je ne suis pas folle… N'est-ce pas que je ne suis pas folle ?"

Je dis : "Je vous en prie, c'est un atelier d'écriture créative. Il ne s'agit ni de parler de soi ni de juger les autres, mais plutôt d'apprécier la forme." J'étais sans doute intervenue trop mollement car Thérèse, répliqua de sa voix aiguë d'enseignante : "Quand même, Madame, vous êtes un peu folle…"

"C'est de l'amour…", conclut la vieille dame en pleurnichant.

"Non, reconnaissez que c'est aussi de la folie. Mon frère, c'est un peu comme vous, il est dingue de jeux vidéo, il ne pense plus qu'à cela. Il est sur une autre planète. Il sèche des cours. Ma mère veut qu'il consulte un psychiatre, mais il refuse", ajouta Lionel.

"Oui, c'était tout à fait déraisonnable. Votre ami et vous, vous vous êtes comportés comme des gamins", trancha Marie-Paule, ma voisine.

Je dis : "Voyons… Reprenez-vous. Nous ne sommes pas un tribunal, nous ne sommes pas là pour parler de nos problèmes personnels. Exprimez-vous uniquement sur la forme des textes…".

Prise de court. Je n'eus pas le temps d'en dire plus ni de bien voir ce qui se passait. Madeleine s'était levée et assénait un coup de canne sur la tête de Lionel puis sur celle de Marie-Paule qui la menaça : "Vous êtes folle ! Je vais sûrement déposer plainte. Vous entendrez parler de moi !"

La dame âgée partit en claquant la porte, n'emportant que son sac et sa canne, oubliant ses feuilles, son stylo et renversant une chaise sur son passage.

Je sentis un énorme malaise planer sur le groupe. Comme s'il n'avait pas été conscient d'avoir été un des acteurs de la scène et d'avoir été agressé, l'apprenti journaliste déclara : "Il y a de la matière dans tous ces textes !" Cette phrase fut accueillie par une totale indifférence. Plus personne n'attendait la moindre intervention. Tous rangeaient leurs affaires et enfilaient leur imper.

Déjà j'entendais le premier "au revoir et merci…" Chacun s'échappait au plus vite.

Quand je quittai les lieux après avoir rangé un peu, la patronne me dit : "Pour être animé, il a été animé votre cours !" Je me contentai de sourire en lui donnant la somme convenue pour la location.

De ceux-là, qui reverrais-je en septembre ?

Deux jours plus tard, ma voisine sujette à des migraines en rendit responsable le coup de canne reçu et décida d'introduire une plainte…

En septembre, je jugeai plus prudent d'aller animer un atelier d'écriture à Honfleur.

MICHELINE BOLAND

 

Publié dans Nouvelle

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Micheline Boland nous propose une nouvelle "LA FOLIE DE MARGUERITE" en deux parties

Publié le par christine brunet /aloys

 

LA FOLIE DE MARGUERITE


 

Je me souviens, c'était en août. Mon mari, déçu par son poste d'enseignant à l'école hôtelière de Lille, venait d'accepter un emploi de maître d'hôtel à Deauville. Nous avions choisi de nous installer à Villerville. Jadis professeur de français, j'avais abandonné ma carrière pour élever mon fils, mais je me passionnais toujours pour les beaux mots. Lorsque nous habitions dans le Nord, j'écrivais des histoires pour enfants, j'animais un forum de contes sur Internet et j'avais mis sur pied une série d'ateliers d'écriture. Dès mon arrivée en Normandie, je m'étais dit que ce que je faisais là-haut, je le ferais également dans le Calvados. J'avais cherché un local bon marché, mais agréable. C'est ainsi que j'avais trouvé un arrangement avec le propriétaire d'une taverne, il m'avait proposé une petite salle à l'étage avec vue sur mer. Peu de temps après, j'avais donc placé des affichettes dans divers commerces des environs.

