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Philippe Desterbecq a chroniqué "Courant alternatif" de Vincent Knock sur son blog

Publié le par christine brunet /aloys

http://phildes.canalblog.com/

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Après avoir lu ma chronique sur son roman "Mâle en patience", Vincent Knock m'a proposé de lire son deuxième bouquin paru chez Chloé des Lys : "Courant alternatif". J'ai bien sûr accepté avec plaisir.

Je n'ai fait que survoler la quatrième de couverture. De ce fait, je croyais lire une histoire d'adolescente mal dans sa peau (comme beaucoup de garçons et filles de l'âge de l'héroïne). Or, ce bouquin, découpé en quatre parties, va beaucoup plus loin. Je vous explique.

La première partie relate effectivement l'histoire d'une jeune fille : Nancy, amoureuse d'un homme plus âgé (mais à peine adulte), François, surveillant de lycée. Elle tente de le séduire, y parvient, le laisse tomber. Le coup classique. Rien de neuf sur la planète.

La deuxième partie parle de Florence, de sa jeunesse, de son propre amour d'adolescente, un chanteur de rock emprisonné pour meurtre, de sa grossesse prématurée, de sa vie sans sa fille. 

Dans la troisième partie, c'est la vie de Gontran, ex-chanteur du groupe "Idées noires" qui est relatée. On sait depuis le prologue que ce type a été en prison pour meurtre et qu'il a trouvé la mort dans un accident après sa sortie de prison. Même si l'auteur annonce que toute ressemblance avec des faits réels serait fortuite, le lecteur ne peut que faire le lien avec Bertrand Cantat et l'assassinat de Marie Trintignant.

Dans la quatrième partie, on revient à Nancy et à François (que je croyais jeté aux oubliettes) pour relier les différents personnages entre eux. Et bien sûr, tout s'éclaire de manière inattendue (quoique ... j'avais quelques doutes ...). Qui est sa mère? Qui est son père? Les choses ne sont pas aussi claires qu'il n'y parait. 

Dans l'épilogue, on retrouve le prologue, ce qui n'est sans doute pas courant et ce qui met un point final au récit. 

Pour ma part, ce découpage en 4 parties m'a un peu gêné. J'aurais préféré un découpage en chapitres qui auraient alterné les uns avec les autres, comme dans la plupart des thrillers sans doute. La troisième partie m'a, en effet, mis la puce à l'oreille et m'a enlevé une partie du suspense créé par l'auteur.

L’auteur s’en explique : « Concernant mon travail, la structure est différente que celle utilisée généralement (alternance de chapitres avec des points de vue différents), car je souhaitais écrire à la manière d'un puzzle dont les 4 vies des personnages représentent un coin du puzzle avec l'épilogue en son centre . »

Je n'écris pas avec un plan défini ou des fiches, je sais juste ou je veux arriver, le thème du livre, les idées que je souhaite défendre mais je me laisse porter par l'écriture des chapitres, les scènes, ce que disent ou font les personnages. Tout ça est assez instinctif. Par exemple, certains chapitres ont été rédigé dans un ordre différents que celui qui apparaît au final pour la publication. 


 

Merci à Vincent Knock de m'avoir donné à lire son "Courant alternatif" et de m'avoir permis ainsi de passer un bon moment.

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Jean-François Foulon a lu "Auprès de ma blonde" de Thierry-Marie Delaunois

Publié le par christine brunet /aloys

http://feuilly.hautetfort.com/archive/2017/05/11/aupres-de-ma-blonde-de-thierry-marie-delaunois-editions-chl-5942547.html

Je viens de terminer le livre de Th-M Delaunois, « Auprès de ma blonde », qui ma foi ne manque pas d’intérêt. Le titre, à vrai dire, ne me plaisait pas trop (il est vrai que je préfère les filles  brunes aux filles blondes, ceci expliquant peut-être cela, car finalement, qu’on le veuille ou non, le lecteur n’est jamais neutre quand il aborde un ouvrage et il vient avec tous ses préjugés et sa propre grille de lecture).

Au fil de la lecture,  j’ai découvert une histoire bien ficelée, aux multiples rebondissements. Au début, tout semble normal et anodin : une rencontre dans un parc public entre un homme et une femme. Une histoire se noue lentement et on devine la suite. Rien de plus banal, en quelque sorte. Mais les protagonistes sortent pourtant de l’ordinaire. Lui est écrivain (tiens donc !) et elle, manifestement, n’a rien de la blonde classique. Grande, baraquée, elle exerce la profession de sorteuse dans un bar. Etrange. Mais derrière ce côté un peu bourru on devine une faille. Et c’est là que le roman devient intéressant. Il ne faut pas se fier aux apparences. Petit à petit le lecteur est intrigué et veut en savoir plus sur cette femme dont insensiblement le héros tombe amoureux.

Il y d’autres protagonistes autour de ce couple qui se forme. Il y a Hélène (la belle Hélène, comme dans l’Iliade d’Homère), qui vit seule avec ses trois enfants et tombe sous le charme d’André, notre héros qui lui est déjà sous le charme de la belle blonde. Une rivalité s’installe entre les deux femmes, comme on pouvait s’y attendre.

Il y a les trois enfants d’Hélène, qui par leur naïveté (ou leurs propos mûrement réfléchis et qui font mouche) disent des vérités qu’il n’est pas bon de dire.  

Il y a une gitane aussi, qui erre dans le parc et qui dit la bonne aventure à qui veut bien l’écouter. Comme le devin Calchas dans l’Iliade, elle ne se trompe jamais et prédit l’avenir avec clairvoyance, mais personne ne l’écoute.

Il y a le lac, au milieu du parc. Véritable protagoniste de l’histoire, il semble immense. En tout cas on s’y noie fréquemment.

