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Plume, un texte de Louis Delville

Publié le par christine brunet /aloys

 

delvilletete

 

PLUME


 


 

Et une, et deux, et trois… Caroline a compté les plumes qui tombaient ! Il faut dire qu'après cette bataille d'oreillers avec son frère, elle était la grande gagnante. Antoine avait eu beau la frapper, son oreiller avait tenu le coup !

 

Caroline s'était bien défendue, avait attaqué avec rage et très vite le tissu avait cédé et les plumes avaient volé.

 

L'enjeu était de taille : qui allait décider de l'émission que l'on regarderait ce soir-là ? Leurs parents les avaient laissés seuls pour la première fois : "Caroline et Antoine, vous êtes grands maintenant et nous vous faisons confiance ! Caroline, tu es l'aînée, à toi d'être raisonnable".

 

Comme tous les 15 juin, Michèle et André sortaient à deux pour fêter leur anniversaire de mariage…

 

Sitôt la porte fermée, Caroline avait décrété "on va regarder la Maison des Amours" ! Antoine avait dit : Ah non, pas ça ! D'ailleurs quand nos parents sont là, on ne peut pas ! Si on regardait le foot ?"

 

Les filles, c'est tenace.

 

Caroline avait empoigné la télécommande et ne l'avait plus lâchée. C'est Antoine qui avait eu l'idée de la bataille d'oreillers pour désigner celui qui pourrait décider du programme. Caroline avait accepté sachant que son oreiller était un peu usé à un coin !

 

Les filles, ça a tous les trucs.

 

Et quand les parents sont rentrés, elle a prétendu que c'était son frère qui avait eu l'idée et qui avait déchiré exprès son joli oreiller.

 

Les filles, c'est méchant…

 

Louis Delville

louis-quenpensez-vous.blogspot.com

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Un poème de Claude Colson : nouveau jour ordinaire en train

Publié le par christine brunet /aloys

claude colson-copie-2

 

NOUVEAU JOUR ORDINAIRE, EN TRAIN

 

Après le vif, étonnant été de septembre,

Enjambant les douceurs d'octobre,

Indécises à lâcher, mais plus sobres,

Voici, presque conforme à l'attente, novembre.

 

Il ennuite mon train, fort peu avant le jour,

Glace la vitre qui à son tour fraîchit ma joue,

Rend même – oh, à peine – le bras comme gourd,

Et, invariante, l'aube de la noirceur se joue

Quand, sûre d'elle,subreptice, elle point,

Inversant l'image de la sécuriglace :

À mon reflet estompé le monde fait place.

 

Il prend corps lentement, émergeant là, au loin,

Puis plus près le voilà qui tout entier s'en vient.

Obscurité s'est faite pénombre ;

En dégradés subtils c'est toute la nuit qui sombre.

Les objets et les êtres veulent sortir de l'ombre ;

Tous s'affirment, envahissent, tant est si grand leur nombre.

 

La clarté un peu faible en saison de brouillard

A néanmoins gagné sur la nuit qui s'égare.

Les arbres, à l'oeil, verdissent :

de l'hiver ce ne sont encore que prémisses.

 

L'éclat mat du rail avoisinant

Attire mes regards, spectacle fascinant.

Il trace une ligne ferme et continue

Qui me sépare du monde, de sa cohue.

 

Je contemple les inconnus qui m'entourent,

Somnolents, peu diserts ou lisants, occupant le répit

Amoindi qui, inexorable, au travail les conduit.

 

Ils s'agitent soudain, se lèvent lourds,

Accélèrent,voire courent,

C'est la station, la leur, ils agissent ;

Ils descendent, se pressent, pour que tout s'accomplisse.

 

Claude Colson

claude-colson.monsite-orange.fr

 

Lena C. Colson

 

Publié dans Poésie

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"Et si 2012 voyait la fin de l'humanité ?" ... Texte 13

Publié le par christine brunet /aloys

21 novembre 2012 : 8h10

Deux mois ce sont déjà écoulés depuis le début de l’automne et toujours aucune accalmie. Pas une goutte de pluie, pas le moindre petit souffle de vent. Le jour vient à peine de se lever et le thermomètre indique déjà 34°C. Ah !!! Si seulement nous étions en vacances, près d’une plage, à buller, un cocktail à la main… Mais l’hiver approche et personne ne peut inverser la tendance. Scientifiques, astrologues, détracteurs en tout genre tentent de rassurer la population, mais l’inquiétude envahit la planète toute entière. Inquiets, les ménages ont dévalisé les magasins de toutes les boissons désaltérantes qu’ils ont pu trouver.

 

Trois mois plus tôt…

 

21 août 2012 : 11h10

-   Matthias, Alexis, dépêchez-vous de finir vos valises, nous allons rater le train.

« P’pa, p’pa, pourquoi on ne peut pas rester encore quelques jours en vacances, il fait trop beau », s’exclama le petit Alexis

Tu sais bien que nous devons passer voir mamie avant la rentrée des classes

Ouiii mais…

J’ai fini ma valise papa, dit son grand frère Matthias.

C’est parfait, Matthias. Va aider ton frère, s’il te plait. On part dans 20 minutes.

 

Un peu plus et nous rations notre train. Le premier qui trouve nos places gagne un second dessert pour le déjeuner. Alexis 5 ans et Matthias 8 ans se mirent à courir dans le wagon en scrutant les numéros des sièges.

