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Qui est l'auteur mystère ????

Publié le par christine brunet /aloys

Avoir de l'esprit ?

  

Elle venait de se dire ces fortes paroles.

Eh, oui. Ça faisait des jours qu’elle s’évertuait à retrouver en elle les réflexes premiers, l’animalité enfouie.

Avec une ligne de fortune elle attrapait des poissons dans un trou creusé à même la glace. Parfois elle parvenait à capturer un petit animal, le tuait rapidement au couteau, d’une main assurée.

Elle le faisait sans joie ni haine, juste pour calmer sa faim avant qu’elle soit trop forte et lui enlève ses dernières forces.

Survivre sans penser, voilà l’objectif qu’elle s’était assigné en se retirant volontairement sur la banquise.

Elle avait vite remarqué que les conditions extrêmes de la vie dans l’igloo, qu’elle avait dû construire, se supportaient mieux si elle parvenait à abolir tout ce qui n’était pas tendu vers cet unique objectif.

Pourtant, c’était « humain », elle n’avait pas joué le jeu totalement, emportant avec elle de l’eau en quantité, un brasero et des galettes d’alcool solidifié. Elle les enflammait de temps à autre, lorsque la température dans l’abri descendait au dessous de zéro.

Elle voulait retrouver cet état de l’âme, proche du nirvâna, quand l’être est débarrassé de tout désir non- satisfaisable, de toute tentation.

Le dénuement et l’isolement l’y aideraient, croyait-elle.

Aussi s’était-elle fait déposer en ce lieu désolé, sans âme humaine à la ronde. Elle dormait sur et dans les peaux d’animaux, mangeait et buvait sobrement, calmait de temps à autre ses désirs sexuels, qui du reste, comme tous les autres, s’espaçaient.

Sa vie s’écoulait comme au ralenti ; l’esprit s’engourdissait.

De jour en jour elle se montrait moins active et passait de plus en plus de temps étendue, à demi somnolente.

Elle ne le savait pas mais était en passe de bientôt gagner le défi qu’un peu absurdement elle s’était lancé ; …. faute de combattante.

Heureusement ou pas, ce jour-là, à la limite de l’Inexorable, le bruit saccadé des pales de l’hélico la tira de sa bienheureuse léthargie.

« Hé, ma p’tite Dame, c’est fini les vacances ! Votre mari a alerté la police qui m’a ordonné de vous ramener à la maison. »

Le pilote qui l’avait déposée cinq jours plus tôt la secouait, l’air inquiet.

Recouvrant à l’instant même la conscience et la pensée, elle se dit : « Je hais les gens qui ont de l’esprit ! »

Publié dans auteur mystère

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Didier Fond et l'Annonciade... Fiche auteur

Publié le par christine brunet /aloys

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Publié dans fiche auteur

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Une nouvelle chanson d'Hugues Draye...

Publié le par christine brunet /aloys

 

H.draye

 

 

LE  DROIT  A  L’IMAGE

  

L’informatique a ses revers et on a beau être au courant,

Les virus peuvent débarquer et s’amplifier à tout instant

L’aut’ jour, une pimbêche de la rue d’Montigny me tombe dessus

Et me dit : « Monsieur, vous êtes un sans gêne et un malotru !

Sur FAC’BOOK et sur YOUTUBE, vous téléchargez, en toute saison,

Des photos de moi, sans me demander mon autorisation.

Si, dans les vingt-quatre heures, vous n’avez pas nettoyé vot’ PC,

Je poursuis l’affaire en justice et votre compte sera bloqué »

 

AH LE DROIT A L’IMAGE

 

Je réagis : « D’accord, Madame. Hélas, au milieu de tout ça,

Les heures passent toujours trop vite, on croise tant d’monde, si les gens comme moi

Vous suivent à la lettre, ils ne trouv’ront plus l’temps de vivr’ leur passion

Ils pass’ront leurs journées à quémander des autorisations.