Il y a enfin les affaires de famille, qu’on devine petit à petit au cours de la lecture, comme cette sœur jumelle de l’héroïne qui est morte autrefois, laissant un vide qu’on ne peut combler. Et puis il y a le questionnement sur les origines : qui est la père de la blonde ? Petit à petit tout cela se met en place et plus on avance dans le livre plus on a envie de découvrir la suite, suite que je ne vous raconterai évidemment pas !

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Sylvie Storme nous présente son ouvrage "Quand voir reste un mystère"

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

Notre regard et notre capacité à voir peut se ré-interroger à chaque instant.

Comment une vie bien organisée et réussie se voit bouleversée quand les repères changent ?

Mai 1989 , je me plonge dans un premier stage de "Prise de conscience par le mouvement", Méthode Feldenkrais, et mon regard change, ma vue très limitée s'éclaircit malgré un handicap déclaré dégénératif.
Surtout, ma vision du monde s'élargit, et toutes mes certitudes et idées reçues se renversent.

Ce témoignage s’est élaboré à partir de lettres que j’écrivais au fur et à mesure d’une formation qui me faisait découvrir l’incroyable capacité de transformation qui existe au coeur de tout être humain.
Ces expériences sensori-motrices m'ont emmenée dans un parcours mouvementé et bouleversant.

J'évoque ce parcours dans ce livre, et comment ce voyage au coeur du mouvement m'a conduite au travail de la sculpture, a transformé ma voix, mon chant, et mon attitude à l'écoute des autres.

Ces découvertes personnelles me semblent aujourd’hui parler de ce que nous pouvons tous traverser de façon singulière avec nos priorités, nos passions, nos difficultés et nos obstacles individuels…

 

 

Extrait :

 

« Bonjour François,

 

Voici quelques- unes de mes explorations, faites en sortant de chez toi.

Elles ont été fascinantes et impressionnantes par leur évidence et leur nouveauté.

Ce qui est le plus surprenant pour moi est la manière dont le monde m'apparaît, la position que par conséquent j'occupe.

Assise confortablement dans le taxi, bassin, jambes et pieds en contact avec le siège et le sol, je me suis " laissée surprendre " par ce que je pouvais percevoir du paysage parisien.

Les images venaient à moi, pas besoin de chercher à les attraper.

Mes pensées étaient du style « Tiens, c'est plein de verdure Paris », « Il ne fait pas si sombre dans ce tunnel «  Tout juste si je ne me disais pas «  Je ne vois pas si mal, tout compte fait ».

C'est pour moi une façon tout à fait inconnue et à peine croyable d'aborder et de vivre les événements: de les laisser venir. Alors que, pour moi, voir a toujours été synonyme d'efforts, de volonté, souvent d'étroitesse, d’ombre, presque d’inaccessible, et que l'acharnement rendait accessible (j'ai des souvenirs d'école prégnants, où la dose d'énergie déployée par mon entourage et par moi-même me semble aujourd'hui tout à fait folle.) »

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Jean-François Foulon présente son nouveau roman "Ici et ailleurs"

Publié le par christine brunet /aloys

 

COURTE BIOGRAPHIE :

 

Jean-François Foulon est né en 1960 au cœur de l’Ardenne, d’un père belge et d’une mère française. Licencié en philologie romane (université de Liège), il travaille à Bruxelles dans le secteur public mais vit en Wallonie (Hainaut). Passionné de lecture et d’écriture, il a collaboré à différentes revues littéraires comme Le Journal de la Culture, La Presse Littéraire et Le Magazine des Livres. Il  a déjà publié deux livres chez Chloé des Lys : un roman, « Obscurité » (2015) et un recueil de poésie, « Le temps de l’errance » (2016).

 

RESUME DU LIVRE

 

Ce livre de nouvelles (ou plus exactement de longs récits) est divisé en trois parties. « Afrique » ressemble à un roman et nous propose six regards croisés sur un même fait dramatique : l’assassinat d’une jeune doctoresse travaillant pour Médecins Sans Frontières. « Amérique », qui nous entraîne de l’Argentine à la Bolivie, en passant par le bassin de l’Amazone, traite davantage des problèmes sociaux et de la lutte du peuple contre son exploitation. Enfin, « Europe » aborde des thèmes qui nous sont bien connus comme la maladie, le chômage, la solitude et la perte des illusions.

 

L’auteur nous fait voyager et réfléchir aux dérives des civilisations et du pouvoir. Il pointe du doigt les abus et l’asservissement de l’être humain à d’autres hommes, avec la bénédiction du dieu « Profit ». Tout en égratignant le rôle de la colonisation, il dénonce l’injustice sociale et met en avant le besoin de liberté, commun à tous les êtres. Bref, ce livre est plein d’empathie pour ceux qui souffrent ou ont souffert.

 

EXTRAIT DE LA NOUVELLE « LE TEMPLE DU SOLEIL »

Le camion aborde le premier virage en lacet. Le moteur cogne, le changement de vitesses grince. Derrière, une épaisse fumée noire jaillit du pot d’échappement. Il n’y a rien à faire : la pente est trop forte. Il va falloir qu’il se déporte à l’extrême gauche ou il ne passera pas!  Instinctivement, le chauffeur a réagi : il braque le volant autant qu’il peut. Le bahut se déplace, le voilà de l’autre côté de la route. Le pneu avant mord même la poussière du fossé ! Cela fait un de ces nuages ! Les branchages griffent la carrosserie. Pourvu qu’il ne vienne rien en face. Non, ouf, c’est fini ! Le premier virage est passé. Il n’y en a plus que deux mille cinq cents quatre-vingt-quatre.