Ce jour-là, six personnes avaient bravé la pluie pour cet atelier d'écriture créative. Chacun s'était présenté en quelques mots. Lionel, un jeune étudiant en journalisme, admirateur de Brassens, Madeleine, une dame âgée qui avait lu mon annonce à la crêperie, Pierre, un peintre fasciné par la mer qui s'était mis à composer des poésies, Thérèse, une institutrice à la retraite qui lisait beaucoup de polars, Julien, un adolescent qui tenait son journal et Marie-Paule, une de mes voisines qui cherchait un tremplin pour se lancer dans le récit de sa vie.

J'avais donné comme contrainte d'utiliser les mots "marguerite", "amour" et "folie" ainsi que de faire intervenir deux personnages dans le texte que chacun allait composer.

Tout le monde avait écrit dans le plus grand silence. Puis, vint le temps de lecture.

Thérèse, l'institutrice retraitée commença :

Cet été-là, nous aimions nous retrouver sur l'unique banc du petit parc derrière l'église. Nous nous y asseyions et restions blottis l'un contre l'autre. Nous étions sages, nous ne voulions rien gâcher dans la précipitation.

Il s'en disait des choses à propos de cet endroit ! C'était un ancien cimetière et des gosses prétendaient y avoir vu des revenants, un soir d'Halloween.

Un jour, un autre couple nous avait précédés. Elle était brune et vêtue de jaune, elle avait une marguerite dans les cheveux. Il était métis et portait une écharpe ocre. Ils s'embrassaient goulûment. Ils étaient assis sur notre banc. Nous les avons ignorés, nous demandant pourtant s'il ne nous faudrait pas changer notre lieu de rendez-vous. Nous avons fait plusieurs fois le tour du parc en nous tenant par la main. L'heure de la séparation est venue. Sur le sentier, nous conduisant à la rue, nous avons entendu des éclats de voix. Juste des mots : marre, merde, amour foutu, folie. Nous avons poursuivi notre route et nous nous sommes quittés après un bisou.

Le lendemain matin, un homme qui promenait son chien dans le petit parc, a découvert le corps du jeune métis. Il avait été étranglé, une écharpe ocre était serrée autour de son cou. Il y avait une marguerite près du cadavre. La police lança un appel à témoin. Par peur, nous n'avons rien dit. Jusqu'à la rentrée scolaire, nous nous sommes contentés d'échanger des textos. Les baisers n'étaient plus que des mots tapés sur un clavier. Nous ne voulions pas que l'on sache que le fils du notaire et la fille du ferrailleur se rencontraient en cachette…

Je demandai : "Y a-t-il des commentaires ?"

Lionel dit : "Ça pourrait être un début de nouvelle policière. Je crois qu'il manque le mot amour."

Thérèse réagit : "Mais il s'y trouve, j'ai écrit : amour foutu !"

Marie-Paule poursuivit : "Il y a une belle ambiance."

Des remarques plutôt plates suivirent : "C'est romantique… J'aime bien l'imprévu qui survient… Quelle imagination… !"

Je demandai alors : "Qui veut lire ?"

Marie-Paule, ma voisine, se racla la gorge et continua :

Monter à la tête

Aimer à la folie

Rayonner d'amour

Griser le corps et l'esprit

User les résistances

Enjôler pour emprisonner

Ravir les sens

Inquiéter la raison

Tourmenter l'entourage

Enfermer dans la solitude

Julien demanda : "Dans votre texte, genre poésie, elle est où la marguerite ?"

Agacée, Marie-Paule répondit : "Il suffit de regarder la première lettre de chaque phrase pour la trouver, cette fameuse marguerite ! On appelle cela un acrostiche. On n'apprend sans doute plus ça en classe…"

"Joli, joli", fit Pierre.

"Poétique, ingénieux. Inquiéter la raison, je trouve que ça résonne bien" compléta Lionel qui m'interrogea du regard et prit le relais :

(...)
 

Micheline Boland

Publié dans Nouvelle

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Brune Sapin nous présente son ouvrage "Il a beau pleuvoir, le soleil n'est jamais mouillé"

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

Biographie

 

Je suis née le 29 avril 1989, j’ai donc tout bientôt 28 ans.

Mes premières histoires datent de mon enfance et de mes jeux avec mes cinq frères et sœurs, et mes premiers écrits… Depuis que je sais écrire !