Et quand j’vous ai immortalisée avec mon PANASONIC,

C’était en toute impunité, lors d’une fête, dans un lieu public »

Du tac au tac, la dame rétorque : « Le lieu public dont vous parlez,

C’était dans MON jardin, vous avez entravé ma vie privée »

 

AH LE DROIT A L’IMAGE

 

MA chère victime poursuit : « J’imagine à quel point, Mossieur,

Ma pudeur, mes complexes face à l’image, ça n’vous saute pas aux yeux »

Je réponds : « C’est curieux, quand j’vous avais prise en photo, Madame,

Je m’étais laissé porter, j’avais succombé à votre charme.

Votre ch’misier turquoise et la fleur blanche dans vos cheveux

Eveillaient bien des soleils et des étoiles dans le creux de mes yeux »

Interloquée, mon interlocutrice me répond : « Cessez

De m’enjôler, de m’draguer, de m’braver ou de m’manipuler »

 

AH LE DROIT A L’IMAGE

 

Face aux mécontents qui nous barrent la route, devons-nous, amis du flash,

Nous conformer à leurs diktats ou garder simplement notre cap ?

En ce qui me concerne, j’éviterais de leur accorder

Trop de pouvoir ; au nom d’leurs droits, certains pourraient en abuser

Imaginez des gens bien dans leur peau, leur cerveau et leurs photos

Rendre l’âme dans des ghettos sous la tutelle ou l’égo de leurs bourreaux

Oui, je m’insurge contre les censeurs ou les régenteurs d’images

Et j’m’accroche à mon sens de création, d’ouverture et d’partage

 

AH LE DROIT A L’IMAGE

 

 

Hugues Draye


 

www.myspace.com/huguesdraye

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Publié dans Poésie

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Un enfant de la mine, un conte de Micheline Boland

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

boland photo

 

Un enfant dans la mine

 

Il y a bien longtemps les enfants travaillaient à la mine. En ce temps-là, il n'y a d'ailleurs pas que dans la mine que des enfants travaillaient. Ils aidaient leurs parents artisans et devenaient ensuite boucher, boulanger, maçon, menuisier, fermier ou tailleur comme l'étaient leur père ou leur mère.  Seuls les filles et les garçons des gens riches allaient à l'école.

 

Travailler dans une mine, c'est dur. Il y fait chaud, on y travaille onze ou douze heures par jour. Comme les enfants sont plus petits que les adultes, ils peuvent se faufiler facilement dans les galeries pour extraire le charbon. C'est fatiguant et dangereux. Que de mauvaises chutes, que de blessures !

 

Jeannot a douze ans. Il est l'aîné d'une famille de quatre enfants. Son père est mort, sa mère travaille au charbonnage où elle pousse des wagonnets à la surface. C'est la grand-mère qui s'occupe des enfants.

 

"Tu sais Jeannot, bientôt tu n'iras plus à l'école, j'ai besoin d'argent. Tu viendras travailler à la mine avec moi. Tu es presque un homme, tu travailleras au fond comme ton père."

 

Sa grand-mère est bien triste. Elle aurait voulu que Jeannot reste encore un peu à l'école, pour devenir petit employé ou qu'il aide un commerçant. Elle cherche à adoucir les conditions de vie de Jeannot, à ensoleiller un peu son quotidien. Elle décide d'aller voir Joseph, son voisin, le porion.

 

"Joseph, j'aimerais que de temps en temps tu déposes un petit morceau de pierre bleue près de Jeannot."

 

Quelques jours avant qu'il ne descende pour la première fois, sa grand-mère appelle Jeannot : "Tu sais, mon grand, au fond de la mine, on peut trouver de jolies pierres colorées. Elles sont toutes petites. Cela arrive rarement mais cela arrive. Sache que ces pierres ont beaucoup de valeur."

 

C'est un mensonge mais elle espère apporter ainsi un peu de rêve à Jeannot.

 

Le jour J, grand-mère prépare deux tartines de saindoux et juste avant son départ, elle lui rappelle : "N'oublie pas, Jeannot, les jolies pierres. Fais attention à toi et regarde bien."

 

Elle lui donne un baiser et Jeannot part avec sa mère. Il est bientôt au fond. Après avoir poussé quelques wagonnets, il a déjà des ampoules aux mains et il est sale, vraiment sale. Il fait très chaud et très sombre. Il a mal partout. Pourtant, pour se donner du cœur à l'ouvrage, Jeannot ne cesse de chercher une petite pierre colorée.