 

Ayé papa, j’ai trouvé. On a un « carré », c’est chouette.

Oh non, c’est toujours toi qui gagne Matt ; c’est pô juste.

 

Bougon, Alexis s’assit côté fenêtre. Deux heures plus tard, son frère essaya de le distraire.

 

Regarde, Alexis, toutes ces vaches.

Waouhhh, y’en a beaucoup. Elles bronzent sur le sable, dis ? Comme nous ?

Mais non, mon chéri, dit son père. L’herbe a séché et le sol est sec. Mais dès que la pluie reviendra ; ce sera de nouveau vert et beau et les vaches auront plein d’herbe à brouter.

21 septembre 2012 : 8h10

Les journalistes ne parlent que de cette insupportable chaleur. Les passants se baladent avec des bouteilles d’eau, des éventails à la main, des gadgets leur insufflant un peu d’air. Les magasins ont été dévalisés. Plus loin, au centre ville, les jardins publics sont pris d’assaut et la moindre petite ombre est convoitée.

 

21 octobre 2012 : 8h10

C’est épouvantable. A la télévision, des reportages montrent des rues quasi-désertent. Seuls quelques courageux se risquent à affronter cette chaleur torride. Ils dégoulinent de sueur, leurs vêtements sont trempés. On nous demande de restreindre l’utilisation de l’eau. A l’extérieur, les fontaines publiques ne fonctionnent plus. Mais nous ne sommes pas les seuls. Dans la région, le pays, le continent, … la planète toute entière vit cette contrainte.

 

21 décembre 2012 : 19h10

Aujourd’hui, le pire est à craindre.  Plus rien ne fonctionne. L’état a décidé d’immobiliser les machines électriques car il faut à tout prix limiter les émanations de chaleur. La population est confinée à domicile. Nous sommes donc coupés du monde, plus d’informations, plus de courant. Nous n’osons même plus sortir voir les voisins. Nous n’en avons plus la force. En plus, les réserves diminuent cruellement. Combien de temps allons-nous tenir avec ces boites de conserves et ces bouteilles d’eau ? Cinq jours ? Une semaine ? Dix jours ? Comment survivre ? Que va t-il nous arriver…

 

L’institutrice de Matthias termina sa lecture et demanda à toute la classe d’applaudir leur camarade pour avoir écrit cette histoire très imaginative.

 

 

 

 

 

 

Ce texte clôt le concours pour la revue "les petits papiers de Chloé". Votez !

 

Résultats le 20 avril ! Voilà qui vous donne le temps de réfléchir !

 

 

 

 

 


 

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" Et si 2012 voyait la fin de l'humanité"... Texte 12

Publié le par christine brunet /aloys

 

Si j’ai décidé d’écrire cette lettre, c’est pour que quelqu’un puisse, un jour, la lire lorsque tout cela sera fini.

J’espère que cette personne sera comme moi et pas comme ces choses dehors qui envahissent les rues chaque jour un peu plus, grossissant en même temps leur groupe.

J’entends leurs cris horribles de damnés. Je jette souvent un œil à travers les volets, solidement verrouillés et je les vois, plus bas, déambulant, lentement, dans ma rue. On aurait dit une manifestation de contestataires, mais sans banderole, ni mégaphone.

 

J’avais pris un fusil-mitrailleur à un soldat mort avant de venir me barricader chez moi. Et je n’étais pas très fier d’avoir fait ça mais, poursuivi par ces monstres depuis la sortie du RER, dans le tunnel, je n’ai pas eu le choix. Il faut me comprendre !

Quoiqu’il en soit, il n’y a pas à dire mais le Service Militaire marque plus qu’on ne le pense car je me suis rapidement souvenu du maniement de l’arme.

 

Il fait chaud. J’ai l’impression d’être dans un sauna. Il fait 30 degrés dans mon studio et je suis en nage.

Je suis là, assis derrière la table de ma chambre, ce papier devant moi et une bougie qui m’éclaire pendant que j’écris.

Six jours déjà que l’électricité ne fonctionne plus.

Cela fait donc six jours que tout a basculé…

 

Je suis pris d’une folle envie d’écrire. Il faut que je vous raconte comment on en est arrivé là. Comment tout cela a commencé… Mais j’allais oublier les bonnes manières !

 

Je me présente, je me nomme David Räuden. Je suis journaliste...enfin, j'étais journaliste dans le quotidien Le Parigo.

J’écrivais régulièrement mon article et le mettais ensuite en page, sur deux colonnes.

C’était un boulot tranquille, je l'aimais bien. J'ai suivi des études de sociologie à Rouen, à la Faculté de Mont Saint Aignan, pendant trois ans. Puis je me suis lancé, sur un coup de tête, dans la psychologie et ensuite dans le journalisme.

Un peu chaotique mon parcours mais je ne regrette rien. J'ai 28 ans, bientôt 29.

Un étrange sentiment m’envahit en écrivant ces lignes. Comme une impression de rédiger mon testament...

 

Mon premier travail s’est passé dans le célèbre Institut de sondage dans le 13ème.

J'y ai appris des tas de choses en tant qu’intérimaire sur la démographie. Cette expérience a confirmé ma passion pour l'étude sur la société.

Intéressant, n'est-ce pas ? Enfin c'est bien beau tout ça mais c'est du passé maintenant.

Ah! Je pourrais écrire une colonne sur le comportement des zombis !!! Je vois déjà le titre, en police Arial de taille 20 : « Comment appréhender la psychologie d'un zombi en 5 points »

Je suis vraiment stupide des fois... !

