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Jean-Michel Bernos a lu "A croc" de Céline Marseaut-Hernould

Publié le par christine brunet /aloys

JMB-Recentree.jpg

 

 

 

Lecture « À Croc » de Céline Marseaut-Hernould

 

J’ai commandé chez Chloé des Lys quelques livres que je reçois ce matin. J’ai envie de découvrir quelques auteurs dont j’ai déjà lu des critiques ou dont la présentation me semble intéressante, histoire de me familiariser avec cette communauté qui m’a si gentiment accueilli.

 

En refermant le portail, j’ouvre la boîte aux lettres et en sort une enveloppe venant de Belgique. Un livre me surprend, couverture sombre… un filet de sang coule de la lèvre du bas d’un visage d’homme. Le titre ne laisse aucun doute sur le sujet : À croc !

 

Des Nouvelles, chouette j’aime les Nouvelles. Fantastique ? Tant mieux, un peu de frisson, ça rend la lecture, disons moins banale !

 

Céline est membre de l’équipe CDL et travaille sur le site où elle gère la http://img185.imageshack.us/img185/1649/acrocnouvellesfantastiqvz1.jpgprésentation des livres des auteurs. Elle intervient souvent sur le forum et donne des bons tuyaux, des avis, parfois rue dans les brancards (avec raison), ce qui devrait être un bon point pour la vivacité de ses écrits : Céline est aussi Auteur !

 

Je m’installe à mon bureau, éteint l’ordinateur, histoire de ne pas être dérangé par le petit jingle qui annonce l’arrivée d’un nouvel email et me plonge dans le livre. Il contient six histoires. J’aime ce genre de plongeon qui permet d’aller en peu de temps au bout du monde d’un auteur. Des histoires fantastiques, certes, mais le sujet en est bien défini : l’univers des vampires !

 

J’ai écrit un passage dans un de mes précédents livres qui montre ces grandes canines rayant le parquet, Découvrons son approche !

 

J’aime bien la première histoire (Un matin comme les autres), le style est simple et direct, Céline ne s’épanche pas trop sur des détails inutiles, mais plante le décor d’une histoire-de-tous-les-jours. Tout peut arriver : « Il sortit de la cuisine et entreprit la montée de l’escalier en se cramponnant à la rampe afin de ne pas dégringoler ». La couverture du livre prend tout son sens avec les derniers dix mots de l’histoire. Si le travail de Céline n’est pas une « prose littéraire », elle a le sens du suspens et pour mes propres histoires où j’aime dénouer l’intrigue à la toute fin, je n’ai jamais réussi à faire si percutant.

 

Les autres histoires (La virée, Le chasseur) sont intéressantes et explorent le sujet avec originalité, mais rassasié par la fin de la première, je m’attends toujours au dénouement et me prends à l’imaginer avant d’arriver au point final. En revanche, la quatrième histoire me scotche sur mon fauteuil (Sur la plage). Céline a exhumé là sa science : l’histoire est purement géniale, bien écrite, entraînante et construite avec brio. Le scotch a fondu, je ne parviens pas à laisser là son ouvrage, je reste planté dans mon fauteuil ! J’adore la fin : « Ils s’étaient mariés pour le meilleur et surtout pour le pire ».

 

La nuit, l’histoire suivante est un condensé de l’univers de Céline où elle semble apprécier les années soixante. Elle décrit avec simplicité et justesse, la simplicité de la vie courante, ce qui dénote un grand sens de l’observation et sans doute une certaine sensibilité.

 

La dernière histoire (Celle d’en dessous) renoue avec Sur la plage et présente une synthèse de son talent de narratrice. Encore une fois, le filet de sang sur la commissure des lèvres justifie cette superbe couverture, inquiétante, sombre et qui nous laisse « à croc ! ».