 

À la pause, Jeannot mange ses tartines. Jamais, il n'a apprécié ainsi le pain et le saindoux. Quand il  reprend le boulot, il se raccroche à l'idée des pierres de couleur pour trouver un peu d'énergie.

 

Les jours passent et par un après-midi aussi sombre et chaud que les précédents, il trouve une toute petite pierre bleue dans une galerie.  Il la fourre vite en poche. C'est certain,  avec cette petite pierre, il va être riche.

 

Ce qu'il voudrait par-dessus tout, c'est trouver six pierres : une pour sa mère, une pour sa grand-mère, une pour lui et une pour chacun de ses trois frères.

 

Au bout de l'année, Jeannot a trouvé trois petits cailloux bleus qu'il garde soigneusement dans une boîte d'allumettes.

 

Lors de la fête de sainte Barbe, il a l'audace de s'approcher du directeur de la mine pour lui offrir son trésor.

 

"C'est pour vous, Monsieur. J'ai trouvé ça dans le fond… Il paraît que ça a beaucoup de valeur."

 

L'homme sourit à peine. Il le toise et dit juste : "Garde les…" Il sait que ces pierres ne valent rien !

 

Pourtant, Julie, la fille du directeur n'a pas perdu une miette de la scène, elle admire l'audace de Jeannot.

 

"Dis-moi, sais-tu lire et calculer au moins ?"

 

"Oui, un peu Mademoiselle".

 

"Alors, je t'engage.

 

C'est ainsi que Jeannot est devenu le petit secrétaire de la jeune fille, historienne mais aussi poète à ses heures. Elle l'a gardé très longtemps à son service. Au début, il a reçu le même salaire que celui qu'il touchait au charbonnage mais peu à peu, son salaire a été augmenté.

 

Toute sa vie durant, Jeannot a conservé la boîte d'allumettes contenant les trois minuscules pierres bleues. La grand-mère de Jeannot avait réussi au-delà de son espérance.

 

Micheline Boland

micheline-ecrit.blogspot.com

 

M Boland Le magasin de contes

Publié dans Nouvelle

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CARINE-LAURE DESGUIN : "le petit cireur de chaussures"

Publié le par christine brunet /aloys

 

desguin

 

Le petit cireur de chaussures

 

Assis par terre

Du matin jusqu’au soir

Sur le même trottoir

Au ras de la misère

 

Un sourire se dessine

Deux gros souliers à l’horizon

Ce sera un sou juste trois tartines

Un verre de grenadine

Une pomme et aussi le trognon

 

Au ras de la misère

Dans les chaleurs tropicales

Le gamin né d’hier

Doute mais chaque jour espère

Connaître une belle étoile

 

Toute la journée et plus tard encore

Assis par terre comme ça

Il cire les chaussures sans le moindre faux pas

Des touristes cousus d’or

Et d’autres apparats

 

Gamin cireur de chaussures

Petit Gavroche sous les soleils

Sur les cailloux des terres du Sud

Tes journées sont des éternelles

Offenses à l’enfance désarmée

Entre lacets sans stylo et semelles

Sans cahier

D’écriture.

 

Carine-Laure Desguin

http://carinelauredesguin.over-blog.com

 image-1

Publié dans Poésie

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Karl Chaboum : Amour aveugle

Publié le par christine brunet /aloys

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Publié dans Poésie

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Jean-Michel Bernos a lu "A croc" de Céline Marseaut-Hernould

Publié le par christine brunet /aloys

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Lecture « À Croc » de Céline Marseaut-Hernould

 

J’ai commandé chez Chloé des Lys quelques livres que je reçois ce matin. J’ai envie de découvrir quelques auteurs dont j’ai déjà lu des critiques ou dont la présentation me semble intéressante, histoire de me familiariser avec cette communauté qui m’a si gentiment accueilli.