Je signe chez Chloé des Lys mon premier roman aboutissant à une publication et il en résulte des pétillements de joie !

Aucune critique n’atteindra le sentiment que je ressens à réaliser l’un de mes rêves de petite fille !

Je suis encore étudiante en lettres à l’université mais si tout va bien cela devrait être ma dernière année. Je me destine à travailler en tant que bibliothécaire et animatrice d’ateliers d’écriture dans une médiathèque mais le monde du travail est très certainement plus compliqué que l’univers de la faculté. Advienne que pourra !

En attendant je vais continuer à écrire, je l’espère en m’améliorant toujours, grâce à l’expérience du vécu, de plus en plus riche en rencontres et en amour.

Tout commence ou recommence ! Et tout continuera à recommencer !

 

 

 

En guise d’Avertissement :

Il a beau pleuvoir, le soleil n’est jamais mouillé

 

Avant donc que d’écrire, apprenez à penser.

Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement,

Et les mots pour le dire arrivent aisément.

Hâtez-vous lentement, et sans perdre courage,

Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage

Polissez-le sans cesse, et le repolissez,

Ajoutez quelquefois, et souvent effacez.

(Boileau, L’Art poétique, 1674)

            Il avait bien raison le grand Classique. On jette comme ça des idées sur une page, et à force de les relire on les supprime quasiment toutes pour en réécrire les grandes lignes voire parfois les lignes parallèles.

            Je voudrais vous présenter mon petit livre, mais je ne sais ni par où commencer ni qu’en dire. Ce qui est sûr c’est que je l’ai écrit, soyez rassurés. Mais de là à en parler il y a un sacré vol à l’étalage qui vire au tour de l’univers en vitesse lumière.

            Il me semble cependant pour l’anecdote, que sur l’enveloppe dans laquelle se trouvait mon manuscrit (premier jet) lorsque Chloé des Lys l’a reçue, j’avais inscrit ceci :

Les sots lisent un livre, et ne l’entendent point ; les esprits médiocres croient l’entendre parfaitement ; les grands esprits ne l’entendent quelquefois pas tout entier : ils trouvent obscur ce qui est obscur, comme ils trouvent clair ce qui est clair ; les beaux esprits veulent trouver obscur ce qui ne l’est point, et ne pas entendre ce qui est fort intelligible.

(La Bruyère, Les Caractères, Des ouvrages de l’esprit, 1696)

            C’était prétentieux.

            Et d’ailleurs la version finale de ce manuscrit en question soit le bouquin dont je vous parle n’a pas grand-chose à voir avec ce qui se trouvait dans l’enveloppe.

            Bref, je cherche une définition : c’est une sorte de livre excentrique, mais tel que l’entendait Nodier et non pas l’interprétation ironique et/ou parodique qu’en a fait Daniel Sangsue en 1988 (J’entends ici par un livre excentrique un livre qui est fait hors de toutes les règles communes de la composition et du style, et dont il est impossible ou très difficile de deviner le but, quand il est arrivé par hasard que l’auteur eût un but en l’écrivant. (Bibliographie des Fous de Quelques Livres Excentriques, Charles Nodier, 1835)

Ensuite et bien c’est une histoire, celle d’une petite fille, qui fugue bien évidemment, et d’autres personnages plus ou moins importants… Mais l’ensemble est un sacré trompe-l’œil en fin de compte, si l’on admet comme Aragon que l’imagination n’inventant pas des choses réelles, ces dernières sont menties : L’extraordinaire du roman, c’est que pour comprendre le réel objectif, il invente d’inventer. Ce qui est menti dans le roman libère l’écrivain, lui permet de montrer le réel dans sa nudité. Ce qui est menti dans le roman sert de substratum à la vérité. (Aragon, C’est là que tout a commencé…, 1965). Cependant, le monde de l’imaginaire apparaît paradoxalement chez Lacan comme intrinsèque au moi, avec celui du symbolique et celui du réel… Aussi je vous laisse vous y retrouver.