 

Jean-Michel Bernos

 

   1e Couverture MML

Publié dans Fiche de lecture

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Jean-Claude Texier et L'élitiste.. Fiche auteur

Publié le par christine brunet /aloys

REFERENCEMENT FICHE texier

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Carine-Laure Desguin : "La grande cité"

Publié le par christine brunet /aloys

 

desguin

 

Dans la grande cité

 

Dans la grande cité

Forêt de gens aux sourires de feuilles

Les ciments des bétons azurés

Sous l’ombre des ciels

Chavirent et s’égrènent

Entre les fleurs bleues et les cœurs

Tendres chapelets mailles et chaînes

D’amour nu vagabond ensorceleur

 

Dans la grande cité

Champs de gens démasqués

Les poussières des carnavals aux encens

De confettis et de bonbons multicolores

S’enchaînent aux cous des passants

Rats des villes ou rats des champs

Souffleurs de verre ou jeteurs de sorts

 

Dans la grande cité

Aux toits de mousse et d’herbes

Apprivoisées

Les carrés les triangles et les cercles

Chantent dansent et swinguent encore

Du dedans jusqu’au dehors

Des maisons de paille d’or

Aux fenêtres entr’ouvertes…

 

 

 

 

 

Carine-Laure Desguin

http://carinelauredesguin.over-blog.com

 

image-1

Publié dans Poésie

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Philippe Desterbecq a lu "Des éclats d'univers" de Josy Malet-Praud

Publié le par christine brunet /aloys

http://www.bandbsa.be/contes2/desterbecqtete.jpg

 

Voici un recueil de nouvelles que je recommande à tous les amateurs du genre; ils ne pourront qu'apprécier ces onze textes écrits avec brio.

Si je juge la qualité d'une nouvelle par sa chute, mon jugement fut très différent à la lecture de la première "L'héritier des Lazennec" (qui reste ma préférée) car, si l'histoire se termine de manière inattendue, c'est à une multitude de rebondissements que Josy nous invite.


De page en page, Josy surprend son lecteur qui croyait avoir tout compris dès le début mais qui, en fait, était loin d'imaginer les causes de la fuite de l'héroïne.

Cette nouvelle est bien trop courte et pourrait faire l'objet d'un roman.

Vient ensuite une série de textes de longueurs différentes (les textes courts me touchent toujours moins, je n'ai pas eu vraiment le temps d'entrer dans l'histoire qu'elle est déjà finie), sans lien apparent (Josy, tu me diras si je me trompe) mais tous écrits de main de maître!

J'aime le style de Josy, j'aime les mots qu'elle choisit, la poésie qui se dégage de ceux-ci, j'aime l'ambiance qu'elle arrive à mettre dans ses histoires, bref, je suis conquis par ces nouvelles.

Si j'avais déjà apprécié le premier recueil de l'auteure, parisienne d'origine mais qui vit à Nantes "Un, deux,des éclats d'univers trois, soleil", je trouve ce nouveau recueil encore supérieur.

Je ne vais pas vous résumer chaque texte mais vous offrir quelques extraits qui vous permettront de découvrir le style de Josy Malet-Praud si vous ne connaissez pas encore son talent.

La Scavia sait que son mari a été dénoncé et qu'il sera arrêté s'il ne fuit pas : "Je savais qu'ils venaient pour lui. Giovanni, l'opposant au régime fasciste du Duce, l'empêcheur de couler au fond du bouillon sulfureux de la dictature annoncée, le second nom sur la liste des condamnés à mort en ce mois de décembre 1922 à Torino, capitale industrielle du Piémont. "

Au pays des Ràmon, Roxana et Léo pourront-ils défier le destin et s'aimer malgré la malédiction qui pèse sur les filles Ràmon? : Dans la baraque abandonnée, à l'extrême limite de l'effondrement depuis la mort d'Inès l'Envoûteuse, sous les poutres infestées d'une kyrielle d'insectes, dans cette icône de la désolation, les âmes sulfureuses de cinq générations de sorcières attentives s'agitent. Des ombres fébriles s'impatientent..."

Voyez l'ambiance particulière qu'a su créer Josy dans "La brume des acacias" : Le couloir s'étirait sous l'oeil inquisiteur d'une grosse veilleuse. L'iris blafard tachait la nuit au-dessus de la porte coupe-feu du couloir 24. Une lueur mi-chienne mi-louve de mauvais augure. Une clarté trouble, oppressante comme celle diffractée par les abysses artificiels d'un aquarium géant. Reflets d'un farfadet sans relief, les contours nébuleux de l'intruse glissaient sur les murs coquille d'oeuf de la galerie déserte. La dernière porte, tout au bout, bâillait sur les ténèbres, seulement trahie par le faisceau d'une lampe de bureau. Le contact des semelles sur le sol plastifié altérait un silence de cimetière, dispersant dans l'espace confiné une théorie de suçotements malsains et de baisers suspects."

