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Carine-Laure Desguin fait son show !

Publié le par christine brunet /aloys

Carine-Laure Desguin fait son show !

 

— Allô, Carine-Laure ?

— Oui…

— C’est Sophie !

— Ah ! Sophie ! Je t’écoute !

— Ben voilà, avec des jeunes de la Joc, on nage ! Pas dans une piscine, eh non, en plein dans un atelier d’écriture…

— Et pas de bouée…

— Eh non, pas de bouée…Il y a deux groupes et dans un des deux groupes, il y a des tonnes d’idées mais elles ne scotchent pas sur le papier, pas d’atterrissage ! Tu ne saurais pas passer par là… ?

— Possible, possible…Tu m’en dis un peu plus, Sophie ?

Bla bla bla bla bla bla…

Sophie, je lui fais confiance. Une fille super. Objective, la tête sur les épaules. C’est Sophie qui organise les expos de La Braise (rue Zénobe Gramme, 29, à Charleroi) et croyez-moi, ça c’est de l’organisation ! Merci Sophie car grâce à toi, j’ai exposé mes textes en décembre 2011 !

Ce matin, un atelier d’écriture avec Thomas, Emilie, Pierrot et Xavier. Trois heures remplies de beaux échanges et des idées, c’est vrai, il y en avaient ! Ça giclait de partout ! Nous en avons attrapées quelques unes au vol et plops, scotchées sur le papier…

Le thème ? Ben bande de petits curieux ! Je ne peux rien dire ! Chuuuut ! Il s’agit d’un conte ! Ou plutôt, d’un anti-conte ! Vous voyez ? Et moi, une fois que j’ai su que c’était un truc un peu anar, un peu anti….J’ai bondi à pieds joints !

Merci à Emilie, Xavier, Pierrot et Thomas ! J’ai appris pas mal de trucs ce matin ! Rendez-vous est fixé et d’ici quelques semaines, le texte sera finalisé et ….diffusé !

— Et à part tout cela, Carine-Laure, quoi de neuf? Une séance de dédicace à la bibliothèque de Thuin le samedi 14 juin entre 10h et 13h....Et l'adaptation théâtrale de Rue Baraka....Tu recherches une troupe, un théâtre...Mais encore?

— Tout est ici!


 

http://carinelauredesguin.over-blog.com/article-a-part-tout-ca-carine-laure-quoi-de-neuf-122722335.html

Carine-Laure Desguin fait son show !Carine-Laure Desguin fait son show !

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Christine Brunet a lu l'Annonciade de Didier FOND

Publié le par christine brunet /aloys

 

L'annonciade

 

 

 

Premières pages surprenantes. Je pensais avoir affaire à un polar, me voilà propulsée au moment de la Génèse, spectatrice involontaire de la création de la Terre, des Humains aux côtés de Dieu et d'un archange envieux... qui pointe du doigt les travers violents des créatures auxquelles le grand patron vient d'insuffler la vie. Mécontent, l'ange se voit confier une mission punitive...


 

Lyon... On remonte le temps... Catherine Langeais présentatrice à la télé, ça ne date pas d'hier... Le quartier de la Croix-Rousse et la rue de l'ANNONCIADE hésitent encore entre modernité et archaïsme. La nuit va tomber. Le brouillard  a fait son apparition. "Il était né des miasmes putides exhalés par les marais du Rhône, là-bas, vers Miribel ou Jonage, ces coins perdus où tout lyonnais pourvu d'un peu de bon sens se refuse obstinément à mettre les pieds. Cela n'avait d'abord été qu'une légère brume, blanchâtre, à peine teintée de gris, que les derniers rayons du soleil hivernal avait paré d'une lumière brillante, d'un jaune semblable à celui des jonquilles. petit à petit, ce qui n'était qu'un voile de mousseline se transforma, lorsque le soleil se fut caché derrière Fourvière, en une monstrueuse chape de coton qui s'éleva lentement dans les airs et, poussée par le léger vent du nord, se dirigea sans bruit, avec une hypocrite sournoiserie, vers la ville".


 

Décor planté... Du coup, je frissonne... Je tourne les pages... Un cri !... Un meurtre ! 


 

Ca y est, je tiens ma victime ! Quant au coupable... Je passe en revue les personnages haut en couleurs, au vocabulaire terroir qui met l'accent sur l'identité du lieu, colle aux protagonistes comme une sangsue et nous plonge dans un univers à la fois familier et énigmatique. Drôle de mélange qui attise la curiosité du lecteur ligne après ligne. 


 

J'ai dit personnages haut en couleurs... Telle Emeline Lemaire ( la Lemaire est superbement campée) qui a "un gros nez -genre boule de bolboquet plantée au milieu du visage - qui avait tendance, l'hiver à prendre une assez vilaine couleur violacée". Tous ont un passé, du genre cancans, qui donnent à l'ensemble une saveur particulière.