 

C’est qu’elle les connaît, Isabel les virages qui mènent à l’Altiplano. Cela fait cinq ans, maintenant, qu’elle fait la route, toujours la même. Elle charge des marchandises en bas, dans la forêt, et elle les achemine là-haut, dans la capitale. Cela peut paraître simple, mais ce ne l’est pas. En bas, c’est l’équateur, la forêt vierge, la chaleur, les moustiques, la malaria. En haut, ce sont les montagnes et les deuxièmes du monde encore bien. La Paz culmine à 3.658 mètres d’altitude et le lac Titicaca n’est pas loin. D’un côté, c’est l‘été, de l’autre l’hiver. Et puis il y a les habitants. Tous des Indiens, certes, mais tellement différents. Les gens de la plaine ont une certaine mentalité, ceux des sommets une autre. Leur seul point commun, c’est d’être tous des Indiens. C’est déjà ça. Et elle, Isabel, elle est comme un trait d’union entre ces deux mondes. Indienne aussi, forcément, comme tout le monde en Bolivie. N’empêche que le fait d’être une femme a quelque chose de singulier. Tous les autres chauffeurs sont des hommes, elle doit être la seule femme de la profession et elle en est fière. Comme elle est fière d’amener dans la capitale andine toutes ces nourritures exotiques de la plaine. Originaire de la zone intermédiaire des collines, elle se sent partout chez elle. Ce qui signifie aussi qu’elle est étrangère des deux côtés. Elle n’est pas de l’Amazonie, mais elle n’est pas non plus des sommets andins. Qui est-elle finalement ? Elle serait bien en peine de le dire. Alors elle voyage et essaie de trouver son identité sur les routes, entre les chaleurs étouffantes de la forêt et les crêtes brumeuses des montagnes.

 

Mais voilà le deuxième virage. Il tourne dans l’autre sens, celui-là, de la gauche vers la droite. Ce sera donc plus facile, elle ne sera plus du côté du précipice et bénéficiera de la pente la moins raide. C’est déjà ça. Il faut dire que la route est à peine asphaltée. Pourtant elle l’a été autrefois, à certains endroits en tout cas... Mais il y a longtemps de cela et la nature a repris ses droits. Le macadam, petit à petit, s’est effrité et il ne faut pas croire que le gouvernement l’a remplacé. Non. D’ailleurs il ne faut jamais compter sur le gouvernement ! Les politiciens, là-haut, à La Paz, ont autre chose à faire. La révolution pour commencer ! Et puis, une fois qu’ils sont au pouvoir ils pensent un petit peu à eux. C’est normal après tout, ils ont tout de même risqué leur vie dans ces coups d’état. Alors, dès qu’ils sont installés derrière leur beau bureau de président ou de ministre, ils essaient de compenser, c’est-à-dire de s’enrichir par tous les moyens. Qui pourrait le leur reprocher ? S’ils sont d’origine modeste, on ne les pendra pas au sérieux tant qu’ils ne seront pas riches. Et s’ils proviennent d’une famille de notables, on ne trouverait pas normal qu’ils baissent de statut et qu’ils s’appauvrissent. Un député, un sénateur, un ministre, cela doit être riche pour être respectable, un point c’est tout. Ici, en Bolivie, vous ne rencontrerez jamais un être humain qui pensera le contraire.

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Belinda, fille des hauts plateaux de Cléopâtre Mertens dans Le Bibliothécaire

Publié le par christine brunet /aloys

Belinda, fille des hauts plateaux de Cléopâtre Mertens dans Le Bibliothécaire
Belinda, fille des hauts plateaux de Cléopâtre Mertens dans Le Bibliothécaire

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Anne-Sophie Malice nous présente " Lettres ouvertes à Pierre"

Publié le par christine brunet /aloys

 

Biographie


Anne-Sophie Malice...j'aurais choisi Malice en pseudo et viré l'Anne et la Sophie en optant pour Juliette.

Née le 31 décembre en terre montoise... mais l'arrière de la coccinelle bleue ciel des parents aurait été plus rock n'roll.

J'ai marché tard, fait mes dents tard. Pourtant j'ai avancé, en me cassant la figure, pour mieux me relever.

 

Les Beaux-Arts, leurs portes ouvertes à la communication et le non jugement, les autres portes, blindées. Une licence en dessin, je ne touche quasiment plus un feutre.

 

L'écriture, la photo numérique en parfaite amateur, j'aime.

Des bouts de rien, des virées en moto et faire mouche en tir sportif font mon bonheur au quotidien .

 

Je gribouille, avec des traits, des mots et des instants dérobés.


Résumé
 

J'ai écrit, durant quelques mois, après le suicide de Pierre et « ma » thrombose, en 2015.
C'est ce que j'ai écrit de plus personnel jusqu'à présent.

Même si je parle souvent de ce qui me touche, je détourne, tergiverse, fais de l'humour.
Ici, même avec la dérision, je dis les choses.

 


Extrait

 

 

- Lundi 11 mai 2015.

Nietzsche a écrit : "La pensée du suicide est une consolation puissante, elle aide à passer plus d’une mauvaise nuit."
Ça ne s'invente pas, ça se vit.
Je suis la preuve vivante que cette citation n'est que vérité.
J'ai passé des nuits plus paisibles en me disant que je pouvais mourir quand je l'aurais décidé.
Jusqu'au jour où j'ai essayé de mourir et que j'ai lamentablement échoué.
Quand on se réveille,
on se liquéfie.

Surtout en constatant qu'on a rempli sa petite culotte.
J'avais 20ans, j'étais jeune et presqu'innocente.
Moralité: j'ai encore de belles nuits devant moi.

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Le blog Legere imaginare peregrinare a chroniqué "Convergences" de Christine Brunet

Publié le par christine brunet /aloys

https://legereimaginareperegrinareblog.wordpress.com/2017/03/30/passion-thriller-convergences-christine-brunet/#more-10846

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Passion thriller: Convergences, Christine Brunet.