Et puis je dois tout de suite vous avertir que mon livre n’est pas tout à fait un roman. En fouinant un peu dans l’histoire littéraire je dirais qu’il se rapproche de l’antiroman (vous savez, Charles Sorel, 1633, Le Berger Extravagant ; Jean-Paul Sartre dans son introduction au Portrait d’un inconnu de Nathalie Sarraute, 1948 ; critique de la vague du nouveau roman français dans les années 1940, 50,60 ; et pour ceux que cela intéresse : un article d’Aron Kibédi Varga dans Littérature en 1982 (n°48, Texte contre-texte) : Le roman est un anti-roman : http://www.persee.fr/doc/litt_0047-4800_1982_num_48_4_2174 ).

            Mais pour finir de brouiller les pistes (dans mon esprit qui cherche à vous présenter concrètement quelque chose d’acté et diable ! de publié),  ultime citation tirée d’un livre incroyable que je vous recommande en passant : Tout se passerait donc comme si, les genres s’étant dissipés, la littérature s’affirmait seule, brillait seule dans la clarté mystérieuse qu’elle propage et que chaque création littéraire lui renvoie en la multipliant – comme s’il y avait donc une essence de la littérature. Mais, précisément, l’essence de la littérature, c’est d’échapper à toute détermination essentielle, à toute affirmation qui la stabilise ou même la réalise : elle n’est jamais déjà là, elle est toujours à retrouver ou à réinventer.  Il n’est même jamais sûr que le mot de littérature ou le mot art réponde à rien de réel, rien de possible ou rien d’importance. (Maurice Blanchot, Le livre à venir, 1959)

Vous l’avez compris maintenant, il vous faut donc lire ce récit de fiction qui n’est ni un roman, ni un livre excentrique, ni tout à fait un antiroman, en souriant et en ne cherchant surtout pas à le cataloguer car il est brut et brutal, sorti de nulle part et encore en recherche. De plus, ce sourire qui ne vous quittera plus, participera de votre indulgence par-rapport aux coquilles s’il en reste malgré mes relectures et corrections (honte à l’auteur : moi) mais également à accepter dans votre grande mansuétude une faute grammaticale que je revendique bien qu’elle paraisse indubitablement condamnable : c’est fatiguant. L’adjectif qualificatif comme son nom l’indique serait attendu là pour qualifier la situation, et de plus seul lui (en tant que défini et définissable, sinon d’autres mots peuvent remplir cette fonction syntaxique) peut être placé en attribut du sujet. Or la grammaire moderne est beaucoup moins rigoureuse que celle que j’ai apprise dans ma lointaine jeunesse, et parle uniquement de différences sémantiques entre le participe présent, l’adjectif verbal et le gérondif (les trois formes en –ant) : l’adjectif verbal a une qualité durable ; le participe présent et le gérondif indiquent tous deux avec plus de puissance l’aspect d’inaccompli, d’action passagère, de procès en cours de réalisation. (A. Mela, Université Paul Valéry, Trame de cours, Prépa à l’entrée à l’IUFM) L’immensité de la fatigue en train d’être ressentie par le sujet présent à la situation donnée m’a donc induite en erreur vers le participe présent, et je m’en excuse pour ceux que cela choquerait, bien que le propre, aussi, de ce récit, soit son imperfection, de par son statut de premier (douteux brouillon et naïf qui plus est ?), d’où votre sourire amusé.

Vous ne pourrez pas dire que je ne vous avais pas prévenus !

 

Un livre. Une aventure. Quant à moi je m’éclipse…

 

12 Mars 2017

Brune Sapin

 

Extraits d’Il a beau pleuvoir le soleil n’est jamais mouillé, Brune Sapin

 

« Oui Billy savait tout, ils discutaient beaucoup, et elle allait retrouver Billy quoiqu’il lui coûte, parce que maintenant elle ne pouvait plus vivre sans lui et personne jamais ne pourrait les séparer. » (p.73)

« Tout le monde a des hauts et des bas, tout le monde est à la fois une petite fille et une jeune femme, tout le monde le comprendra. Oui cette histoire doit devenir un livre et elle le deviendra. » (p.124)

 

Publié dans présentations

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Les fruits de ma passion pour "Auprès de ma blonde" de Thierry-Marie Delaunois