 

Alors, le crime... Parlons plutôt de crimes, avec un "s"...  Mais que fait la police ? Faut dire qu'elle est inexistante... Les enquêteurs, alors ? Les gens de ce quartier à part qui jouent au gré des commérages, des ragots pas très propres, des sous-entendus qui mettent à nu des secrets mal gardés, détruisent les uns, donnent du pouvoirs aux autres. Vengeances mal dissimulées, caractères mesquins, tout y est. Délicieux comme les mots qui coulent sans qu'on s'en rende compte et nous emmènent sur les pentes à la recherche d'un tueur qui ne tient plus le haut du pavé. 


 

Didier Fond nous propose une "enquête" au jour le jour, presque à l'heure près... à la rue près aussi. On y est... Englués dans cette ambiance malsaine. 


 

Voilà un livre à découvrir sans tarder ! N'hésitez pas à sauter le pas avec Emeline Lemaire, Mesdames Anglade, Margan, Rouvier, Martin, Lherbier... et j'en passe... Et dites-moi quand vous avez soupçonné l'insoupçonnable!

 

 

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

 

nid

Publié dans Fiche de lecture

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Alexandra Coenraets nous propose l'avant-propos de son roman "Naissance"

Publié le par christine brunet /aloys

 

naissancerv.jpg

 

Avant-propos

 

 

 

 

J’écris.

Par une soirée de printemps, j’écris.

J’insiste parce que ceci a son importance, tant cette démarche m’implique plus que je ne l’aurais pensé.

Je m’arrête et relis les deux premiers paragraphes du récit dont j’ai entamé l’écriture en avril 2006. Je contemple les phrases qui s’enchaînent et racontent le début d’une histoire. Je les admire, l’air béat.

Et réalise à quel point je suis fière de moi et du chemin parcouru depuis le jour où j’ai décidé de donner vie à Laurence.Et même depuis plus longtemps encore. Depuis le jour où j’ai voulu comprendre pourquoi tant d’angoisses m’empêchaient d’exister.

Un étrange sentiment envahit mon être, alors que je vois apparaître les mots sur l’écran.

C’est une immense satisfaction.

 

Les notes de Coldplay et sa chanson « In my place », que la radio diffuse, résonnent en moi comme une permission à enfin prendre ce que la vie me donne.

 

“In my place, in my place

Were lines that I couldn't change

I was lost, oh yeah

I was lost, I was lost

Crossed lines I shouldn't have crossed

I was lost, oh yeah”1

 

J’étais perdue, je ne le suis plus. Le travail n’est pas fini mais beaucoup a été fait. Je ressens une forme de sérénité, que je veux faire grandir en moi.

 

Laissez-moi vous raconter l’histoire de Laurence pour pouvoir, en filigrane, vous transmettre une partie de la mienne.

 

Cette histoire a tout d’une quête de vérité.

 

Cette histoire a tout d’une quête d’identité.

 

L’écriture de ce livre m’a aidée à naître à moi-même.

 

Elle fut une aide précieuse dans ma reconstruction. J’ai pu cracher sur le papier les émotions tapies au plus profond de moi.

 

Grâce à Laurence, je me dévoile. A travers elle, je livre des ressentis qui me sont propres.

Grâce à elle également, je me préserve un jardin secret.

 

Ainsi mon vécu et le sien s’entremêlent. Fiction et réalité se mélangent, et si, tantôt je flotte au-dessus du réel, tantôt j’y plonge avec acuité, c’est que sans cette distance, la mise en mots n’aurait pas été possible autrement que fragmentée.

 

Utiliser la forme romancée, c’est une catharsis.

 

Le « je » qui révèle l’indicible dans ce qu’il a de plus intime, n’est envisageable que parce qu’il existe en alternance avec le « elle », qui lui tend la main et l’accompagne en douceur sur le chemin de la libération. Le « je » concrétise ma propre implication dans l’expérience extrême que j’ai vécue, ce qui rend son usage constant tout à fait insupportable. Autrement dit, c’est en passant par l’imaginaire que je suis arrivée à dénoncer un vécu réel.

 

Et puis, en miroir, il y a le « il », omniprésent, obsédant.

 

Ensuite, je fais appel à une auteure pour éclairer mes ressentis de manière plus scientifique.

 

Pourquoi cela ? Parce que j’ai besoin d’un soutien pour soulager quelque peu l’angoisse de ne pas être crue.

 

Terrifiante angoisse !

 

Dans ce livre, je dénonce à ma manière le tabou des tabous et je raconte les étapes qui m’ont permis de me « rassembler ».

 

Ne vous fiez pas aux apparences, le tabou est là, partout il est là, il s’infiltre dans les interstices entre les mots, insaisissable.

 

Je voudrais transmettre la vie retrouvée.

 

Le plaisir retrouvé.

 

Parce qu’à travers ce récit de naissance, il naît du sens. Merci à mon amie Sylvie pour cet heureux parallèle !

 

Et j’ajoute que ce sont aussi les sens qui naissent.

 

Si l’aventure vous tente, découvrez l’univers de Laurence.