L’auteur:christine brunet

Née dans le sud de la France, elle passe toute son enfance à Aubagne, patrie de Marcel Pagnol. Passionnée de langues, elle effectue ses années de lycée à Marseille et passe un baccalauréat littéraire, spécialisation russe. Elle poursuit alors des études linguistiques poussées qui l’amènent à Prague, à l’université Charles où elle perfectionne son tchèque puis… au Caire où elle tente d’apprivoiser la langue arabe.
 
Elle part en Bourgogne puis en Grande-Bretagne. C’est à Preston qu’elle commence à écrire, d’abord des récits de science-fiction puis des romans d’aventure. Enfin, elle s’essaie au roman policier et aux thrillers. Après un détour de quelques années en Auvergne, en plein cœur des Combrailles, elle retrouve Marseille et sa Provence natale.
aubagne
Aubagne

De ses années de classes préparatoires,  elle garde un goût très prononcé pour la littérature dite « classique » et une soif d’apprendre qui la conduit aux quatre coins du monde à la rencontre de la différence. De Madagascar au Ladakh, du delta de l’Orénoque au Gobi… elle exerce son esprit critique et son sens du partage.

 
les petits papiers de chloéAujourd’hui rédactrice en chef de la revue littéraire « Les petits papiers de Chloé » initiée par les Editions Chloé des lys et nouvelle collaboratrice de l’éditeur belge, elle poursuit sans relâche son travail d’écriture. Elle est également la présentatrice d’ACTU TV, une émission mensuelle à voir et à revoir sur  Actu-TV.net. Elle est également directrice de Chloé des lys Collection. (Éléments de biographie trouvés sur le site de l’auteur et repris avec son aimable autorisation.)

 

Le roman:

Convergences , septième roman de Christine Brunet, est paru en octobre 2015 aux éditions Gascogne. C’est la première apparition du médecin légiste Gwen Saint-Cyrq et de son collègue Yvon Signac.

Tous les ingrédients d’un bon film d’aventures figurent dans ce roman: poursuites, rebondissements, enlèvements, bagarres, exploration de souterrains mystérieux, trafics en tous genres…Convergences est construit selon un plan complexe d’intrigue à tiroir qui se situe sur plusieurs niveaux imbriqués les uns dans les autres avec de nombreuses ramifications; pourtant, chacun d’entre eux ramène au même point de « Convergence »: Gwen Saint-Cyrq.

Le style très fluide adopte un mode d’expression presque télégraphique dans les moments d’action ou de tension, ce qui les rend plus forts, plus immédiats en quelque sorte, avec un suspense haletant, comme au cinéma: « Une pente ascendante, une porte, entrouverte. Ils échangèrent un regard méfiant (…) derrièreconvergences, des escaliers et le silence(…) Un palier donnant sur d’autres battants. Du pile ou du face…Toujours aucun bruit. » (Page 216).

Les descriptions sont très précises, très réalistes, comme ce moment où Gwen progresse dans le conduit du souterrain: « Grimper, ensuite…Les orteils écrasés contre la paroi, les doigts crispé sur la moindre aspérité, chaque centimètre gagné était une victoire. Un autre coude à négocier, plus simple parce qu’à plat. Elle en venait à regretter le trou boueux des oubliettes(…)Elle poussa la grille de l’épaule en y jetant ses dernières forces. La protection en ferraille céda brusquement et alla percuter une lampe sur le bureau juste au-dessous. Le bruit de sa chute se répercuta dans le vide. » (Page 183). Des phrases courtes, des mots qui s’enchaînent donnent cette impression de proximité, un peu comme dans un film, comme si le lecteur vivait les aventures des personnages en direct. Procédé qui entretient une certaine tension qui donne envie de progresser dans le roman page après page, avec fébrilité…

 

L’intrigue:

Suite à la disparition de son épouse Jeanne, et bien que le corps n’ait pas été retrouvé, le marquis Martin de Saint-Amand de Fontalèvre, diplomate, est accusé de l’avoir tuée. Le marquis n’a pas d’alibi et, comble de malchance, le couple venait d’avoir un violent accrochage devant témoins. Ils se trouvaient au château de Puymartin pour quelques jours de vacances.

château d epuymartin
Château de Puymartin

Marie-Anne et Luc, inspecteurs de l’équipe de Renaud Marsan de SIRC ,envoyés sur place pour mener une enquête, ont également disparu. On est sans nouvelles d’eux depuis quatre jours.

Fait intriguant: deux ans et demi plus tôt, un sans-abri et deux retraités ont également disparu sans laisser de traces. Ces disparitions mystérieuses ont-elles un lien avec les disparitions de Jeanne et des deux policiers?

Suite à la prière de son ancien chef, Gwen accepte de mener une enquête sur les lieux des disparitions. Partie en reconnaissance dans les environs de Sarlat, Gwen trouve un squelette humain à moitié enfoui dans un chemin dans les sous-bois de la forêt de Badane, située entre Commarque et Sireuil (Je rassure les lecteurs qui ne connaîtraient pas cette région: une carte détaillée figure au début du roman); puis elle trouve un autre cadavre. Mais pourquoi la gendarmerie de Sarlat ne répond pas à ses appels?

Une fois l’enquête close, chacun repart de son côté, Signac à Paris, Gwen à Marseille où elle a enfin accepté de travailler au IERM, avec Sillas Lajoigny qui devient donc son nouveau patron. Pourtant, lorsqu’elle retrouve quelques échantillons qu’elle pensait détruits, elle décide de reprendre l’enquête sur Saint-Amand car elle pense que le diplomate, malgré sa relaxe, n’est pas aussi clair que la précédente enquête l’a déterminé. Elle retourne donc dans le Perigord et découvre que Signac, affecté à la protection de Saint-Amand, est également sur place. Lajoigny accepte de « prêter » Gwen à Marsan afin de boucler l’enquête et de répondre aux questions laissées en suspens. Qui faisait le vide en tuant les protagonistes les uns après les autres? Giron sur les ordres de Diane? Giron seul pour assurer ses arrières? A moins que la marionnette n’ait décidé de couper ses fils et de prendre le large avec tout ou partie du butin convoité par la bande?