 

En refermant le portail, j’ouvre la boîte aux lettres et en sort une enveloppe venant de Belgique. Un livre me surprend, couverture sombre… un filet de sang coule de la lèvre du bas d’un visage d’homme. Le titre ne laisse aucun doute sur le sujet : À croc !

 

Des Nouvelles, chouette j’aime les Nouvelles. Fantastique ? Tant mieux, un peu de frisson, ça rend la lecture, disons moins banale !

 

Céline est membre de l’équipe CDL et travaille sur le site où elle gère la http://img185.imageshack.us/img185/1649/acrocnouvellesfantastiqvz1.jpgprésentation des livres des auteurs. Elle intervient souvent sur le forum et donne des bons tuyaux, des avis, parfois rue dans les brancards (avec raison), ce qui devrait être un bon point pour la vivacité de ses écrits : Céline est aussi Auteur !

 

Je m’installe à mon bureau, éteint l’ordinateur, histoire de ne pas être dérangé par le petit jingle qui annonce l’arrivée d’un nouvel email et me plonge dans le livre. Il contient six histoires. J’aime ce genre de plongeon qui permet d’aller en peu de temps au bout du monde d’un auteur. Des histoires fantastiques, certes, mais le sujet en est bien défini : l’univers des vampires !

 

J’ai écrit un passage dans un de mes précédents livres qui montre ces grandes canines rayant le parquet, Découvrons son approche !

 

J’aime bien la première histoire (Un matin comme les autres), le style est simple et direct, Céline ne s’épanche pas trop sur des détails inutiles, mais plante le décor d’une histoire-de-tous-les-jours. Tout peut arriver : « Il sortit de la cuisine et entreprit la montée de l’escalier en se cramponnant à la rampe afin de ne pas dégringoler ». La couverture du livre prend tout son sens avec les derniers dix mots de l’histoire. Si le travail de Céline n’est pas une « prose littéraire », elle a le sens du suspens et pour mes propres histoires où j’aime dénouer l’intrigue à la toute fin, je n’ai jamais réussi à faire si percutant.

 

Les autres histoires (La virée, Le chasseur) sont intéressantes et explorent le sujet avec originalité, mais rassasié par la fin de la première, je m’attends toujours au dénouement et me prends à l’imaginer avant d’arriver au point final. En revanche, la quatrième histoire me scotche sur mon fauteuil (Sur la plage). Céline a exhumé là sa science : l’histoire est purement géniale, bien écrite, entraînante et construite avec brio. Le scotch a fondu, je ne parviens pas à laisser là son ouvrage, je reste planté dans mon fauteuil ! J’adore la fin : « Ils s’étaient mariés pour le meilleur et surtout pour le pire ».

 

La nuit, l’histoire suivante est un condensé de l’univers de Céline où elle semble apprécier les années soixante. Elle décrit avec simplicité et justesse, la simplicité de la vie courante, ce qui dénote un grand sens de l’observation et sans doute une certaine sensibilité.

 

La dernière histoire (Celle d’en dessous) renoue avec Sur la plage et présente une synthèse de son talent de narratrice. Encore une fois, le filet de sang sur la commissure des lèvres justifie cette superbe couverture, inquiétante, sombre et qui nous laisse « à croc ! ».

 

Jean-Michel Bernos

 

   1e Couverture MML

Publié dans Fiche de lecture

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Jean-Claude Texier et L'élitiste.. Fiche auteur

Publié le par christine brunet /aloys

REFERENCEMENT FICHE texier

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Carine-Laure Desguin : "La grande cité"

Publié le par christine brunet /aloys

 

desguin

 

Dans la grande cité

 

Dans la grande cité

Forêt de gens aux sourires de feuilles

Les ciments des bétons azurés

Sous l’ombre des ciels

Chavirent et s’égrènent

Entre les fleurs bleues et les cœurs

Tendres chapelets mailles et chaînes

D’amour nu vagabond ensorceleur

 

Dans la grande cité

Champs de gens démasqués

Les poussières des carnavals aux encens

De confettis et de bonbons multicolores

S’enchaînent aux cous des passants

Rats des villes ou rats des champs

Souffleurs de verre ou jeteurs de sorts

 