Onze nouvelles qui vous séduiront sans aucun doute dans ce recueil à lire et à relire. A bon entendeur...

 

Philippe Desterbecq

philippedester.canalblog.com



 

Publié dans Fiche de lecture

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Gauthier Hiernaux en invité de notre blog avec... Mallaurig

Publié le par christine brunet /aloys

 

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Mallaurig

 

Gauthier Hiernaux signe avec Mallaurig son septième roman, un thriller moite et terrifiant avec des références à des faits divers qui ont marqué l’actualité belge à la fin des années 90 (l’affaire András Pándy et celle du Dépeceur de Mons).

 

Mallaurig, c’est une ville située quelque part aux Etats-Unis, une métropole  étrange puisqu’elle est coupée en deux et dirigée par deux maires qui se détestent. L’ambiance y est lourde, pesante.

Éli Meyer est un journaliste obstiné qui couvre essentiellement l’actualité locale et la frénésie avec laquelle un meurtrier s’amuse à dépecer des femmes dans des lieux sciemment choisis l’interpelle.

Bien sûr, la police a arrêté un suspect, un pauvre original totalement asocial. Sauf que Meyer ne croit pas beaucoup en sa culpabilité, bien trop évidente pour être honnête.

Et plus l’histoire avance, plus il fait chaud, plus les insectes envahissent l’espace, plus les relations entre les individus se tendent, plus le mystère s’épaissit !

Peut-il y avoir une explication rationnelle à tout cela ?

Pas sûr !

 

 

 

Mallaurig, par Gauthier Hiernaux, Cactus Inébranlable éditions, Collection Cactus Noir #2, 16 €, 260 pages, ISBN : 978-2-930659-03-9.

 

Plus d’infos sur le site de l’auteur : www.grandeuretdecadence@wordpress.com

 

 

 

 

Extrait :

 

 

 

Quelque chose m’a tiré d’un profond sommeil.

Un bruit, une voix, un bourdonnement, une lueur trop forte.

Qu’importe.

Je me réveille d’un coup, en sursaut, comme si on avait pressé un interrupteur.

Mon cœur bat la chamade, j’en ressens les effets jusqu’à mes tempes qui pulsent douloureusement. J’ai l’impression que ma tête va imploser et envoyer des éclats de crâne et cervelle un peu partout.

J’essaie de me calmer. J’aspire autant d’air que possible. Je tousse, je crache. Une odeur lourde et métallique m’agresse.  

Au plafond, une ampoule nue oscille de droite à gauche, projetant des flashs de lumière sur les murs. 

Je cligne des yeux. Mes paupières brûlent.

Je lève une main pour essuyer la sueur qui coule et qui m’empêche de me concentrer. Au moment où mes muscles se tendent, je comprends que quelque chose ne va pas.

Ma main est trop pesante. Elle tient un objet lourd et encombrant. Lentement, je ramène à mes yeux ce que je serre dans mon poing.

L’objet est en métal, en forme de « D » et pourvu de petites dents pointues sur son côté le moins arrondi. Une scie. Elle est poisseuse. Sur quoi étais-je en train de travailler ?

Mes yeux se détachent lentement de la mâchoire de l’outil et se fixent sur le paysage immédiat.

L’ampoule se stabilise doucement et éclaire davantage le centre de la pièce. Une table sur laquelle repose l’objet de mon travail.

C’est une femme.

Sa poitrine pointe encore fièrement, malgré les outrages qu’elle a subis.

Elle me lance un regard étonné, comme si elle voyait pour la première fois ses formes généreuses de si près.

Je recule d’un pas, lâche la scie qui rebondit sur le sol dans un fracas épouvantable.

Je me prends les pieds dans les sacs en plastique qui jonchent le sol. Il s’en faut de peu pour que je me fracasse la tête sur le sol.

Je panique.

Je suis à deux doigts de hurler. 

Mais à ce moment-là, mon esprit bascule. 

Je pars avec cette pensée : il est revenu et il a recommencé à tuer.