L’intrigue, bien plus complexe qu’on aurait pu le croire, s’avère un vrai sac de nœud: quelle est l’implication réelle de Josépha, la veuve de Jérôme Signac? Que mijotait le frère d’Yvon Signac au moment de sa mort? Était-il un « ripou »? Autant de questions qui devront un jour ou l’autre trouver leur réponse…

périgord noir
Périgord Noir
L’enquête: 

A l’instar des autres compartiments du roman, l’enquête, son déroulement, ses aspects techniques sont très bien décrits et documentés, donnant l’impression de regarder un film. Ainsi, voir Gwen à l’oeuvre est très instructif: « Elle tira les gants de latex du petit sac à dos noir qui ne la quittait presque jamais en mission et souleva délicatement le chemisier taché de boue orange (…) Elle tira un petit sachet plastique zippé, une pince à épiler, effectua quelques prélèvements, juste au cas où, puis rangea le tout dans la poche translucide. Elle bascula le corps doucement sur le côté et découvrit une blessure profonde à la base du crâne… » (Page 41)… »Elle inscrivit rapidement quelques mots sur un calepin ouvert à côté d’elle puis passa aux échantillons prélevés sur la fille. Quatre sachets. Elle choisit le résidu de terre sous les ongles, prépara le prélèvement, étiqueta les préparations et en plaça une goutte entre les lamelles du microscope électronique tandis qu’elle insérait le reste dans le spectromètre. Elle plaqua son œil droit contre l’optique, effectua un réglage minutieux et plissa le front… » (Page 43).

Les personnages:

  • Gwen Saint-Cyrq: médecin légiste; physique très atypique: « Des mèches de longs cheveux noir corbeau très raides sur le devant, rasés sur la nuque mettaient en valeur des yeux bleu glacier soulignés par une épaisse couche de khôl noir et une frange couvant le front un peu haut. Une multitude de piercings en argent complétait l’apparence un peu décalée de la légiste. » (Page 19); elle est petite et maigre. Chaque fois qu’elle se retrouve dans une situation délicate, son esprit d’analyse prend le dessus jusqu’à ce qu’il trouve une faille permettant de s’en sortir. Dans cette première enquête où elle apparaît, peu à peu des détails concernant son histoire personnelle sont dévoilés, d’où le titre Convergences…Afin de ne pas spolier le plaisir des lecteurs de les découvrir par eux-mêmes, je n’en dirais pas plus.  Néanmoins, il est intéressant de s’attarder quelque peu sur un aspect de son personnage: son professionnalisme. Elle fait preuve de beaucoup d’astuce, elle est intelligente et apprend vite de ses erreurs. Le roman fourmille de précisions concernant le soin qu’elle prend à se préparer pour une autopsie, la minutie avec laquelle elle procède à des recherches complémentaires, que ce soit sur internet ou sur le terrain; elle est consciencieuse, très compétente…mais elle a un caractère de chien et ne se laisse pas marcher sur les pieds. « Yvon Signac quitta le restaurant, l’esprit ailleurs, perturbé par la conversation qu’il venait d’avoir avec Saint-Cyrq, sa façon d’aborder l’affaire en toute transparence et avec professionnalisme. Toutes les hypothèses étaient étayées de faits et de preuves scientifiques. » (Page 109).
  • Renaud Marsan: commissaire au SIRC, ancien chef de Gwen.
  • Yvon Signac: ancien collègue de Gwen qu’il déteste, lui attribuant le suicide de son jeune frère Jérôme, ancien co-équipier de Gwen.
  • Lieutenant-colonel Reille: chef du commissariat de Sarlat.

     

    sarlat
    Sarlat
  • Lefèvre: magnétiseur, rebouteux qui vit dans une cabane à côté du château de Puymartin; petit maigre aux yeux ronds comme des billes, trop fixes.
  • Jeanne de Saint-Amand: l’épouse disparue du diplomate Martin de Saint-Amand; Lefèvre la décrit comme étant « une vraie garce, hautaine et mal embouchée ».
  • Martin de Saint-Amand: diplomate.
  • Sillas Lajoigny: nouveau patron de Gwen au IERM de Marseille.
  • Philippe Giron: truand notoire.
  • Mehdi: ami de Gwen; légiste au IERM de Marseille.
  • Jean-Marc Giron: frère de Philippe Giron; amant de Josepha, belle-sœur de Signac, deux ans plus tôt.
  • Josepha Signac: veuve de Jérôme Signac; maîtresse et complice de Philippe Giron.
  • Le duo Gwen / Yvon Signac: une mention particulière à ce duo de personnages dont la relation complexe tisse le canevas de l’intrigue, l’ influençant et lui donnant de l’épaisseur: leur passé commun au sein du SIRD, deux avant la présente enquête, avec la mort de Jérôme, frère de Signac et équipier de Gwen, dans des circonstances tragiques. Le ressentiment profond de Signac qui attribue la responsabilité de ce drame à Gwen, sans doute pour masquer sa propre implication involontaire, est le moteur de son comportement avec elle. Le hic est que cette haine farouche gangrène son jugement au point de mettre parfois en péril leur enquête. J’avoue que cet aspect du personnage de Signac est parfois un peu lourd; on aimerait que l’abcès soit crevé une bonne fois pour toute.

Les lieux:

L’intrigue se déroule selon deux axes: le Périgord noir et la Côte d’azur. Tout comme les personnages et les détails techniques de l’enquête, les lieux sont décrits avec minutie et précision car, loin de ne servir qu’à meubler, les différents décors participent à l’action même.