Publié le par christine brunet /aloys

Les fruits de ma passion pour "Auprès de ma blonde" de Thierry-Marie Delaunois
Les fruits de ma passion pour "Auprès de ma blonde" de Thierry-Marie Delaunois

Publié dans interview

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Edmée de Xhavée nous présente son nouveau roman "LA RINASCENTE"

Publié le par christine brunet /aloys

 

Biographie

 

D’ici et d’ailleurs, d’ailleurs et d’ici. Belge née d’un papa Belgo-Uruguayen et d’une maman qui ne rêvait que de lointains ailleurs, nourrie de l’idée que le monde était vaste et sans limites, elle a bougé. Des années cigale en Provence, des années de dolce vita dans le Piémont, et des années d’American Way au New Mexico et New Jersey. Et de longues parenthèses bruxelloises.

C’est à Liège qu’elle a posé – dirait-on – ses bagages pour voir défiler la Meuse et écrire…

Avant ce dernier recueil de nouvelles elle a publié 3 romans et deux recueils de nouvelles aux éditions Chloé des Lys, ainsi que deux témoignages de vie aux éditions Irezumi.

 

Extrait de « La rinascente » d’Edmée De Xhavée

 

Elle attendait déjà de ses nouvelles, ne sentait plus rien d’autre que cette attente.

Oh, le son du clapet métallique s’ouvrant puis se rabattant dans la porte, et le « toc ! » sourd des enveloppes qui atterrissaient dans la boîte aux lettres, et qui, si en trop grand nombre, en enfonçaient la petite porte vitrée, se déversant sur le marbre du vestibule dans un bruit d’éventail géant. Et puis, son impatience déguisée en indifférence alors qu’elle triait… se désespérant de plus en plus à mesure que passaient les semaines. La brûlure de l’abandon scella son cœur. Elle reprit ses sorties, brisée et frimeuse. Éclatant d’une joie de vivre bien imitée.

En pleine forme, radieuse, la complimentait-on.

En secret elle avait pourtant vécu une longue période d’insomnies et de fragilité de caractère. Querelleuse et pleurnicheuse avec les siens. Alors qu’elle sortait déjà avec Bernard depuis peu, elle apprit que la mère de Lieblich venait de réapparaître en ville après une longue convalescence : elle avait été hospitalisée la nuit de cette soirée, et souhaité se trouver près de sa propre mère en Allemagne pour son opération et la rééducation, assez longue et pénible. C’est son fils qui l’y avait conduite, après quelques jours inquiétants à l’hôpital de la ville. Il avait passé la fin des vacances auprès d’elle, et n’avait opéré qu’un rapide aller-retour d’une journée dans leur ville, afin de préparer ses bagages la veille de son entrée comme prévu dans une université allemande, en septembre.

 

 

Résumé

 

Histoires de femmes égale histoires d’amour. Voici des nouvelles qui fouillent dans les apparences pour y trouver si l’amour fut ou ne fut pas.

Mariages logiques, mariages qui marquent le bout de la route ou le début d’une voie royale. Amours mortes ou défunts que l’on aimera à jamais et ne remplacera pas.

Images statiques qui, si on leur donne vie, révèlent une toute autre vérité.

Et ces femmes qui n’acceptent pas le malheur, qui raisonnent, mesurent, et trouvent l’amour de la vie ailleurs, dans l’amitié, le confort, la solitude sans mornitude, la conviction que certains compromis ne sont pas à faire. Ou les autres qui « se font ».

Publié dans présentations

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Elle va de lèvres en lèvres, une poésie de Paul Maakad

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

Elle va de lèvres en lèvres,

De caresses en caresses,

De frissons en frissons.

 

Tourne, tourne, petite poussière,

Donne-toi l’illusion de vivre,

Joins-toi au ballet aérien de tes semblables.

 

Demain, n’étant plus portée par le vent,

Tu t’immobiliseras par terre, froide et nue,

Et tu feras face à ce que tu as toujours été :

 

Seule.

 

 

PAUL MAAKAD

Mars 2009

Publié dans Poésie

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