           

La journée n’est pas terminée et je réalise que j’ai déjà bu trois bières. Il faudrait que je fasse attention à ma consommation et penser à la réduire. J'ai encore de quoi tenir quelques jours mais après je serais bien ennuyé. Je ne me vois pas sortir pour faire mes courses !

Enfin. Il faut que je vérifie si les volets sont bien fermés. Ça y est je suis devenu un vrai maniaque. Allez, il ne faut pas que je défaille maintenant. Je dois continuer d'écrire ce qui est arrivé.

 

             Tout avait commencé alors que les magasins du Boulevard Haussmann dans le 8ème  brillaient de toutes parts avec leurs guirlandes.

Les Parisiens finissaient d’acheter leurs cadeaux de Noël.

Au début, personne n’avait fait attention à lui. Encore un homme ivre qui faisait la manche. Mais lorsqu’il s’attaqua à un passant, ce fut la panique. Et très vite les personnes mordues se jetèrent à leur tour sur d’autres personnes.

Ensuite tout s’accéléra et les mordus devinrent de plus en plus nombreux.

Nous étions le 21 décembre 2012… la fin de l’humanité venait de commencer…

 

 

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Et si 2012 voyait la fin de l'humanité, texte 11

Publié le par christine brunet /aloys

 

Et si 2012 voyait la fin de l’humanité


 

Soit, acceptons cette hypothèse ! Après tout les Incas ont peut être raison. Mais, le modus opérandi nous est inconnu. Aussi, modélisons cette fin du monde. Etayons cet axiome par  des formes potentielles, connues, vérifiables. Quel élément peut balayer cette civilisation mondiale, cette fourmilière trépidante et décadente qu’est devenue la terre ? Un bolide fonçant dans l’espace et dont la trajectoire va malencontreusement croiser celle de notre planète ? Une explosion solaire sans précédent qui va faire fondre la barrière de protection de notre atmosphère et nous anéantir de son souffle de feu ? Un super volcan, peut être, dont les effets dévastateurs et meurtriers transformeront, in fine, la planète bleue en une boule de glace ? Cependant, je n’y crois pas. Notre monde a survécu à tellement de catastrophes ! Enfin, je n’y croyais jusqu’à ce phénomène récent...


Jeudi 9 Mars 2012. Une gigantesque éruption solaire a atteint la terre  avec d’éventuelles perturbations sur les communications globales.


Un doute m’assaille et si finalement cette prophétie était vraie !


9 août 2012. Sans doute en guise de prémisses, une pluie de météorites s’est abattue sur la Russie. La Taïga est un gigantesque brasier. En Europe et en Amérique, la canicule est insupportable. Partout, des incendies dévastent des kilomètres carrés de forêt et font de nombreuses victimes. Un peu partout dans le monde, des volcans sont entrés en éruption.

 

Des centrales nucléaires ont été détruites. Le taux d’irradiation de l’air à l’échelle planétaire dépasse la mesure acceptable.                                                                                                                                     

Une terreur panique s’est emparée de la population mondiale, entretenue par les médias qui distillent des informations de plus en plus inquiétantes.

Deuxième quinzaine d’août 2012. En Europe, des orages accompagnés de pluies torrentielles ont anéanti les cultures et occasionnés des inondations sans précédent. La télé diffuse des images de dévastation et de mort. Le spectre de la famine rôde.

12 septembre 2012. Les astronomes de la NASA ont détecté un corps céleste, qui selon leurs calculs, frôlera la terre sans la percuter. Cependant, le passage du météore engendrera de nombreuses catastrophes, pires encore que celles que l’on a connues jusqu’ici : Des séismes, des incendies, des mégas tsunamis... 


Octobre et novembre. L’astre se rapproche et est visible de jour comme de nuit. Le monde retient son souffle devant l’imminence du danger.


16 décembre 2012. La météorite brille dans le ciel comme un énorme soleil. Ce serait magnifique et surréaliste à la fois, si la situation n’était pas aussi critique. Nouveau bulletin alarmiste de la NASA : le météore va s’écraser sur terre !


Mon Dieu, le temps de la terreur a commencé ! Qu’importe, anxieux ou insouciants, je crois que nous serons tous au premier rang ! Tant de siècles d’espoirs et de souffrances. Tout cela aura été vain ! L’Homme, le héros du film, celui qui a apprivoisé le feu, bâti des cathédrales, marché sur la lune, rêvé du meilleur des mondes ne pourra, malgré toute sa technologie, se soustraire à l’inéluctable !


21 décembre 2012. Le monde est chamboulé, hors contrôle.  Plus rien n’existe, plus rien n’a d’importance, désormais. La réception de la radio ou de la télé est de plus en plus mauvaise. Cependant, les appels au calme se multiplient. Toutes les religions confondues, unies par une trêve sacrée, exhortent leurs fidèles à la prière, l’ultime refuge.                                                                             

 

C’est le premier jour de l’hiver et l’on se croirait le quinze août !


Il est un peu plus de 22 heures. Je viens de capter ce qui sera, je pense, le dernier message à la radio : « C’est imminent, l’aérolithe va percuter la terre dans moins de... ». C’est fini, la communication est coupée. Je n’ai plus de temps.  J’ai conscience que ces mots représentent la fin de millions, voire de milliards d’êtres humains.  Mon dernier espoir est qu’en cet instant un homme et une femme embarquent dans une arche spatiale. A bord, dans des conteneurs cryogéniques se trouvent des milliers et des milliers de tubes renfermant l’ADN de tous les animaux et de toutes les plantes de la terre.