Publié dans l'invité d'Aloys

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Jean Destree nous propose un nouvel extrait de "Le tilleul du parc"

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

IMG 1738

 

L'odeur du café frais vint surprendre Jean-Michel qui s'éveilla. Encore dans le vague du sommeil, il ne s'inquiéta pas de l'heure. Son travail ne commençant qu'en fin de matinée, il avait donc tout le temps pour se préparer. Soudain, il pensa au café. Que se passait-il en bas? Prenant à peine le temps d'enfiler un peignoir, il descendit la volée de marches en trois enjambées, ouvrit brusquement la porte de la cuisine. Lui tournant le dos, l'inconnue était assise à la table à boire du café. Le bruit la fit se retourner. Elle sourit.

 

- Bonjour. Vous avez bien dormi?

 

Jean-Michel, figé, fit un signe de la tête mais ne bougea pas. La femme se leva, prit une tasse dans le buffet et servit le café.

 

- Du lait et du sucre?

- Oui, les deux, s'il vous plaît.

 

Il était comme tétanisé, ne sachant plus très bien s'il était chez lui ou ailleurs. Il réfléchit un instant puis reprit.

 

- Mais qu'est-ce que vous faites ici?

- Je vous ai fait le café. Vous n'êtes pas content? Ça doit faire un bon bout de temps que ce ne vous est pas arrivé. Je me trompe?

- Merci. Au moins cinq ans. Je ne me souviens plus.

- Je vous ai entendu rentrer cette nuit. Il était près d'une heure. Je ne dormais pas. Je n'ai pu trouver le sommeil que lorsque j'ai été certaine que vous étiez bien rentré. C'est drôle?

 

Il était perplexe, presque ennuyé. Cette intrusion dans sa vie le troublait plus qu'il ne l'aurait pensé. Et puis, cette manière gentiment désinvolte de s'imposer à lui l'empêchait de réagir comme il l'aurait souhaité. Il s'assit à table, silencieux, et but son café à petites gorgées. Enfin, il osa regarder la femme installée à sa table en face de lui comme si elle y eût trouvé sa place.

 

- Vous ne dites rien. Il n'est pas bon, mon café?

 

Elle sourit en regardant Jean-Michel droit dans les yeux. Le regard clair le troubla. Il esquissa un sourire mais se reprit bien vite.

 

- Je m'appelle Fabienne. Vous, c'est Jean-Michel. J'ai vu votre nom sur une enveloppe: Jean-Michel Vallier. Ce n'est pas un nom de par ici, ça? Mais c'est un beau nom qui sonne bien. Il me plaît beaucoup.

- Non, ce n'est pas de par ici. Mon arrière-grand-père est venu de Suisse il y a plus d'un siècle, mais je n'ai jamais su pourquoi il avait atterri en Belgique. Tout ce que je sais, c'est qu'il possédait une petite forge dans le fond de la province où l'on exploitait encore le fer vers 1850. Mon père était cheminot, il conduisait une locomotive à vapeur; il est mort de silicose, comme les mineurs d'ici.

 

Il s'arrêta, surpris des confidences qu'il venait de faire. Pourquoi s'était-il allé à dire à cette femme des choses qu'il n'avait jamais racontées qu'à Robert. Il fut presque gêné de s'être laissé prendre au jeu subtil de cette femme sortie il ne savait d'où et qui était parvenue à lui faire dire des choses qu'il tenait secrètes.

 

Fabienne se leva, ramassa les tasses et les déposa sur la tablette de l'évier. Il la regardait s'affairer tandis qu'elle préparait la table pour le déjeuner. Il ne pouvait se faire à l'idée qu'il y avait ce matin-là une femme dans sa maison et surtout qu'elle avait l'air de s'y trouver comme chez elle.

 

- Je vais faire ma toilette, dit-il comme pour s'excuser.

 

- Vous prenez de la confiture? demanda-t-elle. J'en ai trouvé sur l'étagère à l'entrée de la cave.