 

 

(c) Alexandra Coenraets - Naissance,

Ed. Chloé des Lys, 2013

 http://quandilnaitdusens.wordpress.com/

 

 

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Joyeux Noël, une nouvelle de Philippe Wolfenberg

Publié le par christine brunet /aloys

 

Les états d'âme de la Lune et du Soleil

 

Joyeux Noël

 

 

Je suis un voyageur astral. L’espace et le temps ne m’imposent leurs limites que partiellement. Je peux aller où bon me semble et à l’époque de mon choix. Et, détail aussi pittoresque qu’agréable, la séparation du corps et de l’esprit survient lors de l’acte sexuel.

De cette particularité qui ne concerne que très peu d’humains, j’ai fait mon métier : chasseur de prime employé par une société ésotérique dont le conseil d’administration se compose de quelques milliardaires férus de paranormal.

J’ai longtemps œuvré seul avant de rencontrer une femme dotée, elle aussi, de cette étrange faculté. Elle est devenue mon associée et ma compagne. Puis, un jour… Mais je préfère ne pas en parler. J’ai cru qu’il n’y en aurait pas d’autre jusqu’à ce que la superbe créature qui vient de me rejoindre dans la chambre n’apparaisse, à point nommé, dans une vie que je commençais à trouver insipide. De taille moyenne, elle a des courbes à me faire ressembler au loup libidineux des cartoons de Tex Avery. Le teint hâlé, les cheveux mi-longs noirs et les yeux noisette confirment des origines méridionales. Elle m’observe, un sourire à la fois tendre et ironique plaqué sur ses lèvres pulpeuses.

* Nom de code : « Père Noël » ! Guère original… Même si nous sommes un 24 décembre…

* Et toi ? D’où sors-tu ce « Vilain Petit Chaperon rouge » ?

* J’ai l’âme innocente d’une enfant qui, pourtant, adore s’assoir, la tête pleine d’idées inconvenantes, sur les genoux d’un vieux bonhomme à la barbe blanche…

Je préfère ne pas en entendre davantage et lui coupe la parole d’un baiser auquel elle répond avec passion.

 

*

 

Terra Nova en l’an de grâce 3691. Anticipant de peu la destruction de la planète bleue, une partie de sa population a trouvé refuge sur cette copie quasi conforme à l’originale mais distante de quelques années lumières.

 

*

 

« Vilain Petit Chaperon rouge » pose sa main sur mon bras et plonge son magnifique regard dans le mien.

* A propos, mon amour, en quoi consiste notre mission ?

* L’Homme n’apprend décidément rien de ses erreurs… A peine avait-il colonisé ces terres qu’il s’est mis à se multiplier de façon inconsidérée. Et, qui plus est, une organisation extrémiste a décidé d’éliminer la Mort…

* Pardon ?

* L’Humanité a finit par découvrir que La Vie et La Mort sont deux sœurs jumelles. Dans quelques heures, elles assisteront à la messe de minuit… Et là…

* C’est dément ! Et comment sais-tu tout cela ?

* Ceux pour qui nous travaillons ont des descendants, ici… Ce sont ces derniers qui les ont prévenus…

* Absolument dément !

* Je sais… Mais nous disserterons sur les surprises que nous réservent nos aventures plus tard... Pour l’heure, nous avons du pain sur la planche…

 

*

 

La discothèque est calfeutrée au milieu d’une ancienne usine réhabilitée. Parmi les lasers multicolores et les rythmes martiaux de l’« electro body », une foule bigarrée, inconsciente de ce qui se trame, se déhanche joyeusement.

Nous montons au sommet du bâtiment, dans une partie déserte ; du moins, à première vue car, tapie dans l’ombre, une silhouette manipule une sorte de télescope relié à un PC portable.

* « L-N-A » ! J’aurais dû m’en douter…

D’un bond de félin, celle qui m’accompagnait, naguère, avant de se lasser de moi, s’est redressée et nous fixe avec un aplomb rapidement retrouvé.

* Comment m’as-tu reconnue dans cette obscurité ?

* Ton parfum… Mais je manque de la plus élémentaire des politesses : « L-N-A », je te présente « Vilain Petit Chaperon rouge »…

* Tu as toujours eu un goût très sûr…

* Un amplificateur d’ondes cérébrales… Suffisant pour se débarrasser de la Mort ?

* A cause de vous deux, on ne le saura jamais… A moins que…

* Attention !

* Merci, mon ange !

L’intervention de ma nouvelle partenaire – qui, d’un geste vif, a déconnecté les éléments de la machine infernale - désarçonne « L-N-A » et me donne le temps de synchroniser ma fréquence mentale avec la sienne. Assez rapidement, le lien qui relie le corps virtuel de mon adversaire à sa source (son corps physique) s’effiloche… Quand il n’en restera rien, le contact sera rompu, rendant tout retour impossible…

* Mon amour… Non ! Laisse-la… S’il te plaît…

 

*

 

Nous avons regagné notre monde. Je me penche vers elle et l’embrasse tandis que mes mains caressent ses seins avec une infinie douceur. Je ne peux m’empêcher de la questionner.

* Pourquoi ?