Je les imagine... J’extrapole leurs pensées... avaient-ils le droit de partir et d’abandonner tous les autres à leur sort funeste? Je les imagine dans les affres de l’inconnu, de l’incertitude du futur. Qui étaient-ils pour avoir été choisis ? Ils ne se parlent pas. Ils ne veulent pas rompre cette bulle de silence qui leur donne le courage de tout laisser derrière eux.


Le pilote s’installe aux commandes. Son doigt hésite une fraction d’éternité avant d’appuyer sur le bouton, puis, il se décide. Son coeur saigne de souvenirs, cependant qu’il arrache le vaisseau à l’attraction de la planète perdue. Il le doit, il le faut !


Dehors, la nuit est claire comme si c’était le jour. L’astre nouveau s’amplifie et tressaille   d’éclats fulgurants. Un flash de lumière blanche... Le météore a percuté la terre.  Mon regard se pose sur  les quelques pensées bleues qui ont miraculeusement refleuri dans la jardinière oubliée sur le rebord de la fenêtre. Je n’ai plus peur, car j’en suis persuadée la vie trouvera  toujours son chemin !


-Vaya con Dios ! murmurai-je au moment ou le sol vacilla et qu’une vague de feu déferla, précédée d’un hurlement terrifiant. L’ultime clameur du peuple de la terre...

 

                                                       

                                                             

 

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"Et si 2012 voyait la fin de l'humanité ?" ... Texte 10

Publié le par christine brunet /aloys

"ET SI 2012 VOYAIT LA FIN DE L'HUMANITÉ ?"

 

Qu'est-ce que j'apprends ? La fin du monde pour le 21 décembre ? Ils sont fous ces Mayas. Ils ne pensent qu'à eux…

 

Jugez plutôt. Je viens d'avoir 50 ans et je suis déjà à la retraite. Il faut dire que, lorsqu'on travaille pour la défense nationale, on est vite largué… Mais aussi on apprend à se défendre et à anticiper.

 

En 2010, on m'a annoncé officiellement que le pays n'avait plus besoin de mes services. Fini l'uniforme, fini le salut au drapeau et surtout fini ce boulot au service météo !

 

Pendant plus de vingt ans, j'ai regardé des cartes, consulté des milliers de rapports pour prédire, un tant soit peu, le temps que nos régions allaient subir dans les prochains jours. C'était une tâche importante et indispensable à la sécurité de notre territoire ! Comme si l'envahisseur allait s'arrêter pour un peu de pluie ou quelques centimètres de neige !

 

Été comme hiver, automne comme printemps, je scrutais le ciel, je mesurais les températures sous abri et je comptais les litres d'eau par mètre carré ! Un travail imbécile mais qui avait un avantage : j'étais libre tous les jours à quinze heures trente et à cinquante ans, je serais pensionné et libre comme l'air. J'ai atteint cet âge et je suis de moins en moins libre. Pour ne pas rester à rien, comme on dit dans ma région, je me suis inscrit à différentes formations. J'ai repris des cours d'anglais, je suis un atelier photo numérique avec perfectionnement vidéo et surtout, je me suis inscrit à un atelier d'écriture…

 

François, c'est le nom de l'animateur. Licencié en philologie classique, ancien professeur au Lycée de ma ville et surtout auteur de plusieurs livres qui ont connu un beau succès. Il accueille ses clients tous les lundis matin de neuf à midi. Et quand je dis clients, je devrais dire "disciples" tant certaines d'entre elles sont en extase devant le maître. C'est qu'il est resté bel homme, le François, un peu dragueur, un peu macho mais surtout amoureux du premier jupon qui passe à proximité.

 

L'atelier du lundi est fréquenté par une dizaine de personnes, une majorité de femmes, bien entendu et deux hommes : un vieux bonhomme un peu sourd et moi.

 

Je m'aperçois que j'ai oublié de vous dire que Denise, mon épouse, m'accompagne le lundi. Elle aussi, elle est libre depuis que nos trois enfants volent de leurs propres ailes. Elle apprécie beaucoup François et se plaît à imiter les grands auteurs classiques et contemporains. Elle semble avoir un don inné pour cela.

 

Jamais, au grand jamais, François n'a jeté le moindre regard sur Denise jusqu'au jour où Denise a crû bon de pondre un texte à la manière de François. Malheureusement, une erreur informatique a envoyé ce texte au journal régional qui l'a publié illico. Fichus journaux qui ne publient jamais une ligne de vous sauf si…

 

Bientôt toute la ville a lu, bientôt toute la ville a reconnu, bientôt toute la ville a ri. Le texte de Denise était une féroce critique des agissements du député du coin.

 

Ce député n'avait eu que ce qu'il méritait. Une franche crapule, prêt à tout pour réussir et toujours à la limite de l'escroquerie et du délit. Denise en avait brossé un tableau peu reluisant. Sans jamais citer son nom, elle avait patiemment relaté toutes les "affaires" où il apparaissait. Décortiquant minutieusement les entourloupes et les combines de l'homme. Et tout cela dans le style "inimitable" de François.