L’intérieur du château de Commarque: « Une porte verrouillée, qui ne fit aucune difficulté, lui ouvrit une grande salle au décor XIV ème selon l’explication plaquée sur la pierre. Une reproduction de heaume au sol, une fenêtre à colonnettes donnant sur la campagne environnante puis l’accès à la plate-forme elle-même. Elle retint sa respiration, époustouflée par la vue magnifique: juste en face Laussel en bien meilleur état que Commarque, sans doute restauré et plus récent. » (Page 35).

mas provençal

La maison de Gwen, en Provence: « Le mur appartenait à une petite maison provençale aux volets ouverts peints en vert olive. De chaque côté, collée entre de petites pierres plates dressées, une terre poussiéreuse blondie par le soleil et le calcaire, chargée de lavandes et de lauriers encore en fleurs. Plus loin, un mimosa et deux oliviers centenaires aux tronc torturés étalaient leur feuillage vert de gris vers la maison. » (Page 18).

Le paysage provençal: « …devant lui, un chemin de terre étroit, recouvert d’une épaisse couche d’aiguilles de pin, s’enfonçait sous le couvert de la forêt méditerranéenne. Un peu plus haut, la route continuait à sinuer vers le Camp et le col de l’Ange. Plus bas, après des courbes en épingle à cheveux, Ceyreste avant d’atteindre les plages de La Ciotat. » (Page 17).

Et pour finir, la grotte: « Elle s’émerveilla devant la complexité des concrétions: draperies de calcite blanche et cristallisations d’aragonite couvrant des concrétions plus anciennes et, parfois même, des œuvres d’art. Certains piliers étaient effondrés. Elle eut soudain l’impression d’avoir, non seulement changé de monde, mais d’avoir aussi basculé dans le temps: le faisceau de la lampe rencontrait déjà les premières gravures dans un environnement minéral fantasmagorique. » (Page 317).paysage provençal

 

Mon avis:

Roman bien construit, malgré son foisonnement qui peut parfois égarer le lecteur. Beaucoup de scènes d’action, de suspense aussi, de moments où l’on se demande comment les enquêteurs vont se sortir du pétrin dans lequel ils se sont fourrés, soit par négligence, soit par imprudence, non respect des consignes de sécurité, rendant la lecture addictive.

Ce qui m’a particulièrement plu: les nombreux fils de cette histoire nous ramènent sans cesse au passé trouble de Gwen, à son enfance particulière, le contexte dans lequel elle a grandi, les personnes qui l’ont élevée, façonnée en quelque sorte, l’auteur ne révélant que des bribes savamment distillées tout au long du roman. Egalement le rythme soutenu, sans temps mort: on ne s’ennuie jamais dans les romans de Christine Brunet qui entraîne ses lecteurs dans une enquête pleine de surprises et de rebondissements, avec des personnages complexes, ni tout bons, ni tout mauvais, irritants ou attachants mais qui ne laissent pas indifférent.

Un excellent thriller passionnant, qui se lit de bout en bout malgré les 400 pages, qui a le mérite de distraire tout en faisant découvrir de très belles régions, des paysages magnifiques sur lesquels on s’attarde malgré la tension narrative. A quand la suite ???

Extrait:

« Le bruit de sa respiration dans le détendeur, la descente lente dans l’univers bleu limpide vers grotte sous-marinedes fonds tapissés de posidonies entre lesquelles broutaient et chassaient dorades, rascasses, mérous, girelles et sars…Magnifique. Cette quiétude parfaite lui fit oublier quelques secondes le but de sa plongée. »

 

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La liberté, un texte de Paul Maakad

Publié le par christine brunet /aloys

 

La liberté

 

 

Ecrire rend libre. Pour certains, c’est le sport, d’autres, le théâtre ou encore la musique. Etre libre veut dire être Homme, tout simplement : utiliser sa capacité de réflexion, pas seulement de répétition, sa capacité d’empathie, pas seulement de compassion.

 

L’animal dort, boit et chasse pour se procurer les moyens matériels de sa subsistance. L’être humain dort, boit et assure sa subsistance également. En revanche, il pense aussi ; ou plutôt, il peut penser. Car la véritable pensée rend libre, rend Homme ; la simple singerie – qui prend souvent les traits des idées inédites – laisse prisonnier du seul matériel, tel l’animal.

 

Ainsi, l’état d’Homme, état de liberté, se gagne, se construit ; comme toute construction, elle est laborieuse, pénible, elle demande des efforts et du temps… elle passe aussi par des moments de doute, de déception, de torpeur. Elle est fragile, humble et forte à la fois.

 

Que ne force plus le respect que les chefs-d’œuvre artistiques, sportifs ou encore les dons de soi charitables ? Pourquoi nous extasions-nous devant les auteurs de telles merveilles, sinon parce qu’ils font preuve de leur humanité profonde à travers leurs ouvrages, c'est-à-dire l’utilisation de leur pensée, de leur liberté la plus épurée, détachée de tout contrainte de survie – considération propre aux bêtes ?

 

Enfant déjà, ce besoin de liberté, de devenir Homme, est revendiqué par le jeu – seule activité qui se départisse de l’obsession de cette contrainte ; cependant que sous prétexte de bienséance, il se trouve au fur et à mesure bridé dans son élan le plus beau, le plus noble. Et cela se poursuit tout au long de la vie, à toutes les étapes de l’existence. C’est pourquoi la liberté n’est jamais acquise, elle est lutte constante contre les autres, mais aussi contre soi-même.

 

Penser, penser vraiment – pas seulement imiter – requiert du courage, de l’énergie et de l’audace. Il est tellement plus confortable de rester animal. Pourquoi s’évertuer à devenir libre, à devenir Homme alors, si cela demande tellement de volonté ?