* Parce que vous vous êtes aimés… Elle fait partie de ton passé… Ton histoire avec elle a modelé, en partie, ce que tu es aujourd’hui : l’homme dont je suis amoureuse…

* Mais le passé n’est plus…

* C’est faux ! Il est juste endormi… Il faut respecter son sommeil… Mais pas le tuer…

* Parfois, j’ai du mal à te comprendre…

* Ce n’est pas important… Souhaite-moi plutôt un joyeux Noël…

 

Philippe Wolfenberg

philippewolfenberg.skynetblogs.be

http://www.bandbsa.be/contes3/wolfenbergtete.jpg

Publié dans Nouvelle

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Marcelle Pâques a lu "Spirales urbaines" de Carine-Laure DESGUIN

Publié le par christine brunet /aloys

Spirales urbaines
J’ai lu l’excellent livre de Carine-Laure DESGUIN – SPIRALES URBAINES
 
    Hier dans mon jardin, j’ai lâché prise et je me suis laissée emporter avec bonheur dans les – SPIRALES URBAINES-
    le recueil de Carine-Laure DESGUIN.
    Je vous livre quelques extraits :
 
   Les tissus des villes
  
   - C’est un patchwork  de rues et de ruelles
      Elles s’engouffrent obligées au milieu des boulevards
      Et taisent aux passants aux égouts aux poubelles
      Le poids des ans la lourdeur des trottoirs-
 
      La cruauté des villes dans :
 
     Ce soir dans le brouillard
 
      - Il ne veut rien savoir des rires de ton enfance
        De tes cris de tes voyages de tout ce qui fut toi
        Du haut des escaliers il t’imagine déjà
        Il déshabille ton coeur et gifle tes silences
 
      Dans  - Enfants, chantez vos liberté ( j’ai retrouvé le côté joyeux de son roman “ Rue Baraka” que j’avais également beaucoup apprécié !)
 
      - Enfants, chantez vos libertés
        Dans les rues de la ville
        Vos aventures, réveillez-les,
        Soyez gais, grands et indociles.
 
    Dans – Monsieur qu’aimez vous de moi?  ( légèreté et sensualité);
 
    - Que ce matin de juin quand le soleil entra
       Et que la porte close
       Vous comprîtes mais pas moi
       Que cette première fois
       En attendait bien d’autres...
 
   Je ne dévoilerai pas les secrets de ...la fine et rousse moustache de – A la fontaine aux guignols -
 
  Bref ! il fait partie de ces livres qui vous happent dès que vous les ouvrez !!!
 
  A vous de découvrir ce recueil – SPIRALES URBAINES – CHLOE DES LYS -
  
  
MARCELLE PÂQUES
marcellepaques.skynetblogs.be
Bientôt les jonquilles
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Nouvel auteur chez Chloé des Lys, Papy NZILI va publier "Mon histoire avec eux"

Publié le par christine brunet /aloys

 
http://www.bandbsa.be/contes3/papytete.jpg
 
 

 

 

 

Je suis né à Kinshasa, le 30 août 1973. Je suis gradué en Commerce Extérieur et licencié en

Économie Appliquée. Professionnellement, je suis Inspecteur d’Administration Fiscale. 

Familialement, je suis papa de deux petits garçons de 8 et 6 ans.

 

Alors, comment résumer « Mon histoire avec eux » ? Il s’agit, très sommairement, de divers récits traitant de relations interpersonnelles, de leur naissance, de la manière dont les émotions sont vécues par le narrateur, et parfois de leur disparition. Le narrateur y dévoile des rencontres qu’il a faites avec des hommes et certaines femmes qui ont compté dans sa vie. Ils lui ont apporté chacun quelque chose de différent. Il serait aisé de qualifier ce livre de « littérature gay ». Mais ce serait passer à côté d’une œuvre subtile, délicate, parfois brusque, d’un texte psychologique émouvant, peut-être choquant également. Vous y découvrirez un homme qui s’est réfugié dans des aventures amoureuses sans lendemain, un homme qui subit un manque impossible à combler. Au final, peu importe si notre narrateur est gay, bi ou hétéro. C’est un personnage complexe, paradoxal, touchant, qui s’écrit pour mieux se retrouver.

 

Et pour vous donner le ton sur lequel il est écrit, en voici de courts extraits :

 

 

  
« Vous risquez de penser que ce n’était que libidineux ce qui se passait en moi lorsque vous me voyez donner une telle lecture aux gestes d’Adonis. C’était bien plus profond que là où toute concupiscence aurait pu nous mener. Je m’exerce à trouver les mots pour l’exprimer dignement, mais ils me paraissent tous petits et faibles. Comment vous l’exprimer pour que vous compreniez ? Ce serait simple avec lui, le contact de nos chairs suffirait à pendre la dimension de cette force invisible qui nous a asservis durant toute la journée. Il se laissa prendre en otage par un sentiment inconnu. Moi, je savais donner un nom à ce sentiment : le désir, l’amour. C’était sacré. Pour des gens avec une spiritualité rudimentaire, ces mots ne donnent pas beaucoup de sens. Mais je sais de quoi je parle. Fût-il le désir ou l’amour, je ne le ressentais pas pour Adonis comme on pourrait le ressentir pour un être fait de chair et de sang. C’était mystique, transcendant. »
  