Dans la grande cité

Aux toits de mousse et d’herbes

Apprivoisées

Les carrés les triangles et les cercles

Chantent dansent et swinguent encore

Du dedans jusqu’au dehors

Des maisons de paille d’or

Aux fenêtres entr’ouvertes…

 

 

 

 

 

Carine-Laure Desguin

http://carinelauredesguin.over-blog.com

 

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Publié dans Poésie

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Philippe Desterbecq a lu "Des éclats d'univers" de Josy Malet-Praud

Publié le par christine brunet /aloys

http://www.bandbsa.be/contes2/desterbecqtete.jpg

 

Voici un recueil de nouvelles que je recommande à tous les amateurs du genre; ils ne pourront qu'apprécier ces onze textes écrits avec brio.

Si je juge la qualité d'une nouvelle par sa chute, mon jugement fut très différent à la lecture de la première "L'héritier des Lazennec" (qui reste ma préférée) car, si l'histoire se termine de manière inattendue, c'est à une multitude de rebondissements que Josy nous invite.


De page en page, Josy surprend son lecteur qui croyait avoir tout compris dès le début mais qui, en fait, était loin d'imaginer les causes de la fuite de l'héroïne.

Cette nouvelle est bien trop courte et pourrait faire l'objet d'un roman.

Vient ensuite une série de textes de longueurs différentes (les textes courts me touchent toujours moins, je n'ai pas eu vraiment le temps d'entrer dans l'histoire qu'elle est déjà finie), sans lien apparent (Josy, tu me diras si je me trompe) mais tous écrits de main de maître!

J'aime le style de Josy, j'aime les mots qu'elle choisit, la poésie qui se dégage de ceux-ci, j'aime l'ambiance qu'elle arrive à mettre dans ses histoires, bref, je suis conquis par ces nouvelles.

Si j'avais déjà apprécié le premier recueil de l'auteure, parisienne d'origine mais qui vit à Nantes "Un, deux,des éclats d'univers trois, soleil", je trouve ce nouveau recueil encore supérieur.

Je ne vais pas vous résumer chaque texte mais vous offrir quelques extraits qui vous permettront de découvrir le style de Josy Malet-Praud si vous ne connaissez pas encore son talent.

La Scavia sait que son mari a été dénoncé et qu'il sera arrêté s'il ne fuit pas : "Je savais qu'ils venaient pour lui. Giovanni, l'opposant au régime fasciste du Duce, l'empêcheur de couler au fond du bouillon sulfureux de la dictature annoncée, le second nom sur la liste des condamnés à mort en ce mois de décembre 1922 à Torino, capitale industrielle du Piémont. "

Au pays des Ràmon, Roxana et Léo pourront-ils défier le destin et s'aimer malgré la malédiction qui pèse sur les filles Ràmon? : Dans la baraque abandonnée, à l'extrême limite de l'effondrement depuis la mort d'Inès l'Envoûteuse, sous les poutres infestées d'une kyrielle d'insectes, dans cette icône de la désolation, les âmes sulfureuses de cinq générations de sorcières attentives s'agitent. Des ombres fébriles s'impatientent..."

Voyez l'ambiance particulière qu'a su créer Josy dans "La brume des acacias" : Le couloir s'étirait sous l'oeil inquisiteur d'une grosse veilleuse. L'iris blafard tachait la nuit au-dessus de la porte coupe-feu du couloir 24. Une lueur mi-chienne mi-louve de mauvais augure. Une clarté trouble, oppressante comme celle diffractée par les abysses artificiels d'un aquarium géant. Reflets d'un farfadet sans relief, les contours nébuleux de l'intruse glissaient sur les murs coquille d'oeuf de la galerie déserte. La dernière porte, tout au bout, bâillait sur les ténèbres, seulement trahie par le faisceau d'une lampe de bureau. Le contact des semelles sur le sol plastifié altérait un silence de cimetière, dispersant dans l'espace confiné une théorie de suçotements malsains et de baisers suspects."

Onze nouvelles qui vous séduiront sans aucun doute dans ce recueil à lire et à relire. A bon entendeur...

 

Philippe Desterbecq

philippedester.canalblog.com



 

Publié dans Fiche de lecture

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