Certains caractères s’accommodent aisément du simple confort matériel – de cette bride qui, sous couvert des strasses et des paillettes de la réussite carriériste sacro-sainte, n’est autre que leur geôlier le plus perfide. D’autres s’en contente moins, voire pas du tout.

 

La liberté est donc question de choix ; elle n’est pas devoir, mais vouloir. Aussi ne peut-elle être donnée de l’extérieur.

En choisissant d’écrire, de jouer, de chanter, de faire du sport, de se donner pour les autres, l’Homme se soustrait à l’impératif mécanique de survie pour exprimer sa qualité d’être pensant, refusant le seul déterminisme animal. Par la même, il conquiert sa liberté.

 

 

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Le blog "Des mots et des notes" a chroniqué "Villa Philadelphie" d'Edmée de Xhavée

Publié le par christine brunet /aloys

https://desmotsetdesnotes.wordpress.com/2017/04/14/villa-philadelphie/

https://desmotsetdesnotes.wordpress.com/2017/04/14/villa-philadelphie/

Présentation de l’éditeur :

Aimée et Richard, un mariage que raison et amour ont nourri de bonheur. Et voici que l’on prépare les doubles noces de leurs deux filles : Rosalie est l’impatiente fiancée d’Antoine Delbrassine et Evelyne, avec moins d’enthousiasme, celle d’Edouard du Lyncé. Et si ce double évènement semble, aux yeux des parents, mettre en évidence une affectueuse complicité entre les deux sœurs, la vérité est bien autre. Et ne pourra qu’émerger peu à peu, au cours de ces 40 années passées en étrange voisinage dans la « Villa Philadelphie », deux maisons jumelles destinées à garder les sœurs unies dans leurs vies de femmes…

C’est qu’elles vont changer, Rosalie et Evelyne…

C’est parce que je suis abonnée à son blog que j’ai eu envie de découvrir la plume d’Edmée de Xhavée à travers un texte plus long que ses billets hebdomadaires. J’ai hésité entre des nouvelles ou un roman et j’ai choisi cette histoire de famille et de maison (ce qui fait, encore une fois « par hasard », un lien avec ma lecture de Jacqueline Harpman cette semaine.) Ce billet me donne aussi l’occasion de présenter un ouvrage d’une petite maison d’édition belge, pilotée par des bénévoles, dont le siège est à une quinzaine de kilomètres de chez moi, Chloé des Lys.

Dans cette Villa Philadelphie, nous suivons l’histoire de deux soeurs, Rosalie et Eveline, dont les parents leur ont offert deux maisons mitoyennes à l’occasion de leur mariage. Richard et Rosalie ont sans doute cru que leur propre relation fusionnelle allait être vécue à la fois par les deux soeurs et par les deux couples. Mais les dés étaient pipés dès le départ : Aimée, tout à son amour pour Richard, a accepté avec joie la naissance de la première file, « Rosalie jolie », qui s’est glissée dans l’image du couple parfait et a reçu (comme sa mère) sa part de reconnaissance, de gâteries, de louanges sans partage. L’arrivée tardive de sa soeur a chamboulé cet équilibre et la jalousie s’est sournoisement installée dans le coeur de l’aînée. Aimée n’a jamais vu ou voulu voir ce poison lent dans le coeur de sa fille chérie, elle a toujours cru être équitable alors qu’elle continuait de servir la part énorme d’attention que Rosalie exigeait pour exister, sans en faire autant pour Eveline. Celle-ci s’est construite presque seule, à bas bruit.

Quand le temps du mariage est venu, Rosalie a prestement chipé Antoine, ému par Eveline, et a vécu un amour passionné avec lui tandis que la cadette se contentait alors d’un mariage de convenance avec un Edouard à pleurer d’ennui. C’est la maternité qui a permis à la jeune femme de se révéler, toujours tout en discrétion malgré tout. Les deux couples, généreusement suivis et aimés par les parents d’Eveline et Rosalie, ont évolué dans deux maisons avec véranda et jardin partagés. Bien sûr, au fil du temps, de 1920 à 1960, la vie, les gens (ou pas…) évoluent avec les événements, et les sentiments aussi…

Ce qu’Edmée de Xhavée a voulu raconter à travers l’histoire de ces deux soeurs qui ne s’aiment pas autant que le titre du livre le voudrait, ce sont plusieurs « formes d’amour » : amour parental, amour conjugal, amour fraternel, amour filial… autant de facettes d’un sentiment qui construit, cimente, sublime les vies ou au contraire les abîme, les étiole quand il est mal vécu. On sent qu’Edmée aime observer les relations interpersonnelles, le vivre ensemble et c’est ce que j’ai aimé dans ce roman: les pages se tournaient toutes seules pour savoir ce qui allait se passer entre ces deux soeurs et dans cette famille à la fois agaçante et attachante. Comme toutes les familles, me direz-vous… oui, c’est pourquoi il ne faut pas espérer non plus de grands fracas dans cette histoire, mais la vie, le quotidien, ce qui rend des choses et des gens a priori insignifiants finalement remarquables, riches du poids de leur histoire. Celle-ci est placée à Verviers, une ville provinciale à l’est de la Belgique, qui a connu la prospérité puis le déclin avec les industries lainières.

Bon, il me faut avouer qu’au niveau éditorial, j’ai été un peu déroutée par l’abondance de virgules et quelques fautes d’orthographe, le roman aurait mérité un petit toilettage supplémentaire, mais cela n’a pas trop gâché mon plaisir de découvrir la plume d’Edmée de Xhavée, sa finesse psychologique et sa sensibilité.

« Tout avait été dt entre eux et ne serait pas oublié.L’amour palpable, serein, sans ambiguïté ou tromperie.