« En y réfléchissant aujourd’hui avec du recul, j’en arrive à me demander si Sarah n’avait pas prévu, dès notre rencontre dans le métro, de me ravir des mains de son père. Elle avait un esprit vif, qu’elle n’a pas dû hériter de son père. Paulin était d’une candeur infantile. Je ne le dis pas en le dénigrant. Au contraire, je lui ai toujours envié cette innocence d’enfance qu’il avait su garder plus d’un demi-siècle. Il est rare dans notre monde opportuniste et calculateur. Nombreux sommes-nous à avoir appris à anticiper nos paroles et nos actes pour en tirer le profit maximal. Était-ce la conséquence de sa confiance en l’humanité, cette attitude de Paulin que d’aucuns qualifieraient de naïve ? Je continuais à ne rien lui dire. « Tenir » sa fille était pour moi une assurance d’avoir toujours quelque chose de Paulin en ma possession. C’est malsain, je vous l’accorde. Et bien pire encore ! »
  
« Bandhu était un garçon digne de confiance. En faisant aujourd’hui le bilan de toutes les rencontres, de toutes les amitiés que j’ai eues dans ma vie, celle avec Bandhu Ramej arrive sans concurrence sur la première marche du podium. Ce n’est pas parce que je l’ai aimé plus que les autres. C’est parce qu’il m’a rendu mieux que les autres le moi que je lui avais donné. La simplicité a rencontré la simplicité. La transparence a rencontré la transparence. La confiance a rencontré la confiance. C’était la fusion de deux êtres, de deux âmes, de deux cœurs. Il n’y eut pas de duplicité dans cette relation. Tout n’était pas rose car j’ai beaucoup souffert de ne pas l’avoir comme je le voulais, mais tout était vrai. Au sein même d’une famille, on trouve très rarement des rapports aussi sincères, aussi loyaux, aussi fidèles. Aujourd’hui, des années nous séparent de cette belle amitié que nous avons partagée. J’ai quitté Kinshasa à mes dix-huit ans pour faire l’université en Europe. La vie m’a fait rencontrer un nombre incalculable de gens. Jamais aucun ne m’a plus fait sentir la sécurité d’un amour véridique. Merci Bandhu ! »
Nouvel auteur chez Chloé des Lys, Papy NZILI va publier "Mon histoire avec eux"

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Quai des salines, un poème de Laurent Dumortier

Publié le par christine brunet /aloys

Vertiges

Quai des Salines

 

 

Quai des Salines, sans courant,

Je dérive cependant

J’assassine mes lignes de vie

Et les réduis comme moi au néant

 

 

Quai des Salines, je jette un regard

Vers l’autre rive

Là où les signes s’allument et s’alignent

Tandis que saignent mes lignes

 

 

Quai des Salines, j’avance à reculons…

 

 

Quai des Salines, j’attends

Le rouge de l’aube

Qui colorera l’Escaut

Et ses rives de sang

 

 

Quai des Salines,

Là où tu ne viendras pas,

Là où tu as érigé entre nous

Ces fantômes de barricades

 

Laurent Dumortier

gsl.skynetblogs.be

Publié dans Poésie

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"Quel sorte de dictateur êtes-vous ?" un texte de Claude Colson

Publié le par christine brunet /aloys

saisons d'une passion
Texte gagnant (à l'unanimité des votants) d'un petit concours d'écriture de forum  récent (7 participants seulement):
 
 
 
 
 
"Voici le sujet d'écriture: "Quelle sorte de dictateur êtes-vous ?"

Une grande catastrophe a annihilé la quasi-totalité de l'espèce humaine. Vous faites parti des survivants en compagnie de quelques milliers d'autres hommes et femmes. Votre objectif est d'établir une charte qui posera les bases légales au fonctionnement de votre communauté de rescapés (en vase clos). Pour cela, vous disposez d'un maximum de 10 articles et de 1000 mots !
La seule contrainte réside dans le fait que votre communauté est constituée de personnes très diverses (diversité génétique, diversité culturelle, diversité sociale, toutes les classes d'âges sont représentées...). Votre charte doit pouvoir plaire au maximum de rescapés afin qu'elle soit élu LA charte, et que vous soyez élu LE dictateur !"
 



ARTICLE I.

Vous allez voter pour la charte réglant à tout jamais le fonctionnement de notre communauté. Une seule charte est proposée, celle de celui que nous nommerons : le Guide suprême.

ARTICLE II.

Les électeurs sont les membres de notre communauté ayant seize ans révolus. Vous remarquerez l'extraordinaire bienveillance de notre constitution, très moderniste eu égard à ce qui se fait dans les démocraties les plus avancées. Vous êtes fermement invités à le faire savoir partout où vous le pouvez. Vos comportements en la matière, comme en toute autre du reste, seront finement observés et feront l'objet de rapports circonstanciés ; vous ne pourrez pas dire que vous n'étiez pas prévenus.
L'unique vote possible est d'accepter le projet que le Guide suprême vous présente lui-même ci-dessous. L'acceptation se fait en entourant la mention OUI , seule mention figurant sur le bulletin pré-imprimé.