 

Il ne répondit pas et disparut dans l'escalier. Il ne parvenait pas à cacher son émoi. Une femme. Une belle inconnue qui s'imposait tout naturellement, qui était en train de l'apprivoiser et qui cherchait à mieux le connaître. Pourtant, elle ne lui avait posé aucune question. C'était lui qui s'était laissé aller et cela le gênait. Il faillit se couper en se rasant. Il pesta contre la lame qui coupait mal, contre le savon qui ne moussait pas assez, contre l'eau qu'il trouvait trop chaude puis trop froide. Il acheva sa toilette en redescendit. Sans doute l'avait-elle entendu car il la trouva versant le café bouillant dans des bols à fleurs dont il ne se servait plus depuis longtemps.

 

- Vous avez fait vite, dit-elle. J'ai eu à peine le temps de dresser la table. Venez, tout est prêt. Bon appétit. J'ai faim.

 

Ils se faisaient face et Jean-Michel n'osait pas la regarder. Elle se leva pour servir un autre bol de café, mais il fit non de la tête. Elle parut soudain ennuyée devant le silence obstiné. Son regard s'assombrit et Jean-Michel remarqua qu'elle avait envie de pleurer. Il s'en voulut d'être si bourru et peu courtois et il sourit franchement.

 

- Pardonnez-moi, dit-il, j'ai si peu l'habitude d'être servi. Vous savez, un célibataire n'est pas toujours un personnage fréquentable. Les gens comme moi ont des manies de vieux grigous; ils sont terriblement jaloux de leur indépendance et, lorsqu'ils sont surpris, ils ont besoin d'un certain temps pour reprendre leurs esprits. Ne m'en veuillez pas, si j'ai manqué de tact à votre égard, Fabienne... mais...

 

Il venait inconsciemment de prononcer son prénom. Était-ce vraiment involontaire? Il s'arrêta, confus et se sentit rougir de son audace.

 

- Excusez-moi, Madame. Ne faites pas attention, je n'ai pas voulu vous choquer. Je suis parfois bien distrait.

- Ne vous en faites pas. Ce n'est rien, fit-elle avec un petit sourire. Moi, je vais vous appeler Jean-Michel. C'est beaucoup mieux que "monsieur". Au moins c'est plus simple. D'accord?

 

Il ne répondit pas. Il se leva et, réflexe d'homme habitué à la solitude, il se mit à desservir la table, faisant signe à Fabienne de le laisser faire.

 

- Vieille habitude, dit-il, comme pour se faire pardonner. Il faut bien partager le travail. Vous avez fait le principal, laissez-moi donc l'accessoire. A propos, vous n'avez pas eu trop froid cette nuit? Avec cette humidité, les vieilles maisons sont de véritables nids à bronchites.

- Mais non, ne soyez pas inquiet, je suis habituée. Et puis, c'est un bon lit, même froid, à côté d'une banquette de gare. Si vous me le permettez, je vais faire ma toilette et je m'en irai, car j'ai besoin de savoir.

 

Elle se leva et pour la première fois, Jean-Michel osa la regarder franchement. Elle avait enfilé un de ses pyjamas et le peignoir était un peu grand pour elle. Ses cheveux sombres, défaits lui tombaient sur les épaules. Jean-Michel fut troublé. Elle était réelle-ment belle malgré sa tenue négligée. Décidément, la vie était bizarre. Ce qui lui arrivait était si inattendu qu'il en perdait ses moyens.

 

"Toi, se dit-il, si tu n'y prends pas garde, tu vas te laisser embobiner par cette intruse. Et après? Une fois suffit".

 

Fabienne était sortie. Il l'entendait monter lentement les marches et s'enfermer dans la salle de bain. Il s'installa à son bureau et commença à préparer ses cours. Il ne savait pas par quel bout commencer et, malgré ses efforts, il ne parvenait pas à se concentrer sur son travail. Il se releva et revint dans la cuisine pour se servir une tasse de café. Il était trop énervé pour continuer et puis, tant pis pour les leçons! Ce qu'il était en train de vivre depuis la veille devenait important. Il en était de plus en plus convaincu.

 

Il buvait lentement, fixant les pommiers du jardins. Il entendait le pas de Fabienne là-haut et se l'imaginait mettant de l'ordre dans les chambres. Et si... Mais non. Il ne pouvait pas. Il ne voulait pas. Pour lui, Fabienne, cette femme encore inconnue hier soir, n'était pas une femme comme les autres, comme l'autre, celle qui l'avait quitté parce qu'ils étaient trop différents. Fabienne, c'était comme un rêve qui le troublait en le dérangeant dans ses habitudes.