 

Tout cela aurait pu prêter à rire ou à sourire si Monsieur le Député n'avait giflé François lors d'une rencontre fortuite. Hélas, ce jour-là, un photographe avait pris un cliché de la bagarre. Le lendemain, le cliché était à la une du journal local et deux jours après, cela faisait les choux gras des journalistes de la télé en mal de sujet pendant l'été. L'affaire remonta jusqu'au Parlement. Jugé par ses pairs, le député a été contraint à démissionner. Et quelques semaines plus tard, il se suicidait en se jetant sous les roues du nouveau tramway de la ville.

 

Denise en fut toute retournée. Elle abandonna l'atelier du lundi. François décida de ne plus s'en occuper et tout le monde rentra dans ses pénates en attendant des jours meilleurs.

 

Quant à moi, j'ai repris des cours d'astrologie avec Pablo, un immigré sud-américain, adepte des Mayas. Tous les lundis matin, nous scrutons avec attention le fameux calendrier qui prédit la fin du monde pour fin décembre. Et pourtant, même Pablo ne peut se résoudre à admettre cette prédiction. Il a l'air de croire que certains calculs sont peut-être erronés et que nous sommes à l'abri du cataclysme pour quelques millénaires.

 

Par contre, j'essaie de convaincre Denise de ne pas m'accompagner à ce cours. Au moins jusqu'au 21 décembre ! On n'est jamais trop prudent…

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"Et si 2012 voyait la fin de l'humanité ?" ... Texte 9

Publié le par christine brunet /aloys

DÉCEMBRE 2012

 

21 décembre 2012, 7 heures du matin. Une journée une peu spéciale en perspective. À quelques jours de Noël, même si le moral n'y est pas, il serait bon que je m'active. Je me lève. Je me prépare un petit café. Je me motive comme je peux en pensant à mes deux petits-fils. J'ai prévu d'aller acheter un sapin et de le placer dans le living. Ensuite, je préparerai mon fameux boudin de poissons et de crustacés.

 

Je m'apprête à boire une gorgée de café quand je remarque que le liquide tremble un peu à la surface de la tasse. Des friselis comparables à ceux produits quand les enfants courent sur le plancher du salon ou quand certains poids lourds passent dans la rue. D'un coup d'œil vers le living, je remarque que le lustre en cristal balance très légèrement. N'est-ce pas une illusion ? Oui, sans doute. Ainsi que l'ont prouvé mes réactions lors d'un spectacle d'hypnose, ne suis-je pas suggestible à souhait ?

 

Je termine mon petit déjeuner. Je fais ma toilette. J'allume la radio. Un flash d'info. "Une boule de feu dans le désert australien… Les Mayas auraient-ils eu raison ?" C'est alors que je me souviens des rumeurs qui ont circulé dès la rentrée de septembre. D'un coup, je suis en sueur, mon cœur s'affole, mes gestes deviennent maladroits.

 

Depuis des jours, j'ai décroché du réel. Je ne vis que pour et dans le passé. La tante de mon mari, Luciano, la bonne Zia Maria, s'est éteinte dans les Pouilles. Avec elle, c'est tout un pan de ma jeunesse qui s'effondre. Luciano est parti pour l'Italie. J'ai dû rester ici pour m'occuper de mes petits-fils mais je l'ai fait de manière assez mécanique. Mon cœur et mon esprit sont ailleurs, auprès de la famille de Tante Zia. C'est chez elle, alors qu'elle vivait encore dans la région, que Luciano et moi avions fait connaissance. Cette femme généreuse m'a appris tant de choses.

 

Je choisis un autre programme : "… conseillons de rester chez vous. Évitez tout déplacement…" Je n'écoute pas la suite. Je m'habille au plus vite, j'enfile sous-vêtements chauds, chaussettes, pantalon, sous-pull, pull, veste en laine, imperméable fourré, bottillons. J'attrape mon sac à main et mon ordinateur portable. Juste avant de rejoindre l'abri que Mamy avait fait construire dans les années soixante, j'essaye de téléphoner à mon mari, à ma fille et à mon frère. Vaines tentatives. À chaque appel, le même signal sonore.

 

Mamy n'était pas riche mais lorsqu'elle avait gagné au loto, elle avait fait bâtir cet abri antiatomique ! Nous avions tous ri de cette idée bizarre ! "Vous ne rirez plus quand une bombe tombera sur l'Europe", avait-elle dit. Son abri, c'est un refuge trois étoiles où elle aimait s'isoler pour lire ou pour broder. Mamy nous a quittés il y a quelques années, j'ai racheté sa maison et donc l'abri ! C'est là que, sans réfléchir davantage, je vais me réfugier.

 

À grand-peine, j'ouvre la lourde porte. Je ne contrôle plus mes mouvements et je semble avoir perdu mon bon sens. Je regrette de n'avoir pas été plus attentive lorsque Luciano m'avait expliqué le fonctionnement des divers appareils. Après un temps infini, j'arrive à faire fonctionner les lampes et le générateur électrique. Je m'affale sur la banquette. Le silence m'écrase. Mes larmes coulent comme du sang d'une plaie ouverte. Oh, je ne supporte pas la solitude. Je ne veux pas être seule quand tout s'arrêtera. Pourquoi ne suis-je pas allée chez les voisins ou chez ma fille qui habite à deux pas ?

 

Enfin, me revient une prière, des mots de mon enfance. Je me calme. Je vois l'écran. À lui seul, le système vidéo à coûté le prix d'une voiture de luxe. Il m'est précieux car il me relie à l'extérieur.