Tout votre contre, nul (votant dépourvu de stylo pour entourer, par exemple) ou abstention d'électeurs sera puni de mort et cette sentence sera immédiatement exécutoire. Il n'y aura aucun appel possible, Le Guide suprême se réservant le droit d'accorder très rarement sa grâce, qui cependant ne pourra jamais être demandée par la personne concernée.

ARTICLE III.

Toute personne se proposant pour donner la mort au ou à la condamné(e) pourra être remarquée par le Guide suprême et alors bénéficier de faveurs, qui ne seront en rien automatiques. Cela restera néanmoins l'un des rares moyens d'en obtenir.

ARTICLE IV.

En cas d'afflux de candidats pour l'exécution de la sentence et dès qu'ils seront au moins deux, ils seront départagés par le Guide suprême grâce à un texte d'au plus mille mots qu'il devront écrire, légitimant le mieux la sanction et chantant les louanges du Guide suprême.

ARTICLE V.

Le vote sera obligatoirement précédé de cette mention manuscrite portée en haut du bulletin : "j'accepte librement la charte ci-dessous."
L'absence de cette mention entraînera la nullité de votre vote et l'application de l'article 1, paragraphe 2.
Par ce vote vous acceptez le pouvoir complet , définitif et sans partage du Guide suprême. 

ARTICLE VI.

Vous devrez indiquer sur le bulletin, à la place prévue, vos coordonnées complètes : nom , prénom, âge, adresse, ainsi que dater et signer. Ces données seront vérifiées par les hommes du Guide suprême avant que vous puissiez glisser le bulletin dans l'urne. Pour ce faire ils les confronteront à vos pièces d'identité dont la présentation sera obligatoire sous peine de voir considérer le vote comme nul (cf article 1- deuxième exemple de nullité, vous suivez ?).

Les pièces d'identité, obligatoires pour toute personne vivante, quel que soit son âge, seront délivrées par les services du Guide suprême contre la remise à ce dernier de 9/10 èmes de la fortune du demandeur, s'il veut une seule pièce, ou en cas de membres multiples dans la famille, de tantièmes par tête, calculés de manière à ne laisser que 3/10 ème maximum au demandeur s'il veut 3 pièces ou 2/10 èmes si le couple n'a pas d'enfant. Vous remarquerez au passage le grand souci d'égalité du Guide suprême.
Les enfants de la famille excédant le nombre de 1 seront immédiatement mis à mort, sauf si le Guide suprême a pris la décision d'accorder une dispense pour des raisons exceptionnelles dont il est seul juge.

ARTICLE VII.

Pour le fonctionnement de notre groupe humain, la règle unique est celle-ci : tout membre de la communauté doit se plier à toutes les volontés du Guide suprême (celui qui vous fait l'honneur aujourd'hui de vous proposer ce vote libre) ou à celles de la personne qu'il aura éventuellement choisie pour lui succéder après la mort, s'il advient qu'il décide un jour de se soumettre à celle-ci.

ARTICLE VIII.

Tout membre qui favorisera de quelque manière que ce soit la réalisation d'un désir du Guide suprême pourra se voir gratifier d'un ou de plusieurs avantages, au gré de ce dernier, avantage(s) au(x)quel(s) le Guide suprême aura le loisir mettre fin à tout moment.

ARTICLE IX.

La délation est obligatoire sous peine de sanctions d'une extrême sévérité et sans recours possible, pouvant aller jusqu'à l'élimination physique du contrevenant (si c'est un individu de sexe masculin ; de la contrevenante, dans l'autre cas de figure).

ARTICLE X.

Les manifestations de joie et de bonheur de vivre dans cette communauté sont obligatoires en présence comme en absence du Guide suprême. Et n'oubliez jamais, on vous surveille ! Même vos pensées nous seront rapportées. 
À bon entendeur...


http://claude-colson.monsite-orange.fr

Publié dans Poésie

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Jean le bûcheron, une nouvelle de Micheline BOLAND

Publié le par christine brunet /aloys

 

Nouvelles à fleur de peau

 

JEAN LE BÛCHERON

 

 

Steenvoorde, 1938, dimanche de mi-carême

 

J’ai quatre ans. J’entends la musique joyeuse de la philharmonie. Je me trémousse. Je suis près de Maman et je lui tiens la main.

 

Jean le Bûcheron débouche sur la place. Il est aussi haut que les maisons. Je ne vois qu’un énorme monstre rouge armé d’une épée. Je frémis… Il risque de me prendre dans sa main comme King-Kong sur les affiches qui m’ont donné le frisson.

 

Il a les cheveux blonds, les yeux bleus, il avance lentement dans ma direction… Je crie d’effroi, je ferme les yeux, je me tourne vers Maman, je tremble de plus belle, je me réfugie contre sa robe. Mes petits pieds martèlent les pavés comme si je pouvais de la sorte faire disparaître le colosse, mes petites mains chiffonnent la robe bleue de lainage. Surtout ne plus voir cette chose qui pourrait m’écraser, me dévorer, me piétiner, me cueillir d’un geste de la main.