 

 

Jean Destree

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Publié dans Textes

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le petit chemin et le diable, un conte de Micheline Boland

Publié le par christine brunet /aloys

 

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LE PETIT CHEMIN ET LE DIABLE

 

Depuis toujours, les Martin et les Dupont sont amis. Depuis l'école maternelle Théo Martin et Lucas Dupont sont inséparables, comme avant eux, leurs pères et leurs grands-pères.

 

Théo et Lucas ont les mêmes passions. Ensemble, ils ont construit une cabane. Ensemble ils s'occupent d'un petit potager. Ils partagent bonbons et chocolats. Ils se consolent de leurs chagrins et soignent leurs écorchures.

 

On voit Lucas ? Théo n'est jamais bien loin.

 

Ils prennent chaque jour le petit chemin pour aller à l'école. On peut les voir observer une chenille, taquiner un âne, siffloter, chantonner, s'arrêter pour cueillir des fleurs qu'ils offrent à leur institutrice car les deux amis ont appris que comme la plupart des femmes, Mademoiselle Catherine apprécie les jolies choses.

 

Il y a un personnage qui n'aime pas les deux amis. Ce personnage, c'est le diable. Il jalouse leur bonne entente. Quand il les voit rire, avancer bras dessus bras dessous, s'entraider à l'école, il voit rouge, le diable. Alors, le diable, il cherche un moyen de troubler leur harmonie. Il cherche et il trouve…

 

Ce jour-là, sur le petit chemin, les deux gamins aperçoivent une voiture modèle réduit en or, oui en or. Ce qu'elle brille ! Ensemble, ils font "oh". Ensemble, ils se baissent pour la ramasser. Et là, la bagarre commence. 

 

"C'est à moi."

 

"J'étais le premier".

 

Bang un coup de pied dans les mollets, bang un coup de cartable sur la tête, bang encore et encore.

 

La voiture passe de Théo à Lucas et perd une roue dans la dispute. 

 

Le petit chemin est triste. Lui, il les aime bien les deux amis. Il se doit de faire quelque chose pour qu'ils se réconcilient. Il réfléchit, réfléchit, tandis que pleuvent les coups de pied et de poing.

 

Finalement, il s'entrouvre un peu et engloutit la voiture qui vient de tomber. Surpris, les deux amis se regardent, ils fouillent le sol. Rien. Lucas et Théo creusent un peu plus. Rien.

 

"Zut et rezut".

 

"C'est mieux ainsi. Faisons comme si cette voiture n'avait jamais existé. Elle ne nous a apporté que de mauvaises choses."

 

Et nos deux amis continuent la route vers l'école.

 

Le diable est fâché. Le petit chemin sourit. Pour lui, rien ne vaut une amitié sincère.

 

Le temps a passé, le petit chemin a été élargi, on en a fait une petite route de campagne. Souvent Lucas et Théo vont y rouler à vélo. Même s'ils ont grandi, ils sont restés les meilleurs amis du monde.

 

Le lendemain du mariage de Lucas et Théo, car nos deux amis se sont mariés le même jour, on commençait de grands travaux. La petite route allait devenir une route nationale.

 

En voyant cela, le diable s'est vraiment mis en colère, mais cela est une autre histoire.

 

 

Micheline Boland

 micheline-ecrit.blogspot.com

 

 

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Publié dans Nouvelle

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Céline Gierts a lu "Les enfants du grand jardin" de Carine-Laure Desguin

Publié le par christine brunet /aloys

 

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Un livre différent, joli format entre le recueil de poésie et le carnet de voyage. Une couverture couleur nature (le grand jardin ?) des têtes à trou ou une guirlande ? Une initiation promise au bonheur par deux fées avec un risque néanmoins annoncé ne plus avoir les idées en place et les mots à l’endroit dans la tête… ça me tente…

 

Je commence la lecture, c’est vrai que ça bouscule le cerveau, ça chahute les attentes. Il faut naviguer dans les tempêtes de mots, de métaphores, accueillir l’inattendu et s’accrocher à la densité poétique impressionnante de cette œuvre!