 

Que de problèmes pour enfin régler ce fichu engin ! Ouf, je vois le dehors. Des gens courent dans tous les sens. Le vent souffle en rafales. Il pleut des cordes. Une trottinette atterrit dans le jardin.

 

C'est au bout de quelques minutes que je me rends compte que le même spectacle revient en boucle. Les mêmes personnes vêtues des mêmes vêtements, se dirigeant vers le même endroit, à la même allure. Au mépris du danger, je regagne la maison et je branche la radio. Il me faut attendre les informations de 10 heures pour entendre : "Ne sortez que si c'est vraiment utile. Des rafales de 120 kilomètres à l'heure sont, en effet, prévues en fin de matinée. Le vent a déjà occasionné des dégâts en diverses régions."

 

Le 24, Luciano est de retour et seules les dernières bourrasques de la tempête perturbent la magie de Noël.

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"Et si 2012 voyait la fin de l'humanité ?" ... Texte 8

Publié le par christine brunet /aloys

SAYONARA

 

Amiko l’aperçoit de loin, lui, le vieil illuminé hirsute à la longue barbe blanche qui, chaque jour, scande que la fin du monde est pour cette fin d’année 2012, qui est l’année du Dragon.

Slalomant entre les véhicules roulant au pas et les pousse-pousse traditionnels, elle traverse la route pour ne surtout pas croiser la sienne, car il lui fait terriblement peur.

C’est avec tristesse, après une nouvelle journée « sans » à faire des poches vides, que l’enfant regagne la bicoque délabrée qui lui sert d’abri, non loin de la plage de Tsutsumigaura. À douze ans et des poussières, on devrait penser à ses copines, à la Wii. Aux garçons, peut-être. Mais quand on se retrouve sans famille, à cause d’un incendie déclenché par des parents inconscients enchaînant les paquets de cigarettes comme les paquets de bonbons, et qu’on s’est enfuie de chez son oncle un peu trop affectueux, un peu trop « tactile », on n’a plus vraiment les aspirations d’une enfant. Ni les yeux. Il faut bien manger. Il faut bien survivre. Dieu ou pas, Bouddha lui pardonnera sûrement.

Les chaussures ensablées, Amiko pousse la porte cassée, s’allonge sur le vieux futon, puis pose la tête sur le Mushu en peluche ramassé dans une poubelle et qui lui sert, depuis, d’oreiller. Dans un cadre posé là, à côté, elle a mis le dessin d’un enfant qu’elle a fait elle-même. Elle fait comme si c’était la photo de son p’tit frère, Li, disparu dans les flammes. Tous deux avaient la passion de l’origami, et le culte, encore tout récent chez eux, du vieux bonhomme en rouge et de provenance occidentale. Mais Amiko, après la tragédie, délaissa l’imposteur. Qu’est-c’que ça veut dire, Noël, quand ses parents se moquent de tout ? Sinon sortir en pleine nuit, les laisser seuls, parce qu’il n’y a plus de clopes à la maison.

En réalité, Amiko n’a jamais vraiment été toute seule. Elle a un ami. Dont elle ne sait pas le nom, c’est vrai. Il ne lui a jamais dit. Elle s’est réveillée, une nuit, et il était là, juste là, assis paisiblement à l’autre bout du futon. « Qui es-tu ? » demanda l’enfant. « Un ninja ? » « Les ninjas ont-ils des ailes ? » répondit l’homme, amusé par la question. « Je suis un ange du Seigneur ». « Oooh ! » fit Amiko en ouvrant de grands yeux. « Mon frère Li et moi nous faisons souvent des anges en papier, tu sais ! » « Je sais. Et je suis venu voir cela de mes propres yeux ».

Amiko, Li et ce fils du ciel étaient devenus très proches. Et quand elle s’est retrouvée à la rue, son oncle n’ayant pas signalé sa disparition… il a pris soin d’elle. Comme un père.

Alors non, elle n’a jamais vraiment été toute seule, la petite Amiko.

Mais qu’est-c’que cela ? De l’eau qui s’infiltre sous la porte, dans la bicoque.

Amiko fronce les sourcils. On frappe. Elle va ouvrir, inquiète. Elle n’est tout de même pas responsable de la montée des eaux ! Mais tout va bien, ce n’est que lui, son ange.

– Tu apparais comme par magie, d’habitude, lui fait-elle remarquer.

Mais il entre sans répondre, affichant un air mi-effrayé mi-compatissant.

– J’ai la pire des nouvelles à t’annoncer, assène-t-il.

– À voir ta tête, on dirait que c’est la fin du monde, plaisante la jeune fille.

Mais l’inquiétude la gagne vite, car l’ange ne répond pas à son humour noir.

– Tu es grande. Je vais donc aller droit au but : des mégatsunamis sont prévus sur toute la planète d’ici… quelques minutes. Tout est terminé. C’est brutal, je sais… Mais voilà.

– Quoi !?! Tu es sérieux ? Mais Bouddha, Dieu, ou quel que soit son nom, que fait-il ?

– Papa ? Papa en a ras-les-baskets ! Vu la politique des hommes, leur folie meurtrière, leur façon de traiter leurs frères, il a décidé de tourner son regard ailleurs dans l’espace.

– Mais il y a des innocents, ici, c’est injuste ! Et toi, tu ne peux rien faire du tout ?