 

Maman rit doucement, comme elle avait ri quand j’avais eu si peur du clown au nez rouge et aux longs pieds qui, l’autre jour, s’était approché de moi pour m’offrir un caramel.

 

Maman me caresse les cheveux : "Ce n’est rien Minouche, c’est juste un homme de carton. Il a mon âge. Lui et moi nous sommes nés ici, la même année. Regarde comme il est beau."

 

Je me retourne, je l’aperçois qui s’éloigne. Ouf, le danger est passé ! J’ose alors taper du pied au rythme de la musique.

 

Longtemps encore, la musique me trottera dans la tête.

 

Durant la semaine, j’ai dessiné le géant. C’est ainsi que j’ai exorcisé ma peur.

 

 

Steenvoorde, Printemps 1945

 

Le buste de Jean, mon" Jean, "notre" Jean à tous, vient d’être emmené par des soldats allemands. La nouvelle se répand comme une traînée de poudre. Ils l’ont emmené sur un char. Folklorique trésor de guerre, profanation indicible, triste cortège pour un géant de carton.

 

Je pleure contre l’épaule de Maman. "Hélas Minouche, nous ne le reverrons plus. Il me semblait qu’avant, il te faisait si peur…" Maman cache mal ses larmes dans un pauvre sourire.

 

J’avais appris à l’aimer ce Jean qui fait la fierté de notre localité, comme j’avais appris à aimer les clowns !

 

 

Steenvoorde, mi-carême 1949

 

Je regarde passer le nouveau "Jean" que l’on a construit pour remplacer l’ancien géant. Il a bien changé. Ses cheveux sont châtains, son épée a fait place à une hache. Moi aussi j’ai changé. J’ai grandi, je n’ai plus des jeux de gamine. Tandis que je regarde, je jette de temps en temps un œil vers Jean-Marie, le garçon blond qui me fait chavirer. Mon cœur bat la chamade pour les deux Jean ! Je martèle les pavés. Je voudrais tant que Jean-Marie me regarde, qu’il m’adresse un sourire mais il n’a d’yeux que pour l’autre, si majestueux. Il a le même âge que moi, Jean-Marie. Les filles, ça doit encore lui paraître bête. Il rêve peut-être de devenir porteur de géant.

 

En fin d’après-midi, ce jour-là, je bois une demi-bière avec Jean-Marie, sa sœur et ses parents. C’est une première qui me fait voir la vie en rose. Ce jour-là, j’ai l’impression que tous les chagrins de Maman se sont évanouis. Elle danse avec Papa. Elle porte une nouvelle robe, rouge comme l’habit du géant.

 

 

Steenvoorde, 1994, dernier dimanche d’avril

 

Je regarde passer le cortège. La musique de la fanfare me fait vibrer. Je chantonne, je me dandine. La main de Laure, ma petite-fille est serrée dans la mienne. Elle est toute chaude et toute moite. "Oh Mamylou, j’ai peur !"

 

Laure est toute pâle. Je lui donne un gros baiser sur les cheveux. Je dis à mon mari : "Jean-Marie, prends Laure sur tes épaules. Elle aura moins peur." Quand elle est là-haut, Laure bat des mains. Elle ne craint plus rien. Jean le Bûcheron est plus beau que jamais dans son nouveau costume. Je lui trouve quelque chose de débonnaire. Il y a longtemps que ses grandes moustaches, sa haute stature, son casque et sa hache ne m’inspirent plus aucune crainte.

 

Je l’ai dessiné et peint au cours d’aquarelle et mes amies ont trouvé ça fantastique. Quand je ferme les yeux, il m’arrive de me le représenter avec des détails que je ne pensais même pas avoir mémorisés. C’est sûrement le second homme de ma vie.

 

C’est jour de fête. Sans Jean le Bûcheron, pas de retrouvailles entre amis, pas de tartes, pas de café fort, pas de bière au programme.

 

 

Steenvoorde, 2005, dernier dimanche d’avril

 

Jacobus défile aux côtés de Jean le Bûcheron. Le fils aux côtés du père ! Moi, depuis quelques jours, je suis arrière-grand-mère. L’aînée de mes petites-filles vient d’avoir un bébé. Laure est près de moi, elle n’a d’yeux que pour Steven, un jeune homme

blond comme les blés, un fameux joueur de basket. À dix-neuf ans, il mesure près de deux mètres et c’est la coqueluche de toutes les adolescentes du coin.

 

Moi, je ne regarde que Jacobus et elle ne regarde que Steven… Comme je le fais depuis quelques années, je prends de nombreuses photos pour les montrer à Maman. Le soir, ma fille m’offre deux marionnettes en papier mâché qu’elle a fabriquées elle-même, une représente Jean le Bûcheron, l’autre Jacobus !