 

Après « Rue Baraka », Carine-Laure Desguin nous emmène dans un tout autre style d’aventure. Avec « les enfants du grand jardin », nous plongeons dans une atmosphère trèshttp://www.bandbsa.be/contes3/enfantsjardinr.jpg particulière de rêves et de surréalisme qu’il fallait oser nous offrir. On découvre ici un talent de jongleuse de mots remarquable capable de nous faire voyager au dessus du réel avec légèreté et douceur.

A lire dans un demi-sommeil, les conventions en veille, vous partirez sur l’autre rive, celle des rêves enrobés de poésie, de matins de lutin et de soirs de lune.  On a envie de s’allonger dans les carrés d’herbes vertes et d’admirer les guirlandes du grand jardin, de se laisser bercer des chansons de Marianne et Nicole. On décolle de la grisaille, des habitudes  et du raisonnable. La perception de l’univers se modifie ou  s’agrandit…

 

Il ne s’agit pas d’avoir un avis rationnel mais d’oublier les parachutes et de sauter sans doute et question dans un monde original et unique. Un voyage dont on ne peut sortir indifférent qui nous confirme la personnalité audacieuse, affirmée, riche et talentueuse de Carine-Laure Desguin.

 

A oser lire!

 

 

Céline Gierts 

http://www.bandbsa.be/contes3/cherefolierecto.jpg

 

Publié dans Fiche de lecture

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Présentation de Bruines, de Laurent Dumortier

Publié le par christine brunet /aloys

 

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L'auteur

 

L’auteur, membre de l’Association Royale des Ecrivains Wallons, a déjà publié plusieurs romans, recueils de nouvelles, ainsi que recueils de poésie. Il collabore en outre à diverses revues et forums littéraires. Plusieurs revues littéraires internationales ont en outre publié plusieurs de ses nouvelles...

 

Résumé 

Brumes, brouillards, bruines… La pluie et ses déclinaisons multiples réservent de temps à autre l’une ou l’autre surprise particulièrement désagréable : une maison réputée hantée, un auto-stoppeur qui voit la situation se retourner contre lui, la mort en personne qui dépose ses cartes de visite, ou encore plusieurs mails ô combien attirants… Si la pluie peut se faire entendre, elle peut également se montrer acide… 

 

Un blog : http://gsl.skynetblogs.be/

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Publié dans fiche auteur

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Carl du toit et Le sol à l'envers

Publié le par christine brunet /aloys

 

malades manteaux penché K Cahboum

 

 

Carl du Toit

 

BIOGRAPHIE

 

À l’âge de quatorze ans, en pleine nuit dans le grenier familial, j’écrivais. Puis, précipitamment, j’allais à l’étage du dessous réveiller ma mère : « Maman, maman, lis ce que j’ai écrit. » Le virus était implanté.

À vingt ans, je publiais mon premier recueil de poésie : PEAU AIME.

Dévoreur de  lecture, je suis inscrit à un cours de lecture rapide. À vingt-cinq ans, j’étais professeur de lecture rapide.

Pendant neuf ans, j’ai été chroniqueur de l’Association des devenus sourds et malentendants du Québec. La surdité ne  m’a jamais empêché d’être à l’écoute des mots. J’ai ensuite écrit MALENTENDANTERIES. Les jeux de mots sont chez moi une seconde nature.

LE SOL À L’ENVERS est inspiré d’images glanées sur Internet. Dorénavant, tout ce que j’écris est orné d’images, de peintures. La banque visuelle est mondiale et source d’inspiration gargantuesque. Voilà mon portrait.

_________________________ 


RÉSUMÉ DE LE SOL À L’ENVERS

9782874596209 1 75Ne cherchez pas de fil en aiguille, l’aiguillon est là. Chaque page a son univers, décousu : Tête de pioche incite le lecteur à écrire, Les malades manteaux invitent à la balade des mentaux, Un bassin de fous, ces oiseaux qui planent sur le Rocher Percé en Gaspésie. Trouble mer noire raconte l’histoire d’une dame Alzheimer en croisière. Belles à croquer du XIV’ au XXI’ siècle : vous verrez…

Bref, il n’y a que des brèches dans ce méli-mélo de mots ludiques à faire danser le cerveau.

Plus de deux cent images pour donner vie à ces histoires qui ne sont même pas drôles mais sont farcie d’ironie arrosée de velours.

Publié dans présentations

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