– Des dommages collatéraux… Il s’en fout. Quant à moi, je ne suis qu’un ange, Amiko. Du moins, je l’étais. J’ai renoncé à mes ailes pour vivre ces dernières minutes sur Terre avec toi. En tant qu’ami. Ou… en tant que père. Ta famille n’est plus là. Je ne pouvais pas te laisser toute seule quand la vague géante… (Il ne finit pas sa phrase.)

– J’aimerais me répandre en sanglots, cher ange, parce que la vie est vraiment…

– Merdique ? Elle l’est. Éclate en sanglots ! Tape des pieds, si ça t’aide. C’est ce que je ferais, si je n’étais pas adulte. Je ne comprends pas sa décision, mais c’est sa décision. Il ne veut plus accorder aux hommes de circonstances atténuantes. Il refuse de les sauver.

– Je vais juste pleurer, dans ce cas. Serre-moi fort quand la vague va nous pulvériser, s’il te plaît. Et… est-c’que je peux te dire : « Je t’aime » ?

– Oui, tu peux. Cela me plairait beaucoup.

– Je t’aime, mon merveilleux ange… rien qu’à moi toute seule. Mon ami, et mon papa.

– Je t’aime, chère petite. Je suis heureux d’être ici avec toi, à la fin de toutes choses.

Et l’immensité bleue se retira, de façon impressionnante. Et ces gens qui prenaient des photos, pour vite les partager sur leur mur ! À croire qu’ils n’avaient pas de vie, en dehors !

Une vague colossale se profila soudain. Elle grossit, grossit… Si belle. Si terrible.

– J’ai peur, murmura Amiko à son ange, blottie contre lui. Je voudrais vivre encore…

– Moi aussi, répondit-il, le visage mouillé de larmes. J’ai terriblement peur de mourir. Mais dis-toi que nous mourons tous les deux, parce que nous sommes une famille.

En une seconde, il ne resta plus rien. Ni vies humaines ni constructions. Plus d’Amiko ou d’ange si bon. Le monde prit fin sous cette vague, qui déferla comme le Dragon furibond.

Publié dans concours

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"Et si 2012 voyait la fin de l'humanité ?" texte 7

Publié le par christine brunet /aloys

ET SI 2012 VOYAIT LA FIN DE L’HUMANITE ?

 

Je range mes crayons, ma latte et ma gomme d’un côté du buvard.  De l’autre, où il me faut beaucoup plus de place, je dispose mes belles éditions illustrées qui parlent de la fin du monde.  La dernière date annoncée est le 21 décembre 2012.  Tout de même…Je ne peux m’empêcher de penser égoïstement que si c’est vrai, c’est pour ma pomme.

 

Au Moyen âge, on aimait bien faire peur aux pauvres gens en leur racontant que Satan allait surgir de l’abîme avec ses sabots pointus, sa gueule de bouc et son abominable odeur. 

Vous allez me demander « pourquoi ça ? »

Je m’y attendais.   Il y avait deux castes de gens.  Ceux qui étaient riches et ceux qui étaient pauvres.  Les riches étaient bien dodus, dormaient au chaud, s’enveloppaient de bons manteaux de laine et avaient souvent des pierres précieuses brillant à leurs doigts.  Ils étaient fiers de leurs belles femmes qui elles, aimaient surtout le confort dont elles jouissaient.

Alors, ils faisaient planer d’horribles prédictions sur les pauvres, épuisés, à moitié gelés et trop analphabètes pour penser.  Ceux-ci ne voyageaient pas, connaissaient tout au plus la ville la plus proche et le clocher de leur église.  La beauté de leurs femmes se cachait derrière une couche de crasse et de haillons.

Qui allait travailler gratuitement et remplir les greniers de bon blé ? Qui allait élever les volailles et les bovins pour les ripailles ? Qui allait faire tout ce que l’élite regardait d’un air dégouté ?

Une bonne petite menace remet tout en place, comme par miracle.  Et en fait de miracle, grâce à la complicité de quelques ecclésiastiques, la menace se répétait à l’infini.

A notre époque, on se base plutôt sur la crédulité.  Un bon marketing et le tour est joué.

De manière récurrente, un VIP ou un « Poeple » expose sa vision dans un best seller.  Evidemment, si c’est le SDF du coin de la rue qui vous en parle, soit vous êtes poli et vous l’écoutez quelques minutes en abondant dans son sens pour en être débarrassé, soit vous haussez les épaules, le traitez de pauvre poivrot et continuez votre chemin.

Pourquoi donc l’homme a-t-il tellement besoin de se faire peur ?  Ou essayer de faire peur aux autres ?

Celui qui aime se faire peur est sans doute atteint d’une pathologie psychiatrique.  On le reconnaitra parce qu’il se ronge les ongles, a toujours les mains moites et regarde de biais.

Celui qui aime faire peur aux autres cumule un irrépressible complexe de supériorité.  LUI sait quoi.  « Pas toi ou toi, pauvres ignares, seulement moi ».  Surtout ne lui demandez pas d’explications, sauf si vous avez quelques heures à perdre ou que vous avez-vous-même un complexe à assouvir : celui de la persécution.

C’est vrai que certains peintres n’y allaient pas avec le dos de la cuiller pour étoffer leur vision de l’enfer.  Jérôme Bosch est un éminent exemple et je ne crois sincèrement pas que quiconque est arrivé à le surpasser.  Des copulations anti nature en tous genres, monstre coiffé d’un chaudron se délectant d’un tronc d’homme, lapin sonnant du cor, personnages en poses subjectives enfermés dans des bulles translucides…  On n’a rien inventé.