 

Maman, qui vit maintenant chez ma sœur, est venue en visite chez nous pour l’occasion. Elle n’a pas assisté au cortège. Cela fait quelques années déjà qu’elle n’en a plus la force. Installée dans un fauteuil, elle regarde les photos que je fais défiler sur l’écran du téléviseur. "On dirait que tu n’as plus peur de Jean le Bûcheron, hein, Minouche !" Je me sens rougir comme une enfant. Je suis gênée qu’elle m’ait apostrophée ainsi devant tous les invités. Je change de sujet : "Dis, Maman, tu me diras quelle photo tu veux que j’imprime…"

 

Laure, ma fille et mon amie venue de Tournai me demandent presque en chœur : "Dis, tu voudras bien nous imprimer aussi une photo des deux géants ?"

 

Juste avant de repartir, alors que je lui prends le bras pour la conduire jusqu’à l’auto, Maman me dit : "Tu sais, Minouche, la première fois que j’ai vu le géant, il m’est arrivé un accident… J’ai mouillé mon lit. J’étais terrorisée. Je n’avais plus eu d’accident depuis longtemps mais là, l’émotion avait été trop grande. Je ne m’en souviens plus mais c’est ce que Bobonne m’a raconté tant et tant de fois. Je crois que je n’aurais même pas osé dessiner ce géant comme toi tu l’as fait… Tu te souviens n’est-ce pas ?"

 

Ce fut sa dernière confidence. Quelques jours plus tard, elle mourait dans son sommeil avant que j’aie pu lui offrir la photo promise. Dans son cercueil, j’ai glissé une photo de Jean le Bûcheron et de Jacobus.

 

 

 

Micheline BOLAND

micheline-ecrit.blogspot.com

3e prix au concours de nouvelles historiques de Tournai la Page 2008

(Extrait de "Nouvelles à fleur de peau")

boland photo

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Un extrait du nouveau livre de Jean Destree, "Faux éloge de ?"

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

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Faux éloge de ?

 

Extrait

 

 

La réflexion de Jean-Robert provoque instantanément un éclat de rire. Le prof devient rouge, balbutie des mots incompréhensibles et finit par éclater.

 

Bertrand dehors! J'en ai assez de vos stupidités. Allez chez le proviseur. Je vous retiens pour le prochain conseil de classe.

 

"Voilà comment on stoppe le progrès de l'humanité, murmure Jean-Robert en sortant sous les rires de ses condisciples.

 

Le proviseur est un brave homme, peu enclin à donner de la férule. Lui aussi, tout en faisant son travail avec application, sait qu'il n'est jamais à l'abri d'une défaillance. Il soigne avec tendresse sa petite santé et s'arrange pour ne jamais dépasser ses limites. Plus il avance en âge, plus il rapproche ces limites de ses envies. Il attend la retraite. Il a d'ailleurs déjà préparé tout son attirail de pêche. C'est qu'il aime taquiner la truite, notre Monsieur le Proviseur.

 

Jean-Robert, lui, n'aime pas la pêche. Et encore moins la chasse. Il n'a jamais apprécié les sports violents et tuer un animal, que ce soit à l'aide d'un hameçon de huit ou un plomb de douze lui donne l'impression de porter atteinte à la vie. Il n'écrase ni les araignées, ni les moustiques, ni les fourmis. Il laisse ce soin à sa mère qui - héritage des lointains ancêtres - a toujours eu une sainte frayeur de ces petites bestioles qui piquent. Elles n'ont pourtant rien d'un phallus même si leur petit dard  grossi cinquante fois au microscope ressemble à s'y méprendre à l'organe de la mâle reproduction. Comme tous les dards, d'ailleurs!

 

       - Alors, garnement! fustige le proviseur d'une voix qu'il voudrait en colère. Encore un problème avec ce vieil archéologue de Couturier? Peut-on savoir de quoi il t'accuse aujourd'hui? Ne me dis pas que tu as une fois de plus contesté la réalité de ses découvertes en Égypte?

- Non.

- C'est quoi? Les fusillés du Chemin des Dames? La bombe atomique? La Saint-Barthélémy?

- Pis que cela! annonce doucement Jean-Robert en baissant les yeux pour cacher son envie de rire.

- Diable! Qu'as-tu donc dit de si grave?

Je lui ai parlé du lit.

Ah bon! Dis-moi tout.

 

Et Jean-Robert de narrer sa dernière passe-d'armes avec son prof d'histoire. A mesure qu'il raconte, le rouge du plaisir lui monte aux joues. Il guette la réaction du proviseur. Celui-ci se contente de sourire, lui tape sur l'épaule.

 

Tu comprends que je ne puis laisser passer une telle chose. Tu as ridiculisé ton professeur devant tes condisciples. C'est un manque de respect. Ce n'est pas parce qu'il est vieux et presque gâteux mais parce qu'on se doit de respecter l'homme même si l'on n'est pas d'accord avec ce qu'il fait et ce qu'il dit. Tu vas rentrer en classe et lui présenter tes excuses et tu viendras jeudi passer ton après-midi ici. Tu m'écriras un texte sur la paresse.

Bien Monsieur le Proviseur, mais...

Il n'y a pas de mais. Au revoir, Jean-Robert.

 

 

 

Jean Destree

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