Une évidence venait de leur être criée plus fort et plus violemment qu’aucune tempête ne le pourrait jamais : il y avait de multiples formes d’amour. Mais il n’y avait qu’un seul amour. Il n’avait ni forme ni visage. Il était l’Amour et sa flèche se plantait dans un éclair de lumière, qu’on ne pouvait confondre avec aucune forme d’amour. » (p. 143)

Edmée DE XHAVEE, Villa Philadelphie, Editions Chloé des Lys, 2016

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Alain Magerotte présente "Chaos" de Bob Boutique à l' A.E.B l'Association des Ecrivains Belges, le mercredi 19 avril 2017

Publié le par christine brunet /aloys

Alain Magerotte présente "Chaos" de Bob Boutique à l' A.E.B l'Association des Ecrivains Belges, le mercredi 19 avril 2017
Alain Magerotte présente "Chaos" de Bob Boutique à l' A.E.B l'Association des Ecrivains Belges, le mercredi 19 avril 2017
Alain Magerotte présente "Chaos" de Bob Boutique à l' A.E.B l'Association des Ecrivains Belges, le mercredi 19 avril 2017



Bob Boutique est le fondateur et le directeur des programmes d’Actu-Tv, une web télé qui vient de fêter ses 7 ans d’existence. Actu-Tv, c’est une heure et demie consacrée à la littérature et aux arts associés. Actu-Tv, c’est près de 15.000 podcasts visionnés par émission et près de 200.000 clics sur la chaîne You Tube qui comporte déjà 900 reportages ! Excusez du peu comme dirait Christophe Giltay, journaliste adipeux (un comble pour un journaliste) spécialiste de la politique française sur RTL Télévision. 

Mais Bob Boutique, c’est avant tout un écrivain, un auteur. Aussi, quand le sieur Boutique m’a suggéré de présenter son dernier opus à l’Association des écrivains belges, j’ai accepté tout de suite avant de réfléchir.

Réfléchir à quoi ?... Et bien que, d’abord, en guise d’introduction, comme cela se fait à chaque présentation d’un bouquin, il faut présenter l’auteur. Facile, me direz-vous, suffit de se documenter… ah oui, et bien, si c’est si facile, expliquez-moi alors comment présenter quelqu’un qu’on ne présente plus ? Dites-moi…cela relèverait-il du fantastique, du bizarre ?... 

Le bizarre… tiens, tiens, ça me dit quelque chose… Mais oui, mais c’est bien sûr comme disait l’inspecteur Bourrel cinq minutes avant la fin, notre homme, je parle de Bob Boutique, bien sûr, a commencé sa carrière d’écrivain avec des Contes bizarres. Il y a eu deux tomes et toutes celles et ceux qui les ont lus attendent avec une impatience fébrile que jalouserait un chanteur à minettes en vogue, un troisième volume qui, malheureusement, n’est pas prêt de venir puisque Bob Boutique s’est converti au roman fleuve du genre thriller. D’ailleurs, «Chaos» n’est pas son coup d’essai dans le genre, mais son deuxième si on ne tient pas compte des «dix petites négresses».

Mais, n’anticipons pas. Quelques mots sur ces «Contes bizarres» qui le méritent largement même si ce n’est pas le sujet du jour.

Tous ces Contes commencent par «Il était une fois» et le twist final est annoncé par «Et il arriva ce qui devait arriver»… une marque de fabrique !

Des Contes qui démarrent dans la réalité, presque banale, du quotidien. Un quotidien qui va progressivement ou subitement dévier vers un imprévisible tragique, le tout traité avec une légèreté prêtant à sourire, voire carrément rire, malgré ce côté dramatique. Savante alchimie entre le tragique et le burlesque ! Il faut également mettre en exergue le souci de vérité de l’auteur dans le langage des protagonistes et cela, notamment, selon leur situation sociale. Un langage populaire donnant à ces contes une saveur supplémentaire. D’ailleurs, Bob n’hésite pas à glisser ça et là des expressions bruxelloises, des mots flamands et même à s’adresser directement aux lecteurs.

On retrouve cette verve dans son premier roman, «Les dix petites négresses». Vous l’aurez compris, c’est une parodie du célèbre roman d’Agatha Christie, «Les dix petits nègres».

Outre un style propre, Bob Boutique pousse ici l’originalité dans le choix des personnages… il met en scène dix femmes ressemblant plus qu’étrangement à dix amies écrivaines comme Barbara Y. Flamand, Edmée de Xhavée, Silvana Minchella ou encore Carine-Laure Desguin… je signale que les auteures citées font partie de l’A.E.B.

Dix femmes qui se retrouvent dans une grande bâtisse sur une île à la merci d’un certain Laurent Duciment, allusion à peine déguisée au boss des Editions Chloé des Lys, Laurent Dumortier. 

Au départ, le texte «Les dix petites négresses» devait se présenter sous la forme d’une Nouvelle… mais, la fièvre de l’écriture aidant, voilà ce texte transformé en grande Nouvelle d’abord avant de passer ensuite et in fine au stade de mini roman.

En 2015, Bob Boutique sort son premier roman fleuve, un thriller, «2401». Un thriller qui flirte avec le fantastique, «L’île du docteur Moreau» de H.G. Wells n’est pas loin. 

L’histoire commence dans la petite entité de Chamy qui comprend une centaine d’âmes. Parmi, celles-ci, 7 sont persécutées par un «corbeau». Des victimes au passé pas très net ! Il s’ensuit une enquête, des meurtres. Ici, les policiers qui mènent la danse sont belges, hollandais et suisses. 

Hollandais surtout, ils appartiennent à la KMAR (Koninklijke Marechausse Amsterdam)… lui, c’est Johan Verdriet, dit le bouledogue, elle, Lieve Moed, jeune inspectrice audacieuse et amoureuse du bouledogue…

Nous retrouvons ces deux héros dans «Chaos» sorti au début de l’année 2017. Un thriller de près de 500 pages dont nous allons vous parler aujourd’hui… 

Alain Magerotte

Publié dans présentations

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