Dante imagine l’enfer par une succession de cercles appartenant à certaines catégories de personnages.  Van Gogh aimait obsessionnellement les cercles.  Les planètes sont rondes, et on est reparti…

Si vous interrogez un auteur qui s’est magistralement planté sur la date de péremption de la terre, il vos répondra avec aplomb « Si je me suis légèrement trompé dans mon ouvrage ?   C’est à cause de X qui a prédit des nullités sur lesquelles je me suis …un peu…basé. »  « C’est aussi à cause de XX qui se réfère à tant de prédictions ancestrales qu’il est impossible d’expliquer au simple quidam l’essence de la vérité …».

Bon nombre de braves gens sont persuadés que nous serons sauvés du terrible cataclysme juste à temps par des vénusiens ou de bons aliens au regard bienveillant et communiquant par télépathie.

N’a-t-on pas envoyé un tas de messages à leur intention dans l’espace ? Même du Beatles …

 D’autres, par contre, adeptes des Mangas voient d’horribles ersatz humains, body-builders tout gonflés, luisants et bronzés, manipulant des épées laser ou au plutonium pour anéantir la planète entière.  Il reste à espérer pour eux qu’ils auront garé leurs vaisseaux assez loin de l’onde de choc.

Tout compte fait, je n’ai ouvert aucun de mes beaux livres traitant de la fin du monde du 21e siècle.

Je les range dans ma bibliothèque.  Je range mes crayons, ma latte et ma gomme dans le tiroir de mon bureau.

J’attends le prochain ouvrage.   Le 21 décembre est encore loin.

Je m’installe dans un fauteuil devant la fenêtre.  Un rayon de soleil vient de percer les nuages créant un halo de lumière bienfaisant et reposant.

Les visions d’horreur s’évanouissent.

Publié dans concours

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Carine-Laure Desguin a lu "Sauvetages" de Nadine Groenecke

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

desguin

 

J’ai lu SAUVETAGES de Nadine Groenecke, Ed Chloé des lys, 2011,

                                                                             ISBN 978- 2- 87459- 574-5

http://nadinegroenecke-auteur.over-blog.com

 

P49 : ….Et dire que six jours plus tôt, il annonçait ma mort ! Hier débordant de vitalité et, aujourd’hui, rien qu’un cadavre allongé dans un tiroir de la morgue !

 

Pour être dans la mouise, lui, il est dans la mouise. Lui, c’est Jacques Mervan, écrivain à succès et critique littéraire. Le chroniqueur bien connu de l’émission « on aura tout vu tout entendu », Roland Putier vient d’annoncer, par erreur, la mort de l’écrivain. Par erreur ? Hum, hum…

A l’annonce de sa mort, Jacques Mervan, depuis quelques moishttp://www.bandbsa.be/contes2/sauvetagesrecto.jpg englouti dans une profonde dépression rebondit et décide, de connivence avec sa maman, de s’isoler dans une demeure familiale sur l’île d’Oléron, pour écrire un roman et laisser croire à une pseudo disparition.

 

Ah, ce Jacques Mervan, pour s’engouffrer dans des situations rocambolesques, il est le plus fort. Direction l’île d’Oléron, boum, une beauté stoppe sa voiture. Une jeune femme muette, pourchassée par son ex croit-il comprendre, hop, jacques Mervan l’embarque avec lui. Arrivés à destination, la télé annonce que Roland Putier vient d’être assassiné et que les soupçons se portent sur devinez qui ? Sur lui, le désormais introuvable !

 

P61 : …Que devais-je faire ? Me rendre à la gendarmerie pour me livrer et expliquer le scénario….Mais tiendrait-on compte des dires d’une étrangère muette ?

 

Là, il patauge le Jacques Mervan, il patauge. Par chance, Espéranza l’emmène à quelques kilomètres de là, chez une amie.

Cependant, sa vie reste semée d’embûches et de contradictions !

P70 :  Mais qu’elle était donc la personne qu’elle tenait à joindre et pourquoi ?

P106 : Les mots entendus s’entrechoquent dans ma tête.

 

Et c’est qu’il n’est pas au bout de ses peines, ce Jacques Mervan ! Est-ce un hasard, cette rencontre avec la belle Espéranza ?  Et sa mère, avec qui il entretient une relation quasi-fusionnelle, quel rôle joue-t-elle dans tous ces quiproquos ?

 

Sauvetages, c’est 164 pages à lire sous le soleil estival, les orteils en éventail, le chapeau de paille bien entassé jusqu’aux sourcils. Un livre bien écrit et très divertissant. Et de temps en temps, ça fait du bien, ça évacue la morosité ambiante.

 

Après la parution en 2009 de « Trop plein », un recueil de nouvelles qui remporta un beau succès, Nadine Groenecke, signe ici un roman mêlant intrigues et humour, tout cela rédigé dans un style impeccable. Souhaitons à cette lauréate du prix Odette Masfellder 2011 un succès bien mérité.

 

A l’instant, ma maman m’écrit par sms : André Dussolier est DCD. Je zieute sur google et je lis : le comédien Michel Duchaussoy vient de nous quitter.

J’attrape « Sauvetages » et je veux que maman le lise, ce roman-là. Pour lui signifier que c’est vraiment pas la peine d’élaborer des stratagèmes ….

 

Carine-Laure Desguin

http://carinelauredesguin.over-blog.com

 

Publié dans Fiche de lecture

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